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Full text of "Les anciennes lois criminelles en usage dans la ville de Tournai et principalement des condamnations à mort depuis l'année 1313 jusqu'au mois de jullet 1553"

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DE    LA 


SOCIÉTÉ  HISTORIQUE  ET  LITTÉRAIRE 


DE 


TOURIVJlI. 


MÉMOIRES 


DE  LA 


SOCIÉTÉ  HISTORIQUE   ET  LITTÉRAIRE 

DE 

TOURNAI. 

TO«E  9. 


TOURNAI 

MALO  ET  LEVASSEUR,  IMPUlMtiUP.S  DE  LA  SOCIÉTÉ. 

JANVIER  1867. 


DES 

AMllS  LOIS  mïMim 

EN  USAGE  DANS 

ET    PRINCIPALEMENT    DES    CONDAMNATIONS    A    MORT 
DEPUIS    l'année    1515     jusqu'au    mois    de    JUILLET    1555, 


Le  Comte  G.  DE  NEDONCHEL, 

Bibliothécairc-ArchiTiste  de  la  Société  historique  et  littéraire  de  Tournai. 


TOURNAI 

IMPRIMERIE  DE  MALO  ET  LEVASSEUR, 
rue  (le  l'Écorcherie,  4. 

1867. 


T7K)4 


PRÉFACE. 


Les  condamnations  criminelles  qui  avaient  lieu  dans 
la  ville  de  Tournai  à  une  époque  éloignée  et  toute  ditîé- 
rente  de  la  nôtre,  la  fin  du  moyen-âge,  nous  ont  sem- 
blé se  rattacher  jusqu'à  un  certain  point  à  l'histoire 
particulière  de  cette  antique  Cité.  Ce  détail  de  mœurs 
et  de  coutumes  nous  a  paru  mériter  l'attention,  non  pas 
uniquement  des  législateurs,  mais  aussi  des  personnes 
curieuses  de  connaître,  dans  leurs  plus  minutieux  dé- 
tails, la  vie  privée  de  nos  compatriotes,  habitant  dans 
les  mêmes  lieux  que  nous,  à  quatre  ou  cinq  cents  ans 
d'intervalle. 

C'est  seulement  dans  les  dépôts  publics  et  parmi 
beaucoup  d'autres  sujets  que  traitent  nos  vieux  cartu- 
laires,  que  se  rencontre  la  partie  spéciale  des  condam- 
nations à  mort.  L'idée  nous  est  venue  de  les  réunir  pour 
en  faire  l'objet  d'une  publication,  qui  épargnera  5  ceux 
qui  désireraient  les  connaître  de  longues  et  pénibles  re- 
cherches, que  peu  de  personnes  sont  à  même  de  faire. 
Nous  avons  donc  compulsé  nous-mêmes  les  poudreux 
parchemins  et  les  volumineux  registres  que  possède  en- 
core la  ville  de  Tournai.  Nous  n'avons  fait  d'ailleurs  que 

1 


suivre  l'impulsion  donnée  par  le  monde  studieux  vers 
les  recherches  historiques.  On  comprend  généralement 
combien  il  importe  de  recourir  aux  documents  origi- 
naux ;  quoique  ces  sources,  si  riches  et  si  précieuses 
pour  notre  histoire,  aient  déjà  été  explorées  par  plu- 
sieurs de  nos  devanciers,  elles  sont  loin  d'être  épuisées  ; 
elles  renferment  encore  des  matériaux  peu  ou  point 
connus  qui  méritent  d'être  mis  en  lumière. 

Le  dernier  préposé  à  la  conservation  de  ces  précieuses 
archives,  Fr.  îîennebert,  avait  déji^,  il  y  a  une  dixaine 
d'années,  commencé  à  dépouiller  les  registres  des  Con- 
saux  de  la  cité  de  Tournai,  en  ce  qui  concerne  les  con- 
damnations à  mort  ;  mais  le  temps,  peut-être  même  la 
persévérance,  indispensable  à  tout  travail  de  longue 
haleine,  lui  firent  défaut.  Les  premiers  renseignements 
qu'il  en  avait  extraits,  n'étaient  d'ailleurs  qu'une  assez 
ennuyeuse  suite  de  noms,  de  méfaits  et  de  châtiments , 
dont  lui-même  ne  tarda  pas  à  reconnaître  la  sécheresse. 
Nous  avons  cru  qu'il  serait  plus  utile,  moins  aride  et 
enfin  plus  intéressant,  de  reprendre  ce  travail  sur  un 
tout  autre  plan,  c'est-à-dire  de  rapporter,  autant  que 
possible,  le  narré  in  extenso,  et  dans  toute  sa  simplicité, 
tel  que  nous  l'offrait  l'original  des  interrogatoires  des 
criminels  et  des  condamnations  qui  les  suivaient.  La 
naïveté  des  déclarations  des  incriminés  nous  fournit  des 
exemples  de  la  manière  de  s'exprimer  dans  ce  pays,  à 
des  époques  bien  éloignées  de  nous.  Cependant,  malgré 
cet  intervalle  de  plusieurs  siècles,  bien  des  vieux  mots 


—    MI    — 


et  d'anciennes  locutions  se  retrouvent  dans  ie  langage 
actuel  des  Tournaisiens,  et  sont  encore  en  usage  de  nos 
jours  parmi  le  bas  peuple.  On  peut  même  dire  que  le 
langage  de  la  classe  ouvrière,  que  le  patois  de  Tournai 
et  de  ses  environs,  est  presque  la  langue  qui  était  écrite 
et  parlée  au  moyen-âge. 

Notre  travail  s'est  donc  borné  à  recueillir  les  docu- 
ments épars  que  possède  le  dépôt  général  de  nos  archi- 
ves, tâche  qui  n'était  pas  aussi  facile  qu'on  eût  pu  le 
croire  ;  car,  outre  la  difficulté  de  déchiffrer  tant  d'écri- 
tures de  mains  différentes,  les  incorrections,  les  abré- 
viations et  le  défaut  d'orthographe  des  greffiers  crimi- 
nels de  cette  époque,  en  rendent  généralement  l'inter- 
prétation laborieuse,  quelquefois  même  tout  à  fait 
problématique.  Malgré  le  nombre  des  gros  registres 
ditsc^  la  loi,  d'ovi  nous  avons,  en  grande  partie,  tiré  les 
causes  rapportées  dans  cet  ouvrage,  il  s'y  rencontre  de 
regrettables  lacunes,  et  nous  avons  dû  recourir  quel- 
quefois aux  comptes  généraux,  ainsi  qu'aux  différentes 
catégories  de  documents  que  possède  la  ville.  Les  ar- 
chives judiciaires,  qui  eussent  été  d'un  grand  secours 
pour  notre  travail,  nous  font  malheureusement  défaut. 
Cette  partie  du  dépôt  public  a,  en  effet,  beaucoup  souf- 
fert dans  l'incendie  qui  a  consumé  le  ferme  des  Pré- 
vosts  et  des  Jurés,  et  la  partie  la  plus  ancienne,  par 
conséquent  la  plus  irréparable,  a  entièrement  disparu. 

Il  y  aurait  beaucoup  à  dire  si  l'on  voulait  traiter  à 
fond  la  législation  criminelle  au  moyen-âge,  mais  telle 


VIU    — 


n'a  pas  élé  notre  intention;  des  auteurs  plus  compétents 
que  nous  s'en  sont  occupés  dans  des  traités  spéciaux. 
Nous  avons  voulu  seulement  faire  connaître  des  docu- 
ments inédits,  et  nouveaux  dans  la  pratique  ou  l'appli- 
cation, de  ce  qu'on  appelait  autrefois  les  formes  de  la 
paix,  c'est-à-dire  les  lois  rédigées  par  le  commun  con- 
sentement, conseil  et  délibération  des  notables  de  la 
commune. 

On  avait  déjà  le  texte  des  lois  anciennes  renfermé 
dans  les  Coutumes  et  Usages  de  la  ville  de  Tournai  ; 
il  restait  à  mieux  connaître  l'application  de  ces  lois. 
Sauf  les  rechercbes  que  nous  avons  faites  au  sujet  de  ce 
travail,  et  que  nous  donnons  dans  les  premiers  chapi- 
tres, on  ne  trouvera  que  peu  de  choses  de  nous  ;  les 
procès-verbaux  et  inscriptions  des  actes  judiciaires  et 
criminels,  que  nous  rapportons  par  ordre  de  date,  par- 
leront mieux  malgré  leur  style  rude  et  mal  ordonné 
que  nous  ne  pourrions  le  faire  nous-mêmes  par  nos 
traductions.  Nous  laissons  donc  au  lecteur  le  soin  des 
commentaires  dont  nous  nous  sommes  abstenu. 

Entraîné  par  le  sujet  que  nous  traitions,  nous  nous 
sommes  un  peu  étendu  sur  les  coutumes  et  l'organisa- 
tion de  la  justice  criminelle  à  Tournai;  nous  espérons 
que  les  détails  où  nous  sommes  entré  ,  inédits  pour  la 
plupart,  intéresseront  les  lecteurs  ;  ils  formeront  la 
première  partie  de  ce  volume. 

Il  nous  reste  à  consigner  ici,  les  sincères  remercî- 
ments  que  nous  nous  plaisons  à  renouveler  à  M.  le  con- 


—     IX    — 


servateur  des  Archives  de  la  ville  de  Tournai  et  des 
États  du  Tournaisis,  pour  la  complaisance  qu'il  a  mise 
à  la  recherche  des  pièces  nécessaires  à  la  rédaction  de 
cetouvrage.il  nous  a  facilité  notre  travail  en  le  rendant 
aussi  complet  qu'il  a  été  possible,  et  nous  sommes  heu- 
reux de  reconnaître  l'obligeante  intelligence  avec  la- 
quelle il  nous  est  toujours  venu  en  aide  dans  ces  fasti- 
dieuses investigations. 

Tournai,  le  10  Avril  18Gj. 

Le  C"  G.  DE  Nédo.nchel. 


INTRODUCTION. 


Dans  la  partie  la  plus  ancienne  des  archives  adniinislra- 
lives  de  la  ville  de  Tournai  se  trouve  une  série  intitulée  : 
Registre  de  la  loi;  clic  forme,  selon  son  classement,  une  di- 
vision de  la  première  section  et  se  compose  des  n"*  îôO  à  140, 
comprenant  dix-huit  volumes  in-folio  manuscrits  sur  par- 
chemin et  papier.  11  existe  quelques  lacunes  dans  l'ordre 
chronologique  de  ces  inléressants  registres ,  et  ceux  qui 
manquent,  n'ont  pu  malheureusement  jusqu'ici  être  retrou- 
vés. Le  plus  ancien  de  ces  volumes  commence  ainsi  :  Ces 
lirègislre  fais  à  la  S*^- Lusse,  lan  M,  CCC  et  XIII  jitsqaes 
à  le  S'*  Lusse  en  sieuwant. 

M.  Gachart,  l'archiviste  de  Bruxelles,  lorsqu'il  s'occupait 
de  faire  sortir  du  eahos  où  ils  se  trouvaient,  nos  anciens 
chirographes,  avait  eu  connaissance  de  ces  renseignements 
précieux  pour  Tournai,  et  dans  ces  Documents  inédits  ,  etc. 
(Tome  I,  page  52)  ;  il  en  parle  ainsi  :  «  Dans  ces  registres 
»  étaient  écrits  les  noms  des  magistrats  élus  à  chaque  re- 
»  nouvellement  de  la  loi.  On  y  trouve  de  plus  pour  les  temps 
»  antérieurs  au  XVI*  siècle,  les  achats  et  reliefs  de  la  Bour- 
»  geoisic,  les  condamnations  pour  délits  et  crimes  commis 
)i  dans  la  ville,  des  notices  des  individus  exécutés,  etc.  La 
»  série  régulière  de  ces  registres  date  de  l'année  1313; 
»  mais  il  doit  y  en  avoir  dans  les  archives  de  plus  anciens 
»   encore.  » 

Le  catalogue  de  ces  archives  prouve  que  rien  n'est  venu 


—  12  — 

confirmer  cette  conjecture  du  savant  archiviste  ;  et  effecti- 
vement, à  l'exception  de  quelques  fragments  incomplets,  il 
n'existe  plus  d'autres  registres  antérieurs  à  la  fin  de  l'année 
4513.  Nous  avons  compulsé  tous  ces  manuscrits  et  nous  en 
avons  extrait  les  condamnations  a  mort,  mais  nous  n'avons 
pas  toujours  rapporté  entièrement  tout  ce  qui  se  trouve  dans 
ces  gros  volumes  ;  souvent  ils  ne  nous  offraient  que  des  ré- 
pétitions inévitables,  du  reste,  dans  ces  espèces  de  procès- 
verbaux  roulant  sur  des  crimes  identiques,  et  n'offrant  que 
peu  d'intérêt.  Toutefois,  pour  en  rompre  la  monotonie 
et  ne  pas  rester  dans  une  aride  nomenclature  de  noms  et 
de  méfaits  suivis  de  leurs  châtiments,  nous  avons,  pour  une 
grande  partie  des  condamnations,  transcrit  l'interrogatoire 
de  l'accusé  et  l'acte  de  son  jugement;  ce  qui  pourra  donner 
une  idée  des  autres,  sur  lesquelles  nous  avons  dû  parfois  res- 
ter beaucoup  plus  laconique  pour  une  raison  péremptoire; 
car  souvent  pour  ceux-là,  les  documents  nous  faisaient 
presqu'entièremcnt  défaut. 

Il  nous  a  paru  préférable  de  laisser  parler,  pour  ainsi  dire, 
les  hommes  de  loi  et  les  coupables  que  de  donner  une  tra- 
duction de  leur  langage.  En  procédant  ainsi  nous  avons  mis 
plus  d'exactitude  dans  notre  travail  et  nous  avons  ménagé  à 
nos  lecteurs  le  plaisir  de  compulser,  pour  ainsi  dire  avec 
nous,  les  pièces  originales. 

Ceux  qui  étudient  l'histoire  d'une  manière  sérieuse,  ne 
s'effraieront  pas  de  la  rudesse  de  la  langue  romane,  ni  de 
ses  expressions  originales  ,  ni  de  ses  [mots  singulièrement 
orthographiés.  On  s'y  fait  du  reste  assez  vite  ;  il  est  rare  qu'en 
lisant  attentivement  ces  phrases  qui  paraissent  d'abord  bar- 
bares, on  n'en  perçoive  pas  bientôt  le  sens.  On  finit  même, 
avec  un  peu  de  persévérance,  à  s'en  rendre  l'intelligence 
facile.  Cette  étude  offre  d'autant  plus  d'intérêt  qu'elle  fait 
juger  du  travail  qu'il  a  fallu  pour  transformer  le  langage 


—    XIII    — 

si  fticorrcct  en  ce  qu'il  est  devenu  sous  la  plume  de  nos  bons 
écrivains. 

On  comprend,  d'ailleurs,  l'importance  de  ne  pas  se  rebu- 
ter par  les  obstacles  que  présente  toujours  la  lecture  de  nos 
vieux  manuscrits,  puisque  la  connaissance  des  vieilles  écri- 
tures et  du  langage  populaire,  est  indispensable  pour  aller 
puiser,  à  leur  source  même,  les  renseignements  historiques 
les  plus  précieux,  c'cst-à-dirc  dans  les  dépôts  d'.irchives. 

Ces  bibliothèques  manuscrites,  collections  de  récits  con- 
temporains des  acteurs  eux-mêmes,  espèce  de  photographie 
saisissant  et  reproduisant  les  gestes  et  méfaits  d'un  autre 
âge,  sont  heureusement  encore  assez  riches  dans  les  prin- 
cipales villes  de  la  Belgique  et  du  Nord  de  la  France.  Elles 
fourmillentde  renseignements  curieux.  Là  on  peut  retrouver 
ce  qu'était  la  vie  des  seigneurs,  des  bourgeois  et  du  peuple 
dans  les  cités  riches  et  populeuses,  et  aussi  parfois  remuan- 
tes. Là  combien  de  détails  de  la  vie  de  nos  pères  existent 
dans  la  poussière  de  ces  collections,  et  demeureront  ignorés 
jusqu'à  ce  que  les  archivistes,  qui  ont  dû  commencer  par 
inventorier,  classer  et  mettre  en  ordre,  (travail  de  persévé- 
rance pour  les  parchemins  de  Tournai)  aient  eu  le  temps  de 
dépouiller  tous  ces  restes,  tous  ces  souvenirs  du  passé  !  Alors 
seulement,  on  connaîtra  ces  richesses  historiques  enfouies 
depuis  des  siècles,  et  le  savant  pourra,  sans  perdre  un  temps 
précieux,  compulser  ces  dépôts  d'une  valeur  inappréciable. 

Les  chroniqueurs  qui  décrivent,  du  reste,  si  naïvement  ce 
qui  concerne  leurs  héros,  ne  nous  initient  pas  autant  à  la 
vie  intime  et  réelle  des  peuples,  que  les  minutieux  détails 
que  l'on  trouve  à  profusion  dans  nos  registres,  ils  nous 
peignent  bien  mieux  les  mœurs  vraies  et  positives  de  nos 
pères,  que  l'histoire  écrite  souvent  longtemps  après  les  évé- 
nements et  qui  reste  trop  souvent,  empreinte  de  partialité, 
même  à  l'insu  de  son  narrateur. 

2 


—    XiV    — 

Le  travail  que  nous  offrons  au  public,  ne  s'est  pas  .étendu 
au-delà  des  condamnations  à  mort  dans  la  ville  de  Tournai 
et  ses  dépendances,  et  nous  nous  sommes  restreint  dans  une 
période  d'environ  deux  cent  cinquante  ans. 

Les  dépôts  publics  de  la  ville  ont  certainement  perdu  de 
leur  importance,  quand,  par  une  pensée  de  centralisation 
trop  exclusive,  le  gouvernement,  sous  le  règne  de  Napoléon 
1"' ,  fit  transporter  dans  le  chef-lieu  du  département ,  ou 
même  hors  du  pays,  tout  ce  qu'on  crut  utile  de  retirer  de 
nos  Bibliothèques  et  des  Archives  de  nos  villes.  Ces  dépôts 
qui  auraient  dû  être  respectés  comme  les  propriétés  commu- 
nales, ont  été  mutilés;  et  ces  enlèvements,  mal  motivés,  ont 
fait  subir  à  notre  cité  des  pertes  regrettables  pour  ses  habi- 
tants. Il  est  bien  pénible  parfois  pour  ceux-ci  de  devoir  aller 
jusqu'à  la  capitale,  à  la  recherche  des  actes  et  des  pièces  que, 
jadis,  ils  avaient  à  leur  disposition  dans  le  dépôt  confié  à  la 
garde  de  la  commune  (1). 

Néanmoins,  comme  nous  l'avons  énoncé  plus  haut,  il  reste 
encore  assez  de  documents  pour  de  sérieuses  études  histori- 
ques qu'on  voudrait  faire  sur  Tournai,  qui  a  joué  un  rôle  si 
important  dans  le  passé.  Il  est  incontestablement  utile 
d'avoir  une  certaine  connaissance  des  lois,  qui  ont  changé 
depuis,  mais  qui  longtemps  ont  régi  les  provinces  belges;  et 
de  pouvoir  les  comparer  avec  celles  du  temps  où  nous  vivons  : 
de  connaître   l'origine  de   nos  coutumes  tant  locales  que 


(1)  La  société  historique  de  Tournai  a  fait  imprimer  dans  ses  Mé- 
moires (tomes  7'  et  8")  les  travaux  récents  du  laborieux  conservateur 
de  ces  mêmes  Archives,  sous  ce  titre  :  Extraits  des  anciens  registres 
aux  délibérations  des  Consaux.  Les  deux  volumes  qui  ont  paru,  font 
désirer  la  suite  de  ce  consciencieux  ouvrage  ,  rempli  de  détails  aussi 
curieux  qu'intéressants  pour  l'histoire  de  Tournai. 


—    XV    — 

générales  dans  ce  pays,  et  les  raisons,  les  causes  qui  les  ont 
fait  modifier;  voilà  des  sujets  d'étude  qui  sont  importants 
pour  ceux  appelés  un  jour  à  se  prononcer  dans  les  questions 
qui  peuvent  être  soumises  à  leur  vote. 

Nos  coutumes  sont  entées  évidemment  sur  les  lois  que 
les  Romains,  nos  conquérants,  avaient  apportées,  il  paraît 
bien  évident  que  nous  avons  emprunté  la  plus  grande  par- 
tie de  notre  législation  ancienne  à  ce  peuple  dominateur. 
Avec  la  domination  romaine  le  code  justinien  fut  implanté 
dans  toute  la  Gaule.  L'arbre  y  poussa  des  racines  profondes, 
et  la  civilisation  a  développé  et  modifié  cette  législation 
sous  la  salutaire  influence  de  l'enseignement  cbrétien. 

Ainsi,  chez  les  Romains,  avant  que  le  despotisme  ne  fût 
venu  supplanter  des  iiistilutious  pleines  de  justice,  par  la 
volonté  tyranniquc  des  Césars  ou  des  Proconsuls,  nous 
retrouvons  la  réalisation  véritable  et  la  plus  libérale  de 
ces  institutions  appliquées  aux  affaires  criminelles  et 
même  aux  affaires  civiles  :  l'immixtion  du  peuple  dans  ses 
propres  affaires.  Nous  pouvons  dire  que  l'élection  par  la 
commune,  de  ses  magistrats,  charges  de  faire  exécuter  les 
lois  civiles  et  pénales,  telle  qu'elle  se  pratiquait  à  Tournai, 
lirait  évidemment  son  ori^iinedcs  lois  et  coutumes  romaines. 
Le  jury  institué  depuis  dans  le  code  qui  nous  régit  actuelle- 
ment, en  dérive  sans  doute,  mais  ne  paraît  pas  une  modifi- 
cation heureuse  de  nos  anciennes  coutumes.  Nous  ne  pouvons 
entrer  dans  des  développements  qui  nous  feraient  sortir  de 
notre  sujet  ;  seulement,  comme  nous  traitons  dans  cet  ouvrage 
des  peines  et  des  condamnations  prononcées  par  les  prévôts 
et  les  jurés  de  Tournai,  nous  devions  faire  connaître  pourquoi 
généralement  les  décisions  de  ce  tribunal,  nommé  par  les 
Tournaisiens  eux-mêmes,  étaient  acceptées  sans  murmures 
par  les  populations;  c'est  que  ceux  qui  les  prononçaient, 
avaient  mérité  la  ponfiance  dc^  ])oui'gcois  qui,  en  les  élisant 


chaque  année,  savaient  qu'ils  devaient  être  leurs  propres 
juges.  Aucun  historien  n'a  pu  nous  dire  quand  la  ville  de 
Tournai  commença  à  exercer  ces  droits  souverains  dont  nous 
la  trouvons  investie  dès  que  nous  avons  quelque  connais- 
sance de  son  existence. 

Cette  organisation  exceptionnelle  du  pouvoir  dans  cette 
ville  est  certainement  de  la  plus  grande  ancienneté,  puis- 
qu'aucun  document  historique  n'a  pu  lui  assigner  une  ori- 
gine certaine  hien  connue;  l'absence  même  de  titre$  nous 
paraît  une  preuve  que  ses  droits  de  commune  subsistaient 
appuyés  sur  la  tradition,  mais  que  son  origine  se  perdait 
dans  la  nuit  des  temps. 

En  1187,  Tournai  avait  déjà  un  prévôt  el  trente-deux  ju- 
rés à  la  tête  de  la  commune  et  formant  son  pouvoir  munici- 
pal. Philippe-Auguste,  dans  la  charte  qu'il  donne  à  Tournai 
l'an  11 89  confirme,  mais  n'établit  pas,  l'institution  déjà  exis- 
tante. Le  texte  dit  :  «>  Nous,  Philippe,  roi  de  France,  nous 
»  donnons  à  nos  bourgeois  de  Tournai  l'établissement  d'une 
j»  paix  et  d'une  commune  suivant  les  mêmes  usaigcs  et 
»  coutumes  qu'ils  avaient  en  avant  eu  avant  que  ceste  com- 
»   mune  fust  cstablie....  » 

En  12G7,  nne  ordonnance  de  S.  Louis  abroge  la  coutume 
de  Tournai,  qui  permettait  aux  homicides  de  rentrer  dans  la 
ville,  en  payant  une  amende  de  quatre  livres  parisis. 

Tournai  avait,  des  le  XIV"  siècle,  ses  lois  propres  formu- 
lées dans  les  coutumes.  Nous  les  avons  comparées  avec 
celles  de  plusieurs  autres  grandes  villes  de  ce  pays,  quoi- 
qu'elles variassent  sur  certains  points,  les  principaux  articles 
sont  presque  identiques.  Les  Tournaisiens  y  tenaient  singu- 
lièrement, et  cependant,  nous  devons  l'avouer,  les  lois  péna- 
les nous  ont  paru  bien  dures  dans  certaines  circonstances. 

Les  législateurs  dans  les  siècles  passés  établissaient  des 


XVII    — 

genres  de  châtiments  que  nous  qualifions  sévèrement.  Les 
peines  qu'on  faisait  subir  alors  aux  condamnés,  étaient  sou- 
vent, à  notre  point  de  vue,  aussi  contraires  à  l'humanité  qu'à 
la  décence.  Mais  nous  pouvons  affirmer,  contre  les  assertions 
de  beaucoup  d'auteurs  hostiles  au  catholicisme  que,  mémo 
pour  les  crimes  commis  contre  le  culte  religieux,  l'influence 
du  pouvoir  ecclésiastique  est  restée  étrangère  à  la  pénalité. 

La  manière  d'appliquer  les  châtiments  répressifs  des 
crimes  avait  été  maintenue  très-souvent  et  dans  différents 
genres,  par  les  légistes  sous  l'ère  chrétienne,  mais  non  créée 
par  la  religion,  et,  longtemps  encore  après  la  chute  du  pa- 
ganisme ,  la  société  se  ressentit  de  la  cruauté  de  ses  mœurs 
et  de  ses  coutumes.  Il  est  même  bien  reconnu  que  le  chris- 
tianisme a  contribué  plus  que  toute  autre  cause  à  adoucir 
des  usages,  qui  n'étaient  qu'une  suite  naturelle  de  la  bar- 
barie. 

Pour  être  impartial,  l'écrivain  doit  faire  des  recherches  à 
la  source  encore  pure  des  événements,  comparer  .'es  temps, 
étudier  les  circonstances,  les  faits  et  tous  les  détails  de 
mœurs  des  peuples  dont  il  s'occupe.  Cette  règle,  qui  devrait 
toujours  être  suivie ,  est  malheureusement  trop  négligée  de 
plusieurs  historiens,  surtout  dans  les  temps  modernes.  C'est 
cependant  de  ces  études  consciencieuses  que  peut  seulement 
sortir  la  vérité  historique. 

On  verra  donc  dans  la  première  partie  de  cet  ouvrage, 
que  les  lois  pénales  en  vigueur  à  Tournai  dans  les  temps  les 
plus  reculés  qui  nous  soient  connus ,  ont  tiré  leur  origine 
pour  les  principales  au  moins,  de  celles  du  peuple  roi.  On 
l'a  observé  également  dans  la  plupart  des  contrées  soumises 
à  ces  vainqueurs  d'une  partie  du  monde.  Nous  tâcherons  de 
faire  remarquer  à  l'occasion,  en  quoi  elles  en  ont  différé; 
car  si  elles  sont  généralement  empreintes  de  l'esprit  qui 
inspira  leur  code  aux  Romains  ,  elles  conservèrent  ccpcn- 


—    XVUI    — 

(îant  certaines  pratiques  qui,  dans  l'exécution,  leur  étaient 
propres  ou  leur  provenaient  des  Germains  ou  des  Goths. 

Le  lecteur,  en  parcourant  les  minutes,  des  condamnations 
inscriptes  dans  le  greiîc  môme  de  cet  antique  tribunal 
de  Tournai,  pourra  remarquer  que  le  mode  diffère  de 
celui  en  usage  dans  les  cites  voisines.  Ceci  mériterait  peut- 
être  d'appeler  l'attention  de  quelque  collègue. 

On  {pourrait  faire  d'intéressantes  recherches  au  sujet  de 
ces  différents  usemenfs  adoptés  dans  les  villes  du  Nord  et 
du  centre  de  l'Europe  ;  elles  feraient  connaître  jusqu'où  et 
dans  quelles  mesures  se  conservèrent  les  habitudes  et  les 
coutumes  de  ces  peuples  primitifs,  prédécesseurs  ou  au 
moins  contemporains  des  dominateurs  ;  enfin  de  ces  nations 
traitées  indistinctement  de  barbares  par  les  fiers  Romains. 
Nous  devons  avouer  toutefois  que  nous  ne  connaissons 
guère  de  cités,  qui  se  soient  trouvées  dans  des  conditions 
identiques  à  celles  de  la  ville  de  Tournai. 

Les  soi.»  erains  qui  furent  longtemps  les  maîtres  de  ce 
petit  pays  dont  ils  se  qualifiaient  les  seigneurs  :  Domini 
Tornacesii  laissèrent  à  ses  habitants  avec  ses  us  et  coutumes, 
son  autonomie,  car  la  seigneurie  de  Tournai  ne  dépendait 
d'aucun  suzerain  et  ne  relevait  que  du  roi;  ce  qui  lui  per- 
mettait de  gérer  ses  propres  affaires.  Les  souverains  en  litre 
s'attachaient  de  leur  côlé,  autant  par  condescendance  que 
par  politique  à  ne  pas  froisser  les  sentiments  des  Tournai- 
siens  à  cet  égard.  Ceux-ci  ne  laissèrent  jamais  ignorer  com- 
bien ce  gouvernement  composé  de  magistrats  de  leur  clioix 
leur  était  précieux  et  l'on  comprend,  en  effet,  qu'un  pou- 
voir toujours  géré  par  leurs  propres  concitoyens  avait  des 
raisons  pour  leur  être  préférable  à  tout  autre;  si  plusieurs 
fois  l'administration  des  lois  de  la  commune  fut  confiée  à 
des  mains  étrangères,  la  suspension  du  pouvoir  nommé 
régulièrement,  ne  fut  que  temporaire  et  cet  état  anormal 


—    XIX 

cessa  ordinairement  après  que  les  motifs  qui  en  avaient  été 
cause  eussent  eux-mêmes  disparu  ;  comme  on  le  voit  dans 
l'histoire  de  Tournai  et  comme  nous  le  ferons  remarquer 
dans  la  première  partie  de  la  législation  criminelle. 

Nous  devons  demander  pour  ce  petit  travail  l'indulgence 
des  personnes  sérieuses  auxquelles  il  s'adresse  :  de  nouveaux 
documents  retrouvés  après  que  l'impression  en  avait  déjà 
été  commencée ,  ont  servi  à  compléter  certains  détails  cu- 
rieux^ mais  ils  ont  amené  quelques  répétitions  qu'une  révi- 
sion plus  attentive  eût  évitées.  Le  temps  nous  a  fait  défaut 
pour  rendre  cet  ouvrage  moins  imparfait.  Nous  avons,  en  le 
faisant  paraître,  compté  sur  des  lecteurs  bienveillants  et 
nous  ne  regretterons  pas  notre  labeur  si  nous  avons  réussi 
à  atteindre  le  simple  but  que  nous  cherchions  :  rappeler 
une  législation  autrefois  en  usage  à  Tournai ,  et  qu'une 
autre  a  remplacé,  ce  qui  par  conséquent  l'a  laissé  ignorer 
de  nos  jours;  et  en  second  lieu  confirmer  la  pratique  de 
ces  antiques  coutumes,  par  les  arrêts  criminels  eux-mêmes; 
ils  occupent  la  principale  partie  de  ce  volume.  Ces  sentences 
n'avaient  jamais  été  publiées  jusqu'à  ce  jour. 

u  Scieniiam  viise  geniium  ,  nunquam  salis  esse 
tûinmcndatam  censeo.  » 

«  Je  pense  que  1  étude  de  la  vie  des  peuples,  ne 
saurait  être  trop  conseillée.  » 

M.  T.  Cîcero  :  De  Legibus. 


PREMIÈRE  PARTIE. 


DE  L'ANCIENNE  LEGISLATION  CRIMINELLE 

CONCERNANT  PRINCIPALEMENT  LES  CONDAMNATIONS  A  MORT 

dans  la  ville  de  Tournai. 


CHAPITRE  PREMIER 

Aperçu  sommaïre  de  la  législation  criminelle  chez  les  an- 
oienf ,  du  Pouvoir-souverain,  des  lois  ,  et  des  coutumes 
judiciaires  dans  la  ville  de  Tournai. 

En  mettant  au  jour  les  documents  authentiques  que  nous 
avons  puisés  dans  les  annales  communales  de  Tournai,  nous 
avons  pensé  qu'il  pourrait  être  utile  de  jeter  un  coup-d'œil 
rapide  sur  ce  qui  se  passait  il  y  a  quelques  siècles,  lorsqu'il 
s'agissait  de  réprimer  les  crimes.  L'époque  dont  cet  ouvrage 
s'occupe  particulièrement  est  celle  qui  termine  le  MOYEN- 
AGE.  On  nous  pardonnera,  nous  l'espérons,  d'entrer  avant 
tout  dans  quelques  considérations  bien  sommaires,  sur  la 
législation  criminelle  des  anciens  peuples  et  de  signaler  les 
pratiques  en  usage  dans  l'antiquité  avant  d'arriver  à  celles 
de  Tournai;  mais  les  temps  qui  précédèrent  ceux  que  nous 
font  connaître  les  archives  de  celle  ville  aux  XIV«,  XV*  et 
XVI*  siècles,  eurent  une  grande  influence  sur  les  âges  qui 
suivirent.  C'est  ainsi  que  l'on  voit  que  la  période  appelée  la 
RENAISSANCE  amena  insensiblement  une  modification  in- 
tellectuelle dans  les  esprits  et  jeta  les  premiers  germes  de 
l'immense  révolution  accomplie  presque  de  nos  jours.  Révo- 
lution dont  l'effet  immédiat  fut  de  changer  complètement  la 
législation,  les  usages  et  les  coutumes  de  nos  pèi'es. 

Les  temps  se  succédèrent  ;  on  vit  de  nouveaux  peuples 
remplacer  leurs  devanciers;  mais  les  générations,  ensercnou- 
vellant,  produisirent  les  mêmes  fruits  de  réprobation,  car  les 
passions  humaines  accompagnent  toute  société.  Les  mauvais 
instincts  de  l'homme  obscurcissent  dans  une  certaine  pro- 
portion, sa  raison;  surtout  lorsque  le  frein  religieux  lui  fait 
défaut,  et  ils  ont  toujours  été  la  cause  d'une  infinité  de 
crimes. 

2b 


—  2  — 

Cet  ordre  de  chose  étant  général,  nous  savons  que ,  dans 
tous  les  âges  et  chez  toutes  les  nations,  des  lois,  répressives 
ont  dû  venir  en  aide  aux  préceptes  de  la  morale  peur  défen- 
dre la  société;  celle-ci,  sans  cette  digue  contre  le  mal,  ver- 
rait souvent  son  existence  compromise.  Les  crimes  ou  délits 
contre  les  lois  promulguées  par  la  société,  les  condamna- 
tions, et  enGn  les  supplices,  ont  entr'eux  une  corrélation 
nécessaire  et  inséparable  :  traiter  des  uns,  c'est  traiter  des 
autres. 

Jadis  la  peine  du  talion  semblait  la  plus  naturelle, 
puisqu'elle  fut  en  usage  chez  les  plus  anciens  peuples 
connus  ;  c'était  de  cette  manière  que  la  société  se  vengeait 
de  ceux  qui  avaient  bravé  ou  enfreint  ses  lois,  et  cherchait 
par  une  crainte  salutaire  à  maintenir  les  criminels.  Nous 
voyons  même  que  cette  espèce  de  justice  compensatrice 
s'est  perpétuée  jusqu'à  nos  jours  pour  les  assassins  et  pour 
punir  certains  crimes.  Les  anciennes  lois  de  la  ville  de 
Tournai  étaient  formelles  à  cet  égard;  les  ordonnances 
royales  vinrent  les  modifier,  mais  le  renouvellement  de  la 
loi  au  treizième  siècle  dit  encore  : 

«...  Chascun  qui  ochist  aura,  debvra  estre  ochis  ;  car  en 
cheste  cytlet  de  Tornay  loi  et  vsaige  a  toujours  esté  ke  il 
y  ost  mors  por  mors,  membre  por  membre  et  que  là  ou 
arot,  soit  home  ot  feme  et  garchon  ot  fille  navre  part  quou 
itlec  aurot  membre  copet  al  plel  del  précos,  eskiévins  et  jurés 
celi  kil  troverot  capables  par  prouves,  évidenches  al  viritet, 
il  le  doivent  jugier  et  condamier  tel  membre  perdre  que  H 
navret  ora  plerdut.  Se  fait  nel  à  sen  cor  déffendut,  etc.  » 

Cette  vie  qu'on  devait  donner  pour  la  vie  qu'on  avait 
enlevée  à  un  de  ses  semblables  ou  même  un  membre  qu'il 
fallait  rendre  pour  le  membre  dont  on  l'avait  indûment 
privé,  semblait  tellement  être  la  loi  naturelle  à  ces  époques, 


que  même  encore  en  l'année  \  362  nous  voyons  un  parlc- 
lement  homologuer  des  lettres  de  rémission  accordées  par 
le  roi  de  France  d'alors  (1)  à  Jean  Charnault  atteint  et 
convaincu  d'avoir  à  son  corps  défendant,  tué  Jacques  de 
Pons,  seigneur  de  la  Force,  qui  en  l'attaquant  lui  avait  abattu 
l'oreille  droite.  Malgré  ces  circonstances  au  moins  bien 
atténuantes,  ledit  Charnault  avait  été  condamné  h  mort. 

De  nos  jours  il  n'y  aurait  eu  aucun  crime,  ni  même 
délit  puisque  le  droit  de  légitime  défense  est  inscrit  dans 
la  loi  pénale  ;  toutefois  remarquons  que  même  bien  long- 
temps avant  celte  époque  Tournai  avait  admis  dans  ses 
coutumes  :  la  défense  propre  à  son  corps  défendant. 

Cette  manière  de  corriger  un  méfait  par  une  peine  sem- 
blable dans  les  temps  les  plus  anciens,  nous  prouve  que 
c'était  la  nature  elle-même  qui  avait  établi  cette  voie  de 
réciprocité  ;  aucun  châtiment  no  pouvant  en  effet  être  plus 
en  rapport  avec  la  faute,  et  comme  l'avait  dit  primitivement 
Solon  et  après  lui  Senèquc  :  elle  était  juste  si  elle  servait 
d'exemple  pour  les  autres  en  les  tranquillisant  pour  l'ave- 
nir. (2) 

Bien  des  crimes  cependant  contre  la  société  et  les  per- 
sonnes ne  pouvaient  être  châtiés  de  cette  manière,  c'est-à- 
dire  par  des  peines  analogues  :  ainsi  les  voleurs,  les 
faux-monnayeurs,  ceux  qui  se  soulevaient  contre  le  souve- 
rain ou  les  autorités  établies  par  lui,  une  fois  saisis  par  la 
justice   et   convaincus    de    délits   recevaient   les    diverses 


(1)  Charles  IX. 

(2)  «  In  vindicandisinjuriishaec  tria  les  secula  est  quae  princeps 
quoque  débet,  ut  cum  quem  punit  eniendel  ut  pœna  ejus  celeros 
reddat  meliores  aut  ut  subialis  malis  securiores. ...  » 

Seueca.  Hb.  De  Clenientia. 


_  4  — 

punitions  qu'il  plaisait  aux  juges  de  leur  appliquer,  et  les 
lois  d'alors,  nous  parlons  des  âges  anciens,  spécifiaient 
comme  celles  de  nos  jours  le  genre  de  mort,  ou  le  châtiment 
qu'on  devait  faire  subir. 

C'est  cette  diversité  de  crimes  et  leur  répression,  telle 
qu'elle  se  pratiquait  à  Tournai  pendant  une  longue  pé- 
riode de  son  histoire,  que  nous  avons  consignée  dans  ce 
présent  travail.  Nous  avons  tenu  à  réunir  des  détails  ignorés 
par  la  plupart  des  personnes  curieuses  de  connaître  la  vie 
des  anciens  habitants  de  cette  cité,  il  y  a  quelques  siècles. 
Mais  pour  donner  un  peu  de  suite  à  ces  faits  disséminés  çà 
et  là,  nous  avons  dû  repêcher  les  épaves  dispersées  par  les 
tempêtes,  restes  de  ces  âges  qui  s'éloignent  de  nous,  mais 
qu'il  semble  bon  cependant  de  conserver  pour  l'instruction 
des  temps  présents. 

Nous  nous  sommes  donc  occupés  de  ce  petit  travail  dans 
l'espoir  de  rendre  service  au  public  studieux,  nous  ti'ou- 
vant ^heureux  de  pouvoir  encore  recueillir  les  documents 
qu'une  tourmente  passagère  mais  dévastatrice  peut  venir 
disperser  de  nouveau  et  même  anéantir  entièrement.  Nous 
avions  encore  sous  la  main  ces  annales  authentiques  qui 
dans  tant  d'autres  cités  ont  disparu  pour  toujours. 

Consulter  et  faire  connaître  ces  interrogatoires  des  cou- 
pables, procès-verbaux  véridiques  de  faits  qui  venaient  de 
se  passer,  n'était-ce  pas  la  meilleure  manière  de  se  repré- 
senter le  caractère,  les  habitudes  et  les  mœurs  d'une  cer- 
taine classe,  au  moins  des  populations  de  ces  époques?  C'est 
un  narré  trivial  peut-être,  mais  naïf  et  simple  de  ce  qui  se 
passait  chez  nos  aïeux  dans  ces  temps  éloignés  de  nous  ;  ce 
qui  ne  peut  manquer  d'apporter  un  certain  intérêt.  Ainsi 
le  voyageur  se  retourne  parfois  pour  regarder  en  arrière 
afin  de  bien  connaître  l'étendue  de  la  route  parcourue  par 
lui  et  avant  lui,  et  le  terme  qu'il  doit  lui-même  atteindre 


pour  conserver  dans  sa  mémoire  ce  qui  mérite  dètrc  vu  et 
recueilli. 

Dans  une  époque  trop  rapprochée  pour  que  nous  puissions 
l'ignorer,  une  certaine  classe  d'hommes  politique,  malheu- 
reusement inspirés  et  cédant  à  l'entraînement  des  esprits 
en  délire,  voulut  détruire  le  souvenir  du  passé.  Ces  démo- 
lisseurs intellectuels  pensaient  rétablir  ensuite  une  société 
exempte,  selon  eux,  dcpréjugés.  ctilscrurcntdansleurcour- 
tes  visées  qu'ils  y  réussiraient  en  anéantissant  l'histoire  du 
passé  avec  les  monuments  de  leurs  pères;  non-seulement 
les  temples,  les  palais,  les  châteaux,  mais  encore  avec  eux 
tous  les  titres  et  les  archives  où  se  tenaient  consignées, 
depuis  tant  de  siècles,  les  lois,  les  coutumes,  l'histoire  des 
générations  passées.  Leur  but  était  de  reconstruire  une  so- 
ciété nouvelle  sur  les  ruines  de  l'ancienne.  Ils  ne  réussirent 
qu'à  causer  des  pertes  bien  regrettables  pour  les  arts,  la 
science  et  l'histoire.  Et  quand  on  eut  fait  justice  de  tant 
d'idées  absurdes  et  que  ce  temps  de  destruction  eut  fait 
place <à  une  ère  régénératrice^  on  put  compter  ses  pertes; 
les  vides  laissés  par  la  tourmente  firent  mieux  apprécier 
ce  qu'ils  avaient  épargné. 

Les  archives  éparpillées  furent  recueillies  et  l'on  combla 
les  vides  par  ce  qui  put  être  retrouvé.  Après  plus  de  cin- 
quante ans  de  recollections,  faites  par  des  hommes  dévoués 
et  infatigables  dans  ce  travail  réparateur,  quelques  dépôts 
publics  peuvent  encore  se  montrer  fiers  d'un  précieux 
répertoire  de  titres  historiques. 

Tournai  heureusement  ne  vit  pas  gaspiller  ses  archives, 
mais  elle  souiTrit  cependant  de  la  disposition  où  se  li^ouvaicnt 
les  esprits  après  la  tempête  révolutionnaire  de  1793.  On 
laissa  appauvrir  ses  richesses  archéologiques;  l'incurie  des 
préposés  à  leur  garde,  causée,  il  est  vrai ,  par  le  peu  de  cas 
(pi'on  faisait  alors  de  tout  ce  qui  rappelait  l'ancien  régime, 


—  G  — 

amena  des  pertes  regrettables.  (1)  Maintenant  qu'une  admi- 
nistration éclairée  fait  choix  de  conservateurs  soigneux  et 
instruits,  ils  surveillent  les  précieux  dépôts  dont  ils  sont  les 
fidèles  gardiens;  espérons  que  les  inventaires  sérieux  dont 
ils  s'occupent  avec  persévérance  rendront  inaliénables  les 
parchemins  de  la  commune,  et  qu'à  l'âge  de  fer  a  succédé 
un  véritable  âge  d'or  pour  les  chartes  et  les  documents 
originaux  de  notre  cité.  Quant  à  nous,  qui  voyons  s'ouvrir 
une  période  de  conservation,  d'ordre  et  de  développement 
favorable  à  l'intelligence  et  remplaçant  l'indifférence  si  pré- 
judiciable ,  du  commencement  de  ce  siècle,  nous  devons  en 
espérer  les  plus  heureux  résultats,  et  l'appréciation  générale 
des  documents  historiques  en  est  un  excellent  augure. 

Appelé  à  traiter  sommairement  par  le  sujet  qui  nous 
occupe  de  la  législation  pénale  propre  à  la  ville  de  Tournai, 
nous  croyons  devoir  jeter  un  rapide  coup-d'œil  sur  ce  qui 
précéda  l'exercice  de  nos  usages  et  coutumes  d'autrefois. 

Plus  on  reporte  haut  ses  regards  sur  la  manière  dont  les 
peuples  de  l'antiquité  réprimaient  les  crimes ,  plus  on  est 
frappé  de  voir  chez  les  Grecs  et  les  Romains,  par  exemple , 
des  pénalités  toujours  sévères  et  souvent  cruelles.  C'est 
même  aux  usages  d'une  législation  vraiment  barbare  que 
nos  plus   anciennes   coutumes    empruntèrent  ce  qu'elles 


(1)  Le  rapport  fait  à  M.  le  ministre  de  l'intérieur  par  M.  l'arcbi- 
viste  général  de  la  Belgique  sur  la  situation  des  archives  du  conseil 
provincial  de  Tournai-Tournaisis.  et  inséré  sommairement  dans  les 
Bulletins  de  la  Société  historique  et  littéraire  de  Tournai.  (Tome  I, 
p.  301),  nous  font  connaître  les  vrais  motifs  qui  occasionnèrent  de  si 
grands  torts  aux  parchemins  de  la  commune.  Il  paraît  que  les  dépla- 
cements réitérés  qu'on  leur  flt  supporter  avec  une  déplorable  incurie 
y  avait  amené  le  plus  grand  désordre  qui  y  régnait  encore  à  cette 
époque  (Avril  1816). 


—  7  — 

avaient  de  plus  inhumain.  Les  sociétés  étaient  cependant 
constituées  depuis  longtemps  et  avec  elles  la  civilisation. 

Nous  voyons  ensuite  le  Bas-erapire  continuer  les  habi- 
tudes les  plus  atroces  dans  la  répression  des  crimes.  Dans 
sa  dernière  période  agonisant,  on  faisait  encore  brûler  vifs 
les  esclaves,  les  transfuges  et  même  les  étrangers  qu'on  con- 
damnait à  mort.  Les  citoyens  nobles  avaient  le  privilège 
de  la  décollation  et  le  chef  mâle  de  la  famille  dans  cette 
classe  avait  le  droit  à  l'exclusion  du  bourreau,  d'être  lui-même 
ou  à  son  défaut  un  autre  membre  de  sa  famille,  l'exécuteur 
de  la  loi  sur  ses  propres  parents  !  Triste  faveur  que  per- 
sonne ne  revendiquerait  certainement  de  nos  jours.  Les 
capitulaires  de  Charlemagne  avaient  conservé  une  clause 
qui  en  dérivait  peut-être,  car  c'est  dans  la  même  pensée, 
qu'ils  spéciflaient  que  pour  les  châtiments  réservés  aux 
nobles,  l'homme  libre  pourra  seul  porter  la  main  sur  les 
personnes  libres. 

Si  remontant  dans  l'histoire,  nous  taxons  sa  pénalité  de 
cruelle  nous  devons  ajouter  que  trop  souvent  nous  en 
trouvons  encore  la  pratique  injuste.  Les  austères  républiques 
de  Sparte  et  d'Athènes  nous  apprennent  qu'on  y  soumettait 
les  esclaves  à  la  torture  à  la  place  de  leurs  maîtres.  «  Pen- 
dant l'antiquité  le  témoignage  des  individus  de  condition 
servlle  n'étaient  admis,  que  lorsqu'ils  avaient  été  comme 
purifiés  par  les  tourments  de  la  question.  (1)  » 

L'oeuvre  de  la  législation  judiciaire  a  toujours  marché 
avec  les  temps  dans  nos  mœurs,  nos  lois  et  nos  coutumes; 
mais  les  changements  et  les  améliorations  ne  s'y  faisaient 
qu'avec  une  sage  lenteur.  Dès  le  XIII®  siècle,  nous  trouvons 


(1)  De  origine  et  raiione  quoestionis  apud  graecos  et  romanos. 
(Reiimeyer.) 


dans  un  de  nos  codiccs  de  cette  époque  une  maxime  em- 
preinte d'une  juste  modération,  laquelle  n'avait  été  qu'in- 
diquée dans  les  âges  précédents  :  «  Cil  qui  juige  doit 
»  regarder,  qu'il  n'eslablisse  nulle  choses  plus  aspi'cmenl 
»  ne  plus  molement,  si  comme  la  cause  requiert,  car  il  ne 
)i  doist  pas  convoiter  la  gloire  d'estre  trop  roide  ni  trop 
))  débonnaire,  ainz  doit  fére  droit  jugement  et  estublir 
t  selon  ce  que  chaque  cause  requiert,  (1)  »  Ce  sage  conseil 
est  de  tous  les  temps,  et  un  précepte  aussi  juste  ne  saurait 
veillir. 

Nos  lois  judiciaires  ont  puisé  une  grande  expérience  dans 
l'œuvre  stable,  pendant  des  siècles  ,de  nospré  décesseurs;  ce 
qu'elles  n'auraient  pas  acquis  dans  une  législation  à  chaque 
instant  remaniée  suivant  les  circonstances,  les  révolutions 
ou  le  caprice  du  moment.  Soyons  plus  justes  dans  nos  ju- 
gements envers  nos  aïeux  qu'on  ne  l'a  souvent  été,  tout  en 
corrigeant  dans  la  pratique  ce  que  leurs  mœurs  avaient  de 
défectueux ,  nos  habitudes  à  nous-mêmes  et  nos  lois  seront 
probablement  un  jour  modifiées  sinon  améliorées  par  les 
âges  qui  suivront  nos  époques,  car  elles  peuvent  d'un  com- 
mun aveu  subir  encore  bien  des  perfectionnements. 

Nous  pourrions  citer  bien  des  exemples  à  l'appui  de  celte 
expérience  puisée  dans  les  coutumes  d'autrefois.  Le  jury 
entr'autres  institutions,  que  Ton  croit  généralement  une 
combinaison  moderne  établie  pour  que  chacun  soit  jugé  par 
ses  pairs,  n'est  qu'une  imitation  quoique  variée  dans  la 
forme  du  mode  suivi  par  certains  peuples  anciens. 

Chez  les  Grecs  à  Athènes,  par  exemple,  la  composition 
des  tribunaux  se  faisait  en  recrutant  les  juges  parmi  six 
mille  citovens  dont  les  noms  étaient  chaque  année  tirés  au 


(I)  Livre  de  justice  el  de  Plet.  Edition  RappeiU.  1850,  p.  277. 


—  9  — 

sort.  A  l'extérieur  raèrac  ces  interprètes  des  lois  étaient 
reconnaissablcs,  puisque  par  faveur  toute  spéciale  ils  avaient 
droit  de  porter  la  barbe  longue,  le  manteau  et  le  bâton,  à 
l'instar  des  sénateurs.  Il  y  avait  plusieurs  tribunaux  et 
c'était  encore  le  sort  qui  fixait  à  queltribunal  devaient  siéger 
ceux  dont  les  noms  avaient  été  tirés  pour  juger  cette 
année.  11  existait  à  Athènes  dix  sections  différentes. 

Il  est  donc  évident  que  c'était  par  la  décision  des  propres 
citoyens  que  la  justice  était  rendue  en  Grèce.  Ces  juges 
bourgeois  étaient  indemnisés  pour  le  temps  qu'ils  devaient 
consacrer  à  ces  assises  criminelles.  Un  célèbre  poète  du 
temps  (1)  nous  apprend  que  c'était  Périclès  qui  avait  intro- 
duit cet  usage.  Le  premier  salaire  indemniseur  n'était 
d'abord  qu'une  obole  et  il  fut  porté  ensuite  par  Cléon  à 
5  oboles  par  jour,  somme  d'ailleurs  très-minime,  puisque 
l'obole  fut  toujours  une  des  moindres  monnaies,  même 
dans  l'antiquité. 

Au  reste,  ce  que  nous  ont  appris  les  auteurs  sur  les 
supplices  infligés  aux  condamnés  chez  les  anciens,  est 
peu  propre  à  nous  faire  regretter  ces  temps  barbares,  heu- 
reusement bien  loin  de  nous.  Pour  la  question  préalable, 
qu'un  innocent,  soupçonné  simplement,  pouvait  subir, 
nous  voyons  qu'on  attachait  le  patient  sur  le  chevalet; 
parfois  on  le  battait  de  verges.  On  écorchait  vif,  on  tor~ 
turait,  on  versait  un  vinaigre  brûlant  dans  la  bouche  ou 
les  narines,  on  empalait  etc.;  si  bien  que  souvent  la  question 
pour  celui  qui  y  était  soumis  était  un  supplice  mortel. 

Nous  savons  que  les  latins  ne  furent  pas  moins  cruels;  ils 
admettaient  également  la  question  comme  nous  le  prouve 


(1)  Arisloph.  Les  chevaliers  :  Se.  I. 

2t 


—  iO  — 

le  code  Théodosicn  (1);  elles  affreuses  cruautés  exercées 
sur  les  premiers  chrétiens  qu'on  martyrisait  par  les  plus 
terribles  tourments  nous  prouvent  que  les  Romains  empié- 
taient peut-être  encore  sur  les  raffinements  des  supplices  de 
leurs  prédécesseurs. 

Les  Francs  et  les  Gaulois  qui  subirent  le  joug  et  la  domi- 
nation des  Goths  et  des  Barbares  retinrent  cependant  les 
lois  des  Romains  leurs  premiers  vainqueurs.  Charleraagne 
avec  sa  puissance  avait  propagé  les  lois  justiniennes,  les 
plus  complètes  de  son  époque,  dans  tout  son  vaste  empire, 
et  c'était  par  ses  soins  que  les  délégués  de  son  autorité 
JJ^issi  Dominki  en  avaient  surveillé  l'application. 

La  langue  latine  était  la  langue  des  lettrés,  celle  des 
cloîtres  et  du  clergé,  elle  resta  longtemps  la  langue  offi- 
cielle ;  tous  les  actes  de  la  population  primitive,  sauf  de 
rares  exceptions  étaient  rédigés  en  latin,  l'idée  romaine 
des  lois  subsistait.  En  effet,  Agalhias  nous  rapporte  que  les 
Francs  se  servaient  de  ces  coutumes  pour  leurs  transactions 
et  leurs  mariages.  «  La  race  germanique,  dit  un  auteur  mo- 
derne, à  qui  nous  empruntons  ces  curieux  renseigne- 
ments (2),  chercha  à  consolider  sa  conquête  en  opprimant 
les  vaincus.  En  ces  temps  la  justice  était  expéditive,  parfois 
même  le  magistrat  exécutait  la  sentence  sur  place  (3). 

Nous  voyons  en  ces  époques  reculées  l'Église  s'interposer 
et  user  elle-même  de  ses  armes  spirituelles  :  ainsi  parfois 
elle  frappait  les  coupables  des  peines  canoniques  ou  des 


(1)  Livr.  IX,  lex  IIF  ad  legem  Juliam  repetundarum. 

(2)  Ch.  Desmazes.  Des  supplices  p.  21. 

(3)  «  Judex  ad  casam  laironis  ambulet  et  ipsura  Icgare  facial, 
ila  ut  si  Francus  fuerit  ad  noslram  prsesenliam  dirigatur ,  et  si 
debiilor  persona,  in  loco  pcndatur.  »  Décret.  Child.  Cup. 


—  11  — 

excommunications  qu'elle  lançait  contre  ceux  qui  refusaient 
d'accepter  les  sentences  qu'elle  avait  formulées.  Mais  il  est 
vrai  que  souvent  alors  le  pouvoir  laïc  en  referait  à  l'auto- 
rité ecclésiastique  pour  prononcer  contre  certains  coupa- 
bles. L'empereur  Louis-le-Débonnaire  régla  aussi  des  points 
de  législation  :  ainsi  dans  un  capitulaire,  il  proclame  que 
tous  les  Ordres  de  l'Eglise  doivent  vivre  selon  la  loi  romaine 
dans  toute  l'étendue  de  l'Empire.  Ailleurs  il  veut  qu'en  tout 
état  de  cause  il  soit  libre  à  l'une  des  parties  de  soumettre  le 
différend  au  jugement  de  l'évcquc,  arbitre  forcé,  et  cette  loi 
devait  être  observée  par  tous  ses  sujets  tant  clercs  que  laïcs. 
«  Spectacle  étrange,  s'écrie  le  judicieux  auteur  des  péna- 
lités anciennes  (1),  le  christianisme  pour  dompter  les  Bar- 
bares et  les  assimiler  à  son  œuvre  s'appuie  sur  le  droit 
romain  qu'il  transformera  en  droit  canonique,  afin  de  régé- 
nérer le  monde  enveloppé  des  lénèbres  de  l'ignorance.  » 

Alors  il  n'y  eut  plus  de  lois  commune;  dans  le  Nord, 
théâtre  de  la  première  invasion ,  le  droit  romain  perdit 
l'autorité  qu'il  avait  reçue  à  titre  de  droit  personnel,  tandis 
qu'il  se  maintint  encore  dans  le  Midi  comme  loi  territoriale 
et  réelle  (2).  Entre  ces  éléments  divers  ,  le  catholicisme 
apporta  sa  forte  unité,  ses  consolations  et  ses  l'efuges  :  ici 
c'est  la  trêve  de  Dieu;  là  il  fonde  des  abbayes  où  se  recueille 
et  se  nourrit  la  science;  partout  il  absorbe,  en  les  calmant, 
les  violences  des  rudes  seigneurs,  en  leur  parlant  de  Dieu, 
de  charité  et  de  pitié.  De  la  féodalité  vont  découler  comme 
d'une  source  commune  toutes  les  coutumes  de  nos  régions 
du  Nord  et  même  de  différents  pays  du  Midi. 

Si  nous  passons  à  cette  législation  criminelle  de  la  pre- 
mière partie  du  moyen-âge  qui  précéda  la  période  que  nous 


(1)  Ch,  DesmazeSj  p  21. 

(2)  Monlesquieu,  esprit  des  lois.  Livr.  28,  clijp.  2. 


—  i2  — 

allons  traiter  pour  la  ville  de  Tournai  et  son  territoire , 
nous  trouvons  Charles-Ie-Chauve  pctil-fils  de  Charlemagne, 
également  souverain  de  ces  pays,  maintenant  les  ordon- 
nances du  grand  empereur  et  de  son  père  Louis-le-Débon- 
naire  :  publiant  lui-même  des  capitulaires  qui  puisent  leur 
principe  dans  le  digeste  et  le  code  de  Tbéodose.  Elles 
s'appuyaient  sur  rÉglise,  afin  que  celle-ci  y  donnât  la  sanc- 
tion et  l'autorité  que  les  peubles  exigeaient  dans  ces  âges  où 
la  foi  dominait  tous  les  principes.  La  barbarie  cédait  à  la 
civilisation  par  le  christianisme.  Cette  époque  devait  pro- 
duire les  guerres  saintes  et  ce  mouvement  religieux  se 
généralisant  en  Europe  contribua  puissamment  à  l'émanci- 
pation des  peuples.  L'impérieux  besoin  d'une  législation, 
en  rapport  avec  !a  révolution  qui  s'opérait  dans  les  mœurs 
devenues  plus  douces,  se  fit  partout  sentir.  C'était  une  révo- 
lution sociale  que  le  christianisme  et  l'humanité  exigeaient 
des  peuples. 

Au  onzième  siècle,  les  assises  de  Jérusalem  qui  furent 
composées  pour  l'usage  des  croisés  en  Palestine  est  resté  le 
chartrieux  le  plus  complet  des  coutumes  suivies  à  cette 
époque  dans  tous  les  pays  du  Nord  et  de  l'Ouest  de  l'Eu- 
rope. (1) 


(1)  Les  assises  de  Jérusalem  par  messire  Philippe  de  Beaumanoir, 
bailly  de  Clernionten  Beauvaisis,  de  Senlis,  elc.,ea  1285  et  messire 
Jean  d'Ibelin  C"=deJaphe  etd'Ascaion,  etc.,  publiées  par  Thauraas  de 
la  Thaumassière  avocat  au  parlement.  Bourges  1690  {6i2  pages  in-fol) 

Ce  sont  les  lois,  statuts,  usages  et  coutumes  accordés  au  royaume 
de  Jérusalem  par  Godefroy  de  Bouillon,  roi  élu  de  la  Terre-Sainte. 
Ces  assises  écrites  et  rédigées  en  l'assemblée  des  grands  du 
royaume,  scellées  des  sceaux  du  souverain,  du  patriarche  et  du 
vicomte  de  Jérusalem,  furent  appelées  les  lettres  du  sépulcre, 
parce  qu'elles  étaient  gardées  en  un  coffre  dans  l'église  du  S'  sé- 
pulcre, d'où  elles  étaient  tirées  en  la  préience  du  roi,  du  patriarche' 


—  15  — 

En  commençant  cet  expose  de  la  législation  criminelle 
dans  la  ville  de  Tournai ,  nous  croyons  devoir  donner  ici 
quelques  détails  sur  les  coutumes  locales  et  particulières  ; 
elles  sont  généralement  peu  connues.  A  ces  époques  où  le 
rouage  administratif  était  beaucoup  plus  simple  qu'il  ne  le 
fut  depuis,  Tournai  avait  sa  constitution  propre  qu'elle 
s'était  peut-être  octroyée  elle-même  ,  mais  dont  elle  était  en 
possession  de  temps  immémorial.  On  trouve  le  détail  de 
l'organisation  magistrale  de  cette  ville  dans  l'historien 
Poutrain  et,  après  lui,  dans  une  publication  du  plus  haut 
intérêt.  (1)  Le  savant  et  laborieux  archiviste-général  du 
royaume,  M.  Gachard,  nous  en  dorme  un  court  mais  lucide 
exposé  :  on  me  permettra  d'en  extraire  sommairement  ce 
qui  peut  être  utile  à  notre  traité. 

Nos  anciennes  annales  nous  apprennent  que  les  Tour- 
naisiens  eurent  à  subir  plusieurs  révolutions  dans  la  forme 
de  leur  gouvernement ,  nous  savons  positivement  que  la 
charteobtenue  deCharles  VII,  en  1424,  n'était  quela  confir- 
mation de  celle  qui  les  régissait  antérieurement,  mais  dont  ils 


de  deux  chanoines  et  du  vicomle  lorsqu'il  y  avait  débat  sur  quel- 
qu'arlicle  de  ces  coutumes. 

En  disant  que  ce  codex  n'était  que  l'expression  des  lois  alors  en 
usage,  nous  suivons  l'opinionl  a  plus  généralement  adoptée.  Guillaume 
de  Tyr  affirme  qu'elles  ont  été  tirées  des  coutumes  et  usages  de 
France  (Liv.  V,  ch.  2),  et  Tbaumas  de  la  Thaumassière  en  publiant 
ce  code  législatif  qu'il  semble  dédier  aux  Baillis  gouverneurs  du 
comté  de  Clermont  dont  il  donne  la  liste  .  Philippe  de  Beaumanoir 
en  1280,  Jean  de  Moret,  chevalier  en  1363,  Gilles  de  Nédonchel  en 
1575,  Pierre  de  Bournel  en  1379  dit  qu'il  a  cru  faire  plaisir  à  tous 
ceux  qui  aiment  les  origines  de  la  jurisprudence  frauçaise,  en  fai- 
sant imprimer  ces  assises  de  Jérusalem  avec  notes  et  observations. 

(1}  Les  Bulletins  de  la  commission  royale  d'histoire,  t.  XI. 


—   14  — 

venaient,  encore  d'augmenter  les  privilèges ,  «  au  point,  dit 
Poutrain,  (1)  que  le  gouvernement  populaire  y  était  porte 
aussi  loin  qu'il  pouvait  aller.  » 

A  dater  de  eetle  époque  Tournai  eut  quatre  consistoires. 
1°  Celui  des  prévôts  et  jurés  composé  de  vingt  membres. 
2°  Celui  des  majeurs  et  échevins  qui  se  chargeaient  de  l'ad- 
ministration municipale  proprement  dite ,  de  l'édilité  et  de 
tout  le  service  intérieur.  Il  était  formé  de  vingt-quatre 
membres. 

5°  Le  collège  ou  conseil  des  eswardeurs  au  nombre  de 
trente. 

¥  El  enfin  celui  des  doyens  et  sous-doyens  des  métiers 
qui  formaient  un  corps  important  de  soixante  et  douze 
membres. 

Ce  dernier  conseil  fut  ajouté  à  celte  date  aux  autres 
collèges. 

Il  était  plus  qu'une  chambre  de  commerce;  c'était  une 
institution  s'administrant  pour  ainsi  dire  elle-même  d'après 
les  immunités  et  privilèges  dont  ses  membres  jouissaient  à 
l'exclusion  des  autres  bourgeois  et  manants  de  Tournai. 
Les  mayeurs  y  admettaient  ou  en  excluaient  ceux  qu'ils 
croyaient  dignes  ou  indignes  d'en  faire  partie  et  de  plus 
s'interposaient  dans  les  débats,  contestations,  griefs  ou 
délits  à  la  charge  des  membres  de  ces  corps  de  métiers. 

La  ville  de  Tournai  était  divisée  par  quartiers  dont  cha- 
cun avait  sa  bannière  propre.  A  l'époque  dont  nous  parlons 
au  quatorzième  et  quinzième  siècle  le  peuple  s'était  rangé 
sous  ti'cnte-six  bannières. 

Le  mode  d'élection  des  prévôts  et  jurés,  des  mayeurs  et 
échevins,  et  des  eswardeurs,  dit  M.   Gachard,  était  main- 


(1)  Histoire  de  la  ville  et  ciié  de  Tournai,  p.  o82. 


—  -15  — 

Icnu  tel  que  l'avaient  élabli  les  Chartres  de  Philippe  de 
Valois,  du  mois  d'août  1340;  de  Charles  V,  du  6  février 
1370,  et  de  Charles  VI,  du  20  juin  1383.  Chaque  année,  le 
20  février  au  son  de  la  cloche,  les  chefs  d'hôlcl  s'assem- 
blaient en  la  Halle  du  conseil,  pour  élire  trente  prud'hom- 
mes ou  esvvardcurs  choisis  dans  toutes  les  paroisses  de  la 
ville.  Ces  cswardeurs ,  qui  avaient  à  leur  tête  un  mayeur, 
pris  dans  leursein,  élisaient  ensuite  les  vingt  jurés  parmi 
lesquels  se  prenaient  le  prévôt  de  la  commune  et  le  second 
prévôt,  et  quatorze  échevins  :  sept  de  l'évèché  de  Tour- 
nai (rive  gauche  de  l'Escaut),  et  sept  de  l'évèché  de  Cam- 
bray  (rive  droite) ,  parmi  lesquels  se  prenaient  aussi  deux 
mayeurs. 

Les  doyens  et  sous-doyens  des  métiers,  le  lendemain  delà 
création  de  la  loi  (le  21  février),  se  nommaient  par  les  chefs 
d'hôtels  assemblés  par  bannières.  Chaque  bannière  faisait 
l'élection  d'un  doyen  et  d'un  sous-doyen.  Les  soixante  et 
douze  doyens  et  sous-doyens  choisissaient  entre  eux  un 
grand  et  souverain  doyen  et  nn  grand  et  souverain  sous- 
doyen. 

Le  mardi  était  le  jour  fixe  d'assemblée  pour  les  quatre 
collèges  ;  le  son  de  la  cloche  l'annonçait  chaque  fois. 

Pour  qu'une  résolution  fût  prise,  il  fallait  le  concours 
d'au  moins  onze  jurés,  huit  échevins  ,  seize  eswardeurs  et 
vingt-quatre  doyens. 

S'il  arrivait  que  sur  aucunes  grandes  choses  touchant 
»  le  corps  et  étal  de  la  ville,  »  les  quatre  collèges  ne  pussent 
se  mettre  d'accord;  après  trois  séances,  Taflaire  devait  être 
portée  devant  le  peuple,  assemblé  par  bannières. 

Le  consentement  du  peuple  était  indispensable  pour  la 
création  de  rentes  héritières  ou  viagères ,  pour  établisse- 
ment d'impôts,  pour  octroi  d'aides,    etc.  Et  des  trente-six 


—  i6  — 

bannières,  vingt-qur.lre   au  moins  devaient  concourir  au 
consentement. 

Les  trois  collèges  des  prévôts  et  jurés,  des  mayeurs  et 
des  eswardeurs ,  ne  pouvaient  intenter  ni  soutenir  aucun 
procès ,  sans  l'aveu  des  doyens  et  sous-doyens.  A  ceux-ci 
appartenait  le  choix  des  six  éltis^  par  lesquels  devaient 
être  signés  tous  les  billets  de  mises  de  la  ville  (ordonnances 
de  paiement).  Les  mêmes  élus  avaient  la  garde  de  six  des 
sept-clefs  du  coffre  qui  contenait  le  scel  de  la  commune  ,  le 
prévôt  avait  la  septième. 

Le  prévôt  de  la  ville  avait  la  première  place  dans  les 
réunions  des  conseaulx;  à  lui  était  dévolu  la  justice  crimi- 
nelle qu'il  exerçait  avec  l'aide  des  jurés  qu'il  présidait  éga- 
lement, quand  ils  étaient  assemblés  pour  juger  et  réprimer 
les  délits. 

Jusqu'au  règne  de  Charles-Quint,  ce  gouvernement  mu- 
nicipal subsista,  et  quoiqu'on  eût  dû  compter  sur  les  termes 
de  la  capitulation  que  les  Tournaisiens  conclurent  à  l'épo- 
que où  cet  empereur  leur  avait  délégué  son  capitaine  géné- 
ral, le  comte  de  Nassau,  pour  traiter  de  la  reddition  de  la 
ville;  et  que  celui-ci  eut  stipulé  que  les  privilèges ^  usances 
et  coustumes  dont  ils  jouissaient  leur  seraient  conserves , 
traité  ratifié  par  l'empereur;  néanmoins  cela  ne  peut  em- 
pêcher que  leur  constitution  municipale  ne  fût  entièrement 
renversée. 

Charles-Quint,  par  ses  lettres  du  4  février  1521  [v.  st.) 
avait  encore  renouvelé  l'assurance  qui  avait  été  donnée  aux 
habitants  de  Tournai  que  leurs  anciennes  franchises  leur 
seraient  maintenues;  cependant  le  14  du  même  mois,  parut 
une  ordonnance  par  laquelle  les  privilèges  de  1 540  et  de 
1571  en  ce  qui  concernait  l'élection  des  prévôts  et  jurés  et 
des  mayeurs  et  échevins  étaient  mis  à  néant;  de  plus  par  la 
même  ordonnance  l'état  des  eswardeurs  élait  aboli. 


—  17  — 

Les  prescriptions  impériales  portaient  que  dorcjiavant  il 
serait  créé  annuellement  par  des  commissaires  que  le  sou- 
verain enverrait  à  Tournai,  deux  prévôts  et  douze  jurés 
lesquels  formeraient  un  collège,  ou  consistoire  et  deux 
majeurs  et  quatorze  échevins  qui  composeraient  deux  col- 
lèges. Ils  devaient  être  pris  moitié  sur  la  rive  droite,  et  moi- 
tié sur  la  rive  gauche  de  l'Escaut.  L'Empereur  conservait  aux 
doyens  et  sous-doyens  des  métiers  le  pouvoir  de  connaître 
«  des  fautes  qui  seraient  commises  en  Vart'if.ce  desdits  mes- 
tiers  ;  leur  interdisant  toute  autorité  en  ce  qui  concernait  la 
justice,  kl  police  et  le  gouvernement  de  la  ville.  » 

Lorsque  les  prévôts  et  jurés,  mayeurs  et  échevins  devaient 
traiter  de  grosses  matières,  au  lieu  des  doyens  et  des  esv/ar- 
deurs,  ils  étaient  tenus  de  convoquer  le  gouverneur  et  le 
bailli  et,  à  leur  défaut,  leur  lieutenant. 

L'ordonnance  ne  touchait  pas  au  privilège  de  la  commune 
de  ne  pouvoir  sans  son  consentement  être  grevée  des  im- 
pôts par  l'octroi  d'aides  au  souverain,  ni  par  la  création  de 
rentes  héritières  ou  viagères.  On  prétexta  pour  les  préten- 
dues réformes,  les  abus  commis  aux  élections  des  pouvoirs, 
et  l'on  voulait  éviter  aux  bourgeois  de  Tournai  les  dépenses 
superflues  donnant  à  entendre  que  les  privilèges  octroyés 
en  4  340  auxTournaisiens  leur  étaient  dommageables,  prin- 
cipalement aux  gens  de  jnêtiers,  «  en  tant  que  à  l'occasion 
d'iceluy  quand  ils  étaient  créés,  ou  eswardeurs,  ou  prévôts, 
ou  jurés,  ou  maijcurs,  ou  eschevins  ;  ils  obstant  leur  occupa- 
tion en  l'exercice  de  ces  offices  ne  pouvaient  vaquer  à  leurs 
dits  mestiers,  ni  en  percevoir  le  provffit  qu'autrement  ils 
eussent  fuit  et  que  à  leur  enti'etenement  et  de  leurs  femmes  et 
de  leurs  enfants  eussent  esté  requis.  » 

En  outre  il  leur  était  encore  reproché  qu'au  lieu  d'élire 
les  plus  notables,  vertueux  et  sages ,  puissants ,  riches  et 
expérimentés  bourgeois  de  la  cité,  les  esivurdeursy  avaient 

2t. 


—  48  — 

le  plus  souvmtlavancé  et  pourveu,  simples  gens  de  mélier, 
et  à  la  fois  aux  principaux  offices  de  judicature,  gens  non 
sçachant  lire  ni  escrire. 

L'historien  Poutrain  avance  que  ce  fut  la  commune  elle- 
même  ,  qui  sollicita  le  changement  de  sa  constitution  muni- 
cipale ;  mais  il  n'apporte  pas  de  preuves  à  cette  assertion  et 
nous  sommes  d'autant  plus  fondés  à  la  révoquer  en  doute 
que  nous  observerons  avec  M.  Gacliard  que  si  les  Tournai- 
siens  avaient  eux-mêmes  provoqué  l'abolition  de  leurs  pri- 
vilèges, on  n'eût  vraisemblablement  pas  manqué  d'en  faire 
mention  dans  les  lettres  du  14 février  1322.  Ajoutons  toute- 
fois avec  le  judicieux  archiviste,  que  les  imputations  qui 
avaient  provoqné  cette  mesure  pouvaient  être  fondées,  ce 
qu'il  est  même  porté  à  croire. 

Une  des  anciennes  chartes  qui  furent  encore  abolies  par 
l'ordonnance  de  l'Empereur  est  celle  concernant  le  bail- 
lage  qui  avait  été  donnée  par  Charles  YI  à  la  ville  de 
Tournai  le  21  du  mois  de  juin  1585.  L'octroi  concédé  par 
le  souverain  était  le  résultat  d'un  accord  conclu  entre  le 
conseil  du  monarque  français  et  les  habitants  de  la  ville.  Les 
archives  de  la  commune  possèdent  encore  une  copie  de  cette 
charte  délivrée  sous  le  Vidimus  du  baillage  avec  le  sceau 
royal. 

Avant  de  voir  comment  le  premier  de  nos  anciens  con- 
seils souverains  exerçait  jadis  la  justice  criminelle  à  Tournai 
selon  nos  antiques  coutumes,  il  avait  paru  utile  de  faire 
connaître  par  quelle  autorité  se  trouvait  gouvernée  la  cité 
de  Clovis,  de  Charlemagne  et  de  S'  Louis  :  en  rapportant  ce 
qui  se  passait  dans  le  pays  aux  XIX"  et  XV°  siècles  nous 
disions  les  mœurs  et  les  habitudes  de  Tournai,  puisque  les 
coutumes  du  Nord  variaient  peu  au  moycn-age. 

Au  commencement  du  XIV^  siècle  ,  Tournai  ,  ville  popu- 
leuse, riche  par  ses  industries  et  ses  différentes  fabri- 


—  19  — 

cations,  dont  la  position  favorisait  l'extension,  devait  présen- 
ter un  aspect  identique  à  celui  des  plus  grandes  cités  de 
cette  époque,  c'est-à-dire  qu'elle  avait  une  importance 
comparativement  plus  considérable  que  de  nos  jours,  et  que 
les  faits  qui  s'y  passaient,  devaient  être  à  peu  près  les  mêmes 
que  ceux  qui  se  reproduisaient  alors  dans  les  grands  centres 
de  cette  partie  de  l'Europe.  Une  élude  de  la  justice  crimi- 
nelle, telle  qu'elle  se  pratiquait  à  Tournai  au  moyen-âge, 
peut  donc,  quoiqu'exclusivcment  locale,  présenter  quelqu'in- 
térét  même  aux  étrangers  à  cette  ville.  Les  habitants  de  la 
Belgique  et  du  Nord  de  la  France  devront  penser  qu'en 
faisant  la  part  des  circonstances,  des  noms  et  des  individus, 
les  méfaits  et  les  jugements  devaient  être  à  peu  près  les 
mômes  chez  eux  que  chez  nous  dans  ces  temps  anciens. 
Quant  aux  formalitésjudiciaires,  elles  pouvaient  varier  da- 
vantage, mais  les  coutumes  et  les  châtiments  se  ressemblaient 
presque  partout  dans  notre  pays  aux  mêmes  âges. 

Les  usages  et  coutumes  de  Tournai  restèrent  donc  en 
vigueur  jusqu'à  la  fin  du  XVIII®  siècle,  et  comme  la  plupart 
des  villes,  elle  continua  à  se  gouverner  d'après  ses  lois,  et 
ses  coutumes  particulières  ;  elle  les  conserva  non-seulement 
sous  le  gouvernement  de  Charles-Quint  et  de  ses  successeurs 
mais  cet  état  dura,  sauf  quelques  modifications,  jusqu'à  la 
première  révolution  française,  laquelle  changea  complète- 
ment la  législation  du  pays  après  sa  conquête.  Nous  savons 
que  Louis  XIV  acorda  certains  avantages  à  la  ville  de  Tour- 
nai, entr'autres  l'établissement  d'un  Parlement;  mais  c'est  à 
tort  qu'on  croit  que  la  conquête  des  provinces  belges  sous 
ce  souverain  occasionna  de  grands  changements  dans  la 
législation  du  pays,  comme  l'ont  soutenu  plusieurs  auteurs, 
qui  ont  même  été  jusqu'à  parler  de  la  complète  révolution 
que  la  réunion  à  la  France  opéra  dans  les  mœurs  et  coutumes 
des  villes  conquises.  Une  étude  de  l'état  des  provinces,  telles 


—  20  — 

qu'elles  étaient  alors,  nous  convainc  que  ce  fut  surtout  l'em- 
pereur Cliarles-Quint  qui  fit  les  plus  grands  changements 
dans  les  anciens  usages  ;  il  opéra  une  réforme  sur  toutes  les 
coutumes  particulières,  comme  nous  l'avons  dit  plus  haut. 
Louis  XIV  avait,  selon  sa  politique,  cherché  à  s'attacher  ses 
nouveaux  sujets.  On  le  vit  constamment  après  sa  conquête 
adopter  leurs  coutumes  et  ne  les  réformer  qu'après  que  ceux- 
ci  lui  en  avaient  témoigné  eux-mêmes  le  désir.  Un  procès 
célèbre,  dont  les  débats  ont  été  retrouvés  en  entier  dans  les 
annalesjudiciairesdeBruxelIes,  vient  confirmer  cette  opinion 
sur  le  gouvernement  de  Charles-Quint,  en  faisant  connaître 
les  dernières  luttes  de  l'esprit  municipal  contre  la  domina- 
tion autrichienne,  au  moment  où  l'on  voulait  amoindrir  et 
supprimer  les  libertés  nationales  (1). 

Le  règne  du  monarque  anglais  Henri  VIII,  sur  Tournai 
fut  de  trop  courte  durée  pour  avoir  laissé  des  traces  dans  nos 
lois  criminelles.  A  part  les  changements  occasionnés  par  les 
réformes  de  Charles-Quint,  ceux  de  Louis  XIV,  et  les  arrêts 
et  placards  qui,  à  dater  de  ces  époques,  ne  cessèrent  de  mo- 
difier les  anciennes  coutumes  ;  celles-ci  furent  donc  tou- 
jours en  vigueur  dans  Tournai  et  son  ressort,  jusqu'à 
la  fin  du  XVIIP  siècle  (2). 

Le  plus  ancien  recueil  que  l'on  possède  de  ces  lois  propres, 
tant  civiles  que  criminelles,  est  intitulé  :  Coiistumes  de  Tour. 
nai,  et  porte  la  date  de  lôôô.  Ce  sont  les  arrêts  et  prescrip- 
tions qu'il  renferme,  que  les  magistrats  élus  par  la  ville 
appliquaient  au  nom  de  la  justice  dans  les  sentences  dont 
nous  donnerons  la  teneur  (5). 


(1)  Procès  d'Annessens.  1  vol.  Brux.C.  Mucquardl,  1864.  Publica- 
tion de  la  Société  de  l'Histoire  de  Belgique. 

(2)  Voir  à  la  fin  de  cette  première  partie  le  texte  pour  nos  lois 
pénales  de  la  coutume  homologuée  sous  Charles  V. 

(5)  Dibl,  publ.N^XXlI  desMS.  in-fol,  de  769  pages  commençant 


—  21  — 

Dans  ce  vaste  recueil  qui  contient  d'abord  comme  point 
de  départ  la  charte  octroyée  par  le  roi  de  France,  Philippe 
VI,  cette  même  année  (1533),  on  retrouve  les  premières 
prescriptions  d'où  sont  sortis  les  usages  et  coutumes  impri- 
més depuis,  pour  la  première  fois,  à  l'époque  où  l'empereur 
Charlcs-Quint,  alors  souverain  de  Tournai ,  établit  de 
nouvelles  pénalités  et  une  augmentation  d'amendes. 

La  torture  ou  question,  pour  connaître  les  auteurs  des 
crimes,  n'était  pas  en  usage,  dans  la  pratique  ordinaire,  à 
Tournai. 

Quoique  les  coutumes  de  Tournai,  telles  qu'elles  nous  sont 
parvenues  (1),  parlent  de  l'emploi  delà  torture  ou  question 
à  l'égard  des  incriminés  pour  connaître  leur  culpabilité  ou 
les  noms  des  complices  des  crimes  dont  ils  étaient  soupçon- 
nés ,  néanmoins  nous  n'avons  heureusement  pas  eu  occasion 
de  constater  que  ce  moyen,  qui  alors  paraissait  naturel,  mais 
que  nous  jugeons  actuellement  tout  autrement,  ait  été  em- 
ployé par  nos  magistrats  de  Tournai.  Pendant  la  période  de 
250  ans  que  nous  parcourons  dans  cet  ouvrage,  nos  annales 
n'en  font  aucune  mention. 

L'épreuve  judiciaire  était  inconnue  dans  les  coutumes  de 
Tournai  au  moyen-âge. 

Nous  pouvons  encore  dire  à  la  louange  de  la  législation 
de  nos  aïeux,  que  leur  sens  droit  les  empêcha  de  céder  à 
Tentraînement  général  à  certaines  époques  de  recourir,  dans 


par  ces  mois  :  «  Chesl  li  teneur  de  le  carie  fcharle)  de  le  ville  oclroié 
»  aie  vileparliRoy  noslreSyre....du  mois  deMay  M.CCC.  XXXIIl,  » 

(1)  Les  couslumes,  slilz  et  usaiges  de  iesschevinaige  de  la  ville  et 
cité  de  Tournay,  povoyr  et  banlieue  dicelle,  nouvellement  revisitées, 
approuvées,  auclorisées  et  décrétées  par  L'empereur  en  son  con- 
seil, etc.  M. D.LIIII. 

L'approbation,  signée  Bourgeois,  porte  la  date  du  13  novembre  iob3. 


rincèrtitude  d'un  licbat  contradictoire,  au  stérile  et  insensé 
moyen  de  l'épreuve  judiciaire.  On  n'a,  non  plus,  aucun  re- 
proche à  faire  à  nos  anciennes  coutumes  d'avoir  prescrit 
des  épreuves  dont  le  résultat  peut  dépendre  du  hasard.  L'on 
sait  du  reste  que  s'il  n'en  était  pas  ainsi  chez  les  Gaulois , 
au  moins  chez  le  peuple  Romain  les  présages  ne  furent 
jamais  invoqués  que  comme  un  signe  favorable  à  l'accusé, 
et  chez  eux  la  torture  même  ne  devait  être  employée  que 
contre  les  esclaves.  L'on  ne  connaît  que  trop  bien  la  posi- 
tion de  ceux-ci  ;  ils  n'étaient  guère  mis  beaucoup  au-dessus 
des  animaux  domestiques  ;  l'homme  libre  avait  à  Rome  droit 
de  vie  et  de  mort  sur  ses  esclaves.  Voilà  l'état  où  était  tom- 
bée la  nation  la  plus  civilisée  de  la  terre  après  700  ans 
d'existence!  La  venue  de  Jésus-Christ  seule  a  pu  ramener 
chez  les  peuples  la  fraternité  chrétienne. 

Dans  les  divers  recueils  qui  traitent  de  la  pénalité,  telle 
qu'elle  a  été  pratiquée  à  Tournai,  on  ne  voit  pas  ordinai- 
rement que  le  genre  de  mort^,  appliqué  comme  châtiment, 
soit  spécifié,  sauf  pour  les  crimes  exceptionnels  ;  on  pourrait 
donc  en  induire  que  les  juges  avaient  toute  latitude  à  cet 
égard.  L'on  aura  occasion  de  remarquer  que  des  criminels, 
coupables  des  mêmes  forfaits  et  passibles,  par  conséquent, 
des  mêmes  châtiments,  étaient  cependant  condamnes  à  des 
supplices  différents.  Comme  toutes  les  circonstances  ne 
nous  sont  pas  révélées  dansées  interrogatoires,  souvent  abré- 
gés ou  tronqués  par  les  greffiers  chargés  de  les  écrire,  et 
que  les  antécédents  des  criminels  n'y  sont  en  outre  pas  tou- 
jours rapportés ,  ce  ne  peut  être  qu'une  conjecture,  que  nos 
observations  à  ce  sujet  rendent  au  moins  probable.  11  existe 
cependant  quelques  ordonnances  particulières  qui  rappel- 
lent les  peines  en  usage  à  leur  époque.  Ainsi  un  arrêté,  daté 
de  la  veille  de  S'  André  1294,  dit  que  les  faux  monaïeurs 


et  ceux  qtii  emploient  sciemment  lausses  piéches  de  mcn- 
Daie  doivent  être  justichiés  à  mort  de  bouillir. 

Un  autre  règlement  de  l'an  iùO'ô  dit  que  celui  qui  est  con- 
damné pour  avoir  occis  homme  ou  femme  pour  voler  ensuite, 
doit  être  pendu  et  de  pnravant  traîne  depuis  la  prison  jus- 
qu'aux fburches  (patibulaires). 

On  ne  rencontre  pas  dans  l'application  des  châtiments 
infligés  aux  malfaiteurs  la  peine  de  la  prison ,  soit  perpé- 
tuelle, soit  même  temporaire  (1).  Quand  un  crime  était  pa- 
tent, si  l'on  pouvait  en  appréhender  l'auteur ,  il  était  remis 
aux  archers  ou  aux  sergents  chargés  de  la  garde  des  incrimi- 
nés, qui  le  conduisaient  sur  le  champ  au  prévôt,  à  moins 
qu'il  ne  fût  plus  temps  ce  jour-là;  car  alors  les  sergents  le 
faisaient  enfermer  dans  les  prisons  de  la  ville ,  c'est-à-dire 
au  Beffroi  ou  à  la  Halle.  Le  lendemain,  on  rassemblait  les  té- 
moins, et  si  les  preuves  paraissaient  convaincantes,  le  jour 
même,  et  immédiatement  après  que  le  condamné  avait  fait 
sa  confession  à  un  prêtre,  ou  ordinairement  pas  plus  tard 
que  le  jour  suivant,  il  était  exécuté.  Les  coupables  étaient 
d'ailleurs  presque  toujours  en  aveu  avant  leur  condamna- 
tion. Tous  les  jours,  sous  peine  d'amende  ou  perte  de  leur 
salaire,  le  tribunal  devait  4enir  siège  à  la  Halle,  de  8  à  9 
heures  du  matin  depuis  Pâques  jusqu'à  la  S'-Rémi,  et  de 
9  à  10  pour  le  restant  de  l'année. 


(1)  Les  ordonnances  de  Philippes  II,  du  9  juillet  1370,  disent  à 
l'art.  39  : 

Vu  que  les  prisons  sont  pour  la  garde  et  non  pour  le  supplice.... 

La  charte  de  1335  porte  cette  prescription  : 

«  Art.  22.  Et  que  led.  Gouverneur  ne  puisse  tenir  en  prison  plus 
haut  de  huit  jours,  personne  arriétée  pour  quelconque  cause  que  ce 
soit,  que  il  ne  fasse  venir  la  personne  arriétée  en  jugement  en  la  pré- 
sence desd.  jurez  et  sera  fait  clameur  des  cas  dont  li  deura.  » 


Quand  le  malfaiteur  était  réputé  clerc  (i),  soit  qu'il  reven- 
diquât cette  qualité,  soit  qu'il  en  eût  le  costume,  on  l'écrouait 
dans  la  prison  de  l'Evéque  située  près  de  l'officialité  qui 
était];dans  l'aile  droite  du  palais  épiscopal,  donnant  sur  la 
rue  des  Orfèvres. 

Si  le  clerc  ressortissnit  à  la  juridiction  du  Chapitre  ,  on 
le  mettait  dans  la  prison  du  clocher  Brunin,  le  plus  rappro- 
ché de  la  porte  latérale  du  côté  du  nord. 

Cette  prison  se  nommait  communément  le  Casin  Brunin 
(la  Maison  Brunin).  i 

L'official  alors  ou  le  Chapitre  instruisait  la  cause.  Il  arri- 
vait parfois  que  c'était  à  tort  que  les  criminels,  dans  l'espoir 
de  trouver  des  juges  plus  portés  à  l'indulgence,  s'étaient 
prétendusjusticiables  de  l'autorité  ecclésiastique,  mais  quand 
leur  position  était  bien  reconnue,  ils  ne  tardaient  pas  à  être 
remis  à  leurs  juges  naturels.  Si  le  prisonnier,  étant  réellement 
clerc,  s'avouait  coupable  ou  était  convaincu  d'être  l'auteur 
d'un  crime,  il  retombait  dans  le  bras  séculier,  l'ordinaire 
ecclésiastique  laissant  à  la  justice  l'exécution  des  lois  (2). 

Celui  qui  avait  commis  un  crime,  était  sommé  de  se  faire 
connaître  aux  Prévôts  et  Jurés, 

Lorsqu'un  forfait  considérable,  un  meurtre  par  exemple, 
était  commis  dans  Tournai  ou  son  ressort,  mais  que  la  vic- 


(I)  On  comprenait  par  clerc  tous  les  ecclésiastiques  et  de  plus 
loulesles  personnes  qui,  ayant  reçu  la  tonsure,  exerçaient  quelques 
fonctions  dans  l'Église  et  participaient  à  ses  privilèges,  Goname 
d'après  les  principes  des  lois,  chacun  devait  ôlrc  jugé  par  ses  pairs, 
c'était  à  l'exclusion  du  pouvoir  communal  que  les  clercs  ressorlissaieot 
à  la  juridiction  de  l'évêque  ou  du  chapitre. 

Quoiqu'on  appelât  aussi  clercs  les  savants  et  ceux  qui  faisaient 
métier  d'écrire,  comme  ils  ne  faisaient  point  corps,  ils  n'avaient  pas 
de  juridiction  spéciale. 

(2j  Tournai  ancien  et  moderne/par  F.-J.  Boztère. 


—  28  - 

lime  n'ayant  pu  faire  connaître  quel  était  celui  qui  s'en  était 
rendu  coupable,  la  justice  ignorait  sur  qui  devait  tomber  le 
châtiment  ;  le  cricur  public  dénonçait  le  fait  et  criait  à  la 
Bretèque  :  Que  son  auteur  eût  à  se  présenter  devant  le  Pré- 
vôt et  les  Jurés  pour  être  condamné  ou  absous  suivant  les 
explications  qu'il  aurait  pu  donner.  Si  le  coupable  ne  ré- 
pondait pas  à  cet  appel,  l'abstention  de  sa  part  était  regardée 
comme  une  raison  probante  de  culpabilité,  et  s'il  tombait 
ensuite  dans  les  mains  de  la  justice,  son  acte  d'accusation 
mentionnait  qu'il  avait  refusé  de  comparaître  malgré  appel 
et  clameur  publics  ;  ce  qui  lui  était  mis  à  charge. 

Si  le  criminel  connu,  mais  non  appréhendé,  ne  se  rendait 
pas  au  mandat  de  comparution,  après  avoir  été  ajourné  de 
tiers  en  tiers  jour  pardevant  Prévôt  et  jures,  il  était  banni  à 
toujours. 

Le  bannissement  se  faisait  par  un  cricur  public  du  haut  de 
la  Bretèque;  c'était  de  laque  legrcffier,  soit  civil,  soit  crimi- 
nel, annonçait  au  peuple  tout  ce  que  les  magistrats  voulaient 
faire  parvenir  à  la  connaissance  du  public.  Celui  qui  était 
banni,  devait  quitter  la  ville  et  la  banlieue,  dont  il  était 
exclu,  dans  l'espace  des  vingt-quatre  heures.  Pendant  la  lec- 
ture de  sa  condamnation,  celui  qu'elle  atteignait,  s'il  était  ap- 
préhendé, devait  se  tenirsur  Téchafaud,  accompagné  dsdcux 
sergents-bâtonniers  et  gardé  en  outre  par  les  archers;  les  ma- 
gistrats assistaient  à  cette  lecture,  et  la  foule,  toujours  avide 
de  spectacles  quelconques,  se  pressait  au  pied  de  la  Bretèque. 

C'était  au  son  de  la  cloche  qu'on  prononçait  les  différentes 
condamnations  ;  ce  que  les  registres  de  la  ville,  dans  les 
temps  anciens,  exprimaient  par  ces  mots  pour  les  bannis  : 
Cachié  à  cloque  (chassé  au  son  de  la  cloche.) 

Le  bannissement  à  toujours  semble  avoir  été  le  châtiment  de'miît'','''°e 
le  plus  considérable  après  la  peine  de  mort.  Nous  trouvons  éiau°'ie'''c'bât'i'. 
dans  les  Archives  que  les  punitions  infligées  aux  malfaiteurs  "ntidlrabi'".' 


-  26  - 

se  divisaient  en  plusieurs  catégories,  selon  la  gravité  des 
fautes  :  celles  regardées  comme  légères  étaient  punies  par 
des  amendes  plus  ou  moins  considérables,  eu  égard  au  délit  ; 
venait  ensuite  réloignement  de  la  ville,  c'est-à-dire  la  peine 
du  ban  pendant  un  mois,  cent  jours,  un  an,  sept  ans,  ou 
enfin  pour  toujours  (.4  tous  jours). 
La  rupture       Lc  coupablc,  surpHs  daus  la  ville  en  rupture  de  ban,  était 
or^d'inairement  Ic  plus  souvcnt  coudamné  à  mort.  Le  banni  devait  quelquc- 
uonTmo""*'  fo^s,  suivant  la  teneur  de  sa  sentence,  se  rendre  à  un  lieu  de 
pèlerinage  célèbre  qu'on  lui  spécifiait,  tel  que  Notre-Dame 
de  Lorette,  St-Jacques  de  Compostelle,  ou  d'autres  endroits 
fréquentés  par  la  dévotion  des  fidèles,  et  il  devait  en  rap- 
porter un  certificat  selon  les  formes  usitées. 

Outre  le  bannissement,  on  infligeait  parfois  d'autres  pei- 
nes. Ainsi  nous  trouvons  des  criminels  dont  le  jugement  porte 
qu'ils  perdront  une  ou  même  les  deux  oreilles  (1);  la  justice 
en  condamne  d'autres  à  avoir  le  poing  ou  un  orteil  coupé, 
peine  qui  précédait  quelquefois  le  dernier  supplice  et  qui 
est  restée  en  vigueur  pour  les  plus  grands  criminels  jusqu'à 
la  révolution  du  siècle  dernier. 


t.-'l7Ni5)§>-'3^>j 


(1)  Il  est  h  croire  que  ce  n'élait  ordinairement  qu'un  morceau  de 
l'oreille  qu'on  relranchail.  Celle  opinion  nous  semble  môme  confirmée 
par  la  condamnation  faite  en  1450  d'un  nommé  Lobiël  qui,  s'éiant 
passé  la  fanlaisie  de  couper  un  morceau  d'oreille  à  un  sien  compagnon, 
pour  se  l'assimiler  probablement,  fui  de  ce  fait  justicié  de  perdre  une 
oreille  toute  entière,  attendu  qu'il  en  avait  déjà  eu  la  moitié  de  retran- 
ché par  une  condamnation  qu'il  avait  encourue  antéiieurement. 


P2Z 


SOCIETE  HISTORipUE  a  LITTERAIRE  DE  TOURIJAI . 


PII. 


CL  cUaiulire  Ac   ^vifec< 


TJ/Y    J„n    il'Jr.  .irrl,„r^    dU  HU 


—  27  — 

CHAPITRE  SECOND. 

Du  tribunal    et    des  juges  criminels. 


Dans  les  temps  les  plus  anciens  de  l'histoire  de  Tournai ,     composiiion 
on  voit  que  le  tribunal,  chargé  d'instruire  les  affaires  cri-  didaireetcri- 

,,  .  ,  .  I  1-11  1     1        !■  r      ■      minel  4  Tour- 

miuellcs  qui  se  présentaient  dans  la  ville  et  la  banlieue,  était  nai. 
composé  du  prévôt  et  de  cinq  ou  sept  jurés  au  moins,  selon 
la  gravité  du  crime.  L'exécution  des  sentences  était  confiée 
aux  officiers  criminels  ou  exécuteurs  des  hautes-œuvres. 

Parfois  le  droit  d'exercer  le  pouvoir  municipal   et  judi-  ics  jurés  rcm- 
ciairc  a  été  retiré  aux  magistrats  nommés  par  les  bourgeois  ;  Imu  l"  un 
alors  toutes  les  élections  communales  étaient  annulées.  Un    %r  décrets 
bailli  ou  un  gouverneur   nommé  par  un  décret  royal  s'ad-    "^*"' 
joignait  des  conseillers  ou  des  éliseiirs  pour  rendre  la  jus- 
tice. Cette  suspension  des  pouvoirs  ordinaires  de  la  cité  ne 
fut  jamais  que  temporaire  et  n'a  été  ordonnée  à  l'égard  de 
Tournai  que  comme  une  punition  à  la  suite  de  troubles  inté- 
rieurs fomentés  par  la  population,  ou  de  faits  attribués  à  la 
communauté  qui  lui  avaient  attiré  la  disgrâce  de  son  souve- 
rain. Les  Tournaisiens-se  montrèrent  toujours  trcs-sensiblcs 
à  cette  privation  de  leurs  droits. 

Un  arrêt  du  souverain  en  1305  suspendit  les  pouvoirs  de 
la  commune. 

Voici  ce  que  nous  trouvons  à  ce  sujet  sur  les  registres  de 
la  loi  (vol.  YII,  p-  2)  :  «  Le  dimanche,  second  jour  de  Fe- 
buri  er,  jour  de  la  Candolcr  (la  Chandeleur  i3Go),  com- 
i>  motion  du  peuple  eut  lieu  en  Tournai  et  de  nuyt  on  sen 
n  alla  a  le  comunc  de  chc  que  on  volait  alever  chertaincs 
»  impositions  en  le  ville,  et  le  mardy  en  suivant  fut  li  lois 


—  28  — 

»  rcnovcllcc...»  Viennent  ensuite  les  noms  des  magistrats. 
Mais  cette  élection  des  autorités,  à  la  suite  'd'une  émeute, 
ne  fut  pas  confirmée,  ou  plutôt  les  élus  furent  destitués  et  le 
roi  de  France^  qui  régnait  alors,  Charles  VI,  congédiant  ce 
pouvoir  populaire,  nomma,  le  19  mars  suivant,  Oudartde 
Renty,  gouverneur  de  la  ville  ;  celui-ci  désigna  trente  éli- 
seurs  pour  remplacer  pareil  nombre  de  jurés  ;  ils  restèrent 
jusqu'au  deux  février  1567,  et  furent  eux-mêmes  remplacés 
alors  par  50  conseillers.  Cet  état  dura  jusqu'en  1570  ;  en 
cette  année  nous  voyons  sur  le  registre  (T.  VII,  p.  o)  : 
«  Sur  ce  que  le  Roy  nostre  Syre  par  son  noble  conseil  a 
»  rendu  aux  bourgeois  et  habitants  de  la  ville  corps  et  com- 
B  munc,  ly  eaulx  (à  eux)  rendant  lestât  que  ils  avoient  du 
»  temps  le  Roy  Philippe  que  Dieu  pardonist,  le  XX«  jour 
Il  de  féburier  lan  mil  CCC  LXX  furent  élus  par  les  bour- 
»  geois  et  habitants  de  le  ville  :  Eswardeurs  (gardiens)  et 

»   de  la  manière  accoutumée  et  dont  les  noms  sensuivent 

»  50  Eswardcurs,  20  Prévôts  et  Jurés,  7  Eschevins  de  cha 
»  cscault  en  Tournai,  7  à  St-Brixe  et  au  Bruillc,  etc.  Et 
»  lesdittes  Frankises  furent  rendues  à  nostre  ville  le  jour 
»  monsieur  Saint-Éleutèrc.  » 

Dans  les  chapitres  suivants  où  seront  rapportés  les  con- 
damnations, nous  ferons  connaître  les  changements  survenus 
dans  le  pouvoir  municipal  pendant  le  laps  de  temps  dont 
nous  nous  occupons  seulement;  car  cette  partie  appartient 
plutôt  au  domaine  de  l'hisloire  et  elle  a  déjà  été  traitée  dans 
les  auteurs  anciens  et  modernes.  La  citation  qui  précède 
donne  une  idée  de  la  manière  dont  le  souverain  confisquait 
ou  rendait  ensuite  la  liberté  de  choisir  les  autorités  com- 
munales. 

Le  personnel  .  .  i  m  i 

des  juges  va-       Lcs  magistrats  ou  juges  composant  le  tribunal  souveraui 

riait   aux  dif-  .  .  /•    •         i  i  i«  • 

férentesasiises  cliangcaicnt  phisicurs  fois  daus  le   courant  u  une  même 

de    la     même  ,  .  .  ,     ,,  ■    •     i  i 

anuéA  année;  nous  n  avons  retrouve  1  usage  suivi  dans  la  compo- 


—  2i)  — 

sillon  de  ceux  qui  présidaient  aux  assises  criminclios,  mais 
sans  aucun  doute  un  des  deux  prévôts,  avec  le  nombre  voulu 
de^jurés,  siégeait  à  tour  de  rôle  et  Jugeait  les  causes  qui 
leur  étaient  soumises. 

L'âge  l'equis  pour  pouvoir  remplir  les  fonctions  de  pré-      »e  l'ie*  «- 
vot  était  de  quarantc-cmq  ans  et  les  jures  devaient  en  avoir    «lerccr  les 

,  fonctions  de 

trente  accomplis.  Les  deux  prévôts,  les  eswardcurs,  les  Prc»4!set  de 
mayeurs,  echevins  et  autres  fonctionnaires  prêtaient  ser- 
ment de  garder  et  maintenir  la  ville,  ses  lois,  franchises  , 
usages  et  coutumes,  de  garder  les  corps  et  biens  des  bour- 
geois, de  les  gouverner  par  lois  et  par  loyal  gouverne- 
ment. 

La  formule  des  serments  variait  selon  le  mandat  confié  à      '-"  ""'"em 

des  magistrats 

ces  élus;  c'est  pourquoi  les  prévôts  ne  pouvaient  se  faire  re-  Tariausnivam 

1  »  *^    ■  *  leur  emploi. 

présenter  par  leurs  inférieurs,  sous  peine  à  ceux-ci  de  per- 
dre leur  emploi  pendant  une  année;  mais  aucune  peine  ni 
privation  n'atteignait  le  prévôt  représenté. 

Le  serment  que  prêtait  le  pouvoir  dç  ia  ville,  a  quelque- 
fois varié,  sinon  dans  la  forme,  au  moins  dans  la  manière 
de  le  recevoir.  Les  renseignements  que  l'on  trouve  à  ce 
sujet,  font  connaître  que  c'était  ordinairement  entre  les 
mains  de  l'évéque  de  Tournai  que  l'autorité  le  prononçait; 
toutefois  il  y  avait  des  exceptions  à  cet  usage. 

Dans  le  XI*  siècle,  on  voit  que  Bauduin  de    Ilainaut,        Baudouin, 

j  .  ,         ,  •        1      m  Comte  de 

comte  de  Mons,  reçoit  le  serment  des  bourgeois  de  Tour-    Mons,  reçoit 

.,,..,'_,  .  ,  ,  ^  *"   onzième 

nai.  L  histoire   de   lournai  semble  conhrmer  cette  asser-  siècle,  leser- 

,.  .  .  i-ii  1        T       •       1         •    I  \  ment  des 

tion  en  disant  de  ce  prince,  qu  il  donna  le  droit  de  cite  a    bourgeois  de 
Tournai. 

Le  22  février  1327  (1528  nouv.  style).  Renard  de  Choi- 
seul  est  député  et  établi  par  lettres  royales,  de  Philippe  de 
Valois  pour  recevoir,  en  son  nom.  les  serments  des  echevins 
et  doit  commun  des  villes  de  Lille,  Douai,  Tournai,  Morto- 
gne,  etc.  «et  des  appartcnanchcs  si  comme  accoutumé  est 

4 


Tourn: 


—  50  — 

'  et  en  tel  casque  aultrefois  a  este  faict.  •.>  (Voyez  Roisin, 
Coutumes  de.  Lille,  \\.  5S4)(1). 

En  l'année  1d33,  le  magistrat  de  Tournai  prête  serment 
entre  les  mains  (lu  Gouverneur  établi  parle  Roi  de  France 
(Philippe YI),  les  pouvoirs  de  la  commune  étant  alors  sus- 
pendus. 
Quand  Us       Qu  trouvc  daus  la  charte  oui  prescrit  ce  sei^ment  :  «  Cha- 

franc  Dises   de  _  ^        * 

u -fille étaient  »   cuo  an,  à  Certain  jour,  li  chief  doslel  syretiers  de  le  ville 

retirées  ,    le  '  J  '  J 

Roi  nommait  »   (]e  Touriiav  poront  eslire  trente  prcudommos  par  tous  les 

un    gouTer-  "    *  '  * 

neur.  et  il  re-   ,   xil  procuefs  dci  ville  et  dou  Bruille,  lesquels  trente  ensv 

cerait   le  ser-  ^  7  1. 

ment  de  ceux  „   clusauroHt   Douvoir  dc  faifc  che  qui  est  ci-dessus  con- 

qui     devaien  t  *^  * 

sous  lui eicr-  »   tenu,  mcs  avant  tout  œuvres  ils  feront  serment  solennel 

•cer  le  pouvoir 

»  audit  Gouverneur  que  bien  et  loyaument  à  leur  pouvoir, 
»  sans  fraude,  sans  port,  sans  faveurs,  ils  feront  ce  à  quoi 
»   ils  seront  élus  et  avertis....  » 

En  loiO,  les  registres  de  la  ville  nous  montrent  l'autorité 
communale  entrant  en  fonction  et  prêtant  le  serment  entre 
les  mains  du  Gourvcrneur  établi  par  le  Souverain.  Une 
charte  datée  du  mois  d'août  de  cette  même  année  1  ô40  dit  : 
«I  Que  le  magistrat  prêle  serment  entre  les  mains  des  Mayeurs 
»  et  des  EsAvardeiirs  et  non  ailleurs.  »  Ceux-ci  devaient 
l'avoir  préalablement  prête  entre  les  mains  de  l'évêque.  En 
comparant  ces  dates  avec  les  changements  de  règnes,  on 
voit  que  ces  exceptions  à  l'usage  ordinaire  pour  la  presta- 
tion du  serment  provenaient  des  avènements  dc  nouveaux 
souverains. 
LeséchêTins       j^    chartc  mentionnée  plus  haut  dc  la  date  de  13ÔÔ  eut 

n  avaieDt   pas  i 

de  l'importance  pour  le  gouvernement  de  la  ville;  car  elle 


la  connaissan 
ce  des  crimes. 


(1)  Jean  Le  Carpcntier,  dans  IListoire  de  Cambray .  III' partie , 
page  o98,  dil  quo  Renard  de  Choisenl  fui  créé  par  le  Roy  Philippe  de 
Valois,  gouverneur  dc  Lille,  Tournay  etc.,  cl  de  leurs  dépendances. 


—  51  — 

fixa  nos  coutumes,  dont  nous  n'avons  pas  de  recueil  pour  les 
temps  antérieurs.  On  voit  dans  cette  charte  que  les  attribu- 
tions des  échevins  élus  chaque  année  n'auront  pas  la  con- 
naissance des  peines,  contrairement  aux  coutumes  de  Lille, 
où  les  Échevins  étaient  chargés  de  la  justice  de  la  banlieue 
et  de  toutes  les  causes  extra-urbaines  (I). 

On  y  trouve  après  l'énumération  de  tous  les  employés  de 
la  commune  de  Tournai  (Art.  10)  cette  prescription  sur  le 

serment  « Lesquels  officiers  (chargés  d'un  office),  et 

»  chascun  parchus  feront  leur  serment  en  la  manière  accou- 
»   tumce  à  cschevins  et  jurez,  et  celui  qui  governa  la  justi- 

»   che  ki  fut  le  Castelain  et  le  (2) fera  serment  aud.  Gou- 

»  verneur  ou  h  son  lieutenant  ;  prcsens  les  Eschevins  et 
»  dou  peuple  ceux  qui  y  estre  voldront  :  que  il  fera  loyaux 
*  justice  et  que  de  ces  lois  nul  n'enfreindra. 

«  Article  11.  Item  nous  voulons  et  ordonnons  que  les- 

»  dits  vingt  jurez  et  quatorze  eschevins  avant  toute  œuvres, 

îi  ferons  sermens  solcmnels  aud.  Gouverneur,  présens  lesd. 

»  héritiers  (possesseurs  d'héritage)  qu'ils  nous  porterons  foy 

>  etloyauté les  droits  de  l'église,   des  bourgeois,  des 

)»  citoyens,  manants  et  habitants  de  la  ville  de  Tournay .  la 

0  paix,  la  tranquillité  et  le  commun  proffitde  laditte  cité  et 

»  ville  de  Tournay,  etc » 

«  Art.  40.  Toutes  les  choses  dessus  dittes  et  chacune 


(1)  Le  Graod,  Couluiues  et  lois  des  villes  et  cbaslellenies  de 
Flandres. 

(2)  II  y  a  ici  une  lacune  dans  le  teste  ;  nous  croyons  que  dans  l'oti- 
ginal  il  devait  y  avoir  :  le  Prévôt  ou  le  Bailly  :  l'un  on  l'autre  étant  à 
celte  époque  le  pramier  noagiâtrui  du  Touraai. 


—  32  — 

s  diccllc  nous  voulons,  ordonnons  et  commandons  clroitc- 
»  ment  y  esti-e  gardée  et  mainienue  sans  enfraindre,  et  que 
»  quiconque  sera  nomme  gouverneur  en  lad.  ville  de  par 
>  nous,  et  "que  il  jure  sour  saint  Évangilles  à'tenir  et  garder 
»  sans  faire  ne  aller  encontre  en  la  présence  des  jurez  et 
ï  des  eschevins  et  des  héritiers  de  la  ville  de  Tournay  qui 
»  venir  y  voldront  à  son  de  cloque  en  laditte  Halle.  » 

Cette  charte  de  Philippe  VI  pour  la  ville  de  Tournai  est 
Irès-importante  pour  notre  histoire;  elle  fut  donnée  à 
Halate,  maison  de  plaisance  où  les  Rois  de  France  de  ce 
temps-là  se  rendaient  quelquefois;  plusieurs  décrets  royaux 
sont'provenus  dcSt-Chrjstophe  en  Halates(l). 

Nous  avons  énuméré  les  différentes  exceptions  aux  usages 
ordinaires  que  nous  avons  rencontrés  dans  nos  recherches 
sur  le  serment.  On  nous  pardonnera  si  nous  nous  sommes 
un  peu  arrêté  sur  un  sujet  secondaire  à  noire  histoire  cri- 
minelle de  Tournai  ;  mais  nous  avons  voulu  par  ces  citations 
donner  tous  les  éclaircissements  possibles  aux  opinions  divi- 
sées sur  ce  point;  on  ne  peut  nier,  du  reste,  que  l'évêque, 
en  temps  ordinaire,  ne  reçût  les  serments  du  pouvoir  de  la 
commune  ;  il  existe  un  arrêt  du  Roi  Charles  V,  enregistré 
au  Parlement  de  Paris,  à  la  date  du  2G  novembre  1502,  ainsi 
conçu  : 
.  Y'ï'i^^'l'       «  Chascun  an  Messieurs  les  Prévôts  et  Jurés  de  la  ville  de 

et  jnres  de  la 

nai*^  "^rV^aîent  Toumay  sc  Tcndront  en  corps  en  la  maison  épiscopalle  et 

*''"'"e  Ter-  prcstcrout  scrmcnt  en  la  chapelle  Saint-Vincent,   inconti- 

té*e°'/eVdén-  ^^^^  après  leur  élection  avant  qu'ils  puissent  exercer  aucun 

té  i  i'évêqn«  acte  de  loy  de  ville  ou  de  justice,  et  là  jurent  seureté  et  fidé- 

d«  ce  diocèse.  '  j  '  j 


(1)  V.  Ordonnances  des  Rois  de  la  III'  race,  par  Secousse. 
C'est  par  erreur  que  dans  la  copie  que  possède  la  bibl.  de  Tournai, 
ou  date  celte  charte  de  1533  de  Galate,  il  faut  lire  .-  Ualate. 


litc  à  l'cvêquc  de  Tournay  qui  est  el  qui  sera  pour  le  temps 
advenir.  Semblablement  les  cschevins  font  scrmcns  tous  les 
ans  sur  les  saints  Évangiles  au  eliapitrcderéi!,lisc  de  Notre- 
Dame  de  Tournay  ,  qu'ils  seront  fidèles  à  ladittc  église  de 
ladicte  ville  (1).  »  On  a  continué  malgré  les  cliangcmcnts 
survenus  dans  le  pays  à  prêter  ce  serment  à  l'cvêque  jus- 
qu'en l'année  1792(2). 

La  juridiction  criminelle  du  magistrat  de  la  ville  et  cité      juridiction 
de  Tournai  s'étendait  non-seulement  sur  la  partie  environ-  ^à^l"!*]"^  «t 
née  de  murailles  et  fortifiée,  mais  son  pouvoir   était  seul  To"urn''aT.  **" 
exercé  sur  les  bourgs  et  villages  qui  l'entouraient  compris 
en  six  divisions  distinctes  : 

1"  L'ancien  pouvoir  qui  se  composait  des  banlieues  ou 
faubourgs  de  S"  Fontaine ,  Coquerielle,  Cliercq  en  partie , 
St-Martin  et  Valenciennes. 

2°  La  nouvelle  banlieue  comprenant  Chin  en-deçà  le 
ruisseau  de  Froyennes,  quart  de  Marquin ,  Ère,  St-Maure, 
Chercq  en  partie  et  Calonne. 

3"  L'ancienne  banlieue  qui  se  composait  de  Marvis,  Alain, 
Warcoing,  Rumilly,  Bizeneourt,  Morel,  Bruisle  et  le  Saul- 
cboir. 

4»  Le  nouveau  circuit  composé  de  Constantin,  Béthomez 
et  le  fief  de  Paradis,  primitivement  appelé  ParaJeu. 

■0°  Seize  villages  qui  suivaient  l'ancienne  coutume  de 
Tournai  et  qui  ressortirent  ensuite  à  son  baillage,  à  l'excep- 
tion 'des  quatre  derniers  qui  firent  partie  de  la  nouvelle 
banlieue  (Voy.  n»  2"),  à  savoir  :  Péruwez  les-Antoing, 
Chercq,  Calonne,  Ilollain ,  Jollain ,  Merlain,  St.-3Iaur,  Ère, 


(1)  Voyez  Cousin,  Hisl.  deToarnay,  liv.  111,  p.  3i"2. 

(2)  Jusqu'en  1791,  selon  M.  Choiin,  Ilist,  de  Tournai,  l.  1,  p.  527. 


Willemcau,  FroiilmonJ  ,    Tainteguies,  Marquin/Lamain, 
lîcrtuing,  Ilcnncvain  svir  Blandain  cl  Froyennes  (1), 

6"  La  seigneurie  de  l'évêque  qui  contient  neuf  villages 

dont  voici  les  noms  :  Helchira,  St-Genois,  Bossuil,   Wez- 

Vclvain,  Lczcnncs,    Wazennes,   Esquelmes  et  Ilertrud.  Ce 

dernier  ressortait  de  Valenciennes. 

napportsque       Lc  jjouvoir  dc  Toumai  entretenait  des  rapports,  aussi  fré- 

Tournai        et  ,  •  i  •  i  .         .  , 

autres  villes  qucnts  quc  Ic  permettaient  les  voies  de  communications  de 

entretenaient  ,  ,  ,  i  -n  .  ,  .    . 

enti'eiies.  ccs  cpoqucs  rcculecs,  avcc  les  villes  non-seulement  du  voisi- 
nage, mais  même  situées  à  d'assez  grandes  dislances  ,  et  les 
magistrats  se  faisaient  connaître  réciproquement  les  juge- 
ments qui  atteignaient  les  criminels  dans  leur  justice.  Il 
semble  que  la  grande  alliance,  appelée  de  la //ajise,  instituée 
pour  protéger  et  favoriser  le  commerce,  servait  également 
pour  la  répulsion  générale  des  délits  et  crimes.  C'est  an 
quatorzième  siècle  qu'un  traité  fut  conclu  entre  vingt-quatre 
villes  de  la  Flandre,  de  l'Artois  et  du  nord  de  la  Franco,  dont 
voici  les  noms  :  Chàlons,  Reims,  St-Quentin,  Cambrai, 
Lille,  Ypres,  Douai,  Arras,  Tournai,  Péroune,  Huy,  Pro- 
vins, Valenciennes,  Gand,  Bruges,  St-Omer,  Montrœul, 
Abbeville,  Amiens,  Beauvais,  Dixmude,  Bailleul  en  Flan- 
dres, Poperinghe  et  Orchics. 

Nous  ne  possédons  plus  le  texte  original  dc  ces  communi- 
cations des  villes  entre  elles,  mais  on  aura  occasion  de  re- 
marquer que  les  condamnations  des  criminels  en  font  quel- 
quefois mention  ,  et  l'on  comprend  de  quelle  utilité  elles 
étaient  pour  éclairer  les  juges  sur  les  antécédents  des  accu- 
sés étrangers,  et  dont  la  réputation  était  déjà  compromise. 


(i)  Quelques  registres  moins  anciens  parlent  de  il  villages.  Ils  y 
ajoutent  îa  seigneurie  de  l'évêque  ,  sans  la  séparer  des  autres  pa- 
roisses. 


La  Halle  des  Consaux  servait  jadis  de  maison  commune; 
ce  vaste  édifice,  entièrement  construit  en  pierres,  était  domi- 
ne par  la  lour  appelée  des  Six,  que  l'on  croit  avoir  été  cons- 
truite antérieurement  au  beffroi.  Celui-ci,  plus  élancé  et  d'une 
architecture  élégante,  la  remplaça  avantageusement  pour 
renfermer  dans  sa  campanile  la  cloche  de  la  ville,  cette 
grosse  voix  de  la  commune,  dont  le  son  fait  vibrer  les  cœurs 
des  enfants  de  Tournai,  dans  tous  les  événements  publics 
graves  et  joyeux. 

A  la  Halle  était  conservée  précieusement  la  charte  rcn-     ^g,  consaux 
fermant  les  droits,  lois  et  coutumes  de  Tournai.  C'était  là,   '^a'^e"' à^n" 
comme  le  constate  l'histoire  locale,  que  siégeait  le  pouvoir  ied"j''nauè 
de  la  commune  et  probablement  depuis  le  onzième  siècle. 
La  Halle  des  consaux  était  ainsi  très-convenablement  située  au 
centre  de  la  cité,  pr^s  du  beffroi  et  de  la  place,  apjiclée  alors 
le  grand  marché.  Tout  ce  qui  fut  décidé  d'important  par  le 
magistrat  de  la  ville  avait  été  délibéré  par  les  chefs  élus  par 
les  bourgeois,  et  réunis  dans  la  grande  salle,  lieu  ordinaire 
de  leurs  séances.  Ils  continuèrent  à  s'y  assembler  jusqu'au 
commencement  de  ce  siècle,  époque  où  ces  bâtiments,  si  in- 
téressants à  tous  les  points  de  vue,  furent  néanmoins  aban- 
donnés et  finalement  démolis  en  1S18  (1). 

Ce  local,  consacré  au  conseil  communal,  avaitvu,  pendant 
six  ou  sept  cents  ans,  se  renouveler  l'autorité  présidant  aux 
destinées  de  bien  des  générations.  Là  chaque  année  les  pré- 
vôts, les  jurés,  les  eswardeurs  et  autres  dignitaires  de  la  ville 
étaient  choisis  et  installés  pour  exercer  leurs  charges  pen- 
dant toute  l'année.  Dans  la  plupart  des  villes,  à  l'époque 
dont  nous  nous  occupons,  ces  élections  avaient  lieu  cgale- 


(1)  On  peut,  pour  plus  de  détails,  consuller  1  intéressant  ouvroge 
inlilulé  :  Tournai  ancien  et   moderne,  p;ir  F.-J.  IJozière,  p.  299. 


—  56  — 

ment,  mais  à  des  dates  différentes  et  sous  la  prépondérance 
des  baillis  royaux. 
Le  renouvel-       Unc  cliarte  dc  Philippe- Auguste,  expédiée  de  la  ville  de 
pouTOi"r  avau  Corbic  dc  l'an  121 1,  porte  que  le  renouvdlcraent  du  pou- 

lieu   tous    les  •  ...  i-  i  >      i  .    .  \  .  , 

ans  à  la  ste-  voir  muDicipal  aura  lieu  chaque  année  le  treizième  jour  de 
1363  à  la    Gcceœbre  a  la  sainte  Luce;  c était  a  ce  moment  de  1  année 

Chandeleur.  i         n       •     •  i       ■         i  i    m  -,  < 

quCjSeionl  opinion  vulgaire,  le  soleu  commençait  a  remonter 
et  les  jours  à  augmenter.  Plus  lard,  à  dater  de  136o,  le  re- 
nouvellement du  magistrat  tournaisien  s'opéra  à  la  fête  delà 
Chandeleur,  le  2  février,  et  cela  par  suite  d'une  ordonnance 
royale.  Longtemps  on  a  continué  rélection  à  la  même  époque. 
Les  libertés       Ce  chan^cmcnt  de  jour  pour  la  recomposition  du  maijis- 

delacommu-  o  J  r  f  O 

ne  de  Tournai  trat,  viut  u  la  suitc  dc  la  Hicsure  erave  que  le  roi  Philippe 

furentsuspcn-  ..  .  ,,.,  , 

dues  en  l'an-  VI  avait  prisc,  cu  retirant  le  droit  de  commune  a  la  ville  dc 

néel332(l333 

BOUT.  Style).  Tournai ,  comme  nous  l'avons  vu  plus  haut.  Cette  mesure 
avait  déjà  été  prise  une  première  fois  en  4332,  mais  alors 
c'était  plutôt  contre  le  pouvoir  municipal  qu'à  l'encontre  de 
la  population.  Apaès  une  enquête  souveraine,  un  arrêt  du 
parlement  intervint,  lequel  motivé  sur  des  raisons  majeures, 
tels  qu'abus  de  pouvoir  au  préjudice  du  peuple  ,  empiéte- 
ment sur  la  juridiction  ecclésiastique,  etc.,  concluait  à  la  des- 
titution de  la  municipalité.  Le  pouvoir  dans  les  mains  d'un 
délégué  du  souverain  ne  dura  guère,  et  les  droits  des 
Tournaisiens  leur  furent  rendus  dès  l'année  suivante,  si  l'on 
s'en  rapporte  à  l'historien  Cousin  ;  mais  ce  ne  fut  plutôt 
qu'en  l'année  1542  ,  selon  les  registres  eux-mêmes ,  c'est- 
à-dire  dix  ans  après,  que  la  ville  recouvra  l'entière  jouis- 
sance dc  toutes  ses  franchises ,  en  choisissant  et  élisant  par 
le  vote  dc  la   bourgeoisie  les  premiers  magistrats  de  la  cité. 

magistrats        Ou  nc  trouvc  mcntionnée  la  charge  de  procureur  ou  déle- 
staient   seuls  ,,.,  ,  111  •  11 

chargés  dc  la   guc  spccial  pour  la  recherche  des  crimes  et  de  leurs  auteurs, 

répression  des  .,    ,,  ,  ,      ,  .  ..,,,.,  •     , 

crimes    dans  qu  a  1  cpoquc  OU  Ic  jiouvoir  municipal  n  était  plus  omnige- 

les  temps  an.  .     »-v  .  i-       •  i  >     a.  t_    -n- 

cient.  rant.  Dans  les  temps  ordinaires,  les  prévôts  ou  bailns  en 


—  r>7  — 

remplissaient  les  fondions  de  toute  ancienneté.  Celaient  eux 
les  délègues  du  souverain,  appelés  chez  les  Romains  missi 
dominici,  adores  pulilici...,  que  Charlcmagnc  avait  institués 
dans  ses  eapitulaires  ,  mais  dont  le  nom  seul  avait  changé 
sous  la  troisième  race  des  rois  français.  Ces  officiers  civils 
étaient  investis  des  attributions  du  ministère  [)ublic;  toute- 
fois on  ne  trouve  pas  dans  notre  ancienne  législation  cette 
utile  combinaison,  d'après  laquelle  un  magistrat  est  consti- 
tué, à  la  fois,  le  défenseur  des  droits  de  la  société  et  le  pro- 
tecteur du  citoyen  lésé  ,  fonction  qui  honore  celui  qui  en 
est  revêtu,  quand  il  comprend  la  belle  mission  qui  lui  est 
confiée. 

Pour  maintenir  l'ordre  et  réprimer  les  crimes  dans  la  ville,       i.a  mines 
il  y  avait  une  milice  urbaine,  composée  des  archers  arbalé-  dlit  la  viiu 
triers,  et  d'autres  compagnies  d'hommes  armés,  faisant  la    malfaiteurs, 
garde  de  la  cité  et  y  exerçant  la  police  ;  ils  se  tenaient  aux  ennemis. 
ordres  des  prévôts,  mayeurs  ou éwardeurs,  ou  du  bailli,  selon 
le  pouvoir  qui  prévalait  dans  Tournai.  Ils  faisaient  le  gué  et, 
d'après  leur  mandat,  devaient  arrêter  tous  ceux  qui  machi- 
naient méchant  fait  ou  trahison.  Les  sergents-bâtonniers 
semblaient  occuper  un  rang  spécial  pour  l'ordre  particulier 
dans  la  ville,  et  leurs  fonctions  se  rapprochaient  davantage 
de  celles  des  agents  de  police  appelés  vulgairement  à  Tour- 
nai les  gardes-de-ville  ;  on  les  voyait  aussi  autrefois  aider 
dans  leurs  tristes  besognes  les  exécuteurs  des  hautes-oeuvres  ; 
ils  étaient  sous  le  commandement  immédiat  des  rewars. 

On  ne  pouvait  être  arrête  en  la  ville  et  échevinage  de 
Tournai,  le  jour  du  dimanche,  à  cause  de  sa  sainteté,  non 
plus  que  les  jours  de  fêtes  et  le  saint  vendredi,  sauf  le  cas  de 
flagrant  délit.  Pareillement,  ne  pouvait  être  appréhendée  au 
corps  toute  personne  étant  en  garde  ou  en  conduite  solen- 
nelle, si  comme  de  service  et  enterrement ,  pompe  de  noce, 
confréries ,  compagnie  notable  d'honneur  et  de  serment. 

5 


—  58  — 

A  moins  d'arrêts  rendus  au  préalable  contre  certaines  per- 
sonnes d'un  rang  plus  élevé  .  on  ne  pouvait,  pour  quelque 
prétexte  que  ce  fût,  se  saisir  d'elles;  c'étaitent  les  chevaliers, 
comtes  et  barons,  évêques,  prélats,  corps  et  communauté  et 
autres  personnes  privilégiées.  Ces  prescriptions  en  usage  dans 
tout  le  pays  et  banlieue,  étaient  sanctionnées  et  obligatoires 
par  arrêt  du  parlement,  nonobstant  les  coutumes,  droits 
invoqués  et  prétexte  quelconque ,  à  moins  d'arrêt  rendu  de 
nous  et  de  notre  parlement ,  comme  le  dit  l'ordonnance 
Foyalc. 


»t#H 


P30 


SOCIETE    HISTOPagUE  ET  IJTTEBAÎRE  DE  TCUPJJTA: 


PI  II 


ENTREE    EN    PRISON. 

Tire  des  Supplices  par  Ch-  Desmaxe 


—  39  — 


CHAPITRE  TROISIÈME. 


Oei  Condamnations  à  mort. 


Les  condamnations  à  mort  avaient  lieu  quand  la  magis- 
trature, réunie  en  cour  de  justice,  prononçait  la  culpabilité 
des  criminels.  C'était  à  la  simple  majorité  que  le  jugement 
était  rendu  ;  la  formule  ordinaire  dont  se  servaient  les  gref- 
fiers qui  tenaient  les  registres  judiciaires,  ne  porte  que  ces 
mots  :  «  Par  assois  (assentiment)  des  prévôts  et  jurésdont  les 
»  noms  suivent.  »  Ces  noms  sont  au  nombre  de  cinq  ou  sept, 
et  ce  court  exposé  est  même  souvent  retranché  aux  procès- 
verbaux  rapportés  dans  le  XV«  et  le  commencement  du  XVI* 
siècle. 

Dans  la  Halle  des  consaux  se  trouvait  une  salle  spéciale 
appelée  :  la  Géhenne  ;  les  chapitres  des  condamnations  sont 
aussi  spécifiés  dans  les  registres  de  la  loi  :  Géhinne.  Là  se 
tenaient  les  assises  criminelles;  c'était  le  lieu  où  le  pouvoir 
connaissait  des  crimes  commis  tant  dans  la  ville  que  dans 
toute  sa  juridiction;  les  incriminés  y  étaient  amenés  pour  y 
subir  leur  interrogatoire  et  entendre  l'énoncé  du  jugement; 
les  greffiers  le  rendaient  ensuite  public  en  le  proclamant  du 
haut  de  la  Brctèquc  à  la  multitude  qui  se  pressait  au  pied 
de  cette  tribune,  impatiente  de  savoir  les  décisions  concer- 
nant soit  des  parents,  soit  des  connaissances. 

La  salle  de  la  Géhenne  a  pu  sei'vir  aux  criminels  livrés  h 
la  torture;  cependant  nous  aimons  mieux  mettre  en  doitc 


Diest. 


—  40  — 

qu'on  en  ait  fait  usage  à  Tournai,  puisque,   comme  nous 
l'avons  dit,   nous  n'en   trouvons  aucune  mention  dans   les 
fastes  judiciaires  de  la  cité  (1). 
le  recours       Quant  au  privilège  de  juger  les  causes  criminelles,   dont 
tencesdesma-  ctaicnt  rcvctus  Ics  magistrats  de  la  commune  a  Tournai,  on  en 
Tournai  n'a-  tfouvc  11  coulirmalion  dans  diverses  ordonnances  générales 
vers  le  l'arLc-  Fcnducssur  cc  sujct  ;  unc  entr'autrede   1129  met  sows  son 
jugement  tous  les  cas  criminels  et  délits  commis  par  les  bour- 
geois ou  habitants  dans  son  ressort ,  pouvant  prononcer  et 
faire  exécuter  sans  appel,  sauf  recours  au  Parlement,  toute 
peine  aillictive  ou  de  mort....  etc. 
La  charte  de  1335  dit  également  : 

<i  Ai't.  22 Item  nous  ordonnons  que  des  jugements 

(lou  Gouverneur  fait  par  le  conseil  des  jurez  s'en  appelle  et 
puisse  appicUcr  en  nostre  Parlement  de  Paris ,  et  non 
ailleurs.  1» 

Ce  privilège  de  pouvoir  appeler  des  sentences  des  juges 
tournaisicns  aux  conseillers  du  Parlement,  devenait  illu- 
soire par  l'exécution  immédiate  du  condamné.  Toutefois 
celte  justice  si  prompte  s'explique  par  la  crainte  que  le 
jiuuvoir  de  Tournai  avait  de  voir  porter  atteinte  à  ses  droits 


(I)  Ce  mol  Cchinne  qui  doit  en  effet  fjire  croire  que  c'était  l'en- 
(Jioii  où  se  donnait  la  torture,  nous  semble  itiexaci  i  el  voici  les  rai- 
sons qui  nous  font  douter  que  cette  interprétation  soit  la  véritable  : 
c'est  qu'ordinairement,  malgré  celte  sinistre  qualification,  l'iiilerroga- 
loire  porto  que  l'iiilimé  a  avoué  et  confessé  son  crime  de  plein  gré 
et  sans  contrainte.  C'était  donc  plutôt  pour  suivre  l'usage  du  pays,  que 
l'on  appelait  ainsi  la  salle  oil  se  faisait  l'interrogatoire  des  criminels.  Si 
toutefois  il  eu  était  autreuieul,  il  faudrait  alors  remonter  à  dirr.  temps 
antérieurs  à  ceux  déjà  bien  anciens  dont  nous  nous  sommes  occupés, 
el  pour  CCS  tcmi)S  les  documents  origin  luv  nous  font  enlièretucui 
défaut. 


—  41    — 

j)ar  la  révocation  dune  sentence  qu'il  aurait  rendue.  Le 
texte  des  coutumes  de  Tournai  est  formel  à  cet  égard;  il 
porte  expressément  que  :  »  En  icelle  ville  et  cité,  toutes 
»  sentences  et  condamnations  criminelles,  soient  à  mort  ou 
»  autres,  se  exécutent  prestement  non  obstant  appel  ou  pri- 
»  vilége  de  simple  tonsure  proi)Osé  après  la  sentence 
»   rendue.  « 

C'est  en  vain  qu'on  cherche  dans  les  condamnations  pro- 
noncées au  moyea-àge  la  présence  d'un  défenseur  pour  les 
criminels  traduits  en  justice;  il  est  étonnant  que  cette  assis- 
tance si  utile  au  malheureux  incriminé,  lui  fasse  ici  complè- 
tement défaut.  Dans  la  charte  de  1333^  on  trouve  parmi 
rénumération  de  ceux  que  les  cchcvins  devaient  élire ,  la 
mention  suivante  : 

« Item  les  emparleurs  qui  plaident  par  devant  les     tes  «mpar- 

Kurs  00  avo- 

»     juges.     »  cats   tournai- 

-,    .  •  5  p   •         1  i  Biens     étaient 

1  outcîois  comme  aucune  mention  n  est  laite  dans  les  con-  nommés   par 

,  .  1  I  1      •    •  1  '^    pouTOir, 

damnations  de  ces  ewparleiirs  choisis  par  le  pouvoir,  nous  mais  ne  dé- 
en  concluons  qu'ils  étaient  chargés  de  plaider  dans  les  eau-  les  causes ''"i- 
ses  civiles  à  l'exclusion  des  criminelles;  s'il  en  était  ainsi,  les 
législateurs  de  cette  époque  se  faisaient  singulièrement  illu- 
sion en  croyant  que  l'innocence  de  l'incriminé  devait  lui 
suffire  pour  se  disculper  d'une  fausse  accusation.  Les  Grecs 
et  les  Romains  en  jugeaient  autrement,  et  les  forums,  où 
trionijdièrent  tant  de  fois  Téloqucncc  des  Démosthène,  des 
Cicéron  et  de  tant  d'autres,  nous  prouvent  l'utilité  de  la  dé- 
fense des  malheureuses  victimes  de  la  calomnie  ou  des  ap- 
])arenccs  trompeuses  du  crime. 

Nos  lois  sont  donc  bien  plus  équitables,  en  accordant  même 
des  défenseurs  officieux  aux  accusés  qui  manquent  des  res- 
sources nécessaires  pour  scn  procurer  eux-mêmes. 

Nous  savons  aussi  que  chez  les  Romains  le  jugement  de- 
vait être  public,  cl  c'élait  encore  en  usage  dans  les  premici-s 


—  42  — 

siècles  du  christianisme,  comme  le  témoignent  les  actes  des 
martyrs. 

On  peut  dire  toutefois  que  cette  publicité  n'a  pas  toujours 
été  favorable  aux  accusés.  Nous  connaissons  tous  combien  le 
peuple  se  passionne  vite  et  souvent  sans  motifs  pour  ou  con- 
tre un  prétendu  coupable,  arrêté  quelquefois  sur  un  injuste 
soupçon.  Peut-on  affirmer  aussi  que  les  juges  ne  parta- 
geaient pas,  plus  ou  moins,  en  certaines  circonstances,  les 
sentiments  de  la  multitude  dont  ils  devaient  redouter  le 
mécontentement  ?  Il  arrivait  donc  parfois  que  ce  n'était  pas 
en  se  lavant  les  mains  qu'un  magistrat  sauvait  celui  qu'il 
n'avait  pas  le  courage  d'absoudre. 

Nous  ne  trouvons  pas  dans  nos  anciennes  coutumes  ou 
nos  lois  du  moyen-âge,  le  recours  dont  jouissaient  les  an- 
ciens Romains  après  les  condamnations  à  mort ,  l'appel  au 
peuple,  par  lequel  celui-ci  rendait  quelquefois  la  liberté  au 
condamné,  surtout  quand  les  débats  judiciaires  avaient  lieu 
sur  la  place  publique.  La  déclaration  populaire  qui  s'y  fai- 
sait, était  le  plus  habituellement  recueillie  dans  le  Champ  de 
Mars,  dans  le  Cirque,  les  Prés  Flaminiens  ou  même  au  Ca- 
pitole,  mais  pour  les  jugements  privés  ou  civils  seulement  ; 
quant  à  ceux  qui  se  rendaient  dans  la  Basilique,  tous  étaient 
sans  appel. 

Nous  savons   par  l'histoire   de   Rome  qu'au  milieu  du 
Forum,  où  se  réunissait  le  peuple,  s'élevaient  des  tribunes 
aux  harangues  appelées  Rostrnm  :  on  y  rendait  la  justice  de- 
vant le  public,  qui  se  tenait  dans  les  portiques  établis  tout 
autour. 
Les  condara-       Qiiaud  OU  dcvaït  annouccr  au  peuple  de  Tournai  les  con- 
noncéc's  "au    danifiations,  on   commençait  par  tinter  la  cloche  dite  la 
dTu" li'oche,   Banduque.  Ce  son  de  triste  augure  se  faisait  encore  enten- 
dre pendant  l'exécution  des  criminels.  Il  est  probable  que 
celle  cloche  de  mort,  à  la  voix  sinistre,  était  autre  que  celle 


—  45  — 

qui  est  encore  au  Beffroi  de  la  ville,  et  qu'on  a  toujours  son- 
née pour  les  grands  événements.  Il  existait  probablement 
une  autre  cloche  appcndue  dans  la  tour  des  Six  ;  du  moins 
il  est  certain  qu'il  y  en  avait  une  h  la  Halle  des  Consaux, 
puisqu'il  en  est  plusieurs  fois  fait  mention  dans  les  registres 
de  la  ville.  Il  est  possible  aussi  que  c'ait  été  la  cloche  de  la 
chapelle,  qui  alors  aurait  averti  les  Chrétiens  charitables  de 
prier  pour  le  malheureux  prêt  à  paraître  devant  le  Souve- 
rain Juge. 


-■>c.'®'^3X5VcS©^- 


—  44  — 


CHAPITRE  QUATRIÈME. 


Des  exécutions  à  mort. 


Les  criminels  condamnés  à  la  peine  capitale  pour  leurs 
forfaits  étaient  souvent  traînés  sur  la  Claie  depuis  la  prison 
jusqu'au  lieu  de  leur  supplice;  cela  augmentait  le  châtiment, 
puisque  c'était  regardé  comme  une  peine  infamante.  Le  con- 
damné était  attaché  sur  une  claie  d'osier  ou  de  planches 
jointes  ensemble;  il  restait  assis  ou  couché.  On  voit,  dans  les 
registres  des  exécutions,  que  le  cadavre  des  suicidés  devait 
être  aussi  traîné  de  cette  manière  quand  il  n'était  pas  lié 
derrière  un  tombereau.  Il  y  a  des  condamnations  qai  pres- 
crivent que  le  corps  de  celui  qui  s'était  donné  la  mort  contre 
toute  loi  divine  et  humaine,  devait  être  traîné  à  la  queue 
d'un  cheval,  la  face  contre  terre,  parmi  la  boue  des  rues  et 
des  carrefours  de  la  ville,  jusqu'à  la  voirie,  pour  y  être  enfin 
abandonné  sans  sépulture  avec  les  animaux  morts  et  les  im- 
mondices. 

Quand  les  parents  réclamaient  le  corps  d'un  supplicié,  on 
le  leur  remettait;  on  se  conformait  en  cela  à  un  ancien 
usage.  Une  loi  romaine  prescrivait  que  les  condamnés  à 
mort  fussent,  après  leur  supplice,  délivrés  à  ceux  qui  vou- 
draient leur  rendre  les  honneurs  de  la  sépulture.  C'est  en 
vertu  de  celte  loi,  dit  Pothier,  que  Ponce-Pilate,  gouverneur 
de  la  Judée,  accorda  le  corps  du  Sauveur  à  Joseph  d'Arima- 
thic.  {De  cadaveribus  punitorum  ,  lib.  III,  et  De  Sententiis, 
lib.  I.) 


—  45  — 

11  y  avait  à  Tournai  plusieurs  lieux  affectés  aux  supplices  ; 
on  les  appelait  ordinairement  du  nom  de  justice.  Les  crimes 
devaient  être  expiés  vers  les  endroits  où  ils  s'étaient  com- 
mis. On  a  lieu  de  s'étonner  que  malgré  la  grande  sévérité 
que  l'on  déployait  contre  les  détrousseurs  de  grands  chemins, 
et  tous  ceux  qui  formaient  des  bandes^  néanmoins  les  routes 
n'étaient  rien  moins  que  sûres  et  que  l'on  dût  souvent  se 
faire  escorter  quand  on  ne  voulait  pas  s'exposer  à  être  dé- 
pouillé en  voyage  (I).  Malheur  aux  brigands  qui  tombaient 
dans  les  mains  de  la  justice;  elle  se  montrait  impitoyable  à 
leur  égard.  Ils  pouvaient  être  assurés  d'être  condamnés  ; 
mais,  comme  nous  l'avonsdit,  leur  supplice  n'effrayait  guère 
les  malfaiteurs  de  la  même  espèce. 

Le  £i;ibet  où  se  faisaient  ordinairement  les  exécutions  pour    »"  '•«"»  <>» 

'^  _  *  étaient  eiecu- 

les  crimes  commis  dans  Tournai,  était  situé  en  dehors  du  '•=«  i«  «imi 

'  nels. 

faubourg  de  Saint-Martin  vers  Froidmont  ;  on  l'appelait  vul- 
gairement le  Ilappart  à  la  haute  flèche,  ou  justice  de  Saint- 
Martin. 

Il  y  avait  au  faubourg  de  Maire /a  ji/sfice  dont  on  voyait 
s'élever  la  tour  à  quelque  distance  de  la  Sainte- Fontaine.  Vi 
résida  le  bailli  qui  y  eut  dans  le  temps  son  siège  de  justice. 
On  y  tenait  renfermés  en  prison  certains  malfaiteurs  en 
attendant  leur  jugement.  Il  y  avait  deux  prisons;  l'une  était 
dans  la  tour,  et  l'autre,  qui  y  était  adhérente,  consistait  en 


(1)  Les  comptes  de  la  ville  de  Tournai,  à  la  date  du  7  mars  1429, 
portent  une  somme  de  III  couronnes  d'or  offerte  à  Jean  de  Nédonchel 
et  à  Jacques  de  Harchies ,  capitaines ,  pour  avoir  fait  escorter  à  cause 
des  dangers  de  la  roule,  Jean  Naviel,  député  tournaisien  chargé  par 
les  consaux  de  se  rendre  à  Laon  où  se  tenait  le  parlement. 

(Extraits  des  registres  des  consaux  de  la  ville  de  Tournai ,  par  H. 
Yandenbroeck.) 


—      i(3     — 

salle  basse.  An  XYIII»  siècle,  elles  tombaient  en  ruines,  et 
elles  ont  complètement  disparu.  Il  est  fait  plusieurs  foismen- 
lion  de  la  justice  de  Froyenne  ,  qui  devait  être  située 
à  peu  de  distance  de  là,  si  ce  n'était  pas  la  même  que  celle 
de  Maire. 

La  justice  d'Havinnes,  nommée  parfois  de  le  Planque 
d'Angy,  figure  aussi  souvent  dans  les  condamnations  de 
Tournai. 

La  justice  de  Lcuzc  en  dehors  de  la  porte  de  Marvis,  près 
de  la  petite  chapelle  encore  existante,  se  composait  de  quatre 
piliers  reliés  entr'eux  par  de  fortes  barres  de  fer,  auxquelles 
restaient  suspendus  les  suppliciés.  On  ne  les  enterrait,  quand 
ils  n'avaient  pas  été  réclamés,  que  lorsqu'ils  tombaient  en 
décomposition.  Celte  potence  était  située  à  peu  de  distance 
du  chemin  de  Tournai  à  Mons.  Il  est  à  remarquer  que  tous 
les  gibets  s'élevaient  près  des  voies  de  grande  communication, 
et  qu'on  les  avait  même  multipliés  afin  de  servir  de  menace 
capable  d"efTrayer  les  malfaiteurs.  Ceux-ci  ne  pouvaient  donc 
entrer  dans  la  ville  sans  être  avertis  du  sort  qui  menaçait 
les  violateurs  de  la  loi.  II  faut  avouer  cependant  que  ce 
spectacle,  auquel  étaient  habitués  nos  aïeux,  était  peu  ré- 
créant pour  les  voyageurs  ou  les  promeneurs  dans  les  en- 
virons de  Tournai  et  des  autres  villes. 

Il  existait  encore  d'autres  places  affectées  pour  satisfaire 

aux  lieux  patibulaires,  à  proximité  de  Tournai,  telles  que  la 

justice  deCalonne,près  la  Croix-Morleghcm,  sur  la  route  de 

Valencicnne,  les  justices  de  NVez,  de  Wanchain,  de  Rumes, 

de  Mclles,  etc.  On  en  voyait  également  une  à  Flinc  près  la 

te  supplice  tour  appelée  Caïn,  au  pied  du  Mont  Saint-Aubert  et  en  vue 

utionéltiui-  ^^  ^^  route  d'Audenardc.  On  pourrait  dire  que  presque  tous 

rément"aTp"-  l^s  villagcs  un  pcu  considérablcs,  avaicut  Icur  potcncc. 

des  crimfneu       Parmi  Ics  suppUccs  appliqués  au  nom  de  la  loi,  celui  de  la 

condamnés  i  décapitatiou,  qui  consistait  à  avoir  la  tète  tranchée  par  le 


—  47  — 

glaive  était  peu  usité  dans  la  première  époque  dont  nous 
noussommes  occupés.  Dans  les  temps  reculés  du  quatorzième 
siècle,  nous  la  trouvons  bien  rarement  appliquée  aux  cri- 
minels. La  première  sentence  de  ce  genre  que  nous  rencon- 
trons dans  les  actes  judiciaires  est  de  l'an  1Ô39.  Pendant  les 
trente  années  environ  qui  la  précèdent ,  nous  n'en  avons  vu 
faire  aucune  mention;  et  dans  les  40  années  qui  suivirent,  il 
ne  s'en  présente  encore  que  deux  exemples.  Chaque  fois  il 
est  question  de  rébellion  à  main  armée  ou  d'enrôlement 
pour  les  ennemis.  Nous  devons,  ce  semble,  en  conclure  que 
ce  genre  de  mort  était  réservé,  au  moyea-àge,  aux  soldats 
ou  aux  crimes  politiques.  Peut-être  aussi  ne  le  faisait-on  ' 
subir  qu'aux  coupables  d'un  rang  au-dessus  du  vulgaire. 
D'ailleurs  à  certains  moments,  par  exemple  en  temps  de 
guerre,  les  crimes  étaient  jugés  et  châtiés  d'une  manière 
particulière.  Il  y  avait  alors  d'autres  juges  cl  d'autres  exécu- 
teurs qu'en  temps  ordinaire. 

Les  exécutions  par  le  glaive  se  faisaient  à  Tournai  sur  le       leseiécn- 
grand  marché.  On  se  servait,  pour  trancher  la  tête  des  con-  già°ver"ioDt 
damnes,  d'une  hache  ou  d'une  large  épée  courte  et  trcs-pc-  d»usTa  yuTe" 
santé,  de  sorte  que  la  tète  devait  être  séparée  du  tronc  au 
premier  coup  (1).  On  dressait  un  échafaud  assez  élevé  pour 
que  le  châtiment  pût  être  vu  de  la  multitude,  afin  que  la  jus- 
tice fût  plus  exemplaire.  Le  corps  de  ceux  qui  avaient  ainsi 
subi  leur  condamnation  dans  la  ville,  était  enterré  au  pied  de 


(!)  On  a  prétendu  que,  quand  l'exécuteur  des  hautes-œuvres  ne 
réussissait  pas  à  trancher  !a  tête  du  premier  coup  il  était  mis  \k 
l'amende,  et  que,  si  le  supplicié  n'était  pas  encore  décapité  après  lu 
troisième  coup,  le  bourreau  prenait  sa  place.  Cette  tradition  généra- 
lement accréditée  parmi  le  peuple,  ne  nous  semble  pas  appuyée  d» 
preuves  «l  BOUS  n'en  avons  trouvé  nulle  pan  lu  confirmatiou. 


—  48  — 

l'échafauJ,  à  l'endroit  même  de  leur  exécution;  c'est  ainsi 
qu'à  diverses  époques,  des  fouilles  faites  sur  la  grande  place 
de  Tournai,  amenèrent  la  découverte  des  restes  des  suppli- 
ciés qui  y  avaient  été  déposés. 
1,3  peine  de  Dans  la  législation  ancienne,  à  Tournai  comme  ailleurs, 
cutée  de  dif-  aux  \l\^  et  XV^  siècles,  la  peine  de  mort  à  laquelle  étaient 

férentes     ma-  -,  ,       ,  ir   •.  •    •  i  ii-  ii«- 

nièrfs;  toute-  conoamncs  les  malfaiteurs  variait,  c  est-a-dire  que  le  châti- 
ment''le'piùs  ment  capital  était  appliqué  d'une  manière  différente,  selon 
upoTcnce/'  les  crimes  et  les  personnes.  La  condamnation  à  mort  spéci- 
fiait comment  et  où  elle  devait  être  exécutée.  Pour  les  assas- 
sins et  les  voleurs,  la  corde  était  l'instrument  fatal  qui  devait 
ordinairement  les  retrancher  de  la  société  ;  alors  la  formule 
ordinaire  dans  les  condamnations  portait,  après  la  dénomi- 
nation du  coupable  et  l'énoncé  de  ses  crimes,  ces  mots  :  jus- 
ticiê  dépendre,  ce  qui  signifiait  :  condamné  à  être  pendu. 

Certaines  ordonnances  rappellent  des  peines  en  usage  à 
l'époque  où  elles  furent  rendues  :  ainsi  un  arrêté ,  daté  de  la 
veille  de  S'-André  12!)i,  porte  que  les  faux-monnaieurs  et 
ceux  qui  emploient  sciemment  fausse  pièce  de  monnaie,  doi- 
vent être  justiciés  à  mort,  savoir,  de  bouillir  (d'être  bouillis) 
sur  la  place  du  grand  Marchiet,  et  que  celui  qui  altère  ou 
rogne  lesdittes  monnaies  subira  même  supplice. 

Une  autre  ordonnance  de  l'an  IôOj  est  ainsi  conçue: 
«i  Ki  eunc  home  ou  cine  fème  aura  occhis  por  li  reubercr,  i 
sera  pendus  par  li  corde  aile  potenche  et  de  par  en  avent 
sera  traynié  dou  départure  dalle  prison  jus  aile  fourkc  (1).  » 
Parmi  les  renseignements  curieux  que  renferment  les  re- 
gistres des  comptes  de  Tournai,    nous  avons  retrouvé  les 


(1)  «  Quand  un  homme  (ou  une  femme)  aura  liié  pour  voler,  il  sera 
pendu  avec  une  corde  à  la  polence,  et  auparavant  il  sera  traîné  de- 
puis la  sortie  de  la  prison  jusqu'aux  fourches  (patibulaires). 


—  49   — 

dépenses  qu'occasionnaient  les  châtiments  de  la  justice  cri- 
minelle. 

Le  traitement  annuel  du  bourreau  attitré  était  au  XV» 
siècle  de  74  livres  tournois  ;  en  outre,  il  avait  droit  à  chaque 
exécution  aux  émoluments  suivants  : 

Pour  couper  un  membre,  soit  un  orteil  ou  un  morceau 
d'oreille,  —  5  sous. 

Pour  mettre  en  l'échelle  près  du  Beffroi,  —  os. 

Pour  battre  de  verges,  —  li  s. 

Pour  pendre,  —  12  s.  G  deniers,  dont  2  s.  6  den.  pour 
cordes  et  lacets. 

Pour  dépendre,  puis  rependre  les  suicidés,  le  transport  du 
cadavre,  etc.,  selon  l'état  de  conservation  ou  de  décomposi- 
tion de  celui-ci ,  —  23  oii  30  sous. 

Les  confesseurs  d'un  condamné  à  mort  recevaient  chacun 
—  0  s. 

Les  sergents-bâtonniers  recevaient  o  sous  pour  conduire 
hors  du  territoire  les  bannis  de  la  ville. 

Les  fous  malfaiteurs  étaient  battus  de  verges,  puis  con- 
duits hors  de  la  ville  ;  les  sergents  recevaient  pour  ces  deux 
punitions  10  sous. 

L'emploi  d'exécuteur  des  hautes-œuvres,  quoique  s'exer- 
çant  le  plus  souvent  de  père  en  fils,  comme  par  une  sorte  de 
di  oit  d'hérédité,  était  cependant  ([uelqnei'ois  mis  au  concours. 
Ainsi  nous  voyons  qu'en  1407  l'avis  suivant  fut  publié  le  23 
juin  : 

«  Que  quiconque  voira  estre  pendeur  et  exécuteur  de  le 
haultc  justice  de  le  ville  de  Tournay,  au  lieu  de  Jehan 
Appelman  qui  dudit  office  est  osté  pour  ses  démérites,  si 
viengne  à  lundi  prochain  venant  (27  juin)  en  halle  par  de- 
vant nous,  Prévost  et  jurés,  et  nous  arons  advis  de  recevoir 
le  plus  ydonc  (capable).  » 

Les  démérites  du  susdit  Appelman  ipii  lavaient  fait  révo- 


—  oO  — 

quer  de  son  oilice,  provenaient  de  ce  que,  de  son  propre 
aveu,  il  avait  accepté  de  l'argent  pour  ne  pas  couper  l'oreille 
à  un  malfaiteur.  Aucun  Tournaisien  ne  se  présenta  pour 
solliciter  cette  place  qui  fut  donnée ,  le  l"  juillet  1407,  à 
Jehan  Defroitcapielle,  de  Mons ,  seul  postulateur.  (Vandcn- 
broeck,  regist.  des  Consaux,  T.  I,  p.  Gi). 
senienceren-       Nous  ïïc  voulons  pas  tcmiiner  ccttc  partie  dc  uotrc  ou- 

duKparlelieu-  .        .  »        i  i-  •  .      .  > 

unant  conné-  vragc,  toutc  composcc  dcs  divers  l'cnseigneraents  trouves 

table  de  Fran-      ,  -,   .  „.  .-n  .\.,t 

ce,  le  limai  daus  uos  arcliivcs,  sans  taire  mention  dune  pièce  interes- 
UB  'sergent-  sante  quc  31.  l'archiviste  Vandcnbroeck  nous  a  fait  connaî- 

d'armesdu  roi  j  n>  »     u  i  i      i- 

à  Tournai ,  trc  i  c  cst  1  cnouce  d  une  sentence  rendue  par  le  lieutenant 
din.  """  connétable  de  France  le  11  du  mois  de  mai  138G,  à  charge 
d'un  nommé  Doudin,  scrgent-d'armes  du  roi,  qui,  après  avoir 
proféré  des  paroles  injurieuses  contre  l'honneur  de  la  mère 
des  frères  Crestes,  avait  battu  ces  derniers  et  les  avait  bles- 
sés à  sang  coulant  ;  on  y  lit  les  détails  suivants  sur  la  coutume 
de  Tournai,  relative  aux  condamnations  à  des  voyages  ou 
pèlerinages  : 

«  Quiconque  porte  coutrcl  ou  autre  armure  invasiblc  dé- 
fendue et  dicellui  couticl  ou  armure  fiert  autre  en  ladite 
ville,  jusqu'à  effusion  de  sang,  sans  ce  que  du  cop  se  en- 
suye  mort ,  péril  de  mort  ou  affolure  cellui  qui  fiert  le  cop 
enchiet  en  amende,  envers  laloy  de  la  dittc  ville,  de  dix- 
huit  livres  de  tournois.  Et  se  péril  de  mort  et  d'affolure  est  mis 
avant  par  raport  de  mires  (chirurgiens) ,  scrmentez  à  la  dite 
ville,  au  regard  et  vcuc  d'un  des  prévôlz  et  de  deux  jurez 
de  ladite  ville  qui ,  après  ledit  péril  raporlé  conjurront 
par  foy  et  serment  ledit  blécié  ou  navré  en  lui  interrogeant 
et  demandant  qui  lui  aura  fait  et  donné  Icsditcs  blcçeures 
et  navreures ,  supposé  que  depuis  mort  ou  alTolure  ne 
s'ensuie  du  cop  ou  des  cops ,  néantnioins  audit  cas  le  fra- 
pant  cnchicl,  en  amende  envers  la  loy  de  ladite  ville,  de  la 
somme  de  soixante  livres  tournois.  Et  se  plusieurs  sont  fra- 


—  ?)1  — 

pez  ou  navrez,  pour  chacun  est  dcuc  J'amende  de  dix  ou  de 
soixante  livres,  selon  la  distinction  dessusdite.  Et  avec  ce, 
quant  péril  de  mort  ou  de  mehaing  est  mis  avant  par  con- 
juration, comme  dit  est,  le  délinquant  oultrc  et  avec  l'amende 
pécuniellepar  avant  déclarée  est  tenue  de  faire  un'péleri- 
nagc  pour  chascune  personne  qu'il  a  navrée,  comme  à  Saint- 
Nicolas  du  Bar,  à  Saint-Jacques  au  Galice,  à  Saint-Giles  en 
Provence,  à  Vcndôsme  ou  ailleurs,  selon  la  qualité  du  cas,  à 
la  discrétion  du  juge  arbitrcur  desdits  pèlerinages  un  ou 
plusieurs.  Et  doit  estre  le  délinquant  privé  de  l'abitation 
de  ladite  ville,  quinze  jours  après  ce  que  condamné  est  à 
faire  lesdits  pèlerinages  ou  pèlerinage  jusqu'à  ce  qu'il  ait 
raporté  à  la  loy  et  justice  de  ladite  ville  de  Tournai  bonne 
certification,  cornent  il  a  parfait  lesdits  pèlerinages.  Et  di- 
saient iceux  les  demandeurs  que  tels  en  substance  sont  les 
privilèges  et  estatus  gardez  et  observez  de  tous  temps  que 
mémoire  n'est  du  contraire,  et  en  sont  en  bonne  possession 
et  saisine.  Disaient  aussi  que  lesdits  estatus  et  usages  furent 
saintement  et  à  bonne  cause  introduis  en  ladite  ville  pour 
la  selvuete,  paix  et  transquilité  dicelle,  mesmement  pour  ce 
que  elle  est  située  près  des  pays  esquels  païs  gens  sont  plus 
coustumiers  de  procéder  par  voyedc  fait  que  ailleurs.  » 

(L'instruction  de  cette  affaire  fut  longue,  parait-il,  puisque 
le  fait  qui  y  donna  lieu  se  passa  au  mois  de  janvier  de  l'an 
1382  (1383  nouv.  style). 


c-r'GXSfSj)''»^^^ 


—  m  — 
DESCRIPTION 

DES  PRINCIPAUX  MANUSCRITS  d'oU  ONT  ÉTÉ  TIRÉES  LES  CON- 
DAMNATIONS A  MORT  RAPPORTÉES  DANS  CET  OUVRAGE,  ET 
EXISTANTS  AU  DÉPÔT  DES  ARCHIVES  DE  LA  VILLE  DE 
TOURNAI. 

REGISTRES  DE  LA  LOI. 

4°  (n»  150  de  l'inventaire).  —  Un  volume   sur  vélin, 
formé  de  cahiers  inégaux  quant  au  format  et  à  l'épaisseur, 
dont  un  pour  chaque  année  depuis  1515  jusques  à  1525  in- 
clusivement, sauf  celui  de  1514  qui  manque. —  Ces  cahiers, 
écrits  par  différentes  mains ,  mal  tenus  et  couverts  de  ra- 
tures, commencent   par  la  liste  des  magistrats  élus  à  la 
Sainte-Luce ,  et  dont  voici  le  lahleau  : 
50  jurés,  dont  2  prévôts  ; 
50  éwardeurs ,  dont  2  mayeurs  ; 
50  mayeurs  ,  dont  2  surmayeurs  ; 
7  échevins  deçà  l'Escaut,  dont  un  maire  ; 
7  échevins  delà  l'Escaut,   ou  de  St-Brice ,   dont  un 

maire  ; 
7  échevins  du  Bruille  ; 

4  jures  )         j,  j^^  droits  de  commune  ; 

4  éwardeurs     ) 

5  préposés  à  la  charité  ; 
2  préposés  à  la  recette  ; 
1   massart  ; 

1  receveur  du  droit  de  bourgeoisie  ; 

1  boursier  des  jurés  ; 

1  receveur  des  vilains  serments  ; 

1  receveur  des  peines. 


—  53  — 

2  gardes  des  clés  de  la  tour  et  du  seel  ; 
4  garde  de  la  clé  de  la  grande  charte  ; 

1  garde  de  la  clé  de  la  trésorerie  des  chartes  et  privi- 

lèges ; 

2  gardes  des  clés  des  registres  ; 
2  gardes  des  clés  des  comptes. 

Cette  liste,  qui  comprend  143  élus,  est  suivie  de  différents 
chapitres,  en  tète  desquels  on  lit  les  indications  suivantes  : 
Bourgeoisies  ; 
Criées  à  20  sols,  à  40  sols,  à  10  liv.,  à  GO  liv.,  à  100 

marcs  ; 
Bannis  à  un  an,—  à  5  ans, —  à  7  ans, —  à  toujours  ; 
Ceux  qui  sont  chassés  de  la  ville  à  son  de  cloche  ; 
Ceux  qui  ont  fait  amende  aux  jurés  ; 
Les  méfaits  des  clercs  ; 
Les  condamnations  à  mort. 

2°  (n"  loi  de  l'inventaire).  —  Un  volume  également  en 
vélin,  relié  en  bois,  recouvert  de  basane,  formé  comme  le 
précédent  de  cahiers  inégaux,  de  1526  à  1331  inclusive- 
ment, les  feuillets  non  cotés.  —  Comme  dans  le  précédent, 
chacun  des  cahiers  commence  par  la  liste  de  la  loi,  laquelle 
est  suivie  des  condamnations, 

3°  (n°  132).  —  Un  volume  en  papier,  couvert  en  cuir, 
de  1332  à  1335  inclusivement. 

Changement  complet  dans  la  forme  de  la  loi,  par  suite  de 
l'arrêt  du  parlement  de  Paris  du  4  juillet  1332,  lequel  avait 
déclaré  les  Tournaisiens  déchus  de  leur  droit  de  commune, 
pour  excès  et  maléfices  par  eux  commis  dans  le  gouverne- 
ment de  la  ville,  et  avait  appliqué  le  tout  au  domaine  royal; 
un  gouverneur  royal  avait  été  institué  avec  le  droit  de  jus- 
tice haute,  moyenne  et  basse.  Trente  prud'hommes  devaient 

7. 


—  M  — 

être  choisis  chaque  année  dans  les  sept  paroisses  de  la  ville, 
vingt  jurés  et  quatorze  échevins  étaient  à  nommer  par  ces 
prud'hommes. 

4°  (n"  153).  —  Un  volume  en  papier,   couvert  en  cuir, 
renfermant  les  années  1356,  1357,  1558,  1359  et  1540. 

Voici  la  forme  du  gouvernement  de  la  ville  à  cette  der- 
nière époque  : 

/   6  de  Notre-Dame; 

(G  de  Saint-Piat; 
D  de  Saint-Quentin  ; 
^v^  v..>,v,...., .       4  de  Saint- Jacques  ; 
(0  de  Saint-Brice  ; 
2  du  Bruille; 
2  de  Saint-Pierre  ; 


30 

20  jurés  ; 

7  échevins  deçà  l'Escaut  ; 

7  échevins  de  Saint-Brice  ; 
45  hommes  pour  la  draperie,  dont  2  maires  ; 

S  perceurs  (pour  le  vin)  ; 

G  préposés  à  la  teinturerie,  ctc  ; 

5°  (n''134).  —  Un  volume  en  vélin,  couverture  en  hois 
fort  détériorée,  de  1540  à  1554. 

La  commune  ayant  été  restituée  à  la  ville  par  la  chai'tc 
de  Philippe  de  Valois  du  mois  d'août  1540,  la  forme  du 
gouvernement  municipal  suhit  un  nouveau  changement. 
L'élection  de  30  prud'hommes  est  maintenue  ;  ceux-ci  doi- 
vent élire  30  jurés  et  21  échevins,  savoir  :  7  de  la  cité,  7  du 
Bruille  et  7  de  Saint-Brice.  Tous  ces  magistrats  réunis  ont 
la  nomination  de  leurs  suhaltcrncs. 


-^  35  — 

6"  (il'*  13;)).  —  Le  volume  qui  portait  ce  n"  et  qui  (le- 
vait renfermer  Icç  années  13bîi-1563,  manque. 

7°  (n"  130).  —  Un  volume  en  vélin,  relié  en  bois,  recou- 
vert de  cuir,  de  1304  à  1383,  sans  titre. 

En  1304,  nouveau  changement  de  la  foi'me  du  gouver- 
nement communal,  par  suite  de  l'ordonnance  de  Charles  V, 
qui  place  les  Tournaisiens  sous  l'autorité  du  gouverneur  de 
Lille.  Cet  état  de  choses  dure  jusqu'en  1370.  Les  Tournai- 
siens  sont  alors  rétablis  dans  le  droit  de  nommer  50  éwar- 
deurs,  comme  ci-devant,  lesquels  sont  chargés  d'élire  20 
jurés  et  14  échevins  (7  de  la  cité  et  7  de  Saint-Brice  et  du 
Bruille). 

8°  (n»  137).  —  Un  volume  en  vélin,  relié  en  bois,  recou- 
vert de  cuir,  à  clous  de  cuivre,  de  1384  à  1392,  intitulé  : 
Registre  de  ta  ville  et  cité  de  Tournay  sur  le  fait  de  l'élection 
de  la  loi,  des  achats  et  reliefs  de  bourgeoisies,  des  délis,  mef- 
fais,  criesmes  et  maléfices  fais  et  perpétrez  en  ladite  ville  et 
cité,  depuis  le  i^^  jour  de  juing  l'an  de  grâce  mille  CCC  et 
quatre-vingt-qiiattre. 

0°  (n"  138). —  Un  pareil  volume,  intitulé  comme  le  pré- 
cédent, de  1393  à  1401. 

lO'»  (n"  139).  —  Un  volume  en  vélin,  relié  en  bois,  re- 
couvert de  cuir  blanc  à  clous  de  cuivre,  même  titre  que  le 
précédent,  années  1402  à  1412  inclusivement. 

41°  (n"  140).  —  Un  volume  en  vélin,  reliure  nouvelle- 
ment restaurée  en  bois,  recouvert  de  cuir  blanc,  intitulé  : 
Registre  de  le  ville  et  cité  de  Tournay  sur  le  fait  de  le  électio7i 
de  le  loy,  des  accas  et  reliefs  de  bourgeoisie,  cris,  bans  et 
voyages,  registres  criminels  et  civils  et  autres  cxplois  touchant 


—  ^s  — 

au  bien  de  justice  et  des  délis,  meffais  et  maléfices  fais,  ad- 
venus et  perpétrez  en  le  dite  ville  (1413-1424). 

Il  est  à  propos  de  faire  remarquer  qu'en  1424,  et  en  vertu 
de  la  charte  de  Charles  VII  du  16  mars  1425,  une  modifica- 
tion fut  introduite  dans  la  loi  de  la  ville.  On  y  voit  figurer 
pour  la  première  fois  les  six  élus  qui  devaient  être  tirés  du 
consistoire  des  doyens  et  sous-doyens  des  métiers  (1). 

42°  (n"  441).  —  Un  volume  en  vélin,  relié  en  bois,  recou- 
vert de  cuir  blanc,  à  clous  de  cuivre,  intitulé  comme  le 
précédent  (1425-1441). 

13°  (no  142).  —  Pareil  volume,  de  1442  à  14K8. 

14°  (n°  143).  —  Lacune  de  44  années. 

4o°  (n°  144).  —  Volume  comme  le  précédent,  de  4472  à 
1489. 

1G°  (n°  145).  —  Pareil  volume  de  1490  à  1509. 

17°  (n°  146).  —  Pareil  volume  de  1510  à  1539. 

En  1521,  le  renouvellement  de  la  loi  se  fait  par  les  com- 
missaires de  l'Empereur,  en  conformité  delà  charte  du  14 
février  (1522,  n.  st.).  Les  éwardeurs  sont  abolis  ;  il  nomme 
2  prévôts  et  12  jurés,  2  mayeurs  et  12  échevins.  Cette  con- 
stitution reste  intacte  jusqu'en  1666. 

18°  (n»  147).  —  Pareil  volume  de  1540  à  1570. 

19°  (n°  148).  —  Un   volume  en  vélin   de  87  feuillets, 


(l)  Voir  la  note  3u  bas  de  la  page  66  des  Extraits  analytiques  des 
registres  des  consaux,  publiés  par  H.  Vandenl)rocck,  tome  1". 


—   ;j/   — 

dont  81  écrits  et  cotes,  reliure  moderne  on  basane,  grand 
in-folio. 

Ce  volume,  diiïcrent  on  cela  des  autres,  ne  contient  que 
les  tableaux  des  magistratures  qui  se  sont  succédé  depuis 
1571  jusqu'en  1793. 

La  forme  de  la  loi  reste  la  même  depuis  1371  jusqu'en 
1G65. 

En  1G67,  les  deux  prévôts  sont  réduits  à  un  seul,  les  12 
jurés  à  G,  les  2  mayeurs  à  1  seul  et  les  12  échevins  à  G. 

Le  15  avril  1790,  le  peuple  nomme  30  éwardcurs  qui 
renouvellent  la  magistrature  et  la  composent  comme  ci- 
dessus. 

20°  (n°  149).  —  Un  volume  en  vélin,  relié  en  parchemin, 
de1o71  à  1;j77. 

Ce  volume  est  incomplet.  Les  renouvellements  de  la  loi 
en  ont  été  détachés  pour  servir  à  former  le  précédent,  en 
sorte  qu'on  n'y  trouve  plus  que  les  bourgeoisies  et  les  con- 
damnations. 


(En  déduisant  les  lacunes,  le  nombre  des  registres  de  la 
loi  n'est  réellement  que  do  18). 


DEUXIEME  PARTIE. 


DE  LA  LÉGISLATION   ANCIENNE  ET  DES  COUTUMES 


CONCERNANT    LES    CONDAMNATIONS    A    MORT 


jadis  en  usoge  dans  la  ville  cl  banlieue  de  Tournai. 


CONDAMNATIONS  A   MORT 

Registre  de'la  loi.  {Extraits  du  tome  premier.) 

Le  trente  et  unième  jour  du  mois  de  mai  1313. 

C'est  li  Jeliine  Martin  Guaspiel  qui  fut  justicié,  qui  re- 
conneut  quil  avoit  cmble  ^volé)  VIII  viaurcs  (1)  de  laines  a 
Thumas  de  Morcourt  un  an  a  passet  ou  la  cntour.  Et  les 
cmbla  en  le  grange  ledit  Thumas  a  Tournay,  Et  dist  que  nus 
[nul)  ne  li  aida  à  comboncr  (rfero6er)  ni  ne  le  seut  onc- 
qucs  nus  fors  (excepté)  li  priests  a  qui  il  scn  confessa  et  il 
dist  que  Jake  li  Ailes  qui  maint  (demeure)  al  entrée  de  le 
rue  de  France  li  doit  III  gros  tournois  et  pas  que  il  les 
doinst  à  se  fcmc  et  ichi  (aussi)  quil  avoit  cniblct  à  Maubuegc 
VIII  livres  à  une  fèrac  avœc  qui  il  manoit.  Qui  bon  clii  es 
fait,  l'an  M.  CGC.  et  XIII  darrain  (dernier)  jouv  de  may. 

Le  lundi  iQ'^  jour  de  septembre  1313. 

Englcbins  fius  Mikiel  Del  Atre  fu  justicié  lundi  1f)«  jour 
de  septembre  pour  larencliin  (larcin)  quil  fist  a  Lille  a  le 
maison  de  se  dame  qui  voucf  estoit  et  embla  III  florins  al 


(!)  Le  viaure  élail  un  poids  en  usage  au  XlV'si^cIo;  il  fui  remplacé 
par  Vi  pelilc  livre  équivalant  à  environ  90  heciogrammes. 


—  r.o  — 

Agnicl  (1)  et  mites  (2)  et  tournois  et  parisis  et  vendit  li  vile 
a  le  fcmc  tout  çou  que  al  Jelians  avoit  et  vot  {veut)  que  elle 
cuise  X  sols  que  uns  home  de  Lille  li  devoit  et  comanda  et 
vot  que  Maaius  Tel  al  Orderue  (3)  ses  cousins  a  ki  il  cmbla 
une  kicute  {couchette)  de  XIII  s.  et  une  hauque  [dessus  de 
lit)  de  X  ;  et  lui  rewist  le  valeur  et  que  on  le  prensit  {prit) 
seur  une  sienne  maison  quil  a  à  Akène  et  avot  {veut)  que 
dou  sien  [avec  son  argent)  on  canle  X  messes. 

Le  vendredi  4^  jour  de  février  131  G. 

Englebins  fius  Mikicl  del  Atrc  fa  justicié. 

Johancs  li  Flamens  ki  fu  justicié  et  bouli  venredi  IIII» 
jour  en  février  lan  M.  CGC.  et  XVI  dist  à  le  mort  que  il 
comenelia  à  faire  le  mestier  défausse  monnoie  au  tcn  {temps) 
devant  le  Noël  et  retint  ce  mestier  dune  siene  nièce  qui  aloit 
par  le  pays  qui  a  avant  ?fIaroie  li  Kien  Daudenardc  et  en  fu 
li  larons  de  le  ditte  Maroic  boulis  à  Valenchienes.  Et  distli 
dis  Joanes  que  il  meismes  foizois  ces  gros  iournois  en  un 
molle  {moule)  de  cendre  {terre  cuite)  et  de  ces  gros  deniers 
prcndait  [prenait)  à  lui  Jehans  de  Taintegnies  qui  manoit 
dehors  le  porte  St-Martin  et  se  fèrae  manoit  cis  {près  de) 
Jehans  de  Taintegnies  dales  {près  de)  le  maison  Marie  De  le 
Piepc. 

Item  dist  li  dis  Johanes  que  Willaumc  de  Gruysans  qui 


(1)  Le  norin  tic  celte  époque  était  une  pièce  d'or  sur  laquelle  se 
voyait  d'un  côlé  une  fleur  de  lis,  et  de  l'autre  un  agneau  pascal;  il 
valait  environ  11  irancs  de  noire  monnaie. 

(2)  La  mite  était  une  petite  monniiie  d'argent  de  la  valeur  d'une 
obole.  Le  Tournois  et  le  Parisis  étaient  les  autres  monnaies  en  usage 
alors  en  France. 

(ô)  Orderue,  rue  sale.  Cette  rue  ou  ruelle  éluil  au  Becquerel. 
Tournai  ancien  et  moderne,  par  F.  Bozièrf. 


—  61  —  . 

manoit  en  le  rue  Perdue,  cnvoïoit  querre  (chercher)  de  le 
fausse  monnoic  à  Fauqueraont  par  une  femc  qui  avoit  nocni 
Péronne,  de  Lille,  et  se  manoit  en  ceste  ville. 

Itemdist-il  que  un  PiereMoriaus,  foulon,  qui  manoit  viers 
les  Frères  Meneurs,  eust  à  lui,  de  cette  fausse  monnoie,  X 
piéches  ou  XV. 

Item  dist-il  que  Alars,  de  Noyele,  et  se  fème,  et  li  suer 
doudit  Alars,  qui  manoit  en  le  rue  des  Coryers,  se  raelloient 
de  fausse  monnoie  et  forgeoient  il  meismes  [eux-mêmes) 
cette  monnoie. 

Le  vendredi  23  déceinbre  1318. 

C'est  li  Jehinne  Gerardin,  de  St-Quentin,  ki  fu  justicié  à 
Tournai  venredi  devant  Noël  lan  M.  CGC.  XVIII.  Il  con- 
gneut  à  le  mort,  que  il  passet  un  an,  et  Osteles,  fins  Maryen 
Tourette,  ont  esté  larons  et  ont  emblé  ensemble  et  fais  plui- 
seurs  larencbins. 

Item  cognent  que  ils  emblèrent  fourure  à  le  maison 
Brunel,  se  les  mist  céré  {les  cachât)  à  le  maison  d'une  fème 
qui  vendoit  sel  au  bielfroit,  qui  ne  rendit  que  IIU  livres,  et 
quide  [pensé)  bien  quil  en  ieut  VI,  et  en  a  une  en  le  haie  (1) 
qui  fourée  est,  et  un  saureot  {cotte  de  dessus,  vêtement 
d'homtnc) . 

Item  emblèrent  a  le  maison  Jake  Muevin  un  lochin  fendut 
{vêtement  en  toile).  Item  une  malette  (petite  gibecière)  al 
maizon  Gathin  Dorke  et  i  avoit  un  seurcot  de  chevalier 
fouret  de  vair  [espèce  d'hermine),  qui  est  en  le  haie,  et  un 


(1)  Les  objets  saisis  sur  les  voleurs,  ou  qu'on  trouvait  à  leur  domi- 
cile et  dout  l'origine  paraissait  suspecte,  étaient  portés  à  la  halle. 

8. 


—  G2  — 

capron  aussi  et  une  cauchc  [chausselte]  grise  et  un  sorlers 
(souliers).  Item  une  cspée,  un  capicl  [chapeau)  et  deux  ca- 
prons  a  le  maizon  mcstre  Jack  Le  Cras.  Item  emblèrent  une 
côte  bleuw  e  et  III  clokes  à  le  maison  feme  Wat,  et  fut  une 
vendue  XX  gros,  et  les  autres  furent  vendues  ne  set  combien, 
et  dist  que  li  acointc  [compagne)  Ostclct  a  nom  Piérone,  de 
Gramont,  qui  avoit  adjct  [aidé)  pendant  as  larencbins. 

Item  emblèrent  un  plicon  [pièce)  de  gris  au  3Iarkiet  as 
Vakes  dales  S'^-Marguaritte.  Ilem  emblèi'ent  ils  plusieurs 
bacliins  aval  Tournay  et  furent  à  Douay  partir  la  vendre. 
Item  un  seurcot  [vêtement  de  dessus)  est  en  le  haie  qui  akaté 
[acheté]  à  Cambray  et  un  de  dras  et  dautres  coses  [choses)  qui 
furent  emblées  à  le  maizon  Jack  Dclcourt 

Item  dist  li-dist  Gérard  sour  sarme  [affirmation  :  sur  son 
âme)  que  tous  ces  larencbins  et  pleute  [beaucoup)  dautres, 
lesquels  il  na  mie  remenbrance,  fit-il  et  Ostelct,  et  tous  les 
soucoitoit  [cachait)  li  mère  Ostclet,  et  les  faisait  vende  de- 
huers  Tournay  en  diverses  villes,  et  n'avait  mie  de  XX  s.  II 
p.  [il  n'eut  guère  plus  de  20  sous  et  2  patarts).  Et  dist  que 
aie  mort  le  amcnoit  Ostelet  et  se  mère.  Il  dist  que  se  il  euist 
ou  avoit  peuist  respirer  ou  aucun  avis  il  diroit  assez  plus  de 
coses. 

Et  dist  a  le  fin  que  le  larencbins  qu'il  eut  faits  montent 
bien  à  plus  de  11"  livres,  etc. 

Le  vendredi  '21"  jour  d'avril  loi 9. 

Cest  li  Jehinne  Calayc,  le  barbieresse  de  Biauvesis,  qui  fut 
justiciée  le  venredi  XXVII' jour  en  avril  lan  mil  trois  cens 
et  diis  et  nuef.  Elle  dist  que  li  capron  de  mcnut  vair,  li  cote 
bleuwe  et  une  napc,  qui  est  en  le  haie,  sont  à  Gillet,  le  bou- 
lengbier,  qui  est  en  pi'izon  en  le  porte  de  Marvis  et  dist  que 
cbous  (ce)  que  Gillet  li  apportoit,  elle  pensait  bien  quil  ne  li 
venoit  mie  de  bien.  Item  dist  que  cbuis  (ce)  Gilles  est  uns 


—  C3  — 

varies  allans  par  tierc  el  jtar  cemin  [chemin)  pour  gaegnicr, 
et  ont  Cslé  ensaule  [ensemble)  puis  le  fiestc  de  Lille. 

Item  dist  que  li  fèmc  Jakc  de  Bictune  et  chy  Jacke  de  lîic- 
tunc  est  renommet  [réputé)  de  [faire)  fausse  monoie  et  bien 
set-on  qiiil  en  vivent. 

Item  dist-elle  que  Johannes  Darras ,  ki  a  le  sereur 
[sœur)  de  le  fème  le  Wéte  Darras,  lisquels  est  foulons  et 
tiserans,  Il  vendit  la  loyer?,  qui  est  en  le  haie,  XL  gros,  et 
reue  (en  eut)  un  eouticl  [coutil,  pièce  d'étoffe)  qui  bien  va- 
loit  X  gr. 

Item  dist-elle  que  Baudes,  li  Flamens,  prent  volontiers 
avantage  d'autrui,  et  est  chuis  Baudc,  ostcs  [hostelier)  à 
Arras,  se  maint  à  le  posticrnc  ((/e»ieî/re  à  la  poterne),  et  se 
rechoit  larons  et  toutes  manières  de  gent  dont  il  puet  avoir 
avantage. 

Item  dist-elle  que  Pcrrlne,  qui  n'a  qu'une  orclle,  et  Wil- 
laurae  de  Monelles,  ses  amis  (so/i  ami),  est  par  elle  renomé 
coieur  de  bourses  (1). 

Le  mardi  M ^  jour  de  juin  1320. 

Hellins,  li  boutelliers  de  Kievraing,  fu  traîné  et  puis  pen- 
du, l'an  M.  CGC.  et  XX,  mardi  XVII»  jour  de  Gieskcrck, 
pour  pluseurs  tenserics  [vol  sur  les  grands  chemins)  et  la- 
renchins  quil  fist ,  et  plusieurs  manaches  [menaces)  de 
ardoir  les  boines  gens  de  Kievraing. 


(1)  Pour  Lien  comprendre  celle  expression  de  coupeur  de  bourses, 
ii  faut  se  rappeler  qu'à  l'époque  dont  nous  nous  occupons,  on  portail 
l'argent  qu'on  avait  sur  soi  dans  des  bourses  de  cuir  suspendues  par 
des  lanières  également  en  cuir,  qu'il  était  facile  de  couper  ;  aussi  l'on 
verra  souvent  dans  les  condamnations  que  nous  rapporterons  ce  mé- 
fait mis  a  Vi  charge  des  escrocs  de  ce  temps-là. 


—  u  — 
Le  lundi  \8'  jour  de  janvier  1321. 

GillotVerbos,quifu  justicié  lundi  XVIIP  jour  en  janvier, 
dist  à  le  mort  quil  embla  a  le  raazon  Saintain  le  Ghierie  une 
côte  mêlée  et  le  baréta  {mit  en  gage)  à  une  verde  [marchande) , 

scn  eut  VI  gros Et  dist  quil  embla  II  linchius  [draps)  et 

une  nape  à  le  mazon  Isabiel,  de  Melle,  se  les  vendi  III  gros, 
et  il  embla  au  biefroit  le  nicbiel  [moyeu)  d'une  brouayte 
et  le  bougon  de  fier,  se  vendi  le  boughon  II  eslrelins  et  le 
moyel  V  estrelins. 

Item  dist-il  quil  embla  Colars  Baneguies,  mes  il  ne  set 
cautes  [combien).  Item  dist-il  que  Ilennekins,  de  Maude,  qui 
repairait  [demeurait)  h  Rumegnics,  et  un  autre  quil  ne  set 
nomer,  furent  avoeckes  luy  à  un  home  espauter  [attaquer)  au 
bos  de  Breuze,  mes  il  ne  set  de  ciertain  se  clie  fu  Jehan  de 
Fiers  ou  non. 

Item  dist-il  que  Jehans  Bicholars  et  Colas,  de  Biernes, 
aloient  tous  deux  à  faux  visages  au  bos  de  Breuze.  Item  dist- 
il  que  Margos,  li  franche  amie  Ilanekin,  de  Maude,  est 
maize  [mauvaise)  fème  et  se  set  prendre  pleute  [beaucoup) 
dargent  as  homes,  et  prist  de  un  home  VIII  florins,  et  au- 
tant quil  en  eut. 

Item  dist-il  quil  eut  des  bezaces  [bagages)  Jehan  Ilacart 
VII  gros  ou  XX  tournois  dou  plus.  Item  dist-il  quil  embla 
une  cspée  en  une  cambéricllc  [petite  chambré)  à  le  mazon 
Piéron  Crisembien.  Item  il  embla  à  le  maizon  doudist  Piéron 
ung  capron  sainglé  [manteau  sanglé)  quil  vendit  ung  gros. 
Item  IV  escuelles  destaing. 

Le  vendredi  14«  jour  de  novembre  1321 . 
Artus  Cavanes,  d'Arras,  moniers,  justicié  vcnredi  XrV'« 


—  6j  — 

jour  de  novembre  pour  larcnchins,  dist  que  Picres  Buissc, 
de  Biaumes,  quon  dist  des  campions  goudalicrs  {cabare- 
tier,  aubergiste),  est  mestre  léres  {vo!eur),lcl  Gillos  Ignores, 
manouvricr,  dcmorans  devant  à  Douai  sus  les  fossés  à 
le  porte  Deskercin,  et  llanckins,  de  Biaumes,  garçons  à 
pic,  ki  fu  à  Monseigneur  Wattier  de  Poucques,  chir  {che- 
valier), dcraorant  avoec  celi  Gillot,  sont  tout  larons  dans 
une  compagnie,  et  que  11  fème  doudit  Pieron  a  nom  Margos 
as  Paclettes,  et  se  mère,  Aelis,  de  St-Amand,  et  li  ci- 
quointe,  Artus  Gillote  de  Ilalloy,  d'Arras,  et  cis  [ceux-ci) 
savent  les  larencins  que  cils  font,  et  sont  comboneresses 
(voleuses),  venderesses  et  enwageresses  (mellcuses  en  gages) 
de  larencins,  et  eurent  deux  compagnons  pendus,  li  un  a 
nom  Nevars,  et  fu  pendu  à  Bapaume.  Et  li  autre  ha  nom 
Norvel,  pendu  à  St-Quentin,  et  dist  que  li  sanguin  drap  et 
les  cozcs  [chausses)  avoec  furent  emblces  de  là  Douay  au 
kcmin  de  Cambray. 

Li  ditte  Gillote  dcHalloy,  quon  dist  de  Lastre,  fu  justiciéc 
à  [en)  ce  jour,  couvent  {convenant  de)  sen  fait,  ensi  que 
lidis  Artus  le  disoit,  et  encusa  tous  les  autres  devant  nomes 
ensi,  et  avoec  chou  Adam,  le  fel  frère  Gillot  Ignoret,  et 
Symon,  de  Cambray,  demorant  au  grand]  Markiet  à  Arras, 
et  dist  que  telle  vie  avoient  mené  IIII  ans,  et  que  li  drap 
sanguin  furent  emblés  à  Estier  Pegnies  de  là  Douay. 

Le  samedi  i^^  jour  de  novembre  1321. 

Margos  as  Paclettes,  justiciée  le  samcdi^après'ce  venredi 
cornent  fu  fait  ensi  ke  deseure,  est  dit  et  descoupa  [dénonça) 
se  mère  et  tous  les  autres  deseure  nomes  encoupa  ensi  ke 
deseure  est  dit,  avoec  chou  encusa  le  clcrt  de  Bouvinne  et 
Eraclot.  sen  aquoinlc.  de  larencins^  et  [d'être)  de  le^  com- 
pagnie. 


—  G6  — 
Le  vendredi  16*  jotcr  de  janvier  1322. 

Gillos  Ci'okes  fil  justiclé  et  pendu  pour  plusieurs  laren- 
cîiins  quil  fist  en  no  cyté,  XVI*  jour  de  janvier. 

Cest  li  Gehinc  Colin  Wasteblet,  il  embla  une  espée  de  un 
varlet  qui  se  dorraoit  au  raoustier  Notre-Dame.  Il  fust  com- 
pains  {en  compagnie)  en  Bourgongne  à  pluseurs  compagnons 
larons  et  partisoit  à  leur  larcncins  et  en  vivoit.  II  copa  un 
varlet  les  dois  dérièrc  le  Val,  Il  dist  quil  ne  fist  oncquesbien. 
Il  et  Colins  Waudele  etHelines,  de  Condet,  roubérent  {volè- 
rent)^ sous  le  pont  Apont,  un  escuier  de  Ilagnau  de  nuit  de 
X  livres,  sen  eut  chascun  se  part.,..  Et  sa  emblé  moût  de 
poulais.  11  copa  une  siéne  aquointe  ;  i  dist  pour  chou  quelle 
avoitesté  avoeck  un  autre  hourier  [malfaiteur) 

Le  mardi  de  Pâques  i  322. 

C'est  li  confcscions  Jehan,  dou  3Iont  de  dales  St-Omer, 
justicié  en  le  justice  S.  Martin,  àEsplecin,le  mardi  eu  Pas- 
keres  l'an  M.  CCC.  et  XXII.  Premier  dist  quil  avoit  este 
avoecTuraasdeRikebonne,  à  pluzeurs,  larencins,  faites  viers 
Ilaidin  et  alleurs.  Et  vinrent  avoec  li  pluseurs  mœurdreses 

[assassins)  et  léres Jehans,  de  Fruzes,  et  Ilellneys   de 

Tierouane,  Colins,  de  le  porte  de  Rely,  Hanechins,  de  Ribe- 
mont,  et  Mannes,  de  Dourlens,  Hcuvines  li  cornus,  de  Bie- 
tunc.  Galas.  Pieronielc,  née  en   le  Roke,  est  coutumicre  de 

cmbler,  et  Magnons,  de  Leucheu,  aussi Géncraument  il 

dist  de  tous,  houricrs  et  houricres,  il  en  ia  pau  ou  nul  boin 
{il  n'y  en  a  que  peu  ou  aucun  bons) . 

Jehans  Castiaus  fast  arricstet  à  Tournai  pour  Baudet,  le 
seure de  Bossu,  liquels  fu  mourdrispar  ledit  Jehan,  par  Lotin 
Fraim  et  Watclet  du  Moulin....  Item  dist  que  Jacke  de 
Maude  et  Adrycns   de  Wanomprct   sont  accoutumés   des 


—  67  — 

boincs  gens  faire  semonce  (molester)  qui  nient  ne  leur  dé- 
voient et  ne  povoicnt  avoir  leur  pais,  à  caus  s'il  ne  leur  don- 
noient  de  leur  argent  maugret  {malgré)  caus,  et  cnsi  les  ten- 
soicnt.  Item  dist  que  Adrycns  Wanonjtré  et  Jacke  de  Maudc 
savoicnt  tous  les  mcsfais  que  on  faisoit  au  pays  et  plus  mau- 
vois  que  nuls  autres.  Item  dist  que  li  Caslclains  savoit  tous 

les  meffais,  mes  il  ne  ozoit  parler Item  dist  que  Mikèles, 

li  carpcnlierdou  Bruile,  tua  un  frère  bastard  de  Cerf  de  Bui- 
sencourt.  dont  Gérard  eut  de  Castiel  IX  livres  tournois  et  II 
mauvoispattarts,  et  ont  bien  de  ce  fait  levet  C  et  C  livres  t. 
Item  dist  que  Jacke  Moutons  rechut  de  le  partie  de  deus 
pour  lafTolure  [blessure)  Tiulct  C  livres. 

A  cet  mcsme  jour  fu  justicié  Jehans  le  Borgne,  dist  Wes. 
(//)  dist  à  le  mort  qu'il  avoit  esté  houriers...  Ite  Magnons, 
li  linière  de  Cambray,  est  escoveresse  de  bourses.  Item  Jc- 
bans  d'Antoing  est  enfuis  à  Amiens.  Item  Jebans  Kërious  le 
varlct  Géry  le  Cornut.  Item  Lotins  et  Laudes  Mairians  sount 
mauvais  larons,  li  piere  [pire)  qu'on  puist  trovcr,  etc.,  etc. 

Le  mercredi  après  le  dimanclie  de  Quasimodo  1522. 

Adryens  de  Wanomprct  fu  justicié  ,  traîné  et  pendu 
mercredy  après  le  Quasimodo  pour  pluseurs  fais  qu'il  avoit 
fait  et  convint  qu'il  avoit  un  homme  occis. 

Le  lundi  iO'^  jour  de  tnai  1522. 

Jehans  Ilanebiers,  de  Cambray,  fms  Ernoul  le  Cruvelier, 
qui  fu  justicié  lundi,  X*  jour  en  may,  lan  M.  CGC.  XXII, 
pour  larcnchins  à  Tournay,  à  Cambrai,  à  Valenciennes,  à 
Lille,  à  Arras, et  prendoit  là  (ow)  il  pooit. 

Lan  M.  CGC.  XXII,  fu  justicice  Katelinc,  de  Tongre, 


—  68  — 

quon  dibt  li  haute  feme  pour  plusieurs  vols  et  complicité. 
Item  dist  que  Lotins  Brunekins  est  trop  mauvais  plus  que 
tout  li  autres,  et  est  Kateline,  fille  Renier,  du  juré  de  Ton- 
gre,  suer  {sœur  de)  Juliane  le  Ghisterlette,  liquelle  Katel  fu 
à  un  homme  mourdrir  devers  Guize  douquel  lidite  Agnite 
Brunekin  porta  le  tieste  [la  tête)  deux  liues  lonc.  Si  fu  Jeha- 
nette  dou  Gardin,  qui  est  au  carkan,  et  Magnons  dou  Gar- 
din,  si  comme  elle  le  cognut,  et  furent  leur  hourier  adont 
deffait  {mis  à  mort)  pour  ce  fait  et  leur  hostes  ausi,  etc. 

Le  vendredi  9«  jour  de  juillet  1322. 

Andrines  de  Rogier,  cile  {celui)  qui  fu  justicié  venredi  IX* 
jour  en  jule  lan  M.  CGC.  XXII,  acuza  Johannet  Wangne 
Cauch. 

Le  lundi  24«  jour  de  septembre  1322. 

Lundi,  nuit  St  Mahiu,  furent  justiciés  Johaneta  Coukeline, 
d'Arras,  et  Sainte,  de  Lille,  pour  larenchins  ; 

Bone,  de  Lille,  amie  Jehans  Broussart,  de  Robais,  fu  jus- 
ticié le  jour  St  Mahieu,  et  accusa  Baude  Win  Daupret,  Dau- 
dcnarde,  et  prit  seur  same  que  cil  Baude  li  aporta  toute 
cette  matière  dont  on  devoit  faire  le  fausse  monnoie. 

Le  mardi  27*  jour  de  décembre  1322. 

Trions  Ansiaus,  dou  Rues,  qui  fu  justicié  mardi  XXVII' 
jour  en  décembre,  dist  à  le  mort  qu'il  fit  partie  d'une  com- 
pagnie de  coupeurs  de  bourses  et  de  faux  monoyeurs.  Il 
avoit  été  acusé  à  Valenchiene  par  deux  homes  qui  furent 
justiciés 

Le  vendredi  7^  jour  de  janvier  1323. 
Boussars,  fius  Gradclos,  de  Roubaix,  boulis  vcnrcdi  VII'" 


—  Gt)  — 

jour  de  janvier  l'an  XXII,  fu  justicic  pour  faire  fausse  mo- 
noie.  Et  dis  que  Baudcs  dou  Prêta  demeure  dalcs  {près  de) 
Audcnardc  et  est  cognissance  au  bailly  de  Palmes  (Pamèle) 
et  à  sen  fil,  liqucs  {lequel)  bailly  et  ses  fius  se  meslent  aussi 
de  fausse  monoie,  si  que  il  a  oit  dire  et  chius  Baudcs  dou 
Prêt  arrondissoit  le  laiton.  Item  Mikiel,  de  Trassicclcs,  sen 
mêleaussi.ItemWillcms,  deGruisons,  foulons,  demoransen 
le  rue  devant  les  Pourcelets,  de  la  Escaut,  fait  le  raonnoie. 
Item  Pierre  Boudicl,  demorant  en  le  rue  Caudicl  {Codiau), 
en  est  rcnomé  aussi  — 

Le  mardy '^0  janvier  1325. 

Pières  Blokiaus,  de  Lille,  justicié  mardi  devant  le  S'- 
Vinkant,  dist  que  Jean,  dou  nucf-hostel  de  Bruges,  vies 
{vieux)  wariers  (1)  est  de  tous  cas  li  pires  quil  sacc{sache)  et 
Bette  de  le  Cressonnière,  de  Gand,  et  Grièle,  se  compagnesse  et 
larouesse,  et  Baudes,  de  Nueve  Glize,  Polckins,  dcWalliens, 
et  Estievenars,  ses  compains,  Bicrton  de  Guelingh  sont  tout 
laron. 

Le  mercredi  22^  jour  de  janvier  1523. 

Laurins  de  Balluet,  justicié  le  merkedi  XII^  jour  de  j en- 
vier dist  que  Hanins,  de  nuef-liostcl,  Brunhoghe,  Scgars  Van 
Lubeke  van  Dutsèlc  qui  est  rous  et  a  une  plaie  au  front,  nés 
à  St-Liénart  ou  à  Zcvelinghc,  a  cesti  mis  là  où  il  est  et  fu- 
rent pendus  en  divers  liusà  Lille  et  alleurs.... 


(1)  Viés-warier ,  marchand    d'objels  vieux,  principulemenl  de 
vieux  vôlements. 

9. 


—  70  — 
Le  vendredi  ^ù*  jour  de  mai   1323. 

Jehan  Gosses,  dis  Pestillons,  fu  justicié  à  Tournay,  traîné 
et  puis  pendus  pour  rouberies  qu'il  fist  en  kemin  avoec 
Macelin,  deThorout,  etJohanetdeAmerin,  dit  Valet,  liquels 
eonnurent  que  ils  dou  {eux  deux)  sen  aloient  par  devers  le 
bos  de  Verderiel  sest  [chez)  le  seigneur  Dolehain ,  encontrè- 
rent  un  home  qui  deux  kevaus  menoit  et  se  traioient  vers 
cet  home,  et  en  ce  moment  virent  venir  Jehanet  le  normant 
Colier  qui  aportoit  h  sen  col  un  fardiel  de  dras,  lequel  ils 
prisent  et  ariestèrent  et  donc  le  menèrent  au  bois,  le  loiè- 
rent  ses  mains  derière  dune  cordiele  [corde)  et  dezous  les 
gambes  aussi  liquel  warda  ledit  Colier  au  bos  toutloyes  dont 
bien  II  heures  en  le  nuit  et  fu  le  jœsdi  V«  jour  de  may.  Li- 
quels drap  dereubés  furent  délivres  à  Roberte  Makericl,  de 
Aires ,  pour  caution.  Fait  le  XXIII*  jour  de  may. 

Le  vendredi  3^  jour  de  juin  1323. 

Rogeles  Castagne,  justicié  venredi  tierce  jour  de  Gies- 
kerck  lan  M.  CCC.  XXIII,  dist  quil  et  Hankins  Castagne,  se 
frère,  que  il  fist  aler  avoeck  lui  par  force,  suivirent  le  car  des 
Nonains  dou  Sauchoit  et  prinst  le  fardiel  sour  [sur]  le  car 
et  ses  frères  leur  porta  à  le  mazon  Magne  Godefroidc,  ae- 
quointe  ledit  Rogeles.  Item  dist  quil  copa  les  toursaires 
[courroies)  dune  maie  et  y  avoit  un  tricot  de  Velaton  et  fu 

li  trecos  pendu  au  Valelon  par  Bibot  Castagne Item  re- 

cogneut  quil  copa  le  maie  le  feme  Pieron  le  bourgeois  en  le 
rue  dou  Fossct 

(Vient  ensuite  une  liste  des  noms  de  seize  malfaiteurs 
justiciés  à  Raysmes). 


—  71   — 
Le  mercredi  24*  jour  de  juin  1325. 

C'est  le  jchine  Hanin  Cosse,  justiciet  le  nuit  S.  Jean  pour 
reuberies  de  VI*muis  de  bled  cl   de  IV  paires  de  coutiaus. 

Pieres  Ogier,  justicié  le  1G«  jour  de  Gieskerck  fu  pendu 
et  traîné  pour  plusieurs  tenserics. 

Le  vendredi  8«  jour  de  juillet  1 323. 

Amandins  li  dins  fu  justicié  venredi  VIII*  jour  de  julc. 
Le  i6^  jour  d'Août  1323. 

Lotins  Cambes,  justicié  mardi  16*  jour  daoust  dist  quil 
navra  {blessa)  le  Sage  par  les  X  sols  quil  avoit  eu  de  li  sans 
raison.  Item  dist  quil  délivra  son  frère  de  le  prizon  monsei- 
gneur Jehan,  de  Landas,  et  quon  ne  fist  riens  pour  les  lettres 
de  le  ville  et  dist  que  vous  iestes  (êtes)  trop  mol  et  que  vous 
naves  nul  ami  huers  (hors)  de  vos  justice  et  se  vos  ni  métes 
remède  et  reprendres  vos  cauces ,  tout  li  chevaliers  de  chi 
entour  il  vont  avenir  vos  perderes  vos  ville,  et  se  vous  sou- 
veigne  de  Willems  Castagne,  etc. 

Le  mercredi  23*  jour  de  septembre  1523. 

Sandrckins  Quadhanins  fu  justicié  lan  M.  CCC.  XXIII, 
23*  jour  de  septembre  comme  larron. 

Le  jeudi  11*  jour  de  février  1524. 

Jake  Catins,  de  Douai,  fu  pendu  pour  une  jument  quil  em- 
bla  et  pour  IX  livres  tournois  quil  dcvoit  porter  à  monsei- 
gneur Sewalc,  gouverneur  de  Doua} .  Fait  le  Xl«jour  de 
février. 


—  72  — 
Le  vendredi  28«  jour  de  novembre  1324. 

Michaus  de  Cherizi'qui  fu  justicié  comme  raeurdrier, 
venredi  28«jour  de  novembre  lan  XXIV,  pour  deux  hommes 
quil  avoitmeurdri  et  deux  granges  arses  [brûlées). 

Item  lan  et  le  jour  dessusdits,  Wateles  Watrike  fu  pendu 
pour  larencins,  recogneut  quil  avoit  eu  au  mousticrS.  Xicol, 
au  Bruilc,  en  une  boistelette  trois  livres  tournois,  etc. 

Item  Jake,  noble  de  Lille,  qui  fu  pendu  à  ce  jour,  reconnu 
quil  avoit  emblé  le  ruewes  {rouet)  quon  trovat  à  se  mazon  et 
que  chou  qu'il  avoit  fait  cestoit  par  povretct. 

Le  vendredi  Tô*^  jour  de  mai  1523. 

Mehaus  le  Boie,  fille  Willaume  le  Bote,  de  Linsieles,  qui  fu 
justicié  venredi  2o  jours  en  may,  comme  coupeuse  de 
bourses. 

Willaume  Bakerace  fu  justicié  de  traîner  et  de  pendre 
pour  Willam  Pike,  qu'il  ocist,  et  furent  avoeck  luy  Jehan 
W^etainck  et  doys  {deux)  autres.  Fait  le  venredi  devant  le 
procession. 

Item  à  cel  jour  fu  pendu  Jehan  Coisiaus,  Darras,  pour 
larenchin. 

Le  dimenche  après  suiwant,  fu  justicié  Abrcham  Ture- 
mant,  de  Bruge,  pour  un  home  quil  ocist  as  Nonains  as  Prés 
[l'abbaye  des  Prés)  de  un  coutiel  à  pointe. 

Le  mardi  2a  de  juin  1525. 

Jehan,  li  moniers,  quon  distKocars,  qui  fu  justicié  mardi 
2o«jour  de  jun  lan  M.  CGC.  XXV,   cognust  à  le  mort  quil 


—  73  — 

cstoit  bani  de  le   ticre  le  castelain  de  Lille.  (//  avait  fait 
partie  (V une  bande  de  voleurs  el  d'assassins.) 

Le  jeudi  20  août  1525. 

Godefrois,  brizetieste,  Colins 3Iaubriaus,  de Lombisc,  Jehan 
Renaus,  de  Sencffe,  Jake,  deFleurin,  tous  cisl  quatre  furent 
justichics  de  traîner  et  pendre  le  nuit  S'-ChrystofTc  pour 
coup  quil  ravirent  en  léglize  Notre-Dame  de  Tournay,  Wil- 
lem Mainsent,  lequel  il  férircnt  de  coutiaus  et  despées  et  le 
lessièrent  pour  mort  dou  devant  lâtrc.  et  puis  rentrèrent  en 
léglise.  Lequel  par  linformation  que  li  ballius,  le  trésorier 
fist  avoec  les  hommes  dou  dit  trésorier  trouvèrent  que  en 
le  dite  église  pluseurs  furent  ensi  de  coutiaus  férus  en  plu- 
scurs  lius  [endroits]  et  lessiés  pour  mort.  Furent  restamlit 
(l'emis)  eu  le  main  des  prévos  et  des  jurés. 

{Le  registre  de  la  loi  revient  six  pages  plus  loin  sur  cette 
condamnation  et  le  jugement  développé  sur  une  page  à  deux 
colonnes  explique  que  les  coupables  avaient  été  saisis  hors  de 
l'église  et  qu'ils  avaient  commis  leur  crime  devant  Vâtredu 
temple  et  ceci  pour  prouver  qu'ils  n'avoient  pas  outrepassé  la 
juridiction  laïque). 

Lejeudi^d  du  mois  d'août  1525. 

Lan  M.  CGC.  XXV,  jucsdi  jour  St-Jean  décollé,  fu  justicié 
de  pendre  Jehan  deBuimont,  de  Berncmicourt  dalesHesdin, 
pour  grand  pleute  de  hokelcries  (1)  de  grand  sômes  de  divers 
quil  a  eu  de  plusieurs  manières  de  gens,  lesquels  il  fasoit 


(i)  ^oquelleux,hocquelleur,^ro^^ipmv:ivliç\l.  Diction,  roman,  etc. 


—   74  — 

entendre  quil  savoit  faire  or  dorfévrie  et  argent  et  il  n'en 
savoit  rien  faire,  se  recogneut  à  le  mort  quil  avoit  eut  par 
telle  voie  de  Loeys,  de  Willerval,  canone  de  Namur,  grant 
sommes  de  florins....  Et  puis  dit-il  au  gibet  que  li  florins 
qui  estoient  en  le  halle  furent  des  florins  le  prieus  de  l'hos- 
pital  St-Jeande  Toul,  et  bien  voudroit  que  il  les  reuist(recOM 
vrit),  etc. 

Jehan  ^Yarniers,  carpentier,  père  à  Jehan  de  Buimont, 
dessus  nommet,  qui  fu  justiciés  juesdi  XII*  jour  de  aoust, 
comme  complice  des  méfaits  de  son  fils. 

Jehan  Desplanques,  dales  Douay,  fu  justicié  le  nuit  de 
Tous  Saints  et  rcconut  quil  embla,  à  Douay  ,  une  piel 
de  cordewan  (1),  et  reconnut  quil  embla  un  sourcot 
dhomc  et  à  Tournay  un  caperon  de  fème  fourée  de  gris  de- 
vant le  bielfroit. 

Le  d^  jour  de  décembre  1d2d. 

Jehan,  fins  (^/s)Tristeran,  de  Haudion,  quon  distdc  Bril- 
lon,  fu  justicié  de  traîner  et  de  pendre  IX'^  jour  de  décembre 
lan  XXV,  as  cause  quil  avoit  mourdrit  le  enfant  se  fème,  et 
dist  que  li  enfans  le  fuys  [suivit)  jusquau  grenier,  et  la  li 
dist  li  enfans  pluseurs  fois  (avant)  quil  fesit  le  fait  :  Jehan, 
aies  de  par  le  diaule  {diable),  et  Jehan  li  dist  :  tu  iras  encore 
avant  de  par  le  diaule,  et  dont  li  mist-il  une  touelle  entour 
le  col  et  li  torst  si  fort  quil  li  rompi  le  col,  et  quant  li  enfens 
fu  mors,  il  le  raporta  en  se  loge.  Il  avoua  en  outre  avoir 
commis  plusieurs  larcins. 


(I)  Cordoican, 'petit  cordon,   petite  ganse,   cordonnet.  Diction. 
roman. 


—  73  — 

Le  11  de  décembre  13:25. 

Sohcles,  de  Halu)'n,  fu  juslicié  de  ardoir  côme  sodomitcs 
le  4 1«  jour  de  décembre  lan  M.  CGC.  XXV,  et  rccogneut 
avoir  commis  tant  de  crimes  et  avec  tant  de  homes  qui! 
nen  savoit  le  nombre,  et  tele  vie  il  mena  passé  avoit  VIII 
ans,  etc. 

Le  Hia?Y/t  4  février  de  l'an  1326. 

Jehanes  Grigore,  qui  fu  justicië  mardi  4«  jour  en  février 
lan  M.  GGG.  XXVI,  dist  à  le  mort  que  Pières,  de  Fauquem- 
berghe,  cordewagnier,  estait  ses  compagnie  et  fu  au  hanape 
contre  le  mestre  embler  et  dist  li  dis  Johanes  quil  eut  le 
hanap  Dragonche  le  Lombart,  et  le  vendi  à  Pierart,  le  mie- 
roier,  12  gros.  Item  un  autre  hanap  dargent.  Item  dist  quil 
cmbla  le  platiel  de  argent  Marisen,  le  machon,  et  en  eut  II 
gros  audit  Pieron,  etc.  Et  dist  que  ii  vile  (ville)  est  maiie- 
ment  wardee  {mal  gardée)  de  tens  as  tens. 

Le  i2  février  IZ26. 

Lotins  Willokiaus  qui  fu  pendu  mardi  douzième  jours 
en  février  lan  XXV^  pour  le  reube  qui  fu  faite. 

Le  2  octobre  1326. 

C'est  le  jehine  Fiérin  qui  fu  justicié  à  Tournay  le  jour 
St-Remy,  lan  M.  GGG.  XXVI,  liqucl  Fiérins  cogneut  quil 
estoit  houriers,  et  quil  vivoit  deshonnctemcnt,  et  cstoit  son 
aquointe,  Estassine,  li  payelière,  et  juoit  de  des  {jouait  aux 
dés)  persetnon  pères,  et  cogneut  quilcopoit  bourses,  et  quil 
copa  2  bourses  le  jour  de  le  procession. 


—  76  — 
CONDAMNATIONS    A   MORT 

DANS    LA    VILLE    DE    TOURNAI  , 

extraîles  du  second  volume  des  registres  de  la  loi  :  depuis  Imi 
1327  jusqu'à  l'année  13.. 

Le  second  volume  des  registres  de  la  loi  renferme  les 
noms  des  magistrats  de  la  ville,  de  Tournai ,  de  ceux  qui 
avaient  acquis  le  droit  de  bourgeoisie  et  la  teneur  des  con- 
damnations. Comme  dans  le  volume  précédent,  on  rencon- 
tre d'abord  les  condamnations  les  plus  légères,  c'est-à-dire, 
à  de  simples  amendes  ainsi  spécifiées  :  criés  à  XX  sols,  puis 
à  XL,  à  L,  à  X  el  à  LX  livres,  à  C  marcs,  etc.  Viennent  ensuite 
les  bannis  à  I  an,  à  III  ans  et  à  toujours.  Enfin  les  condam- 
nations à  mort  qui  sont  ainsi  désignées  JEHINES. 

Le  ^^  jour  de  mai  de  l'an  1327. 

L'an  M  CCC  XXVII,  le  quint  jour  de  may,  fu  justichiés,  en 
no  cités  Vinchenes,  fins  Pieron,  dou  Frasnes,  de  trayncr  et 
de  pendre  pour  diverses  tenscrics  quil  avoit  fait,  et  pour  un 
meurdi'c  qu'il  fait  à  un  home,  lequel  il  affola  (1)  et  navra  de 
ses  bras  et  sans  cause  et  sans  raison,  et  après  qu'il  leut 


(1)  Affoler,  estropier.  Il  ne  faut  pas  confondre  affoler  avec  blesser. 
Les  anciennes  lois  punissaient  bien  plus  sévèrement  celui  qui  affole 
que  celui  qui  blesse.  Affoler  est  donc  casser  ou  mutiler  un  membre, 
faire  quelque  pluie  incurable.  (Dictionnaire  roman,  wallon,  celtique 
et  tudesque  ,  par  un  béncdiolin  de  Sl-Vannes.) 


—  77  — 

affoIct,il  convint,  ledit  affolct,  vuidcr  le  pays  sur  quil  nozoit 
deraorcr  que  li  dis  Vinchencs  ne  le  tuast,  et  prouve  fu  quil 
tensa  (ra«ço«/ja)  un  homme,  quon  appiele  Gentil,  de  15 
gros,,,,  lequel  eonnu  à  le  mort  entre  les  autres  Jeliines 
quil  avoit  fait  plusieurs  malcfachons  et  en  compagnie  de 
gens  qui  juoicnt  de  faus  des,  c'est  à  savoir  :  Jakc-Doupont, 
Jehan  de  Espicrrcs,  Jehan,  fil  le  forme  Despière,  et  dist  quil 
doit  une  paire  de  sorles  {souliers  )  h  Jehan  Normans.  Item 
dist  quil  wagnoit  a  eascune  partie  de  chou  de  coy  il  vivoit 
et  dautres  avantages  quil  prendoit  as  gens  dou  pays.  Et  dist 
que  Jehan  Bulètes  li  doitLVI  gros,  à  payer  à  la  St-Remy,  et 
L  gros  h  leSt-Piere.  Item  dist  que  Jake,  dou  Marcs,  Jehan, 
de  Scmerpont,  Jake  Bonssears  hrissiércnt  Ihuis  {la  porte) 
Marien  Passettc  et  lefTorchiérent.  Item  dist  que  Jehans 
Alemans,  Jehan  dou  Tries  Biétremont,  eocké  {cuisinier),  rc- 
churent  par  le  main  Jehan  dou  Busch  cascuns  50  gros  pour 
manière  de  tencerie  de  Henri  Volckin,  de  Slonés,  et  50  gros 
rechurent  au  nom  dou  dit  Vinchénet  et  li  doit  li  dis  Ilenris 
que  li  dis  Venchénes  les  euwist  {eut)  rechus,  liquel  confiessa 
quil  ne  les  eut  et  pour  chou  quil  lavoient  acusé  as  le  caste- 
lain  de  Ilelcin,  liquels  castelin  et  ses  gens  ont  {dans)  tout  le 
pays  reuhet  [volé). 

Le  20  de  mai  Van  i  527. 

L'an  1527,  le  20*  jour  de  may,  fu  justicié  Henri  Scou- 
tête,  deZest,  et  dist  quil  eut  les  40  liv.  10  s.  parisis  des- 
trellis.  Item  quil  eut,  en  Norweghe,  6  1.  de  gros.  Item  quil 
prist  le  keval  et  l'enmena  contre  la  volonté  dou  markant. 
Item  il  alla  es  Hanehaus  pour  avoir  lavoir  dou  markant  et 
pour  brisier  ses  cscrins.  Item  il  embla  le  waidccorps  {cein- 
ture de  cuir)  dou  courier  de  Bruges  etmist  le  sien  en  ce  lieu; 
li  6  1.  de  gros  furent  {étaient  à)  sen  nevcut,  le  frère  Albert 

10. 


—   78  — 

Rebblc,  de  Zest,  ij  1.  de  Coulognc.  Itrni  il  acata  (achela) 
des  16  1.  et  demie  dcslrellies  le  cote  haidic  qu'il  a  veslie 
et  fust  aies  de  la  mer  el  en  Cippre  VIU  joui*s.  Item  dist  qull 

esîoit   fius  Henri   Scontêle  et  (de)  Xypryene,  se  fcrae 

Item  prist  un  hannp  d'argent  à  ce  ville,  qui  fu  au  drui  Dalst 
et  fu  vendu  6  florences.  Item  il  embla  un  hanap  d'argent  à 
Alst,  dalcs  Coulogne,et  fu  vendu  2  1.  de  gros...  Item  il  em- 
bla à  son  nicslrc  froumagcs.  Item  il  emporta  deMaldengliem 
un  surcot  quil  eut  par  nuit  à  le  maison  dune  darae.  liera 
dist  que  partout  là  il  embiait,  ce»toil  pour  France,  que  en 
avoit  en  lui,  et  plusieurs  autres  coses  moult  vilaines.  11 
cogneut  quil  embla  dont  il  na  point  de  mémoire.  Item  dist 
quil  lui  plaisoil  que  Willaume,  compagnon,  euist  le  keval 
de  Paris  si  avant  quil  poroit  estendrc  pour  sen  despcns  et 
por  sen  damage  cl  le  mettoit  sur  les  jurés. 

Le  jeudi  27  d'août  15"27. 

Wicardins  Ma'ziaus  fu  pris  comme  banis  à  tous  jours,  27 
jours  en  aoust  l'an  XXVII,  et  dist  que  Maucors ,  Cynemons, 
Blantes  et  Pantins,  sergens,  sont  ascoustumés  des  banis  et 
banies  détenir  par  devers  eaus  et  de  aus  délivrer  parmi  (powr) 
argent  sans  amener  en  le  prizon  de  le  ville. 

Item  dist  qucBillons,  dou  Cellier,  et  Courcelois,  ses  amis, 
furent  hourier,  et  pour  cbou  que  Magnone,  surnommée 
Goirgate,  fdle  d'une  féme  qui  maint  à  Arras ,  avoit  cseous 
{volé)  une  bourse  à  5  1.  de  gros  ens  (1),  quelle  devait  apor- 
ter  au  dit  Wicardins  et  elle  les  porta  à  Courcelois  et  jiour 
chou  Courcelois  le  hait,  et  tondis  (2)  a  pris  pour  caehietse 


(1)  Ens  pour  ensy,  là,  en  ca  lieu. 

(2)  Toudis,  toujours;  toiâ  die. 


—  79  — 

jji'isc,  cette  Magiion  ki  scet  si  bien  wardcr  que  chascun  li 
voet  avoir. 

Item  (list  que  Magnons  Buselière  est  une  houre  [voleuse], 
(luifutà  Quinte  Watclct,  le  miczici',  et  ores  [présentement) 
à  Lotin,  li  bagneur,  scct  bien  escourre  bourses  et  en  a  plu- 
sieurs cseoussés. 

Item  Marges,  de  Sebourg.  itéra  Magnons,  de  Maukcvillc. 
Item  3Iaroic  Puccictte,  li  clope  [boiteuse] ^^m'ie  Blankart,  est 
aussi  escouresse  de  bourses  et  tlonent  largent  à  leur 
aquointes. 

Item  dist  que  Colins  au  lait  est  uns  grand  hobelères 
(trompeur)  de  compagnons.  —  Item  dist  que  Jakcs,  li  fores- 
tier, a  une  amie,  quon  apièle  Hanette,deCondet,{et  est  forte 
laronesse  et  vient  chascun  an  à  le  procession  Notre-Dame,  et 
li  copeur  et  escouresse  de  bourses  raportet  audit  Jake  et  à 
saquointe  leur  larencin. 

Item  dist  que  Wateles,  li  raiesiers,  et  Ilanckin,  de  Bréda, 
le  cognoissent,  tous  houriers  et  houres  et  laronesses  et  es- 
courcsses  de  bourses. 

Item  dist  que  Magnons,  qui  se  nome  Gargate,  qui  est  si 
boine  wagneressc,  a  estet  amie  audit  Wicardin,  à  le  pro- 
cession ara  un  an,  mais  il  neust  onqucs  dargent  quelle  cscou- 
sist  qui  vausist  plus  de  XX  s. 

Item  dist  quil  eut  de  Margot,  de  Sebourcb,  un  florin  de 
florctte  ({ui  fut  cscous  [volé). 

Et  dist  quil  tua  à  main  [de  sa  main]  Hanekio,  li  coul^^lier 
de  Lille. 

Le janvier  1328. 

Ernous,  de  Bruel,  fii  pendu  l'an  M.  CGC.  XXVII,  pour 
cskiesdcfilctqucMaroic,  de  Cysoing,  clUsa])iaus,  de  Paris, 
quon  dist  J)escarna\-,  Icurapjxuloit,  et  elles  les  embioicnl  à 


—  80  — 

divers  drapiers,  et  ledis  Enous  les  acatait  et  en  acata  grant 
pleute,  scn  paia  à  ces  deux  femcs  dessus  dites  à  cascune 
XXX  s.,  et  quant  fu  pleute,  en  acata  à  elles.  Item  connut 
que  se  feme  est  une  maize  feme  et  quelle  se  melloit  de  fausse 
monoie  et  de  monnoie  faire  tailler,  et  alloer  et  dist  que 
se  feme  le  fait  morir,  car  cest  11  plus  convoiteuse  feme  dou 
monde,  et  dist  que  CassarsFierinsrecoppa'  à  se  mazon  quand 
fut  pleute  de  blanques  mailles. 

Item  dist  Ernous  que  se  mèreavoit  uzet  de  lonc  temps  de 
acater  tels  larencins,  et  por  se  mère  se  mist  à  acater  tels 
larencins. 

Colars  Reniaus  dist  que  il  et  Lotins  Descameng,  Jehans^ 
del  Aunoit,  et  Marges  Yiellarde  emblèrent  les  cozes  à  le 
cistoleur  et  en  vendirent  à  Lille  {partie  et  en  rendirent) 
partie  au  prieste  des  caufour  pour  rendre  au  cistoleur.  Et 
Lotins  Descarmeng  a  le  capron  par  devers  lui  et  seniporlat 
{s'empara)  li  dis  Lotins  du  larcncin  une  païele  à  sen 
col,  et  ce  fu  Lotins  Descarmeng  [qui)  a  emble  les  cozes 
Ilanettc  Façon. 

Abraham  fut  pendu  pour  argent  qui  emblé  fu  [où)  dont  il 
eut  part. 

Un  varlet  de  Ilainaut  fu  pendu  pour  un  tor  qu'il  embla. 

Le  ZOjuin  1328. 

Pieter,  deZomerghien,  qui  warde  le'prison  à  Bruges,  reco- 
neut  devant  Pieron  Boivin  quil  avoit  tout  rémérit  à  Lames- 
sin  Tolenare  chou  quil  li  avoit  esté  son  kuvet  à  lentrée  de 
Bruges.  Et  dist  li  commilés  de  Bruges  que  il  fu  à  tuer  le  dit 

Lamessin,  darain  jour  de  juing. 

Le  \''  jour  d'août  1328. 
Maroie  Cardue,   femme  Jean,  de   NocUc,  demorans  à  le 


—  81   — 

Tallepierc ,  fu  boulis  pour  fausse  malles  {maille),  qui  mains 
valoicntau  marck  79  s.  et  acusa  Sandraie,  de  Wiers,  quon 
dist  le  brun,  demorant  à  S'*-Katrine,  qui  les  dites  malles  li 
aporta  dussent  à  oj  1.,  et  acusa  Jehan  Fierin  et  scn  frère, 
et  bien  savoit  li  feme  Sandrart,  quelle  estoit  fausse,  car 
celle  Maroie  li  reporta,  et  cil  Sand.'.irt  et  se  feme  li  disent  : 
reportes  les  se  les  aloiiés  se  vos  poes.  Fait  le  jojr  St-Pierre, 
en  temps  daoust.  Et  dist  que  Colars,  de  Court, Ibatercs  à  lar- 
kes,  aloit  à  le  fausse  monoie  à  Ywuy  avoec  le  dit  Sandrart. 

Le  ^'^jour  cVaoùt  4328. 

Jchans,  dou  Mes,  fu  traîné  et  puis  pendu  pour  diverses 
tenseries  quil  avoit  faites  à  Lens  et  au  pays  environ,  et  fu 
accuzé  quil  fu  à  mourdrir  un  home  ens  un  bos.  De  coi  il  y 
eut  un  home  traîné  et  pendu  dales  Thuin  et  un  à  Biaukes- 
nes.  Fait  V^  jour  daoust  l'an  1328. 

Le  mercredi  50  septembre  1329. 

Jehines,  depuis  le  jour  de  mercredi  devant  le  St-Remi, 
lan  M.  CGC.  XXIX. 

Baudewins  Delhond,  Laurcns,  fils  Lisse,  de  Bruges,  au 
mercredi  dessus  dit,  furent  justiciés  de  traîner  et  de  pendre. 
Si  confessa  et  recogncut  que  quant  li  bouchier  de  Bruges 
ouvrirent  les  portes  de  Bruges  à  cheaus  [ceux)  dou  Francq, 
que  il  y  fu.  Et  fu  avoec  li  Kieveraine  de  caus  Jehan  Pinthe, 
Jehans  de  AN^ert.  Et  le  lundi  après  fu  tué  saint  Lambert 
Telenare,  ses  fils,  en  sen  hôtel  et  plusieurs  autres  dusquc 
{jusqu'à)  à  VI  personnes,  en  celui  jour,  et  uns  mécréans 
Descochc.  Et  y  fu  li  dis  Laurcns,  allans  et  vcnans,  a  dis  de- 
puis ce  fait  avoech  cheaus  qui  chez  fais  ûzcnt  (firent)  qI  W 
mêmes  fu  as  fais. 


—   8'5    — 


Item  tlist  qiiil  et  si  compagnons  XVIÏ...  eurent  de  ErnoJ, 
de  Lanoit,  XX  malles  d'or. 

Item  eut-il  deChyprien  Poteri  XXV  1.  de  le  raonoie  de 
Flandres,  pour  le  doucana  quil  avoil  dou  dit  Leurens.  Car  il 
dist  que  li  dis  Leurens  fu  envoyé  à  riche  amatour  (armateur) 
par  le  consel  dou  dist  Chyprien  et  avoech  chou  fi  li  dis 
Poteries  en  le  prizon  à  Bruges  pour  XIII  semaines. 

Item  dist  quil  eut  de  Marie  de  Bours  LX  sols  par  force  et 
pour  le  doute  {crainte)  quelle  avoit  de  lui. 

Item  dist  que  Jan  Adraé,  foulon,  est  li  racstre  reaeeres  de 
tous  chenus  et  se  mesle  de  le  foulenie  (félonie.) 

Item  dist  que  Jacke  Van  Veurne,  Coppin  Van  Veurne, 
Jehans  Van  Wert,  Henris  Van  den  Leppre,  Jehan  Van  den 
Pinere,  tout  tisserant,  sont  esmouveur  de  chemin  et  tout 
routeur. 

Item  dist  que  Watiers  Deskeluriet  féri  le  premier  cop  en 
Jaqucmon,  de  ïlorshuch,  et  furent  au  tuer  ledit  Jacqmon, 
Jehan  Roche,  Robert  Biercmport  et  Willem  Biercmport. 

Le  lundi  9  octobre  1529. 

C'est  li  confiession  et  li  jeliinc  ledit  Bauduin  Dehbond. 
Premiers  il  dist  que  il  eut  de  Jehan  Courtej^arde  IIII  î.  X  s. 
de  grosjpar  maîe  raison  (mauvaise.  7-aison). 

Item  dist  que  Jehans  Dassebrouch,  lijouene,  et  Bauduin, 
d  Geand,  foulon,  sont  routeur  {trieur  de  gramVroute). 

Item  dist  que  Cepins,  d'Ast,  et  Watiers,  de  Kest,  sont  aussi 
routeur  et  que  il  émuevent  les  autres  et  si  demeurent  main- 
tenant à  Alh  en  Braibant,  et  dist  par  sarmc  que  chuis  Copins 
tua  Clais  3icttrelct  cl  nient  (non)  Bauduins. 

Item  dist  (juil  et  Jack  Stnrme  cl  plusieurs  autres  étoient 
au  pont  le  Roy  à  Bruges,  et  dist  li  dis  Jake  as  (aux)  autres; 


—  85  ~ 

esse  l>oin  que  nous  allons  al  liostcl  Jehan  Waukicr  et  il^ 
disent  oyl  [oui)  et  puis  j  alèrcnt  li  dis  Bauduins,  Jake 
Stormc,  Pictrekis Daignait,  Claickins  de  Scarpic  et  plusieurs 
autres,  et  leustcnt  tuet  sil  Icuslcnt  trouvct  si  kil  dist,  et  y 
fu  Jake  Stormc  corne  Ilermans  ,  mes  sil  vosist  avoir  dit  as 
autres  ni  alons  nient  il  dist  quil  ni  fussent  nient  alct. 

Le  liaidi  M  décembre  1329. 

C'est  li  recognissance  Jehanet  le  Pcrcli,  de  Bleki,  qui  fu 
justichié  lundi  devant  le  S'"  Lusse  lan  XXIX. 

Il  embla  à  son  autain  II  paires  de  dras  melles,  I  pcii- 
chon  et  un  couvrctoir,  se  sont  cil  Avagés  {mis  engage)  à 
Valenchiencs  al  hostcl  de  Lombart  en  le  pissonierie  pour 
VI  florcltes. 

Item  il  embla  à  Osfon,  de  Bleki,  ses  armures,  se  sont  ?€s 
(celles)  places  à  Valenchienes  à  le  maison  dou  Lombart,  pour 
XV  s.  et  li  espées  est  au  bieffroit  de  Valenchiencs,  al  ostel 
de  un  fourbisseur  à  Valench.  pour  XXX  s.,  et  li  autre  har- 
nas  est  à  St-Amant,  à  un  userier  pour  XL  s. 

Item  embla  au  barquier,  Gilles  Caffart,  II  cotes.  —  Item 
à  de  Ilcries,  armure^  en  un  toniel. 

Item  à  Pieron  Lespagneul  VI  peires  (1)  de  lin. 

lîem  les  coscs  Jakes  de  Ileries,  et  navra  le  cousin  doudit 
Jakcs  scur  et  pour  ce  fait. 

Amelos  li  Renicre  de  Monsekovile  fu  jngié  à  enfouyr 
toute  vive  pour  larenchins  quelle  a  fait.  De  un  surcot  fourée 


(1)  Pière,  c'est  une  désignation  pondérique;  on  sen  servait  encore 
S  Tonrnai  avant  l'usage  des  poids  décinoaux.  La  pière  pouvait  valoir 
iviron  5  kilos. 


—  84  — 

et  une  cote  itout  (awsst),  de  1  drap  et  un  capron  dhome  et 
finant  dcsremine  {d'hermine)  pour  celui  qui  cestoit,  et  fist  ven- 
lefoururedou  sourcot,  duquel  eu  XV  gi'os  et  un  cscohier. 
Et  embla  un  sach,  2  kemises  et  une  couche  à  un  tienlier,  et 
dist  que  Margos  au  Trau  aida  à  boire  et  despendre  les  cozes. 
Et  dist  que  Huars,  devers  Lille,  foueres  de  fosses  despendoit 
et  autre  aussi  quelle  ne  conoist  mye. 

'       Le  lundi  1  o  de  mai  {  329. 

Jehanes  Bridoules,  de  Valcncliienes,  fu  juslicié  de  trayner 
et  de  pendre  lundi  XV«  jour  de  may,  Tan  XXIX.  Liqucls 
cognent  qu'il  ocist  [lua]  le  feme,  sen  oncle,  pour  cliau  quelle 
ne  livoloit  doncr  dou  fieu. 

Item  dist  quil  et  ses  compagnons  furent  en  un  moustier 
St-Nicolay  ,  à  Valenchiene,  et  là  brisiércnt-il  le  cybole 
[ciboire),  où  Corpus  dudit  estoit,  et  cognent  qu'il  fust  une 
des  persones  au  dist  [vol  du)  cybole  et  le  migna  au  vin. 

Item  il  dist  que  Jclians  Sarazins,  ses  cousins,  fius  de  sen 
dit  oncle,  sa  savoit  bien  meller  de  fausse  monoie  et  ce  scet 
il  par  ce  qu'il  la  oit  dire  (à)  le  feme  at  Jchanct  Sarazin,  et 
dist  encore  que  li  dis  Jehanes  et  un  homes,  qu'on  appiellc 
Fussiaus,  furent  en  Normandie  et  acalèrent  IIII"1.  de  toile 
et  payèrent  à  l'hostesse  de  fausses  raonoies,  et  quant  li  hos- 
tesse  sen  apperçut  elle  en  parla.  Ces  homes  monoyeurs  cest 
assavoir  :  Willem  Degrave  et  Willaumes  Magiers,  dirent  à 
le  dame  :  «  Soufres-vous,  on  vos  fera  li  monoie  boine  »  , 
lequel  coze  il  firent. 

Le  dimanche  ^S'jour  de  mai  \  529. 

Jehanes  de  Gaureng,  li  Mouleke,  fu  justicic  diemanche 
XXVIII^  jour  de  may  l'an  M.  CGC.  XXIX,  de  trayner  et  de 


—  »;)  — 

pendre  pour  chou  quil  mist  à  mort  de  1   coutiel  à  pointe 
dedens  no  justice,  Jehan  le  Porkier,  mounier. 

Le  lundi  {0^  jour  de  juillet  1329. 

Jake  de  Ghérissart,  de  Mortagnc ,  fu  frayné  et  pendu,  le 
X«jour  de  jule,  pour  le  fille  Jehan  le  Clauctcur,  ravir  et 
emmener  par  nuit,  et  se  le  ramena  quant  il  eut  fait  se 
volonté. 

Lendemain  de  le  St-Mahieu,  fu  justicié  de  trayner  et  de 
pendre  Mikius  dou  Puch ,  Dyppre,  et  recognut  quil  tua 
Baudwin,  Dippre,  de  \  coutiel  pour  çou  quil  le  rua  (  jeta) 
de  sen  apas. 

Item  dist  que  quant  il  demoraà  Bourdiaus,  Dries,  de 
Maldenghem,  et  plusieurs  autres  li  portaient  pleute  dargent 
pour  le  doute  de  leurs  cors. 

Item  dist  que  Luears  de  Beirs,  Normans,  et  Blondiaus, 
Davesnes,  sont  meurdreurs  et  ont  plusieurs  gens  tués  pour 
argent,  lesquels  il  aidoit  à  despendre. 

Item  dist  que  Bernard,  dit  Pié-de-Soile,  Dypre,  et  il  [lui) 
eurent  XV  Ib.  par  forche  de  un  marécau  [maréchal). 

Ilem  dist  que  Willem,  de  Marselaer ,  et  Jehan ,  ses  frères, 
li  disent  [lui  dirent)  que  s'il  voloit  revenir  à  Ypres,  ce  [il)  se- 
roit  un  grand  sire. 

Item  dist  quil  a  de  plusieurs  gens  Dypres  eu  pleute  dar- 
gent, dont  na  rien  rendu  et  chou  [cela)  pour  doute  [crainte) 
de  lui. 

Item  dist  que  Bovin  Brun  et  Pierre  de  Reske  furent  à 
Tournay  en  ccste  procession  pour  querre  [chercher)  gens  dou 
commun  pour  csmouvoir  [ameuter)  le  commune  Dyppre  et 
tos  leur  compaignons  sont  à  Ath. 

Item  dist  que  Ghiselle  Criel  et  il  [lui)  curent  XX  Ib.  de 
uns  lîôme  par  doute  quil  avoit  de  caus  [eux). 

Item  dist  que  Jehans  Biekes  et  plusieurs  autres  qui  sunt 

11 


—  8G  — 

oultrc  Sùmc  [Somme)  jcucnl  (jouenl  avec)  de  faus  des  et 
vingt  davantage. 

Item  dist  que  Jehans  PaJcskilli  requist  quil  vosist  (a//ôf) 
jcstier  {persuader)  ses  companions  de  mourdrir  un  homme 
pour  le  sien  (  son  bien). 

Item  tua  il,  à  Cheik,  Jakuc  dou  Casticl. 

Le  vendredi  26  de  janvier  \  ôôO. 

Jehans  Mouton  fu  justiciés  de  trayner  et  de  prendre  pour 
Willaume  Aerbicle,  doutre  Wasnes,  quil  fcri  par  nuit  de  un 
cotiel  (couteau)  douquel  copsil  traist  à  mort  {mourut).  Fait 
venredi  XXVI^  jour  de  janvier.  Il  congnut  (reconnut)  quil 
eut  de  Tumas,  le  couvreur,  une  bourse  de  XI  Ib. 

Item  à  Are  (^iVe?)  eut  un  hanap  d'argent  de  XX  gros,  et 
li  fdle  dou  bourgeois  Jean  de  Licques  aussi,  etfu  vendu  à 
St-Omer.  Item  II  pugniés  (bracelets)  d'argent  et  (les)  mist 
en  se  (son)  capiaus.  Ilem  (i7)  embla  lîï  capiaus  dor  lui  et 
Willem  Leleu,  et  furent  vendus  à  St-Omer  à  un  orfeuvrc,  V 
ans  (il  y)  a. 

Item  lorsque  le  Syre  se  bagnoit  (baignait),  il  prist  IIII  flo- 
rins, et  plusieurs  fois  il  embla  argent  à  sen  seigneur.  Item 
as  (cAez)  Maziaus  plusieurs  piécbes  (pièces)  de  vair  embla. 
Item  canes  (cruches)  de  vin  plusieurs  fois  se  le  buvoicnt  il  et 
deux  autres  tous  caut  (chaud). 

Itemli  fius  (fds)  doudis  Jehan,  une  cordicre  (ceinturon)^ 
une  touelle,  un  lavoir,  deux  aniaus  [anneaux)  et  une  lance 
dargent,  et  avoit  nom  li  fuis  Alars  de  Hernies  qui  moult 
désiroit  à  lavoir  de  son  père. 

Jehans,  li  Fouères  quon  dist,  fu  justicic  de  trainier  et  de 
pendre  pour  chou  quil  une  puclielette,  fille  Bauduin  Lemaire 
Despret,  ravi  desur  le  cauchie  et  lemmena  par  forche  en  un 
hostel,  puis  li  féri  de  un  coutiel  à  pointe  es  flanc  et  le  mist 
en  péril  de  mort.  Sour  chou  (là-dessus)  ncn  content  de  ces 


—  87  — 

cozcs,  il  par  fausse  coiivrctiire  pour  le  iloule  de  scn  corp 
qui  douloit  le  prize  {craignait  qu'on  le  prit),  il  cria  :  le  fu  ! 
le  fu  !  Pour  lesquels  faits  et  plusieurs  autres  il  fu  justiciés, 
ci  cumc  dessus  est  dit.  Fait  lan  M.  CGC.  et  XXX. 

Le  jeudi  28  d'avril  1 330. 

Lan  dessus  dit,  XXVIIPjour  davril,  fu  justicié  Gilles,  le 
Normans,  lius  Jean  de  le  Gauchie,  de  Amiens,  cl  fu  pendu 
pour  plusieurs  bourses  quil  coppa  au  markict  de  Tournay 
et  recogneut  quil  a  maintcnut  telc  vie  de  eoper  bourses  pas- 
set  a  VIII  ans  et  recogneut  quil  copa  le  bourse  Margen,  feme 
Jehan  Plicc,  et  avoit  eus  X  gros  IIII  mittcs  et  I  papeleu,  et 
recogneut  quil  copa  les  coutiaus  îlancken  Cliettc,  de  Puis- 
pais  {Pipaix).  Et  eogneut  que  puis  VIII  ans  il  a  plcute  de 
bourses  co]iées  à  Arras,  à  Cambray  à  Tournay  et  en  plu- 
seurs  autres  villes.  Item  eogneut  quil  copa  cuirs,  {il  y)  à  V  an 
au  Moustier  Nostre  Dame  à  Tournai,  dune  bourse  pour  le- 
quel il  fu  mis  au  pilorit,  et  finalement  il  dist  et  eogneut  puis 
{après)  quil  fu  confessé  que  li  couronne  quil  avoit  portée 
estoit  fausse  et  quil  avoit  usé  de  fausse  couronne. 

Enetons  du  Gardin,  de  Lilc,  qui  fu  justicié,  reeognut  î- ;; 
elle  embla  les  cozes  qui  furent  aporîées  devant  les  jurés  qui 
furent  Mahieu,  de  Gand,  et  che  {cela)  embla  elle  par  le  con- 
seil Johanet  du  Maiges,  seus  amies. 

Item  embla  à  le  maison  Jehan  Eerkin,  à  Avion,  Ih  elle  re- 
pairoil  et  gisoit  pour  argent,  une  paire  de  cauches  de  le  va- 
leur de  II  s.  et  une  paire  de  lincius  et  une  cloke  et  un 
eaperon. 

Item  à  le  maizon  Jehan  lïuelot,  là  (où)  elle  servoit,  elle 
embla  en  une  salière  VI  florins  roïaus  et  II  fl.  de  Florence,  et 
fu  devant  Paskc,  et  Jehan  dcl  Aunoit  li  aida  à  despendre 
{dépenser),  mes  il  ne  savoit  rien  si  ke  elle  dist. 

Item  prist  sui-  sen  amc  kc  clic  estoit  cncainte  quant  elle 


—  88  — 

fu  délivrée  por  les  coses  Mahieu  de  Gand,  et  sagut  à  Lilc  à  I 
hospital  vers  le  St-Jehan,  et  vesqui  ses  (son)  enfens  IX  jors. 

Jake  de  Ceelkerke,  de  Bruges,  qui  fu  justiciés  à  pendre, 
recognut  quil  estoit  dou  mestier  des  costuriers  de  dras  dont 
il  avoit  bien  en  tout  III  personnes  et  avoient  II  banies,  pour 
lesquels  il  se  assembloient  toutes  les  fois  quil  leur  plaisoit, 
fust  {soit)  contre  le  Roi,  fust  (soit)  contre  le  conte. 

Item  dist  ke  Claes  {Nicolas)  Poitevin  fu  tuer  Willame  de 
Coelkerke,  son  frère. 

Item  dist  ke  Clemens  Hopsome  est  modères  {meurtrier) 
de  plusos  {plusieurs)  persones,  à  savoir  dun  home  kon  appel- 
loit  Jehan  Bise,  foulon,  de  Bruges,  cui  (à  qui)  jambes  il 
coppa,  dont  il  moi'ut  et  en  eut  C  Ib.  pour  che  faire. 

Item  dist  ke  Ricoars  Rende,  de  Bruges,  prist  VII  pièces 
dune  corone  dor  à  le  maison  Colard  Cortegarbe,  de  Bruges, 
qui  {où)  estoit  le  dit  Colard,  et  dist  ke  après  che  quant  il 
fust  avisez  {eut  réfléchi),  quil  les  remist  en  une  huge  desserée 
à  le  maison  le  dit  Colard. 

Le de  juin  1531. 

Jehans  Pape,  de  Courtrai,  qui  fupremiers  tondeurs  à  grans 
forces,  et  après  fu  foulons,  dist  et  confessa  à  le  mort  en  le 
halle  :  ke  sur  fiance  de  chiaus  qui  furent  nomeit  chi  après 
il  devoit  aler  avoec  eaus  à  Ipre,  à  Comincs  et  à  Wervi,  por 
entrer  en  Flandre  pour  ce  ravoir  les  francises  et  les  droi- 
tures, et  eussent  conlresteit  {contraint)  à  les  pooir  par  armes 
et  par  forces  contre  chiaus  qui  les  vosissent  débattre,  et  dé- 
voient tor  (I)  comune  et  ami. 

Jehans  dele  Haie,  de  Bruges. 


(1)  Tor,  le  mot  torsée  signiOe  trompé,  abusé,  homme  qui  a  pris  un 
mauvais  parti,  tor  ne  serait-il  pas  le  verbo  qui  signifierait  entraîner 
dans  un  mmivais  parti,  tromper? 


—  89  — 

Jake  de  Jabeke,  tle  Icz-Brugcs. 
Frères  Jchans  li  Fcvres,  de  Bruges  Augustiiis. 
Jehan  li  Rois,  de  Bruges,  viesfrapicrs,  et  fu  boueriers- 
Meewckins  Daen,  tisscrans,  de  Bruges. 
Coppins  Mojekin,  traycres  de  vin,  de  Bruges. 
Robekins,  li  laillicres  de  dras,  de  Bruges, 
Irem  de  VI  home  qui  furent  justiciet  à  Maire  por  celi  cas 
à  plusors  fois,  dont  li  nom  des  IIII  furent  tel  à  savoir  : 

(Liquel  IIII  accusèrent  à  les  mort 
chiaus  qui  après  ensuivent  sc- 
lont  che  que  Jehans,  de  Sote- 
Jehans  de  Corse,  dipre  ;    \     ghiem,  bailly  de  Tornesis,  a- 
Jehans  de  Slruve,  dIpre  ;  |     dont  le  rapporta  par  bouche 
(     et  par  cscrit  en  le  Halle. 

Kasmanckins.  de  Wcrvi. 

Jehans  Blondiaus,  de  Gramont. 

Pierre  Blondcaus,  id. 

Coppins  Pojoust,  id. 

Willems  Pape. 

Jehans  de  le  Haie,  de  Bi'ugcs. 

Frères  Jake  de  le  Vigne  Auguslins. 

Jehans  Pape. 

Clacs  Sobrccht. 

Willems,  li  coustresde  St-Donas. 

Sire  Jehans  Van  den  Clite,  priestres,  à  Courtrai. 

Wellems  Bcudenc^  merchans  de  tourbes,  manans  (restant) 
à  St-Pierre  à  Ipre. 

Sire  Jehans  Scite,  avocz  diprc. 

Jehans  de  Balluel,  gisans  malades  h  Estcrc  ou  marciet. 

Item  dist  li  dis  Jehans  Pape  ke  il  estoit  une  fois  entre  le 
commune  de  Courtrai  ou  {au)  merchiet  à  Courtrai,  et  là 
leur  diàt-il  :  kc  chil  qui  avoicnt  caporons  fourez  ne  fcroicnt 


—  90  — 

ja  bien  à  chiaus  âc  Courtrai,  et  se  li  aulicdou  comune  vo- 
loicnt  férir  à  eaus,  il  y  fcrroit  le  premier  cop.  Et  dist  ke  il 
portoit  I  caprel  à  saintcriaus  et  à  croiscttes  por  alcr  aval  le 
pays  plus  paisuiicment  {paisiblement)  et  plus  secrètement. 

Item  il  ordena  ke  tous  li  rcraanans  {restant)  de  ses  biens 
à  sa  fcœe  et  à  ses  II  enfans  qui  fut  de  scn  coteit  dou  linage  : 
Poel  Brebis,  de  Bruges,  Willemcs  Berbis,  boulangier,  de 
Gand,  dame  Catherine  Boudens,  Doseabourgh,  et  le  fcmc, 
(jui  fu  Leurcnt  jadis  le  jewis  Doscnbourgh. 

Item  devoit  à  Willem,  le  hallier,  VII  fl.  et  VI  deniers  de  le 
prison  et  de  ses  dépens.  Che  fu  le  premier  vendredi  daoust. 

Item  dist  et  nomma  quil  avoit  fait  les  dites  raalcfacons 
{méfaits),  et  les  entendoit  à  faire  sur  le  fiance  Ilanckia  Fra- 
jebard,  de  Wervi,  et  HanekinSpclman,  elke  à  che  consel  les 
amena  Jehans  Segerwale,  et  dist  ke  ses  frères  Jehans,  li  Fe- 
vres  Augustins  ,  a  fait  bricz  des  griefs  kon  a  fait  as  cska- 
eiez  {chassé)  de  Flandres.  Et  fist  le  faire  à  III  seians,  et  croit 
ke  on  le  trouveroit  à  Saintcron  {Sî-Trond),  en  Hesbain, 
avoec  plusors  des  compagnons. 

Le  tnanU  5'^  jour  d'août  1531. 

Che  fu  li  nom  des  IIII  qui  furent  justiciés  de  traincr  et 
de  pendre  à  Maire    le  quint   jour  daoust   por  samblant 

{semblable)  cas  dont  li  dis  Jehans  Pape  fu  jusliciet. 

Poels,  de  Morbekc. 

Coppens  de  Lens,  de  Ipve. 

Jehans  Courte,  de  Iprc. 

Jehans  Struve.  de  Ipre. 

Liquels  Jehans  Struve  dist  ke  li  dis  frues  Jclians,  li  Fevres 
Augustins,  Jehans  de  le  Haie,  Jehans  Pape,  V/illems  Pape, 
Jehans  Blondiaus,  Pierre  de  Roeck  avuiont  fait  conveut 
avoec  les  dcsusdits  et  dévoient  alcr  à  Comincs  et  de  Coni- 
minos  à  Iprcs,  et  dévoient  la  ciier  :  Frankisc  et  ami.  Et  chis 


—  91   — 

Jt'hans  Coitc  dist  kc  li  doi  qui  curent  los  licstes  coppt'es 
niarcandèrcntà  lui  à  Tornay,  de  faire  les  cozesdcsiisdiltcs. 
Jchans  Mines,  bouchiers,riijusticiés  de  traîner  et  do  pendre 
por  elle  que  prouveit  fu  contre  lui  quil  avoit  I  home  coppeit 
les  mains  et  les  piéz,  si  quil  en  morut.  et  che  fist-il  en  fait  de 
mourdre,  et  tout  cnsi  le  cogneut-il  à  sa  mort. 

1332. 

Colars  Mulos,  de  Commines,  manant  al  Exclusc  en  Flan- 
dre, fu  justiciés  de  pendre  por  che  quil  erablaplusorsdras  de 
fcme  et  dôme  a  le  maison  Jehan  Visée  as  cauffours,  et  les 
porta  par  nuit  à  Lescaut  en  un  baket  et  les  fist  de  là  mener 
à  Eskcrmes  et  fist  entendre  au  navieur  [batelier]  ke  che  cs- 
toient  ses  eozes  et  ke  il  les  voleit  faire  meneir  à  Audcnardc, 
et  puis  quil  fust  pris  les  dittes  coses  et  ses  dras  furent  rap- 
portées Deskcrmes  en  le  halle  et  la  li  furent  monsîrces  ;  adont 
il  recognut  son  meffais  de  sa  propre  volontéit  ;  et  ja  avoit 
bien  estoit  li  méfiais  prouvez  par  plusors  boins  tesmoins  kc 
en  en  oii  et  par  le  destcnc  [détail)  que  li  dis  Jehans  en  fist 
en  le  halle  souffisemcnt. 

Item  li  dis  Colars  dist  qui!  avoit  loweit  [loué]  sa  maison  la 
Exclusc  XV  fl.  de  gros  lan,  scn  a  payé  à  Lambesin,  le  père 
VI  fl.  dor  ;  it.  a  Lambesin,  son  fil,  IIII  fl.  dor  ;  it.  auditpèrc 
IIII  fl.  dor  I  csterlin  por  dras  et  Xlesterlins  et  II  mittcs-,  it. 
au  dis  fil,  IX  esterlin  et  IV  mittcs. 

It.  doit  à  Jake,  le  braxeur  [brasaeur),  IX  gros. 

It.  à  Willem  Domérage,  le  boucier,  X  cslerlins. 

It,  à  Bette,  de  Brugc,  scn  ostesse,  XV  gros  et  XI  mittcs. 

It.  à  Claes,  le  Braxeur,  manant  avoec  lui,  XIII  gros. 

It  à  Willem  Brouse  XIV  d.  sen  à  wages  une  espée  et  I 
coutiel  et  une  paire  de  solcrs  [souliers). 

Item  dist  ke  Martins  Skudcswert,  li  foulons,  li  dois  XV 
estcrlins  et  V  mites  et  II  gros  por  une  blanke  côte. 


—  92  — 

llcm  li  mère  Florenf_,  le  fornicr,  doit  VI  gros. 

Item  Arnous  de  Winghe,  li  foulons,  X  esterlins,  sen  a 
paiiet  le  pinage  ensi  quil  dist. 

It.  li  dis  Colars  pria  kon  desist  un  mandast  {recommenda- 
tioii)  à  Grielekin,  sa  filles,  (en)  ches  paroles  :  «  De  par  Co- 
»  lard  Mulot,  ten  père  Grielekinest,  je  te  pri  et  conselle 
»  tant  kuc  {que)  je  onques  puis,  ke  tu  voiscs  {aille)  servir 
»  bien  etloialement,  et  ke  tu  gardes  ton  cors  bien  et  hones- 
»  teraent  de  tous  homes  et  de  tous  meffais,  mieus  ke  je  ne 
»  aie  fait.  Se  tu  pues  venir  à  hoin  mariage  à  home  de  mes- 
»  tier,  se  ti  prent  par  quoi  tu  soies  preude  feme  et  fais 
3>  tous  jors  prier  por  lame  de  rai  et  fai  canter  {chanter)  mes- 
»  SCS  por  mi  quant  tu  en  aras  pooir  {pouvoir),  car  je  te  ai 
«  norie  à  grant  paine,  et  si  {je)  te  amoie  [aimais)  sur  toutes 
»  les  coscs  dou  monde  et  fai  ke  je  soie  hors  de  II  excommu- 
ï  nications  où  je  sui  por  le  bréviaire  et  por  le  cervoise  dun 
)>  toniel  que  tu  seis,  et  Dieus^  te  garte  et  mi  si  (aussi),  face 
»   par  sa  grâce.  » 

Simoncs  Roussiaus,  de  Kieverchics,  de  lez-Kievreng  ,  fu 
justicié  de  pendre  por  che  quil  enbla  II  porciaus  (à)  Gérard 
Hacoulet,  le  bouchier  de  Tornai,  et  les  mena  à  Douai,  au 
raarciet  por  la  [les)  vendre,  et  quant  on  recogneut  ches  por- 
ciaus par  lenseignc  dou  dit  Gérard ,  il  senfui  et  revint  à 
Tornai,  et  là  fu  pris  et  tout  ensi  {ainsi)  le  cogneut  il  à  la 
mort,  et  fu  chis  (ces)  fais  bien  prouvez  par  boins  tesmoins. 

Ysabiaus,  fille  Jehan  Lavoeit ,  de  Méziéres-sur-Mouse,  fu 
justicieede  enfowir  por  I  calisse  doreit  et  I  platine  et  I  col- 
lier, lesquels  elle  cogneut  en  plaine  halle,  avoir  pris  et  em- 
blet  avoec  un  caperon  de  home  en  I  coffre  que  elle  briza  de 
I  cotiel  {couteau),  que  Jeans,  li  marécaus  de  Maziéres,  ses 
acointes,  li  presta. 

C'est  la  dernière  condamnatioti  à  mort  que  nous  trouvons 
dans  le  second  volume. 


P93    oOClÉTE  HISTORIQUE  a  LITTÉRAIRE  DE  TOURNAI. 


PL  m. 


—  95  — 
CONDAMNATIONS  A   MORT 

DANS    LA    VILLE    DE    TOUANAI 

Extraites   du    troisième  volume    des    registres  de  la  loi. 
commençant  à  l'année  1332  et  finissant  à  l'an  1336. 


On  voit  par  la  désignation  de  l'administration  fonction- 
nant à  Tournai  la  première  des  années  relatées  dans  ce 
registre  (1332),  que  l'organisation  du  magistrat  fut  alors 
complètement  changée ,  ou  plutôt  que  le  pouvoir  municipal 
fut  suspendu.  «De  sorte,  dit  Cousin,  que  la  ville  fut  sans 
commune  jusqu'au  13  mai  1533,  » 

«  L'an  notre  Signeur  1332  le  secont  jour  del  mois  de 
Aoust,  noble  hommes  Jehans  de  Casteler,  chevaliers,  conseil- 
lers dou  l'oi  nostre  Sire  par  le  vertut  de  une  commission  dou 
dit  Roi  nostre  sire  à  lui  adréchice,  gouverna  le  ville  de 
Tornai  et  toute  la  juridiction  dicelle  par  le  consel  de  sages 
homeSj  députez  et  esleus  de  par  lui  et  par  le  consel  de  home 
honorable  Pieron  des  Marlicres,  serjant  darmes  dou  Roi 
nostre  sire  et  de  plusors  {plusieurs)  autres  homes  dou  dit 
Roi  nostre  sire.  » 

Cette  révolution  complctte  dans  le  pouvoir  communal 
était  l'exécution  de  la  mesure,  peut-être  sans  précédent 
pour  la  ville,  que  le  gouvernement  du  Roi  crut  devoir  pren- 
dre alors,  en  destituant  l'autorité  municipale  et.  en  retirant 
le  droit  de  commune  à  la  cité  de  Tournai.  Après  une  en- 
quête souveraine,  un  arrêt  du  Parlement  motivé  sur  des 
raisons  capitales,  telles  que  l'abus  de  pouvoir  au  préjudice 
du  peuple  de  la  part  de  l'administration,  l'empiétement  sur 
la  juridiction  ecclésiastique,  les  contraventions  aux  édits 
Royaux  etc.  Le  commissaire  nommé  par  le  Souverain  fut 

12 


—  94  — 

investi  du  gouvernement  de  la  ville,  assiste  de  ceux  qui 
devaient  l'aider  dans  l'exercise  du  pouvoir. 

On  sait  que  cette  mesure  toute  exceptionnelle  fut  bientôt 
retirée  et  dès  le  mois  de  mai  de  l'année  suivante  le  droit  de 
la  commune  étoit  rétabli  selon  les  historiens  Cousin  et 
Poutrain.  Cependant  plusieurs  arrêtés  royaux  et  ordonnan- 
ces qui  parurent  les  années  suivantes  nous  font  croire  que 
ce  ne  fut  qu'en  1 545  que  Le  Roi  Philippe  de  Valois  rendit  à  la 
commune  la  plénitude  de  ses  droits  et  tous  ses  privilèges. 

Voici  les  condamnations  à  mort  qui  furent  prononcées 
par  les  commissaires  nommés  par  le  souverain  pour  rendre 
la  justice ,  lesquels  s'étaient  adjoints  plusieurs  bourgeois 
pour  tenir  lieu  de  prévôt,  de  jiirés  et  d'échevins  : 

Le  28  de  juillet  de  Van  1535. 

L'an  de  grase  mil  III«  XXXIII,  le  28«  jour  de  julet  fu  jus- 
ticiee  à  Tournay  de  emfouir  toute  vive  Jehanette  dou  Bruille 
pour  chou  quil  fu  prouvet  et  le  recogneut  que  elle  avoit 
emblet  pluseurs  pourcheaus. 

Sy  veut  et  ordona  que  celé  part  que  elle  pooit  {pouvoit) 
avoir  en  V  boniers  de  tierre  à  le  ville  que  ses  enfans  y  eust 
(en  eussent)  moitiet  et  Sires  Arnould  uns  priestre  à  cuy  elle 
avoit  soint  lautre. 

Item  dist  que  Jehane  de  le  Haie  luy  devoit  XXXV  s.  et 
avoit  part  avec  deux  sereurs  [sœurs)  quelle  avoit  en  XLI  s. 
que  li  mazons  [maison)  Jehans  de  Jehans  de  le  Haye  doit 
par  an  de  rente. 

Item  dist  que  elle  voloit  que  Jehane  féme  Pieron  de  Lo- 
bes reuist  [recouvra)  IIII  s.  pour  II  viaures  de  laine  que  li 
dite  Jehane  dou  Bruille  li  avoit  emblcs . 


—  9o  — 
Le  51  du  mois  d'Août  i335. 

L'an  de  grase  mil  trois  cens  trente  trois  le  pénultième 
jour  dou  mois  d'aoust,  fu  justicié  Piéres  Bieleing  de  traîner 
et  de  pendre  car  il  avoit  navrct  et  affolet  Jake  Catoure  de 
Haspres  sous  boin  rcspit  quil  li  avoet  donet  par  devant 
pleutes  de  boine  gens  liqucls  Pieret  dist  à  le  mort  que  le  fait 
quil  avoit  fait  et  le  deffianche  Watiers  Marciaus  li  avoit  fait 
faire. 

Item  dist  li  dis  Pieres  que  Jehans  Tierdin,  Noulles  Jakcs 
et  uns  valet  appiellés  Philippes  traiscnt  huers  {enlevèrent) 
dou  moustiers  St-Martin,  à  Sfe-Amand  1  home  et  che  firent- 
ils  à  le  requestre  de  Watier  Marcet  et  un  varlet  appiétet 
Hourier  sy  [ainsi)  que  Pierre  leur  oyt  dire  et  dist  que  Hou- 
riers  avoient  requis  à  Tierdin  à  Tournay  quil  vosist  (1)  faire 
le  extraction  et  il  lui  feroit  ravoir  le  ville  de  St-Amand  dont 
il  estoit  banis  si  quil  fist  et  tenoient  ke  li  prévoes  {prévôt) 
sccuist  {sut)  le  fait  de  l'exaction  car  il  avoit  fait  hoster  les 
Wardes  {gardes).  Et  dist  li  dis  Pieres  que  Watiers  Marciaus 
en  parla  à  luy  et  le  requist  de  faire  le  dite  extraction  et  li 
noraa  les  trois  dessusdis  et  Pieres  ne  le  vot  avoir  en  couvert 
{sur  lui). 

Item  dist  li  dis  Pieres  que  dans  (2)  Guillebiers  de  Wasmes 
pierdi  pluseurs  coses  qui  li  furent  emblées  lesquelles  uns 
variés  appiellés  Hornains  apporta  al  hostel  dou  dit  Pieret  à 
St-Amant  et  savoit  li  dis  Piéres  le  larcncin  et  en  eut  en  se 
part  II  orliers  (oreillers). 

Item  dist  li  dis  Piéres  quil  f u  à  I  home  tuer  avœc  Jake 
Destarp  viers  Marlieres. 


(1)  Vosist,  qu'il  allât  de  Vado,  je  vais. 

(2)  Dans,  pour  dam,  damp,  dom,  dominus. 


—  96  — 

Item  dist  li  dis  Pieres  que  Jake  Dcstarp  plaidoit  contre 
une  fême  à  Cambray  et  li  dis  Pieres  fu  produis  pluseurs  fois 
à  tiesmagnage  contre  le  fêmn  pour  le  dit  Jake  et  tiesmoi- 
gnat  ce  quil  ne  savoit  nient. 

Item  dist  que  Dierins  Makes,  le  manda  I  aprics-digncr 
(après-dîner)  à  se  mazon  devant  Colart  de  le  Mote  le  père, 
et  li  comanda  que  li  clers  des  caufours  fust  batus  sans  délay 
car  il  avoit  volut  escourre  un  prisonnier  que  Dierins  voloit 
mener  à  justiclie  et  le  Viespret  li  deffendis,  Pieres  Dantoing, 
Jehans  de  le  Mote,  Jake  li  Fcvres  et  li  Varies  Dierins  bâti- 
rent et  vilenèrent  le  dit  clerck  pour  le  occaison  dessus  dite. 

Le  dimanche  18  septembre  1555. 

Lan  de  grase  rail  trois  cens  trente  trois  le  diémence  pro- 
cain  apries  le  jour  Sainte-Croix  en  septembre  ,  fu  justicies 
de  trainer  et  de  pendre  Jehans  Warniers  de  le  Valée  de 
Cassiel  pour  che  quil  féri  I  home  estranger  de  I  coutiel  en 
le  quise  [cuisse)  douquel  cop  il  morut  en  le  journée  et  fu 
li  dis  Jehans  pris  en  le  présent  fait  en  le  mason  qui  fu 
Marien  de  Armentières  en  le  lormerie.  (1) 

Le  samedi  17  septembre  1533. 

L'an  de  grase  mil  trois  cens  trente  et  trois  le  samedi  pro- 
cain  apries  le  S.  Crois  ou  mois  de  septembre  par  devant  le 
gouverneur  de  Tournay.  A  savoir  est  P.  de  leMarliére  Jehan 
Damiens,  Jehan  de  Haudion,  Jehan  Prévost  et  de  Jehan 
Anrilet,  Jurés  du  Roy,Mestre  Nicole  des  Enghiens,  et 
Jehan  Godestant  en  le  présence  de  Esliencne  Frémy,  clerch 


(1)  ActuelleiTienl  la  rue  des  Chapeliers. 


—  97  — 

dou  gouverneur  de  Lille,  Quaret  Danis  et  Guiliaume  de 
Canfens,  scrjans  du  Roy  aporta  Thomas  de  Sévre  prt'vos 
du  resord  de  Lille  un  escript  sellct  du  seel  dudit  gouver- 
neur de  Lille,  si  que  li  dis  prcvos  clers  et  serjans  dessus 
nommes  ticsmoignicrcnt  où  quel  il  est  dit  coutenut  que  el 
an  mil  II^  XXXI.  (Ces  lettres  avaient  la  même  contenance 
que  celles  de  l'an  1331.) 

El  assize  tenue  par  ledit  gouverneur  de  Lille  à  Douay,  le 
28°  jour  dou  mois  doctobre  que  Jehan  Bocettc  et  Grardins 
li  porkiers  {le  porcher)  estoient  banit  du  royalme  de  France 
sour  le  hart,  (sous  peine  d'être  pendus)  et  plusieurs  autres 
sour  (pour)  ce  que  il  mourdrircnt  et  misent  à  mort  Piéron 
Dadicy  adont  {alors)  liutenant  dou  baliu  dou  signeiir  de 
Wasiers  et  furent  appiellet  par  Jehan  Datienes  scrjant  du 
Roy  lesquels  Jehan  et  Grardin,  Li  gouvrcnères  de  Tournay 
fist  venir  par  devant  les  dessus  dits  prévost,  clcrch,  et  scr- 
jans liqucl  prévos,  clers  et  scrjant  dirent  et  tiesmognierent 
que  Jehanes  Deskoce  Kot  que  il  avoient  justicict  à  Orcus 
{Orcq),  le  velle  Sainte-Crois  que  il  les  avoit  acusés  dou  ban 
etdel  homécide.  Et  le  dymenchc  cnsyvant  li  dessus  nom- 
met  Jehan  Bocettc  et  Grardins  li  porkiers  furent  justiciet  à 
Tournay,  pour  celuy  cause  de  traîner  et  de  pendre  et  rcco- 
gneut  li  dis  Bocete  le  fait  et  dist  quil  avoit  ferut  [frappé) 
le  dit  Picron  Dadicy  de  I  coutiel. 

Le  8  de  novembre  1333. 

Le  VIII"  jour  dou  mois  de  novembre  lan  de  grase  mil 
trois  cens  trente  et  trois  fu  justicies  de  traîner  et  de  pendre 
Jehans  Joveniaus  j)our  che  que  sour  boyne  pais  faite  entre 
luy  et  Jehan  Doubas  de  Crcspclaines  li  dis  Jehans  Jcvc- 
niaus  depuis  navra  cl  affola  le  dit  Jehan  dou  Bos. 


—  98  — 

Le  Mercredi  31  mai  1534. 

L'an  de  grâce  mi!  CGC.  et  trente  quatre  le  mierkedi  pro- 
chain (levant  le  Pentecouste  fu  justicliids  de  pendre  et  de 
traîner  Alardins  li  Kins  de  Cisoing  pour  ce  que  il  avoit  fait 
violence  à  le  fille  Tassart  de  Boulenois  et  le  rccogneut. 

Le  samedi  7»  jour  d'octobre  1354. 

L'an  de  grâce  mil  CGC  et  XXXIIII  le  VII<=  jour  doctobre 
fu  justiciés  de  pendre  Hanekins  dis  petis  Kens  pour  chou  que 
il  fu  prouvet  contre  li  que  il  avoit  fait  pluisseurs  larenchins 
et  les  recogneut. 

Premiers  il  distque  Ghérars  li  flamens  embla  pluisseurs 
cozes  le  demissielles  de  Hapelaincourt  h  Ghislenghien,  mais 
il  en  fu  compainions  et  y  eut  part.  Et  dist  que  Hues  ses  {son) 
frère  est  un  fors  léres  {voleur)  et  eut  aussi  part  as  coses  le 
demisielle  de  Hapelaincourt. 

Item  dist  Hanekins  Petis-Kens  que  il  estoit  à  Biernes  à  le 
maison  Watier  de  le  Ponte  et  prist  I  hanap  {vase)  d'argent 
et  lemporta  pour  compagnons  faire  dazer.  Mais  il  dist  que 
se  on  ne  leuist  seut  li  hanap  euist  esté  siens  et  ne  leuist 
jamais  vendut. 

Itéra  il  dist  que  il  prist  et  embla  à  Amougies  une  kiolte 
{couchette)  et  le  couvretoire  {couverture)  de  le  valeur  de  XXX 
s.  et  blet,  avaine,  car  {viande)  et  autres  cozes. 

Item  dist  il  que  Hues  ,  ses  frère  embla  toile  à  Brueek  et 
en  fist  li  dis  Hues  rendre  l'argent  par  I  pricstre. 

Item  dist  Hanekins  pctit-Kens  que  quant  il  mcst  à  sire 
Watier  Gargatte  il  embla  II  kioltes  à  le  maison  raedame 
Wiertiniel  [Werquigneul],  et  embla  à  le  maison  dou  dit 
sire  Watier  pluseurs  menues  coses  tdes  que  iilatiausdcstain. 
I  fiers  gauferais  {fer  à  gauffres)  et  un    quir  {cuir)  de  vakc 


—  y9  — 

Icsqueles  cozes  valirent  bien  si  quil  dist  LX.  s.  et  si  embla  à 
Gillekin ,  poitrc  [poignée)  de  sous  et  plusieurs  cozes  pour  le 
valeur  dun  royal  [pièce  d'or  de  20  francs  environ.) 

Item  il  embla  (à)  Magne  dou  Moutier  plusieurs  coses 
mais  cuit  (pense)  qui  bien  valirent  X  s. 

Item  il  eut  et  embla  XXV  pièces  de  laine  à  Rosne,  mais 
Hues  ses  frers  fut  avoekes  [avec)  li  et  fu  pour  ledit  Huetscou 
(tout  ce)  quil  en  fîst  et  valoit  ben  li  laine  XL  s.  Et  dist  en- 
core quil  embla  un  Wans  défier,  le  s.  Damougics  se  les 
racatan  (achela)  à  li  de  VI  gros. 

Item  dist  li  dis  Petis  Kens  que  Hues  ses  frer  embla  à 
Rume  à  le  maison  Ysabiel  le  Noyele  ben  X  1.  de  coses.  Et 
latendoit  en  des  bos  (bois)  et  sont  ces  coses  en  wages  en  le 
maison  Jehan  Croket,  le  jouene  pour  LXII  s.  et  les  y  porta 
Hues.  Cest  à  savoir  un  sureot  rouve  sains  raances  (sans 
manches)  et  une  verte  cote ,  une  paire  de  dras  dôme  et  le 
caperon.  Une  plice  de  féme  et  le  couverture.  Et  I  court  cor- 
sait et  I  caperon  de  féme.  I  bloukete  domc  (blouse  d'homme). 
II  touwelles  (toiles).  Et  une  nappe  et  li  eutlesseper  (il  espé- 
rait) encouvent  quil  les  vendroit,  mais  quil  ne  racusat  Huet 

sen  frère Havek  Daviele  demorant  à  Frasne  racata  le 

reube  à  luserier.  Et  dist  que  se  féme  est  preude  féme.  Et 
quelle  ne  sait  onkes  riens  des  coses  qui  emblast  car  il  li  fai- 
soit  à  entendre  que  il  les  avoit  gagniés  à  dis  (aux  dés)  ou  kil 
les  aporloit  de  le  maison  sen  père. 

Il  dist  li  dis  Petis-Kens  quil  a  fait  tant  de  coses  quil  ne  les 
soroit  dire.  Et  a  cmblet  linchius  et  autres  coses  en  lostel 
dame  Faglc  et  en  pluis  (plusieurs)  autres  hosteus  (hôtels)  à 
Gant.  Et  dist  que  Arnoules  ses  (son)  frère  est  boins  cnfens 
ne  onkes  ne  fu  avoekes  li  à  faire  nul  mal. 


—  100  — 

Le  dimanche  5  novembre  1354. 

JEHINES. 

Cesl  li  Jehines  Magnons-as-kevaus  qui  fu  enfouite  toute 
vive  à  Maire  lan  de  grâce  mil  CGC.  et  XXXIIII  le  diemenche 
prochain  apries  le  Toussains. 

Premiers  elle  fu  requise  se  elle  savoit  qui  le  feu  avoit 
boulet  à  Kanteraine  et  gietlct  (jellé)  kalailus  [des  caillous). 
Dist  que  riens  nen  savoit  fors  tant  que  elle  créoit  mius 
{croyait  plutôt)  que  Maughetons  fius  Katerine  Creuse  le 
fesist  {le  fil)  que  nus  autre  {plutôt  que  nul  autre).  Requise 
pourquoy  elle  le  créoit  :  Dist  pour  ce  que  il  haoit  [haïssait) 
le  visinage  [voisinage]. 

Item  dist  que  Watcles  li  miesiers  liquels  a  esté  ses  liou- 
riers  estoit  li  plus  mauvais  que  elle  feust  onkes  en  cest  pays. 
Car  il  li  faisoit  cscoure  les  bourses  de  chiausqui  gisoicnt  à 
li  et  en  prendoit  largcnt.  Requise  de  quantcs  fois  :  dist 
quelle  nen  estoit  mie  remembrans  [ne  s'en  souvenait  pas)  et 
tant  de  fois  que  elle  nen  set  le  conte. 

Item  dist  que  elle  embla  en  le  compaignie  Katerine  de 
Tongre  VII  malles  {mailles)  d'or  dun  marchant  au  boskuet 
de  Warnave  et  dist  que  li  dite  Katerine  les  emporta  avoec 
Jakemin  Englebicrt  qui  estoit  ses  houriers.  Requisse  se 
elle  set  se  li  dis  Jakemins  eut  largent,  dist  que  elle  ne  set 
car  il  sen  alèrent  ensaule  {ensemble). 

Item  que  Katerine  Mousse  prist  à  un  home  I  sakiel  {sac) 
dargent  en  trues  {au  temps)  quil  gisait  aly  et  le  boula  en  sen 
cou  et  toutes  voies  fîst  chius  tant  quil  le  reut  et  la  reprist. 

Item  dist  que  elle  embla  avoec  une  autre  compaigne  qui 
est  morte  dont  elle  ne  set  le  non  I  behos  de  marches  francin 
dargent,  une  alTique  {parure).  Item  requise  [interrogée)  sour 
Lotin  Florart,   Hanekin  Caron  et  sour  chiaus  et  celles  qui 


—  401  — 

estoicnt  en  prison  et  sour  le  feu  bouté,  dist  sour  same  que 
riens  nen  seuent  [sait)  à  senlente,  et  dist  que  li  dis  Lotins  a 
despendu  sen  argent  avoeckes  li  et  sen  mestier  aussi  et  que 
cest  un  preudom.  {honnête  homme) 

It  dist  que  elle  croit  que  Maughechons  fuis  Katerine  Cru- 
euse  fresist  [frappa)  lianekin  au  coutiel  de  lespée  sour  le 
buvette  [bonnet). 

Le  mercredi  ^juillet  1334. 

L'an  de  grâce  mil  CGC  et  XXXIIII  le  V«  jour  dou  mois  de 
jullet  fu  traicnés  et  puis  [pendu)  Hanekins-li-Drus-au-puing 
pour  ce  que  il  estoit  banis  du  Royaume  sour  le  hart.  Si  re- 
cognut  à  le  mort  que  il  avoit  une  fcme  tcnsée  [rençonnée)  de 
XII  livres. 

Le  W"  jour  de  janvier  \  554. 

L'an  de  grâce  mil.  CGC.  trente  et  quatre  le  XI«  jour  de 
jcnvier  fu  justicics  de  enfouir  toute  vive  Ysabiaus  li  Maune- 
resse  de  Maubuege  pour  pluseurs  larencbins  que  elle  avoit 
fait  en  le  Cyté.  Et  convent  à  le  mort  que  elle  avoit  embict 
chou  qui  sen  suit. 

Premiers  à  Lille  I  vert  sourcot.  I  caperon.  I  linchius 
Item  I  caperon  que  li  feme  dun  carpcntier  acata.  en  le  rue 
As  Pois.  I  caperon  et  une  loiwere  devant  le  bouccrie.  I  pot 
destain  si  en  reuvi  [eut)  XII  deniers. 

Une  feme  vielle  li  laissa  II  linchius  [objets  en  linges)  une 
kemise  dôme  et  une  de  feme,  se  le  mist  à  une  maison  de  une 
bueresse  qui  a  une  fille  ou  une  meskine  [servante)  à  levi'e 
fendue.  Maroie  li  Poivre  se  hôtesse  a  ses  coses.  Si  voet  [elle 
veut)  que  le  hostage  paye  et  que  ses  enfcns  les  ait. 

13 


—  102  — 

Item  cmbla  un  caperon  à  une  femc  qui  vent  mierclicric 
sourie  pont  si  fu  vendu  XX  deniers. 

Maroie  demorans  dales  Saint  Brissc,  dales  un  barbieur 
devant  une  saineresse,  elle  embla  I  surecot  piers  [bleu)  et  un 
wairolel  {vert)  ;  elle  cmbla  à  Mage  de  Fretin  I  surecot  de 
brunaite  si  est  au  raarkiet  as  vakes  dales  le  maison  dun 
grainelier  si  a  eu  sus  III  sous  et  demy  et  la  eu  une  menue 
feme  dales  le  grainelier. 

Item  embla  à  le  feme  dun  bouchier  Crasse  II  linchius  et 
un  pocenct  {petit  pot)  de  keuvrc  {cuivre)  si  fu  tout  vcndut 
IX  blankes  mailles. 

Le  mercredi  28  février  4534. 

L'an  de  grâce  mil  CGC.  et  XXXIIII  le  pénultième  jour  de 
février  fu  justicies  de  pendre  Coppins-li-Fors,  homme  de 
Popringhe.  pour  chou  que  il  fu  trouvât  sour  {prouvé  contré) 
lui  que  il  avoit  coppet  bourses  et  pour  juer  de  faus  dées.  Si 
rccogneut  li  dis  Coppins  que  il  fu  à  Bruges  avoec  Clavekin 
le  faiseur  de  bourses  d'Ypre,  Henri  Lenglese,  le  Bochut 
Dangletières,  et  Willemct  de  le  Kapielle  de  Bruges.  Là  Wil- 
lem gagnièrent  IIII  sour  {sous)  dor  à  juer  de  faus  dés  ;  si  y 
eut  part  et  dist  que  li  dis  Willemes  de  le  Kapielle  de  Bruges 
est  raestres  de  juer  de  faus  dées. 

Item  dist  que  Arnckins  uns  petis  coppa  les  palrenostres 
[chapelet)  quil  avoit  sous  lui  et  presta  sus  XII  deniers  et  dist 
que  chius  [cet)  Arnekins  est  coperes  de  bourses  et  coperes 
de  toutes  autres  coses  quil  puet  trouver. 

Le  Samedi  7«  de  juillet  1335. 

L'an  rail  CGC.  et  XXXV,  le  VI^  jour  dou  mois  de  jullet, 
fu  justicies  de  trayncr  et  de  pendre  Tburaas-à-Ie-raain  de 


—  105  — 

Paris  pour  ce  que  il  mist  à  mort  dedens  Tournay  Thumiis 
de  Saint-Magloirc  de  I  coutiel  à  pointe. 

Le  mardi  ÎO  de  juillet  1533. 

Le  X*  jour  de  jullctlan  mil.  CGC.  trente  et  chiuncfu  jus- 
ticies  à  mort  à  Tournay  de  trayener  et  de  pendre  Jehane.; 
Marchant  de  Saint-Florissc  dalcs  St- Venant.  Liqucl  convcnt 
et  confiessa  que  il  avoit  tués  dou  temps  passét  avoec  un 
valîet  apielet  Syraonet  le  Petit  et  y  eut  débat  entre  yaus  (eux) 
pour  eause  de  blet  que  li  dis  Simoncs  voîoit  prendre  de  son 
raestre  et  li  dis  Johanes  ne  li  voîoit  soustoilier  {aider)  ne 
consentir  si  corne  il  dist.  Et  depuis  li  doy  dessus  nomme t 
cstoient  al  liostel  Maroie  Toussains  et  là  but  on  cnsamble  et 
adonc  debas  monta  entre  euls.  Et  féri  et  bâti  li  dis  Jehanes 
le  dis  Simonet  dou  puing  et  avoec  ce  li  torst  sen  caperon  ou 
Katricl  et  le  cstinst  et  estranla  [étrangla).  Et  quant  il  et 
liditteMaroie  saperchurent  que  ciiius  (ce/Mt'-ci)  estoit  mors 
il  le  Irayenèrent  lespasse  de  II  bonniers  de  tiere  lonch  [loin) 
del  hostel  le  dite  Maryen.  Et  adont  desviesti  [dépouillât)  li 
dite  Maroie  le  mors  et  fist  elle  mcismes  une  fosse  dun  \ou 
chct  et  y  fu  enfouys  li  dis  Simones  par  le  main  de  Johaiitt 
et  de  Maryen.  Et  depuis  lidite  Maroie  aporta  les  dras  [habits) 
dou  dit  mort  par  devers  le  dit  Jehanet,  et  les  mist  à  une 
haye  où  il  avoit  f;ig03  dcsplnes  au  pourpris  et  en  liestre  del 
hostel  où  li  dis  Jchanes  demoroit.  Et  quant  li  dis  Jchanf^s 
vit  les  dras  il  se  parti  dou  lieu  pour  doupte  [crainte)  et  ains 
puis  ni  entra. 

Ilem  dist  li  dis  Jehanes  que  Jakemes  de  TielFries  de  Bai- 
siu  li  doit  XX  sous  tournois  ou  environ  se  voet  [il  veut)  que 
des  X  sous  on  fasse  dire  messes  pour  Jame  de  lui  as  frères 
Auguslins  et  les  autres  X  sols  il  donne  à  plusieurs  pauvres 
Karlryers  de  Tournay.  Item  donne  il  pour  Dieu  à  Ilaynau 


—  104  — 

le  porkier  de  Baisiu  une  blanchemente  ,  I  viestement  et 
une  maise  {mauvaise)  grise  cote  et  à  Hanekin  fil  le  dit 
Haynau  uns  mauvais  lignes  {linge)  de  dras. 

Le  samedi  14  juillet  lôôo. 

Le  quatorsime  jour  dou  mois  de  julletlan  rail.  CGC.  trente 
et  chiunc  [cinq)  fu  justicies  à  mort  à  Tournay  de  boulir  et 
de  pendre  Colars  Gaufiers  de  Valenchiennes  liquels  confiessa 
et  dist  sans  force  et  sans  desti'ainte  avant  ce  que  il  fust 
jugies  à  mort  et  depuis  que  dou  temps  passct  Jehancs  ses 
frères  li  aisnés  et  lidis  Colars  parlèrent  à  Tournay  à  un 
vallet  appiélet  Aumignons  de  Biaurepaire  et  furent  tout  troy 
daecort  de  euls  (eux)  se  mesler  de  contrefaire  monnoie  et 
depuis  li  dis  Aumignons  dist  à  euls  qu'il  avoit  un  vallet 
demorant  à  Saint-Quentin  en  Vermaudois  qui  estoit  appiélés 
Gobins-as-Flayaus,  liquel  se  mcsloit  de  faire  quins.  Et  sur 
ce  lidis  Colars  et  cil  Aumignons  alèrent  à  Saint  Quentin  en 
Vermaudois,  etacatèrent  audit  Gobin  II  paires  de  fiers  pour 
faire  monnoie  lun  emprientet  de  le  monnoie  dou  Roy  de 
blanques  malles  et  lautrcs  de  monnoie  blanke  de  Haynau. 
Et  depuis  vinrent  li  Iroys  dessus  nomct  par  devers  I  orfeure, 
qui  demoret  devant  St  Francbols  à  Valencliienncs,  liquels 
orfèvres  estoit  apiélés  Picres  des  Caufours  et  sen  descou- 
vrirent à  celi  Pieron.  Et  li  IIII  dacort  prisent  II  gros  tour- 
nois et  misent  de  laloy  avoeck  et  de  ce  firent  IX  sois  dou 
Roy  et  en  envoyèrent  une  à  la  noire  Cervoise  et  y  fu  alevce. 
Et  depuis  li  dis  Colars  forgea  en  le  maison  de  se  mère  des 
dites  malles  XL  ou  environ  à  une  fie  [fois]  et  à  une  autre  fie 
XXVII  ou  environ.  Et  faisoit  le  ouvrage  en  une  cuve  où  on 
mait  quirs  et  tam  (cuir  et  tan).  Et  cntrues  {entre  temps)  si 
frère  faisoient  noize  (bruit)  à  armures  de  fier  dont  il  s'en- 
tremettoient  afin  que  li  noize  dou  monoiage  ne  fust  oyr,  et 


—  105  — 

distque  il  y  avoittant  dccoust  à  faire  le  monnoiedcliaynau, 
que  on  ni  pooit  sauver  catcl  {tirer  profit)  et  pour  ce  faisoit 
il  plus  grand  plcutet  {qmntité)  de  le  monoie  dou  Roy,  car  il 
y  avoit  moins  de  frais. 

Item  fu  demande!  et  requis  spécialement  audit  Colart  par 
le  gouverneur  que  il  deist  (dit)  vérité  dendroit  (a?^  sujet)  de 
ce  que  ses  frères  avoit  recogncut  à  le  mort  au  casliel  à  Va- 
lenchiennes,  que  il  sestoit  mis  en  painc  de  esmouvoir  le 
commune  de  Valenchienncs,  pour  mourdrir  les  souffîscaus 
gens  et  avoir  douleur.  A  ce  respondi  li  dis  Colars  que  sur 
lame  de  lui  il  ne  lavoit  onques  penset  à  ccli  fin,  mais  bien 
dist  que  il,  si  doy  frère ,  Alardins  de  Ranncs,  Lotars  dou 
Quarouble  et  Alardins  de  Rclenghes  de  Cambray,  noielcur 
avoient  dit  ensamble  qnesche  cby  ?  nous  veront  cil  grant 
signeur  ainsi  fourmcner  (maltraiter)  et  faire  ostcr  nos  cou- 
tiaus,  ne  soraes  nous  mie  ossi  souffîscaut  quil  sont,  cest 
boin  que  nous  en  dcskicrkons  II  ou  III  et  disL  ois  Colars  à 
un  de  ses  prismes  (puoximes  voisins)  qui  se  doloit  [désolait) 
pour  celi  cause  :  taisics  vous  biaus  cousins,  il  pora  bien 
encore  venir  à  point,  et  en  poront  bien  li  aucun  avoir  les 
liestes  [tètes)  rouges. 

Item  dist  li  dis  Colars  que  il  avoit  très  grant  volontet  de 
ocbire  signeur  JebanBiernier,quoyquil  en  deuist  [dut)  ave- 
nir mais  il  le  laissoit  pour  ce  que  il  guidoit  (fensait)  toudis 
venir  à  pays  et  que  li  dis  sire  Jehan  Berniers  le  respitast 
[retardât)  de  justice  et  déportast  de  se  meirait. 

Item  fust  requis  de  un  fait  dont  il  avoit  renomce  dendroit 
[au  sujet)  de  une  femme  que  il  devoit  avoir  coppetune  ma- 
miclc  au  bos  de  Felisncs  [Flines]  respondi  que  oncqucs  ne  li 
estoit  avcnut  et  que  nient  ncn  savoit. 

Item  couvent  li  dis  Colars  que  il  avoit  par  plusieurs  fies 
pris  en  le  maison  de  scn  père  tancur  plusieurs  ])iaus  et  quirs 
sans  le  scut  de  scn  dit  père  et  les  avoit  convertis  en  scn 


—   106  — 

u-agc.  Item  dist  que  il  avoit  emblét  par  plusieurs  fies  et  si 
frère  les  pissons  des  boines  gens  et  en  emblèrent  entre  les 
autres  dou  pisson  medame  de  Lussenbourch,  XX  saudees  à 
une  fie  {fois). 

Item  dist  et  couvent  li  dis  Colars  que  il  et  si  frère  avoient 
estct  à  une  maison  qui  est  de  Vicoigne  où  ils  avoient  emblét 
par  plusieurs  fies  blés  jusque  à  le  some  de  VII  muy  et  en 
donnoient  à  le  fie  à  Mignier  leur  coulons. 

Item  dist  que  sour  lame  de  lui  que  Bietrisons  de  Qua- 
rouble  savoit  tout  louvrage  de  le  fausse  raonnoie  et  estoit 
celle  qui  lalevoit  et  une  fois  entre  les  autres  il  eut  débat 
entre  Icdite  Bietrison  et  Magne  Gaufières  et  se  traist  [se  ren- 
dit) li  dite  Magne  à  justice.  (Et  depuis  pour  celi  cause  li  dite 
Bietrisons  fu  banic  pour  ce  que  il  sanlait  (semblait)  que  elle 
mesist  [délournait)  le  dis  Colart  hors  de  boine  voie.  Et  sur  ce 
elle  se  traist  par  devers  Jehan  Bicrnier,  laisnet  et  li  dist  que 
se  il  li  voloit  rendre  le  ville  de  Valcnchicnnc  et  ne  le  vosist 
mi  faire  justice  de  lui,  elle  li  nomeroit  gens  qui  se  mcsloicnt 
de  fausse  monoie.  Et  li  dis  Jehans  Bicrniers  li  eut  encouvent 
en  le  fourme  que  elle  le  requéroit  et  sour  ce  elle  accusa  les 
m  frères  dessus  dis). 

Item  dist  li  dis  Colars  Gaufiers,  que  Watiers  Blankars,  tient 
le  moitié  de  une  maison  qui  sienne  doit  y  cstreet  li  autre 
moitié  doit  y  estrc  se  suer.  Et  slct  li  dite  maison  à  Valcn- 
cienes  oultre  les  greniers  de  Vicongne  sa  laplele  on  (or» 
rappelle)  le  maison  qui  fu  signcur  Henri  Mouton  et  leur 
cuist  le  dite  maison  li  dis  Waltlers  vendue  pour  XL  livres, 
mais  il  ne  len  vorent  (voulurent)  donner  que  XX  livres,  se 
doit  li  dite  maisons  III  caprons  et  XIV  sols  de  blancs  de 
rente  par  an.  Se  voet  (il  veut)  que  on  prie  pour  Dieu  as 
signeur  de  Valenchienncs,  que  il  y  voellent  warder  sen  droit 
lequel  droit  il  voet  que  il  soisl  à  ses  plus  prochaines  hoirs  ou 
à  un  si  exécutent  le  ordcnemcnt. 


—  107  — 

Item  voet  li  dis  Colars  que  on  prenge  {prenne)  LX  sols 
tournois  pour  rendre  à  ses  tors  fais  cest  assavoir  à  Jehan 
Roze,  deraorans  à  Broussiclc,  sour  le  bekrc  V  gros.  Item  ù 
Pieron  de  Tourout  demorant  à  Bruges,  à  se  féme  et  à  Piéret 
leur  fil.  XXVI  eslerlins  et  IIII  milles  ou  environ.  Item  il 
donne  à  Ilnnekin  le  cangeur  une  vcrde  cote.  Item  il  donne 
as  povrcs  communs  XL  sols  pour  rendage  de  blet,  item 
donne  li  dis  Colars  à  eux  III  blancs  II  L.  T.  Item  voet  que 
on  fasse  dire  V  messes  pour  lame  de  lui. 

Le  samedi  28  de  juillet  1535. 

L'an  mil.  CCC  et  XXXV  le  SS'^  jour  de  juillet  fu  justiciés 
de  trayner  et  de  pendre  Hanekins  Barios,  au  puing  copet 
pour  ce  que  il  mist  à  mort  dedens  Tournay  Colin  le  bouc 
de  I  coutiel.  Si  dist  li  dis  Hanekins  que  il  a  moult  de  per- 
sonnes navrées  et  scst  toudis  volentement  combatus,  mais 
il  dist  que  il  ne  mist  onque  mais  personnes  à  mort,  fors  le 
dis  Colin  le  bouc.  Item  dist  que  entre  les  autres  il  navra 
une  fie  un  souffisant  home  de  St  Orner,  apielet  Jehan  Co- 
leuvrin  qui  lassalit  en  I  bourdiel  avocc  li  pluseurs  personnes 
et  nen  fist  onques  pais.  Item  dist  li  dis  Hanekins  Barios  que 
Jacquerains  de  Borgies,  Courcelois,  Wateles-li-mies,  Lotins 
des  Bagnerics,  Lotins  Desplcchin,  Jackemins  Chauwes, 
Jelians  Kenappe-li-jouvenes,  Lotins  de  Morcourt,  Lotars 
Florars,  Hanekins  Geuletle,  Jackemins  Parens,  Jaquemins 
des  Engicns,  ticnent  femes  et  pense  bien  que  il  en  ont  sou- 
vent proufît.  Item  dist  quil  quide  (/îense)  y  estre  tenus  as 
hoirs  {liérilicr)  Maroie-de-le-soif  en  V  livres  tournois  ou 
environ.  Se  prie  que  on  leur  renge  se  on  puct.  Item  est  il 
tenus  à  I  home  qui  soloitdemorer  à  Louviers  en  Normendie, 
en  XL  deniers  tournois  ou  environ  pour  I  sourcotque  chius 
li  presta  quil  ne  rcndi  onques. 


—  108  — 
Le  Dimanche  2  ds  Septembre  1353. 

Lan  mil  CGC.  et  XXXV,  le  1  !•=  jour  dou  mois  de  septembre 
fu  justiciés  à  mort  de  pendre  Jehans-li-Alais  de  le  Bassée, 
pour  pluseurs  larencbins  que  il  avoit  fait  à  Lille  et  ailleurs, 
et  lesquels  il  reconeut  sans  force  et  sans  destrainte  et  spé- 
cialement il  dist  que  bien  fu  voir  que  Jehans  dou  Mortier, 
avoit  I  grenier  de  blet  à  le  maison  Aliaume  Vesin,  demorant 
à  Lille.  Et  il  dis  Jehans  de  le  Bassée  viunt  [vint)  à  le  maison 
dou  dist  Alyaume.  Et  li  dist  que  Jehans  dou  Mortier,  len- 
voyoit  là  pour  le  dit  grenier  vendre  et  en  vendit  jusques  à 
X  raziers  desquels  X  rasiers  il  en  cmbla  [volât)  quatre. 

Item  dist  li  dis  Jehans  et  prist  sour  lame  de  lui  que  Jehans 
Taillairs  de  Lille  li  coppa  se  bourse  au  market  à  Lille,  où  il 
avoit  LIIII  livres  en  royaus  et  en  I  pau  [peu)  de  menue  mo- 
noic  pour  parfaire  le  conte,  et  avoit  en  se  bourse  un  kief 
[télé)  saint  Fremin  de  quoi  il  li  convint  rendre  IIII  sols  pa- 
risis  el  si  y  avoit  ossi  I  scel  dargent  qui  estoit  siens. 

Le  mercredi  14  septembre  1553. 

Lan  dessus  dit  le  mierkcdi  nuit  de  le  procession  de  Tour- 
nay  fu  justicies  à  mort  de  trayner  et  de  pendre  Henries  li 
Noirs  pour  ce  que  il  mist  à  mort  dedens  Tournay  Jakemin 
le  espicier  porteur  au  platiel  et  puis  se  parti  de  Tournay  el 
depuis  fu  repris  dedens  le  banlieue  et  justicies  corne  dist  est. 

Le  mercredi  26  septembre  1553. 

Lan  de  grâce  mil.  CGC.  trente  et  chiunc,  leXXVPjour  de 
septembre,  fu  justicies  à  mort  de  traiener  et  de  pendre 
Jakemes  dou  Postich  patrenostriers  [faiseur  de  chapelets) 
dambre  pour  ce  que  il  mist  à  mort  dedens  Tournay,  Jehan 


—    10!)  — 

(lit  Wadane  ciicur  de  vin  de  1  routicl  portant  loy  {contre  la 
loi)  et  fu  pris  en  |)réscnt  fait. 

Le  samedi  14  d'octobre  1 55u. 

L'an  dessus  dit  le  XIII*  jour  dou  mois  de  octobre  fu  jus- 
ticiés  de  pendre  Hanekins  li  Barre,  guisieres  de  pastés 
Danviers  pour  ce  que  il  fut  pris  en  présent  fait  à  coper  un 
morgant  [agrafe  ou  fcrmail)  dargent  à  une  coroie  et  navoit 
li  dis  Hanekins  que  une  orelle.  Si  reconcul  li  dis  Hanekins 
que  il  venoit  as  coppcurs  de  bourses  et  leur  dcmandoit  I 
gros  ou  deux,  et  s'il  ne  li  voloicnt  donner  il  disoit  que  il  les 
racuseroit.  It  dist  que  chius  [celui]  de  Bruges  qui  na  que  une 
orelle  li  dist  en  le  prison  que  on  li  avoit  lorelle  coppée  à 
Bruges  pour  ce  que  il  csraga  [arrachât)  I  borne  se  bourse  et 
li  rompi  et  navoll  en  le  bourse  adont  que  I  gros  et  tantost  li 
pendcres  de  Bruges  et  uns  sergans  vinrent  là  et  li  coperent 
jorelle  sans  loy  et  sans  jugement. 

f 
Le  mercredi  oi  d'octobre  1355. 

L'an  de  grâce  mil  CGC  et  XXXV,  le  pénultième  jour  de 
octobre  fu  jusliciés  de  pendre  Jcîians  li  Taules  de  le  Couture 
pour  ce  que  il  avoit  embict  II  juraens  dou  pris  de  VI  livres 
de  Paris  et  le  reconncut  sans  force  et  sans  deseraintcs  [coU'- 
trainté)  que  il  les  avoit  prises  et  emblées  jiar  nuit  à  Four- 
nieles  et  les  amena  à  Tournay  pour  vendre  et  dont  fu  pris  au 
markict  as  vakcs. 

Au  mois  de  décembre  Iôù-ô, 

L'an  mil  CCC  et  XXXV,  cl  mois  de  décembre,  fu  justiciés 
de  trayncr  et  de  pendre  Jebans   dele  Mote,    fins  Colas  dclc 

14 


~  410  — 

Mote,  pour  ce  que  il  [lui)  qui  estoit  seigans  ilAth  avocc 
pluscurs  autres,  ala  à  le  maison  dun  home  en  le  chastel- 
lerie  Dath,  et  fisent  le  prcudhome  lever  en  disant  que  il 
l'en  raenroient  à  Ath  en  prison.  Et  cntrues  {pendonl)  queli 
prcudon»  se  levoit,  il  firent  en  le  maison  apprellier  à  mi- 
gnier  {manger)  des  biens  del  hostel  et  se  désumérenî. 
Et  le  preudons  qui  grant  paour  avoit  diaus  {d'eux)  se  leva 
entrues  et  sali  {sauta)  huers  {hors)  de  se  cambre  par  une 
fcniestre  et  sen  fuy.  Et  quant  li  dis  Jehans  et  si  compagnons 
se  percliurcnt  que  li  prudons  en  estoit  aies  li  dis  Jehans 
aparluy,  monta  sour  I  cheval  et  couru  quant  quil  peut  après 
luy  et  le  ratainst  derrière  une  haie  et  là  le  prist  et  le  loya 
par  les  costcs  dou  kenestre  de  sen  cheval  et  lataka  {l'attacha) 
à  se  siele  {sa  celle).  Et  dont  remonta  li  dis  Jehans  sour  sen 
cheval  et  féri  des  espérons,  et  traycna  cnsi  celui  tant  que  il 
fu  mors  et  quant  li  dis  Jehans  le  vit  mors  il  saka  I  couliel  et 
len  feri  {frappa)  III  kos  {coups)  en  le  tiête  et  ce  fit-il  pour 
donner  à  entendre  que  chius  se  fu  rais  à  deffense  et  com- 
batus  à  lui  eî  dont  sen  revinat  à  ses  compagnons  qui  laten- 
doient  h  le  maison  dou  prudome.  Et  leur  dist  que  il  ne  le 
pooit  trouver.  Pour  lequel  fait  dessus  dit  Jakemis-li-Contcs 
fius  dou  dit  mort  fist  arriester  ledit  Jehan  Dele  Mote  à 
Tournay  et  sen  fist  partie.  En  proposant  que  chou  avoit  il 
fait  en  mauvais  fait  et  en  raourdre  et  loffri  à  pruver  souflî- 
seantcment,  mais  onques  ticsmoings  nen  fu  oys,  car  li  dis 
Jeans  le  reconeut  sans  force  et  sans  destrainte,  et  dist  que 
ce  fu  fait  une  matinée  devant  soleil  levant. 

Ce  sont  cil  que  li  dis  Jehans  dist  qui  furent  avoec  lui  et 
qui  latendirent  en  le  maison  dou  prudome  mais  il  ni  mi- 
sent onques  main.  Premières,  Colars  Dele  Mole  ses  pères. 
Jacquemis  de  Vaus,  Jehans  li  Escoliers  de  Veson,  Jehans 
Haynnaus,  Lotars  Haynnaus  de  Wasmes,  Haniele-li-Roys  et 
Lotars  de  Crcspins,  parmentiers. 


—  Ml  — 
COx\DAMNATIONS  A  MOIlï 

DA.\S    LA    VILLE    DE    TOURNAI. 

Le  /P  volume  des  registres  de  la  loi  commence  avec  l'année 

1556  et  renferme  les  condamnations  pour  cette 

année  et  les  trois  suivantes. 


Le  mercredi  27  de  janvier  1556. 

L'an  mil  CGC  et  XXXVI  le  27"  jour  de  janvier  fu  justiciés 
de  pendre  Jehans  Gohiaus  de  Mons  en  Haynaut  pour  ce  que 
il  cmbla  1  cheval  à  Mons,  et  fu  suiwois  (poursuivi)  et  pris  et 
tout  le  larenchins  et  depuis  cogneut  que  il  lavoit  emblet. 

(Cette  condamnation  se  trouve  avant  la  précédente  qui  ter- 
mine le  4""=  volume^  c'est  probablement  par  erreur  et  7ious  la 
mettons  ici  comme  si  elle  était  au  commencement  dit  vol.  IV^ 
qui  renferme  toutes  les  autres  de  cette  année.) 

Le  mercredi  3  de  juillet  loo^ . 

L'an  de  grâce  mil  CGC  et  XXXVI,  le  tierch  jour  de 
julletfu  justiciée  de  enfouir  toute  vive  Magne  dou  Prêt,  fille 
Jean  de  Brigodes  de  Valenchienes,  pour  LVII  sous  tournois, 
que  elle  embla  en  un  escring  de  une  siene  vesine  et  le  re- 
concut  et  fu  pruvct  contre  li. 

Le  dimenche  4  août  1550. 

L'an  dessus  dit  le  IIll"  jour  de  aoust  par  un  diemcnce  au 
matin   fu  justiciés  de  trayencr  et  de  pendre  Baudiiins  de 


—  H2  — 

Medele,  pour  ce  que  il  fu  trouvct  que  il  estoit  banis  dou 
royaume  de  France,  comme  raourdreres  pour  le  cause  de  le 
mort  de  Rogier  Dcsraraées. 

Le  lundi  b  aoul  1556. 

Item  le  lundi  en  suiwant  fu  justiciés  de  pendre  Mahieu 
Saboui'es  de  Velaines,  pour  pluseurs  vasselemcntes  (pièces  de 
vaisselle  de  cuivre)  de  keuvre  que  il  reconeut  que  il  avoit 
emblés  en  une  maison  par  nuit  H  quels  Mahiues  dist  que 
Jehans  Escarlaite  li  devoit  Vil  s.  par.  et  na  mie  payet  que 
III  sols  tornois.  Tiesmoing  Jehan  de  Froidmont  et  Jehan  au 
coutiel. 

Item  Katcrine  suer  Thumas,  le  linier  V  livres  VI  deniers 
tournois. 

Item  Jehan  le  Tainteniers  de  chiele  XXV  s.  tournois  à 
boin  compte  à  venir.  Et  vot  que  de  ces  debtes  si  avant  que 
elles  se  poroient  estendre  on  paiasl  les  personnes  qui  s'en- 
suient.  Premiers  à  Flandrois  le  cordewanier  [tordeur  de  cor- 
des, cordier)  XI  s.  tournois.  Item  à  Jehan  deSt-Amant  dctal- 
leur  XXI  s.  tour.  Item  volt  que  on  donnasl  à  Lotart  le  bou- 
lenghier  une  cote  hardie  fourée  de  blanket  et  I  caperon 
double  pour  I  roial  que  il  lui  devoit. 

Le  samedi  15  novembre  1556. 

L'an  de  grâce  M  CCC  et  XXXVI  le  XIII*  jour  de  novembre 
fu  justiciés  de  enfouir  tous  vis  Jehan  Raglais  dis  li  Corbisier, 
merchiers  pour  che  que  il  mist  à  mort  Jackues  le  barbieur 
dcvens  Tournay.  Liquel  Jehan  avoit  si  quil  dist  une  cote 
autre  que  celui  que  il  avoit  vieslie.  Item  un  panier  à  mer- 
cheric  dou  pris  de  XL  s.  ou  environ.  Si  pria  li  dis  Jehan 


—  113  — 

pour  Dieu  que  les  deptes  qui  sensuienl  fussent  payés  Ics- 
quelcs  il  dcvoit.  Premiers  à  Willaume  leNormant,  XII  de- 
niers. Ilcni  à  Jehan  le  Coryer,  demorant  dehors  le  porte  St- 
Martin  VIII  deniers.  Item  à  une  fème  qui  fait  tissus  en  le  rue 
St-Piat,  XXII  deniers,  etc.... 

Le  lundi  16  avril  1557, 

Le  XVI*  jour  d'avril  lan  XXXVII  fu  justicié  à  Tournai  de 
pendre  Jehan  de  la  Ruielle  de  Lille,  liquel  congneut  quil 
avoit  emblet  à  Condet  I  haubregon  [cote  (Varme)  musekins 
paus  et  autre  fier  de  maille  et  pour  ledit  fait  il  fu  justiciés. 

Le  mercredi  9  mai  1357. 

Piércs-li-Curles  dis  Robiers,  fu  justiciés  de  pendre  pour 
une  vake  quil  embîa  à  Mainvaus,  le  IX  jour  de  mai  lan 
XXXVII. 

Le  mardi  24  d'août  1357. 

Jchans-li-Barteres  et  Jehans  Deraere  foulons  furent  jus- 
ticiet  de  pendre  pour  III  calisses  et  autres  joyaux  que  ils 
avoient  emblés  par  nuit  en  l'église  St-Piat  et  avoient  brisiet 
une  verrière  et  entrèrent  par  ledit  lieu  et  fiscnt  eskielle 
[échelle)  dune  corde.  Le  XXIIII'  jour  daout  lan  XXXVII. 

Le  mercredi  31  d'octobre  1337. 

Le  daerrain  jour  doctobrc  lan  XXXVII  fu  justiciés  de 
pendre  Masses  li  Rois  (juon  dist  de  Haussi,  pour  ce  que  li  dis 
Masses  usoit  dun  faus  seel  où  quil  estoit  li  noms  de  Robicrt 
de  Winghes,  chevalier  et  douquel  seel  il  avoit  rechu  de  di- 


—   114  — 

viers  {personnes)  premiers  à  Monseigneur  Henri  Dantoing, 
X  1.  et  en  pluiseurs  autres  luis  {lieux)  lesquelles  coscs  li  dib 
masses  recogneut  à  le  mort. 

Le  mardi  13  novembre  1357. 


Jehans  Polies,  de  Morcourt,  fu  justicies  de  pendre  pour 
pluseurs  larenchins  quil  recogneut  quil  avoit  fait  et  liquel 
aussi  furent  prouvés  contre  lui  le  XIIII'=  jour  de  novembre 
lan  XXXVII. 

Le  lundi  5  décembre  1557. 

Hanequins  de  Prinches,  fu  justicies  de  pendre  pour  cou 
([uil  couvent  quil  cmbla  à  Auwequite  XVII  florins  dont  li  un 
fui'ent  florentes  et  li  autre  royal  (l)  et  les  aida  à  dcspeudre 
Hanequins  Estrille  Delerue,  au  viel  auquel  ildistje  ai  trouve 
tant  de  florins  lu  les  aideras  à  despendre  et  sour  che  li  dis 
Awequite  les  ala  le  lendemain  demander  à  le  mère  doudis 
Hanequins  Estrille  et  doudis  Hanequin  de  Prinches.  Et  puis 
parlèrent  ensenble  et  dist  quil  avoit  lesdis  florins  emblcs  et 
sour  che  Hanequins  Estrille  se  tcnt  et  les  ayda  à  despendre. 
Item  conneut  li  dis  Hanequins  de  Prinche  quil  cmbla  les 
cauches  {bas)  Jaquemon  Delcportc,  cousturier  à  Bruges. 
Item  recogneust  que  il  dist  à  le  fème  Pintemont  que  ses  mari 
mandoit  [demandait)  V  s.  par  lui  et  les  prist.  Le  ticrch  jour 
dou  mois  de  décembre  lan  XXXVII. 


(1)  On  donne  ici  le  nom  de  Florin,  aux  pièces  d'or  de  celle  époque. 
Celles  qu'on  qualifie  de  Florentes  avaient  d'un  coté  une  fleur  de  lys 
fleurie  et  pouvait  vailoir  environ  la  fr.  de  notre  monnaie.  Le  Royjl 
vjllait  bien  de  17  i  18  fr.  selon  les  diirérents  temps  de  son  émission. 


—  IVJ  — 
Le  lundi  20  novembre  1337. 

Slarglicrittc  Moutons,  fèmc  Jaqucmon  Manieflle,  fu  justi- 
chié  de  enfouir  toute  vive  pour  cou  quelle  avoit  emblet  plu- 
sieurs coses  lesquelles  elle  reconeut  et  dist  que  dame  Jaque 
a  I  scurcot  qui  est  engagés  pour  X  s,  et  sen  pairaton  [on 
paira)  à  Lollart  Makeriel  XII  s.  et  VIII  d.  quelle  li  doit. 
Premiers  dist  quelle  cmbla  aie  maison  Jehane  Frémyne  I 
sourcot  fouret  defème  item  un  pot  defoevre  (fer),  un  poêle, 
un  kaudron  II  caprons  de  fème  une  paire  de  warcolcs  en 
laine  qui  est  à  Bailloel,  à  le  maison  Jehane  Lcpois.  Et  dist 
que  li  dite  Jehane  nen  set  riens  et  li  doit  X  s.  et  quelle  doit 
de  ces  X  s.  à  Billon  Destambruges  II  s.  et  dist  qualis  {qu'A- 
lis)  de  Musebieque  se  tante  nen  set  nient.  Et  dist  quelle 
prist  à  le  maison  Symon  Delcourt  à  Bétignies  II  côtes  lune 
dommc  et  laute  de  fème  dont  li  cote  de  le  fème  fu  vendue 
XII  s.  et  vendy  a  Henry  de  Musebieque,  et  li  dist  Henris 
vendy  à  Wattier  Plauvier,  une  côte  de  fème  II  napeslpla- 
tiel  destain  I  warcolet  {vêtement  garni)  I  capron  dôme  pour 
rendre  au  dist  Symon.  Item  donna  à  Jehane  fème  Symon 
Deincourt  IV  s.  que  Bette  Hanlestien  li  devoit.  Et  recogneut 
li  dite  Marghcrite  que  elle  embla  à  le  maison  Gheluwità 
Remegnies,  environ  V  livres  de  filet  lequel  filet  elle  fist 
rendre  par  le  priestrc  de  Ramcgnics.  Item  elle  done  à  sen 
fil  V  hotiaus  de  miesson  qui  sont  à  le  maison  sen  antain 
{sa  tante).  Item  dist  quelle  dona  à  Crainet  IIII  aunes  de 
blanquet  de  IIII  s.  laune  et  VI  aunes  de  drap  de  V  s.  laune 
dont  il  li  devoit  acater  une  pliche  et  li  avoit  enconneut  par 
se  foy.  Item  reconneut  que  elle  doit  à  le  fème  Grippe  VI  s. 
Le  XXVI"  jour  de  novembre  lan  XXXVII. 


—   HG  — 
Le  lundi  5  décembre  1537. 

Le  Uerch  jour  dou  mois  de  décembre  Jan  de  grasce  rail 
III»  XXXYII  fu  Lotins  Par  justichies  de  traîner  et  de  pendre 
pour  pluiseurs  tenseries  [exactions  et  vol)  et  reuberies  quil 
avoit  faites,  lesquelles  il  recogneut  en  le  manière  qui  s'en 

suit  : 

Pi'cmiers  recogneut  que  il  et  Biernard  de  Haudion  avoient 
eut  de  II  gareçons  à  Marquaing  XIIII  gros  et  demy.  Et  reco- 
gneut quils  eurent  dun  marcant  damicns  II  florins  dont  il 
acatérent  le  drap  de  deux  côtes  hardies  et  recogneut  li  dis 
Lotars  quil  et  Biernard  de  Haudion,  avoient  juré  quil  tuc- 
roient  le  fils  Jelian  Avrillet,  et  Icn  priât  mercit  et  li  Guis 
doudit  Avrillet  li  demanda  pourquoy,  et  il  dist  quecouestoit 
pour  paroUes  quil  avoit  dites  de  yauls.  Et  recogneut  quil, 
Biernard  De  Heudion,  Thuars  Deleporte,  vivoient  fors  {hor- 
mis) de  ce  quil  pooient  prendre  partout. 

Et  recogneut  quil  avoit  fait  plus  de  mal  depuis  quil  vint 
en  le  compaignie  de  Biernart  De  Haudion,  quil  navoit  fait 
oncques  de  devant  et  avoient  pris  tant  et  en  tant  de  luis 
(lieux)  quil  nen  savoit  le  nombre  et  par  tout  où  il  pooient. 
Et  recogneut  que  il,  Caraars  de  Biernes,  Thuars  Deleporte 
arriestérent  II  homes  à  Armentièrcs-sous-le-Lys  et  en  eu- 
rent II  royaux  et  XXX  s.  Item  fu  seut  soufTisaument  que  co- 
rnent que  Lottars  Par  scrjantast  darricster  raonoies  que  ses 
pooirs  estoit  rapielles  dou  tans  Mons.  Ferry  de  Denisi  adont 
gouverneur  de  Tournay,  et  aussi  dou  tans  Mons.  Godemart 
Dou  Fait  gouverneur  de  Tonay  et  chc  faisait  come  non  scr- 
jans  quil  estoit  et  sans  pooir  ne  comission  quil  en  euist. 

Le  lundi  \0  décembre  1337. 

Le  X«  jour  de  décembre  lan  mil  III"  XXXVII  fu  Huars 


—  117  — 

Deleportc  justichiés  de  trayncr  et  de  pendre  pour  pluseurs 
tenseries  et  rcuberies  quil  avoit  faites  lesquelles  il  recogneut 
en  le  manière  que  scn  suit  : 

Premiers  dist  et  recogneust  que  il  et  Grars  de  Gruisons  de 
gens  que  li  dis  Grars  avoit  arricstés  de  XXX  s.  que  li  dit 
arriestés  avoient,  eurent  IIII  s.  Et  dist  que  il  ayda  à  despen- 
drc  XXX  s.  que  Jakemes  Gourliaus  et  li  baillius  Darmen- 
ticres  leur  fisent  avoir  par  acort  de  gens  quil  avoient  arriestc 
à  maise  cause  et  furent  au  dcspendrc  avoec  lui  :  Camars  de 
Bierncs,  Lotins  Par,  et  Grars  de  Gruisons.  Et  dist  que  Grars 
de  Gruisons  et  il  arriesta  un  home  à  le  maison  Wuille  Gas- 
quiere  à  Wanebrechies  et  eut  VII  pctis  florins  doudit  vallet 
et  furent  li  florins  Josset  Deleval  et  recogneut  que  il  et  Ma- 
hieu  Desbos  avoient  eut  sans  cause  et  sans  raison  XX  livres 
d'un  home  de  Maubray  et  en  set  parler  Gossuin  Bcnois  et 
fist  le  recognissanche,  en  trues  {au  temps)  que  on  le  traynoit 
devant  le  porte  prime. 

Item  dist  et  recogneut  au  gibet  par  devant  le  pricstre  de 
Kain  que  il  avoit  eu  II  florins,  par  le  main  dou  dit  priestrc 
pour  cou  quil  porta  faus  tiesmoingnage  pour  le  screur 
doudit  priestre  à  lencontre  de  le  feme  Colart  dou  saucoit  et 
en  acata  drap  pour  se  feme  et  dist  que  Jehan  Delespine 
porta  ledit  tiesmoingnage  avoecques  lui. 

Item  dist  que  sout  le  lieutenant  dou  gouverneur  et  les 
jurés  et  pardevant  IIII  homes  du  Roy  nostrc ,  assavoir  est 
mons.  Bernardt  de  Galonné,  chevalier,  Nicaise  Asse,  Pieron 
Florart  et  Pieron  Maynait  que  le  tiesmoingnage  qu'il  avoit 
porté  pour  la  ville  de  Tournay  à  lencontre  de  mons»".  de 
Ilaynaut  dou  temps  que  Pierre  De  le  Marlière  estoit  gou- 
verneur, il  lavoit  porté  bien  et  loyalement  sans  coruption 
sour  le  mort  quil  atendoit.  Item  dist  quil  rendy  à  Nyellede 
Dynant  X  s.  pour  une  foururc  que  li  finis  dou  dist  Huart  li 
devoit  avoir  crablet  et  ce  (ist  il  pour  scn  fil  osier  le  blasme. 

45 


—  lis  — 

Le  dimanche  5  février  !538. 

Le  ticrclie  jour  don  mois  de  février  l'an  XXXVIII  fti  jus- 
tichics  Colins  Waroquiers  de  Kicvraing,  foulons  de  lui 
enfouir  tous  vif  pour  cou  quil  tua  et  mist  à  mort  d'un  cou- 
tiel  taille-pain  Jehan  Doupret  Damiens,  cliavetier  etfu  par 
un  mardy  à  tuer. 

Le  sameJy  o  may  1558. 

Le  XV' jour  du  mois  de  may  lan  XXXVIII  fu  justichics 
de  trayner  et  puis  pendre  Lukas  Bintc ,  tenderes  de  dras 
Dypre,  pour  cou  quil  fu  bien  prouvet  contre  lui  que  il  avoit 
ocliis  en  mauvais  fait  et  pour  le  sien  Salin  dou  Puch  Dypre 
et  de  nuit  et  pour  le  fait  dessus  dit  le  poursuiwi  Jehan 
Witcbais,  frères  dou  dit  mort. 

Le  jour  dessus  dit  fu  Andruis  li  Porkicrs  de  Braysour 
fiuls  Oudart  le  Porkier ,  justichiés  de  pendre  pour  pluisieurs 
larenchins  quil  avoit  fais  li  quel  scnsiuvcnt  et  lesquels  il 
recogncut  en  le  Halle  devant  le  gouverneur  et  les  jurés. 
Premiers  recogneust  li  dis  Andruis  quil  embla  I  florin  k 
Icscut  à  Jaqucraon  Levillain-li-fils  qui  il  siervoit.  Ilcm  audit 
Jacquemon  par  plusieurs  lies  V  s.  en  se  bourse,  et  une 
pique,  lequelle  il  laissa  en  Wagc  pour  II  s.  a  Ihostel  Jehan 
Balle.  Item  dist  qui!  rmbla  à  lostcl  des  balances  à  Lille  ,  une 
côte  fourée  quil  vendit  XV  s.  au  raarquictà  Tournay.  Une 
autre  côte  partie  qui  est  en  wagcs  à  usure  en  le  rue  devant 
le  maison  Biernart  Delcbare ,  pour  II  s.  et  dist  quil  se 
mucha  [cachai]  en  Icstanle  [l'èlable)  des  kcvaus ,  et  il  embla 
à  Lille,  à  lostcl  des  balances,  Ilcôtes  roycs  et  III  eaprons, 
II  paires  de  blanques  kauchcs,  lesquels  coscs  sont  à  usur 
dehors  le  porte  Yalcnchenoise,  de  les  une  sauvcressc  hors- 


—   119  — 

mis  une  paire  de  kauchcs  quil  avoil  kaucics  et  II  aunes  de 
drap  tout  ce  en  v.ages  pour  XIII  s.  Et  dist  (juil  enibla  audit  - 
ostcl  deux  paires  de  lingues,  dras,  une  kemise  et  I  coutiel  à 
pointe  et  estoienl  en  wages  à  le  maison  Jehan  Balc,  pour 
XXII  s.  il  cmbla  audit  oslel  I  coffret  de  cuir  petit  à  Eslcu- 
vrc  ou  il  avoit  I  grant  sccl  dargcnt  lequel  seel  il  brisa  et 
dépêcha  dun  marticl  par  pieclie  et  en  vcndy  à  Colas  lorfè- 
vre  XXXIIII  s.  dargent  et  à  I  autre  orfèvre  VIII  soldées  et 
et  au  fil  Jehan  Gloquct  à  sen  cange  {change)  IIII  soldées. 

Item  dist  li  dis  Andruis  que  Colars  Moriauls  eut  le  kainc 
(chaine)  dargent,  une  boursette  de  scie  où  il  avoit  une  crois 
dor  et  dargent  et  I  cruchcfis  en  le  crois  et  il  avoit  à  ccscun 
debout  de  le  crois  une  pierre  ne  set  quelles  valoient  les- 
quelles coses  Colars  eut  pour  X  s.  Et  dist  que  Kassiaus  li 
Kamus  ki  demeure  en  le  rue  Prévost,  eut  à  li  une  affiquc 
dargent  dorée  dor  esmaillé  et  lettres  dor  cntour  lafiquc 
lequel  afïique  il  acata  III  s.  I!  prist  en  celui  hoslel  I  couver- 
loir  quil  vendy  VI  s.  III  paires  de  linchius  quil  vendy 
XVI  s. 

Il  dist  que  ly  orfèvre  qui  a  le  fdle  Patris  eut  à  lui  le  coffret 
et  un  anicl  dor  et  I  saflir,  lesquelles  coses  il  aecata  à  lui 
XVIII  s.  tournois  et  li  dist  on  que  li  dis  anyaus  valoit  bica 
III  écus  et  toutes  ces  coses  il  prist  en  une  nuit  à  Lille,  en 
sack  mallcrech  dun  somier  et  les  «porta  tantos  à  Tournay. 
Et  il  embla  à  lostel  Jehan  De  le  Sauch  à  Lille ,  une  cloche 
de  drap  lequel  il  vendy  ii  Lille,  illl  s.  parisis,  et  il  cmbla 
à  Wervy  (irt'7-fîc)  en  lostcI  Jehan  Basin  ,  II  rcuhcs  dôme 
lune  de  dras  à  sen  vallct  et  laufre  doudit  Jehan  lesquelles  il 
vendy  à  Valenchiennes  XXXIIII  s.  et  dist  que  ec  fu  un  an 
ou  environ.  Et  di^t  que  I  an  a  ou  environ  il  embla  à  Popc- 
ringhe  à  lostel  Jaqucmon  De  West,  taintenier  une  reube  de 
sen  maistrc  vallet  une  cloque  de  drop,  I  blanquet,  1  coutiel 
taille-pain,  cl  II  virsellcs  dargent  .  une  taules,  III  aunes  de 


—  120  — 

drap ,  1  cotehardies ,  1  caperon  qui  cstoit  le  compaignon 
doudit  mestrc  vallet.  Lesquels  coses  sauf  le  cotehardie  et  le 
coutiel  il  vendy  XL  s.  parisis  et  VI  deniers.  Et  dist  quil  em- 
bla  audit  Jehan  Basin ,  en  se  bourse  à  pluiseurs  fois  le  value 
de  ml  royaux  dor. 

Item  dist  que  li  dis  Kassiaus  et  Colas  dou  Lupart  amen- 
dèrent de  lui  en  une  nuit  le  value  de  LX  sous  tournois  au 
croyer  et  dist  que  il  avoit  emblé  plusieurs  fois  à  sen  père  et 
en  pluiseurs  lius  VI  livres  IIII  sols  IIII  deniers  et  autres 
menues  coses.  Et  dist  que  XII  ans  a  ou  environ  il  embla 
une  pliche  à  bray  pour  home  lequelle  il  vendy  IX  sols  et 
eut  ses  pères  consel  très  dont  de  lui  enfouir  tout  vif. 

Et  dist  que  Colins  dou  Lupart  le  menaquer  à  le  maison 
Kassiel  quer  as  des  et  là  pierdy  a  Colas  Moriel,  bienLX  livres 
et  XVIII  s.  de  laniel  et  X  s.  pour  le  croisette  et  le  kaynette 
dont  le  kaynette  pesoit  II  onches  et  li  crois,  pesoit  si  quil  li 
sembla  onche  et  demie  et  de  toutes  ces  coses  il  neut  que 
X  s.  et  dist  quil  li  firent  tout  cest  domage.  Item  dist  quil 
embla  avoec  le  cotte  de  beghinet  une  cote  royëe  lequel  il 
vendy  VII  s.  t.  Et  dist  que  il  embla  Phelippot  Willequin  en 
se  bourse  bien  LX.  sols  parisis. 

Le  vendredi  5  de  juillet  1338. 

Picrcs  Moriauls  dis  li  bruns,  fu  juslichiés  de  enfouir  tous 
vis  pour  mettre  a  mort  dun  coutiel  Iluct  Tucpain,  le  lierch 
jour  de  julle  lan  XXXVIII. 

Le  vendredi  18  septembre  1558. 

Frcmins  de  Cricvccuer  Dancrc  fiuls  Jehan  Pensui  fu  jus- 
lichiés de  traîner  et  de  pendre  pour  cou  quil  fu  acuses  de 
pluiseurs  homes  qui  furent jusliehicl  en  Ilainauf.  au  Kenoil 


—  121   - 

et  ailleurs  quil  esloil  meur  Jeres  liquels  Frernins  dist  cl  rcco- 
gneut  que  nuls  houriers  ne  hourières  nest  preudomme 
preudefeme  ne  leur  cant  donc  aucune  cose  leur  viengne 
mais  quil  laient.  Ilem  cogneut  que  a  Encre  il  mist  à  mort 
dun  coutiel  Raoul  Bleuwct.  Et  dist  que  il  et  Jehan  de  Treny 
sour  le  rive  de  Marne,  reuberenl  1  home  VI  aunes  de  toille 
et  I  vicstcraent.  Et  dist  que  il  et  Malseproeve  et  Mahines  de 
Pierone,  viers  Prcgny  emblercnt  une  braies  et  une  kenisse 
dont  il  eut  les  braies,  et  que  pluiseurs  fois  car  et  pisson  au 
temps  quil  fu  a  Mons^  Jehan  de  Flandres  il  embloit  et  ven- 
doit  et  largent  dépensait.  Et  dist  que  pluiseurs  fois  sen  père 
il  fourconta  sen  argent,  et  quil  cmbla  a  Crievecuer  bien  XII 
anwilles  dont  cescune  vali  ben  VIII  deniers.  Item  dist  que  il 
Jehan  de  Motenaincoiirt  de  Arras  Druiwes  Hochetorne  de 
Passy,  tuèrent  Jehan  de  Bonsauch  et  le  fery  li  dis  Fremins 
premiers  dune  fourque  en  le  tiestc  et  puis  li  prisent  et  li 
icubcrent  che  quil  avoit  sour  lui  et  fu  cuis  fait  fet  viers 
Domere  sour  Marne  le  vendredi  XVIII^  jour  de  septembre. 

Ze  vendredi  25  septembre  1338. 

Jaqucmins  Cauwes  fut  justiciés  de  traîner  et  de  pendre 
pour  cou  quil  fu  accuses  de  pluis  mcurdres.  Il  covent  quil 
cmbla  II  florins  et  une  florcnche  Willaume  Liepput  une 
nuit  quil  jut  avoec  lui.  Dist  quil  osta  I  home  appielleEsch 
son  caperon  entrues  quil  le  ramenoit  a  se  maison  pour  cou 
quil  estoit  yvre  et  le  vcndy  XX  s.  Et  dist  que  Courchelois  fu 
a  tuer  Hanequin  Assc  et  Baudes  Campron  et  a  perdu  le  ville 
et  dist  quil  fu  au  fait  et  que  Baudes  Camprons  le  fcrit  et  le 
navra  dont  il  moru  ancois  qtio  de  le  plaie  que  li  dis  Baudes 
li  fist.  Et  que  du  fait  Dc\\  icr<  il  tua  J;;l;c  Bouquiel  vier? 
Bari. 


—  i2â  — 

Item  dist  qiiil  aida  à  boire  les  IX  los  de  vin  qui  furent  de 
lui  et  dautres  pris  et  reubcs  à  Marc  Paiiwclone.  Et  que 
Baudes  Galopins  dencoste  {du  côlé  de)  Maubeuge  est  liouriers 
et  mais  {mauvais)  home  et  fu  ses  companis  justicics  à  Mau- 
beuge dun  priestrc  quil  tuèrent  et  li  dis  Baudes  eseapa.  H 
dIst  que  Jehan  Konappe  et  Lot  de  Morcourt  sont  hourier  et 
ne  vivent  fors  de  hourie  (ro/).  Et  dist  que  Courchelaiscst 
lioiii'iers  et  mais  home  que  Hanequin  Discnghicn,  mourdry 
I  home  dales  {au-delà)  Haspre.  Si  quil  vot  dire  le  venredy 
XXV»  jour  de  septembre. 

Ilancquins  li  prains  Plagriéresfu  justichies  de  traineret 
de  pendre  pour  cou  quil  fu  acuscs  de  pluisieurs  mourdreurs 
que  furent  justichies  en  Hainau,  au  Rennoit  {Quesnuy)  et 
ailleurs  quil  estoit  mourdcrcs  et  conçut  ains  Hanequin  qua 
pluiseurs  fies  il  avoit  cmblet  dargent  jusquà  X  s.  et  quil  es- 
toit  houriers  et  avoit  vescu  de  femes  en  houerie  et  que  nuls 
houericrs  ne  houericre  ncst  ne  puct  être  prcudom 
{prud'homme)  ne  preude  fème,  le  vendredy  XXV*  jour  de 
septembre. 

Jehane  Cauffour,  fu  justiciéc  de  enfouir  toute  vive  pour 
pluiseurs  larenchins  que  elle  avoit  fait.  Elle  rcconeut  quelle 
avoit  tant  cscous  de  bourses  quelle  nen  savoitle  nombre  et 
dist  quelle  a  bien  escous  de  bourses  jusqucs  à  XX  livres. 
Item  dist  que  li  Longhe  Trisse  et  Trisse  qui  na  quun 
poing  amie  Colin  Lauwier,  sont  escouresses  de  bourses,  et 
({ue  li  Longhc-Trisse  li  a  apris  à  eseourre  bourses.  Et  dist 
que  Maignons  li  buseliéro  eut  de  li  VIII  s.  Aneltc  Platelclte 
autant,  et  3îaignons  Pauwelone  autant  de  II  escus  quelle 
cscoust  en  une  bourse  et  clic  prist  le  ramenant  pour  li,  et 
que  Maignons  li  buseliérc  ne  vaut  nient  pis  que  li.  Que  mais 
li  pcndercsse  est  cscouressc  de  bourses,  que  li  Longhc-Trisse 
prist  à    un  flamant  qui  estoit  sourli    [ivre]  XX  mailles  dor 


—  123  — 

«loiit  elle  en  eut  II  et  pour  cou  ijut-ik'  en  eut  si  peu  elle  Iaciu;5 
et  le  fiit  ravoir  les  dits  florins. 

Item  dist  que  Lolins  Truffe  est  houriers  et  tua  à  Bruges 
Pasketle  sen  acointe  dencoste  li  et  dist  qui!  a  voient  tantes 
butcnsauUc  [ensemble).  Que  Lotin  Desplecin  est  le  plus  mais 
houriers  de  Tournay.  Que  Lotin  de  Morcourt  ne  vauroit  mie 
avoir  le  plus  bielle  fomc  dou  monde  se  elle  ne  juoit  de  ses 
mains  Quhanette  dele  Rosière  amie  Lotin  Truffet  qui  fu  et 
autres  femes  avoec  li  à  Courtray  entrucs  {pendant)  que  uns 
Espagnos  gisoit  à  celi  qui  parle  emblérent  les  florins  et  lar- 
gcnt  doudit  espagnol  et  li  dite  Hanette  qui  parle  prist  à  laf- 
fique  doudit  II  florenchc  quelle,  eut,  et  quelle  a  eut  pluscurs 
fies  argent  de  Maignon  Cuvelette  de  cou  [tout  ce)  quelle  a 
cscous.  Que  Jehan  Kenappe  est  houriers  et  a  maise  grasce 
de  dehors  et  quant  il  va  dehors  de  le  ville  les  Ilouresct  li 
houriers  dient  quil  va  vir  noslre  Sire,  c'est-à-dire  quil  em- 
hle  cou  quil  tient.  Et  dist  que  Lottins  des  Baigncries  qui  fu 
ses  amis  et  (est)  léres  et  houriers  est  mais  home  et  quelle 
neuist  ja  {jamais)  mal  fait  se  il  ne  fust.  Et  dist  quhanette 
Crisembiens  amis  Thumas  Doufresnoit  est  escourctte  de 
bourses  et  quelle  a  esté  où  elle  a  cscous  bourses  le  vendredy 
XXV*  jour  de  septembre. 

Le  mardi  XXIII^  jour  d'octobre  i358. 

Le  mardy  XIII"  jour  du  mois  d'octobre  lan  mil  III* 
XXXVIII  fut  justichiés  de  trayner  et  de  pendre  Willaumes 
Goréle  pour  cou  quil  conneut  quil  avoit  raourdry  Jehan 
Christophe  de  nuit  en  sen  lit  et  lavoit  estranlé  d'une  corde. 

Item  en  celi  jour  en  trues  (pendant)  que  on  faisait  justiche 
doudit  Willaume-Gillcs  don  Croquet  sependy  en  se  maison 
d'une  corde  et  se  estranla.  Sy  fu  justiche  faiclc  de  lui  tous 


—  424  — 

mors  qu'il  cstoit  de  trayner  et  de  pendre  et  latela  on  (1; 
tintos  que  on  fu  revenu  doudit  Willaumc  justicier. 

Le  mardi  premier  jour  de  décembre  1558. 

Juliane  Prieuse  fu  enfouie  toute  vive  pour  ce  quelle  estoit 
h.inic  à  III  ans  se  fu  reprise  en  li  justice  de  Tournay,  le  pre- 
mier jour  de  décembre  lan  XXXVIII.  Et  dist  le  dite  Juliane 
que  li  laine  qui  est  en  le  nappe  est  marie  Plumetteet  li  autre 
estoit  se  niéche  (à  sa  nièce).  Que  li  nappe  et  li  kemise  est 
une  fème  appiellée  Jehane  Agenech.  Quune  kuilte  [soutane), 
une  nappe,  deux  aspiers  [petites  haches)  et  une  paielle 
(poêle  à  feu)  est  le  feme  Pierart  dou  Ponchiel  à  Geneth. 
Quelle  doit  à  mary  de  Liste  III  s.  à  Marie  de  Ilaudion  VIII 
s.  t.  et  VI  d.  quelle  prist  pour  Banchant  Mouton  une  livre 
de  poivre  au  pris  de  III  s.  Et  dist  que  Garons  li  quita  de  chie 
dont  à  présent  il  li  demande  XXV  livres  parmy  che  que  III 
ans  elle  li  livra  sen  corps  et  depuis  le  dis  Garons  fu  mandés 
et  quitta  le  dittc  Juliane  desdites  XXV  livres.  Présent  Jehan 
Moule.  P.  li  Muisit  Jehan  le  mire  Rechcvont,  Jache  DelofFre 
Roger  de  la  Buanderie  et  plusieurs  autres. 

Le  8«  jour  de  janvier  4551). 

Jehan  li  Tuiliers  fu  justichies  de  trainer  et  de  pendre 
pour  pluiseurs  larenchins  qu'il  avoit  fais  en  le  cyté  de  Tour- 
nay le  VIII*  jour  de  janvier. 


(1)  On  faisait  traîner  par  un  cheval  jusquau  lieu  oU  on  exécutait 
les  malfaiteurs,  le  cadavre  de  ceux  qui  contre  les  lois  divines  ei 
tuimainos  se  suicidaient. 


—  121)  — 
Le  vendredi  26  février  ioùQ. 

Baudcs  Galopins  de  Muiibcuge  fu  justichiés  de  traîner  et 
pendre  pour  cou  quil  conçut  qu'il  avoit  été  à  tuer  en  mau- 
vais fait  et  de  nuit  seigneur  Jacques  Lemcrcliier  dit  Barbe, 
priestre  de  Binche  et  avocc  fu  ben  prouvé  contre  luy  par 
boins  tiesmoins  et  se  fit  partie  contre  lui  Colnrs  frères  dou- 
dit  priestre,  le  vendrcdy  XXVl'"  jour  de  février  l'an  mil 
CGC  XXXVIII. 

Hanette  Torabielle  de  Vezon  fujustichîée  de  enfouir  toute 
vive  pour  cou  quelle  conçut  quelle  étoit  ajulté  (accouchée) 
dun  enfant  lequel  ellesouffry  qnil  fu  jettes  en  1  courtil  en 
Glatigny  et  trouva  on  que  li  dis  enfans  estoit  tout  sannans 
(saignant)  et  quil  avoit  le  visage  entamet  et  un  brach  men- 
guict  (mangé)  h  ce  jour. 

Le  jeudi  11^  jour  de  mars  1539. 

Baudes  Darras  fu  justichiés  de  traincr  et  de  pendre  pour 
cou  quil  fist  justiche  de  lui  et  que  il  se  désespéra  et  le  trouva 
on  pendant  [pendu)  le  XI«  jour  de  mars. 

Le  mercredi  ZO^  jour  de  juin  1339. 

Jehanes  de  Saint-Pol  de  Lyon  sour  le  Bone  ,  fu  justichiés 
de  pendre  pour  le  ixcognissanchc  quil  fist  de  VII  florins  à 
lescut  I  royal  dor  et  de  XV  blanques  mailles  quil  dist  quil 
avoit  emblés  de  nuit  en  lostel  Mehaut  de  le  Crois,  fème 
Loltart  dou  Monchiel.  Et  dist  quil  ouvry  le  maison  dun  cou- 
tiel  tant  quil  fu  ens  (dedans)  et  puis  rompy  le  sierure  dun 
escring  où  li  argens  estoit ,  doudit  coutiel  et  le  prist  et  em- 
porta. Et  reconneut  quil  avoit  rccope  (découpé]  blanque 
monoie  dune  chizoire  (bassin)  et  ycelle  refroltée  sour  une 
piere  pour  mius  alouer.  Le  darrain  jour  de  juin  ian  XXXIX. 

16 


—  426  — 

Le  wercredi  7*  jour  de  juillet  1359. 

Jaquemins  li  Basenicrs  de  Bierncs  fu  justlchiés  de  lui 
enfouir  tous  vif  pour  cou  que  Jakemins  de  Markaing,  len 
coupa  d'un  cop  de  couliel  qu'il  eût  douquel  il  moru  le  YI1« 
jour  de  jullc. 

Le  vendredi  II''  jour  de   février  l'an  iôdd. 

Jakemins  li  bastars  de  Harchies  fu  justichiés  de  pendre 
pour  plusieurs  larcnchins  que  il  fist  lesquels  il  reconneut. 
Premiers  dist  qu'il  embla  à  le  maison  les  wattcleuses  à 
Houbaumcs  delez  Cambron-saint-Yincyen  une  cotte  de  feme 
au  pris  de  XXV  s.  t.  Et  dist  que  en  dis  liu  il  prist  I  Capiel 
de  pierles  au  pris  de  V  s.  et  plusieurs  louches  despiautre. 
I  warcolct  et  I  aune  de  soie  et  dist  que  toutes  ces  coscs  il 
embla  audit  lieu  et  brisa  I  coffre  où  les  dittcs  coses  es- 
toient,  rentra  en  lostcl  de  nuit.  Et  dist  qu'il  a  à  Harchies 
sourie  masure  qui  fu  le  Darliole  III  s.  t.  et  VI  deniers  de 
blanc  de  rentes  lesquels  il  assenne  [assigne)  et  donc  à  Jakc 
Payen  espessier  {épicier)  et  pries  à  sen  frère  qu'il  voelle 
doncr  se  partie  audit  Jake  Payen  pour  lui  payer  de  che  quil 
emporta  maisemont  en  larcnehin  doudit  Jackcs  tant  qu'il  soit 
payez.  Et  dist  que  Colars  As  longhes  gambes  li  doit  XXV, 
s.  t.  et  VIII  journées  de  VIII  deniers  le  journée  monoie 
de  Hainau  si  requiert  que  on  en  paieche  mathieu  Bustin  et 
dist  quil  a  donet  à  Gillot  Warnicr  et  à  Jake  Wiart  II  pa- 
vellons  et  LX  s.  pour  double  qu'il  ne  le  mourdresis,,  car  il 
Icn  voioient  mener  parles  pa'is  et  disoient  qu'il  en  yroient 
prester  ausures  (à  usure)  douquel  argent  il  reut  II  pavcllons 
à  Chierve  car  il  les  suivist.  Par  loy  le  XI  jour  de  Février 
l'an  XXXIX 


—  \'27  — 

Le  mercredi  \Q^  jour  de  février  i339. 

Denis  Clous-de-fier  Dippre  corJewanieis  fu  justiciés  de 
pendre  pour  pluisieurs  bourses  que  il  avoit  copées  lesquelles 
il  recogneut  le  XV^I^  jour  de  février  lan  XXXIX.  Et  dist  que 
Danekins  de  Courtray  sont  copeur  de  bourses  et  repairent 
à  Lille  en  le  rue  qui  va  a  Ypprcs  devant  le  casîiel  à  Ihoslel 
dun  houie  de  Flandre^-  qui  a  espouset  un  feme  de  Lille. 
Et  dist  que  Lambequins  de  Bruges  est  coperes  de  bourses 
et  repaire  a  Yppre  en  le  rue  St-Jakcrne  al  hostel  Thieri  la 
Bouch.  Et  que  Autel  de  Rodinekin  dcraore  devant  le 
maison  Annetiers  al  hostel  derrière  le  Halle.  Et  dist  que 
autel  de  Hannin  Warwoelle  deniore  al  hostel  leditte 
Annetiers. 

Le  lundi  '27^  jour  de  mai'S  1339. 

Henries  Brunezenne  de  .Midelebourchfu  justiciés  de  pen- 
dre le  lundi  XXVII*  jour  de  march  lan  XXXIX  pour  plusieurs 
bourses  lesqueles  il  recogneut  qu'il  avoit  copées  et  dist  quil 
a  ben  copet  tant  de  bourses  quil  y  a  wagniet  une  livre  de 
gros.  Et  dist  que  Copins  de  Berge  est  mestres  coperes  de 
bourses  quil  ne  fet  autre  métier  que  coper  bourses.  Item  ili^t 
quil  a  copet  telle  bourse  où  il  avoit  VII  écus  dont  Copins 
de  Berge  eut  se  part  et  les  despendirent  ensemble.  Et  dist 
que  tout  li  compagnon  avoec  qui  il  a  esté  en  prison  et  qui 
furent  pris  avoec  lui  sont  copeur  de  bourses  et  ont  esté 
copeurs  de  bourses  VI  ans  et  li  nient  que  III  ans.  Et  que 
Danequins  qui  na  quun  oel  est  mestre  des  copeurs  de 
bqjurses  et  quune  fois  à  Tenrcmonde  il  parti  a  lui  de  XV 
gros.  De  quoi  li  dis  Danekins  eut  X  gros  pour  ce  que  une 
fois  il  li  avoit  donet  X  gros.  Item  dist  que  Mones  de  Cour- 
trai  est  foricres  et  que  Piercs  de  Lcuwe  de  Bresbant  si  qui! 
cuide  et  ne  scet  mie  chiertainement  le  liu  où  il  fa  nées 


—  i28  — 

et  va  par  le  pais.  Et  le  maistres  est  pires  que  copcres  de 
bourses  ne  sont,  car  il  avoec  ses  compagnons  font  faire  les 
maies  façons  et  puis  en  prendent  l'argent. 

Le  mercredi  12^  jour  d'avril  1539. 

Jchans  Pancoucke  de  Gand,  et  Pieres  de  le  Hole  Dac- 
kesele  des  IIII  métiers  furent  justiciet  de  coper  les  testes  en 
plein  marquict  pour  ce  que  il  furent  pris  come  anemi  dou 
Roy  où  il  boutoient  le  feu  au  royaume  lequel  cose  ils  reco- 
gneurent.  Fait  le  X1I«  jour  davril  lan  XXXIX.  (1) 

Le  vendredi  IS^  jour  de  mai  1539.  (2) 

Une  feme  fu  trouvée  en  le  porte  Prime  qui  sestoit  pendut 
par  désespéranche  liquelle  fu  menée  as  cans  par  justice  à 
son  de  cloque  et  enfouie  par  loy  le  XV^  jour  d'octobre. 

Le  12^  jour  de  mai  1359.  v.  s, 

Piei'es  Elies  Darras,  bierguiers,  fa  justichiés  de  pendre  le 
vendredy  XII«  jour  de  may  pour  cou  qu'il  reconeut  qu'il 
avoit  pris  et  emblet  de  nuit  le  coroie  et  le  caisse  d'un  sien 
maistre  qu'il  servoit  appiellc  Jehan  le  plcrdu  demeurant  à 
Rouvroy  en  le  paroisse  Descanafflc,  en  lequel  caisse  avoit 
XII  livres  tournois. 


(1)  C'est  la  première  condamnation  de  ce  genre  que  l'on  trouve 
sur  les  registres  de  la  loi. 

(2)  Il  y  a  eu  interverlissement  dans  l'ordre  des  comdamnalions  à 
mort  sur  les  registres  de  la  loi.  Cependant  comme  le  greffier  a  pu  faire 
une  erreur  de  date,  nous  avons  suivi  les  procès-verbaux  selon  le  rang 
qu'ils  occupent  dans  le  livre. 


—  129  — 
CONDAMNATIONS  A  MOUT 

DANS    LA    MLLE    DE    TOL'U.NAI. 

Extraites  du   F=  volume  des   registres  des  Causaux 
commençant  le  15  octobre  1540  jusqu'à  l'année  1334. 


Passekins  Duste  de  Comines,  fu  justiciés  de  pendi*e  pour 
cou  qu'il  conçut  qu'il  avoit  emblct  pluisieurs  menues  coses 
si  com  une  caisse,  une  coroie,  bourscttes.  affîques,  aniauls 
patrenoste  et  I  pied  d'argent  lcXlII«  jour  d'octobre. 

Le  a°  jour  de  Janvier  1340  (v.  st.) 

Thiériacîe  de  Vicsrain  de  Soubrcchics,  fu  enfouis  tous  vis 
pour  mètre  à  mort  dedens  no  justice  Jehan  de  Boulogne, 
feure  le  V«  jour  de  janvier. 

Le  S^  jour  d'aoust  1341. 

Jehans  de  Franche  que  on  dist  Scbiliars  ,  fu  justichics 
de  pendre  pour  cou  qu'il  congneut  et  confiessa  qu'il  vint  h 
1  vallet  apiélc  Bordin  Loisleur,  et  ly  dist  «  Bordia  nous 
«  sommes  pourc  et  ne  nous  savons  de  quoy  chevir  »  Et 
Bordin  lui  respondy  :  se  lu  me  vos  croire,  nous  nos  chavi- 
«  rons  bien.  »  Et  dist  que  Bordins  prist  II  kenestres  {brides) 
en  se  maison  et  sen  alèrent  ensauUe  au  prêt,  là  uns  kevaus 
et  une  jumcns  cstoicnt  et  les  prist  ledis  Bordins  et  leur  mist 
les  kenestres  et  puis  les  livra  audit  Jehan  et  les  amenèrent 
ensaulle  à  Tournay  et  là  les  vendirent  apret.  Et  dist  que  li 
dis  Bordins  en  est  plus  coupables  qu'il  ne  fusf,  car  li  dis 


—  130  — 

Eordins  li  mena  cl  ne  savoit  où  il  aloit  le  Vlll»   jour  daout 
lan  XLI. 

Johanes  Batoire,  fu  justichiés,  de  pendre  pour  cou  qu'il 
congneut  et  confiessa  pluiseurs  larenchins  quil  avoit  fait  sy 
comi  sourcot  defeme  fouret,  une  kauches  [chaussure)  une 
cotte  hardie  et  pluiseurs  caperons  dôme  pris  à  lostcl  Jehan 
Prévost  à  ce  jour. 

Le  25°  jour  du  mois  de  mars  i341. 

Willaumes-à-le-Bar,  dis  de  Nivielle,  fut  justiciéà  ïournay, 
de  bouJir  pour  ce  que  il  fu  promet  souffiseamment  que  li  dis 
Willauraes  estoit  faus  monoyers  et  usoit  de  fausse  monoie 
l'an  de  gce  M.  CGC  XLI  le  XXV*  jour  dou  mois  ne  march- 

Le  VU"  jour  de  mai  1542. 

Jacqucmins  de  Robais,  fu  justichiés,  de  trayner  et  de 
pendre  pour  mettre  à  mort  de  nuit  dedens  no  justice  d'un 
coutiel  Jakette  de  cassiel  laquelle  moru  sans  parler  lequel 
fais  lidis  Jakemins  recogneut  avoir  fait  pour  ce  que  li  ditle 
Jakette  qui  il  avoit  acatce  XY  s.  ne  voct  aler  avoec  lui  et  fu 
consivis  (poursuivi)  h.  Anthoing,  et  là  arriestés  et  pour  chou 
que  li  dis  Jakemins  se  portoit  come  clers  fu  rendus  au 
Vesque  (à  l'évêque)  de  Cambray.  Sour  ce  li  prévost  et  li 
juret  se  opposèrent  contre  luy  en  disant  quil  nestoit  point 
clers  et  fu  renvoyés  al  évesque  de  Tournay  et  fu  li  par  chcs 
tant  démenés  quil  fu  trouvé  quil  ne  devoit  point  goir  [jouir) 
don  privilège  de  clergie  et  quil  estoit  purs  lais  [laïque)  Et 
cousta  cette  cose  dou  poucachier  et  requerre  (poursuite  et 
recherche)  tanl  B  Cambray  come  ailleurs  pour  le  frankise  et 
les  libertés  de  la  ville  warder  C  et  L  livres  tournois  le  VII 
jour  de  mav  lan  M  CGC  et  XLII. 


—  iZ\  - 

Le  7"  jour  rfc  jidn  da  (an    1 3i2. 

Hlikelcs  Moulons,  fut  juslichics  de  Irayncr  cl  de  pendre 
|)Our  cou  quil  congneut  et  conficssa  quil  aida  à  faire  le 
nîarchandise  en  Tournayal  hostel  au  potdcstain  à  Icsquiyer 
de  îlaynaut,  dont  il  ne  set  noraer  le  non  de  bouter  le  feu  en 
le  ville  de  Cambray  à  heure  de  midi  quant  on  assauroit  le 
ville  et  eut  eusse  pour  par  à  ccli  marchandise  faire  XXX  s. 
et  furent  si  (aussi)  compaignons  à  celui  marchandise  faire  : 
Willemes  de  Vilers.  Mons  Polie  Wastans  de  Harmauville. 
Et  y  fu  I  valles  de  Ilaynant  appielles  Fossars  et  uns  autre 
quil  ne  sctnomer.  Item  recogneut  quil  fu  à  une  feme  raour- 
drir  entre  Cambray  et  le  Castiel  et  fu  fru  (frappée)  dun 
coutiel  ne  set  qui  fry  le  cop  et  furent  yauls  111.  Il  (lui) 
Wastins  et  Willemes  dessus  nomet  et  en  eut  cuil  mikcles  en 
se  part  XL  s.  Il  recogneut  qu'il  a  fais  II  larenchins  ou  lil 
dont  il  ne  li  souvient.  Item  dist  que  uns  Willemes  li  Fla- 
mens  dont  il  ne  set  le  sournon  qui  fu  na  mie  (guérs)  grant 
temps  pris  et  délivres  est  jucrcs  de  faus  des.  Item  recogneut 
li  dis  mikcles  quils  meismes(/ia'-mcme)  se  melloit  de  jucr  de 
faux  des.  Et  enwagna  na  mie  grant  temps  XL  s.  à  Grart 
Delecourtet  à  plusieurs  autres  gens  plusieurs  fies  grant 
quantité  de  monoie  jusquà  le  some  de  C  livres.  Et  dist  que 
d'un  mauvais  det  il  wagna  (gagna)  III  liv.  à  I  jouene  home 
ne  set  le  nom  auquel  det  navoit  point  fors  VI  et  V.  Le  Vil 
jour  de  juin  lan  XLII. 

Le  S"  jour  de  juin  Iô42. 

Hancquins  Courcols  de  Furncs,  couvreres  de  glu  fu  justi- 
chiés  de  pendre  pour  cou  qu'il  fu  prouvet  contre  lui  quil 
avoit  coppct  une  bourse  à  une  feme  on  liqucl  il  avoit  IX 
1.  cl  V  s.  le  Vni''  jour  de  juing. 


—  152  — 

Le  10'  jour  de  juin  i3io. 

Jehans  Rollans ,  de  Vinlaincs ,  sous  loncpont  fu  jusliciés 
de  trayner  et  de  pendre  pour  cou  quil  cogneut  et  confiessa 
que  entre  lui  et  Perrot  le  Flaraent  deNoion,  liquel  fut  justi- 
ciés  à  Chisoing,  il  avoit  dcreubet  et  meurdry  Nicaisc  Floquet 
marcant  de  warcoles  entre  Nave  et  Cambray  et  avoit  li  dis 
Nicaisc  sour  lui  LIIII  pières  de  Warcoles  et  laeusa  II  dis 
Jehan  de  larencliins  Guillot  Delevingnau  de  Crespy  en 
Valois  liquels  embla  une  cotte.  Item  Longet  le  careton 
[charlier]  de  deviers  Amiens  dembler  côtes  et  bourses  en 
cors  de  font.  Item  en  celi  manière  Jelianin  de  Clermont 
en  Biauvesis.  Item  Grardin  de  Biauvesis  en  celi  manière 
tous  repairans  [demeurant)  en  Brie.  Et  dits  cuis  Jehans 
Rollans  que  li  dessus  nomet  encuset  avoient  esté  accuset 
de  larenchins  par  autres  personnes  justiciés.  Et  il  dist  en- 
core que  entre  lui  et  ledit  Perrot  le  flaraent  son  compaignon 
ils  emblèrent  vers  Soissons  une  vicslc  robe.  Et  dist  encore 
quil  embla  à  Gaudelus  une  paire  de  solers  et  dist  que  à 
plusieurs  foires  il  a  esté  et  fait  larenchins  de  kauches,  de 
solers,  de  caperons,  de  coutiaus  et  d'autres  coscs.  Le  X* 
jour  de  juing. 

Le  vendredi  ii'  jour  de  juillet  1343. 

Le  venredi  XI*  jullet  lan  de  grasce  M  CGC  XLIII  fu  Alar- 
dius  de  Hezeques  couvrères  de  bos  justiciés  à  Tournay,  de 
traîner  et  de  pendre  pour  ce  que  il  cogneut  et  confessa  que 
il  avoit  esté  de  mourdrir  avocc  Ilanekin  de  S'-Pol  I  horac 
ou  bos  de  S'-Amand  dou  quel  raourdre  li  dis  Alardins 
dist  que  il  neusl  que  XIII  fleurs  de  lys  blanqucs  et  IJII  floui'- 
gettes  noires  et  dist  que  li  dis  Hanckins  le  mcurderi  à  (de) 
ses  mains.  Et  dist  quil  embla  à  I  home  dou  Manuis  I  sour- 


—  155  — 

cot  et  II  côtes  qui  bien  valoient  XXX  s.  Et  I  fiermenî.  Item 
à  son  père  et  à  ses  proisincs  (parents)  III  1.  de  bled.  Item 
dist  que  Hanekins  de  Saint  Pol  cognoist  bien  LX  mauvais. 
Et  encusa  cuis  Alardins,  Jehan  de  Ilellccin  qui  demeure  à 
Hellecin.  Pieret  Poitevin  de  Fontaine  du  costé  Niddonchel, 
Pieret  le  Prieslre  scn  consin  le  Moine  de  Thiembrone,  Pieret 
Dolehaing  demeurant  à  Quarte  destrcs  {habiles)  mourdrcurs. 
Et  à  le  justice  il  rapiclla  de  ce  darain....  tous  chiaus  quil 
avoit  encusés.  Et  fu  dit  par  les  jurés  quil  najoutoient  point 
de  foy  as  dénomés  en  cesliaux 

Le  27<=  jour  de  juillet  1343. 

Hanequins,  Delecourt,  Lotins,  ses  frères,  furent  justicbiét 
cescuns  de  trainer  et  de  pendre  pour  cou  que  de  fait  de  nuis 
il  alcrent  ou  moulin  Saint  Martin,  et  la  trouvèrent  Ilanelcin 
Panprent ,  monier  ,  lequel  il  assalircnt  au  moulin  les  cou- 
tauls  trais  {tirés)  et  lochirent  {le  tuèrent)  audit  moulin  tout 
mort  liquels  Hanequins  Panprens  que  mors  fu  navra  les  dis 
frères,  en  lui  revengant  à  mort  si  que  li  boyel  traynèrent 
audit  Henequin  ,  Delecourt  et  li  dis  Lotins  ,  eut  pluiseurs 
plaies  mortens  ^mortelles).  Et  fu  li  dis  Henequins  ensi  à 
Tournes  quil  estoit  aportes  sour  une  chivière  en  le  Halle,  et 
furent  jugiet  par  leur  recognissance  à  raorir  comme  dessut 
est  dit  le  XXVII^  jour  de  jullct. 

Le  B'^  jour  du  mois  d'août  1345. 

Le  venredi  VIII«  du  mois  daoust  lan  M  CGC  XLIII,  fu 
Jehans  Gores,  faisieres  de  mandes,  justichiés  de  trainer  et 
de  pendre  pour  chou  quil  congneut  de  se  volonté  que  il 
avoit  raourdrit  et  estranlet  I  sien  fils  appellet  Pieres  de  lage 
de  XI  ans  et  dist  quil  lavoit  pris  par  le  geule  dune  main  et 

47 


—   134  — 

de  îîiutrc  il  avoit  couviert  le  bouche  et  le  nés  et  li  avoit  rora- 
j)ut  le  cervelle. 

Le  ^^  jour  de  février  de  l'an  lô'tZ. 

Ernoules  li  tailleras  Dobésies  (d'Obigies) ,  fu  justicliiés 
de  per.dre  pour  cou  quil  cogneutde  se  boine  volonté  devant 
le  jugement  et  apries  quil  avoit  fait  piuiseurs  larcnchins 
assavoir  est,  de  une  truive  et  de  IIII  pourchiaus,  à  Pieron 
de  Buillcmont,  item  à  Colart  Daret,  I  sien  maistre  X  pains. 
A  Jehan  Brode  VI  auves  et  une  paire  de  linchuis.  Item  VI 
pourchiaus  à  Jehan  Doumont.  Et  VI  moutons  à  Hane- 
ronchiel  Dobegics,  le  IX^  jour  de  février. 

Le  ib^  jour  de  février  1343. 

Henequins,  Dauraes,  Dongnics  ,  parmcnticrs,  fu  jusliciés 
de  boulir  pour  cou  quil  congneut  et  conficssa  devant  le  juge- 
ment et  après  quil  estoit  aies  au  casleii  de  Brusbiegue  outre 
le  Rin  quere  de  le  fausse  monoic  et  y  emploia  IIlI  cscus  pour 
lesquels  il  eut  XVI  mars  de  fausse  monoie  en  tournois  et  en 
parisis.  Et  li  mena  Hanos  Baudes  de  Huy,  et  len  mist  pre- 
miers envoie  martinet  de  Frcmccourt,  qui  fuvallesWillaume 
a  le  Barbe  et  dist  quil  acordèrent  le  voie  pour  alcr  à  le  dittc 
fausse  monoie  entre  lui  et  Jehan  le  Ruspilleus,  li  père  dit  as 
sainteriaus  et  le  dit  martinet  et  dist  que  quant  Jehan  li  Rus- 
pilleus y  alloit  pour  avoir  le  fausse  monoie  Jehan,  ses  fîuls 
le  eonvoyet  car  il  avoet  mis  sen  castel  avoec  le  du  sien  père. 
Item  dist  que  Jehan  le  Ruspilleus,  li  père  fondy  nagaires  en 
se  maison  III  mars  {marcs)  de  billon  (1)  et  les  aparella  en 


(1)  Nous  trouvons  dans  un  M"  du  H'  siècle,  que  le  marc  d'or  val- 
1  lit  à  celle  époque  180  livres,  celui  d'argent  20  livres  et  enfin  le  marc 
de  cuivre  2  lj2  livres.  L'évaluation  des  métaux  était  réglée  par  or- 
donnances et  elle  a  souvent  varié. 


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une  pavcllc.  Et  dist  que  Jehans,  ses  fiuls,  ly  aidoit  à  ap})i-cl- 
lier  et  au  faire  et  quant  cuis  {lui)  qui  parle  fut  revenus  do 
le  fausse  monoie,  Jehan  Ruspilleus  li  finis  lui  bienconta  toute 
se  monoie  et  !i  fist  scn  compte  en  disant  tant  y  a.  Le  XV«  jour 
de  février. 

Sandrins  daloes  [d'au  de  là)  de  Donny,  fu  justiciés  de 
boulir  pour  cou  quil  cognent  et  conficssa  devant  le  juge- 
ment et  apries  que  VI  ans  ou  environ,  il  sestoit  melles  de 
fausse  monoie.  Et  dist  que  dedens  celui  terme,  il  fu  une  fies 
et  ala  au  chastcl  de  Brusbiequc  outre  le  Rin,  et  y  emploia 
IIII  eseus  dont  il  eut  XVI  mars  de  fausse  monoie  en  eompai- 
gnons  de  Haynau  et  dist  que  Willemes  de  Nivielle  aloit 
querre  [chercher]  le  fausse  monoie  audit  eliastiel  et  la  portoit 
a  Valenchiennes  et  à  Mons ,  en  Hainau.  Et  puis  quant  il 
lavoit ,  il  mandoit  celui  sandrin  et  là  le  prendroit  et  dist 
quil  le  aluiwoit  [lui  allonoit)  III  deniers  ou  IIII  au  cop  et  en 
faisoit  le  prévéance  de  son  hostel.  Item  dist  que  li  pères 
Jehan  le  Ruspilleus  ,  se  melle  de  fausse  monoie  et  dist  que 
Juette  de  Fretin  Sevaute ,  le  mist  premier  envoie  de  mêler 
de  celi  monoie,  liquclle  fu  prise  à  Amiens,  et  mise  en  prison 
en  lequclle  elle  miiru.  Et  dist  qu'il  vouroit  [voudroîl]  que 
Jehane  Peskerielle  se  mère  qui  maint  à  "Valenchiennes  euist 
scn  fils  et  le  moitier  dou  sien  et  saquiente  (.sa  compagne) 
euist  lautre  et  se  (si)  li  aquointc  voct  wai-der  {garder)  Icnfant 
elle  ait  tout.  Le  XV«  jour  de  feurier. 

Le  premier  jour  de  mars  1543. 

Hanequins  Froumcgons  de  Condct,  fu  jugics  de  ycçilrc 
enfouis  tous  vis  pour  cou  quil  estoit  banis  à  III  ans  pour 
soupeçon  de  larcliein  (1)  se  fu  repris  dedens  le  ban  et  depuis 

(1)  On  remarquera  sans  doule  le  donlile  cliililimont  infligé  h  llanne- 
quins  Founnegeons,  qui  conddinné  d'aborJ  à  Cire  enfoui  puis  h  titre 
pendu  subit  ces  deux  supplices,  l'un  après  l'autre. 


—  136  — 

le  jugement  fait  li  dis  Hencquins  ,  recongncut  pluiseurs  la- 
renchins  sy  com  de  XIIIl  blancs  deniers  quil  embla  à 
Maroie  Devi,  se  ante  {ta7ite)  se  valoit  li  pièce  XII  s.  Item  à 
le  maison  le  Reniere  à  Condct ,  I  blanquet  et  I  père  de 
kauehes  {bas  Ou  chaussure)  qui  valoient  V  s.  environ.  Item 
dist  que  Willemc  Froumcgons  ses  (son),  frère,  est  léres  et 
quil  cmbla  le  plonch  {plomb)  au  castiel  à  Condet,  par  plui- 
seurs fies.  Et  que  Willaumcs  ses  frères  ont  esté  ensaule  IIII 
fies  ou  V  au  casteil  de  Condet  et  là  emblet,  ses  frères,  le 
plonth  doudit  castiel  et  le  portoit  en  baquet  vendre  à  Tour- 
nay,  et  en  a  bien  aidies  à  despendrc  entre  li  et  sen  frère, 
jusques  à  le  some  de  XX  1,,  desquels  il  a  eut  sans  les  des- 
pens  en  set  argent  C.  s.  de  le  longhe  monoie  sour  cou  con- 
gnut  li  prèvost  et  li  juret  ouyrent  le  connissance  doudit 
Hanequin  des  larenchians  dessus  dits  retournyèrent  à  loy  et 
fut  li  jugement  tculs  quils  condempnèrent  ledit  Hanequin  à 
morir  de  pendre.  Sy  fa  premièrement  enfouis  pour  le  pre- 
mier jugement  à  acomplir  et  puis  fu  ostès  de  la  l'ose  tous  vis 
et  puis  pendu  le  premier  jour  de  mr.rch. 

Le  27»  jour  de  mars  1343. 

Ydc  dou  Ploych,  fcrae  Jehan  dou  Marcsch,  raanouvrier 
deraourant  à  Buisencourt ,  fu  juslichié  de  ardoir  pour  cou 
quelle  fu  trouvée  pendue  par  le  gueullc  dedans  se  maison 
et  que  là  elle  se  estoit  désespérée  et  fu  li  justice  faiclc  à 
iîuisencourt  en  myc  le  plache  à  lenlrèe  de  le  ville,  le  XXVII' 
jour  de  marcb.  (1) 


(1)  Celte  condamnation  mérite  encore  d'être  notée  en  cela  que  le 
supplice  ne  pouvait  atteindre  que  le  cadavre  d'Yde  dou  Plouich  ,  qui 
s'était  suicidée.  C'était  l'usage  à  cette  époque. 


—  137  — 
Le  15«  jour  d'avril  134-4.  (IVouv.  sfyle.) 

Jehans  de  Lélogc  de  Mons,  en  Ilainau  ,  péletiers  et  cou- 
sins entre  autres  au  chastelain  de  Ilavercch  et  en  autel. 
{autre)  point  à  Grard  Doulcs  dit  Urisctiestc,  fu  juslicliiés  à 
Tournay,  de  trayncr  et  dépendre  de  cha  estant  et  delà 
pour  che  qui]  recongneut  que  au  comandcment  dou  chas- 
telain de  Havcrcch,  il  avoec  pluiscurs  autres  dévoient 
ochirc  les  bourgeois  et  manans  de  Tournay  ou  leurs  proisi- 
nés  demourans  hors  de  le  ville. 

Item  dit  que  le  dcraierque  {mejxredi)  en  pasqucs  derai- 
nement  passet,  il  et  Haurillies  de  le  ville  de  Ilasnon  passent 

Ivallet  de  goudalicr  demeurant  à  Tournay  appiellé 

deu  costé  Henriemont  Osbrin  jarcs  et  li  eopa  cuis  Haurillies 
les  gambcs  et  il  le  tenait  et  dist  se  cuis  Haurillies  ne  leuwist 
déeopet,  il  meismes  leuwist  fait.  Et  que  le  samedi  ensui- 
want,  il,  Haurillies,  Renaus,  fils  dun  des  justichiés  avoec 
Brisetieste  et  Caisin  Delevalée,  espyer  pour  de  Warinfosse 
Pieron  eopet  et  leuwisseiit  ochys  se  il  leuwissent  trouvet 
pour  ce  quil  cstoit  proismes  {proche  c'est-à-dire  presque) 
demourans  en  le  ville.  Et  dist  que  le  mardy  en  suiwant  au 
matin  li  IIII  dessus  noment  vinrent  à  Alaing  devant  le  jour 
pour  ochire  Lot-Tiestart  Bouchier  et  bourgeois  de  Tonay  et 
fu  li  dis  Jehan  de  Léloge  pris  ou  dis  liu  et  si  III  compagnons 
escapèrcnt  {échappèrent)  et  dist  que  au  cas  où  il  ne  pouissent 
avoir  trouvet  le  dis  Lot  et  lui  ochire  pour  le  cause  dessus 
dite.  Il  avoient  intention  et  propos  de  aller  al  hostel  de 
Jehan  de  Lannoit  pour  lui  ochire.  Et  dist  que  Giens  dou 
Bos  et  Jehan  li  Tordercs,  monicrs  etmanouvriers  ochirent 
Raoul  de  Pesch,  bourgeois  de  Tournay.  Et  dist  que  Jehan 
Lifevre  et  li  baslars  de  Bavay,  furent  à  navrer  Willaume  fil 
Thumas  le  Lombart  avoec  Colas  Descaussines  ,  bastars  qui 
fu  ochis. 


—    153  — 

Itcin  dist  que  li  bastars  de  Bavay ,  Haurillies  et  Jehan  li 
Toi'deres  de  Cliiewe  furent  au  décopet  les  III  homes  qui 
furent  navret  deu  coslé  Chièvre  dont  li  uns  moru  de  le 
iiavrure.  Et  dist  qiiavoec  li  cliasteilain  de  Haverch  sont 
messirc  Jehan  de  Pierfontaines,  sire  de  Buveraige,  messire 
Desclebes  ,  messire  Jehan  Dousart ,  messirc  Bauduin  de 
Riquesen  ,  chevalier,  Colars  Dcscaussines,  Gilles  sen  frère, 
Godcfroy  de  Lescaille,  demourans  à  Lescaille  en  le  voie  de 
Niviclle,  Godcfroy  Delcvalée,  Pieron  ses  frères.  Et  dist  que 
Jehans  de  Maule,  frère  à  Noulct  de  Maule,  chevaucha  avoec 
Grard  Doubos.  Queli  cliasteilain  de  Haveretli  et  si  com()lice 
ont  ordenet  entre  yaucs  [eux]  que  VI  ou  pluiseurs  seront 
envoyet  environ  Tournay,  et  amèneront  las  de  blet  ou  de 
fucrre  {foin),  et  quant  il  verront  aucune  des  boines  gens 
de  le  ville  ou  de  leur  proismes  {proches)  il  les  ochiront  et 
puis  jetteront  jus  leurs  tas  et  monteront  sour  les  kevaus  et 
sen  yront.  Et  il  pria  à  jointes  mains  que  tous  cil  {ceux)  de 
Tournay  se  wardissent  grant  et  petit,  car  on  tueroit  les 
grans  et  les  petits  on  les  décoperoit.  Et  dist  que  uo  anemy 
{nos  ennemis)  se  sont  tenu  entre  Tournay  et  Cuurtray,  entre 
Lille  et  Tournay,  et  passeront  au  bac  à  Herines.  Et  dist  que 
avoec  Grard  Doubos,  chevauchent  Jehan  li  Tonderes,  li 
Bastars,  Doubos  Despiers,  Doubos  fds  de  jadis  Godcfroy 
Brisetieste.  Ament  fuils,  Robicrt  Doubos.  Fait  le  Xlll"  jour 
de  avril. 

Le  ih*  jour  de  mai  1344. 

Jehans  de  Mande,  finis  Ilucn   de  Maudc.   Bartars  eut  le 
tiesle  copée  ou  raarquict  pour  cou  quil  congneut  queGrars 
Dcscaussines  vint  à  li  à  se  maison  à  Galais,  et  li  promis 
argent  afin  quil  veinst  à  Tcnay  pour  cspicr  les  boines  gen 
de  le  ville  et  pour  ce  faire   il  y  vint.  Et  dist  et  recongncu 


—  151)  — 

quil  tu  ît  prendre  pisson  en  le  fosse  de  Willem  de  nuit  à  {où) 
il  eut  pris  III  longues  et  I  brequet  [brochet]  et  furent  raigniet 
à  Willem  en  une  taverne  à  le  maison  Giliion  dou  Busquicl 
et  y  fu  li  fiuls  doudit  Giliion  au  prendre  et  fu  Ilancquins  li 
pouleliers  pendu  à  Lille  quand  fu  as  pissons  embler.  Et  dist 
que  Jehan  de  îîaude  frères  Noulet  de  Jîaude  et  un  homme 
({ui  fust  avoee  volontiers  porteroit  domage  à  le  ville.  Après 
Grart  Daubos  le  chastellain  de  Havcrech  et  leur  vesines 
[voisina).  Et  dist  que  Lotins  Pipars,  demourant  à  Willem  à 
piuiseurs  fois  repairict  avoec  ses  frères  le  XXV<=  jour  de  may. 

Le  ^G^  joui'  de  may  4344. 

Lotins  de  le  Iloussiére,  quant  il  fu  pris  eongneut  que  de 
Pieron.Delcvalce,  et  de  Godefroy  de  Lescaille  et  leurs  amis 
il  avoit  rechut  I  florin  à  Lescut  pour  marcandise  faite  ayant 
pour  espyer  les  boines  gens  de  le  ville  et  dist  euis  Lotins 
quant  on  li  demenda  sil  avoit  or  ne  argent  sour  lui,  liquel 
dist  quil  navoit  que  X  deniers.  Si  fu  trouvct  depuis  sour  lui 
IIII  florins  en  son  braioel  [culotte)  sour  cou  on  le  mist  en 
prison  et  de  nuit  il  prist  une  de  ses  laniers  [bretelles)  et  le 
loia  entour  sen  col  et  sestranla  à  mort.  Liquels  fu  sakcs 
[jellè]  hors  de  pipenic  et  fu  traynes  et  cha  estant  et  delà  et 
puis  pendus  le  XXVI«  jour  de  may. 

Le  28«  jour  de  juin  1544. 

Jakemars,  li  arbalestriers,  foulon  de  Binch  en  Hainau,  fu 
justichiés  de  pendre  le  XXVIII*  jour  de  juing,  pour  ee  que 
pour  laine  quil  avoit  eblet,  il  avoit  eu  lorelle  eopée  et  banis 
à  III  ans  come  léres  si  fu  repris  dedens  le  pooir  [pouvoir). 

Le  23«  jour  d'août  i  344. 
Jehans  de  Nyclle,  bouchiers  fu  justichiés  de  enfouir  tous 


—  140  — 

vis  pour  ce  quil  mist  à  mort  dedens  Tournay,  Jehan  fil  Mi- 
kiel  Hardoie  le  XXV*  jour  daoust  lan  XLIII. 

Le  17'  jour  de  septembre  1344. 

Pierre  le  Reuvelare  Doudebourck,  fu  justichiés  de  traîner 
et  de  pendre  pour  cou  quil  mist  à  mort  dun  coutiel  dedens 
no  justice  Hanequin  Bibol  de  Calais  le  XVII'  jour  de  sep- 
tembre. 

Le  19»  jour  de  janvier  1 544  [vieux  style). 

Ysabiaus  11  Mulière  dite  de  Bierlemont,  fille  Margheritte 
del  hostel  de  Cambray,  fu  justichice  à  mort  et  de  enfouir 
toute  vive  le  XIX^  jour  de  jenvier  lan  XLIIII  pour  pluiseurs 
larenchins  quelle  avoit  fait  liquelle  dist  et  confiessa  quelle 
embla  Hanequin  Lotin  LU  d.  dargent  qui  valoient  à  tout 
XIII  deniers  li  piéche.  Et  dist  que  Magnons  Poulette  li  a 
aportet  pluiseurs  coses  en  se  maison  premiers  I  sourcot 
coert  i^nanteau  court)  fouret  dont  li  fourure  fu  portée  à 
usures  lequel  elle  racata  X.  s.  Et  dist  que  3Iargestienne  eut 
emblet  I  caperon  noir  fouret  de  vair  liquel  fu  mis  en  wage 
pour  X  s.  et  le  avoit  emblet  li  dite  maignons.  Et  une  cote 
de  soie.  Item  dcu  paires  de  lincliius,  pos  de  keuvre  {pot  de 
cuivre)  et  autre  coses  elle  avoit  emblet  de  se  main. 

Le  ^8*  jour  de  mai  1343. 

Jehans  Li  Vos  de  West-Ecloo,  fu  justichiés  à  mort  de 
pendre  par  le  geullc  pour  pluiseurs  larenchins  de  bourses 
coper.  Que  bien  fu  prouvé  par  boins  tiesmoins  contre  lui 
asquels  il  ne  seul  que  dire  que  fait  avoit.  Le  XXVIII^  jour 
de  may.  De  largent  de  cestui  Jehan  reçut  Jake  li  Mortier  de 


—  141   — 

Saint-Aniand.  Xil  s.  p.  quil  li  avoit  copé  en  bourse.  Fait 
par  le  grefe  dou  rapport  Lot  h  le  Verghe,  quant  y  navoit 
plus  grant  droit  à  demander. 

Le  6«  jour  de  juin  i  545. 

Hancquins  Van  den  Tenne  de  Broussielle,  fu  justichiés  à 
mort  de  pendre  pour  cou  quil  fu  prouviet  à  lencontre  de 
lui  quil  avoit  copet  à  Valenciennes  une  bourse  en  laquelle 
avoit  II  escus,  une  maille  dor,  pluiseurs  monoies,  unelen- 
ghe  de  sierpens,  six  aniauls  dargent,  VII  blancs  dont  uns 
écus,  fu  trouvet  en  se  caisse  li  lenghe  de  sierpens,  li  blanch, 
un  escus,  une  cloquette  dargent.  Liquel  Hancquins  pria 
quon  fesist  dire  pour  lame  de  li  III  messes  de  Requiem.  Et 
dist  que  il  pleuwist  as  Seigneurs  quon  donast  largent  dune 
sienne  {qui  lui  appartenait)  as  pourrcs  (pauvres)  di  se  tcms 
là  où  on  verroit  que  boin  seroit.  Le  VP  jour  de  juing. 

Le  12*  jour  de  septembre  1345. 

Jehanes  Buinars  bouchiers,  fu  justichiés  de  pendre  pour 
cou  quil  congncut  quil  fu  a  embler  fil  à  le  maison  Mikiel 
Leblont,  avoec  Jakemin  de  Leuse  qui  y  fu  douquel  fui  (fil) 
on  rendy  audit  Mikiel  VII  liv.  de  t.  par  I  frère  meneur.  Le 
XII*  jour  de  septembre. 

Le  7^  jour  de  décembre  1545. 

JEHINES  LAN  XLV. 

Raoules  Wardes-avoir  dou  pont  de  Marcq  en  Peule,  fu 
justichiés  de  pendre  pour  cou  quil  congneut  quil  embla  VI 
pourchiaus  à  Lille  de  nuit  as  pardons  sonnans  vcnredy  III» 

18 


—  142  — 

jour  (le  novembre,  cf  les  amena  toute  nuil  à  Tonay  pour 
vendre  et  les  euwist  vendu  se  il  ncuissent  esté  rccogneut. 
Et  dist  (juil  cmbla  ù  Lille  II  pourcliiaus  à  le  cloqi;c-au-jour 
et  les  vcndy  à  Orchies  H  ans  a  et  en  rechut  VIII  s,  car  il 
les  avoit  vendus  XX  s.  et  aeata  un  bouclic  de  Tonay  qui 
encore  li  doit  le  ramenant  [restcuU)  et  tient  cuis  Raoules 
que  ci!  pcurchicl  furent  de  S'-Anstoine  et  ne  sait  nomer  le 
])Oiuliier  qui  les  aenta.  Item  dist  quil  embla  lan  XLIIII  en- 
viron le  Toussains,  V  pourchiaus,  à  Lille,  a  Pierre  Crauwe, 
boulengbier  et  les  amena  à  ïonay  et  les  vendy  V  mailles  dor 
à  I  mareant  de  dehors  liquel  marehans  les  enmena  à  3Ies- 
sines  et  furent  rccogneut  et  en  fu  lidis  marcans  à  pauprics 
pendus  (près  d'être  pendu).  Fait  le  V1I«  jour  de  décembre. 

Le  2  janvier  134-0.  [vieux  style.) 

Baudes  Daudenarde,  foulons,  fu  justiehiés  de  enfouir 
tous  vis  pour  cou  quil  misi  à  mort  dedens  no  justiche 
Jaquim  fil  Jake  dou  Ci'oquet ,  à  lostel  Bauduwin  dou  Pon- 
ciel ,  le  second  jour  de  jenvier  lan  XLV. 

Jehans  Marehans  de  Lens  en  Brcsbant,  fu  justiehiés  de 
pendre  pour  cou  quil  confiessa  quil  avoit  emblé  le  kierue 
[charue]  Jake  Doubroec  devant  se  porte  et  quant  cuis  Jehan 
seut  que  cuis  Jake  le  savcit  il  le  remena  de  nuit  et  avoit 
Jehan  maise  [mauvaise]  renomcc.  fait  à  celi  jour. 

Le  8  février  Lm  1345.  {vittiv  style). 

Tassars  Galicrs  de  Malrighehem,  fu  justiehiés  de  pendre 
le  VI1I«  jour  de  février  lan  XLV,  pour  cou  (juil  fu  prouvet 
contre  lui  quil  rccopoit  [rognait)  raonoic  et  avoec  li  recon- 
gncut  li  dis  ïassars  à  le  justiche  par  devant  le  peuple  et 
dist  quil  avoit  comenchiet  yeelui  ouvrage  à  faire  entre  le 


—  145  — 

Toussnins  et  le  Noël  lan  XLV,  el  avoitbien  récopet  le  va- 
leur de  C  et  L  florins  à  lèsent  en  gros  de  Fl.indrcs.  Et  tli^t 
(juil  rccopa  en  eeli  temps  XL  mailles  dor  de  fort  pois  et 
esloit  ses  eompains  à  eet  ouvrage  faire  Obiers  de  Malle- 
lianche  quon  dist  tîou  Boy  de  Matrighcheni,  et  les.  iffinoit 
un  orfèvre.  S'y  com  Jelians  li  flamens  demourans  à  le  '  i)orte 
de  Champsaing  par  VII  fies  et  descoupa  li  dis  Tass  ars  se 
feme  et  aussi  fist  li  dis  Obiers. 

Obiers  de  Maiefianebe,  quon  dist  boyers  de  3Iatrigbt   'h^i^- 
nies  [neveu],  Tassars  Ghaticrs  de  Matrigbebem,    fu  ji    ^^^^~ 
ehics  de  pendre  pour  eou   quil    fu  provct   contre  lui  (^  ''^^ 
n'copoit  mouoic  et  avec  le  rccogneust   et   confessa  li   t  ^^ 
Obiers  quil  estoit  eonipains  de  ycellc  [icelui)  reco{)er  (ro-  - 
gncur)  avoec  sen  oncle  et  avoit  part  au  conqucst  (gain) ,  et 
dist  que  pluiscurs  fois  il  taijloit  des  cbisoires  (coupes)  et  ses 
oncles  laulre,  et  dir<l  li  dis  Obiers  que  li  femc  doudis  Tassart 
sen  oncle  na   coulpes  et  nialafaçons  quil  faisoient.  Fait  le 
VIII«  jour  de  février  lan  XLV. 

Le  t!8  de  juillet  l'ait  1310. 

Jehans  Foulons  quon  dit  Mole,  fa  justicbics  à-Tournay 
de  trayncr  et  puis  pendre  pour  ce  qud  fu  pruvct  contre  lui 
quil  avoit  mis  à  mort  de  nuit  et  en  moindre.  Liqiiel  Jcbans 
recongncul  que  il  fu  au  lait  et  y  lança  et  navia,  dont  mors 
scnsuwit  et  il  lavoit  premiers  nyct.  tl  dist  li  dis  Jcbans 
quil  congnoist  que  il  lu  à  Xœvillc  dales  {au  delà  de)  Tor- 
([uoing  ù  le  maison  dune  feme  qnï  cstoit  amie  Eseocbois, 
avncc  Picron  le  .Mouton.  Robin  Le  Vaus  et  Ilanck  sen  frère 
de  Mcr,ville,  dessus  dite  et  là  prirent  poules  lesquels  il  aida 
à  mugUiei"  {cacher) ,  et  depuis  il  At  avoec  le  fcmc  celui  Es- 
cochois  et  leur  avoit  promis  quil  leur  fcroit  avoir  afeire  à 
lui  et  entra  li  dis  llanek  quatrcsme,  premier  en  le  cambre 


—  144  — 

et  brisa  luis  {la  porte)  et  quant  il  fu  entres  ens  {dedans} 
avoech  les  autres  il  sen  issi  (sortit)  et  y  laissa  le  dit  Motc.  Et 
dist  que  faussement  il  avoit  porté  couronne  (1)  car  il  navoit 
onque  esté  clercs.  Et  dist  quil  fut  au  navrer  à  Estelles 
{Etaires)  II  homes  dont  il  morurent  et  tient  quil  en  attanist 
un  dun  glave  (glaive)  car  il  lança  pluiseurs  cos  (coups)  à  lun 
et  à  lautre.  Et  dist  que  Pieres  Deleval  est  tenseres  [rançon- 
neur)  et  quil  tensa  Gilles  Vredère  de  VII  escus  par  manaces 
{menaces)  quil  li  fist  cornent  que  li  dis  Pieres  euwist  peskiet 
(eut  péché)  en  ses  fossés.  Et  dist  que  li  dis  Pieres  tensa 
Royaut  Livroudre  de  IIIl  escus  pour  ce  que  il  li  mist  sus 
quil  avoit  dit  à  se  sereur  villenies  et  de  tels  tenseries  aidoit 
à  alcAver  (attrapper)  li  dis  Jehan.  Kcm  dist  que  li  fcme  Pie- 
ron  Deleval  eut  III  cnfans  de  luy,  de  I  chavetier,  lautre  de 
Jehan  Douparch  et  lautre  de  Gosse  Delecourt  et  dist  encore 
que  li  premier  enfant  fu  dou  fil  dou  chavetier.  Et  dist  que  li 
dis  Jehan  fu  au  navret  Jehan  Demaude  avoec  Jake  Deleca- 
toire  auquel  il  tient  limage  (la  figure)  mes  ne  set  couprics. 
Et  que  Pieres  Deleval  copa  I  pict  I  home  ou  pouvoir  de 
Tournay,  et  que  Gossars  chastellains  de  Ligne  et  Pieres  li 
Moutons  de  Nœville  ont  les  sciaus  de  quoi  li  clercs  de  Lin- 
gue donoit  courones  et  le  porte  li  dis  Gossars  et  ne  fali 
audit  Mote  fors  que  argent  quil  ne  le  cuwis&et  fait  avoir 
courone,  et  que  Pieres  Deleval  emena  li  fille  dou  fcme  de 
Maucharl  et  pour  ce  que  li  feme  en  parla  il  le  tensa  de  III 
escus,  et  dist  que  li  dis  clcrs  de  Lingne  dona  courone  à 
Ilanekin  Deleval,  à  Robin  et  à  Bernardin  ses  frères,  liqucl 
portent  encore  et  sans  cause.  Item  dist  le  dis  Jehan  que 


(1)  Porter  couronne  doit  s'eniendre  de  la   tonsure  ecclésiaslitiuc 
qui  se  désignait  de  celte  mauière  à  celte  ôpoque. 


—   14^  — 

seins  {sans)  cause  il  fist  scmoce  Jchaiic  Ponfoisc  et  en  eut 
XI  csciis  à  une  fois  pour  ses  frais  et  à  une  autre  fois  III 
eseus.  Che  fu  fait  le  XXVIII»  jour  de  juUct  lanMCCC 
XLVI. 

Lo  10=  jour  de  7wvembre  1340. 

Le  vendredi  X'^  jour  de  Novembre  lan  M  CGC  XLVI,  fu 

justiehics  à  Tournay,  de  traincr  et  de  pendre  Ilcnries  de 
Iloudckins,  de  Rosnais,  {Renais)  pour  ce  que  il  confessa  que 
il  avoit  navret  Katerine  de  Duisencourl  au  bos  de  Breuse  , 
sur  le  kciuin  et  Ij  toli  {enleva)  et  reubi  {volai)  se  bourse  en 
Icquelc  avoit  XXV  s.  Et  dis  li  dis  Ilcnries  et  congneust  que 
il  desreuba  ou  bos  de  Breuse  ,  le  dimence  darrain  passet  I 
valcton  et  li  toli  se  cote  et  VIII  s.  que  il  avoit  si  pria  que  le 
cote  grise  que  il  avoit  vestit  {doit  il  était  vêtu),  on  le  volsit 
{voulut)  rendre.  Et  dist  que  Grars  de  Buisencourt,  a  de  lui 
I  planchon  et  une  coroie  si  prie  que  on  le  venge  {vende)  et 
donist  {qu'on  donnât)  largent  pour  Diu.  Et  dist  que  il  erabla 
h  Jebanc  Le  Raduie  I  cuir  qui  fu  vendus  XIII  gros  de  Flan- 
dre. Et  que  il  escorcha  une  vague  {vache)  au  grant  bos  dales 
Rosnctis  (?)  et  vendi  le  cuir  XIIII  gros  et  laissa  le  char  {la 
chair)  audit  bos.  II  escorcha  une  autre  vake  au  bos.  Mou- 
seigneur  Grard  Delccroix  et  ne  scct  («)  qui  cestoit  et  vendi  le 
cuir  XIII  gros.  Et  il  prist  à  le  maison  Adam  Maillet  à  Anse- 
ruet  {Anserœul)  une  auwe  {aube)  dont  li  priestrc  escumenia, 
si  prie  qne  on  li  wuelle  pardonner. 

A  celui  jour  fu  justiehics  de  pendre  Hcncquins,  de  Fonte- 
nil  pour  pluiseurs  larenchins  de  côtes  [vestes)  de  linchuis  et 
warcoles  {habit  garni)  et  autres  choses  lesquels  il  rccongneut 
et  fu  pris  et  tout  prouvet.  Il  dist  que  tout  le  fardiel  il  enjbla 
à  Anseruct ,  à  le  maison  Jchene  le  Ilascolc  et  entra  cns 
{dedans)  par  luis  {la  por(e)  derrière  et  rompit  une  paroic 
{muraille)  pour  entrer  en  le  chambre. 


—   140  — 
Le  7  mars  de  l'an  134G  [vieux  slijlti). 

Le  vendredi  VII*  jour  don  mois  de  mareh,  lan  de  grasso 
M  CGC  XLVI,  furent  justichcs  à  Tournay,  de  tranicr  cl  do 
pendre  Piéres  Foukars  et  Colars  Foukars,  frères,  pour  chou 
quil  fu  prouviet  contre  eaus  que  par  nuit  et  en  niourdrc  il 
ocliircnt  Colin  Dancrc  et  naviérent  [blessèrent)  Henri  de 
Rebais  de  XXII,  plaies  de  coutiaus  et  dcspés,  et  furent  avoec 
caus  au  fait  faire  Jehan  Roussiaus  ,  Jchans  Bouchclins  ,  qui 
demeure  à  Valcnchienncs  corne  faiseur  et  Jehan  Lemairc  , 
aloit  entre  deux  et  y  fu  navrés  [blessé). 

Le  i=  iour  d'avril  135-6. 

Le  mercredi  IIII"  jour  davril  lan  XLVII  ,  lu  juslichiés  à 
Tournay,  de  tranier  et  puis  pendre  Ilanins  Journier  pour 
che  que  il  fu  prouvât  soufliss.  contre  lui  quil  avoit  bouté  le 
feu  en  le  maison  Stievenart  Stievenoch  en  le  ville  Ditrc, 
liquel  Ilanins,  dist  et  confessa  (juil  [que  lui)  li  fds  Coteriel , 
ajipcllés  Ilanins  Dde  Fosse  et  Ilanins  Richard  ,  burent  en- 
semble à  le  maison  (îiiiot  à  Ronkicrc,  à  Willarmont  et  con- 
fessa que  li  IIII  dcssusdils  ,  brisiercnt  le  maison  doudil 
Stievenart  et  pour  ce  ([ue  il  l'.e  le  peurcnt  avoir  il  meisme 
{lui-même)  et  li  dis  Ilanins  Colérians  boutèrent  le  feu  en  h* 
maison  doudit  Eslicvenart  et  confessa  que  tout  IIII  y  furent. 
Ht  dist  quil  navra  le  fil  Renier  de  le  Roke,  couvreur  pour  ce 
quil  vint  au  feu  et  dist  ([uil  ala  avocc  les  autres  par  comf)a- 
gnie  seuls  che  que  il  y  fust  point  de  linage.  Et  dist  que  plui- 
scurs  fois  il  avcnl  {alla)  à  le  maison  Colingnot,  depuis  le  fait 
advcnul  ;  mais  onquc  ny  gui  cl  dist  que  onques  biens  ne 
vint  dcl  hostcl  doudil  Guoit,  car  cest  toute  erdnre  de  ribau- 
dise  cf  de  jeu  de  des. 


—  147  — 

Le  C)"  jour  d'avril  !317. 

Thunias  fils  de  Jehan  de  Bicselingc  en  llollaïuie,  né  eu 
le  Caijielle-de-Bicslinge,  fu  justicics  à  ïournay  de  boulir  le 
VI*  jour  davril  lan  XLVII ,  poui"  ce  (juil  fu  trouvés  et  pris  à 
Tourna}-,  avec  II  sakics  [sacs]  de  l'aus  doubles  de  H  parisis 
le  pièce,  et  dist  li  dis  Tlmmas  que  il  et  llcnris  de  Gaglidon 
prisent  (privent)  et  acalicrcnt  le  nionoic  ensemble  et  a  prit 
à  un  castel  ajipeîlé  Uruseberch  outre  Coulongnc,  VI  luiwes 
{lieues)  viers  Audrenacli,  et  dist  que  il  en  curent  IIII  mars 
j)Our  lescut  et  dist  quil  avoit  le  tierch  en  monoie  et  dist  que 
il  et  ses  compains  [son  compagnon)  devant  dis  en  curent  L 
mars  (inarcs)  pour  XIX  cscus  liqucl  pooient  monter  (à)  C  et 
L  livres  parisis.  Et  dist  que  Bayere  fils  à  Bayere  de  Bies- 
lingc,  avoit  part  avoec  caus  et  leur  ovoit  kicrkiel  (cherché) 
X  cscus  pour  mettre  en  emploilc  en  tclic  monoie.  Et  dist 
li  dis  Thumas  que  il  et  li  dis  Hcnris  cangierent  (changèrent) 
H  florins  faus  et  ses  compains  leu  (lui  en)  rendit  bien  un 
boin  (60»)  et  dist  que  ses  compains  en  alouvva  (plaça)  Inn 
cl  avoit  encore  lautre  avoec  lui. 

Le  9  avril  l'an  1347. 

Le  lundi  IX*  jour  davril  XLVII ,  fu  justichiés  à  Tournay 
Hancquin  li  tauricr  Dacrene  févre  (ottvricr)  pour  chou  que 
il  fu  prouvet  contre  lui  cpie  il  avoit  boutet  le  feu  en  le  mai- 
son Francbois  Douquesne,  en  lequel  fu  ars  li  fis  doudit 
Franchois  qui  estoit  de  petit  cage,  et  li  dit  Francbois  en 
telle  manière  que  il  morut  dedens  ticrcli  jour.  Il  confessa 
que  il  ocbist  (luat)  Colas  Tliicbaut,  et  fu  avoec  I  sien  cousin 
à  ochire  et  tuer  I  autre  home. 


—   148  — 
Le  28«  jour  d'avril  l'mi  1347. 

Le  samedi  XXVIIP  jour  dou  mois  davril  lan  XLVIl,  fu 
justichics  à  Tournay,  de  boulir  pour  fausse  monoie  qui  fu 
trouvet  en  se  maison  en  une  cauche  (cache)  ;  dedens  une 
carbenière  (charboniùère)  Pière  Goudale  quon  dist  de  Hes- 
din  ,  liquel  dist  que  le  dite  monoie  il  acata  à  un  viel  home 
dont  il  ne  seul  le  nom,  et  lenvoia  à  lui  une  feme  de  Bruges 
appcllée  Kateline  et  fu  folle  feme  séant  (restant)  dehors  le 
porte  Valenchiénoise,  et  dist  que  li  home  vielles  a  se  mai- 
son entre  II  pons  au  Bruille  et  le  mena  dehors  le  porte  de 
Marvis  en  I  gardin  et  dist  que  li  monoie  li  cousta  environ 
X  1.  tourn.  et  y  avoit  bien  XVIII 1.  par.  défausse  monoie 
et  en  avoit  alouet  pour  XXX  s.  tourn.  et  il  dist  que  il  raist 
largent  en  le  cauche  seuls  et  le  porta  en  le  carbenière  et 
que  nuls  de  scn  hostel  ne  savoit  point  dele  dite  monoie  fors 
il  et  dist  que  onques  plus  ne  sen  mclla. 

Le  25  mat  1547. 

Le  XXV*  jour  dou  mois  de  may  lan  XL VII ,  fu  justichics 
à  Tournay  de  traîner  et  de  pendre  Jehans  Hardis ,  pour 
chou  que  il  mist  à  mort  en  Tournay  dun  coutiel  à  pointe 
Jehan  Coddes,  liquels  Jehans  dist  et  confessa  que  se  wist  ja 
fait  (que  celui  qui  l'a  fait)  se  ne  fuist  Jehans  Gravis,  que  le 
dit  Jehan  Codde  vint  et  li  escria  qieche  (qui  est-ce  ?)  Et  sur 
che  il  le  fri  (frappa)  et  dist  que  li  dis  Gravis  en  est  ossi  cou- 
pable quil  meismes  (que  lui-même). 

Le  jour  de  la  fêle  de  la  saints  Croix  1347. 

Jehans-as-Gambes  de  Briffeul,  fu  jusiichiés  de  trainer  et 


I 


—  149  — 

de  pendre  le  jour  Sainte-Croix  lan  XLVII ,  pour  ce  que  il 
mist  à  mort  dedens  Tournay  ,  Jehan  de  Berges  ,  sareisscui- 
{faiseur  de  serge)  liqucl  morut  seins  parler  et  furent  avoec 
lui  Quarés  dou  Bruille  sergans  de  Blalon ,  Pierre  de  Sougnies 
de  Bernissart ,  qui  est  de  scn  lignage  et  des  autres  de  cette 
ville  dont  il  ne  set  les  noms  dont  li  uns  dcmora  au  chiens  ou 
marquiet  et  dist  que  li  fais  comcnça  pour  le  dit  Quurct  et 
dist  que  tout  venoient  ensemble  de  fait  davis  (étaient  clac- 
coril)  pour  ledit  Jehans  villcner  {maltraiter). 


Le  vendredi  devant  la  procession  1547. 


Willaumcs  Pipenie ,  fu  justichiés  de  pendre  le  vendredi 
devant  le  procession  lan  XLVII  pour  chou  que  il  fourcela 
XVII  cens  florins  ou  environ  que  Willaumc  Gave  li  avoit 
kierkiet  {chargé)  lesquels  il  disoit  quil  avoit  kierkies  à  I 
homes  qui  estoit  mors  et  ne  savoit  que  chins  en  avoit  fait, 
et  depuis  de  se  volentc  il  ala  à  se  maison  et  dist  quil  ensé- 
gneroit  où  il  avoit  largcnt  mis  et  mena  le  Prévost  et  plui- 
seurs  jurés  à  se  maison  et  prist  I  hauwiel  {houe)  et  four 
{fouit)  en  ticrrc  et  trouva  une  cave  en  lequele  avoit  pluiseurs 
florins  et  yceuls  trouvés  on  li  demanda  si  plus  en  avoit ,  et 
il  jura  que  non  en  leure  {faussement)  prist  une  candelle  et 
avala  {descendit)  les  degrés  de  se  cambre  et  ala  à  se  souve- 
ronde  {partie  inférieure  du  toit)  et  saka  hors  {tira  dehors)  l 
sach  de  florins  et  on  li  demanda  se  plus  en  avoit  et  il  jura 
encore  que  non  et  tantost  prist  une  candelle  et  monta  en 
un  solier  {étage)  et  en  le  soverondc  et  saka  I  sack  de  florins 
et  dist  quil  avoit  en  se  bourse  XII  florins  de  chiaus  que  li 
dis  Willaumc  Gave  li  avoit  kierkiet  lesquels  il  avoit  pris 
pour  payer  une  maison  quil  avoit  accatéc  des  Eschevins. 

19 


—  130  — 

Le  7  mai  de  Van  1348. 

Gillebiers  li  boulengiers  de  Tret  flls  Henri  le  manouvrier, 
fu  justichiés  de  boulir  le  merquedi  \W  jour  de  may  lan 
XLVIII  pour  chou  que  il  fu  prouvet  contre  lui  quil  avoit 
aporlé  en  Tournay  I  sack  de  fausse  raonoie  de  doubles  et  de 
II  deniers  le  pièce  et  les  voloit  canger  à  florins  et  dist  quil 
a  se  feme  gisant  denfant  (en  couches)  demorant  à  le  Lague  à 
VI  liuw'cs  de  Coulongne,  et  dist  quil  emprunta  largent  sur 
les  draps  se  feme  et  en  retourna  de  XXX  liuwes  loinch 
(loin).  Et  dist  li  dis  Gillebiert  que  on  fait  le  fausse  monoie  à 
Bruscbierghe  à  XI  liuwes  de  Coulongne  outre  le  Rin  et  en 
est  sire  le  conte  de  Bade  qui  est  avoec  le  Roi  Dangletierre, 
Et  que  Bocbe  Pieron  de  Genleke  demorans  à  Trete  del  eagc 
de  XL  ans  ou  environ  le  consella  et  fu  avoec  lui  et  repaire 
[detneure)  à  le  maison  sire  Alars  canone  à  Brousselle.  Item 
dist  que  il  eut  delc  ditte  monoie  VII  mars  pour  II  éscus. 

Le  27  février  iUS.  {V.  St.) 

Le  vendredi  XXVIP  jour  dou  mois  de  février  lan  M  CGC 
XLVIII ,  fu  justicics  à  Tournay  de  trayner  et  de  pendre 
Jehans  Li  BlansdisA-le-blanche-manche  de  Boslrc,  Englais 
pour  ce  que  il  confessa  que  il  {lui)  avoec  Guibon  Lenglesch 
{l'anglais)  et  Adam  Brimesgros  en  le  maison  Sandrars  Lete- 
lier  de  Bouchain  tenqueilla  (tença)  et  loia  (lia)  par  nuit  le 
meskine  (servante)  dou  dit  Saudrard  en  lestaule  {Vétable) 
des  vacques  et  puis  vinrent  au  lit  dou  dit  Sandrard  en  se 
cambre  et  la  le  loierent  de  cordes  et  tenquillierent  {pendant 
qu'ils  le  lièrent)  il  le  navrèrent  à  mort  et  li  ostcrent  le  clef 
de  sen  escring  cl  le  ouvrirent  li  dis  Jehans  et  en  osta  plui- 
seurs  blanques  mailles  de  Haynau  tant  que  à  Valenchiene 
il  les  canga  (changeai)  et  en  eu  X  florins  dor  à  lescut  III  gros 


—   loi      — 

ïncnis  si  comme  li  dis  justicics  li  confessa  devant  le  juge- 
ment et  après. 

Le  20^"  jour  d'avril  Van  1349. 

Le  XX'jour  davril  lan  M  CGC  XLIX,  fu  justichics  de 
peiulrc  Jehans  Outrcsœnc  de  Ilasebrouch  pour  ce  quil 
cogneut  de  se  volenté  devant  le  jugement  et  apries  quil 
embla  II  chcvaus  en  lestaule  Jehan  Viens  de  Puthem  en 
Ouvcghem,  desquels  il  en  amena  toute  nuit  lun  à  Tournay 
liquels  estoit  noirs  et  lautre  laissa  cmi  {parmi)  les  camps 
(champs)  pour  ce  quil  estoit  aveulcs  et  estahius  [usé)  si  ne 
veut  alcr  avant. 

Le  8^  jour  de  juin  1341). 

Le  V11I«  jour  de  juing  lan  M  CCC  XLIX ,  fu  justiciés  de 
pendre  Thiris  Dcsprcts  de  Saint-Sauveur  pour  ce  quil  con- 
fiessa  devant  le  jugement  et  apries  que  il  avoit  erabletlcs 
fiers  de  pluiseurs  kicrues  [chai'ues)  et  pluiscurs  auwcs  cl 
oisons  et  fais  autres  pluiseurs  larcncins.  Et  dist  que  il  fu 
avoec  ceauls  {ceux)  qui  emencrcnt  Jehanc  Doumoulin  de 
Elisielles  en  I  bos  pries  delà  ,  mes  onques  ne  fu  aidans  ne 
confortans  à  li  maltraitier  se  comc  il  dist,  et  y  furent  aveuc 
lui  Ilauins  et  Thiris  de  Lcuwc,  frère  Colars  de  le  Lanterne 
dcWodeque,  Masses  dcLannoil,  Colars  dou  Mouliniel , 
Jehan  Piètre ,  Jehan  dou  Bruet  et  Lohiers  ses  varies. 

Le  '2^^  jour  d'octobre  1349. 

Jehans  Hcrmans  de  Flandres,  fu  justiciés  de  traincr  et 
dépendre  le  XXVl^  jour  de  octobre  lan  31  CCC  XLIX  pour 
ce  que  il  rccongncnt  et  confessa  que  il  avocc  Malhis  Plnl  d'- 


—  152  — 

Audcnardc  avoient  vers  le  mont  Saint-xVudebicrt  dercubet 
Jakc  Mocrt  de  Sort  et  li  avoient  ostet  se  coroie  et  se  laisse 
{bourse)  en  lequeîe  il  y  avoit  deux  florins  dor  al  escut  et  XII 
gros  de  Flandres  et  le  avoient  ferut  pluiseurs  cos  de  cou- 
tiaiix. 

Le  50  octobre  1349. 

Mathis  Plat  de  Audenardc ,  fu  justiciés  de  traincr  et  de 
pendre  le  pénultième  jour  dou  mois  doctobre  lan  dessus  dit 
pour  le  cause  dessus  dite  et  avoec  pour  ce  que  il  recogneut 
et  confessa  devant  le  jugement  et  après  que  il  avoec  ledis 
Jehan  Hermans  ensamble  et  par  accord  mourdrirent  Michiel 
de  Griecourt  chirier  {cirier)  Daudenarde,  et  li  tolirent  et 
rostérent  tout  ce  quil  avoit  et  tout  sen  argent  mes  ne  scet 
combien  il  y  avoit  en  sume.  Mes  doudit  argent  il  en  eut  X 
s.  de  gros  pour  se  part.  Et  ne  li  en  donoit  lidis  Jelians  Her- 
mans fors  ce  que  il  voloit  car  il  estoit  maistre  deseure  lui. 
Item  dist  que  Copins  Zievequins  qui  se  fait  appeller  cheva- 
lier de  Durdrach,  chavctiers  eut  bien  une  livre  de  gros  que 
li  dis  Mathis  li  dona  en  warde  (garde)  au  Bieffroit,  là  il 
estoit  en  prison.  Et  savoit  bien  li  dis  Copins  que  li  argens 
vcnoit  de  mauvais  acquest  et  prie  li  dis  Mathis  que  celui 
argent  se  on  le  peut  recouvrer  que  ou  voellc  rendre  as  hoirs 
doudit  Michiel.  Et  dist  que  de  largent  dou  dis  Jak  Moert-dc- 
soif,  il  en  eu  IX  gros  de  Flandres  et  non  plus  les  quel  li 
dis  Jcgans  Hermans  lui  donna.  Et  dist  que  uns  appelés 
Wettequins ,  qui  a  le  teste  ligneuse  ,  Copins  Zievèquin  de- 
vant dis ,  Hanins  Lodcw  ic  de  Malines  et  Gérudc  de  Gherles 
acointc  dou  dit  Hanins.  Hanin  Vardan-Griclc  van  Askc , 
Ramequin  de  Machelines,  Pierre  Ilauwiel,  Kcync  Mcjekcn, 
Hanins  Van  de  Grasse,  Willekins,  maître  couwc  {ta)iueiir} 
de  Gand  ,  furent  lairon  elcschcvcur  de  bourses  cl  ombicrcnt 


—  155  — 

loul  ce  (juil  peuvent  Irouvcr  devant  caus  et  quil  puissent 
prendre  et  emporter  tant  que  tout  ne  soit  emblet.  Et  dist 
que  ccst  grant  domage  quil  vivent  si  longcraent  car  un  cars 
ne  poiroit  porter  ce  que  li  compaignie  à  embict  et  dist  que 
se  il  vienent  à  Tournay ,  on  ne  les  laisse  point  aler  ne  esca- 
pcr  {échapper)  car  ce  seroit  pires.  Et  dist  que  Ilanins  Lode- 
wic  etGrude  eurent  à  Monstcroel,  VII  cens  dor  que  li  dite 
Grude  prisl  et  embla  à  ccaux  qui  le  accompagnèrent  à  le 
feste.  Chy  Hanins  y  prist  et  embla  tout  chou  quil  peut.  Et 
dist  que  Ileyne  Mcgekin  est  léres  par  jour  et  par  nuit  et 
Ilanins  Van  de  Grasse  est  reubercs  vers  Bruges  et  tout  en- 
tour  le  pays.  Item  dist  que  Willekins,  mettre  courvc  (maî- 
tre tanneur)  de  Gand  est  léres  et  embla  en  le  maison  dou 
Courier  II  musekins  {pièces  de  batiste)  et  une  gorgière 
[chemise]  et  ne  scn  veut  aler  fors  par  nuit  pour  ce  quil  les 
peust  emporter.  Et  dist  que  Lisse  Scrateman  est  li  plus 
grand  escoveresse  de  bourses  qui  soit  en  Flandres  et  que  se 
il  {lui)  li  dis  Matbis ,  et  li  dis  Jehans  Ilermans  eusse  vescu 
plus  longhement ,  il  eussent  fait  pleutet  (plus)  de  mal  car 
pour  ce  avoient  il  acatet  {acheté)  II  fors  pourpoint  {côte 
d'arme). 

Jehans  Bourlais ,  doutre  Rin  {d'au-delà  du  Rhin),  fu  jus- 
tichié  à  Tournay ,  de  pendre  pour  pluiseurs  larencins  com- 
mis come  dautres  coses  quil  avoit  fais  liquel  furent  promet 
contre  li.  Si  pria  li  dis  Bourlais  quon  rendist  à  Wattier 
Mcrics  Damougies  II  gros  pour  laine  quon  lui  avoit  emblée. 
Et  doit  li  dis  Bourlais  à  Ernoul  de  Ilolay  II  escus  et  à  Jehan 
de  Ilolay,  scn  frérc  VI  gros ,  à  Jak  Ilaudekin  de  Ronays 
X  eslerlins,  à  un  grainetier  {porteur  de  grain),  dcRoneys 
I  gros  pour  painc,  à  I  homo  dcmoranl  à  le  baise  à  Bovcs 
XllII  mites.  Ilem  à  Sticvenin  deCaumontV  gros  lesquelles 
licites  li  dis  Bourlais  pria  quon  rcndesist  et  paiast  dou  sien. 


—  154  - 

Le  5  octobre  de  Van  1350. 

Le  vendredi  devant  le  jour  Saint-Bruniau  ,  lan  M  CGC  L  , 
fu  Monnes  deLersJusticiés  à  mort  denfouir  tous  vis  pour  ce 
cjue  sur  le  pays  de  le  ville  faite  par  sire  Gossuin  le  Louchier, 
prévost  et  jurés  entre  li  (lui)  et  Masset  Wittret.  li  di  Monnes 
navra  le  dessus  dit  Masset. 

(11  existe  ici  une  lacune  de  14  ans  environ  dans  les  regis- 
tres de  la  loi  et  malgré  les  recheroîies  faites  dans  les  autres 
dépôts  des  archives  on  n'a  pu  la  combler.) 


•.^^■-G^Ofi^'V^ 


—  155  — 
CONDAMNATIONS  A  MORT 

D\NS    LA    VILLE    DE    TOUKNAI. 

Extraites  du  tome  septième  des  registres  de  la  loi  commen- 
çant à  la  fête  de  saint  lîcmi^  le  deuxième  du  mois  d'octo- 
bre de  l'année  1564  jusqu'à  la  même  époque  de  l'an  1 384, 


Le  septième  volume  renfermant  les  actes  judiciaires  de  la 
pénalité  rendus  à  Tournai  pour  les  crimes  et  délits,  contient  : 
1°  Le  renouvellement  de  la  loi  c'est-à-dire  des  prévôts,  Jurés, 
Eswardeurs,  Echevins  et  Éliseurs  ;  à  commencer  au  jour  de 
saint  Rcniy  l'an  1364.  2"  Les  noms  de  tous  ceux  qui  avaient 
fait  ou  renouvelle  leur  serment  de  bourgeoisie  dont  la  for- 
mule fut  changée  cette  année,  elle  est  ainsi  formulée  : 

SÉREMENT    QUE    LI    BOURGEOIS    FONT    EN    LEUR    RÉCEPTION. 

«  Vous  jures  sur  sains  Ewangiles  que  vous  porteres  foy 
et  loialtet  au  Roy  nostre,  à  le  ville  de  Tournay ,  warderes 
loialmcntà  vo  pooir,  le  paix,  le  transquillitet ,  et  le  com- 
mun proufit  de  le  citet.  » 

AS    CLERS    BOURGEOIS. 

Et  aidercs  à  soustenir  les  cargcs  et  les  frais  de  le  ville 
si  come  les  autres  bourgeois  qui  ne  sunt  point  clers.  » 
{IVouveaux  serme7its  de  1364).  5"  Et  enfin  les  châtiments 
pour  les  contraventions  aux  lois  et  les  crimes.  Contraire- 
ment à  l'usage  suivi  jusqu'alors  ,  ce  n'est  qu'à  la  fin  du 
registre  que  se  trouvent  énuraérces  les  condamnations  à 


—  136  — 

mort  pendant  la  période  des  vingt  ans  que  mentionne  le 
volume.  Deux  ans  après .  ces  annales  constatent  le  change- 
ment notable  survenu  dans  le  pouvoir  de  la  commune  et 
confirment  ce  que  les  auteurs  rapportent  de  ce  fait  impor- 
tant pour  notre  histoire  :  que  le  IG  février  en  1366,  le  gou- 
verneur Oudart  de  Renty  fut  remplacé  par  Engherram  de 
Hesdin  qui  par  commandement  exprès  du  Roy  de  France 
Charles  V,  changea  l'administration  de  la  ville. 

«  Lan  mil  CGC  LXVI  le  XVI*  jour  de  février  noble  home 
messire  Engherram  Dœdin,  Chlrs  conseillers  dou  Roy  nos- 
tre  syre  par  le  virtu  dun  mandement  dou  Roy  nos  se  com- 
paru et  fu  ordenes  de  par  ycelui  signeur  gouvernières  de 
la  ville  de  Tournay ,  pour  gouvrener  la  haute  justiche  seuls 
et  pour  le  tout  et  liquels  volt  et  requist  à  avoir  conseilleurs 
pour  lui  aidier  et  conseillier  ou  fait  doudit  gouvernement 
et  pour  eslirc  ses  conseilleurs  furent  eslus  par  proches 
(paroisses)  les  personnes  qui  sensuivent  et  se  fist  li  élections 
le  samedi  XX''  jour  de  février.  » 

L'innovation  annoncée  dans  cette  ordonnance  consistait 
à  introduire  des  conseillers  ou  conseilleurs  dans  la  commis- 
sion administrative  de  la  ville ,  et  cette  mesure  moins 
encore  que  celle  qui  conférait  le  pouvoir  absolu  dans  les 
mains  d'un  gouverneur,  répondait  à  ce  qui  de  nos  jours  on 
appelle  :  proclamation  de  la  loi  mai'tiale.  Nous  en  trouvons 
l'explication  par  les  quelques  lignes  qui  suivent  les  noms  du 
renouvellement  de  la  loi  au  jour  de  St-Remy  de  Tannée 
1564  ainsi  conçues  : 

«  Le  dicmenchc,  second  jour  de  février  qui  fu  jour  de  le 
Candelcr ,  lanmil  CGC  LXIII  comotions  du  peuple  se  esmcut 
en  Tournay  et  de  nuit  à  le  commune  de  che  que  on  voloit 
allevcr  chertaincs  impositions  en  le  ville.  Et  le  mardi  en 


—  157  — 

sivant  qui  fu  IIIl*  jour  dou  dit  mois  fu  li  lois  renouvelée  en 
le  manière  qui  sensuit,  etc.  » 

Cette  cirervescence  qui  allait  en  croissant  depuis  quelque 
temps  et  occasionnait  des  troubles  dans  la  ville  ,  fut  cause 
que  le  Roi  Charles  V  retira  à  la  cite  les  droits  de  commune 
avec  toute  justice  ;  et  les  jugements  ne  se  rendaient  plus 
avec  l'assentiment  des  prévost  et  des  jurés  ;  mais  étaient 
uniquement  sanctionné  par  le  gouverneur.  Ceci  rentre  dans 
le  domaine  de  l'histoire ,  mais  les  auteurs  qui  le  rapportent 
varient  entre  eux  sur  ce  qui  provoqua  ces  troubles.  L'his- 
torien Cousin  dit  que  l'émeute  fut  occasionnée  par  l'annonce 
d'un  impôt  nouveau  sur  toutes  les  denrées  même  les  porécs; 
et  Poutrain  après  lui  semble  du  même  avis ,  en  avançant 
qu'un  édit  portant  établissement  d'un  impôt  sur  toutes  sor- 
tes de  denrées  entrant  dans  la  ville ,  la  mit  en  alarme  et 
que  toute  la  populace  se  mutina.  Mais  M.  Chotin  dans 
l'histoire  de  Tournai  et  du  Tournaisis  {i)  attribue  ces  trou- 
bles à  la  proclamation  du  duc  d'Anjou  venu  à  Tournai  avec 
le  sire  de  Ficnnes  pour  y  publier  et  faire  observer  certaines 
ordonnances  concernant  la  monnaie. 

Quoiqu'il  en  soit,  par  suite  delà  nouvelle  organisation 
municipale  les  condamnations  à  mort  eurent  lieu,  à  dater 
du  premier  octobre  1564  >  en  présence  ou  par  ordre  du 
gouverneur  de  la  ville. 

JEHINNES  de  gens  rais  à  mort  puis  le  jour  St-Rcmy  lan 
M  CCC  LXIIII. 

Baudars  de  Terewagne ,  miehieres  de  vin ,  fu  en  le  mai- 


(1)  Histoire  de  Tournai  et  du  Tournaisis  depuis  les  temps  les  plus 
reculés  jusqu'à  nos  jours,  tome  I,  p.  52?. 

20 


—  158  — 

son  Jehan  Crupeninck  férus  dun  pot  destain  en  le  teste  si 
que  li  cervelle  li  anala  et  issi  {sortit)  par  les  oreilles  et  moru 
sans  parler ,  lequellc  ferure  [coup)  fu  émise  et  imposée  à 
Bernardin  Castellain  dit  Buffait,  porteur  au  sac.  Si  le  nia 
et  fu  prouvet  contre  lui  que  fait  lavoit.  Pourquoi  il  fu  con- 
dempnés  et  justieiés  à  mort  de  trainer  et  puis  pendre.  Et 
assestost  après  que  il  fu  jugés  il  recogneut  avoir  fait  ledit 
fait.  Fait  le  mercredi  XXVII»  jour  de  novembre  lan  M  CGC 
LXIIII. 

JEHINES  de  gens  mis  à  mort  puis  le  XIX»  jour  de  mardi 
lan  Mil  CGC  LXIIII.  Et  estoit  gouvreneres  messir  Oudas 
de  Renti. 

Jehans  de  Lille  dis  Soirisette ,  porteres  au  sac  de  Vallen- 
chienes ,  fu  justichiés  de  trainer  et  de  pendre  pour  che  que 
il  et  par  lenqueste  en  lequel  il  se  raporta  si  come  de  se  pro- 
pre feme  et  le  mère  de  se  feme  fu  trouvé  que  il  [lui)  Seri- 
sette,  une  siene  fille  appiéllce  Pieronelle,  escampa  (jetta) 
de  tel  mainiere  que  il  mist  les  hankes  hoers  dou  liu  et  de- 
puis le  féri  dou  puing  sur  le  kief  {la  tête)  par  tel  manières 
que  depuis  li  enfens  ne  migna  {mangea)  ains  moru  devens 
XV  jours ,  car  la  chervelle  li  pouri  et  key  {tomba)  par  le  nés 
et  par  le  bouche.  Fait  le  venredi  XXVIII^  jour  de  march. 

Ilanequins  de  Meuneke  de  Gand  ,  fu  justichiés  de  pendre 
pour  che  que  il  fu  pris  a  une  bourse  coper  et  depuis  cogneut 
avoir  copé  entre  XVI  ou  XX  bourses  et  en  avoit  eu  entre 
XII  ou  XV  écus  fait  audit  jour. 

Jehans  Davesnes ,  tisscrans  de  draps ,  fu  justichiés  de  en- 
fouir tous  vis  pour  che  que  il  qui  banis  estoit  à  toujours ,  fu 
repris  en  le  justiche  de  le  ville.  Si  dist  depuis  que  il  fu 
jugés,  que  dou  temps  passé  dou  temps  que  il  estoit  cryés  à 
Tournay,  à  LX  livres ,  il  estoit  en  le  ville  Dabbeville  et 


Jchans  Rcnouls  ayocch  lui  et  csloient  en  lalrc  {le  cimeticrc) 
St-Sépulcre  et  là  recogneut  li  dis  Rcnouls  que  il  avocch  I  ap- 
pcllet  Zandelin,  avoient  brisict  une  traillc  et  pris  cherlains 
pots  et  godens  bordes  que  Jchans  Foriest  pendait  à  se  mai- 
son. Item  dist  que  quand  Biertrand  Ligrumeliers,  fu  oehis 
au  markct,  il  vitpleulet  de  gens  courir  à  Notre-Dame,  liqucl 
Davesnes  si  tourna  et  là  trouva  le  dit  Uenoul  ens  au  mous- 
tier  liqucl  tenoit  un  lonc  coutiel  et  avoit  se  clokc  tortcllié 
entour  sen  bracli  liqucl  Davcsne  lui  demanda  que  il  avoit , 
liquels  Renous  dist  :  Biaus  compains  aies  vcir  ou  markct 
que  on  y  fait  car  je  croy  que  jcn  ay  tué  I  ou  'II.  Et  inconti- 
nent li  dis  Davesnes  vint  au  markict  et  trouva  que  li  dis 
Bertrans  esloit  mort.  Si  retourna  par  deviers  ledit  Renoul 
liqucl  estoit  entres  ou  clokicr  de  Srunain  :  si  lui  dis  que 
li  dis  Bertrans  estoit  mors  liqucl  Renouls  respondi  que  il 
avoit  plus  chier  {qu'il  préférait)  que  il  euist  tuet  le  dit 
Bertrans  que  li  dis  Biertrans  lui.  Et  là  fu  Alars  li  Maires. 
Fait  audit  jour. 

Le  vendredi  6"  jour  de  juin  156o. 

Jehans  dele  Haye  dit  Ilaiscttc,  fu  justichiés  de  traincr  et 
de  pendre  pour  chc  que  il  recogneut  avoir  este  à  II  mour- 
dres  et  avoir  eu  part  as  deniei's  quils  avoient  et  fu  li  uns 
fais  ou  bos  de  Brcusc  et  li  autres  au  bos  de  Braine  et  furent 
avoech  Colins  Talleraars ,  Ilanckins  Dcleprcc  ,  llanekins 
Wales,  Auquctlc  Mers,  Biaudcs  Biccques,  tisserans  et  Colins 
Vole.  Fait  le  vendredi  Vl«  jour  de  juing. 

Ilayne  Ghuis  de  Gavre ,  fu  justichiés  de  traîner  et  de 
pendre  pour  ce  que  on  lui  a  mist  ([ue  il  avoit  mourdrit  I 
hoiiïe  Coutrc  de  Tcrscmcrsakc  liqucl  Ilayne  nya  le  mur- 
drc  (mewr/re),  mes  bien  dist  que  il  lavoil  navrel,  et  depuis 
par  information  faite  fu  Ironvc  que  il  (lui)  avocch  Boydin, 


~  460  — 

sen  frère,  avoient  fait  ledis  fait  et  de  nuit  et  quant  vint 
jours,  les  raist  en  I  fosset  et  che  fait  li  dis  Hayne  le  recoc;- 
neut.  Fait  audit  jour  et  aussi  recogneut  pluiseurs  roberies. 
Pieres  le  Lièvres  de  Lisy  et  Piéres  de  Langeles  dis  Ani- 
maus  et  Col  Doy,  furent  justichiés  de  pendre  et  pour  ce  que 
ils  furent  arresté  pour  marchandise  daniaus  que  il  ven- 
doient  as  boines  gens  en  fraude  en  en  eux  déchevant 
(trùmpant)  et  par  espécial  pour  II  aniaus  que  il  avoient  ven- 
dus à  I  preudhome  le  some  de  Vlil  francs  et  liquel  ne 
valoient  nient  plus  de  VII  gros  et  lequel  fait  il  nyèrent  et 
depuis  le  rccogneurent  et  aussi  rccogneurent  pluiseurs 
autres  extorsions  et  marchiets  déchevables  avoir  fait  en 
pluiseurs  villes.  Fait  audit  jour. 

Le  mercredi  16*  jour  de  jit'in  1565. 

Henries  Guios  de  Le  Buissiere ,  carpentiers ,  fu  justichiés 
de  traîner  et  de  pendre  pour  ocbire  et  maitre  à  mort  en  nos 
justiche  Hanekin  de  Lille,  Et  dis  li  dis  Henries  que  avoech 
lui  audit  fait  faire  fu  Colins  Lidois ,  cousturiers  et  lequel  le 
feri  dun  espoit  [épée).  Le  mierqucdi  XVI*  jour  de  juing. 

Le  Lundi  14=  jowr  de  juillet  1365. 

Nichaiscs  Gossiaus  De  le  Hamaide,  fu  justîchié  de  traî- 
ner et  pendre  pour  violences  sur  Sandrine  Dogi  ctdouquel 
failli  dis  Nichaises  sen  raporta  au  sercment  de  le  dite  San- 
drine liquclc  en  le  présence  doudit  Nichaisc,  fu  scrmentce 
et  prist  par  sen  serement  que  li  dis  Nichaisc  lavoit  fait  vio- 
lence etmaugrctli  {ma/iyré  elle).  Et  avoech  cognent  que  il 
avoech  pluiseurs  autres  siens  parens  fu  à  ochirc  1  homedales 
[d'auprcs  de)  Cambray.  Et  III  semaines  a  ou  environ  il 
avoech  Caisins  li   bastars  de  Baudrcghien  Hanins,  vallés 


—  161  — 

Mons.  Destade,  Mikius  de  la  Horde,  Noulcs  Croissars,  li 
vallés  Gilles  de  Baudreghicn  de  Flobierc  ravirent  une  femc 
h  Escornay  et  Icut  li  dis  Ilanins  en  se  compaignie.  Fait  le 
lundi  XIIH*  jour  de  jullct. 

Le  mercredi  premier  jour  d'octobre  1365. 

Wivc  Piètre  de  Scrissc,  fu  justichiéc  de  enfouir  toute  vive 
pour  pluiseurs  larenchins  que  elle  avoit  fais  en  le  cyté  les- 
quels larencbins  elle  reeogneut  avoir  fait  si  corne  une  fou- 
rure  de  vair  pluiseurs  warcoles  {vêtement  piqué],  waissiaux 
destain,  touwailles  (toiles),  linchius  (linges),  et  autres  choses. 
Fait  le  merquedi  premier  jour  doctobre. 

Le  jeudi  second  jour  d'octobre  i  365. 

Jehans  Gardin  dis  Gardinet,  tisserans,  fu  justichiés  de 
coper  le  ticste  sur  le  markiet  de  Tournay  et  pour  che  que 
il  qui  tcnoit  prison  au  Bicffroit  en  issi  hors  et  ala  as  halles 
dou  Bieffroit  en  criant  (1)  :  sign  laron  soncs,  sonés,  et  de- 
puis se  parti  et  en  ala  à  se  maison  et  prist  espée,  bouceler  cl 
wantcles  et  revint  au  Bicffroit  en  criant  sign  laron  soncs 
soncs  on  lue  nos  gens,  »  En  vocllant  faire  comotion  et  conspi- 
ration contre  le  signeur  et  de  che  reeogneut  le  plus  grant 
partie  et  li  surplus  fu  provés  contre  lui.  Fait  le  joedi  second 
jour  de  octobre. 

Le  mercredi  1 5<^  jour  d'octobre  1 365 . 

Copins  Vanis  de  Brouxiclles ,  condewaniers  cl  paliniers 


(1)  Jean  Gardin  de  la  corporaiion  des  lisscrans  cherche  à  ameulcr 
ie  peuple  à  Tournai. 


—  462  — 

(sabotiers),  fu  justichiés  de  traîner  et  de  pendre  et  pour  clie 
que  il  qui  arrestés  estoit  pour  ochire  I  home  en  le  ville  de 
Bruges  et  avoir  esté  à  le  darraine  coraotion  en  le  ville  de 
Bruges  à  rencontre  dou  signeur  lesquels  fais  il  nia  et  scn 
raporta  àlenqueste  de  le  ville  de  Bruges  (1).  Si  fu  trouvés 
par  lenqueste  de  ledite  ville  de  Bruges  que  li  dis  Copins  fu 
veus  à  le  dite  comotion  uns  des  premiers  et  par  espécial  fu 
veus  a  desreuber  et  waster  [piller]  en  le  maison  Mons.  Jehan 
de  Disque,  chevalier,  adont  rechcveur  de  Flandres  et  avoec 
recogneut  avoir  fait  ledit  homicide  et  de  biel  fait.  Fait  le 
mierquedi  XV«  jour  doctobre. 

Le  Lundi  20^  jour  d'octobre  1565. 

Pierars  De  le  Fosse  bastard ,  fu  justichiés  de  traîner  et  de 
pendre  pour  chc  que  il  de  fait  appensé  (propos  délibéré)  et 
pour  fait  de  loy  avoit  ochis  et  mis  à  mort  Colars  Nichusc  et 
fu  avocch  Hanekins  Delefossc  ses  cousins  et  dist  [en)  oultre, 
que  che  fait  lui  fisent  faire  Jehans  Maille  de  Tongrcs-Notre- 
Dame ,  Colins  Delefossc  et  Ysaach  11  Bochens  et  se  cil  III  ne 
fuissent  il  neuist  ja  fait  le  fait.  (Si  ces  trois  n'eussent  pas  été 
là  ils  n'eussent  jamais  fait  ce  crime).  Le  Lundi  XX«  jour 
doctobre. 

Le  vendredi  28*  jour  de  novembre  1565. 

Willcmes  Van  Kats  de  Lescluse ,  fu  justichiés  de  pendre 
pour  che  que  il  avoit  copet  I  couticl  à  II  bircelés  [bracelel) 
d'argent  et  fu  pris  au  présent  meffait  et  avoech   cogncut 


(1)  Emeute  à  Bruges.  Pillage  de  la  maison  du  receveur  de  Flandres 
monseigneur  De  Dilf ,  chevalier 


—  165  — 

que  il  en  avoit  copct  une  à  le  fcnie  Jak  Hanouse  et  aussi 
cogncut  avoir  pris  une  kauche  {culoUe)  à  le  maison  Jehan 
de  Maudc,  et  aussi  une  parc  de  coutiaus  au  portai  Notrc- 
Dajne.  Fait  le  venredi  XXVIIP  jour  de  novembre. 

Gillckins  Capars  de  Bruges ,  fu  justichics  de  pendre  pour 
clic  que  il  avoit  copet  des  bourses  et  fu  pris  en  prcsens 
méfiait  et  avoech  cogncut  que  il  avoit  copet  II  autres  bour- 
ses en  Tournay  et  I  nagrant  et  dist  que  Laurcs  de  Gand, 
lui  fist  faire.  Fait  le  venredi  dessus  dit. 

Le  lundi  0^  jour  de  février  1365.  {Vieux  stile.) 

Piérars  des  3Ioustiers  ,  fu  justichiés  de  pendre  pour  clie 
que  il  recogneut  que  avoech  Maigne  Waye ,  il  fu  concevans 
à  embler  chertaines  some  de  florins  que  Ysabiaus  li  Car- 
lonc  perdi  environs  le  Toussains  darrain  passé  et  dist  que 
li  dite  Magne,  prist  les  deniers  et  depuis  li  dis  Pierars  reco- 
gneut à  le  justice  que  il  Piérars  meismes  les  prist  et  em- 
porta à  Monstruel.  Fait  le  lundi  IX«  jour  de  feurier. 

Le  mercredi  25«  jour  de  février  1565. 

Hanckins  de  le  Sauch  dis  de  Moussin  {Mouchin)  fius  (fils) 
bastard  Jehan  Sohier ,  fu  justichiés  de  trainer  et  de  pendre 
pour  che  que  il  fu  suivis  par  Lehuk  que  en  fait  lait  et  vil- 
lain  il  avoit  ochis  et  mis  à  mort  et  de  trait  darch  et  de 
sayette  {flèche)  Mahiu  le  Iluk  et  Jehan  Lehuk  sen  fil.  Liquel 
Haueq  dist  et  proposa  que  che  que  il  avoit  fait  il  lavoit  fait 
de  biel  fait  en  contrcvengant  le  injure  à  lui  fait  en  se  per- 
sonne par  le  dis  défunt  et  quil  avoech  pluiseurs  leurs  com- 
pliches  lavoient  aie  querre  (chercher)  à  le  maison  de  sen 
père  et  eshuiscnt  y  celi  maison  en  disant  que  le  dit  Hanekin 
questroit  (qui  éioil)  bastard,  ore  (présentement)  ou  autres 


—  164  — 

fois  sil  le  trouveroient  et  que  se  il  le  tcnoient  il  le  déco- 
proicnt  aussi  menut  que  ou  dccopc  car  {chair)  à  maisiel 
[charcutier)  douquel  fait  li  dis  Hanekin,  bastard  sa  (s'est)  mis 
en  peine.  Douquel  fait  li  dis  Hanekins  falli  de  proeve.  Fait 
le  mcrkedi  XXV^  jour  de  feurier. 

JEHINES  de  gens  mis  à  mort  depuis  le  loy  renouvelée  le 
S1X«  jour  de  march  lan  M  CGC  LXV. 

Le  lundi  ^ô^  jour  de  mars  1363. 

Hanekins  dou  Bos  de  Froimont ,  fu  justichiés  de  pendre 
pour  pluiseurs  larenchins  que  il  recogneut  avoir  fais  en 
pluiseurs  luis,  si  corne  à  Vallenchienes,  à  Mons,  à  Cam- 
bray,  et  ailleurs.  Et  noma  ses  complices  Hanin  Rousselct 
foulon,  Pieres  li  Flamens,  tisserans  et  Pieres  Belles  cordewa- 
niers  tout  dcmorant  à  Vallenchienes.  Fait  le  lundi  XXIIP 
jour  de  march. 

Le  8«  jour  de  mai  l'an  1 566 . 

Rolans  de  Utrestare  de  Gand,  fu  justichiés  de  trainer  et 
de  pendre  pour  chou  que  il  fu  suivois  {poursuivi)  et  sup- 
çonnés  davoirfait  et  mourdrit  uncfeme  et  de  nuit  au  dchuers 
de  Gant  viers  S'-Bavon  sur  Lescaut  et  que  le  fait  avenu  il 
lavoit  bouté  (poussée)  en  l'Escaut  et  de  Icqucle  feme  il  avoit 
eu  II  enfans  et  avoit  nom  Berthe.  Et  lequel  fait  il  recogneut 
avoir  fait  le  VIl^  jour  de  may  l'an  LXVI. 

Le  8*  jour  de  janvier  1 567. 

Willcmes  Meilles  de  Popcringhcs ,  fu  justichiés  de  pen- 
dre pour  che  que  il  cogneut  avoir  emblet  grant  quentilé 


—  mu  — 

daoiaus  {d'anneaux)  do  pluiscurs  lires  à  le  maison  Jehan 
Gabct  Miercliiet.  Kt  dist  que  Ilanckins,  Il  patiniers  lui  con- 
seilla à  faire  et  y  lu  présens  une  lies.  Fait  le  VII1«  jour  de 
jcnvier. 

Le  vendredi  2'^  jour  d'avril  1367. 

Ilanins  Paniaus  de  Rebais ,  lu  justichics  de  traîner  et  de 
pendre  pour  clie  que  il  {lui)  en  le  ticre  {sur  le  teiritoire)  de 
Wodckc,  qui  est  ticre  de  pais  reuba  et  prist  II  chcvaus  qui 
esloient  à  Ernoul  Lemort  et  aussi  par  une  cnquestc  ou  {à 
laquelle)  li  dis  Hanins  se  {.s'«h)  raporta  liquelc  fu  faite  à 
llcbais  et  aussi  cogneut  que  il  fu  à  ochire  I  appelle  Leniairc. 
Fait  le  venrcdi  second  jour  davril  lan  LXVII. 

Le  vendredi  9"^  jour  de  juillet  15G7. 

Simoncs  Papelars  deSoissons,  fu  justiehiés  de  traîner  et 
de  pendre  potir  jcuwer  {jouer)  de  faus  des  et  pluiscurs  fiet 
{fois),  par  lui  avoech  Jaquot  de  Liauwe.  Et  avoech  cogneut 
que  il  et  Jaquos  Del  Yauwe,  murdrirent  entre  St-Amand  et 
Mortagnclhomcappiellc  Carpcntier  et  lui  ostérent  VI  francs 
et  V  fors  et  avoech  rcubércnt  I  home  à  Baudour  de  IlII 
cscus.  Et  avoech  dist  que  Ilanekins  Toukcs  lui  bailla  les  faus 
dés.  Fait  le  venrcdi  IX*  jour  de  jullct. 

Jakes  Del  Yauwc  de  Cambray,  fu  justiehiés  de  ti-aincr  et 
de  pendre  pour  les  fais  et  causes  dont  Simones  Papelars  fu 
justiehiés.  Et  avoech  dist  que  il  a  vcscu  de  femcs  IIII  ans  et 
oultre  que  il  cmbla  à  Ernoul  Daubi  I  Lion  dor  (1)  I  couticl 
et  une  kauche.  Et  aussi  embla  à  Messirc  Adam  Lebrun 
XXXIIII  Royaus  (2).  Fait  audit  jour. 


(I)et(2)  Le  lion  d'or  élaà      ■.■  monnaie    iur    ".•  la  i'*îur..!iO  ei  le 
>oyal  également  en  or  ^■3!rfr:j^é  bb  Fran^'  ■ 


—   ICG  — 
Le.  samedi  ii"  jour  d'août  IôC7. 

Hues  lie  le  Court  Daxclc  dalcs  Deusc,  fu  justichiés  de  Irai- 
iicv  et  de  pendre  pour  chc  que  il  cogneut  que  environ  deniy 
an  a  il  fu  à  dércubcr  I  home  vicrs  Orcliics  et  avoil  chils  boin 
II  livres  de  gros  afiiqucs  {parure)  ctaniaus  [anneaux,  bagues) 
et  fu  avocch  lui  \yillekins  Ghillains  et  Robin  de  le  Sauch, 
dit  Van  den  Ruque  et  partirent  ensemble.  Item  dist  que 
environ  lil  semaines  il  fuà  déreubcr  Ihom  vicrs  Courtrai 
et  en  eut  XL  gros  et  y  fu  Gillekins  van  vise  de  Rusbicke. 
Item  fust  à  déreuber  I  home  vicrs  Gant  dont  il  eut  en  se 
part  XXXII  gros.  Et  dist  que  il  fu  à  desrcuber  1  home  mer- 
ehier  viers  le  Mont  S,  Audebiert,  douquel  il  eut  XL  gros  et 
y  fu  Gillekins  Van  de  Russelede.  Et  que  il  y  a  environ  VIII 
jours  quil  fu  à  déreuber  I  home  viers  Orque  et  en  eut  X 
gros,  et  y  fu  Monekins  de  Bruges,  Gastcrcs  et  uns  autres 
vallcs  nomes  Willems.  Fait  lan  LXVII,  le  samedi  XIMI^ 
jour  daoust. 

Le  lundi  i\^  jour  d'octobre  1367. 

Jelians  dou  Markiet  dit  Willamc,  fu  justichié  de  pendre 
pour  chc  que  il  cogneut  que  il  avoil  pris  en  I  coffre  XXXV 
francs  (1)  liquel  coffre  cstoit  Agnics  li  baigncrcssc  femc 
Jehan  de  Tcmplemarcli.  Fait  lan  LXVII  le  lundi  XI*  jour 

doctobre. 


(l)  On  peut  remarquer  dans  ces  annales  criminelles  les  cLange- 
menls  qui  sopéraienl  au  sujet  des  dénominalions  monétaires,  Jean 
du  Marquiet  est  pendu  pour  avoir  volé  55  francs,  c'est  la  première 
lois  que  nous  voyons  le  mot  employé  dans  nos  registres  de  la  loi  pour 
une  désifîiiaiion  de  monnaie,  celait  probablement  le  FranC'à-cheval 
en  or  (en  1507)  valant  environ  la  francs  de  notre  monnaie  actuelle. 


—  Ifi?  — 

Le  samedi  20"  jour  de  novembre  I3G7. 

Jclians  des  Croisicrs  D'Escanaflc  ,  foulons,  fii  juiUchics 
île  pcDilrc  pour  tlie  que  il  cogncul  que  il  csloil  hérites 
[hè relique)  et  tlislque  frérc  Jackes  de  Lers  lui  iniroduist  à 
chc  faire. 

Kalherine-ns-Enfans,  lu  juslicliic  dardoir  poui'  elic  que 
elle  cogneut  (juc  elle  csloit  hérite  et  pluiseursfemc  si  cum 
Katherine  li  portières  et  Billehaut  Gausieres  et  lesquelles 
estoient  hérites  avoeeh  le  dite  Ralherinc-as-Enfans.  Fait  le 
venrcdi  III"^  jour  de  décembre. 

Le  vendredi  -2^  jour  de  décembre  13G7. 

Pierars  Gencviére,  fu  juslichiés  de  pendre  pour  pluiscurs 
larcncliins  que  il  cogneut  avoir  fais  et  dont  il  (ut  poursuivis 
de  plusieurs  personnes.  Fait  le  venrcdi  nuit  dou  Xocl, 
XXIIII'  jour  de  décembre. 

Le  vendredi  21'^  jour  de  jenvier  iôG8.  (.V.  St.) 

Ilanekins  W'illokiaus  dis  Matons ,  lu  juslichiés  de  pcndic 
pour  chc  que  il  cogneut  que  environ  le  St-Chrisloflc  dar- 
rain  passé,  il  meus  de  mauvaise  volenté  prist  et  embla  I 
cheval  a  le  maison  Thicbaul  Dclc  Haie  et  le  vendit  a  Les- 
kicUe  IX  escus.  V.l  il  recogneut  que  il  cl  Hanckin  Gonliers 
qui  demeure  à  Thumaide,  VI  ans  a  ou  environ  furent  au 
moulin  à  Basaides  (Busècle)  et  prisent  11  rasiéres  de  bled. 
Item  adonl  {alors)  emblal  1  noir  mouton  à  le  maison  Jehan 
Gompiére  à  Dasaicles.  Item  It  dis  llanekin  vint..,.  (Gel 
interrogatoire  n'a  pas  clé  achevé  dans  le  registre.) 

Le  samedi  ïiWjour  de  juillcl  13(i8. 

Pierre  de  Pclbcpgiiien,   fu  juflichié-  dr   traîner  n    de 


—  168  — 

pendre  pour  chc  que  il  cognent  que  il  a  este  en  le  conipai- 
gnie  Ilanekin  Bogart,  I  an  ou  environ  cl  fu  à  tuer  Jehan  de 
Bfues  dont  li  dis  Pierres  eut  VI  gros  en  se  part  et  fu  tués 
pour  che  que  il  esloit  riches  homes  et  ne  voloit  doner  don 
sien  audit  Boghart.  Et  il  fu  présens  à  tuer  Gillion  d'Aude- 
narde  pour  ce  que  il  avoit  accusé  Willemin  Copin  et  Arne- 
kin  Bogars  liqucl  fu  justichics  par  Messircd'Escornay,  Et 
dist  que  il  y  a  en  leur  compaignie  une  feme  appellée  Jehanc 
Cabillau  liquelle  est  amie  à  Hanekin  Bogars  et  liquellc 
cspie  gens  sur  les  kemins  souvcnfcfois  et  demeure  à  Audo- 
nardc,  et  dist  que  il  sunt  XVI  et  rcpairent  souvcntcs  fois  à 
Warnave  ou  environ  le  hailliu  de  Uesnais  pour  che  que  il 
avoit  fait  justichic  les  trois  frères  Bogars.  Fait  samedi 
XXIX"^  jour  de  jullct. 

Le  lundi  li"  jour  iVaoul  13G8. 

Jaquemins  li  Sage  dis  Cras-pour-?>ient,  fu  juslichiés  de 
cire  enfouis  tous  vis  à  le  Croisellc  pour  ochirc  et  mettre  à 
mort  en  nos  justiche  Andriu  Romclin.  Elle  quel  fait  li  dis 
Jake  cogncut  avoir  fait.  Faille  lundi  XllIP  jour  daoust; 

Jehan  de  Veson,  foulons,  fu  juslichiés  de  pendre  pour 
pluis  larcnchins  que  il  cognent  à  avoir  fait  en  Tournay.  Et 
dist  que  Jak  li  toilliers,  le  vint  qucrre  de  nuit  et  en  alérent  à 
le  placctle  as  oignons  et  la  Irouviérent  I  pourchiel  et  lescor- 
chiérent  et  en  eut  chascun  se  part  et  y  en  cuwist  VII  livres. 
Et  dist  que  il  et  Jak  Malars,  Jak  de  Bruyclles  et  Jehan  Four- 
niers  fiuls  Jehan  en  une  procession  Ilil  ans  a  ou  cnviroii 
emblérent  au  market  as  Vakes  un  pair  de  solcrs  [souliers) 
et  aussi  emblérent  ailleurs  ensemble  basclar,  tasses,  froma- 
ges et  pluiscurs  aulrcs  choses  dont  Jak  de  Bruycllc  en  cul 
une  baselare  quil  porta  bien  demy  an  et  aussi  II  paires  de 
solcrs  et  dist  ouUrc  que  Juk  Malars  cl  Jak  de  Bru}cl]c  cm- 


—  1()<)  — 

blcrcnl  en  ccli  saison  nioull  de  clioses  ensemble.  Et  il  di  l 
que  llanckin  rourniers,  Al;irdins  Dolanoil,  Ihmekiu  ses 
frères,  il  cmblércnt  à  le  maison  diin  tondeur  devant  S - 
Ijrissc,  drap  ne  scct  (luantcs  aiiesncs  {combien  d'aunes)  il 
valoit  bien  IX  francs  ou  environ  et  en  eut  cbascun  sej)f, 
mais  il  rcnonsa  se  pari  pour  un  priestrc,  mes  il  ne  scel  des 
autres  que  il  en  fiscnt.  Item  dist  que  le  jour  S^  Cbrislolle 
darrain  passé  Boulogne  et  uns  sien  vallés  dont  il  ne  scct  le 
nom  cstoient  sur  une  maison  qui  fu  Tassart  Bcnoile  et  en 
curent  bien  tant  en  tiulcs  {liiilcs)  que  en  bos  (bois)  le  valeur 
de  III  francs  ou  environ.  liem  dist  que  Jake  Trudc,  en 
lance  devant  le  tourble,  cmbla  viers  les  Pissoncbiaus  une 
sakic  de  lin  qui  valoit  grans  denier,  et  dist  que  li  dis  Tonde 
est  fort  léres  et  que  moult  de  choses  avoient  emblé  cnsamblc 
et  que  audit  Tonde  et  llanckin  Fournicr  nescapoit  riens. 
Ilcm  dist  que  avocch  llanckin  Fournicr  aloicnt  souvent 
Jake-a-lc-Police  et  llanckin  ses  Ircrcs,  et  aloicnt  de  nuit 
cnsamblc  et  ne  leur  cscaj)oit  chose  quil  [)cuisscnt  tenir  fust 
{soit)  clokes,  cotes  touwcUcs  et  que  il  {(ni)  Veson  les  a  vcu 
pluiseurs  fois  où  il  les  porloicnt  à  usure  et  vendre  as  vies- 
war.  Et  dist  que  il  eut  II  caudrons  qui  furent  Colars  de  lîic- 
legnis  et  que  au  quarcsinc  darrain  passé  il  enîbla  lin  en  une 
maison  à  S'*^  Kalhrine  lequel  il  vendi  ù  Jelian  Boukaul  cl 
depuis  en  rendi  largent  et  dist  que  li  dis  Boukaut  et 
se  femc  achatlcnl  pluiscui's  choses  cmblces  vaissiaus  deslaiii 
et  autres  choses  et  asses  le  pooit  savoir  car  au  vendre  les 
choses  on  leur  disoit  que  il  ne  les  vendesissent  mie  au  point 
quelles  éloicnt.  Et  dist  ([ue  il  fu  jn-ésent  as  frères  mineurs 
ou  li  fossiers  de  S''^  Kalhrine,  vint  dire  à  Alardin  de  Ba-sai- 
cles  dit  Doufour,  que  se  il  ne  faisoit  apoint  dune  cainturc  et 
dun  hannp  quil  avoit  pris  à  le  maison  dune  lavieuse  en  le 
rue  de  Wes,  (juil  eu  aroil  à  faire.  Ilcm  dist  (juc  llil  ans  a  ou 
environ  llanckin  Eournicrs   cmbla  en    une  maison    cnirc 


—  170  — 

S' Quentin  et  le  pucli  une  cape  (chape)  un  souplich  {surplis) 
et  une  aumuclie,  et  le  mist  à  usure  en  le  triperie  à  le  maison 
Colas  de  Bruicres.  Fait  merkedi  nuit  S'  Bietrcmicus,  XXIIl'' 
jour  daoust. 

Le  mercredi  ùO'^  jour  d^aoïit  13G8. 

Jaqmars  Trude ,  fu  justichiés  de  pendre  à  Ilavines  pour 
pluseurs  larenchins  que  il  cogneut  avoir  fais  si  cuni  il  dist 
quil  prist  à  Jehan  Goûtais  ,  une  côte  {veste)  dont  il  eut  XII 
gros  et  fu  à  le  Pentecouste  darrain  passé.  Item  prist  à  une 
feme  un  double  gris  (1)  et  I  bure  (pièce  d'éloffe  de  laine)  dont 
il  eut  XII  gros  et  fu  à  le  Penlccoustier.  Item  prist  h  une 
feme  de  Gand,  assez  priés  de  Bruges,  sur  le  chemin  XV s. 
de  gros  et  cstoit  ses  vallés  et  li  avoit  kierkct  à  warder  et 
senfui  à  Tournay  et  cstcit  largent  en  une  côte  et  lors  se 
mucha  en  un  bled.  Et  dist  que  pour  che  que  Jehan  de 
Rcmueslarc  ne  lui  volt  faire  avoir  lettres  de  Mons.  de  Flan- 
dres Descoreillc,  que  se  jument  avoit  morse  il  li  arderoit  se 
maison.  Item  dist  que  il  tolli  à  Willem  van  Zelc  de  Gand , 
fournier  se  tasse  {bourse)  où  il  avoit  VII  escus  de  Bruges  et 
une  cloko.  Item  à  un  home  Vies  St.  Bavon  (à  Vive  St.  Bavon) 
il  esta  IX  escus  pour  che  que  il  avoit  peur  que  il  ne  le  tuast 
lavoit  fcrut  [frappé)  d'un  bâton  et  eut  unes  bcssaches 
{besasse)  ou  il  y  avoit  une  livre  de  raisin.  Et  dist  que  il  a 
robe  {volé)  se  suer  {sa  sœur)  et  ses  cousins  à  Gavres,  dun  lit 
et  une  côte.  Item  prist  à  le  maison  signcur  Bauduin  Poulin, 
une  côte  et  eut  dun  scyeur  days  de  Gand  par  forchc  sur  le 
kcmin  XVI  gros  etli  copa  se  coroie.  Item  cul  il  de  III  folles 
fcuu's  VIll  gros.  Audit  jour. 


(1)  Double-Gris  ce  doii  ôlrc  une  fourrure  (liû'ércnlc  du  Pctit-Grix 
oiR-ore  rev;lierchcc  do  no?  jours. 


—  171  —     . 

Le  mardi  ^(j"^  jour  lU  janvier  1"08. 

Cliiïs  Liciers  de  Diqucmue,  fii  jusliclik's  de  toper  ticslc 
sur  le  market  de  Tourna\ ,  pour  chc  que  ii  cognent  et  con- 
fessa que  Jchans  llyp  de  Bi'uges ,  qui  est  tisserans  vint  à  le 
maison  doudil  Clays  à  Estervorde  en  Englelerre,  au  mois 
daoust  darrain  passe  et  lui  dist  quil  aloit  viers  Londres,  là 
où  il  trouveroit  Jehan  Barait,  Jehan  de  Lestuvc  et  Jaque  de 
Laeke  qui  lavoient  mandé  et  estoit  avoech  lui  Jehan  Ilarde- 
bove  Dardemborg  et  aloient  à  II  chevaux  et  dist  que  envi- 
ron XV  jours  apries  li  dis  Jchans  revint  et  dist  quil  aroit 
bon  fianche  de  oir  (entendre)  boines  nouvielles  brisment  car 
Jchans  Barait  Jaequc  de  Lacquc  et  Jehan  de  Lescuve  avoient 
parle  aus  gens  dou  Roy  Denglcterre,  qui  leur  avoit  promis 
que  se  le  mariaigc  se  fcist  dou  fds  dou  Roy  Dcngleticres  et 
de  Madame  de  Bourgogne,  quil  feroit  tant  au  Roy  quil 
prieroit  jjouryaus  à  Mons.  de  Flandres,  pour  grâce  quils 
pouissent  ravoir  le  pais  et  se  li  mariage  ne  se  fesist  Jehan 
Rix,  dist  quil  feroit  venir  sire  Gérard  le  Mocr  en  Engle- 
lierre  et  sur  che  il  kierka  le  dis  Clay  de  revenir  de  cha  le 
mer  pour  parler  as  banis  pour  les  faire  aller  viers  Calais, 
car  il  avoit  bien  consentement  dou  Roy  de  venir  de  Engle- 
lerre sur  le  pays  de  Flandres.  Et  sur  che  vint  li  dis  Clais  à 
Calais  là  où  il  trouva  Piètre  le  Winke  qui  lui  conseilla  de 
aler  à  Robiert  de  Huyssc,  lequel  il  quist  [chercha)  à  Valen- 
ches  et  ne  le  trouva  point.  Apries  il  fist  escrire  un  brief 
audis  Seigneur  Robiert  quil  venist  parler  à  lui,  il  lui  dirait 
chertaines  choses  qui  lui  porteroicnt  honeur  et  profit  et 
dona  le  brief  à  le  maison  Jehan  Arleboue  à  Tournay,  et 
dist  que  pour  mille  chose  on  ne  laissast  denvoyer  le  brief 
audit  Robiert,  et  quant  Robiers  eut  le  brief  il  prist  cher- 
taines journée  de  parler  à  lui  lequclle  journée  Robiers  ne 


vint  point.  Api-ios  il  [)iisl  une  antre  et  assemblèrent  à  Cyellc. 
Là  fisl  Clais  so  rcqneste  audit  Robieri  et  Robicrt  rcspondis 
(jue  à  tels  clioses  il  ne  voloit  rien  savoir  ne  de  chose  nulle 
qui  alast  encontre  Mons.  de  Flandres,  apries  il  parla  as 
autres  bonis  qui  furent  à  Tournay  et  trouva  confort  nul  que 
Andrin  Makc,  et  Jehan  dcle  Daust,  liquel  disoient  quil  le 
fcroicnt  volontiers  cl  Wautier  Masiérc  et  Jehan  Arleboue  le 
volroient  bien  faire  mais  que  le  chose  fust  si  avant  venue 
que  on  peust  vcoir  que  elle  peust  alcr avant.  Faille  mardi 
XV I^  jour  de  jcnvier. 

Le  ô^  jour  de  février  iôCS. 

Colins  Clars,  fiuls  Watier  dou  Ghankicr  Dclczielles ,  fu 
juslichiés  de  pendre  pour  pluiseurs  larenchins  que  il  reco- 
gneut  avoir  fais  en  Tournay.  Cest  assavoir.  Al  maison  del 
appariteur  V  linchius  et  une  sarpilliere  (</rosse /Oj7e.)  Et 
entra  ens  par  les  féniestres  et  fu  avocch  lui  Gosses  de  Vezon, 
Picrct  Dogi  et  Willem  Datre.  Item  embla  au  Beghinage 
l  linchocl  et  II  worcoles  {vêtements)  et  fut  avocch  Jak  Du- 
bus  Willes  Dalrc.  Item  embla  à  le  maison  dun  cousturier  à 
le  Magdelaine,  I  surcos  {manteau  de  femme)  de  sanguine  et 
furent  avocch  Jak  Dubus  et  Gosses  de  Veson.  Et  embla  à  li 
maison  Wautier  V  linchius  et  un  couvcrtoire  cl  y  fu  avoech 
Willes  Datre,  Jak  Dubus.  Et  dist  que  Hanckin  de  Biethunc 
avoit  part  à  tous  ses  larenchins  et  prist  à  le  maison  Jake  de 
Lcuse  en  le  cambre,  une  côte  de  feme ,  une  plicc  et  un  blan- 
kel  et  y  furent  Ilanekin  de  Bicthune,  et  Willc  Dacrc  liquel 
eurent  le  plicc  et  le  blanket.  Et  que  il  cl  Robin  de  Velly 
emblèrent  II  paires  de  kauchcs  {cidoltes),  II  caprons  et  imc 
hupelandc  et  y  a  environ  III  ans.  Item  embla  en  le  rue  de 
Blandcgnoise  à  le  maison  Lotars  Glouton,  une  paire  de  lin- 
cliius,  II  noirs  caudrons  et  I  kemisc  de  feme  et  y  fu  P'err 
Dogi.  Fait  le  III^  jour  de  février. 


—  173  — 
Le  mercredi  28  mars  l'an  1368. 

Jehan  Dele  Dunch  (1),  lu  justichés  de  copcr  le  ticblc  sur 
le  market  de  Tournay ,  pour  che  que  il  cogneut  et  confessa 
que  Clais,  le  Clcrs  de  Diquemue  vint  I  jour  qui  passés  est  à 
lui  et  alérent  boire  à  le  maison  Jehan  Ilarlehouc,  à  St.- 
Brixc,  et  là  estoit  Jchans  Scadelin  Erleboit ,  Jehans  Laurens 
de  Diquemue,  Liévin  de  Coustre  de  Gand  et  ledit  Jehan 
Arclebouc  et  liquel  Clais  Liciers  dist  audit  Jehan  Dele 
Dunch  :  Jehan  ne  séries  vous  mie  bien  aise  qui  vous  reme- 
li'oit  au  pays  de  Flandres;  liquel  respondit  que  oyl  (oui).  Et 
puis  fîseut  tout  li  dessus  nomé  une  aliance  telle  il  permis- 
sent (promirent)  audit  Clais  que  au  cas  que  il  les  mandcroit 
à  Calais,  il  iroient  et  pour  venir  et  entrer  au  pays  de  Flan- 
dres par  forche  avoech  les  fourbains  de  Flandres,  et  que  il 
avoient  lettres  de  bien  grand  seigneur.  Fait  le  mierkedi 
XXVIIP  de  march  lan  LXVIII. 

Audit  jour ,  fu  justichiés  de  pendre  Hues,  frères  de 
Hesdin,  pour  che  que  il  cogneut  que  il  avoit  emblet  à  le 
maison  Jehan  Blondiel,  sen  maistre  à  pluiseurs  fois  à  la  somc 
de  XV  florins  frans  ou  environ.  Item  cogneut  que  il  embla 
à  le  maison  Piéres  Dele  Houssière  IIII  escus  ou  environ.  Item 
cogneut  que  il  embla  à  Piéres  Fiéret  sen  oncle  jusque  XilII 
francs  ou  environ. 

Avril  l'an  1368. 

Watiers  Masiers  de  Courtray,  fu  justichié  de  coper  le 
lieste  sur  le  market  de  Tournay,  pour  che  que  il  fu  suiwois 


(1)  Jean  Del  Donque,  est  condamné  à  avoir  la  tête  tranchée  pour 
s'être  ligué  avec  les  ennemis  de  l'État. 

22 


—   174  — 

et  apprcliios  que  il  avoit  esté  conspirateur  contre  sen  droit 
{véritable)  signeur  Mons.  de  Flandres  et  de  che  fait  fii  cn- 
coupct (accMsé)  par  Clais  le  Clcrch,  qui  pour  tel  fait  avoit  esté 
jiislichiés.  Lequel  fait  li  dis  Watiers  nya  en  sen  raporta  en 
lesquestre(renç  wcs^e)  de  le  ville  de  Courtray .(  1  )  Si  en  cscriscnt 
{ecrirent)  li  Eskicvins  de  le  ville  de  Courtray  en  ceste  ma- 
nière :  «  Cliiers  et  Ames  Sires,  plaise  vous  savoir  que  nostre 
trés-redoblet  Signeur  et  Prince  Nos  Sires  de  Flandres 
nous  a  envoyet  une  lettre  mention  faisant  que  nos  vous 
ilssimes  envoyer  en  le  cyté  de  Tournay,  Il  eskievins  de  nos 
compaignons  pour  tesmoignier  et  reporter  douquel  fait 
Watier  Masicres  vo  prisonicrs,  fu  pourtrait  [poursuivi  par  la 
justice)  et  banis  du  pays  de  Flandres.  Si  est  il  Chier  Signeur 
que  au  eomandement  de  nos  dis  seigneur  nous  vous  témoi- 
gnions et  certifions  que  li  dis  Watiers  fu  pourtrait  et  banis 
par  le  loy  de  Courtray  hors  de  pays  de  Flandres  avoech  plui- 
seurs  autres  le  IX^  jour  de  septembre  lan  M  CGC  LXI  de  che 
quil  avoient  soustraict  les  banis  et  fugitifs  de  nos  dit  prince 
en  le  contraire  de  lui  et  de  ses  boines  gens  et  quil  avoient 
mandet  en  le  ville  de  Courtray  de  le  ville  de  Ypres  les  enne- 
mis de  nos  dit  prince  et  aussi  quils  avoient  fait  en  le  ville  de 
Courtray  ,  aydianccs  {aide)  armages  {armement)  meutes 
(é^neute)  et  pluiseurs  aultres  mauvais  fais  au  contraire  de  nos 
dit  prince  et  des  boines  gens.  Lesquels  faits  dessus  écrits  et 
déclarés  nous  vous  tesmoignions  par  ces  présentes  lettres  et 
par  nos  II  compagnons  eskievins  adprésent  en  le  ville  de 
Courtray,  porteur  de  ces  lettres,  estre  vraies,  Chiers  Sires, 
Dieus  vous  ait  en  se  sainte  garde.  Escript  le  V*  jour  dapvrii, 
lan  LXIX.   . 


(1)  Lettre  des  Echevins  de  Courtraj  à  eeux  de  Tournai,  au  sujet  de 
Watier  Mazières  ,  accusé  de  conspirer  contre  son  Seigneur  le  Comte 
de  Flandres. 


—  I7b  — 

Ilemscnsuitla  leucur  dune  autrclcltrc  de  le  ville  de  Coui- 
tray.  (l)  «  Clucrs  et  aînés  Sires  ,  plaise  vous  assavoir  que 
Jehan  Maeliclconic  souverain  Bailliu en  le  ville  el  ehaslellenie. 
(le  Courtray ,  est  venus  pardevant  nous  en  dénionstrant 
que  Waticr  Masière  vo  prisonicr  lui  niainlient  conie  clerc 
douquel  li  dis  Baillius  mainlienl  le  contraire.  Et  disl  que 
li  dis  Waticrs,  prist  en  temps  passé  une  lemc  appelle  Kathe- 
rine Sinceux,  valve  (veuve)  de  Oston  PiiJC  et  fdle  de  Félix 
le  Monc.  Sour  laquelle  chose  à  la  requeste  doudit  Baiiliu. 
Nous  avons  pris  information  et  tesmoignagc  dou  quel  , 
ehiers  Sire ,  nous  vous  ehcrlifions  et  tesmoignons  que  nous 
somes  informés  souffisament  par  boines  gens  dignes  de  foy 
que  le  dite  Katherine  femc  adpréscnt  doudit  Watier,  fu 
fenie  cspousée  au  temjjs  passé  dou  dit  Oston  V\\)c,  mais 
quant  elle  cspousa  ledit  Oston,  elle  navoit  que  X  ans  et 
demy  ou  environ  et  (juil  furent  en  mariage  1  an  ou  enviion 
et  que  il  virent  {vécurent)  ensamble  et  avoeeh  ce  disoicnl 
les  dis  tesmoins  que  oircnt  dire  li  dis  Félix  corne  père  de  le 
dite  Katherine  que  elle  avoit  XI  ans  quand  elle  cspousa  le 
dit  Oston  ki  moru  de  che  (piil  avoit  trop  esté  avocch  ladiCc 
Kathrinc  adonc  {potir  lors)  sa  fenie.  Dieus  vous  ail  en  bu 
sainte  garde.  Escript  le  Viil''  jour  davril.  » 

Le  vendredi  28  sejdembre  15G9. 

Thumas  de  Ilesdin  ,  fu  juslichiës  de  pendre  pour  che  que 
\\  malitieuscmcnt  et  de  fait  appensé  avoit  sur  le  nomë  Thu- 


(1)  Seconde  leilre  des  mômes  Échevins  de  Courirai  à  ceux  df; 
Tournai,  louchant  le  dit  Watier  qui  se  prétendait  clerc,  mais  à  lort. 
puisqu'il  était  marié. 


—  176  — 

nias  de  Brabant,  pris  I  pot  destain  une  escalle  dargenl  a  la 
cavierne  Picre  Cent-mars  le  fil  et  lequel  fait  ilnya  et  depuis 
fu  prouve  sonffisament  à  lencontre  de  lui  et  que  celi  escale 
il  avoit  bouté  en  se  sain  et  avoecli  avoit  une  oreille  copéepar 
avant  par  fait  de  justice.  Fait  le  venredi  XXVIII^  jour  de 
septembre  lan  LXIX. 

Jehans  Maudois,  fu  justichiés  de  pendre  pour  pluiseurs 
larenchins  quil  cogneut  avoir  fais  à  Bailloel  et  ailleurs.  Fait 
audit  jour. 

Rikais  Hilais,  fustichiés  [sic)  de  traîner  et  de  pendre  pour 
che  que  il  estoit  fourbanis  {exilé)  dou  royaume  de  France, 
si  cum  il  appert  par  chertaines  lettres  li  teneui'S  sensuive.  (1  ). 

«  A  tous  clieaus  qui  ces  présentes  lettres  veront  ou  oront 
y>  Tristara  dou  Bos,  sire  de  Faumechon,  chevalier  dou  Roy  , 
»  nos  gouvcrneres  dou  souverain  baillage  de  Lille,  de  Doua  y, 
»  de  Tournesis  et  des  appartenances  salut.  Sacent  tout  que 
»  nous  avons  fait  estraire  hors  des  papiers  et  registres  des 
it  banis  dou  royaume  de  France,  es  assise  de  Lille,  che  que 
»  sensuit  :  Che  sunt  li  nom  et  sournons  des  persones  qui  par 
»  nous  Bauduin  Sire  Danckin,  Chlr  chambellcnt  dou  Roy, 
»  nos,  gouverneur  dou  souverain  baillage  de  Lille,  Douay  et 
y  des  appcrtenances ,  furent  fourbanis  dou  royaume  de 
»  France ,  à  tous  jours  et  à  toutes  nuis  sur  le  hart  en  lassisc 
»  de  Lille ,  tenue  par  nous ,  qui  comencha  le  XXI*  jour  de 
"  décembre  lan  M  CGC  et  XL,  dont  li  arrest  furent  rendu  le 
»  XIII*  jour  de  février  lan  dessus  dit  pour  les  fais  qui  chi 
I   apriès  sensuivcnt  :  Ricquct  Hilet  appelée  et  somé  par  Jehan 


(1)  Lellrcdu  gouverneur,  du  souverain  baillage  de  Lille,  Douai  el 
Tournesis,  Trislam  du  Bos,  qni  affirme  que  Ricquet  Hilet  est  four- 
bani  du  royaume  de  France,  lequel  anOlé  à  Tournai  est  condamné  à 
être  pendu. 


—  177  — 

»  Julien,  sergent  dou  Roy  nostre,  sour  ce  que  de  failappensc 

»  frauduleusement  et  par  argent  douant  a  laissiet  alcr  hors 

11  des  prisons  de  maire  dont  il  estoit  ceppiers  {(jeolier),  Guiart 

V  de  Pest  détenu  prisonier  dou  Roy  nostre,  pour  cas  criminel. 

)»  En   tesmoing  des  scellées  dou  scel  de  ladiltc  souveraine 

»  baillie  qui  furent  faites  et  escriptesie  IIII"^  jour  de  may  lan 

»  M  CGC  LXVII.  »  Fait  audit  jour. 

Le  8*  jour  de  janvier  l'an  1370. 

Willeras  li  Maires,  fu  justichiés  de  pendre  pour  chou  liquel 
recogneut  de  se  boine  volenté  avoir  embic  et  pris  en  le 
maison  Coppet,  portier,  Monseigneur  Lesvesque  de  Tournay, 
IIII  hanaps  {vases)  dargent.  Fait  le  VIII*  jour  de  janvier  lan 
M  CGC  LIX.  {An.  style. 

Le  lundi  II  mars  de  l'an  1570. 

Mikieuls  Buichez  dis  dele  Capellc,  de  Lille,  fu  justichiez 
de  pendre  pour  pluiseurs  larechins  quil  congneut  avoir  fais 
tant  à  Lille  come  à  Toui-nay  et  par  espécial  à  le  maison 
Jaqmart  de  Riqneîiem  à  Tournay,  kieultez  {matelas)  cou- 
vretons  {couvertures)  toyes  de  coussins  de  parges  dœuvres 
Darras  {travaillés  à  Arras,)  linchiuls  ,  kiultez  ,  pointes  et 
pluiseurs  autres  cozes ,  qui  bien  raontoient  à  le  valeur  et 
estimation  de  LX  frans  ou  environ.  Fait  le  lundi  XI*  jour  de^ 
march  lan  M  GCG  LXIX.  {Vieux  style). 

Le  19*  jour  de  mai  l'an  1370. 

Maigne,  fcm  Jeban  Moysniel  ditQuaresmiel,  fujustichiéc 
de  enfouir  toute  vive  pour  ce  que  elle  fu  prise  en  présent 
nicffait  de  avoir  coppce  le  bourse  de  le  feme  de  Jegan  de 
Onnd  ,  liquel  elle  recogneut  depuis  avoir  coppc  et  aussi 


—  178  — 

cogneut  avoi,  cmblé  une  piéche  et  une  sustanc  et  autre 
chose.  Fait  le  XXIX^  jour  de  may  lan  M  CCC  LXX. 

Le  samedi  lo*  jour  de  juin  1370. 

Hancquin  van  den  Niden  de  Brouxielle ,  fu  justicîiiés  de 
pendre  pour  chou  quil  fu  pris  en  présent  mcffait  en  la 
maison  de  Jaquemart  Boinenfant  où  il  estoit  entrés  et  avoit 
aie  [été]  en  le  cambre  de  le  mesquine ,  pris  son  coffi'e ,  em- 
porté en  une  loge  haute  ,  romput  et  defonssiet  oudit  lieu  et 
pris  en  yceli  la  some  de  VIII  florins  dor  francs  en  i  franc  en 
paiement  et  laquelle  chose  il  eongnent.  Avoec  quil  avoit 
cmblé  une  cotte  Warabisée  dhome  et  I  aniel  (anneau)  dor 
lequel  cotte  il  avoit  vendue  à  I  home  dont  il  ne  savoit  le 
nom  XXIIII  gros  et  le  dit  aniel  dor  à  I  autre  home  es  latrc 
{parvis)  Notre-Dame.  Et  cogneut  li  dis  Hanckin,  quil  a  esté 
II  ans  en  guierre  avoec  le  prince  de  Gales  et  tenoit  les  che- 
vaux endémontez  quand  ses  maistrcs  boutoit  les  feux.  Le 
Samedy  XV*  jour  de  juing. 

Samedi  2ô«  jour  de  septembre  1370. 

Berte  Redres  de  Gand,  feme  Wille  de  Long,  thisscr 
[tisserand)  de  toilles,  fu  justiehiés  à  mort  de  enfouir  toute 
vive  pour  ce  que  elle  avoit  heu  (eu)  VIII  ans  a  ou  environ 
loreille  coppée  en  la  ville  de  Tournay ,  pour  les  larenchins 
que  elle  avoit  fait  en  la  dittc  ville  si  [ainsi)  quil  apport  par 
les  registres  de  ycelle  ville,  fu  au  jour  de  huy  prise  en  pré- 
sent meffait  de  copper  bourses  de  Maignc  de  Bury,  en  Ic- 
({uelle  bourse  avoit  XXIX  gros  ou  environ  et  congneut  ycelle 
Berte  la  ditte  bourse  avoir  coppée.  Fait  et  instruit  par 
Tassart  dou  Puch ,  liutenant  de  Mons.  le  gouverneur  c\ 
ses  conseillers  le  samedi  XXV^  jour  de  septembre  lan  mil 
CCC  LXX. 


—   170  — 

Le  vendredi  iS'^  jour  d'Octobre  1570. 

Gonleletdc  Brie  ,  fu  jiistichics  de  pendre  pour  ee  que  il 
rongneut  avoir  eniblé  une  piéclic  dcscarlate  à  le  maison 
Thumas  Auberon,  une  penne  de  menu  vair  (1)  en  le  maison 
Jchane  mouiliards,  revanderesse  à  le  maison  de  Arnoul  li 
Marissal  en  le  laisse  [bourse)  dou  fil  de  le  feme  dudit  Ernoul, 
X  gros  avocc  pluiseurs  autres  larenchins  dont  il  estoit  rcno- 
més  publiquement.  Fait  le  venredi  XVIII*  jour  doctobre  lan 
mil  CCC  LXX  par  Tassart  dou  Puch,  liutenant  de  monsei- 
gneur Enguerrant  Dendin  ,  gouverneur  de  Tournay ,  de 
Tourncsis  et  des  appartenances. 

Le  lundi  \'t^  jour  de  juillet  1571. 

Lotins  de  Lescluse  de  Chielle,  fu  justicbiés  de  pendre 
pour  chc  que  il  cogneut  avoir  fais  les  larenchins  qui  sensui- 
vent.  Cest  assavoir  à  Jehan  Biernard  de  Bovielle,  une  cloke 
puis  se  sangle  (2).  Item  à  Jake  Darras,  merchier  une  cloke 
double  grise  et  fource  dun  blanc  camelin.  A  Leurent  Dcle- 
vcrgnc,  une  cloke  viailaite  sanglée.  Item  à  Marie  Kankaine, 
une  cloke  senglée  eskekelee,  à  Jake  Witadeur ,  le  fil  une 
cloke  brune  et  se  sangle ,  à  Agnies  Miellée ,  une  cloke  san- 


(1)  Le  menu  vair,  le  vair  et  le  gros  vair  étaient  des  fourrures  très- 
recherchées  au  XIV'  siècle. 

(2)  Une  cloke  pxiis  se  sangle,  nous  croyons  que  la  dénominaiion  de 
sangle  doit  signifier  ici  la  ceinture ,  dont  les  hommes  à  cette  époque 
se  serraient  la  taille  et  l'expression  que  nous  retrouvons  plus  loin 
cloke  sanglée  signiûrait  :  Veste  avec  ceinture,  cependant  quoique  le 
Dictionnaire  de  l'ancien  langage  traduise  les  mots  :  Cloke  ou  Cloque 
par  veste,  nous  trouvons  que  celui  peu  usité  de  Casaquin  rendrait 
mieux  le  vêlement  qu'on  portait  dans  ce  temps  là. 


—  180  — 

guinaslre  doublée  de  drap  vermeil,  à  Arnoul  Oslelare,  une 
noire  cloke  single ,  au  vallet  Jehan  dou  Gardin  de  Chelle 
XLIIII  gros.  Item  au  fillastre  {beau-fils)  Jake  Damiens,  une 
coroie,  une  paire  de  cauches  {culottes),  II  aumiuches.  Et  fu 
avoech  lui  Ilanekins  Bousars  et  que  il  avoech  le  dis  Bousars, 
emblèrent  pluiseurs  auwes  {oies)  et  poulais  tant  à  le  maison 
Mauplaket  cura  ailleurs.  Item  dist  que  il  et  li  dis  Bousars, 
emblèrent  à  Colart  de  Boussut,  V  aves  de  Blanket  et  I  plan- 
ton, lequel  blanket  lidis  Bousars  vendi  XLV  gros  sen  eut 
li  dis  Lotins  XV  gros  et  li  dis  Brousars  XXX  et  le  planton. 
Et  il  embla  li  dis  Lotins  en  le  maison  Nichaise  dou  Frasnes 
de  Chielle ,  en  un  coffre  quil  brisa  I  aniel  d'argent  II  vies 
(vieux)  gros  et  une  affike  {parure)  dargent.  Item  embla  au 
clerch  de  Chielle  de  ses  offrandes  et  autres  choses  jusques  à 
le  valeur  de  VI  gros.  Et  il  embla  à  Adam  le  chervoisier  de 
Moriel-porle  une  paire  blanques  kauches ,  lesquels  Bour- 
ghielle,  que  na  ne  pris  ne  mis  a  pour  VI  gros  quil  emprunta 
sus  et  embla  à  Lotin  Bierte ,  en  se  caisse  XXIIII  gros.  Item 
embla  à  I  vallet  appellet  Jonkoit,  une  aumuche ,  où  il  avoit 
une  affike  dargent  et  embla  à  Willeme  Vallet  Mughelet , 
demorant  à  Chisoing,  une  paires  de  kauches  sanguines  et 
dist  que  Margheritte  dou  Kesnoit,  mcskine  Mughelet  est  très- 
maise  {mauvaise)  feme  et  a  emblet  pois,  bled,  car  {viande), 
vin,  et  pluiseurs  autres  coses  à  le  maison  dou  dis  Mighelct. 
Fait  lan  M  CGC  LXXI  lundi  XIIII»  jour  de  jullet. 

Heyle  Alars  de  Courtray,  fu  justichié  de  estre  enfouie 
toute  vive ,  pour  ce  que  elle  cognent  que  par  un  joedi  au 
viespré  elle  en  ala  avoech  Rogier  dou  Bos,  liquel  est  adprc- 
sent  prisonier  à  le  maison  Léveskc  et  là  demora  jusques  au 
point  dou  jour  ensi  {alors)  que  li  foulons  vont  à  lœuvre  et 
adonc  se  leva  celi  Rogier  et  sen  ala  sour  le  pont  de  le  Lys  et 
là  trouva  Martin  Bloc ,  liquel  estoit  ses  amis  si  quelle  dist  et 
en  ccl  lieu  (ce  lieu)  avoient  pris  heure  dacort  dès  le  jour 


—  184   — 

pardcvant  et  de  là  se  partirent  et  en  alérent  ensamble  jus- 
ques  à  I  cclier  qui  est  à  Ghiselin-Daint  et  là  ouvrirent  {ouvrit) 
de  force  li  dis  Martins  Blot  luis  doudit  cclier  dun  raartiel  en 
manière  de  lauwiel  {levier)  et  adont  entrèrent  ens  ouquel 
célier  ils  trouvicrcnt  un  eserinls  lequel  li  dis  Martins  Bloc, 
ouvrit  dou  dit  Martiel,  auquel  cscrings  avoit  I  corbisonciel 
{petite  corbeille)  ouquil  li  dis  Martins  ,  prist  IX  escales 
{êcuelles)  dargent  et  II  louches  et  entrues  {au  temps)  que  chc 
fu  fait  par  ledit  Martin  aile  wardoit  [elle  faisait  la  garde) 
a  lentrce  dou  cclier  que  nuls  nalast  ne  veinst  sur  eulx.  Et 
che  fait  et  pris  il  sen  alérent  et  sen  ala  ditte  Heylc  parmy 
une  ccnces  en  monstrant  signe  que  elle  sen  aloit  hors  de  le 
ville  mais  tanlost  elle  retourna  et  revint  kouchier  dales  celi 
Rogier,  dont  elle  sctoit  partie  et  là  demora  jusques  à  le  clokc 
des  ouvriers.  Item  dist  que  chicus  Martins  Bloc  porta  ces  IX 
hanas  {coupes)  el  II  louches  dargent  à  le  maison  Martin  de 
Vos,  usurier  dcmorant  dales  le  porte  de  piere  à  Courtray  et 
emprunta  sus  XVI  s.  de  gros  lequel  argent  ehius  Martins 
Bloc  pcrdi  as  dés  si  que  elle  dist  et  asscs  et  est  ychius  Mar- 
tins Bloc  se  parti  et  dist  que  en  aloit  ouvrer  {travailler)  de  ma- 
chonerie,  à  une  ville  de  les  {vers)  Courtray  à  une  liuwe  pries 
ou  environ.  Item  dist  que  devant  lespasse  deXXIIII  ans  ou 
environ,  que  elle  est  maintenue  du  métier  amoureus  elle  a 
pluiseurs  homes  dont  elle  ne  scet  le  noms  ne  le  nombre 
emblc  en  leur  caisses  à  le  some  dune  livre  de  gros  ou  plus 
dont  elle  en  prist  naguère  en  le  caisse  Stadelin  Dromc 
Coppe,  II  florins  de  LUI  gros  le  piéchc,  II  heaumes  à  le 
houppe  (1)  et  I  gros.  Fait  lan  M  CGC  LXXI,  le  lundi  XIIIP 
jour  de  jullet. 


(1)  Heaume  à  la  houppe ,  monnaie  de  Flandres  ainsi  que   le 
Gros. 

23 


—  18:>  — 

Le  j*  jour  de  janvier  de  l'année  1372. 

Gisellns  Palains  de  Gand,  (1)  fu  juslicliiés  de  traincv  et  de 
pendre  pour  che  que  il  qui  arrestés  étoit  prisonicrs  et  sou- 
pechonés  de  pluiseurs  fais  se  raporta  en  toute  enquestes  et 
tant  que  on  envoya  à  Gand,  Jehan  Plétars  et  Henri  le  Car- 
licr,  jurés  et  Jehan  Balard,  clerc  et  liquel  se  informèrent  et 
fu  trouvé  par  lenquestre  que  li  dis  Ghiselins  meus  de  se 
maisc  volenté  de  force  et  violence,  bouta  se  main  sur  Bisse- 
bcth  Uteberken  et  le  sang  en  saka  (jaillit)  el  lequele  chose 
il  cogneut  avoir  fait.  Item  cognent  que  IIII  an  a  ou  environ 
il  Ghiselins  et  Monin  Beth  de  nuit  tensèrent  de  force  Mons. 
de  Flandres  de  le  some  de  VI  cscus  dou  conte.  Item  fu 
trouvé  par  lenqueste  que  il  est  renomés  de  pluiseurs  fais 
villains  et  énormes  de  tenscr  femes  foliaus  et  par  cspécial 
une  appeillée  Héle  amie  Monin  Beth,  lequele  il  tuint  VI  se- 
maines tant  que  tous  ses  drap  et  jujx-l  {joxatix)  furent  tout 
despendus  [dépensés).  Fait  lan  LXXl,  le  V  jour  de  janvier. 

Le  samedi  ù\'^jour  de  janvier  1572. 

Rolans  de  le  Bruyère  de  le  tiére  de  Resnais  (de  la  lerre 
de  Renaix),  fu  justichié  de  traîner  et  de  pendre  pour  che 
que  arriestés  cloit  prisonicrs  pour  le  soupechon  de  pluiseurs 
desreubemens  qui  se  faisoient  dou  bos  de  Breuze  et  environ 
et  aussi  daulres  pluiseurs  fais,  se  reporta  enenqucstepar  li- 
quelefu  trouvé  que  à  Resnais,  à  le  maison  dun  appielé  mais- 
Ire  Gille,  il  embla  le  moitier  dun  bacon  {jambon)  ou  environ. 


(I)  Gisebin  Palain  de  Garni  est  condamné  k  être  irainé  et  pendu 
pour  avoir  entr'aulies  crimes  arrôlc  la  nuit  Monseigneur  le  comle  de 
Flandres  el  l'avoir  rançonné  de  Yl  ccus.  Ghislain  était  accompngné  de 
Monin  Beth. 


—  !8Ô  — 

Et  aussi  fu  trouve  que  à  pluiseurs  personnes  en  le  dite  licic 
avoit  pris  pluiseurs  vivres  oiiltrc  (contre)  le  grès  îles  gens 
et  que  pour  se  maise  renomée  il  estoit  banis  de  le  tère  de 
Ucsnais  et  que  se  le  baillius  lui  Icnoit  il  en  feroit  jnsticlic. 
Ilcm  fu  trouvé  que  li  dis  Rolajis  avoee  un  sien  frère  appellet 
Ficrin ,  desreubércnt  viers  le  Mont  St-Audcbiert  au  liu  cou 
«list  le  Ronrdiel-Marait  Jaqmart  de  Rosne  ,  pelletier  et  scn 
vallet  liquel  déreubemcnt,  li  dis  Rolans  eogneut  et  confessa. 
Item  eogneut  que  il  déreuba  une  fènie  quil  ne  seut  nomer 
de  sen  argent  que  elle  avoit  ,  liquele  scn  râlait  {retournail) 
de  Tournay  en  Flainaut  et  avoit  vendu  fdlet.  Item  eongneut 
que  il  avoech  Ranicwavt  don  Mont,  Ilanin  Casse  et  plui- 
seurs autres  fu  à  ravir  de  forclie  à  Wocdeke  une  fenie.  Item 
dist  et  eogneut  H  dis  Rolans  que  cornent  quil  euist  dit  et 
proposé  et  euist  esté  requis  come  clerc  sil  estoit  vrai  que  il 
ncsloit  mi  clercs  ne  onques  ne  lavoit  esté  mes  che  quil  en 
avoit  dit  et  fait  clie  avoit  esté  pour  se  vie  sauver  et  alongier. 
Fait  ledarrain  jour  de  janvier  par  samedi  lan  mil  CGC  LXXI. 

Le  mercredi  ol"  jours  de  mars  de  l'an  1572. 

Ilancquins  Bresins  de  Boussut,  fu  justichiés  de  pendri' 
pour  ce  que  il  eogneut  que  à  le  maison  Jehan  le  Cureur,  il 
entra  en  se  cambre  par  derrière  et  monta  par  une  eskielle  et 
brisa  un  coffre  et  dedans  csloit  environ  VI  francs.  Item  à  le 
maison  de  le  Slake  en  le  bourse  dun  des  vallés  I  franc  et 
Vil  gros  ou  environ.  Item  à  le  maison  Biernard  qui  nient 
ne  glane  en  1  coîTre  qui  estoit  à  des  vallés  de  lostcl,  le  valeur 
de  II  francs.  Item  en  le  bourse  Mouton,  moucheur  d»; 
vin  (I)  le  valeur  dun  franc  et  VII  blans.  Item  dist  que  à  le 


(1)  Moucheur  (Uni  \p\i\r  (le  Moucliou,  IxmicIkiii,  pI  s»' iratliiiiv  |i;ir 
tireur-de-viii,  noin  r|n'on  cJonno  vu!;;  ircnient  hh  >-'>iin;lit'r  fj'ii  invi  I«j, 
\iii  ddiis  Ifs  lioiilcillcs  cl  se  clKir"f  de  les  ItomlitT. 


—   184  — 

fiesle  de  Mons  darrain  passé  il  fut  à  Quaregnon  et  prist  à 
I  compaignon  avoec  qui  il  gisoit,  en  se  bourse  I  franc  et  à 
Niviellc  en  Braibant,  à  sen  hoslel  il  prist  XV  gros  de  Brai- 
bant.  Fait  le  mierkedi  darrain  jour  de  mardi  en  Paskes  lan 
LXXII. 

Le  samedi  ]0^  jour  d'avril  l'an  1372. 

Malhius  de  Mor  de  Thius  dales  Gramont.  fu  justichiés  de 
enfouir  tous  vis  pour  ochire  et  maittrc  à  mort  en  no  justiche 
Bernekin  le  Clcrch  Daudenardc,  Fait  le  samedi  X*  jour 
davril  lan  M  CGC.  LXXII. 

Le  [G^  jour  d'avril  l'an  1372. 

Lan  rail  trois  cens  soixante  douze  le  XVP  jour  davril ,  fu 
justichiés  de  traîner  et  de  pendre  Gillekins-li-Cranes,  pour 
ce  que  il  en  murdrc  et  en  villain  et  mauvais  fait  en  le  ville 
Dalli  échist  (pour  occit  :  tuai)  et  mist  à  mort  Gille  Deuil  de 
Grantraond,  et  douquel  fait  li  dis  Gillekins-li-Cranc,  fu 
pussuiwis  par  Watelars  Deuil  et  fu  li  fais  pruvés  cstre  mau- 
vais et  murdriers  par  pluiseurs  tesmoings  esquels  li  dis  Gil- 
liaus-li-Crane  scstoit  rapportés. 

Le  6*  jour  d'août  1372. 

Lan  mil  trois  cens  soixante  dcuse  le  VI«  jour  dou  nioys 
daoust,  fu  justichiée  denfouir  toute  vive  Jeliane  fouie, 
pour  clie  quelle  avoit  pris  et  embled  à  le  maison  Jehan 
Bidau  Brouwet,  XX  florins  tant  vies  escus  corae  frans.  La- 
quele  chose  elle  rccongneut  avoir  fait  sans  contrainte  aucune. 
Fait  par  lassons  des  Prcvos  et  Jurée. 


—   18b  — 
Le  S"  jour  (Vaout  137^. 

Le  VllI^  jour  daoust  hui  mil  trois  cens  soissanlc  et  tlouse, 
furent  justicic  dardoir  Willcs  don  Four,  Henry  Datrc  et 
Jehans  Doupuch,  bastars,  fils  de  feu  NikaiscDoupuch,  si  quil 
disoitpour  elie  que  il  recongncurent  de  leur  boii'.e  volenlc 
avoir  comis  crime  contre  nature. 

Le  l¥  jour  du  mois  de  janvier  1373. 

Jossekin  Dele  Croix  de  sainct  Génois ,  fu  justichics  de 
pendre  pour  ce  quil  de  se  boinc  volenlé  congneurent  quil 
meti  de  lart  de  lanemis  (1)  avoit  par  III  fois  pris  et  ciublct 
au  coffre  de  Jehan  se  vallait  [son  valet)  VllI  Uorins  dor  frai  s 
huit  gros  et  II  blancs  lesquels  il  dist  que  il  avoit  jeuwé 
(joués)  et  perdu  as  des.  Fait  et  régie  par  assemblée  des  Pré- 
vos  et  Jurés  le  XIllI^  jour  de  jcnvier. 

Ls  premier  jour  d'avril  lan  1373. 

Le  premier  jour  davril  lan  mil  trois  cent  soissante  dousc 
fu  Mikieux  Foene,  justicliiés  de  trayner  et  de  pendre  et 
pour  ce  que  il  qui  se.sloit  mis  à  cnqucstc  dcle  ville  Dyppre, 
ce  qui  avoit  nyet  que  il  navoit  fait  aucun  villain  fait  de 
avoir  occhi  un  home  sur  son  corps  delîendant  appiellé  Lau- 
rin  Lottin.  Et  il  fu  trouvé  le  contraire.  Et  aussi  (jue  il  avoit 
ochit  Jehan  Saintin  et  esté  à  murdrir  Jaque  Kicf,  escuier 
dou  baillif  Dyppre,  et  aussi  que  il  avoit  dércubé  maitrc 


(I)  L'aiieniy  pour  l'ennemi  bignitie  ici  ol  dans  rapports  scaiblublt;?. 
rcspiit  ilialK.'li'|ue,  lo  dôiuoii. 


—    180   — 

Zaclie  t't  p!uis(!urs  autres  fcnies  foliaus  en  le  ville  Dippre. 
Lesquels  reubes  11  dit  Mikicus  despuis  son  jugement  cogneut 
avoir  lait  et  que  il  avoit  été  par  longue  espasse  de  temps 
houriers  et  homes  de  maise  vie,  dist  oïdtre  que  à  rober 
maître  Zadre,  fu  Copins  Scoutin  de  Ipre,  foulons.  Et  Jehan 
de  Wittc  a  fait  pluiseurs  larenchins  dont  il  est  baiiis  de 
Flandres.  Fait  par  assens  des  Px'évos  et  Jurés  lan  et  jour 
dessus  dis. 

Le  deux  du  mois  d'août  l'an  1575. 

Ilanaekin  de  Biausant  Daumallc,  fu  justiciés  de  enfouir 
tout  vif  pour  cequil  ochist  et  mistàmortGodefroit  Debyhens 
et  lequel  fait  il  congncut  avoir  fait  en  le  présence  des  Prévos 
et  des  Jurés,  fait  par  lassons  des  Prévos  et  Jurés  le  I^  jour 
daoust  lan  rail  CGC  LXXIII. 

Le  lô'  jour  de  février  1574. 

lîaiiin  de  Clingc  de  Courtray,  fu  justichiés  de  copcr  le 
kief  et  pour  chou  que  il  cstoit  banis  de  Flandres  oome  rou- 
tier et  conspirateur  et  esmouveur  de  commune  contre  sen 
Signeur  Mons.  de  Flandres,  lequel  chose  il  recongncut  estrc 
vraie  et  aussi  avoit  il  esté  banis  dclc  ville  de  Tournay  en 
lan  mil  CGC  LXVII  dou  temps  ([ue  Mons.  Enguci-rant  Dcndin 
Cstoit  gouverneur  de  Tournay.  Fait  par  lassens  des  Prévus 
tt  Jurés  le  XIIP  jour  de  février  lan  mil  CCG  LXXIII. 

Le  12  de  mai  l'an  ïôlï. 

IIanc(iuin  de  Lestoe  et  Giliebinsde  Weilcs,  furent  justi- 
chiés de  trainner  et  de  pendre  comme  meurdreui'  et  i)our 
cequil  de  nuit  et  de  fait  oppensé  navrèrent  et  ochirciil  en 


—  187  — 

liUlrc  S' Brissc  Ilanc  Don  Brucq  dit  Lintruco,  etliqiiclc  morii 
sans  jMirlci'  cl  lequel  fuit  lidis  Hanrkin  de  Lcsioc  et  Gillekins 
de  Welles  nyérent  et  depuis  le  recongneureni  avoir  fait. 
Fait  par  lassens  des  Prévos  et  dos  Jures  le  XI1«  jour  de  niay 
lan  mil  CGC  LXIIII. 

Le  \l)^  jour  de  juin  de  l'an  1371. 

Bavin  de  Casse,  fu  justichies  de  pendre  et  pour  ce  que  il 
de  se  boine  volenté  congncut  quil  avolt  coppé  le  morgal 
(agrafe)  dargent  sarckin  et  aussi  congneut  il,  avoir  fait  plui- 
seurs  autres  larenchins  de  coppcr  bourses  et  morgans  et 
congneut  de  avoir  fait  ycclui  méfiait  passé  le  Icrmc  de  III 
ans.  Fait  le  XV'  jour  de  juing  par  lassens  des  prévos  et 
jurés. 

Pictrckin  Benne,  cousturier  de  Morscle,fu  justichic  de 
pendre  et  pour  ce  quil  congneut  qui!  avoit  cojjpé  XVIII 
bourses  despuis  le  terme  de  III  ans  et  en  avoit  eu  en  se  part 
la  some  de  VIII  fi'ans  et  dist  et  recogncut  que  Ilanin  de 
Casse  lui  a  apris  à  faire  v  celui  larenchin  et  avoit  eu  se  part 
des  dis  larenchins  ycius  {cet}  Hanins  Casse  deseus  nommés. 

Fait  par  Insscns  des  Prévos  et  Jures,  le  XV^  jour  de  juing. 

Le  1"  jour  de  juillet  l'an  1574. 

Thicssekin  de  Vos,  fu  justichies  de  pendre  et  pour  ce  que 
il  congneut  et  confessa  de  se  volenté  que  il  avoit  coppé  plui- 
scurs  bourses  et  par  espécial  il  fut  pris  en  présent  mcffait 
quil  avoit  coppé  le  bourse  Willcmins ,  meskine  [servante) 
Jehan  Pouchiel  fait  par  lassens  des  prévos  et  jurés,  le  VII* 
jour  de  juillet. 

Jehan  le  Frayé,  cousturier,  fu  justichies  de  traincr  et  de 
[)rndro  et  pour  chose  quil  congneul  (|iio  pour  poursuiwir 


—  188  — 

loy  et  jiisUcc  il  avoit  ochi  et  mis  à  mort  Jehan  Flaigont  cl 
avoeq  ce  congncut  il  quil  avoit  coppé  pluiseurs  bourses  et 
dcsrciibé  à  Brues  le  vallait  dun  bourgeois  de  Valenchienne. 
le  somc  de  lîl  frans  de  Ilaynaut. 

Fait  par  lassens  des  Pr évos  et  Jurez,  le  V1I«  jour  de  juillet. 

Le  28*  jour  de  jinliet  lan  1374. 

Le  XXVIIll"  jour  de  jullet  lan  Mil  CGC  LXXIIII  ,  furent 
jusîicbiés  de  traincr  et  de  pendre  Audrues  de  Bruges  et 
Jchans  Colcmadins  et  par  ce  que  il  {ils)  en  mauvais  fait  villain 
et  nnirdrier  ochircnt  et  misent  à  mort,  Jaque  delà  Haye, 
baslard,  et  dist  et  cognent  Jehan  Colcmadin  que  Jaques  de 
Borgies  et  Lotins  de  Borgies  ,  ses  finis  sestoient  coraplaint  h 
lui  disant  que  li  dis  Jaque  de  le  Haie,  leur  avoit  tant  meffait 
quil  nen  povoient  plus  souffrir  et  lui  pryer  quil  les  en  volsist 
vengicr  et  pour  ce  que  il  essoit  de  sang  et  de  linage  audit  de 
Borgies,  il  ala  avoec  ledit  Audruet  et  navrèrent  ledit  Jaque 
de  le  Haie,  dont  morssen ensuivist  sans  ee  quil  en  e\iv>'it{eui) 
maille  ne  denier  pour  faire  ledit  fait  for  pour  cause  de  sanc 
cl  de  linage. 

Le  29  viars  de  l'an  1373.  {IVouv.  shjle) 

Jour  ce  que  le  XV*  jour  de  raarch  lan  mil  CGC  XXIHI, 
Gilles  Greniers  dit  Houbclins,  Gillckins  li  Plains  et  Hanekin 
Buisscs,  tous  trois  chacung  avoient  esté  pris  et  arreslc  en  la 
ville  de  Valenchiénes  pour  pluiseurs  murdrcs  et  larenchins 
dont  il  esloil  souspcchonnc,  liqucl  de  leur  boincs  volenté, 
cogncurcnt  que  an  et  demie  avoit  eaux  III  avoccq  eaux  Piere 
de  Kevy  et  Raisin  le  Prieslre,  chavet  (palfrenier),  demorant 
en  le  rue  Dele  Val,  avoient  par  decha  le  mont  St  Audebicrt, 
ochi  et  murdry  II  homes  devant  oultre  que  Maignc  li  Noire. 


—  180  — 

amie  dou  dit  Kaisin  ,  avoit  espié  yccux  II  homes  et  aussi 
confessa  li  dis  Gillcbins  li  Plains  et  acusa  Jehane  Violette 
dittc  Adc  deraorantcn  Bicqucricl,  avoecq  J.  Soursicourtsous 
lequelle  accusation  faicte  le  dis  Kainsin  li  Priestre  et  Maignc 
Le  Noire,  furent  pris  et  arriesté  en  Tournay  et  congneurent 
li  dis  Kinsin  quil  esloit  vérité,  quil  avoit  bien  prist  de  lar- 
gent,  qui  avoit  esté  trouvés  sous  yceux  homes  I!I  florins 
frans,  et  quil  avoit  un  des  ces  yceux  homes  féru  dun  plan- 
chon  [épieu)  entre  II  espaules  et  li  ditte  Maigne  li  nomé  sen 
amie  en  heut  VII  frans  et  aussi  congneut  li  dite  Maigne  Le 
Noire,  quelle  fu  as  dis  murtre  et  les  cspia  entre  li  dis  Jehane 
Vielette  dite  Ade,  amie  dun  chy-dessus  només  qui  pour  le 
temps  as  {ou)  li  dit  murdrc  furent  fait,  estoit  amie  doudit 
Gillebin  Leflains  et  en  heut  I  franc  en  se  part  et  aussi  en  heut 
il  dite  Vielette,  un  franc  en  se  part.  Lesquelles  recognissance 
li  dis  Raisins  et  li  ditte  Maigne  Le  Noire,  congneurent  de 
leur  bonne  volenté.  Présent:  Jaque  Dantoing,  PiotLiMuisis, 
Jaquemin  Delmotte  ,  Pierre  de  Rogre  ^  Lcurent  Grandin  , 
Renant  Le  Noire,  Jehan  Lebiel^  Jehan  Karaigne.  Et  pour  ce 
fait  justichiés  à  mort.  Fait  le  XXIX«  jour  de  march,  lan  mil 
CGC  LXXIII. 

Le  20*  jour  de  mai  Van  1575. 

Jehane  Violette  con  dist  Ade,  fu  justichié  dardoir  pour 
che  que  elle  de  se  boine  volenté,  congneut  que  elle  avoecq 
Maignon  Le  Noire  ,  amie  Kaisin  le  Prestre  Gillekin  ,  furent 
quinte  ou  syx  homes  par  decha  le  Mont  Sains  Audebiert,  à 
murdrir,  Kaisin  le  Prestre,  Gillekin  le  Plains,  et  Pierre  de 
Kievy,  et  dist  que  ycil  avont  IX  frans  en  blang  monnoie 
dont  li  dis  Gillekins  en  heutïll  francs  en  se  part.  Elle  Jehane 
Violette  un  franc,  li  dis  Kaisins  II  frans,  Maigne  sa  raie  un 
franc  et  Pierre  de  Kievy  eut  le  rcmanaut.  A  ccsle  congnis- 

24 


—  190  — 

sance  furent  Guillebiert  li  Grcvis,  Jehan  Cardenier,  Jaqmart 
Monnois  et  Jaque-à-lc-Pliclie.  Fait  par  lassens  des  Prévos  le 
XIX  jour  de  may. 

Le  Tô^  jour  de  mai  1375. 

Pierre  Espaignart  dit  dele  Flog  Dissel  dales  Ath,  fu  jus- 
tichié  de  pendre  pour  chou  que  il  congneus  quil  avoit  pris 
et  emblé  à  le  maison  Jehan  Disiel  à  Wavres  III  cotes  de  feme 
un  mantiel  dôme  et  pluiseurs  autres  choses  et  juiaus  {bijoux) 
fait  li  XXV*  jour  de  may. 

Le  l^^  jour  de  juillet  l'an  1575. 

Le  VII  jour  de  Jullet  lan  mil  CGC  LXXV,  furent  pris  et 
arresté  dalcs  les  Augustins,  Climens  Banace,  Walebin  Fie- 
rien,  cordewanier,  Leurequin  Cornielle  de  Morebecque, 
Valentin  Martin  et  Claiekin  Seleure  dit  de  Hazebrucq,  pour 
ce  que  eulx  daghaits  (1)  et  de  propos  appensé  estoient  aie  à 
le  grand  rue  saint  Jaque,  en  le  maison  Jaquemart  Loupet, 
févre  et  yccluy  avoient  lanchie  {percé)  dune  espée  desoubs 
le  mamielle  au  droit  lés  {coté  droit)  et  fu  de  ycelle  plaie 
tenus  en  péril  de  mort  si  fu  demandé  aus  dessus  nommés 
par  devant  les  tesmoings  chy  apriés  només  pourquoi  et  à 
quelle  cause  il  avoient  fait  le  dit  fait,  liquel  Climens  Banace 
nya  par  devant  les  dis  Prévos  et  Jurés  que  il  navoit  point 
navret  le  dit  Jaquemart,  et  despuis  congneut  et  sans  con- 
trainte que  il  avoit  fcrut  le  dit  Louppet  dune  espée  deux 
cops  et  que  Biertrans  Leurin  de  son  hiaume  et  Crestyens  ses 
frères  à  qui  il  estoit  de  sang  et  de  linage  siquel  disoit,  li 


(1)  Daghails,  armés  de  daghes  espèce  d'épée  qui  se  rapprochait 
poar  la  taille  du  poignard. 


p-^-^y*  —  191  — 

avoient  dit  et  engoint  que  il  avoecq  les  compaignons  dessus 
només  alaissent  battre  ledit  Luppet,  liquelsà  lerequestre  des 
dis  frères  ala  faire  le  dit  fait  avoecq  les  dessus  només  disant 
oultre  que  li  dessus  nomé  ne  li  sont  de  sang  ni  de  linage  fors 
tant  seulement  ledit  Bicrtrant  et  sen  frère.  Et  li  dit  Watekin, 
Leurekin ,  Ciaiekin  et  Valcntin,  dirent  et  congneurent  que 
ledit  Bertrant  et  sen  frérc  les  avoient  mandés  et  avoient  but, 
mengiet  et  couchct  en  sa  maison  le  nuyt  précédente  et  leur 
avoient  dit  au  matin  «  biau  signeur,  Jaqraars  Louppet  nous 
a  meffait,  si  vous  prions  que  vous  lalés  battre  et  nous  van- 
gier  sans  luy  tuer  et  nous  vous  quictons  {donno7is  l'assurance) 
que  nous  vous  paierons  vos  despens  de  venir  et  de  râler  et 
avoecq  ce,  quant  le  fais  sera  fait,  nous  vous  furnirons  et 
emplirons  vos  bourses  plaines  dargent  et  feront  assez  pries 
[auprès)  de  vous  pour  vous  aider  se  mesoen  (besoin)  en  aves, 
et  vos  en  acquiterais  dou  tout.  »  Et  sur  celles  parolles  et 
promesse ,  ils  alérent  faire  le  dit  ftiit  et  avoecq  ce  «  quant 
vous  ares  fait  le  dis  fait  nous  vous  menrons  à  Antoing, 
auvecque  nous.  »  Dist  oultre,  le  dit  Walekin  Fierien,  que  il 
entra  en  le  maison  dou  dit  Jean  Louppet,  avoecq  le  dit  Cli- 
mench  et  listequa  (frappa)  dune  dagbe.  Et  le  dit  Valentin 
Martin  ,  dist  que  il  nappartient  à  aucun  des  dessus  només 
fors  tant  seulement  au  dit  Walekin  Fierin ,  qui  estoit  ses 
cousins.  Toutes  lesquelles  recoggnissances  li  susdit  nomé, 
ont  recongneut,  présent  :  Jeban  Florin,  Jehan  au  Touppet, 
fil  Miquiel,  Jehan  de  Leers,  Jaqueniin  le  Cuvelier,  Jaqmart 
Blanchart ,  Jehan  Horclore  ,  Nycet  de  Morcourt ,  Jehan 
Dorcque,  Jehan  au  Touppet,  fil  Jehan  Caron,  Gringnart  et 
Biaulin. 

Et  depuis  ces  recognaissances  ainsi  faites  li  ditWalekins 
Fierin,  Leurekin  Conniellé,  Valcntin  Martin  et  Clarekin,  se 
l'rére,  dirent  et  congneurent  de  leur  volonté  que  il  nesloient 
de  saniî  ne  de   linoce  aux  dis  Elrans  ne  à  sen  frcrc.   Il 


—  192  — 

avoient  esté  à  villener  (outrager)  et  navrer  ledit  Jaqmars 
Louppet  et  à  le  requeste  et  pour  les  dis  frères,  a  qui  il  nes- 
toit  de  sang  ne  de  linage,  si  quil  recogneurent  tout  les  III 
dessus  dis  qui  furent  condemnés  par  jugement  et  assens  des 
jurés  à  morir  de  teil  meur  {mort)  que  de  trainer  et  de  pendre 
tant  que  ils  fussent  mort.  Lequel  jugement  fu  mis  à  exécu- 
tion et  furent  les  III  dessus  només  justichiet.  Et  recogneu- 
rent li  III  dessus  només  avant  leur  mort  le  véritié.  Présent  : 
Jaque  le  Cuvelier ,  Jehan  au  Touppet ,  fils  Nicaise ,  Jake  de 
Sirau,  Pierre  de  Velaine,  Jehan  Dorque,  Jehan  Bourdin, 
Jacques  dou  Casteler  ,  Pieraes  Cauffet,  Pierre  le Nep veut, 
Bete  don  Gardin  et  pluiseurs  autres  que  les  dits  Biertrans 
et  ses  frères,  qui  ne  leur  appartenaient  et  que  il  ny  avoit 
point  de  linage  {qu'ils  n'étaient  pas  parents)  che  fu  fait  le 
XII«  jour  de  juUet,  lan  mil  CGC  LXXV  dessus  dit. 

Zc  H*  jour  de  juillet  l'an  1573. 

Le  XI"  jour  de  jullet  lan  rail  CGC  LXXV,  fu  justichiés  de 
trayner  et  de  pendre  Lamekin  Beinoict  dit  de  Best.  Et  pour 
chou  que  il  qui  sestoit  mis  en  toute  emquestes  fu  trouvé 
coulpables  en  le  dite  enqueste  qui  fu  faite  à  Roulers  à  Rum- 
becque  et  ailleurs,  de  pluiseurs  énorraesfaits.  Gest  assavoir 
que  il  meu  de  son  movais  corage  par  ce  que  le  frère  Piere 
Hanis,  qui  par  constrainte  de  loy  et  de  justice,  avoit  esté 
oys  en  tesmoingnage  en  une  franque  vérité  ,  à  Rombeque, 
pour  enquerre  la  vérité  de  chertains  larcnchins,  que  li  dit 
Lanekins,  avoit  fait  en  laditte  ville  le  suiwant  viers  maire, 
et  le  navra  lui  et  Fransekin,  sen  frère.  Item  fu  trouvé  que 
il  avoit  desreubé  Hanin  de  Kok,  demorant  à  Rumbeque,  de 
pluiseurs  draps  et  bourses  et  avoeck  ce,  fu  trouvé  en  le  dille 
enqueste  que  pour  ce  que  li  dis  Lamekins ,  poursuiwant  le 
feme  Clais  de  Vinc,  vint  en  le  maison  doudit  Clais  et  de  nuit 


—  195  — 

et  le  navra  dun  penichou  et  leuwist  {l'eul)  tué  se  ne  fuissent 
les  boines  gens  qui  y  sourvindrent.  Et  ce  recongneut  li  dis 
Lainckins,  avant  sa  mort ,  avoecq  pluiseurs  autres  villains 
fais  dont  il  est  renomés. 

Le  merquedi  48«  jour  de  juillet  l'an  lô7u. 

Cliraench  Ranau ,  fu  justicliiés  de  traîner  et  dépendre 
pour  pluiseurs  fais  que  il  congneust  fais.  Et  premiers  et 
principalement  que  li  dis  Climens-dit-Dcubtes,  lui  disant 
estre  de  sang  et  de  linage  ,  à  Bierlran  Leurin  et  Xhristyen 
Leurindit  Villain,  sen  fi'ére,  à  leur  requestre  avoit  esté  et 
demeuré  à  leurs  despens  en  leur  maison  lespace  de  VI  sep- 
maine  ou  plus  sans  payer  maille  ne  denier.  Et  que  à  cer- 
tain jour  les  dis  frères  leur  avoientdit  que  il  les  alast  vengier 
de  Jaqmart  Louppet,  févres,  qui  les  avoient  injuriés,  liquels 
Climens  à  le  requeste  des  dis  frères,  accompagniés  de  Leu- 
rekin ,  Cornielle  de  Molebeque ,  Valentin  Martin  ,  Claiekin 
Seleure  dit  de  Hazebruck  et  Walekin  Piérien,  cordcwanier, 
qui  en  rien  ne  lui  estoient  de  sang  ni  de  linage ,  alérent  à 
le  maison  doudit  Jaquemart  Loppet  et  le  navrèrent  et  mirent 
en  péril  de  mort  et  depuis  fu  sceu  et  pruvé  souffisament  que 
li  disClémens  avoit  congncutqui  il  nappartenait  as  dis  frères 
et  aussi  dirent  li  dis  frères  devant  tabellion  (1)  que  ce  que 
il  avoit  fait  de  le  dite  navrure,  nestoit  point  leur  fais  ne  pour 
eaulx  ne  fu  faicte  et  se  désavouèrent  du  dist  fait.  Et  avoecq 
ce  sestoit  li  dis  Climens  mis  en  toutes  enquestes  si  fu  trouvé 
par  lenqueste  que  li  dis  Climens  avoil  fait  pluiseurs  laren- 


(1)  Tabellion  était  le  nom  qu'on  donnait  jadis  anx  notaires  dans  les 
justices  subalternes  et  par  exlention  aux  greffiers  qui  suppléaient  aux 
notaires.  C'est  la  première  fois  que  l'on  rencon'.re  cette  dénomina- 
tion dans  les  registres  de  la  loi. 


—  194  — 

chins  et  autres  villains  fais,  si  comme  de  violenter  femes 
puis  brisiex'  et  autres  maléfices  pour  lesquels  fais  dessus  dis 
li  dis  Climens,  fu  justicié  à  mort,  par  lassens  des  Prévos  et 
des  Jurés. 

Le  31  août  de  Van  1573. 

Le  darrain  jour  dou  mois  daoust ,  lan  mil  CGC  LXXV, 
furent  juslichiet  de  pendre  Pieret  de  le  Plancque,  de  Poltes 
et  Pietrekin  de  Hierleghe,  de  Courtray  et  pour  ce  que  il  de 
leur  volenté  sans  force  et  sans  constrainte  recogneurent 
avoir  pris  et  ambles  à  Toufflers,  à  le  maison  PiérartChokiel, 
bastart,  un  jupon  pasuiet,  qui  estoit  [à]  Gosselet  dou  Puch 
et  V  frans  francbe  [de  France)  II  florins  de  Bruges  de  XLIIII 
gros  le  pièce  ,  un  essekin  dor  et  XL  gros  de  Flandres  ,  une 
espée  et  une  pièce  de  toille.  Et  lesquelles  eoses  furent  trou- 
vées sour  eaulx  {sur  eux.) 

Le  jeudi  14^  jour  de  décembre  1373. 

Le  joedy  XIX*  jour  de  décembre  lan  mil  CGC  LXXV,  fu 
justichiés  de  trainer  et  de  pendre  Hanekins  Mahius  et  pour 
chou  que  il  qui  estoit  banis  à  tous  jours  de  le  ville  et  cité 
de  Tournay,  estoit  de  nuyt  revenu  en  la  ditte  ville  et  liquel 
congneut  que  il  avoit  tué  et  ochis  à  Gambray  et  de  nuyt 
Ilanekin  Rigaut  dit  Des  Planqs,  ménestrier  et  depuis  nya 
quil  navoit  point  ochi  ledit  Ilanequin  et  depuis  ce  sans  cons- 
trainte recogneut  avoir  fait.  Item  recongneut  que  il  avoit 
ochi  à  Paris,  et  de  nuit  un  compaignon  quil  ne  congnissoit 
pas  et  qui  rien  ne  lui  avoit  meffait  autre  chose  quil  le  voloit 
faire  widier  (partir)  diui  vinage  où  il  Ilanekin  Mahieus  , 
busquoit  {cherchait  forti  ne).   Item  dist  que  les  lellres  de 


—  19d  — 

coronne  (1)  quil  avoit  sur  li,  Jehan  Bouclés  prcstres,  qui 
cstoit  SCS  {son)  cousins  li  avoit  administrées  et  les  avoit 
rasées  [effacées)  et  mis  le  nom  dun  autre  cili  doudit  Hanekin 
pour  ce  que  il  Hanekin  ,  estoit  en  prison  et  par  vertu  des 
dittes  lettres  il  fu  rendus  à  le  maison  Monseigneur  lévesque 
et  non  obstant  quil  fuist  point  clers.  Pour  lesquels  fais 
dessus  dis  avoecq  ce  quil  estoit  rcnomés  de  pluiseurs  autres 
mauvais  fais  Ychuis  Hanekin  ,  fu  justichié  par  lassens  des 
Prévos  et  des  Jurés. 

Le  i"  jour  de  mars  1576  [noiiv.  style). 

Le  samedi  permier  jour  de  mardi  lan  mil  CGC  LXXV, 
justichics  de  traîner  et  de  pendre  Adias  Misane  de  le  Gau- 
chie Notre-Dame  dales  {au  delà  de)  Sougnies,  pour  ce  que 
il  recongneut  de  se  boine  volentc  que  le  jour  précédent 
entre  el  bot  de  lez  Lens  et  Lénin  {ffainin)  il  avoit  navret 
dun  plancqon  (pique  en  bois)  au  kief  {tête)  Jehan  Saintron 
de  Ving,  varlet  Jake  Grenut  dit  Rifflart  baillius  de  Lenin, 
Depuis  lequelle  navrure  faite  et  que  ledit  Jehan  de  Saintron, 
fu  jettes  par  terre  le  dit  Adin  Misane  ,  prist  et  roba  II 
kevaux  que  ledit  varlet  menoit  à  le  kicrue  {charue)  lun  gris 
et  lautre  bay.  Lesquels  il  amena  toute  nuit  lun  à  Tournay  et 
lautre  laissa  au  bos  de  Planart.  Item  recogneut  qui  il  et 
Gardins ,  ses  frères ,  avoient  sur  boine  paix  en  contreven- 
geant  le  mort  de  leur  père,  dont  il  avoient  receu  lamende , 
ochis  en  le  ville  de  Sougnies,  Golin  le  Tordeur,  Jehan  Gou- 
lon  et  Jehan  Loriel.  Pour  lesquels  fais  le  dis  Grardin,  fu 


(1)  Les  lellres  de  couronne  étaient  des  certiûcats  de  tonsure  ou 
de  préirises  qui  renvoyaient  <i  la  juridiction  ecclésiastique,  ceux  qui 
étaient  incriminés  de  quelques  méfaits. 


—  196  — 

juslichiés  de  copper  le  kicf ,  à  Jcmbloux  desous  Jcnaples, 
en  Braibant. 

Le  12  de  juillet  l'an  1576. 

Le  XII*  jour  de  jullct,  fu  justichiés  de  trainer  et  de  pendre 
Lolins  de  Valenchiénes,  pour  ce  que  il  recogneut  de  se  boine 
volonté  ,  que  environ  un  an  a  il  et  Xhristins  de  Tournay, 
Pierre  Kaisse,  meurdrircnt  un  home  et  destika  [frappa)  les 
gambes  au  eorps  de  IIII  cops.  Et  eut  en  se  part  XXVIII 
frans  environ. 

Item  congneut  que  un  pau  apries  }  cel  fait,  il  un  varlet 
Gheugon,  appelle  valles  et  un  autre  Gheugnon,  jeuene 
home,  nomé  Hanekin  de  Malines  de  Broussielle,  mourdri- 
rent  es  bot  [au  bois)  de  Baudour  ,  un  home  qui  avoit  une 
longhe  barbe  et  heut  en  se  part  de  largent  que  il  avoit  sour 
lui  VIII  florins  frans  et  féry  li  dis  de  Maline  le  premier  cop. 

Le  'premier  jour  d/aoust  l'an  1576. 

Gosses  Van  Acstre,  fis  Tassars  Destrel-sous-Meuse ,  fu 
justichié  de  trainer  et  de  pendre  pour  chou  que  il  congneut 
que  lundi  darrain  passé,  il  et  Hanekin  de  Bruges,  confurent 
[allèrent  oisemble)  et  desrobérent  decha  le  bos  dou  liu 
Gherardin  dou  Pot,  à  Wcrchin.  Et  congncurent  il,  que  il  et 
li  dis  Jehan  de  Bruges,  le  XV  jeuins  amurdrirent  au  quemin 
de  St- Amant,  Gilles  Lambert ,  liquel  avoit  sur  lui  XII  frans 
et  franc  et  demi  de  paies  entre  ceste  [de  cette  so^nme)  li  dis 
Gosses  en  heut  IIII  frans  et  demi  pour  se  paiement. 

Item  recogneut  il  que  il  et  li  dis  Jehan  de  Bruges  IIII  ans 
a  meurdrirent  un  home  qui  avoit  IIII  francs  sur  lui  et  que 
il  et  Jchanins  de  Braibant,  emblérent  à  Tret,  une  coroie 
clnuwéc  (garnie  de  doux)  dargent  au  pris  de  VI  frans. 


—  iWJ  — 
Le  SG""  jour  de  septembre  de  l'an  1370. 

Margherite  dou  Torgoir,  fille  Colart,  fu  justichic  dcnfouir 
toute  vive  pour  chou  que  elle  congneut  avoir  emblc  à  le 
maison  Gossart  Campion ,  une  pièce  de  toille  de  X  aunes. 
Item  congneut  li  dittc  Margheritte  ,  quelle  avoit  cmblé  à  le 
maison  Jehan  Musart ,  son  raaistre  les  coses  si  sucuwant 
[qui  suivent)  :  Et  premiers  trois  bourses  et  une  Patreoostcr 
etpluiseurs....  [Ily  aici  une  déchirure). 

Une  cotte  à  chindre,  une  autre  cotte  de  causebin  à  coudre 
\jn  blanquct  à  famé  ,  une  cotte  hardie  de  famé,  uneplice, 
un  capron  de  feme  boutonet  dargent ,  une  pièce  de  soie 

de deux  paires  de  linccux,  une  nappe,  un  coffret,  une 

viestrine ,  un  bon  capron  de  famé  et  un  mauvais  cotron  de 
famé,  unaneau  qui  valoit  XIIII  florins,  en  une  petite  boite. 

Le  14«  jour  du  mois  d'octobre  de  l'an  1376. 

Gilliars  Papins,  fu  justichiés  de  pendre  et  pour  chou  que 
il  de  se  boine  volenlé  sans  force  ne  constrainte  dist  et  reco- 
gneut  que  il  meut  de  lart  de  lanemys  de  convoitise  scn  ala 
de  nuit  à  Portes  (Potte),  en  le  pasturc  Pierre  au  Toupet  et 
là  prist  et  embla  deux  boes  {bœufs),  lesquels  il  mena  à  Cour- 
tray  et  là  les  vendit  à  lostel  de  la  Flueur  de  lys  (ô)  Colas  de 
Luisiclle,  la  somme  de  XVIII  cscus.  Fait  en  lassens  des 
Prévos  et  des  Jurés. 

Le  2  décembre  de  fan  457G. 

Le  IP  jour  de  décembre  lan  mil  CGC  LXXVI,  fu  justichic 
de  traîner  et  de  pendre  Hanekin  Lesnut  dit  Reughier,  pour 
chou  que  il  de  se   boine  volentc   congneut  que  il  avoecq 


—  198  — 

Pierre  Le  Doins  ,  marchandèrent  (1)  à  Lautin  du  Hove ,  de 
tuer  Clais  Loltin  scn  sérouge  [chirurgien)  contre  qui  il  avoit 
perdu  I  plait  (procès)  en  laudience  Mons.  de  Flandres,  liquel 
Hanequin  et  Pierre  meu  de  lart  del  anemi  alérenten  le  ville 
de  Bruges  et  là  faintement  se  alérent  acoulier  [rapporter) 
oudit  Clais  Lottin,  disans  que  i!  avoit  à  plaider  en  le  court  et 
audience  doudit  l\!onseigneur  de  Flandres  et  quils  iroient 
avoecq  lui,  liquels  Clais  confians  sur  ces  parolles  et  espérons 
que  ils  deisset  vérité,  fu  a-waitie  [vu)  par  ledit  Hanckin 
et  Pierre  devant  l'église  Notre-Dame  à  Bruges,  et  de  nuyt 
le  tuèrent  et  le  meurdrirent  et  de  clie  rechurent  la  plus 
grande  partie  des  V  livres  de  gros  que  par  ledit  Lautin  du 
Hove  leur  avoit  esté  promis  pour  le  dis  murdre  faire.  Les- 
quelles choses  dessus  dites,  li  dis  lîanins  cognut.  Présent  : 
Jehan  de  Malines,  Jehan  de  Bru}  elle ,  Jake-à-Ie-Pliche  et 
Jake  Monoie  ,  Jehan  Daire  ,  Jehan  Cardcnier  ,  Jaeque  de 
Bruyellc.  Et  congneut  ledit  Hanckin  que  il  et  Raout  Siérans, 
temps  passé  navrèrent  Jehan  Mesquin  de  pluiscurs  plaies 
quil  ala  de  vie  à  trespassement.  Fait  par  lassens  des  Prévos 
et  Jures  lan  et  jour  premiers  dis. 

Lan  mil  CCC  LXXVI  au  moys  de  déccmhre',  fu  justichié 
de  trainier  et  de  pendre  Lolins  Walés  dis  li  Grans,  pour  ce 
que  il  congneut  de  se  boine  volenté  et  sans  constrainte  avoir 
tué  et  ocliis  daguet  à  pense  (2)  avec  Jehan  le  Gaige,  qui  en 
rien  ne  lui  cstoit  de  linagc,  Jehan  Blanquart  dit  le  clerc 


(1)  Marchandèrent  à  Lautin  de  Hove  de  tuer  Clais  Lottin  : 
doit  s'inlerpiéler  que  Haanelin  Lesnul  et  Pierre  Le  Doiiis  convinrent 
avec  Laiilin,  moyennant  certain  prix  de  tuer  Clais  Lottin. 

(2)  Daguet  à  pense-  La  Dague  était  une  courte  épée  ou  poignard, 
celui  désigné  ci-dessus  avait  probablement  une  forme  particulière. 
Nos  annales  criminelles  font  pl'jsieurs  fois  mention  du  Daguet-à- 
pense. 


—  199  — 

lie  Lambcrsart,  pour  chou  que  yehi.ius  Jehan  Blanquart 
aitioit  à  le  court  de  Mons.  Lcves(juc,  Pierre  Desbons,  maril 
de  la  fille  doudit  Jehan  Blancart  à  leneontre  de  Jehanettc, 
amie  doudit  Lotlin.  De  quoy  ychius  Pierre  Des  bons  avoit 
hou  I  enfans  et  autre  cause  ne  autre  mouvement,  navoit  li 
dis  Loltars  de  faire  ledit  homicide  en  le  personne  doudit 
Jehan  Blanquart.  Fait  par  lassons  des  Prévos  et  Jures  lan  et 
au  moys  dessus  dit. 

Le  26^  jour  de  janvier  l'an  1377.  { IV oiiv.  style). 

Le  XXVI=  jour  de  janvier,  lan  mil  CGC  LXXVI  ,  fu  justi- 
chié  de  pendre  Hanokin  Carbon  de  Tainlegnics,  pour  plui- 
seurs  lareehins  que  il  de  se  boine  volenté  congneul  avoir 
fais  es  lieus  et  as  personnes  qui  scnsuivcnt.  Premiers  cognent 
quil  cmbla  à  Jehan  Randoul  Plaqueur  ,  une  cloque  grise 
mclléc  et  I  capron  ample  tout  sainglé  et  y  a  environ  sept 
semaines  et  vendi  tout  à  I  vieswar  vers  saint  Pierre  et  na 
mie  mémoire  combien  il  le  vendi.  Item  congneut  quil 
cmbla  en  le  maison  dun  carlicr  {charon)  à  Moriau  porte  I 
hauviel  {hache)  de  carlicr,  une  cauches  [culottes)  lequel  îkmî- 
wiel  il  vendi  X  gros  et  li  dit  caiiier  le  racata  XI  gros  et  les 
cauches,  il  vendi  I  gros  et  racata  li  carlicr  li  haviel  un  frans, 
dehors  le  porte  Coqricl  qui  tient  hostôlerie.  Item  congneut 
que  il  avoit  cmblé  une  cloque  de  drap  de  Warny  qui  estoit 
le  ballius  Jake  Croqucvillain  et  csîoit  au  pris  de  XVI  sols  de 
gros.  Item  cmbla  il  à  Salmcs-sour-Lescaut  en  le  maison 
Coppct  dclc  7'ourt,  porteur  au  sac,  une  cloque  plissé.  Item 
congneut  quil  onibla  as  Estrues  dccha  Escault  et  ncst  recors 
coenl  {comment)  elles  ont  a  nom,  Icquelle  cloque  csîoit  dun 
drap  de  brunette  et  le  vcndist  à  un  viesllard  ^^demornnt'j'i 
Sl-Brissedcviantléglise  elfu  environ  le pourchess (procession) 
darain  passé  loquoHe  cloque  valoit  le  njoitié  plus  ({ue  il  ne  le 


—  200  — 

vendist.  Item  congncut  quil  cmbla  en  une  maison  quil  ne 
sceiit  nomcr  environ  le  pourchcssion,  II  raenteaux  de  feme 
dont  il  cust  XL  gros  à  une  feme  qui  ne  cognoissoit  en  une 
taverne  à  Cherquc.  Et  li  autre  martiel  nest  recors  à  qui 
(ne  se  souvienl  pas  à  qui)  il  avoit  cmblé  si  quil  congneusl 
deshueis  [hors)  le  porte  Dele  Tieullet  aie  maison  dune  pau- 
vre feme,  un  blanquet  lequel  il  vendit  X  gros  à  une  feme 
demorant  rue  de  Beuvres ,  chez  Wicswars  et  aussi  il  erabla 
en  ce  lieu  une  eaucliie  quil  vendi  VI  gros  et  y  a  environ  VI 
mois  ,  il  cogneut  il  embla  en  une  maison  dele  porte  Dau- 
bégny,  une  cote  hardi  à  feme  lequel  il  vendist  à  un  home  de- 
morant viers  le  puch  Bauduin,  lune  XXX  gros  ou  environ. 
Item  cogncust  quil  embla  en  le  maison  dun  potier  de  gi'ès 
viers  le  porte  Coquiel  II  mantiel  rouge  qui  valoient  bien 
XVIII  gros  liquel  il  bailla  après  quil  leut  portée,  à  I  home. 
Fait  par  lassens  des  Prévos  et  des  Jurés  lau  et  jour  dessus  dis. 

Le  29*  jour  de  jtiUlcl  de  l'an  1377. 

Pour  chou  que  contents  {contestation)  et  débat  de  parolics 
se  fuist  meus  entre  Tbas  (Tliomas),  le  Liégeois  et  Henri 
Lebroy,  piochelier  {piocJieur)  et  tant  fuissent  multiplyés  que 
le  dit  Henry  navrât  et  mist  en  péril  de  mort  le  dit  Thomas, 
desquelles  navrures  mort  scn  ensuis  asses  tost  apries  et  fu 
ledit  Henry  pris  et  détenu  prisonier  pour  ledit  fait  lequel  il 
rccogneut  avoir  fait  sour  son  bon  droit  en  rappellant  (re- 
poussant) force  à  force  et  proposant  pluiseurs  raisons  ten- 
dans  adfin  de  signer  (d'assigner)  le  prévôt  de  la  ville  de 
Tournay ,  tendant  adfin  contraire  et  que  pugnition  et  con- 
verlion  fuist  faite  dudit  Henry,  sclonc  le  cas  sour  Icsqueles 
fais  proposés  dune  part  et  dautrc  ycelles  parties  fuissent 
ordonnées  et  mises  en  fais  contraire  à  lenqucslc  faicle  et 
présentée  en  le  présence  des  Prévos  et  Jurés  en  pleine  halle 


—  2UJ    — 

le  ])ouvoii'  de  la  ville  ;  et  ledist  Henry  regnui^seiit  noslie 
droit.  Sy  fu  dit  et  proniincliié  vu  les  raisons  dune  partie  et 
dautres  et  les  tcsraoings  alrais  et  produis  par  ledis  Henri, 
sous  le  lait  dou  dit  corps  defiendans  que  ledit  Henri  Lebroi 
avoit  niains  souflisamcnt  prouvés  son  eorps  defTcndant  et 
dou  tout  failli  à  prouvier  le  fait  par  lui  proposé  pour  eoy  le 
dit  Henri  fu  condemnc  par  jugement  à  mort  teille  que  de 
estre  cnfouy  tout  vif  laquelle  sentence  fu  mise  à  exécution. 
Fait  par  lasscns  des  Prévos  et  Jurés  le  XX1X'=  jour  de  juillet 
lan  mil  CCC  LXXVH. 

Ze  2 i"^  jour  d'aoïit  Van  1577. 

Lan  mil  CCC  LXXVIÎ  jour  dacust ,  fu  juslichics  de  pendre 
Jehuns  li  Maires  nez  de  le  terre  de  Cassel  et  naguère  de- 
mourant  à  Pruiees  en  Hayimau  et  pour  ce  que  il  congncul 
que  en  revenant  de  la  ville  de  Belhune,  il  avoit  de  nuyl 
emblé  un  keval  en  le  ville  de  Lorgics  denccïte  Le  Bassée, 
et  une  jument  en  un  autre  hamel  (hameau)  en  dccha  de 
Lorgies  ,  sur  le  kerain  qui  vient  de  Bélluine  à  Tournay,  et 
amena  cieuls  {ces)  keval  cl  jument  à  Tournay.  Là  il  fu  pour- 
suiwys  par  celi  à  qui  le  keval  appartenait. 

Le  ^G*  jour  d'août  1377. 

Lan  mil  CCC  LXXVII  le  merquedi  XXVP  jour  daousf  , 
fu  juslichiés  de  pendre  Rogeles  Limaire,  devant  justiche. 
Et  pour  ce  que  li  dis  Rogeles  confessa  de  se  volentc  et  jugc- 
mens  que  depuis  environ  demy  an  il  avec  sen  dit  pérc 
avoicnt  emblé  XV  quevaux.  Cest  assavoir  noef  à  III  fois  eu 
un  prêt  environ  à  une  lieue  de  Brouxelle.  Item  II  en  un 
prêt  empries  Halle  et  II  en  une  cskaublc  {écurie)  dcncosté 
Halle  et  les  II  en  revenant  de  Béthune  pour  lesquels  ses  pérc 


—   102  — 

avoil  esté  justichic  desquels  XV  kcvaux  ledit  Rogeles  cl  ses 
père  vendirent  XI  cest  assavoir  :  les  V  à  Aire  les  IIII  à  Ter- 
rewane  les  II  à  Liîlers  et  les  autres  IIII  furent  rescous 
{recouvrés)  par  les  poursienvant  et  ceux  à  qui  ils  avoient 
esté  emblez.  Et  vendirent  lun  par  lautre  tant  quil  heurent 
des  XI  qui  furent  vendus  le  somc  de  XXXVIII  frans  ou 
environ. 

Le  9  octobre  de  l'an  1377. 

Lan  mil  CGC  LXXVIl,  le  IX<=  jour  dou  mois  doctobre,  fu 
justicliiés  de  pendre  Ilenckin  Tacqs,  bastars,  pour  ee  que  il 
rccogneut  avoir  fait  pluiseurs  larecliins  es  maisons  et  lieux 
clii  après  només.  Premiers  à  le  maison  Simon  Gahide  III 
frans,  et  certain  nombre  et  quantité  de  blanques  mailles  (1) 
et  de  gros  de  IIII  escalins  le  pièce,  dou  quil  accata  un  lit  qui 
cousta  III  frans  et  XX  gros.  Item  cognut  quil  embla  à  le 
maison  Lot  Dauconicz,  un  caperon  descarlatte  boutonné 
dargent  dont  il  eoppa  les  bouttos  et  les  vendi  :  certaine 
quantité  de  platians  destain  quil  vendi,  deux  warcoles,  IIII 
louches  de  laiton,  une  patenostre  dambre  et  un  martiel  de 
fiers.  Item  cognent  il  avoir  emblé  à  la  maison  Colart  Chres- 
tien  uns  fiers  di  wafficr  (à  faires  des  gaufres),  une  cramaillc 
et  un  cotiel.  Item  eongneut  qui  il  avoit  emblé  à  le  maison 
Simon  de  ITanon  VIII  aniaus  et  pluiseurs  afiques  lesquels  il 
vendit  XXI  gros.  Item  une  patenoste  quil  vendi  XX  gros. 

Le  31  janvier  1378.  (i>'.  sf.) 

Pour  chou  que  conlcns  {contestation)  et  dcbas  fuist  meus 


(I)  Blanqiie  maille  très-pelite  monnaie  d'argciil  pouvant  valloir 
i2  conlimos  do  la  monnaie  :':uielle. 


—  i>05  — 

entre  Colart  Don  Blure  dune  part  et  Ghicrek  Dierix,  combu- 
ronier  dautre  et  tant  fussent  multipl)  es  ycelles  partillcs  que 
le  dit  Ghierek  navra  et  mist  en  péril  de  mort  ledis  Colart, 
desquelles  navrures  mors  sen  ensuy  asscs  tost  aprics  et  ledit 
fait  advenu  ycel  Ghierek  ,  ait  esté  et  fuist  pris  arrestés  et 
destenus  prisonniers  pour  ledit  fais  lequel  il  cognut  avoir 
fait  sour  son  bon  droit  et  corps  deffcndans  en  rappellant 
{opposant)  force  contre  force  en  proposant  pluiseurs  raisons 
tendans  adfin  de  sa  délivrance,  les  proximes  et  amis  carnels 
dou  dit  Colart  et  lafcme  diceli  Colart  tendant  adfin  que  le  dit 
Ghicrek  fuist  pugnis  criminellement  de  tel  fait  et  pugnition 
corne  au  cas  appartcnans  corne  de  fait  raurdrier  et  villain  et 
que  il  ne  fust  à  recevoir  ou  proposer  corps  deffendant  pro- 
posans  pluiseurs  raisons  tendans  adfin  que  justice  fuist  faite 
dou  dit  Ghierek.  Sour  lesquelles  raisons  dites  et  proposées 
dune  partie  et  dautre  ordoné,  fu  que  le  dit  Ghierek  admi- 
nistrerait tous  les  tesraoings  dont  il  se  voloit  aidier  au)5rufit 
de  sa  délivrance  et  sur  chou  la  cour  le  ordenérent  fuist  à  sa 
délivrance  ou  à  se  condempnation.  Sy  fu  dit  et  déterminé 
veu  les  raisons  dune  partie  et  dautres  veu  les  dépositions  des 
tesmoings  produis  par  le  dis  Ghierek  sour  le  fort  dou  dit 
corps  dcffendans  que  le  die  Ghierek  avoit  niains  souflisa- 
ment  pruvé  le  fait  du  corps  défendant  par  lui  posé  et  pour 
le  dis  fait  fu  li  dis  Ghierek,  condcmpnez  à  mort  telle  que 
estre  pendus  tant  que  il  fusl  mort.  Laquelle  sentence  fu  mise 
à  exécution  par  lassens  des  Prévos  et  Jurés  le  pénultième 
jour  de  janvier,  lan  mil  CCC  LXXVII.  {Vieux  style). 

Le  \'2«  jour  du  mois  de  février  de  l'an  1378.  (iV,  s?.) 

Lan  mil  CCC  LXXVIII  le  XII«  jour  de  février,  fu  justichié 
de  trainer  et  de  pendre  Robcrs  des  Rocs.  Et  pour  chou  que 
il  congneut  de  se  boine  volenté  que  il  sour  boine  paix  faicte 


—  204   — 

par  le  loy  <io  Courtray  et  pour  poursuivre  loy  cl  justice  avoit 
navré  et  par  derrière  Pierre  Ilazart,  dcmorant  à  Ilarlebeq. 
Ilcin  fu  imposé  audit  Robert  que  il  avoit  ochis  et  mis  à  mort 
en  le  ville  de  Courtray,  Jehan  dou  Mont  de  Rolenghien , 
liqucl  fait  il  nya  disans  que  onques  il  navoit  navret  ne  fait 
aucun  mal  au  dit  Jelian  dou  Mont  et  depuis  li  dis  Robert 
recognurent  quil  estoit  vérité  que  ledit  Jehan  il  avoit  navré 
et  ochis  pour  certaines  injures  quil  lui  avoit  fées  et  avoec 
les  fais  dessus  dis  estoit  li  dis  Robert  des  Roes  renoraé  davoir 
fait  et  perpétré  pluiscurs  autres  délits  et  maléfices  et  estoit 
de  raaise  grâce  famé  et  renomés.  Lesquels  fais  dessus  dis  li 
dis  Robert,  cognent  par  avant  son  jugement  et  depuis  quil 
fu  jugiés  à  morir.  Présent  Jehan  Riquart,  Robert  Quaret , 
Iluart  Longhet,  Jack  Croqvillain,  Jak  dou  Castclcr,  Colart 
de  Ticqt  et  Pierre  de  Cottignies  et  pluiseurs  autres. 

Le  26*  j'otn-  d'avril  de  l'an  1378. 

Gilles  Bougctte,  jueur  de  Casses-Cambrés,  fu  justichiés 
de  pendre  et  pour  chou  quil  congneut  avoir  navré  dun  cou- 
tiel  en  caudc  colle  [grande  colère)  en  le  rueTannon,  Pierre 
de  Biaumont  et  lifiuel  Pierre  Moru  sans  parler  et  sans  estre 
conjuré  par  loy  et  dis  ii  dis  Gilles  quil  estoit  si  conrchiés  del 
injures  que  ycelui  Pierre  de  Biaumont  lui  faisoit  que  pour 
chou  le  féry  pluiseurs  cops  dun  cotiel  ou  corps  ou  kief  et 
ou  brach  desquelles  navrurcs  mors  scn  ensuy  dont  il  lui 
desplaisoit  et  en  estoit  dolans  et  repentans.  Fait  par  lasscns 
des  Prévos  et  Jurés  le  XXVP  jour  davril  lan  LXXVIII  après 
Pasqucs. 

Le  {G"  jour  d'octobre  Van  1578. 

ilancquin  dclc  Court ,  fu  justichiés  de  trainer  et  de  pen- 


—  205  - 

drc  pour  chou  que  il  cogneul  et  eonfcssa  avoir  fait  les  fais 
qui  chy  après  sensuivcnt  et  aussi  furent  partie  de  yccux  fais 
pruvés  par  boins  tesmoings  si  eome  Katte  Willcpot,  Bette 
Vandrelay,  Kalrine  Dcnghien,  Katte  Daudenarde  et  Chres- 
ticnnette  de  Brouxielle,  et  premiers  dist  li  dis  Hanckin  et 
confessa  que  environ  a  III  ans  il  et  Ilanins  Ilof  de  Brouxielle, 
batteur  al  arkait  et  Ilanekin  de  Coremettre,  mesureur  de 
bled,  trouvèrent  et  rencontrèrent  un  home  à  demie  lieue 
près  de  Biauvais  sous  le  tonquet  dun  chemin  lequel  il  tollé- 
rent  et  reubérent  de  le  some  de  XV  frans  dont  lidis  Hanekin 
heut  V  frans.  Et  dist  et  congneut  que  I  an  a  ou  environ  il 
Hanekin  Doubos,  Hanekin  Vandcn  Est  et  Hanekin  de  Vith, 
robcrent  et  rompirent  à  une  feme  à  Valcnchienne  se  bourse 
et  prendirent  ce  qui  estoit  en  leditte  bourse.  Item  dirent  et 
cogneurent  que  I  an  a  ou  environ,  il  et  les  trois  dessus 
nommes  vinrent  en  dehors  de  le  porte  sainct  Nicolay  et 
cnmcncrent  par  force  Bettequine  Vandelay,  et  Chrcstien- 
nelte  de  Broussielle,  et  les  menèrent  au  Sauchoir  et  en 
firent  leur  volenté,  et  ostcrent  à  leditte  Chrestiennette  sen 
capron  boutonne  de  boutos  dargent  et  deux  agrapes  sen 
demytour  cslofFct  dargent  et  se  bourse  avoecq  largent  qui 
estoit  dedens.  Et  cogneut-il  que  estant  en  une  ville  entre 
Amiens  et  Abeville  avoecq  Rosequin,  valet  de  marchant  de 
kcvaux,  liquel  embla  par  nuyt  II  florins  francs  dont  il  eut 
se  part  et  les  aida  à  despendre. 

Le  \0^'  jour  de  janvier  de  l'an  1579. 

Sour  chou  que  à  le  complainte  et  dénonciation  de  Juillc 
de  Trivier ,  frère  de  feu  Waflard  de  Trivier,  Jake  Lardcnois, 
dit  le  laid  fournicr,  avoit  esté  pris  et  arreslès  en  la  ville  et 
cité  de  Tournay,  et  lui  fust  imposé  que  il  en  mauvais  fait 
villain  et    murdricr   sans   cause   raisonnable   avoecq    lui 

20 


—  2015   — 

Loquin  Mannier,  avoit  ochis  et  mis  à  mort  en  le  ville  Dallî, 
ledit  Wafflart  de  Triwier.  et  depuis  que  ledit  fait  fut  im- 
posé audit  Jaqmin,  il  li  fu  imposé  quil  avoit  este  h  Ardre  en 
le  compagnie  et  au  serviee  de  Mons.  de  Gomegnies  qui  esloit 
de  le  partie  du  Roy  Dengleterre,  et  ennemis  au  Roy  nos. 
Et  aussi  si  fu  imposé  que  en  le  ville  de  Gand,  il  meus  de 
lart  de  Icnnemy  viunt  en  le  maison  Colartle  Berquier,  ccus- 
turicr,  et  y  buteî  mangea  par  pluseurs  foys  et  sour  chou  re- 
questre  au  dit  Colart  que  il  volsist  venir  boire  avoccq  lui  à 
St-Bavon,  lequel  Colart  ayant  espancc  {pensé)  que  ce  fust 
par  bonne  amour  obbéy  a  ycelle  rcquestrc  et  en  ala  avoecq 
le  dit  Jacqmin  Lardenois  jusques  à  le  Gauchie,  si  quon  scn  va 
à  St-Bavon  et  livra  yceli  en  le  main  de  ses  anemis  mortels 
liquels  murdrirent  yceli  Colart ,  auquel  fait  li  dis  Jaqmin, 
fu  aydans  et  onnsortant  et  en  devoit  avoir  pour  ycelui  li- 
vrance  cent  florins  frans,  si  quon  dist  et  ainsi  lui  fu  impose 
quil  avoit  murdri  un  povre  home  en  le  duché  de  Braibant, 
dont  se  femequi  gisoit  dcnfans dedans  lerch  jour  (/efrojs/èwe 
jour)  ala  de  vie  à  trespassement.  Sour  lesquels  fais  à  lui  im- 
posé lidis  Jaqmin  de  se  boine  volenté  se  submist  en  toute 
cnquestc  et  furent  deux  jurés  et  lun  des  clercs  de  la  ville 
envoyé  faire  le  dite  enqueste  et  ycelle  enquesle  faite  et  par- 
faite, fu  trouvé  ledis  Jaqmin  ,  estre  coupable  des  fais  à  lui 
imputés  pour  lesquels  fais  et  pour  la  maise  renomée  dont  li 
dis  Jaqmin  esloit  yccloi  Jaqmin,  fu  condempné  et  justichié 
à  mort  de  telle  mort  que  de  Irainer  et  de  pendre.  Fait  par 
îasscns  des  Prévos  et  Juics,  le  X*  jour  de  janvier,  lan  mil 
CGC  LXXVlIl. 

Le  4^  jour  de  jni?i  de  l'an  1379. 

Jaqucmins  Duyelle  dit  Lehuq,  quon  dist  Ilugt,  fu  jusli- 
chics  de  enfouir  tout  vif  et  pour  oîiou  que  il  qui  esloit  bani;; 


—  207  — 

;i  tous  jours  pour  ses  démérites  esloit  revenus  en  le  ville  et 
iui  pooir  à  lout  art  et  sayellcs  et  en  vocllunt  ranchonncr  les 
boin  gens  de  Rumegnies. 

Fait  le  II II"  jour  de  juing  lan  LXXIX. 

Le  mercredi  20«  jour  (Voclobre  1379. 

Willcmsdc  Cuvillcrs,  bastarc,  fu  jusliebi(fs  de  pendre 
par  le  jugement  des  Prévos  et  Jurt^s  pour  ce  que  de  nuyt, 
entre  le  dimcnchc  et  le  lundi  préccdens ,  ledit  merquedi 
ainsi  que  le  dist  Willems  gisoit  en  une  cambre  en  lostel  du 
Heaume,  dehors  le  porte  des  Maux,  en  lequel  cambre  estoit 
bcrbergbiés  Thumas,  Thumas  des  Campons  de  Valenchien- 
nc,  marchant  de  pourceaux,  Jehan  Baqués  et  Ilanins  de 
S*-Amant,  ses  deux  varlet  avoecq  lesquels  ledit  Willes,  avoit 
soupe  ycelui  Willct  se  leva  de  scn  lit  et  desreuba  audit 
Jehan  JJaquet  que  il  prist  en  se  bourse  qui  pcndoit  à  se 
cotte  que  il  avoit  sur  sen  lit  YIII  gros  et  aussi  prist  et  embla 
audit  Ilanin  de  S^-Amant  en  se  laisse  une  pièce  dargent  delc 
valeur  de  demi  gros  ou  environ  et  XXXIII  florins  que  li  dis 
Willet  mucha  au  pcsach  du  lit  où  il  coukoit  et  largent  mist 
en  se  taissc  et  en  yceux  lieux  furent  retrouvés  les  florins  et 
gros  dessus  dis  si  comc  il  fu  tcsmoignés  et  affermé  contre 
ledit  Willct,  en  plaine  Halle,  par  les  sermcns  et  dépositions 
de  Jakc  îlakart,  hoote  dou  dit  hostel,  Andrieu  Renier,  le 
jone  de  Lille,  dcmorant  en  ycelle  hostel  et  Icsdit  Jehan 
Baquet  et  Ilanin  de  S'-Amant  qui  avoient  esté  as  XXXIII 
florins  et  Vlll  gios  dessus  décliircs  et  retrouvés  puis  les- 
quels ledit  Willes  avoit  rccogneu  et  confesse  qu'il  avoit  fait 
les  dis  larccliins  et  pareillement  le  recogncut  et  confessa 
ledit  Willet  de  se  volenté  sans  contrainte  par  dcvcns  les  dis 
Prcvos  et  Jurés  avant  son  jugement  et  après  fait  et  registre 
lan  et  le  morqncdi  dessus  dis. 


—  208  — 
Le  26^  jour  de  mai  J380. 

Willekin  Speleman,  foulons,  nés  de  le  ville  de  Gand,  pour 
chou  que  il  de  se  boine  volenté  sans  constrainte  austre, 
cognent  et  confessa  présent  pluiseurs  personnes  chi  apriés 
nomées  que  il  cspris  de  lart  de  l'ennemy  et  tout  embus 
[ayant  bu)  et  enyvrés  le  nuytié  précédente  avoil  oehis  et 
mis  à  mort  sans  cause  raisonnable  Pierre  Spelman,  son 
frère,  douquel  fait  courchiés  dolans  et  repentans  pour 
lequelle  recognissance  ainsi  faite  li  dis  Willekins  fu  par 
lassens  des  Prévos  et  Jurés  justiciés  à  mort  denfouyr  tout 
vif  corne  dit  est  dessus. 

A  lequelle  recognissance  faire  furent  présent  Jehan  Car- 
denier,  Jehan  Darras,  Jehan  Bertran,  Jake  de  Halluin  Jake 
de  Condet,  Liévin  de  Bury,  Dirlay  Henri,  varlet,  sire  Pierre 
le  Muysis,  Jaqs  Croquevillain,  Jake  Berre  de  Maquet. 

Le  10  de  juillet  de  Van  1380. 

Clayekin  de  Vos,  de  Bruges,  couvreur  de  blanq-cuir ,  fu 
justichiés  de  trainer  et  de  pendre  pour  ce  que  il  cognent 
avoir  ochis  et  mis  à  mort  en  le  ville  de  Lescluse,  Outars  de 
Wier  et  avoecq  ce  cognent  quil  avoit  aidiet  à  tuer  et  à  mour- 
drir  sour  les  fossés  à  S'-Quintin  en  Vermendois,  Monict 
Skevre,  avoecq  et  en  compagnie  de  Nissekin  de  Zaircs  et 
Jossekin  de  Lot ,  qui  en  riens  ne  li  estoicnt  de  sang  ne  de 
linage  et  lequel  fait  il  nya  et  depuis  il  le  recogneut  de  se 
boine  volenté  sans  force  et  sa  contrainte. 

Le  3*  jour  d'octobre  l'an  1380. 

Hanekin  dou  Kesne,  de  Broussielle,  fu  justiciés  de  pendre 
pour  ce  que  il  de  se  boine  volenté  sans  force  et  sans  cons- 
trainte, cognent  et  confessa  avoir  pris  et  emblé  en  le  ville 


—  20'J  — 

de  le  Couchie  Notre-Dame  ,  III  kevaux  et  fu  avoecq  lui  à 
faire  le  dit  larechin  ,  Hanekin  Fiorin  ,  Das,  manouvrier  , 
Jehan  de  la  Fayelle,  Bernard  Blayert  et  furent  ychii  (cr) 
queval,  rendu  à  ceulx  à  qui  il  estoient  est  assavoir  le  IP  en 
Tournay  et  le  tiercli  à  Gralmont.  Item  rccogneut  li  dis 
Hanekin  avoir  pris  et  emblé  au  dehors  de  le  ville  de  Lessinc, 
un  gris  queval  pumelct ,  lequel  estoit  à  Jehan  Ilazart  de 
Lessines,  et  fu  à  ycelui  queval  embler  uns  varlct  només 
Gillckins,  ne  scet  parler  dou  sonoms  (ne  set  dire  son  nom) 
et  fu  le  dit  queval  vendu  au  dit  Jehan  Hazart ,  parmi  le 
descove  quil  en  fist. 
Présens  les  Prévos  et  Jures  en  le  jusliche  de  Tournay. 

Ze  21^  jour  de  janvier  lan  1580. 

Jehans  Sartiaux ,  fils  de  feu  Jak  Sartiel ,  fu  justicié  de 
pendre  pour  ce  que  il  de  se  boine  volentc  cognent  et  con- 
fessa que  par  le  maise  et  fausse  incitation  et  maise  compa- 
gnie de  Jake  le  Monier  et  Hanekin  le  Monier ,  son  frère 
ménestrel ,  il  avoecq  Jehan  de  Bruges,  fiscnt  et  ont  fait 
pluseurs  larrechins.  Premiers  dist  et  cogneut  que  les  dis 
Jake  et  Hanekin  le  Monier,  Jehan  de  Bruges,  le  nuyt  que  li 
filie  Brisse  de  Bailli  se  maria  ,  alérent  à  le  maison  Jake  de 
Cannays  et  prirent  dorfaivrie  et  de  mercherie  ,  qui  bien 
valoient  le  some  de  XL  frans  lequel  larechin  ils  partirent 
entre  yaux  (eux)  IIII  et  les  acata  li  dis  Jehans  de  Bruges 
pour  moins  que  le  marchandise  ne  valoit  et  il  y  avoit  se  part 
avec  les  autres.  Item  cogneut  que  li  dis  3Ionicr  et  Jehan  de 
Bruges ,  emblcrent  à  le  maison  Jehan  des  camps  en  le  rue 
S'-Mai'tin,  des  merceries  etorfcvrics,  qui  valoit  bien  III  frans 
et  aussi  prisoient  un  coffret  où  il  avoit  argent  et  un  anici 
dargent  et  estic  {éloit)  lors  dcmoré  li  dis  Sartiaux  en  le  mai- 
son Jehan  de  Bruges,  avoecq  lamie  doudit  de  Bruges  et  là  fu 


—  210  — 

apporte  ledit  îarccliin  et  fu  \  celui  vendus  audit  de  Bruges  et 
en  eu  en  se  part  li  dit  Sartiaux  III  aniaux  dor  au  pris  de  IllI 
frans,  un  franc  de  Hainaut  et  XII  blans.  Item  il  cognent  que 
il  avoit  érable  en  le  lormerie  deux  paires  de  wantelet  et  un 
hracheler.  Item  dist  que  li  dit  3Ionier  ont  emblé  à  le  van- 
dercsse  à  le  maison  Jehan  des  Ilauron  des  hieres  lesquels  li 
dis  Sartiaux  aida  à  mignier.  Item  dist  que  il  ont  emblé  a  le 
maison  Lausson  en  le  chaingle.  Item  dist  que  li  dessus  dit 
Monier  et  il  emblérent  à  le  maison  Pippart,  pluscurs  drans 
doinc  et  de  famé  et  en  eu  en  se  part  une  cotte,  un  surcot 
de  famé  et  une  cauches  dôme.  Et  dist  par  fmier  que  il  em- 
blérent II  hanaps  de  madrc  en  le  maison  Pierre  de  Cordes. 

Le  14"  jour  de  juin  l'an  1580. 

Fu  justichiés  de  pendre  Sandrins  Delc  Fosse  de  Moussin 
[Mouchin)  et  pour  chou  que  il  recogneut  que  il  avoit  emblé 
a  le  maison  Jakmin  Galliot  à  Nedonchiel,  une  reube  de  feme 
longhe  de  sauwyne,  un  baisericl  de  feme  fourct.  et  une 
foururc  de  gros  vair. 

Le  25°  jour  d'avril  Van  1380. 

Fu  justichiés  de  pendre  lîcudequin  Warc,  tisscrant  de 
Roussclare,  et  pour  chou  que  il  cognut  de  se  boinc  voulenté 
avoir  pris  et  emblé  en  le  maison  Jehan  Goudemacquc,  son 
maistrc,  dcmourant  au  flok  S'-Jacques.  Une  cloque  doublée 
et  un  coffre  auquel  coffre  avoit  une  bourse,  où  il  y  avoit  un 
florin  de  XL  gros  XVI  heaumes  II  blans  et  XII  parisis  le 
])icce  et  XXIX  gros  de  Flandres  I  hanap  de  madrc  (éluin) 
et  un  godet  dargcnt.  Item  dist  et  cognent  que  il  cstoit  banis 
de  Flandres  et  come  hourricrs  vivans  de  feme  et  non  obstant 
te  il  nia  à  Cou; trai  et  prist  cl  cmbla  en  le  maison  Belle  Van 


—  241  — 

lîcrlc  Vil  ausncs  de  draps,  donl  il  eut  en  se  part  XXIIII  gros 
et  fil  iivocc  lui  jiarticipant  Colins  de  Bouliers.  TA  lui  nposla 
yccltii  Colins  XXIIII  gros  ne  sccl  où  il  les  prist. 

Le  21"  jour  de  juin  Can  1582. 

Fu  justiclîics  de  traîner  et  de  pendre  Johans  de  Ilierlaing, 
hastars  Ghcngons,  pour  les  fais  quil  congnctit  de  se  boine 
voulonlc  avoir  ftiit  qui  sont  chy  après  només.  Premiers  il 
congncut  que  il  avoit  eniblé  à  lîcm  en  Viermandois,  une 
paire  de  cauchcs.  A  saint  Quentin  en  Vermandois  une  colle 
que  il  viestc  {dont  il  se  vêtit).  Ilem  cognent  il  que  XII  an 
ou  environ  a  il  prist  et  embla  en  I  buffet,  fretlin  {bassin}., 
aniaux^  et  certains  wagcs  qui  bien  valoit  le  vaîlcur  de  H 
francs  cl  plus,  item  dist  que  il  a  fait  pluiscurs  larenchins  ù 
Laon,  à  Noyon,  à  Soissons  et  en  pluiscurs  autres  lieux.  Et 
ne  saroit  mie  dire  le  nombre  des  larenchins  que  il  a  fait. 
Item  dist  et  eogneut  que  V  mois  ou  environ  il  et  Florcqiiin, 
meurdrirent  un  marchant  de  froumages,  au  dehors  de  le 
ville  de  Valcnchienne,  à  le  fonlainc  quon  dist  a  lefonlaine 
Moulecon,  pour  lesquels  dessus  dis  fais  il  fu  justichiés  comc 
chi  dessus  est  devisé  [délibéré)  pour  {par)  lassens  des  Prcvos 
et  des  Jures. 

Ilem  le  dit  jour  fu  justiciés  de  pendre  Ernoul  Catel  dit 
Mégune,  jiour  les  larenchins  chi  apris  nomes,  que  il  de  se 
boine  volcntc  cognent  avoir  fait.  Premiers  à  Willaume 
Carel  de  Uouay,  une  cloque  qui  fu  vendue  IIII  francs.  Ilem 
à  le  maison  Martin  le  Borgne ,  une  cotte  et  I  cappon  quil 
vendit  III  francs.  Item  a  le  maison  Jaque  Dele  Cambe 
I  sceaux.  Item  il  congneut  que  il  eut  franq  et  demi  de  III 
francs  (lue  Hanekins  Herbert  avoit  pris  et  cmblé  au  buffet 
Jehan  de  Bourgongnc.  Item  emblat  il  un  homme  jeune  à 
Valenchicnne,  en  le  maison  Jehanne  Dorchies,  un  manliel 
(pli  fu  vendu  IIII  francs  el  en  eut  cescun  II  francs. 


—  212  — 

Item  le  dit  jour  fii  justiciés  de  pendre  Hanequin  Herbert 
dit  Qiialre-Saulx,  pour  les  larenchins  que  il  de  se  boine 
voulenlé  cogneut  avoir  fait.  Premiers  dist  et  cogneut  que  il 
avoit  pris  et  emblé  au  buffet  Jehan  de  Bourgogne,  III  francs 
dont  Ernoul  Catcl  avoit  eu  le  moitier  franc  et  demi.  Item  à 
le  maison  Piérart,  environ  I  franc  et  demi.  Item  à  pluiseurs 
tavernes  et  un  pluiseurs  lieux  jusques  à  la  valeur  de  XII  ou 
XIII  francs.  Item  en  le  maison  Jacques  Danclare  II  francs. 

Le  16"  jour  de  juillet  Van  1382. 

Confession  faite  par  Ilanin  le  Merchier  de  S'-Amand,  le 
XVI"  jour  de  jullet  lan  mil  CGC  IIII"  et  II  en  le  Halle  à 
Tournay.  présens  les  Prévos  et  Jurés  de  ycelle.  Sour  ce  que 
il  avoit  esté  accusés  par  Hanin  Estaffiller  et  Hanequin 
Leclercq  de  Tournay,  liquel  pour  leurs  déméi'ites  ont  esté 
justichiés  à  Amiens. 

Premiers  il  dist  que  de  piécha  il  a  esté  espié  de  pluiseurs 
reubcurs  et  meurdreurs  et  Bodwin  de  Lescaule  qui  a  esté 
justicié  à  Mortaigne.  Ilanin  le  Vignon  de  S'-Amand,  le  fin 
Dabcllc  de  Castiel ,  Willems  Pésin  qui  est  en  prison  en  le 
maison  Mons.  Levcsque,  Hanequin  Gourdin  de  Léchielle. 

Item  dist  que  environ  a  XV  jours  assez  pries  dou  Pon- 
chiel,  lei'mite,  il  les  deux  Gourdins  dessus  noinés,  Caisins 
trois  frères  et  les  autres  chi  dessus  nomes  meurdrirent  un 
lioTne  et  nen  eut  en  se  part  que  I  franc  et  fist  le  trayson,  le 
dis  Caisins.  Et  desreubèrent  le  dessus  nomé  viers  le  maite- 
rait  {métairie)  I  carcton  et  avoit  environ  XX  florins  sour  lui. 
Et  dist  que  le  dessus  nomé  viers  le  marait  desreubèrent  un 
home  qui  avoit  un  petit  quevalet  liquelc  avoit  III  frans  sur 
lui  et  y  a  un  mois  ou  environ  que  il  la  fot.  Et  dist^t  cogneut 
que  II  mois  ou  a  environ  il  dereubércnt  un  home  au  pont 
lermile,  liquel  navoit  que  environ  dcmy  franc.  liera  dcsrcu' 


—  215  — 

bcrcnt  doi»uis  II  houics  vicrs  le  manoir  dont  luu  avoitjin 
franc  et  huître  III  frans  et  se  tenoit  tous  les  ci-dessus  només 
en  ces  bos  de  saint  Aniand  et  là  environ  et  avoient  leurs 
(luapullcl  cnlorillez  sur  leurs  kies  pour  caulx  dcsconnois- 
trc  (I)  et  li  dis  Ilanins  aloit  devant  sour  les  quemins  cspyer 
les  gens  et  lui  faisaient  li  dessus  noinés  faire  par  force. 

Pour  lesquels  fais  dessus  dits  li  dis  Ilanins,  fu  cnfouys 
tout  vifs  par  lassens  des  Prévos  et  Jurés  ,  le  XXI  jours  de 
jullet  ensivant. 

Le  lundi  21"  jour  de  juillet  de  l'an  1382. 

Fu  justichiés  de  treincr  et  de  pendre  Raisins  Trois-frcrc. 
Et  pour  chou  quil  avoit  comis  les  fais  quil  de  boine  voulenlé 
congneut  avoir  fais  en  le  manière  quil  scnsuil  : 

Premiers  disl  et  cognent  que  XX  ans  a  ou  environ  ,  il 
avoecq  pluiscurs  autres  ses  complices  fu  esmouveur  de  com- 
mune en  le  ville  Darras  et  y  eut,  au  trouble  qui  par  lui  et 
ses  complices  fu  esmcus  pluiseurs  notables  personnes  occis 
et  mis  à  mort,  dont  pluiseurs  de  ses  complices,  furent  justi- 
chiés à  mort.  Item  dist  et  cognent  que  il  et  VI  compaignons 
avoecq  lui  Xllll  ans  a  ou  environ,  mourdrirent  II  homes 
desous  le  mont  Tournchcm ,  liquels  deux  homes  navoient 
que  VI  frans  sour  eaulx  et  en  fu  li  uns  justichiés  à  S'- 
Qucntin  en  Vcrmandois.  Item  dist  que  viers  Aire,  il  desrou- 
bérent  I  home  liquel  avoit  III  frans  sour  lui  et  y  a  III 
ans  ou  environ  que  ce  fu  fait  et  fu  avoecq  un  Robin  Robeil- 
lon,  demeurant  à  Cambray,  valet  de  taverne.  Et  dist  que  il 


(\)  Et  avoicnl  leurs  quapullct,  etc.,  ce  qui  signifie  :  qu'ils  ^voient 
Itîurs  capuchons  ou  couvrc-cliof,  eiifoiicés  sur  leurs  lôles  |>our  qo'oti 
ne  |Hii  pas  les  rcconnaîire. 

27 


—  1>14  — 

ombla  ci\le  coi;rl  tic  Gand,  V  ans  a  ou  environ,  I  godet  dar- 
gcnt  cl  le  vcndi  XXîlI  gros  à  Magne  Perce  de  Valenchicnne, 
et  a  cmWé  pliiseurs  pères  (paires)  de  solers  {souliers)  et  de 
cauchcs  en  le  ville  de  Tournay.  Et  dist  et  cognust  avoir  eni- 
blé  en  le  maison  Martin  Le  Poulletier,  une  escauve  [étoffe), 
contenant  XL  ausncs ,  liquclle  fu  vendu  I  franc  à  Douay. 
Item  rccognciit  que  il  fu  à  mourdrir  un  home  es  bos  de  saint 
Amand,  viers  le  pontLcrmitc,  et  furent  avoeeqlui  Ilcncquin 
Gourdin  de  le  Chiclle  et  Gourdinct,  Hanequin  Delccroix  et 
Willem  Pcsins  et  en  eu  li  dis  Cousins  en  se  partie  XX  frans 
cl  fu  li  fait  fais  V  sepmaines  à  ou  environ  à  heure  de  prime. 
Et  le  frappa  li  dis  Raisins  de  sen  couticl  en  Icgargaite  (gosier) 
cl  li  dis  Hanins  Delccroix  le  fcry  dun  dolcquin  (poignard) 
cl  depuis  li  copa  le  ncs.  llcm  fu  il  à  desrcubcr  un  povre 
home,  qui  mcnoit  une  carelte  et  en  eut  II  frans  en  se  part. 

Item  disî  et  cogncut  que  .\nsselet  de  Muscres  est  hourier 
public  à  notoire  et  aussi  est,  un  flamand  qui  porte  un  cor- 
net et  est  Ilavctte  Elance  sa  mie ,  Loyset  le  Jluscur ,  Hane- 
quin fil  de  le  fcme  qui  warde  le  femc  qui  dist  saint  Fremin 
Damiens,  et  est  sa  mie  Auquechon,le  fcme  de  Jaquemin 
bateur  de  laicon  est  hourrier,  sest  sa  mie  une  grande  Fran- 
choise  Jehanc  Boulette,  Willcmet  le  crctinier,  est  houries 
et  est  Lucquine  sa  mie,  Jaquemart  mucrt  de  soit,  cl  Beillotlc 
de  Bonducs  sa  mie,  Jaquemin  Brctiel,  .\udrues  qui  fu  vallcs 
dou  Bielfroy,  et  le  fil  Hautbos  sont  de  raaiscs  ronomés  et 
larenchins.  Et  le  petit  Begbe  et  Caudrelier  demourant  à 
Douay,  mainent  les  compaignons  des  villes  es  tavernes  et 
jucnl  à  culs  de  faulx  des  et  sont  houricrs  publiques. 

Item  dist  que  Mouton  Gengon,  est  léres  et  se  parti  de 
Tournay,  pour  le  mort  Mignue  à  Ilcrtaing.  Et  dist  que 
Jaquemin  Bretiaus  est  Icrcs  et  quil  emblc  aumuches  et  cou- 
linux  et  tout  ce  quil  puet  trouver  es  maisons  des  boincs  gens 
cl  est  de  celte  condicion  et  le  fi!  de  le  fcme  qui  warde  celle 


—  21o  — 

(]ui  (list  saint  Frcmin  Dainicns,  et  vont  cj  village  emblcr  ce 
que  il  puoieiit  trouver  es  maisons  et  est  de  leur  conipaignie 
Audrucs  qui  fu  vallcs  dou  Bclfroy. 

Item  dist  que  il  a  emblé  pluiscurs  fies  en  le  maison  Jaque- 
mart de  Rausenecli,  pluiseurs  vaissiaux  destain.  Et  dist  que 
uns  appiellé  Levaquier  qui  va  au  Follaix,  wardcr  les  wacques 
le  lospital  Nostre-Dame,  embla  en  le  maison  Colin  Moulle, 
nappes  coublcllées,  une  bouteille  et  une  paire  de  linchius 
que  il  embla  et  prist  en  scn  lit  à  lospital  Nostre-Dame  et 
demeure  à  Lille.  Item  dist  que  uns  appiclles  Esclameur, 
porteur  au  sacq  demourans  à  Lille,  embla  à  sen  hostel  à 
Lillch  le  Brouwctte,  une  escale  dargent. 

Le  22'  jour  de  jullet  1582. 

Lan  de  grâce  mil  CGC  XX  et  II,  le  XXII=  jour  de  jullet , 
fu  justichié^  de  traîner  et  de  pendre  Ilanckin  Dclecroix,  et 
pour  ce  que  il  eogneut  avoir  fait  les  dis  maléfices  qui  clii 
apries  sensu  iwcnt. 

Premiers  dist  et  eogneut  de  se  boine  voulenté  que  il  prist 
en  le  bourse  dun  home  viers  Orchies,  et  le  reuba  de  XXllII 
gros.  Item  dist  que  il  fu  a  un  home  qui  fu  murdris  au  bos 
de  S'-Amand,  et  fu  avoccq  luiGourdincseteneutensejiart 
Il  frans  et  y  sourvint  Kaisin  Troyfrcre,  Et  dist  que  il  fu  à 
déreuber  audit  bois  I  home  qui  alloit  à  î  Bastonchiel,  (meitu 
huiSy  fugol  ?)  et  en  eut  en  se  part  II  frans  et  un  autre  home  à 
Mande  dont  il  eut  dclc  main  Gourdin  de  Leschielle  II  frans. 

item  dist  que  Lepagc  Darras,  embla  à  Arras  en  le  maison 
Crusin,  vendeur  de  chiervcise,  une  escale  dargent  et  en  fu 
banis  dele  ville.  Et  dist  (jue  au  debast  qui  fa  au  raarquict, 
des  lisserans  archiers  contre  Lievin  de  Buii,  sergent  Gon- 
tier,  Corbaut  dist  que  on  le  navrast  et  mcist  en  péril  de 
mort  et  que  cescun  scroit  quilc  G.  B.  S.  Et  y  fu  Mortaignr 
li  Pcti>.   Jehan  Deleval,  Jake  Picrfont,  et  pluiseurs  autres. 


—  i>lG  — 
Lu  15  septembre  l'an  1582. 

Fu  justichiës  de  pendre  Pôles  Descamps ,  et  pour  les 
larenchins  que  il  de  se  boinc  voulenté  cognent  avoir  fait. 

Premiers  dist  et  cognent  que  il  a  demouré  en  le  maison 
Mahieu  à  Holaing,  ouquel  lieu  il  a  pris  et  emblé  III  havos(l) 
de  bled  lesquels  il  vendi  à  une  femc  nomée  Lesouppc-en- 
Botte,  demourant  à  Ilollaing.  Item  dist  que  il  en  prist  en  le 
maison  doudit  Mahieu  qui  estoit  en  un  tonielrelloir  (2). 
Itéra  dist  que  en  le  première  semaine  daoust  il  ala  en  le 
maison  Jehane  Barette  de  Esplechin  et  prist  audit  lieu  une 
coroie  estoffée  dargent,  une  bourse  et  une  patcnostre  les- 
quelles coses  il  vendi  III  francs  et  aussi  il  embîa  et  prist 
XIIII  francs  quil  trouva  en  une  boiste.  Item  dist  et  cogncut 
que  le  nuyt  davant  delc  décollacion  S'-Jehan,  il  vint  de 
nuyt  en  le  maison  dou  dit  Mahieu  Caretle,  dessus  dit  à 
HoUaing  et  brisa  une  escaule  de  kevaux,  prist  un  gris  keval 
et  le  vendi  à  Amiens,  à  un  home  Darras,  appicllé  Pierre  de 
RoUecourt,  XII  francs  et  quil  en  valoit  bien  XXX  et  plus. 

Le  2S^  jour  de  décembre  l'an  1582. 

Fu  justichiës  par  lassens  des  Prcvos  et  Jurés  de  trainer  et 
de  pendre  Hanequin  Gadiffîer  et  pour  ce  que  il  de  sa  bonne 
voulenté  dist  cogneut  et  confessa  ce  que  chy  après  senvuit. 

Premiers  dist  li   dis  Ilancquins  ,  que  vérités  fu  que  le 


(1)  Le  havol  élait  une  ancienne  mesure  dont  ou  se  servait  le  plus 
ordinairement  pour  le  grain  ;  on  employa  aussi  quelquefois  ce  mot 
pour  désigner  une  certaine  étendue  de  terre. 

(2)  Tonielrelloir.  Ce  mot  signifie  tonneau  relié ,  cordé  et  s'em- 
ployait pour  les  petits  barils  cercles  de  fer. 


XXVI*  jour  de  dcceiiibio  laii  dessus  dis  Cohirs  (î.iiuliliioi's, 
ses  cousins  gormaiiis  ,  lui  {)riast  que  ii  veuist  à  le  pnrlc 
Daubégny  et  en  ce  lieu  le  atcndisl  lii[uelsà  sa  rcquesto  viiit 
à  le  kanie  (chaine)  deics  [dehorti)  le  dicte  porte  Daubigny  et 
atendist  son  dit  cousin  jusquaiî  premier  wignoron.  Et  puisscti 
alércnt  tous  deux  ensamblc  en  loi'de  ruyel!e(l)  et  abuska 
{frappa)  li  dis  Colars  al  luiis  (à  la  ]>orle)  de  A'.ips  de  Jfarli- 
mont,  la(iuel!c  demanda  et  dist  :  «  Q;ii  este  la?  »  Liquct 
Colax's  respondist  «  amis  est  »  et  sour  celé  dilte  Aelipseouvry 
son  huis  et  entrèrent  en  leditîe  maison  et  continent  ychius 
Colars  dist  que  il  avoit  cune  saquoy  perdu  au  dehors  de 
cliuis  de  le  ditte  Aelipe,  laquelle  Aelips  espérant  que  il  deist 
[disait)  vérité  prist  un  tison  animé  ou  feu  cl  ouvry  scn  huis 
arriére  en  lui  abaissant  pour  veir  se  elle  poroit  trover  ce  q*.;e 
le  dit  Colart  disoit  avoir  perdu,  et  incontinent  le  dit  {^Itdars 
féry  le  ditte  Aclii)s  dune  petite  maquoicttc  [uinssue)  au  kici 
et  le  abati  par  terre  et  le  cchist  et  puis  ala  en  le  cambre  dclc 
ditte  Aelips  et  prist  une  grande  kantitc  de  îiourins  et  de 
paiement  dont  ledit  Hancquin  dcvoit  avoir  en  se  porte  Ili 
frans.  Dist  foultrc  le  dit  Ilanequin  ,  que  ce  fait,  il  se  par- 
tirent de  le  ditte  maison  ensamblc  et  en  ala  ledit  liancquin. 
en  le  rue  Caudicl  et  li  autre  en  ala  ne  scct  où  disant  qiïc  le 
lendemain  il  donroit  audit  Hanequin,  se  part  dou  dit  or  et 
argent  ou  au  moins  les  III  frans  (jue  il  lui  avoit  promis  et 
sour'yecllc  rccognaissance  fu  ledit  Hr.nequin  justicics  et  en 
outre  .congneut  avoir  fait  et  emporté  le  cloque  de  le  ditto 
feme  quant  le  meurdre  fu  fait. 


(I)  L'orde  rucUc  était  une  petite  rue  de  Tournai  commençant  à 
l'angle  de  la  rue  du  Dccqiicrcl  oh  l'on  a  dt-pois  construit  un  bâtiment 
en.lCOl,  éiuKjuo  on  elle  fut  siipprimco,  cl  elle  allait  aboutir  à  h 
croix  (Je  !a  rue  des  J.irdiiis. 


—  ^218  — 
L^  2U=   '}our  de  décembre  de  r«/<  1582. 

Soiir  ce  que  Jelianc  Desclaron  ,  fcrac  Henri  Dalemaignc, 
[MV  pluiscui's  fois  pour  ordc  vie  de  Ilourie  et  de  Ribaudisc, 
a  eslé  banie  de  le  ville  et  cité  de  Tournay  et  depuis  icelle 
Jchanc,  en  continuant  en  sa  mauvaise  vie,  sestoit  intruise 
on  icelle  ville  de  Tournay  et  en  pluiseurs  autres  villes visincs 
de  faire  pluiseurs  fais  touchant  sortilège  et  aussi  pluiseurs 
machinacions  et  adevinemcns  {le  métier  de  devin)  en  faisant 
abuser  le  peuple  et  par  expérience  de  mettre  un  capiel 
déveieque  {cliapeaii  d'évêqiie)  sur  le  kicf  {la  tête)  de  le  femc 
Lotart  Passentarte,  qui  est  boin  marchant,  à  ycclle  boine 
domisicUe  et  prcnde  fcmc,  maintenant  {assurant)  que  par 
ycclui  cappicl  mettre  sur  le  kief  dele  ditte  feme  Jehans  de 
saint  Génois,  qui  longuement  avoit  langhy  cl  lequel  estoit 
lors  ensorsere  {ensorcelé)  si  que  elledisoitscroit  waris  {guéri) 
et  non  obstant  icelui  fait  le  dit  de  saint  Génois,  aprics  ledit 
capiel,  mis  sur  le  kicf  dclc  dittc  femc  Lotart  Passentaz'tc, 
devant  lierch  jour  ala  de  vie  à  Irespasscmcnt  et  dont  plui- 
seurs comptes  et  inconvcnicns  se  sont  cnsivis  et  apparans  de 
venir  en  la  ville  de  Tournay  pour  lesquels  fais  et  mau- 
vaises rcnomées  dont  ladite  Jehane  csloit  et  avoit  este  en 
ladite  ville  de  Tournay,  et  aussi  au  pays  environ  tant  à  acom- 
pagnier  les  anemis  et  banis  dcle  ville  de  Tournay  cl  aussy 
du  royaume  de  France,  3  celle  Jehane  fu  kuquiée  {criée)  et 
appclléc  soufTisament  pour  les  fais  dessus  dis  par  llll  jour- 
nées cl  par  certaines  inlervales  et  ycelle  contumassyc  par 
llll  deffaulx,  fu  banie  à  toujours  de  la  dicte  ville,  sans  raj»- 
{)icl.  Et  depuis  le  dis  ban  qui  est  criminel  selon  la  loy  et 
usage  de  la  ville  ycclle  Jcbane  en  persévérant  en  sa  mau- 
vaisetie  en  complion  {mépris)  et  vitupère  de  justice  et  de  la 
jurisdiclion  dicellc  revint  sans  licenssc  do  justice  en  ycclle 
ville. 


—  :>1!»  — 

Pour  losqucl\  fais  et  bans  dessus  dis  iccHo  Jehiinc,  Ai 
jugicc  et  justicié  par  assens  de  jurés  de  tel  mort  que  de 
enfouyr  toute  vive  tant  que  elle  fuisf  morte.  Fait  le  XXIX«= 
jour  de  décembre  lan  mil  CGC  IIII"  et  deux. 

Le  5'=  jour  de  septembre  de  l'an  1583. 

Fu  justicbiés  de  le  teste  copper  en  plain  marcliiet  à  Tour- 
nay,  Lievin  dau  Bos  de  Gbistielle  (1)  et  pour  ce  que  il  de  se 
boinc  voulcnté  sans  force  ne  conslrainle  aucune  cogucul  et 
confessa  en  jugement  et  présens  Ernoul  de  Ilestes.  >yillaumc 
le  Redois.  Thiery  Daubermont,  Pierarl  de  Haynnau,  Jnque- 
min  Lecarlier,  Jelian  Mauleu,  Jeban  dou  Parcq  de  Surmont, 
avoir  fait  et  perpétré  les  fais  qui  chi  ajiries  scnsuivent  : 

Premiers  il  cogneut  et  confessa  que  il  avoit  emblé  à  Jehan 
Lestrelin,  févre  {fabricant  en  mêlai),  dcmourant  à  Tournay, 
VII  sous  VI  deniers  de  gros.  Item  cogneut  que  il  fit  avocc 
Phelippe  Dartevelte  et  de  sa  partie  au  jour  de  le  bataille  que 
ledit  Phelippe  fu  dcsconins  par  le  Roy  notre  Syre.  Et  oultre 
confessa  que  il  avoit  le  croix  vermaillc ,  corne  avoit  le  dit 
Phelippe  et  ses  gens  et  que  après  le  bataille  il  senfuit  et  vint 
à  Lille  et  saqua  (/effa)  sa  croix  jus  et  puis  advint  à  Tournay. 
Item  il  cogneut  avoir  emblé  avoecq  II  bouviers  de  Wergnv 
quil  ne  scet  nomer  en  le  ville  Dyppre  II  escales  (coupes) 
dargcnt  dont  il  heut  en  se  part  I  florin  de  XLIIII  gros  et  au 
dehors  Dyppres  I  mantiel  et  une  cotte  de  drap.  Item  cogneut 
avoir  emblé  en  le  ville  Dyppre  une  cotte  de  fier.  Item  dist 


(1)  Lievin  Doubos  de  GLislelle  condamné  à  avoir  la  iCle  coupée  on 
plein  marché  de  Tournai,  pour  avoir  combaUu  le  Roy  sous  PLilippe 
Dartevelde  cl  commis  plusieurs  déprédations. 


—  220  — 

(  l  cognent  II  iiis  Licvin  ,  prcscnt  Colart  Moule  cl  Jehan 
Poussid  (juc  il,  lUnior  de  Duklc  fcvrc  Dyj)prc ,  Jehan 
MoricI  capitaine  dos  fcves  Dypprc,  Paucouque  Foulon  , 
Gérard  de  Brucr  fcvrc  Dyppre.  Picrart  le  Fcvrc  de  Com- 
mincs.  Jehan  De  Smet  févrc,  demourant  à  Comincs,  furent 
avoecq  PhclippcDarlevclde,  au  Pont  àCoraminesà  Icncontre 
dou  Roy  nostre,  quand  il  vvagna  {gagna)  ledit  pont. 

Pour  lesquels  fais  dessus  dis  li  dis  Liévin,  fu  exécutée  par 
las.-cns  des  Prévos  et  Jures  lan  et  III«  jour  de  septembre 
dessus  dis. 

Le  4''  jour  de  irovenibrc  /'a«  13Sô. 

Fu  justichics  de  pendre  Hancquin  Delezielles  de  Bizics. 
Et  pour  ce  que  il  de  se  boine  voulenlé  sans  ecnstraintc 
cognent  et  confessa  :  Prcsens.  Jehan  de  Solcnghion,  Jehan 
(le  Biaulicu ,  Ghillebert  Lcgront,  Jehan  de  Lomé,  Jehan 
Lccomblc  et  Jakc-à-le-Plice  que  il  meut  de  convoitise,  cmbla 
à  le  maison  ledit  Jehan  de  Lomé,  I  franc,  une  maille  dor, 
LX  gi'os,  XXVllî  gros  et  XVI  gros.  Et  aussi  cognent  que  un 
an  a  ou  environ,  il  embîa  en  le  maison  Jehan  Delcvaqucrie 
(!c  Lille,  une  grise  ïluppelande  fource  daigncaux  liquelle  il 
vcndi  XXII  gros  et  un  diamant  lequel  il  vendi  et  aussi 
cogueut  avoir  cmblé  par  plulscurs  fois  à  Pierre  Li  Muisis, 
son  maistrc,  jusqu'à  XL  gros  ou  environ.  Et  fu  faite  l'exécu- 
tion par  asscns  des  Prcvos  et  Jures  l'an  et  IIII^  jour  de 
novembre  par  dessus  dis. 

Le  y  jour  de  juin  l'an  iôS'i. 

Fu  justichics  de  j)cndrc  Jehan  des  Prêts  foulon,  dele 
ville  de  Audenardc.  Et  pour  ce  que  il  de  se  boinc  voiilenlo 


—  221  — 

sans  constraintc  aucune,  cognent  avoir  pris  et  emblc  I  far- 
diel  de  toillc  qui  cstoit  à  Jehan  Lcfévrc,  dcniourant  à  Ma- 
ricourt,  et  avoit  audit  fardiel  LXX  ausncs  en  une  pièce,  et 
en  une  autre  pièce  XXVII  ausncs,  et  en  une  autre  pièce  XX 
ausnes. 

Le  i9*joiir  de  janvier  1584.  {V.  s.  et  1585  n.  slyle.) 

Fut  juslichics  dardoir  Lotrars  Fiévcs,  batcur  al  arket,  né 
dcle  ville  de  Vczon,  et  pour  ce  que  il  de  se  boine  volenté 
sans  constrainte,  en  jugement  présent  les  Prévos  et  Jurés  et 
les  tesmoings,  chi  apries  només,  cognent  et  confessa  avoir 
fait  les  fais  chi  après  només,  et  en  le  manière  qui  sensuient  : 
«  Lottart  Fièvet,  bateur  à  larket,  né  de  Vczon  en  Haynaut, 
vendeur  de  chiervoise  [bicrre  de  l'époque)  à  cogncu  et  con- 
fessé, présent  les  Jurés  que  il  environ  a  X  ans,  lui  estant 
pour  lors  et  demorans  en  la  ville  de  Maubcuge  par  le  temp- 
tacion  dcl  anemy,  commis  crime  contre  nature  et  I  enfant 
laceusa  par  deviers  justice,  pour  lequel  meifait  il  fu  pris  et 
mis  à  question  et  punis  par  le  feu.  comme  il  paroit  en  sen 
corps.  Item  il  cognent  que  environ  a  III  ans,  il  continua  sa 
mauvaise  vie  et  fu  pour  lesquels  fais  dessus  dits  li  dit  Lotars 
exécutés  dardoir  par  lasscns  des  Prévos  et  Jurés. 

Et  fu  à  la  dicte  recognaissance  faire  Jakues  de  Raucourt, 
Ernoul  de  Hestes,  Jaques  de  Crespin,  Jakc  Ajeule,  Jake 
Museur,  Walter  de  Blandin,  Jehan  Delevingnc,  Pierre  dele 
Motte  et  Lotars  de  Lausnoit. 


28 


—  222  

COiNDAMNATIONS   A   MORT 

DANS    LA    VILLE    DE    TOURNAI. 

Exlraites  du  tome  huitième  des  registres  de  la  loi. 

Personnes  juslichiés  pour  leurs  démérites  depuis  le  premier 
jour  de  juing  lan  iZSJ^t  jusquau  septième  jour  en  octobre 
1393. 

Le  XII«  jour  daoust  lan  mil  CGC  IIII  XX  et  IV ,  fii  jusli- 
chiés de  trainer  et  de  pendre  Hanckins  Roussclet  dit  le 
Béghe,  dempries  [d'auprès  de)  Béthume.  Et  pour  ce  que  il 
de  se  boine  voulenté  sans  foi'ce  et  sans  constrainte  congneut 
et  confessa,  présens  les  tcsmoings  chy  après  només  que  il 
avoit  fait  les  fais  (jui  sensuient  : 

Premiers  que  il  fu  à  murdrir  un  home  II  ans  et  demi  à 
ou  environ  entre  Condet  et  Valenchienes,  et  fu  avoecq  luy 
Ausseles  li  Musercs ,  de  quoy  il  eut  en  se  part  IIII  francs  et 
VII  eswilleles. 

Item  dist  que  il  fu  à  Compiengne  III  ans  eut  en  quaresmc, 
et  là  prist  en  le  laisse  [bourse)  de  un  juys  (juif)  appiellé 
Vivyen,  et  cmbla  V  francs. 

Item  dist  que  au  temps  dclors  [qti'aloi's)  il  murdry  un 
home  es  bos  de  Compiengne ,  dont  il  eut  en  se  part  deux 
francs  et  demy.  Et  fu  avoecq  luy ,  Malarc  Tissier ,  monier 
de  Waille  dit  petit  Mouner,  dont  chascun  lui  donna  un  cop 
(coup) . 

Item  dist  que  trois  sepmaines  a  ou  environ ,  il  murdry 
un  home  vicrs  Baisieu  ,  dont  il  eut  II  mailles  dor  et  VI 
stoçtres  (?)  et  le  tua  dun  baselare.  Lequel  il  traîna  en  uns 
blés  dencostre  (prés)  le  fossé  Marcrh. 


—  223  — 

Ilcm  dist  ([uc  il  dcsreuba  une  fcmc  au  Los  de  Breuse  de 
XVIII  gros  ou  environ  III  scpmaincs  a  cl  le  laissa  à  raurdrir 
parceque  elle  esloit  enchainle.  Item  dist  que  Wiltequin 
Pietrcquin  qui  fu  prendre  mestre  Gossuin  le  Sauvage  sont 
audit  bos. 

Item  dist  que  Hanequins  de  Monstruel ,  porteur  au  sacq , 
espioit  audit  bos  avoccq  ledit  Ilanequin.  Et  furent  à  ces 
recognissances  faire,  Bruiant  Dcscauffours,  Jehan  Cabet, 
J.  Hancque,  Jehan  Darras,  Dctticn,  Martin  Saussc,  Jehan 
Musart.  Fait  par  lassens  etc. 

Le  4  janvier  1585.  [Nouv.  style). 

Le  III^  jour  de  janvier   lan  rail  CGC  II1I«  XX  et  IIII , 

fu  justichics  de  pendre  Mahieux  li  Viaux,  Daubegies,  de  pour 
ce  que ,  il  de  se  boinc  volcnté  et  sans  constraintc  cognent 
et  confessa ,  présens  les  Prëvos  et  Jures  et  par  devant  Jehan 
le  Brennier ,  canonnier,  Willaume  Leclercq,  Colart  de  Tielt, 
Colart  de  Sainthome ,  cordcwanier  et  Jehan  Musart,  que 
devant  un  peu  le  Noël ,  ne  scct  du  jour  certainement  Jaque- 
mars  li  Viaux  ses  [son]  cousin  le  vint  querre  [chercher)  en  se 
maison  abbaye  et  luy  dist  que  il  voloit  aller  al  escrienc,  et 
sur  ce  partirent  ensemble  et  en  alérent  à  Willaupuch,  et 
sadi'cchicrcnt  al  église  dycellc  ville  et  dist  li  dist  Jaquemavs 
audit  Maliicu  le  Viel,  que  il  avoil  mcstier  [besoin)  dargent  pour 
chevaux  que  il  avoit  acatcz  et  que  il  yroit  querre  aucuns 
joyaux  en  le  dittc  église.  Et  sur  ce  li  dis  Mahieus  li  Viaux.  à 
le  requestre  et  pryère  doudil  Jacquemart  le  Viel ,  fisl  le 
crupetre  audis  Jaquemart  tant  que  il  heut  de  une  maque 
[bâton)  brisié  une  verrière  deic  ditte  église  et  que  il  fust, 
entrés  en  icclle  église.  En  laquelle  église  ledit  Jaquemars 
prist  et  embla  un  calissc  dargent ,  le  plaline  et  le  louchetlc 
dargent  et  le  saquelet  de  toile  où  ledit  calissc,  platine  et 
louchéle  cstoicnt. 


—  224  — 

Le  jour  S.  Thumas  devant  Nocl,  ensivant  li  dis  Jaque- 
mars  li  vieux  et  li  dis  Mahicu  li  vieux ,  vinrent  en  le  maison 
Nicaise  le  Viel  à  Willaupuch,  et  délivra  lidis  Jacqucmars 
audit  Mahieu  pour  se  part  dou  dit  larcncliin  le  pied  doudit 
calisse,  le  tuyel  et  le  sacq  de  toile  lequel  il  aporta  à  Tornay, 
etfu  pris  atout  et  li  dis  Jaqueraars  eut  le  couppe  d'argent  le 
platine  et  le  loucliettc. 

Pour  lequelle  recognaissance  faicte  par  ledis  Mahieu 
avoecq  ce  que  il  estoit  renomez  davoir  fait  pluiscurs  autres 
larcnchins ,  li  dis  Mahieu  fu  justichiés  par  lassens  des  Pré- 
vos  et  Jurés  l'an  et  IV°  jour  de  janvier  dessusdit  et  lequel 
piet,  tuyel ,  punnel  et  le  saquelct  de  toile  fu  délivrés  à  Syrc 
Nicole  Aignelet,  prestre  du  Doyen  de  S'-Brixe. 

Le  23  Juin  de  l'an  1384. 

Coppin  Laures  fu  justiciés  de  pendre  par  asscns  de  nous 
Prcvos  et  Jurés  pour  ce  que  il  eut  este  pris  et  arrcstés  par 
nos  scrgens  et  amenés  en  jugement  par  devant  nous.  Co- 
gnent et  confessa  de  se  bonne  volenté  que  le  XXII*  jour  de 
Mardi  lan  mil  CGC.  IIIl  XX  et  IIII  temptc  de  lart  dcl  ancmy 
rompy  le  coffre  de  le  mesquine  de  ung  sien  maistre  deraou- 
rant  à  Lille,  dou  nom  nest  rescors  {se  souvenant)  par  ce  que 
petit  temps  avoit  demouré  en  sa  maison.  Auquel  coffre,  il 
prist  et  cmbla  pluiscurs  mailles  dor  et  autres  pièces  de 
monnaies  avoecq  pluiscurs  aniaux  {anneaux^  bagues)  et 
afliqucs  [parure)  dargcnt  dont  de  partie  d'iceluy  argent  il 
accata  deux  nouviaux  juppons  de  fustanc  en  la  ville  de  Tour- 
nay  lendemain  ensivant ,  et  les  avoit  vcstis  quant  il  fu  pris 
et  arrestés  de  nos  dis  scrgens. 

Et  se  confessa  il  par  avant  ledit  jugement  assis  contre 
lui,  en  la  présence  de  Martin  Saussc ,  Jehan  Sausse,  son  fils, 
Mahiu  as  Bues,  Jehan  Musart  et  pluiscurs  autres.  Et  après 


—  225  — 

ledit  jugement  prononcliié,  reeogncul  de  icchier  ledit  Copin 
les  C0ZC3  dessusdictes,  par  devant  le  peuple  assistant  audit 
jugement  prononchics.  Fait  le  XXII1«  jour  dudit  mois  lan 
dessusdit  et  furent  les  piéches  dor  et  dargcnt  telles  est 

assavoir  :  I  noble  dor,  Ifranq,  VllI  mailles  dor,  deux , 

IIII  cstrelins  Dangletcrre,  XXIII  gros  de  Flandre,  une  dou- 
zaine de  boutonchiaus  d'argent ,  VII  aniaus  dargent  et  III 
frcmailles  dargent. 

Le  19  de  janvier  de  l'an  1585. 

Sour  ce  que  Lottars  Froumages,  maistre  bourgeois,  sestoit 
complains  à  nous  Prévos  et  Jurés  dcssusdis,  le  mardi  1X« 
jour  de  janvier  lan  mil  CGC  IIII  XX  et  chiunq.  Lui  avoit 
este  pris  et  emblé  en  sa  caisse  dedans  sa  chambre  où  il  cou- 
clioit  de  nuyt,  certaine  qucnlité  de  flourins  et  de  blanques 
monnois  en  lestiraation  de  VIII  ou  IX 1. 1.  on  environ,  et  en 
un  bourscl  et  qui  lui  fu  esragiée  hors  delà  dilte  caisse,  envi- 
ron XXIII  flourins  dor  de  pluiseurs  monnoies.  Duquel 
larenchin  avoir  fait  il  souspcchonnoit  Ghille  Burissielle  ,  sa 
mesquine,  pour  raison  de  ce  que  quant  elle  aloit  couchier 
toutes  les  nuys  en  sa  chambre,  elle  passoit  parmy  la  cham- 
bre de  son  maistre.  En  lequel  nuytié  {niiil)  il  mist  sa  dicte 
caisse  sur  son  lit,  cl  lendemain  au  matin  treuva  ses  dicts 
flourins  et  argent  ostés  et  emblcs  hors  de  sa  ditte  caisse. 
Pour  lequel  soupcchon  la  ditte  Ghille  eust  esté  prist  et  ame- 
née en  jugement  par  devant  nous.  Et  contre  elle  eut  le  Pro- 
cureur de  la  ditte  ville ,  à  cause  doflicc  ppose  le  larenchin 
dessus  dit  être  fait  par  elle,  concluant  adfin  que  se  ce  voloit 
confesser  ou  au  moins  que  elle  Icust  cogneu  et  confesse 
avoir  fait,  et  ledit  or  ou  argent  avoir  aprins  (prit)  en  un 
drapclet  et  iceluy  avoir  baillé  à  un  appicllé  Jaquemart 
Daudcmoriel,  qui  cstoil  son  amy  et  pour  avoir  pris  leditte 


—  226  — 

caisse  sur  le  lit  de  son  dit  maistre  et  porté  en  sa  chambre  et 
lendemain  au  matin  rapporté  sur  le  lit  de  son  dit  maistre , 
elle  cognisteroit  (reconnaitrail)  vérité  et  pour  ce  devrait 
estre  condamnée  ce  comme  de  estre  cnfouye  toute  vive ,  et 
se  elle  le  nyoit  le  procureur  en  prouveroit  tant  que  souflire 
dcvroit.  Et  pour  ce  fu  par  nous  requis  et  demandé  à  la  dilte 
Gliiiie  :  se  le  dit  larencliin  elle  avoit  fait,  et  ycelui  recogneut 
avoir  fait  par  le  manière  que  ledit  procureur  lui  imposoit, 
laquelle  dist  que  par  le  temptacion  dcl  ancmy  ,  elle  avoit 
pris  certaine  quentité  de  blanck  argent  en  la  caisse  de  son 
dit  maistre  et  mis  en  un  drapelet  et  ycelui  giété  (jellé) ,  en 
le  nécessaire  ou  privée  delà  ditte  maison,  et  plus  ne  volt 
cognoistre  lors  et  à  celle  cause  a  conviés  ledit  procureur  à 
monstrer  ces  faits  par  lui  proposés  (avctficés),  sy  faisant  ad- 
journer  à  sa  requestre  au  venredi  XIX*  jour  de  janvier  lan 
dessusdit.  Jan  Danthoing,  Martin  Sausse,  Katrine  Haquette 
sa  feme  ,  Jehan  Jaussc ,  Jehan  Musart,  Mahieu  as  Buefs,  Le 
Gieret  de  Tournay  et  Katrine  de  Baudreghien.  Par  lesquels 
ledit  procureur  entendit  à  monstrer  ses  fais  et  aussi  comment 
la  dittc  Ghille  à  laquelle  il  fu  demandé  se  contre  les  dis  tes- 
moings  elle  voloit  baillier  aucune  réponse  :  laquelle  a 
adjoulé  que  non  et  quelle  les  tenoit  pour  boincs  personnes, 
et  bonn  gens  et  contre  eux  ne  savoit  que  dire  ou  reprochier. 
Présens  et  appelles  h  ce  par  nous  Andrin  Bandes,  pcletier, 
Mikicl  de  Ilolaing,  machon,  Jehan  Ilanoque  fil  de  feu  Jaque 
cl  Jehan  Pinchon.  Et  après  ce  et  axaminasion  par  serinens, 
les  dessus  només  tesmoings  déposèrent  que  le  XV*  jour  dou 
dit  mois  de  janvier  il  furent  présent  au  conjuré  où  laditte 
Ghille,  qui  lors  estoit  nostre  prisonnière,  cogneut  et  confessa 
quelle  avoit  prise  le  caisse  dudit  Lotart,  sen  maistre,  cl  em- 
porté en  sa  chambre  et  là  prisl  et  csraga  I  boursselot  et  cer- 
taine quantité  de  blank  paiement,  et  le  mist  en  son  sain  et 
rapporta  leditte  caisse  sur  le  lit  de  son  dit  maistre,  et  après 


227  

ce,  son  ala  vicrs  le  porte  de  Camfain;;;  et  entre  ycelle  porte  et 
le  maison  Jehan  de  Monpinchon  lèvre,  bailla  à  Jaqucmiii 
Daudemeriel  le  dis  argent,  mais  ncdéclara  mie  quel  nombre, 
forstant  (excepté)  que  elle  dist  que  il  en  avoit  eut  une 
grande  puignié  et  que  en  tout  avoit  bien  le  valeur  de  deux 
flourins  au  plus.  Et  après  ce  que  nous  eusracs  oys  (oui)  et 
examiné  lesdits  tesmoings  corne  dit  est,  la  ditte  Ghille  pré- 
sens, yceux  tesmoings  et  présent  Jaquemart  Legruc  et  In- 
glart  Faugc,  goudalier  [cabaretier)  lesquels  avoient  souppé 
avoecq  le  dit  Lottart  en  sa  maison  le  dit  lundi  an  soir ,  dont 
le  lendemain  le  dit  argent  fu  perdu  sen  rapporta  au  serment 
et  en  la  concience  du  dit  Lottart  del  cxtimacion  et  qucntité 
de  lor  et  argent  que  le  dit  Lotart  avoit  en  sa  caisse  au  temps 
de  la  dicte  perte,  lequel  Lotart  affirma  par  son  serment  que 
avait  en  se  ditte  caisse  etc.,  et  que  ledit  bourselet  étoit  plains 
de  florins  et  sa  caisse  si  plaine  de  blanque  monnaie  que  à 

peine  le  pooit  {pouvait)  il  clore Veu  les  confessions 

faites  par  la  ditte  Ghille,  nous  le  {la)  condamnons  par  nostre 
jugement  à  mort  de  tel  mort  que  de  estrc  enfouye  toute 
vive.  Lequel  jugement  fu  fais  et  exécuté  lan  et  jour  dessus 
dits. 

Le  21  (le  mars  158a. 

Sour  ce  que  le  mardi  XX»  jour  de  march  lan  mil  CGC 
IIII  XX  et  chiunq  debas  et  comptens  se  fuist  meus,  en  le 
riez  Camion  au  dehors  de  le  porte  Kokcriel ,  entre  Hubin 
Casteler  de  Valenchiennes ,  tisserant  de  toiles  dune  part  et 
Hanekin  Seghart,  potier  de  lierre  de  ladite  ville  de  Valen- 
ciennes  dautre  part.  Et  tant  se  multepliast  que  après  ce  que 
ledit  Hubin  non  comptant  de  ce ,  saqua  {tirra)  un  coutiel  de 
se  waine  {g'aine)  pour  férir  ycelui  Seghart  et  leust  lors  féru 
se  ne  fust  Pierre  Lclievre,  dcmorant  au  markct  as  vaques 
en  ladite  ville,  qui  y  sourvint ,  lequel  ne  fu  mie  si  fort  que 


—   228  — 

pour  tenir  le  dis  Hubin,  mais  se  hosla  le  dis  Hubin  de  lui  et 
incontinent  ycelui  Hubin  de  son  dit  coutiel  férv  le  dit 
Scgart  en  le  mamiclle  dont  il  morut  sur  le  place,  et  si  corne 
parle  déposicion  dudit  Pierre  Lclievre,  Marie  de  Maziéres, 
Maigne  Renoulle ,  Jehanne  de  Dieppe ,  Malligne  le  Nor- 
mande et  Jehan  Danvaing  nous  apparu.  Lesquels  nous  Pré- 
vos  et  Jurés  dessus  dis  feismcs  oyr  et  examiner  après  que 
par  la  paine  et  labeur  du  dis  Jehan  Danvaing ,  le  dis  Hubin 
fu  pris  et  amenés  en  nos  prisons.  Et  lendemain  ensivant 
XX"  jour  du  dit  mois  feismes  amener  et  convenir  par  de- 
vant nous  en  jugement  le  dis  Hubin,  contre  lequel  le  pro- 
cureur de  la  ditte  ville  par  office  proposa  le  dit  homicide 
avoir  esté  fait  par  ycelui  Hubin,  en  le  personne  du  dit 
Scghart  ;  et  fust  par  nous  condempné  à  mort  de  tel  mort 
que  destre  traîné  et  pendu  tant  que  il  fust  mors  parcequil 
avoitle  dit  homicide  fait.  Après  lequel  jugement  fait  et  assis, 
le  dit  Hubin  cogncut  et  confessa  en  la  présence  de  maistre 
Alexandre  de  Vezon ,  advocat ,  Robert  Quarret,  Jehan  de  le 
Court  laisné,  Lollart  Ghalet,  Leurant  Grandin  ,  Jacques 
Dantoing,  Jehan  Gardenier,  Jehan  Lemaire  et  pluisseurs 
autres  ;  que  le  dit  fait  domichide  il  avoit  fait  en  le  per- 
sonne du  dit  Seghart ,  csprins  del  art  del  anemy  et  que  ce 
quant  il  lavoit  nyé  ce  avoit  esté  pour  plus  alongier  sa  vie. 
Laquelle  justice  fu  faicte  et  exécutiée  selon  nostrc  dit  juge- 
ment lan  etXXI^jour  de  march  dessus  dis. 

Le  19' ji'o?/r  de  mai  l'an  1586. 

Sour  ce  que  le  Mierquedyc  V'=  jour  de  novembre  lan  mil 
CGC  et  IIII  XX  et  chiunq ,  à  la  clameur  de  pluiseurs  mar- 
chands ceryers ,  taisseteurs  et  autres,  estoit  venut  à  la  cog- 
naissance  de  nous ,  Prévos  et  Jurés  dessusdis  que  en  la  ditte 
ville  avoit  deux  faux  marchands .   lesquclx  avoienl  à  culx 


—  229  — 

accalc  pkiiscurs  de  leurs  denrées  et  payés  de  blancq  mailles 
de  X  d.  fausses  et  contrefaictes  à  la  monnoies  du  Roy  nostre 
Syre.  Nous  eussions  ftiit  prendre  et  emprisonner  Thomas 
le  Carpcnlicr ,  né  de  la  ville  de  Trésailly  empris  Angiers  si 
eome  il  disoit  et  de  lostel  au  Mouton,  sur  le  marchiet  de 
Tournay ,  fait  amener  en  nos  prisons  et  cetuy  jour  mcsme 
euissions ,  fait  prendre  et  mettre  en  nos  dictes  prisons 
Janin  Guillotiau  dit  le  François,  né  de  la  ville  de  Jouardi 
emprès  Angers.  Si  comme  il  disoit.  Et  après  ce  quilx  eurent 
esté  rais  et  tenux  prisonniers ,  séparément  nous  les  fcismes 
appeler  par  devant  nous  pour  savoir  la  vérité  dont  les  dictes 
blanques  mailles  leur  venoient.  Lesquelx  nous  disent  ehas- 
cun  (ù)  part  soy  que  les  dittcs  blanques  mailles  il  avoient 
reçu  en  la  ville  de  Noyon ,  contre  toilles  quil  avoient  ven- 
dues (ce)  qui  estoit  faux.  Car  pour  ce  que  Syre  Benediq  Du 
Gai ,  maistre  général  des  monnoies  du  Roy  disoit  que  au 
Roy  appartcnoit  la  cognoissance  des  dits  faux  marchands, 
par  ce  quils  avoient  pris  et  mis  ladite  fausse  monnoie  qui 
estoit  contrefaicte  à  la  monnoie  du  Roy.  Lesdits  Janin  et 
Thomassin  furent  amenés  en  Halle  par  devant  le  dis  Bene- 
diq ,  et  pour  ce  que  nous  disions  au  contraire  de  son 
propos  que  la  cognoissance  en  appartcnoit  à  nous  et  sans 
préjudice  du  Roy  mesme  né  de  la  ville,  ils  furent  interro- 
ghiés  à  part.  Et  premièrement  le  dis  Janin  lequel  cognent 
et  confessa  en  la  présence  du  dis  Benediq ,  Monseigneur 
Cristramdu  Bos,  gouverneur  des  bailliages  de  Tournay  et 
de  Tournésis,  Jehan  Bouteillicr,  son  lieutenant  Jehan  Despy, 
procureur  du  Roy ,  mess,  au  dit  gouverneur  ,  Henri  Lecar- 
licr,  maistre  de  la  monnoye  de  Tournay,  Colars  Davesnes 
son  compagnon ,  Jehan  le  3Iaunier  Aubier  de  Hamestrel , 
garde  de  la  ditte  monnoie  de  Tournay,  Pierre  Crissembien, 
tailleur  (à  la  monnaie),  Jehan  de  Rumes,  assaieur  {essayeur  ' 
de  la  diltc  monnoie   et  pluisscurs  autres  qui  venu  estoient 

29 


—  230  — 

V  environ.  Sachant  que  le  dit  Thomassin  avoit  de  largent 
s'accompagnaient  à  iceluy  Thomas.  Apris  au  temps  de  la  festc 
de  la  S*-Denys  darrain  passé  auquels  Thomassin  dist  que  se 
il  le  voloit  croire  que  il  lui  feroit  ben  gagnier  de  son  argent 
et  que  il  savoit  un  liu  [lieu]  là  où  on  fesoit  monnoie  auquel 
liu  il  y  avait  grant  prufïit,  Liquels  donc  alérent  ensemble  à 
Laon  de  Laon  à  Dignant  {Diiiant),  de  Dignant  à  Liège,  de 
Liège  à  Trec  [Maestricht  ?)  et  de  la  Trec  à  un  chastiel  ap- 
piellé  Redquem  qui  est  à  un  chevalier  du  nom  duquel  il 
nest  recors  {se  souvenant),  mais  il  y  avoit  un  home  qui  estoit 
maistre  de  la  monoie  que  on  forgoit  au  dit  chastel  et  se  fesoit 
appieller  Jaques  et  disoit  que  il  estoit  de  Tournay,  auquel 
il  demanda  se  il  avoit  point  de  monnoie  fauce  pour  (à)  ven- 
dre liquel  dist  quil  en  avoit  et  lui  montra  de  pluiseurs 
menues  et  autres;  et  lors  li, dis  Janins  lui  dist  quil  voloit 
avoir  des  blancques  mailles  de  X  d.  Et  traita  en  marchan- 
dise à  lui  h  XXX  dicelles  mailles  pour  I  franc  et  en  autres  eu 
II  francs.  A  tout  le  marchiet  pour  dues  cauches.  Requis 
pour  quaubien  il  en  accata  dist  de  L  à  LX  francs  ou  environ, 
et  demora  audis  liu  avoecq  le  dis  Thomassin  environ  VII 
jours.  Et  après  en  revinrent  par  Mons  en  Haynaut  à  Valen- 
chiennes ,  de  Valenchienncs  à  Arras  et  de  Arras  à  Tournay. 
Requis  se  es  duez  villes,  il  alouèrent  [écliangèrenl)  aucunes 
des  dictes  blanques  mailles  dist  que  non  fors  tant  seuUement 
en  la  dicte  ville  Darras  pour  leur  dépenses  et  pour  une 
brayc  {haut  de  chausse)  que  le  dit  Janin  y  acata ,  requis  se 
les  denrées  que  il  avoit  accatées  à  Tournay,  il  avoit  payé 
les  dictes  blankes  mailles  dist  que  oyl  {oui).  Dist  oultrc 
(de  plus)  que  il  en  avoit  aloué  de  XII  à  XIII  francs  et  que 
le  chemin  de  aler  audit  chastel,  lui  enseigna  uns  homes 
appiellé  Colart  de  Hem  ,  liquel  se  désespéra  depuis  en  une 
prison  où  il  est  en  la  ville  de  Paris.  Pour  lequel  fait  dessus 
dit,  et  aussi  pour  ce  que  monseigneur  le  Gouverneur  des  bail- 


—  231  — 

lagcs  de  Tournay  et  de  Tournesis  se  désista  des  commande- 
mcns  que  il  avoit  fait  à  nous  Prévos  et  Jurés  que  nous  ne 
cogneussions  du  dit  Janin  et  que  il  leva  le  main  du  Roy 

nostre  Syre,  assise  à  ycclui  Janin Nous    Prévos  et 

Jures  dessus  dis  condaranasmes  ledit  Janin  à  mort  de  telle 
mort  que  destre  pendus  tant  que  il  fust  étranglés,  lequel 
jugement  fu  fait  et  exécuté  le  sabmedi  XIX«  jour  de  may 
lan  rail  CGC  IIII  XX  et  six. 

[A  la  suite  de  cette  condamnation  ,  nous  trouvons  écrite 
d'une  autre  écriture  cette  annotation  :  «  Et  cest  assavoir  que 
le  dit  Thomassin  fu  rendu  al  Evesque  pour  ce  quil  estoit  en 
habit  de  clerc  et  en  possession  de  tonssure.  ») 

Le  31^  jour  de  juillet  de  Van  138C. 

Clayekin  dele  Wale  ,  porteur  au  sacq,  né  de  la  ville  de 
Courlray,  condamne  détre  enfouis  tous  vis  {tout  vif)  le  lundi 
pénultième,  jour  de  jullet  lan  rail  CGC  IIII  XX  et  six,  pour 
ce  que  le  jour  précédent  il  et  uns  appiellés  gardes  porteres 
(porteur)  au  saq ,  se  débatirent  ensemble  le  dit  Claiekin , 
navra  [blessa)  de  trois  playes  ledit  Gardet,  sur  les  fossés  au 
dehors  de  la  porte  Kokeriel  dont  mors  sensivy  tantôt  {bientôt). 
Et  ce  confessa  ledit  Claiekin,  présent  nous  Prévos  et  Jurés 
et  le  peuple  assistant  les  huis  {portes)  de  notre  halle  ouvcrs 
audit  jugement  faire.  (4) 

Ze  19  d'août  de  l'an  1380. 
Sour  ce  que  Jehans  de  Ilaudion  ,  maistre  bourgeois  se 


(1)  On  remarquera  par  l'exposé  qui  termine  celle  condamnation  , 
qu'à  cette  époque  le  peuple  pouvait  assister  aux  débats  judiciaires. 
C'est  pour  la  première  fois  en  cette  année  1386,  que  l'on  mentionne 
que  le  jugement  est  rendu  en  présence  du  peuple.  Nous  pourrions  en 
induire  que  cet  usage  n'existait  pas  toujours  antérieurement. 


—  252  — 

trait  (se  mit  en  cause)  devers  nous  le  XVII«  jour  daoust  lan 
mil  CGC  IIII  XX  et  syx,  disant  que  Maigne  Le  Fevre  de 
Liège  ,  feme  qui  fu  Symon  Broussiel ,  couvreur  descaille 
(de  tuilles),  mesquine  dicelui  de  Haudion  lavoit  desrobé  de 
un  noble,  II  francs',  I  florin  au  lion ,  une  maille  dor  avoecq 
une  croisette  divoire  et  une  affique  dargent  pour  laquelle 
chose  nous  Prévos  et  Jurés  feismes  la  ditte  Maigne  prendre 
et  mettre  en  nos  prisons  et  après  ce  le  feismes  amener  en 
halle  par  devers  nous  et  en  nostre  présence  et  aussi  en  la 
présence  de  Jehan  Paret  le  fil,  Olivier  Dantoing,  Lotart  du 
Loquet,  Hanequin  Dére,  Lotart  Bielechiere  et  Gilliart  dou 
Vielequin  qui  fu  vales  monseigneur  Willaume  de  Forniaus , 
le  VHP  jour  dou  dit  mois  daoust  la  ditte  Maigne  cognent  et 
confessa  que  elle  alla  à  le  wardereube  [garderobe)  de  son 
maistre  et  en  se  caisse ,  si  comme  il  estoit  en  lescuve  de  sa 
maison  pour  lui  escuver ,  elle  prist  un  noble  dor,  I  fi'anq, 
avoecq  une  affique  dargent  et  une  croisette  divoire  et  les 
mist  et  envelopa  en  son  sein  avoecq  IX  pièces  dor  qui  sien- 
nes estoient ,  mais  plus  nen  prist  si  comme  elle  dist.  Et 
oultre  dist  que  se  ne  fuist  venu  à  notre  cognoissance  que  elle 
euist  rendu  au  dit  de  Haudion,  sen  maistre,  son  dit  argent. 
Et  pour  ce  que  le  dit  de  Haudion  affîrmoit  que  il  avoit  esté 
de  plus  desrobés  que  ne  confessoit  la  dite  Maigne,  pluseurs 
gens  pooient  {poicvaient)  savoir  parler  du  nombre  des  flou- 
rins  que  le  dit  de  Haudion  avoit  lors  en  sa  caisse. 

Nous  incontinent  feismes  faire  informacion  du  dit  cas  et 
feismes  mener  la  ditte  Maigne  en  prison  en  la  porte  des 
Maulx  au  lès  devens  le  Roque  S'-Nicaise.  Et  environ 
deux  heures  après  miedy ,  Vincent  de  Comincs  notre  ser- 
gent à  verge ,  garde  de  ladite  prison  vint  devers  nous  disant 
que  Migne  sestoit  désespérée,  pendue  et  cstranlée  de  son 
cuevreehief  en  la  prison,  à  laquelle  nous  nous  ti'ansportâmes 
et  vcismes  laditte  Maigne  morte  par  la  manière  que  dit  nous 


—  235  — 

avoit  notre  sergent  et  scstoit  pendue  al  entrée  dcl  allée  de 
le  nécessaire  {lieux  d'aîsajice). 

Et  furent  à  ce  présens  maistre  Gilles  de  le  Joncquiérc , 
maistres  Willaumes  du  Mont,  chirurgyens,  Ja(juemars  de 
Riquehcm ,  Jehan  Lépureur ,  Pierars  Grumiel ,  Willem  de 
Clermes ,  Piérars  Févriel,  Jehan  Coflin,  valet  de  Guillaume 
Croqucvillain ,  Jehan  de  S'-Quentin ,  Raoul  31audeghiel , 
courtilleur,  etc. 

Et  pour  ce  que  nous  Prévos  et  Jurés  prenrent  doubte  dou 
cas  assavoir  se  jugement  y  eschcoir  de  ladite  Maigne  cnfouyr 
ou  d'ardoir.  Nous  le  dit  jour  envoyâmes  en  la  ville  de  Lille, 
sire  Henry  Dare,  prévos  de  la  dite  ville  et  maistre  Denys  de 
S'-Marcel ,  conseillier  par  devers  vénérable  et  discrés 
messire  Jehan  Canart  chancellier,  monseigneur  de  Bour- 
goigne,  messire  Amaury  Dorgimont,  conseiller  du  Roy 
nostre  Syre,  maistre  Pierre  Blanchart,  W  Jehan  du  Dracq, 
M«  Guille  Arnault,  assesseur  de  Tournay,  M°  Jehan  de  S'- 
Amand ,  conseiller  de  la  ville  de  Lille  et  M«  Jehan  Martin  , 
advocat  du  dit  monseigneur  de  Bourgogne ,  ausquelx  fu 
exposé  le  cas  dessusdit  et  sur  ycelui  requis  à  avoir  leur 
délibcracion.  Lesquelx  conseillèrent,  considéré  le  cas  pour 
lequel  la  dite  Maigne  estoil  prisonnière ,  sa  confession  chy 
dessus  exprimée  et  la  manière  comment  elle  fu  trouvée  en 
la  ditte  maison  estranglée  et  pendue  morte  désespérée,  quil 
réputoicnt  pour  murdre  {meurtre).  Nous  sans  jugement 
déclarier  ne  prononchier  le  poyesmcs  {pûmes)  faire  mener 
as  camps  par  lexëcutcur  de  justice  et  illec  faire  ardoir  en 
poudre  et  cnsi  fu  fait  lendemain  cnsivant  XIX*  jour  dudit  du 
dist  mois  d'aoust  l'an  IIII XX  et  six  (1586)  (1). 


(1)  Le  parti  que  prirent  en  cette  circonstance  les  Prévôts  et  Jurés 
de  Tournai  de  consulter  les  autorités  judiciaires  de  la  ville  de  Lille, 
sur  le  châtiment  à  inlliger  à  Maigne  Lefebvre  semble  anormal  ;  mais 


—  254  — 
Le  18  de  février  1586.  (V.  sixfle). 

Sour  ce  que  le  XVIII°  jour  de  février  darrain  passé , 
Hanequins  Salmestrain  de  Franquefort  en  Alemaigne  fu  mis 
en  prison  de  nous  Prévos  et  Jurés  pour  soupechon  [soupçon) 
de  avoir  fait  pluiseurs  larenchins,  tant  en  la  cour  de  nostre 
trés-redoubté  seigneur  monseigneur  de  Bourgogne ,  corne 
ailleurs  pour  lequel  soupechon  nous  le  feismes  amener  en 
jugement  pardevant  nous  et  li  fu  imposé  [mis  à  charge)  par 
le  procureur  de  la  ville  à  cause  d'office  que  naguère  il  avoit 
emblé  en  la  court  du  dit  seigneur  à  Arras,  un  grand  plat 
d'argent  doret  et  un  autre  plat  d'argent  aussi  auroit  emblé 
al  hostel  de  monseigneur  Rifflart  de  Flandres,  son  maistre, 
deux  grandes  tasses  d'argent  et  fait  pluiseurs  autres  laren- 
chins pour  lesquels  avoir  fait  se  eust  les  confcssier  avoir 
fais ,  nous  le  devions  condemner  à  mort  et  se  il  denyait 
yceux  fais  le  dit  procureur  en  offroit  tant  à  monstrer  que 
pour  souffire  à  son  intrucion  [pour  instruire  la  cause  suffi- 
samment). Apries  lesquelles  conclusions  ainsi  faictes  nous 
interrogames  le  dit  Hanequin  sur  les  fraudes  dessusdittes  et 
autres  pour  ataindre  la  vérité. 

Liquel  de  se  bonne  voillenté  en  notre  présence  et  enle 
présence  du  dit  monseigneur  Rifllart  de  Flandre  et  de  Mons. 


il  faut  se  rappeler  qu'à  celte  époque ,  Lille  était  comme  Tournai  sous 
le  gouvernement  du  Roi  Philippe  le  Hardi  et  appartenait  doDC  à  la 
France.  Cela  nous  prouve  l'idenlilé  qui  existait  dans  les  usages  pra- 
tiques de  la  justice  dans  ces  deux  villes,  quoique  Lille  et  Tournai 
eussent  alors  chacune  leurs  coutumes  distinctes.  La  décision  qui  fut 
prise,  nous  montre  encore  qu'on  faisait  subir  le  supplice  du  feu  aux 
assassins,  et  que  la  femme  Maigne  qui  s'était  suicidée  fut  considérée 
comme  ayant  commis  un  meurtre  sur  eile-môme. 


—  235  — 

Jehan  de  Poucqucs  et  Gilles  Vcrlandes,  maistre-d'hoslel  de 
Mons.  de  Bourgogne  ,  Jacques  d'Antoing  et  pluiscurs  autres 
recogneut  et  confessa  que  naghaire  ledit  mons.  de  Bour- 
gogne estant  à  Arras  et  en  sa  court,  prist  et  embla  un  grand 
plat  d'argent  dorct  et  un  grand  plat  d'argent  à  servir  à 
table ,  lesquelx  il  mist  en  son  sain  et  vint  al  hostel  du  dit 
mons.  Rifllart,  son  maistre  à  Arras ,  ce  jour  mesme  et  prist 
et  embla  une  taisse  (tasse)  d'argent  qui  estoit  [à)  son  mais- 
tre et  le  mist  corne  dessus  en  son  sain  ,  et  les  dis  plas  et 
tasse  porta  en  la  ville  de  Douay,  au  Vert  hostel  où  il  fu  pris 
et  mis  en  une  chambre,  mais  par  petite  gai^de  doùil  cscapa. 
Item  dist  et  cogneust  (arowat)  que  naghaires  paravant  il 
embla  et  pris  a  une  sienne  hostesse  un  gobelet  d'argent 
lequel  il  fist  dépécher  (dépecer)  par  piéches  pour  le  vendre 
et  en  avoit  en  sa  bourse  deux  piécettes  quant  il  fut  pris. 
Veu  lesquelles  confessions  nous  etc. ,  condamnons  ledit 
Hancquin  à  mort  d'être  traynié  et  pendu ,  lequel  jugement 
fu  accompli  et  exécuté. 

Le  mercredi  8  mai  1387. 

Sour  ce  qu'il  estoit  venu  à  notre  cognoissance  le  merquedi 
XVII*  jour  d'avril  mil  trois  cent  quatrevingt-sept ,  que 
demisielle  Jente  de  le  Deulle ,  demorant  aupriès  l'église 
S'-Brice  en  Tournay ,  avoit  esté  trouvée  morte  devant 
son  feu  en  se  cambre  (sa  chambre)  par  terre  où  elle  faisoit 
continuelment  (habituellemetit)  le  fait  de  sa  quizinc  et  que  il 
apparaissoit  par  inspection  que  en  l'un  de  ses  yeux  avoit  esté 
mis  poche  {poché,  blessé)  du  doit  ou  baston  dont  elle  moru, 
et  que  asses  près  de  ly  (d'elle),  avoit  pluiseurs  quemechies 
(chemises)  ensanglantiés  et  un  flosq  [flot)  de  sang  sur  lestre 
(l'âtre)  devant  le  queminée  de  le  dicte  cambre;  et  aussi  que 
après  le  Irespas  dicclle  demisielle  Gente  ,  grande  partie  de 


—  25G  — 

SCS  biens  meubles  avoient  esté  prins  de  nuyt  par  Jehan  de 
Namur  dit  Jcnson  et  Ernoul  Quinteballe  de  Courtray,  et 
emportez  en  la  maison  du  dis  Jenson  sans  autorité  de  justice. 
Nous  Prcvos  et  Jurés  feismes  mettre  et  détenir  prisonnier  en 
nos  prisons  les  dis  Jehan  Jcnson  et  Ernoul  Quintevalle  lequel 
Ernoul  se  dist  lors  estre  clercq  et  tel  fu  trouvé  deuement 
par  lettres  testifîcatores  (probatrices)  de  sa  tonsure  par  quoy 
nous  ne  pusmes  procéder  contre  luy  en  justice,  mais  fu  res- 
titué à  monseigneur  l'Evèque  de  Tournay  et  d'ylloecq  à 
monseig.  de  Cambray  pour  ce  que  les  dis  maléGces  avoient 
esté  fais  au  diocèse  de  Cambray;  et  pour  ce  que  les  dit  Jenson 
cstoit  home  lay  et  mie  justicable,  nous  feismes  par  le  paix 
de  la  ville,  procéder  contre  luy  après  ce  que  il  ot  faite  infor- 
niacion  des  cas  dessus  dits  par  laquelle  informacion  apparu 
suffisamment  par  les  dépositions  de  Jacques  Sorcl,  tisserant 
de  draps,  Margarittc  marcandc  sa  femc  ,  Renault  Sorcl  leur 
fil  et  aussi  par  la  confession  dudit  Jenson  faicte  en  jugement 
par  devant  nous  et  pluiseurs  tesmoins  si  corne  Jaques  Pié- 
rart,  Thumas  delà  Foy  et  autres  que  à  le  requeste  dudit 
Ernoul,  il  avoit  prins  et  emporté  de  nuyt  de  la  maison  de  la 
dicte  Jentc  ,  pluiseurs  des  biens  d'icelle  ,  si  come  draps  et 
habis  et  vaissiclle  de  kieuvre  [cuivre]  et  yceux  biens  empor- 
tés en  sa  maison  et  avoit  dit  audit  Ernoul  par  avant  le  prise 
des  diète  biens  que  la  dite  Gente  qui  soi  estoit  se  antc  [sa 
tante)  cstoit  morte  et  que  se  il  le  voloit  croire  il  le  fcroit 
rice  [riche]  home  et  après  ce  cognent  et  confessa  que  yccllc 
Gente  avoit  fais  et  ordonné  par  devant  les  échevins  de  S'- 
Brice  son  testament  et  ordonnance  de  dairinc  [der}iière) 
voulonté  en  l'an  mil  trois  cent  quatre  vingt  et  trois  au  mois 
de  février;  par  lequel  testament  clic  avoit  privé  tous  ses  hoirs, 
se  comme  parycelli  testament  pooit  apprendre  car  il  meismc 
avoit  esté  lun  des  tcsraoings  à  pruver  ledit  testament  avec 
Sire  Amant,  lieutenant  du  curé  de  S'-Brice,  maistre  Jehan, 


—  237  — 

S'-Clémcnl;  niaislrc  clerc  de  la  ditte  paroisse,  Sire  Nicole 
Aignclct  et  la  feine  du  dit  Jenson  mcsmc  pour  lesquels 
Inrcnchins  dessus  dis  rccogncux  et  confessez  le  dis  Jenson, 
lu  par  nostrc  jugement  condemné  h  mort  de  estre  pendu 
tant  qu'il  fust  eslranglez  lequel  jugement  fu  exécutez  le 
mcrqucdi  VIII-^  jour  de  may,  l'an  mil  CGC  IIII"  sept. 

Le  14«  iour~jlu  mois  iVaoùt  1587. 

Sour  ce  que  à  la  clameur  de  Piètre  de  Papegliien,  demou- 
rant  à  Elesiclle  en  la  cour  et  maison  de  Madame  l'abbessc 
de  Palmes  (Pamèle),  lès  Audcnardo,  Jossequins  Sandrcwarde, 
tisserans  eust  esté  mis  et  détenus  en  nos  prisons  le  samedi 
X«jour  d'aoust  l'an  mil  CGC  IIII"  et  sept,  pour  le  soup- 
pechon  de  avoir  amené  une  vaque  et  après  ce  que  le  dit 
Jossequin  fu  amenés  en  jugement  par  devant  nous,  et  que 
par  le  serment  de  la  ville  pour  office  ly  fu  imposé  avoir 
fait  ledit  larcnchin  et  pluiseurs  autres  Icsquclx  cozes  il  nya. 
Toutesvoycs  en  la  présence  dudit  Piettrc  ,  Rogier  Bretiel , 
Jehan  Fuyant ,  Jaque  de  Ramcourt ,  Colart  Waye  et  Lottart 
de  Rumes,  et  en  nostrc  présence,  en  jugement  le  dit  Josse- 
quins cogneuit  (reconnut)  et  confessa  avoir  emblé  le  dite 
vaque  le  vcnrcdi  précédent  en  nuit  et  amenée  à  Tournay,  au 
marquict  et  là  le  vendit  V  escus  monnoie  de  Flandre,  lequel 
argent  il  rechut  et  pour  plus  plaincmcnt  savoir  de  ses  fais 
nous  envoyasmes  Jehan  de  MaufTait  et  Jehan  Ledoucq,  jure 
de  la  dicte  ville  à  Flobcrt  [Flobecq)  et  au  pays  susdit  les- 
quclx  y  firent  certaines  informacons  par  laquelle  il  appc- 
roit  ledit  Jossequin  estre  de  très  mauvaise  renomée,  lequel 
amené  en  jugement,  cognut  et  confessa  de  sa  libérallc  vo- 
lenté  que  par  avant  les  daraines  [dernières)  ghcrrcs  de  Flan- 
dres, il  à  la  l'cqueslre  de  un  appelle  Jehan  Lodcmart,  il  fu 
avoecq  Ronier  Vrient  et  Ilancquin   Vandcrcaste  en  la  ville 


—  238  — 

d'Audenardc,  à  tuer  et  occlure  Jehan  de  Crocq,  pour  lequel 
fait  il  et  une  livre  de  gros  par  le  main  Lecat  Pape. 

Item  cogneust  que  V  scpmaines  avoit  lors  ou  environ,  il 
erabla  avoecq  Enoul  CopcnoIIe,  une  vaijue  de  roux  poile 
laquelle  fu  vendue  à  Atli,  VI  livres  XVI  gros. 

Item  cogneult  avoir  emblé  en  le  ville  d'Escornay,  une 
paire  de  linchiux  et  VII  ausncs  de  toille  que  vendi  III  gros 
l'ausne  avoecq  pluiseurs  autres  menus  larenchins.  Et  pour 
raison  des  fais  dessus  dits  et  mesmeracnt  du  fait  dômcchide 
que  ledit  Josscquin  fist  pour  argent  avec  ceux  qui  mesme  ne 
cognoissoit,  il  fust  par  nostre  jugement  codemnex  à  mort  etc. 

Le  11"^  jour  de  janvier  1587.  {Vieux  st.) 

Le  venredy  X'=  jour  de  janvier,  lan  mil  CGC  IIIIi,  et 
sept,  fu  Roland  du  Cos  de  Rosebecq,  liquelx  avoit  esté 
naghairc  justichiés  par  nos  jugcmens  dune  oreille  copper, 
pris  et  mis  en  nos  prisons  et  lendemain  cnsivant  XI*  jour 
dudit  mois  fu  amenez  en  jugement  en  le  présence  de  nos 
Prévos  et  Jurés  dessusdis  (I)et  pluiseurs  assistans,  cogncut 

et  confessa  avoir  fait  pluiseurs  larenchins à  Arlcbccq  , 

une  paire  de  lindras,  à  Werwy,  un  quioutil  qui  fu  vendu  à 
Lille  XVIII  gros. 

Item  à  Valenchicnnc,  une  paire  de  linchiux  vendus  à 
Lille  XX  gr.  et  audit  larencliin  fu  avoecq  li  Saudrelin  de 
Ilonc,  demorant  à  Courtrai,  Item  il  embla  à  Quesnoy  sour 
le  Deulc,  une  hupelande  qu'il  vendit  XXII  gr.  Item  à  Wa- 


(1)  «  ..  Prévôt  el  Jurés  dessusdis.  »  Les  noms  de  ces  magislrals 
ne  figurenl  pas  dans  le  procès- verbal  des  condamnation*,  mais  on  se 
rappellera  que  chaque  fois  que  le  pouvoir  était  renouvelle,  on  ins- 
crivait tous  ceux  qui  en  fesaieni  parti  dans  le  registre  de  la  loi,  en 
iCte  de  tous  les  actes  judiciaires  et  autres. 


—  259  — 

li'cloz  une  colle,  une  cloque  et  un  blanquet  qu'il  vcndilà 
Lille  XLII  gros.  Item  embla  à  Ilersiaux,  en  le  maison  Jehan 
Isaack,  un  manliel  de  piers  drap,  une  telle  d'eslain,  VllI 
eskies  de  fdlet  à  tout.  Lequel  larcnchin  fait  il  fut  pris  et 
amenez  en  nos  prizons. 

Item  confessa  encore  avoir  cmblé  une  vaque  à  Ilcrine, 
lequel  il  vendit  à  Courtray  V  escus.  Item  à  Wambrcchics, 
une  cote  de  feme  fouréc  drap  que  vcndi  à  Lille  XXVIII  gr.. 

Pour  lesquels  larcnchins Rolant  fa  justicliié  de  pendre 

et  le  jugement  exécutez  le  XV  jour  dudil  mois  de  janvier. 

Le  \7^  jour  de  novemhre  1388. 

Jehan  li  Monies,  bastars,  fils  Jaquemart  Deleval  baslars, 
né  de  Watrclos,  moniers,  cognent  et  confessa  de  se  boinc 
volenté  en  jugement  que  le  nuicté  précédente  environ  leurc 
de  my nuit  ilestoit  venus  à  une  kicrulke(c/mrrMe)  qu'il  trouva 
émy  les  camps  asses  priés  dou  moulin  de  Timougies,  et  là 
pris  par  manière  de  faire  le  contre  dele  dicte  kicrulke  et 
l'emporta  al  huys  dudit  moulin  et  d'ycelui  fiei's  rompit 
Ihuis  doudit  moulin  et  entra  et  fist  yceli  tourner  tant  que 
il  hcubt  desviesti  les  IlII  volans  dou  dit  moulin  et  IIII  draps 
doy  estoient  noef,  et  aussi  prins  audit  moulin  II  sacq  dont 
Tun  cstoit  noef  et  plain  de  blé  lequel  bled  il  espandit  ou  dit 
moulin  et  en  lui  {au  lieu)  du  dit  sac  mist  l'autre  et  les  IV 
draps  dudit  moulin  et  les  apporta  de  nuit  jusques  as  gar- 
dins  qui  sont  au  dehors  de  le  porte  de  Marvis,  et  la  fu  trouvé 
à  tout  lesdits  larcnchins  à  laquelle  cognaissance  faire  furent 

présens Jehans  Lardenois,  Robiert  Quarrct,  Lottarsdc 

Lannoit,  Nichaisnc  dou  Frasnc  cl  pluiseurs  autres.  Lequel 
Jehan  Lemonier  avoit  viesti  une  hupelande  et  un  capcron 
partie  de  rayet  contre  un  meslct.  Oy  laquelle  confession  et 
rccosnoissancc,   nous  Prcvos  et  Jurés  dcssusdis  avons  ledit 


—  240  — 

Jch.  Lcmonié,  condamné  à  mort  de  telcmorlque  dccstrc 
pendu  et  cslranglé  etc. 

Le  mardi  '20^  jour  d'avril  4589. 

Le  mardi  après  Pasques,  Miquiels  de  Meullenare,  foulons, 
nés  de  Bailleul  en  Flandres,  cognent  et  confessa  en  nostrc 
Halle  pardevant  nous  et  en  le  présence  Jacques  de  Vaudri- 
pont,  Gillon  de  Lannoit,  Jaques  Fromages ,  Jehan  Le  Kien, 
Pierre  Petit,  Pierre  Dele  Motte  que  environ  le  jour  nostrc 
Dame,  chandeler  darrain  passé,  il  entra  en  le  ville  d'Yppre 
et  ouvrit  d'un  havet  de  fier  (i)  lait  {la  porte)  d'un  célier  où 
demisielle  Marie  Spuch  vendoit  grenache  auquel  cellier 
avolt  un  coffre  lequel  il  ouvrit  et  saqua  {tirra)  les  clous  dele 
serrure  d'une  esturquoise  et  prinst  ou  dit  coffre  LXX  liv. 
parisis  monnoie  de  Flandre  et  fu  prins  atout  {tout)  ledit 
argent  par  le  bailly  de  S'-Martin  et  le  Prévôt  d'Yppre,  et 
pour  ce  qu'il  avoit  ledit  argent  sur  lui  et  que  il  ne  l'avoit 
mye  emporté  il  fu  pour  ledit  larenchin  banis  à  VII  ans. 
Item  dist  et  congneut  ledit  Miquielz,  que  environ  le  jour 
S'-Remy  darrain  passé,  il  prinst  et  embla  en  Icdittc  ville 
d'Yppre,  en  le  maison  d'une  demisielle  appelléc  3Iarie  ou 
Katrine  Sénestre,  un  mantiel,  une  chainture  et  une  four- 
rure, lesquelles  choses  il  rendi  à  laditte  damoisiellc  par 
liquelle  il  en  avoit  esté  accusé.  Item  congneut  que  le  jour 
de  Pasques  commençans  darrain  passé  au  matin,  il  prins  et 
cmbla  en  le  maizon  Wattier  Artus,  demorant  au  Castclct  en 
le  dittc  ville  de  Tournay,  un  mantiel  en  se  cambre  et  deux 
pctis  mantiaus  au  dehors  de  se  cambre  lesquels  il  mist  en 


(1)  Havet  on  haviet.  On  nommait  ainsi  une  sorte  de  crochet  do 
f^r  ;  ce  mot  pourrait  se  traduire  par  un  croc. 


—  ^241   — 

un  fardclct  loyct  d'une  cordicllc  et  le  porta  en  le    maison 
Jehan  de  Blet,  foulon  d'Anniches. 

Item  dist  et  congncutli  dis  Miquiels  ,  que  le  jour  de  hier 
XlX'^jour  doudit  mois  d'avril.  Il  de  propos  appensé  {dêliljérè) 
a!a  à  le  maison  Nichaise  Lefcvrc,  dcmorant  en  le  Triperie  à 
Tournay,  et  de  chcrtaines  havcts  de  fier  qu'il  avoit  tous 
afaitiés  (1)  ouvri  luys  de  le  ditte  maison  Nichaises  et  prinst 
et  cmhla  es  dis  coffres  IX  hlancs  deniers  du  Roy  et  XXIII 
heaumes  et  XI  petits  gros  de  Flandres,  et  aussi  prist  pluseurs 
des  biens  dou  dit  Nichaise  et  les  mist  en  un  loursicl  (2)  et 
en  ce  faisant  fu  prins  et  amené  (în  nos  prisons  et  desqiicllcs 
amené  en  lialle  où  il  de  rechief  en  publique  recongneut 
avoir  fait  les  larcnchins  dessusdits,  etc.  Il  fut  condamné  à 
être  pendu  et  exécuté  le  20  d'avril  138Î). 

Le  21  du  mois  de  mal  138D. 

Sour  ce  que  par  présumplion  véhémente  Jehan  Maupayez 
fu  arrestéz  emprès  la  porte  S'-Marlin  de  la  dite  ville ,  le 
venrcdy  XXI*  jour  de  may,  l'an  mil  CGC  IIII"  et  IX ,  pour 
soupchon  de  avoir  prins  et  cmblé  assez  près  de  le  ville  de 
Ilérc,  éray  {dans,  parmi)  les  camps  (champs)  un  coutrc  de 
fier  et  une  boudiné  de  kiérue  et  menez  en  personne  par 
devant  nous  et  avant  que  nous  pouissions  procéder  au  fait 
de  justice  contre  li ,  l'Onicial  de  Tournay  l'eust  fait  rcquerre 
comc  elcreq  par  son  appariteur,  à  quoi  nous  euissions  con- 
tredit et  débatu  par  ce  que  le  dit  Maupayet  estoit  home 
marié,   et  si  n'avoit  point  de  tonxure  et  pour  celle  cause 


(1)  Afaitiés  préparés.  M.  Elienne  dit  que  io  mot  Afferlié  signifie 
rendre  convenable. 

(2)  Toursid,  paqiici,  venant  du  vicu  mol  toitrse,  fardeau. 


—  242  — 

cust  esté  le  dit  Jehan  Maupayet  reracncz  en  la  dicte  prison. 
Yceliii  jour  racismes  environ  I  heure  après  mydy ,  se  déses- 
péra et  se  pendy  et  estrangla  d'une  cordielle  par  lequelle  on 
li  baloit  {(lontio'it)  en  un  crétin  (petit  panier)  à  boire  et  à 
raangier. 

Après  lequel  fait  ainsy  advenu  nous  avons  traisiraes  de- 
vers le  dit  Officiai ,  requérant  que  le  carongne  du  dit  Mau- 
payet fuist  visité  par  barbiers  pour  savoir  se  il  estoit  tonxu- 
rez  ou  non ,  laquelle  Visitation  fu  faicte ,  et  fu  trouvez  estre 
sans  tonxure.  Pourquoy  nous  [le]  lendemain  ensivant  XXII'^ 
jour  dudit  mois  ,  feismes  le  carongne  dudit  Maupayet, 
trayner  sur  une  esclaye  {claie).  Dudit  belfroy jusqucs  au 
gibet  et  là  fu  pendu. 

Le  iO  novembre  1589. 

Sour  ce  que  Gillebins  Meurisse  de  Mousqron,  avoit  esté 
prins  et  détenu  prisonnier  au  belfroi  de  la  ville  de  Tournay, 
et  après  que  il  eust  esté  avancé  que  par  certaines  lettre  du 
Roy,  on  lui  imposoit  avoir  esté  condempné  envers  ledit 
Roynostre  Syre,  à  LX  liv.  parisis  damende,  et  que  pour 
celle  cause  eust  esté  prêté  obéissance  aux  dits  scrgcns  de  le 
mettre  en  nos  dicte  prison  comme  en  prison  empruntée.  Et 
depuis  fu  venu  à  nostrc  eognoissancc  que  la  dicte  prinse 
estoit  faintement  faicte,  et  que  les  dis  sergens  ou  autres 
officiers  du  Roy  l'avoient  prins  pour  cas  criminel.  Et  pour 
conçus  Prévos  et  Jurés  dessus  dis  pensant  la  dicte  prinse 
fainte ,  eussions  fait  traire  (envoyer)  devers  le  Roy  nostrc 
Syre,  et  de  lui  ou  sa  court  obtenu  chcrtnines  lettres  con- 
cluans  afin  que  le  dit  prisonnier  nous  fust  et  dcus  estre 
rendu  et  restitués  pour  y  estre  procédé  du  fait  criminel 
dont  il  avoit  esté  accusé  en  la  cour  du  Roy  à  Mortagnc,  et 
tant  eust  sur  ce  cslc  procédé  que  le  dit  Gillcbin  Meurisse. 


—  243  — 

nous  fust  par  honncstc  et  sage  Jehan  Bouleillcr,  lieutenant 
(lou  bailly  des  dis  baillage,  rendus  et  restitués  avoecq  l'in- 
lormacion  qui  sur  ce  avoit  esté  faite,  telle  que  contre  lui 
avoit  esté  reconnu  qu'il  avoit  comis  pluiseurs  larencins , 
tensserics  et  autres  crisraes  délis  et  maléfices  ;  tels  que  avoir 
pris  la  bourse  de  Lizcbethe  de  Russelede  dite  Dilf ,  demo- 
rant  en  la  terre  et  juridiction  de  Quingbien ,  où  il  y  avoit 
obertains  florins  et  menu  argent.  Et  le  dit  Gillebin  nyant 
toutes  ces  cozes  se  rapporta  de  plain  {entièrement)  en  toutes 
cnquestres  pour  sur  ycelles  enquestcs  atcndre  son  droit ,  et 
pour  ce  cussons  {avons)  comis  et  député  nos  bien  amés 
Rogicr  de  Clermes  et  Jaques  le  Miquiel ,  jurés  de  la  ditte 
ville  et  avoecq  eux  nostrc  clcrq ,  pour  cnquerre  la  vérité  sur 
les  criesmes  dessus  dis.  Lcsquclx  dis  Jurés  et  Clcrcq  eussent 
esté  audit  lieu  de  Quingbien  et  autres  lieux  et  cn(juis  la 
vérité  et  l'informacion  sur  ce  faicts  et  nous  raporta  ;  laquelle 
ledit  Gillebin  tint  pour  valoir  enqueste,  et  par  après  la  ditte 
informacion  ,  il  nous  appris  que  à  la  ditte  Lizcbethe,  il  avoit 
pris  de  fait  et  par  manière  de  tcnsse  ,  rompu  le  pendant  de 
se  bourse  en  laquelle  avoit  IIII  mailles  d'or  avoecq  cher- 
taincs  menue  monnoye  ,  montant  à  la  somme  de  XXIII 
gros  et  laquelle  bourse  avoecq  le  dit  or  et  argent,  il  emporta 
et  pour  ce  que  on  le  volt  retenir  et  prendre  fery  [frappa)  la 
ditte  Lizcbethe,  sa  mesquine  [servante)  et  une  autre  femme 
d'un  planchon  (pieu  de  bois)  et  après  s'enfuy,  afin  qu'il  ne 
fust  point  pris  et  incontinent  pcrdy  ledit  argent  aux  dés  en 
la  ville  d'Enncchin,  à  aucuns  compagnons,  dont  il  ne  pot 
dire  les  noms  et  avoecq  ce  confessa  avoir  maintenu  pluiseurs 
fillettes  et  dépendu  du  leur  par  folle  et  mauvaise  vie. 

Veu  lesquelles  confessions  nous  avons  ledit  Gbillebin 
Meurisse,  condamné  à  eslrc  exécutés  et  justichiés  de  tray- 
ncr  et  de  pendre  tant  qu'il  soit  mort  avec  la  visitacion  de 
l'informacion  faictc  i)nr  lo  dis  Boutcillcr  à  nous  imposée  et 


—  244  — 

sur  laquelle  ledit  Gillcbin  prinst  droit,  corne  dit  est  avoeeq 
ce  qu'il  nous  a  paru  par  la  ditle  enqueste  que  il  avoit  vendu 
à  la  dicte  Lizebethe  une  colle  de  fer  ,  qui  pas  n'estoit  sienne 
mais  cstoit  à  mcssire  Jaques  dele  Haye  ,  la  somme  de  XIV 
escus,  laquelle  cotte  il  avoit  pris  sans  son  gré  et  fu  ce  dit 
Ghilleblen  cxéeutcz  par  nostre  disl  jugement,  le  XI  de  fébu- 
ricr  l'an  dessusdit. 

Le  12  (rai;nM590. 

Sour  ce  que  commune  rcnomée  labouroit  contre  Jaque- 
mart dou  Tronquoit,  que  il  et  pluiseurs  autres  avoient  fait 
pluiscurs  larenchins  de  nuit  en  pluiseurs  lieux  et  maisons 
de  nos  subgés  et  habitans,  nous  eussions  fait  prendre  et 
mettre  en  nos  prisons  ledit  Dou  Tronquoit,  et  fait  convenir 
(rassembler)  par  devant  nous  en  jugement  et  avoecq  lui 
imposés  pluiseurs  larenchins  par  lui  fais  avoecq  Pierre  et 
Estievenars  de  Ilabourdin.  Lesquels  larenchins  11  congneut 
et  confessa  de  sa  bonne  volonté  par  la  manière  qui  s'ensuit. 
Et  premiers  eongnut  ledit  dou  Tronquoit,  que  il  et  les  deux 
frères  dessus  dits  prensent  {prirent)  et  emblérent  de  nuit  en 
la  grange  de  Jaquemin  de  Ghisegnies  à  Chercq,  V  rasiércs 
de  bîcd  à  vaner  dont  cascuns  deux  trois,  eut  sa  part.  Item 
congneut  le  dit  du  Fronquoit,  que  lui  et  les  deux  frères  em- 
blérent au  Petit  Moulin  dele  Val  de  par  nuit,  certaine  can- 
tité  de  bled  dont  il  eut  environ  VII  seaux  plains  de  bled  en 
sa  part  et  cascuns  des  dis  frères  otant  {autant)  et  tenoit  cas- 
cuns seaux  environ  VI  hanot  de  bîcd.  Item  il  rccongneut 
qu'ils  alérent  en  le  maison  Jehan  d'Arras  demorant  emprès 
eseorcheqval  (i),  la  valeur  de  IIÏ  rasiércs  de  bled  lequel  ils 


(I)  Eseorcheqval.  On  ne  sait  pas  où  était  situé  cet  endroit.  Le  nom 
toutefois  indicjuo  que  c'était  le  lieu  où  on  dépouillait  les  ciiovaux 
morts. 


—  245  — 

bâtirent  de  nuit  derrière  les  mais  Dcleval  et  en  ot  cascun  sa 
part. 

Item  cogneut  le  dit  du  Tronquoit  que  le  jour  de  Pasqucs 
darain  passe  au  vcspres,  {le  soir)  il  revenoit  de  souper  de  le 
maison  Loysct  le  Museur,  à  Barges,  il  rencontra  le  dit  Pierre 
de  Habourdin  portant  ung  fardiel  à  sen  col,  liquel  li  dis  que 
cestoit  gaignage  et  qu'il  veint partir  (partager),  si  coïne  il  fist 
et  en  ot  en  se  part  un  pot  de  keuvre  (cMture),  un  linchoel 
nocf,  un  ferment,  un  capcron,  le  moitiet  d'une  houpelandc. 
Item  recongncut  le  dit  du  Tronquoit  qu'ils  emblérent  une 
brouette  cmpriès  Barges,  dont  il  otle  baston  de  Qcr  qui  fait 
moyel  [moyeu)  en  se  part  et  li  dis  Pierre  ot  le  roestre. 

Item  embla  le  dit  du  Tronquoit  un  martiel  de  fer  ser- 
vant à  un  car.  Item  recongneust  que  environ  l'aoust  darain 
passé,  il  et  les  dits  frères  de  Habourdin  emblérent  en  le 
maison  le  Baure  Dele  Motte  ,  à  Maire ,  une  kaine  dhome 
{chaîne  d'hoînmé)  et  pluiseurs  pièces  de  vaissielle  destain 
dont  il  ot  se  part.  Item  recongneut  à  avoir  emblé  de  nuit 
au  moulin  St-Martin,  avoecq  les  dits  frères,  IIII  rasières  de 
bled,  en  deux  saes  de  boulenghier  et  en  ot  se  part  et  furent 
les  deux  sacs  portés  à  se  maison,  et  adfîn  que  on  ne  les  peust 
poursuivre,  il  semoient  dudit  bled  lonch  au  contraire  de  le 
voye  qu'il  alèrent. 

Lesquels  larenchins  dessusdits,  du  Tronquoit  recongneut 
et  confessa  en  la  présence  de  Jehan  de  le  Pissclotte  ,  Colart 
Rolant,  Jacques  Maillefer,  etc.  Nous,  Prévos  et  Jurés,  avons 
condamné  et  condamnons  ledit  du  Tronquoit,  à  morir  de 
telle  mort  que  de  estre  pendus,  lequel  jugement  fu  exécuté. 

Le  mercredi  \ô^jour  du  mois  d'avril  1590. 

Sur  ce  que  la  feme  Jehan  le  vieswaricr,  revendeur  de 
chervoisc  {bievre)j  s'cstoit  traite  {Iransporlée)  devers  nous, 

31 


—  246  - 

Prévos  el  Jurés,  en  se  complaignant  que  en  se  cambre  on  lui 
avoit  emblé  ung  capcron  labardet  de  noir  camokas  fouret 
et  ne  le  savoit  à  oui  {qui)  mettre  sus  ,  fors  à  l'un  de  trois 
compaignons  qui  buvoicnt  en  se  maison  ,  lesquels  nous 
feismes  prendi'c  et  racltre  en  notre  prison  et  d'ycelle  enmc- 
ner  par  devant  nous  en  jugement ,  et  si  corne  on  les  amenoit 
en  notre  halle ,  Marguerite  Vandricotte,  mesquine  Jehan 
de  Ilaynau,  cauchctcur  {cordonnier),  recogneut  l'un  d'iceux 
trois  prisonniers  appelle  Ilancquin  de  Bouccfort ,  de  Brou- 
xelles;  et  nous  dist  et  affîrma  par  son  serment ,  que  au 
caresme  darrain  passe ,  ledit  Ilancquin  aAoit  emblé  en  le 
maison  dou  dit  Jehan  de  Ilaynau,  son  maistre,  une  pater- 
nostresde  noir  gayct  [de  jais)  qui  estoient(à)  sa  maitressc 
et  dont  on  avoit  à  la  ditle  Margueritte  fait  rendre  II  francs. 
Lequel  Ilancquin,  nous,  le  mequcdi  Xlil®  jour  d'avril  après 
Pasques ,  l'an  mil  CGC  IIII"  et  X,  interrogasmes,  présens 
Gilles  de  Iloves  ,  de  Lessines  et  Jehan  de  Jeudogne,  qui 
avoient  esté  amené  prisonniers  avoccq  lui.  Liquel  Ilanekins 
dist  et  confessa  que  il  avoit  pris  et  emblé  le  dit  caperon  en 
le  cambre  dudit  Jehan  le  vieswarier  et  avoit  emprunté  à  une 
usurière,  demorant  en  le  Taintencrie ,  X  gros  de  Flandres 
sour  le  dis  caperon. 

Item  congneust  qu'il  avoit  emblé  en  le  maison  Salehart, 
pissonier  {poisso7inier),  sen  hoste,  I  bachin  et  I  pot  dekeuve, 
pourquoi  il  avoit  emprunté  à  un  usurier  XVI  gros.  Veu  les- 
quelles confessions  et  prcsumpcions ,  nous  feismes  ledit 
Ilennckins  mettre  prisonnier  en  la  ditte  halle  et  lendemain 
cnsivant  XIV*  jour  dudit  mois,  nous  interrogasmes  à  part  et 
au  secré  ledit  Ilancquin. 

Apriès  lesquelles  interrogatoires  à  lui  faictes  ycclui  Ilanc- 
quin ,  en  nostre  présence  et  en  le  présence  de  maistre 
Estienne  de  Châalons,  Jehan  au  Toupet ,  fils  Piéron ,  Jehan 
le  Paret,   le  fil  Colart,  Petit  maistre  et  pluscurs  autres  j 


—  247  — 

cogneul  et  confessa  de  so  bonne  volonté  avoir  fait  pluiseurs 
larenchins,  ccst  h  savoir  en  le  maison  dou  dit  Jehan  de 
Ilaynau ,  une  patrenostrc  de  jagct  enseignées  d'argent  à 
I  bouton  de  perle  ,  sour  lesquelles  il  emprunta  i  Jehan  de 
Rozièrcs,  usurier,  XX  gros  de  Flandres,  item  en  le  ville  de 
Louvaing,  en  le  maison  de  Henri  Van  Milck,  père  de  sa 
femc,  il  embla  en  un  coffre  XXX  mailles  d'or  par  une  clef 
qu'il  prist  en  le  bourse  de  sa  fcme  et  lesquelles  mailles  d'or 
il  ala  alocr  {alors)  les  dispenser  à  Paris. 

Item  embla  en  la  dittc  ville  de  Paris,  II  ans  a  ou  environ, 
en  le  maison  Martin  de  Poissy ,  cauchcteur  {cordonnier  et 
tailleur),  en  une  alelle  un  francs  et  une  paire  de  cauche  de 
Brunette,  qui  pendoient  à  une  perche  en  le  ditte  maison. 
Item  en  le  bourse  {de)  Perin  de  Rocm  qui  couchoit  avec  lui, 
le  valeur  de  XIIII  sous  parisis  en  blance  monoie  et  I  piers 
caperon.  Item  en  la  dicte  ville  de  Louvain,  en  le  maison 
Jehan  Van  dcr  Nay,  VIII  an  a  ou  environ,  II  moutons  de 
Braibant  (1).  Item  en  le  ville  de  Lessine ,  XII  gros  de  Ilay- 
nau et  en  le  ville  d'Enghien,  à  un  sien  cousin  nommé  Lam- 
bequin,  cordoanier,  XX  gros  et  une  paire  de  sorlers. 

Oyes  lesquelles  confessions  faites  par  Ilanckin  de  Bouche- 
fort,  des  larenchins  dessus  dits,  Nous  yceli  Ilanequin  con- 
damnasmes  h  mourir  de  telc  moi't  que  dcstre  pendus  tant 
quil  soit  mors  et  cstranlés,  etc. 

Le  G'^  jour  de  Septembre  1590. 

Jehan  Loublct ,  tixcrant  de  toilles,  demorant  à  Hlalincs , 


(t)  Moulon  de  Brabanl,  c  etail  une  pièce  d'or  de  la  valeur  de  2a 
francs  environ.  L'agniel.  beaucoup  plus  pciitc  monnaie,  ne  vaudrait 
que  IS  francs  de  nos  jours. 


—  248  — 

en  le  rue  des  Ardens ,  fu  amenés  par  devant  nous  en  juge- 
ment, liquel  avoit  esté  pris  entre  deux  ponts  au  Bruille,  pour 
ce  que  il  avoit  aloué  et  acaté  un  quartier  dauwe,  un  faux 
vies  [vieux)  gros  de  Flandres  et  lequel  chose  il  avoit  denyé 
audit  sergent,  et  pour  ce  feismes  prendre  warde  (garde)  à  le 
laisse  dudit  Jehan ,  à  laquelle  nous  trouvasmes  certaines 
quentité  de  fausse  monoie,  tant  des  dizclairquins  come  de 
petis  gros  appeliez  petits  hayaumez,  avec  certaine  quantité 
de  bonne  monnoyc,  laquelle  fausse  monoie  il  nya  estre 
sienne.  Néanmoins  nous  feismes  oyr  certains  tesmoings,  si 
come  le  dit  sergent  Henry  Descornes  et  Simon  de  S'-Genois, 
lesquelx  déposèrent  par  serments  que  la  dicte  fausse  mo- 
noies  ils  avoient  trouvée  en  la  tasse  du  dit  Jehan,  en  deux 
lieux  et  un  saquelet.  Et  pour  plus  enqucire  la  vérité  ,  nous 
cnvoyasmes  nos  lestres  closes  à  lescoutètre  et  eschevins  de 
Malines  ;  lesquelx  nous  responses  firent ,  par  lettres ,  que 
ledit  Jehan  estoit  renomez  de  se  entremettre  de  alocr  la 
dicte  fausse  monoie,  et  quil  avoit  loué  sa  maison  à  un  home 
qui  la  dicte  monoie  faisoit.  Sur  lesquelles  choses,  nous  inter- 
rogasmes  à  part  le  dit  Jehan ,  liquelz  cogneut  et  confessa 
que,  demy  an  a  ou  environ ,  il  et  Gille  Vanclotins,  né  de 
Gloutine,  Lantremer  et  Soufleteur  s'estoient  mis  en  com- 
pagnie et  lui  avoient  prié  qu'il  veusist  [voulut)  leubver 
[louer)  sa  maison  pour  faire  sa  besogne,  il  le  paieroit  très- 
bien,  liquelz  Gille  li  paia  par  pluiseurs  fois  de  la  dicte  fausse 
monnoie  et  congneutquc  par  deux  fois  il  en  aleuwa,  dont  il 
fu  repris  et  canga  [changea)  la  dicte  faulce  monoie,  et  que 
ledit  Gille  se  partit  bien  hastement  de  sa  maison  et  à  son 
département  li  bailla  une  grant  quantité  de  fausse  monoie, 
laquelle  estoit  faicte  d'estain  ou  despiautre  et  n'estoit  mie 
noirchie  :  si  li  dist  qu'il  le  noirchiroit  ben  à  le  candeille  et 

d'un  pau  (pew)  de  chire et  y   estoient  présens  syre 

Pruvot  Erraant,  maire  de  la  commune  de  Malines,  Jehan  le 


—  249  — 

Kicn,  etc.  Vcu  laquelle  confession  ,  nous  condanasmes  ledit 
Jehan  à  morir  de  tele  mort  que  de  estre  pendus. 

Le  17' jour  de  mars  de  Fan  iS'Jl  {Nouv.  style.) 

Jaqucmins  deVelaine,  fils  Jehan  de  Velaine,  raachon, 
nez  de  Tournay,  fu  prins  et  amenez  en  nos  prizons  pour  le 
souppechon  d'un  mantiel  à  fcmc  qu'on  lui  imposoit  avoir 
pris  sur  le  Pont-à-Pont,  et  lequel  mantiel  estoit  à  la  femme 
Jake  Ghillebert ,  et  après  son  emprisonnement,  comme 
renomce  lahouroit  contre  le  dit  Jaquemins  quil  avoit  fait 
pluiseurs  larenchins  environ  la  banlieue  de  la  ville  de  Tour- 
nay ,  et  mesmcment  de  harnatz  de  quiérue  {charve)  pris  as 
camps.  Et  pour  ce  que  aucuns  se  vinrent  à  doléance  devers 
nous  sur  ledit  Jaquemins ,  nous ,  le  XXII«  jour  du  dit  mois, 
feismes  lequel  convenir  par  devant  nous  en  jugement  et  il 
de  se  bonne  volonté,  en  nostre  présence  et  en  la  présence  de 
Jehan  du  Plasnoit,  de  Jehan  de  S»-Amand ,  de  J.  de  S'- 
Genois,  cangeur,  etc.,  nos  subgés ,  quil  avoit  emblé  ledit 

mantiel Item  qu'il  avoit  emblé  six  lamettes  et  autres 

fiérailles  qu'il  avoit  vendues  XIII  gros  et  demy. 

Item  cogneut  qu'il  avoit  emblé  à  la  maison  Jehan  Aulier, 
en  Biecqueriel,  une  bouche  de  drap  à  home.  Item  en  le 
maison  Piérars  du  Sart,  en  le  laisse  d'un  varlet  flamens 
dont  il  ne  set  le  nom,  environ  le  Noël  darain  passé,  XII  gros. 
Item  cogneut  que  environ  le  feste  de  le  Pourcession  der- 
nière, il  embla  en  le  ville  Dorcq,  à  la  maison  Jehan  Groult, 
une  escalle  d'argent,  laquelle  il  fondit  et  le  vendit  ung  franc 

et  une  maille  d'or Item  il  embla  en   le  maison  d'un 

poulaillier(uendeMrdepoM^C5)  à  Tournay,  II  capons  {chapons) 
et  IIII  oisicaux ,  lesquels  il  vendit  et  les  deux  cappons  mcnga 

avec  ses  père  qui  ne  savoit  dont  ils  vcnoient Item 

cogneut  que  il  embla  sur  un  estai  à  pisson  (poisson)  à  Tour- 


—  250  — 

nay  un  raanlicl  senglé  à  home Item  que  à  le  ducasse  du 

Sauchoit  dairain  passé ,  il  embla  en  une  maison  séant  au 
Sauchoit  deux  paiclles  dairain ,  un  pot  de  oeuvre  et  un 
caudron  qu'il  vendit  en  la  ville  de  Lille.  Item  dist  que  en- 
viron le  saint  Jehan  dairain  passé  ,  à  le  feste  de  le  Pources- 
siou  de  Valenchiennes ,  il  estoit  assez  près  du  pourchelet 
devant  labbie  [abbaye)  de  Vicongne  et  vit  venir  un  home  à 
cheval  de  devers  Hanon ,  auquel  il  prist  de  fait  se  taissc 
après  qu'il  l'ot  féru  un  cop  d'un  planchon pour  les- 
quels larenchins  et  maléfices  nous  condamnasmes  ledit 
Jaquemin  de  Velaine  à  estre  pendu,  etc. 

Le  5«  jour  de  juin  \  391 . 

L'an  mil  CGC  IIII"  et  XI,  le  III»  jour  de  juing,  rechumes 
lettres  closes  par  lesquelles  Jehan  Lespine,  tixer  de  drap,  né 
de  Terapleuve  en  Pcule ,  estoit  accusez  de  Jehan  Deleporte 
et  de  Jehan  Daudenarde,  né  de  Tenreraonde,  d'avoir  fait 
certain  murdre  (meurtre)  es  bos  de  Senlis ,  et  se  estoit  sou- 
pechonez  d'avoir  fait  autres  mauvais  fais  et  larechins,  sur  ce 
feismes  ledit  Jehan  Lespine  prendre  en  sa  maison  en  la 
rue  Quaqucdinc  [Claquedent)  et  amener  en  la  halle  par  nos 
sergens,  auquel  fu  imposé  d'avoir  aidié  à  faire  le  dit  mur- 
dre, si  congneut  et  confessa  icclly  Jehan,  de  sa  boinevolentc, 
que  entre  VII  ou  VIII  ans  a,  il  et  deux  compaignons  fla- 
mans  dont  il  ne  savoit  les  noms  mourdrircnt  un  home  à  pié, 
es  bos  de  Senlis  et  en  eut  dix  francs  en  sa  part. 

Item  dist  et  confessa  que  environ  XV  jours  après  Pasques 
dairain  passées,  il,  Grardin  Wales  et  Jehan  Mcllois  mour- 
drircnt, entre  Gand  et  Audcnardc,  un  marchant  de  Wcrvic, 
monté  à  cheval  et  eurent  les  deux  dessus  només  les  florins 
qu'il  avoit  ne  set  combien ,  et  il  eut  en  se  part  le  cheval 
dudit  marchant,  lequel  il  vendit  à  Audcnardc  V  francs.  Et 


—  251  — 

vcu  lesquelles  confessions,  nous  condamnasmes  ledit  Jehan 
Lcspinc  à  cstrc  Ira}  nés  et  pendus,  etc. 

Le  ik'^  jour  de  juin  1591. 

Ledit  IIII«  jour  de  juing,  environ  XII  heures ,  fu  prins 
devant  l'église  S^-Jacques,  Hannckindu  Maisnil,  de  Lessiellc- 
en-Haynaut  [{Ellezelles) ,  tisseur  de  draps  ,  en  coppant  une 
boucle  d'argent,  avec  lequcllc  boucle  il  fu  amenez  en  halle, 
par  devant  nous  et  là,  de  sa  boine  volenté,  cognutet  confessa 
avoir  coppé  le  dicte  boucle. 

Item  cogneut  que,  à  le  feste  de  le  Trinité  dairaîn  passée, 
il  coppa  un  morgant  d'argent  à  un  home  ne  set  qui  il  cstoit. 
Item  embla  en  le  maison  Jehan  de  Fretin,  en  le  poste  St- 
Brixe,  une  estalle  d'argent,  qu'il  vendit  11  francs  moins  VI 
gros.  Item  cogneut  que  V  ans  a  ou  environ,  accompagné  de 
XII  compagnons,  dont  Grardin  le  potier  de  Braque  estoit 
l'un,  les  autres  il  ne  cognoissoit  et  se  tinrent  es  bos  de  le 
Concambe  Girard  et  là  mourdrit  VI  hommes  et  en  déreubè- 
rent  bien  XL,  et  estoit  li  dis  Hennekin  leurespie,  que  quant 
il  les  veoit  venir,  il  cornoit  d'un  cornet  vcstlilFort  et  avoit 

sa  part  des  dits  murdres  et  desreubemens Veu  lesquelles 

confessions,  nous  le  condamnâmes  de  telle  mors  que  d'estrc 
pendus  et  trainez  tant  qu'il  fust  mors  et  estranglés,  lequelle 
condamnation  se  fist  ledit  jour  et  fu  exécutés  en  icelly  jour. 

Le  7*  jour  de  novembre  1591. 

Le  VII  de  novembre  fu  Hannequin  de  Bersées,  bas- 
tars,  nez  d'Orchies,  amenez  par  devant  nous  en  halle,  pour 
lesoupechon  d'avoir  cmblé  à  Eurart  d'Espierres,  son  mestrc, 
demorantsur  le  Pont-à-Pont  ,  pluiseurs  sommes  de  deniers 
d'argent ,  liquclz  Ilennckins  sur  ce  intcrroguiez  dist  et  con- 


—  252  — 

fessa  que  par  II  fois ,  il  avoit  esté  en  le  cambre  son  dit 
raaistre  et  à  le  première  fois  ,  y  avoit  emblé  de  la  menue 
monoi,  edont  il  acata  une  verte  hupelande,  et  à  le  seconde 
fois,  pour  ce  qu'il  vit  je  coffre  à  l'argent  ouviert  en  la  dicte 
cambre  ,  tant  en  or  come  en  argent,  il  y  prist  la  valeur  de 
XV  à  XVI  frans. 

Veu  lesquels  larenchins  ainsi  recognus  avoir  esté  faits  par 
ledit  Hennekins,  nous  icclly  H.  condamnasmes  à  morir  de 
tel  mort  que  d'estre  pendus  et  estranglez  tant  qu'il  fust 
mors.  Lequel  condamnacion  fu  exécutée  ledit  jour. 

Le  vendredi  51»  jour  de  mai  1592. 

Come  par  les  privilèges  promis  à  la  ditte  ville  de  Tour- 
nay,  en  l'an  mil  CGC  LXX  par  feu  noble  mémoire  et  boine 
récordacion  (soî^venmice) ,  le  Roy  Charle  ,  messire  darrain 
trespassé,  que  Dieux  pardonist,  confirmé  par  le  Roy  mesme 
à  présent  régnant,  assavoir  entre  les  autres  choses,  que  qui- 
conque, de  quelque  condition  qu'il  soit,  brisera  paix,  seurelc 
ou  trieuwes  faicts  ou  ordonnés ,  ou  donnez  par  loy  ou  par 
prcudhomes,  se  il  est  tenus,  il  sera  justichiés  à  mort  et  se 
il  n'est  tenu,  il  sera  bannis  à  toujours  de  le  ville  sans  rap- 
pel. Et  il  soit  censé  que  environ  le  mois  de  juing  l'an  mil 
CGC  LXXIX  ,  pour  certain  contend  [contestation)  qui  s'cstoit 
meus  entre  Philippart  de  Flandres  d'une  part,  et  Jehan  le 
Monuier  d'autre  part ,  le  paix  de  le  ville  euist  esté  faicte  et 
jurée  par  ledit  Philippart  et  de  sa  volonté  de  lui  et  des  siens 
audit  Jehan  le  Moinier  et  aux  siens,  en  le  main  d'un 
juré.  Non  obstant  lequelle  paix  ainsy  jurée  par  lesdictcs 
parties,  icclluy  Philippart,  esprit  de  l'art  de  l'enncray,  non 
doublant  Dieu  ne  justichc,  assez  tost  après  le  dicte  paix  jurée, 
assailly  et  navra  ledit  Jehan  le  Monnier ,  très-inhumaine- 
ment, de  pluiscurs  plaies  dont  il  fu  tenus  en  péril  de  mort  et 


—  255  — 

d'afTolurc.  Pour  lequel  fait,  ledit  Piiilippart,  qui  absentez 
s'csloit  et  qui  depuis  avoit  mandé  le  dit  fait  avoir  fait,  fu 
appeliez  aux  droits  de  la  dille  ville,  et  lui  conthumacié  par 
quatre  defTaux,  dcumeiit  entretenus,  bannis  et  enregistrez 
d'avoir  perdu  l'habitacion  delà  ville,  à  toujours,  sansrappiel. 
Et  pour  ce  que  le  dit  Philippart  chargés  des  choses  dessus 
dites  et  qu'il  ne  pooit  ne  debvoit  ignorer,  s'est  embatus  es 
termes  de  nostre  juridiction,  nous  l'avons  fait  prendre  et 
emprisonner. 

Veu  Icsquelz  privilèges  ,  le  dittc  paix  jurée  et  le  fait 
advenu  depuis  icelle  paix,  comme  dist  est,  le  dis  deffaux  et 
conthumasses,  le  registre  dont  dessus  est  touchié  et  consi- 
déré le  mandement  et  confession  par  lui  fait.  Nous,  en  usant 
de  nos  dis  privilèges,  de  nos  anchicns  usaigcs  et  cousthumes, 
l'avons  condamne  et  condamnons  à  mort,  c'est  assavoir 
qu'il  sera  traynez  et  puis  pendus,  tant  qu'il  sera  estranglez, 
par  assens  de  nous,  Prévos  et  Jurés.  Lequel  jugement  fu 
exécutez  lejour  et  an  susdits. 

Le  samedi  S."  jour  de  juin  de  l'an  1392. 

Le  sab.Tiedy  Vnî=  jour  de  juing,  l'an  mil  CGC  IliP^et 
douze ,  Jaquemin  de  Lannoit ,  fil  Sire  Jehan  de  Lannoit, 
prcsti'C,  curé  de  Stainquicrquc ,  fu  justichiez  de  pendre, 
tant  qu'il  fu  mors,  par  assens  de  nous ,  Prévos  et  Jurez  de 
Tournay  ,  pour  ce  que  le  dit  jour  ,  lui  qui  cstoit  forains, 
congneut  à  esfre  venu  en  la  dittc  ville,  avec  et  en  la  com- 
pagnie de  Rigault  et  Godefrin  les  fauconniers,  frères,  Thé- 
rion  Franchois  dit  Dusart,  leur  cousin,  et  Grardin  Paumicr 
dit  le  Vent,  armés  et  abaslonnés  d'armcures  invasib'es 
(cachées)  et  deffcndues ,  et  avec  iccux  daguet  et  pi'opos  à 
pensé ,  estoit  alez  en  le  maison  Martin  de  le  Place ,  lequel  en 
contrcvcngement  faisant  et  en  francq  [pleine]  fcste,  avoit 

52 


—  25'>  — 

aidic  et  conforté  à  navrer  de  pluiseurs  et  cruelles  pUiies, 
le  dit  Martin,  dont  il  cstoit  terminez  {passé)  de  vie  à 
trespas,  sans  parler  ne  estrc  conjurez  par  loys;  lequel  fuit 
avoit  este  fait  en  le  dicte  franque  feste,  en  venant  contre 
droltet  raison,  la  coustume  dont  nous  usons  et  avons  acous- 
turaé  de  user  et  contre  les  privilèges  à  nous  promis  et  don- 
nez par  les  Roys  de  France ,  de  bonne  mémoire  et  noble 
recordation  et  confirmez  par  le  Roy,  mesrae  à  présent 
régnant.  Fait  et  justichié  le  dit  jour. 

Le  O'^jout  de  juillet  l'an  1592. 

Sur  ce  que  il  esloit  venu  à  la  cognoissance  de  nous,  Pré- 
vos  cl  Jurés,  que  JaqueminYisart  dit  le  grand  Paged'Arras, 
avoit  esté  accusez  par  pluiseurs  personnes ,  qui  avoient  esté 
exécutés  par  justice ,  d'avoir  fait  pluiseurs  murdres,  Icnce- 
ries  et  larencliins,  nous  eussions  fait  prendre  et  emprison- 
ner le  dit  Jaqucmin,  et  après  ce  Icuissions  fait  convenir  en 
jugement  par  devant  nous  ,  auquel  eussent  esté  imposés  les 
dits  maléfices,  à  quoy  le  dit  Jaqucmin  respondit  déprimes 
(  première  )  fâche,  qu'il  estoit  preudhomc  et  boins  var- 
Ict,  et  depuis  ce  que  nous  eusmes  parlé  à  luy,  après  qu'il 
fu  amenez  en  jugement  par  devant  nous,  est  assavoir  le 
IX«  jour  de  juillet  et  illec,  en  nostre  présence  et  en  la  pré- 
sence de  Jehan  Locquet ,  Jehan  des  Lunes,  le  fil ,  Pierre  de 
le  Motte,  corlier,  Jacques  Danetières,  Jacques  Martin,  des- 
lailleur  de  draps,  ledit  le  Page  d'Arras  cognent  et  confessa 
que  deux  ans  avoit  ou  environ,  il  fu  es  bos  de  Raisse  avec 
Ilennekins  Honnoret  dit  Pasdabbet ,  et  Hennckin  dit  petit 
Baudet,  d'emprèsMortaignc,  et  en  celli  bos  raourdrirent  un 
jociene  homcvestu  d'une  houppelande  de  draps  pcrs,  d'Or- 
chies,  lequel  fu  abatu  par  terre  d'un  planchon  par  ledit 
Hcnnekin-petit-Baudet  et  cmcnl  d'icellv  joucne  home  la 


valeur  de  quatre  frans ,  chacun  des  trois  dessus  nomcz 
curent  deux  couronnes  en  blancs  deniers  du  Roy  et  en  bala- 
cons  {palagon)  et  le  IV^  franc  le  burent  ensemble  de  bon 
accord. 

Veu  laquelle  confession,  pour  ce  qu'il  estoit  lors  tard  , 
nous  lendemain  ensemble,  X«  jour  dudit  mois  à  malin,  feis- 
mcs  ledit  Jaquerain  amener  par  devant  nous  en  jugement , 
lequel  de  requief  confessa  avoir  fait  ledit  murdre,pour 
lequel  nous,  par  assens  ,  le  condamnasnies  à  morir  de  tel 
mort  que  d'estre  trayncz  et  pendus ,  tant  qu'il  fust  mort , 
lequel  jugement  fu  mis  à  exccucion  le  X=  jour  de  juillet 
dessus  dit. 

Le  29«  jour  de  décembre  1 592. 

Marie  le  Barbiressc,  feme  Jehan  Thiébaut ,  boursier, 
demorant  en  le  rue  Prévost ,  fu  trouvée  en  se  maison  pendue 
morte  comme  désespérée  ,  le  XXIX'^  jour  de  décembre,  l'an 
mil  CGC  IIII"  et  douze,  entre  VI  et  VII  heures  aprièsmidi, 
et  lendemain  en  sievant  pénullicsme  jour  dudit  mois  ,  fu 
prise  et  mise  en  un  ban  ici  et  de  la  dite  maison  fu,  sans  asscir 
(asseoiV)  jugement  sur  ce,  menée  as  camps  emprès  le  jus- 
tice et  là  fu  arse  le  dit  jour  par  l'exécuteur  de  justice. 

Le  IT"  jour  de  septembre  1392. 

Sour  ce  que  il  veint  à  la  cognoissance  de  nous,  Prévo?  et 
Jures,  que  Jacos  Agathe  ,  nez  de  Roubaix,  eraprès Lille, 
estoit  présumez  de  avoir  fait  et  comis  pluiseurs  larenehins 
et  autres  criesmes  et  maléfices,  etmesmemcnt  de  avoir  fait, 
pris  et  emblé,  Il  ans  avoit  ou  environ,  en  le  ville  de  Cam- 
bray,  en  la  maison  d'une  feme  noméc  le  Mère-as-cnfans, 
llll  anas  d'argent,  Icsquclz  il  avoit  vendus  en  la  ville  de 
Valcnchièncs,  à  un  appelle  Frcmin-lc-Rouge ,  la  somme  de 


—  25G  — 

XIIII  fians  et  1  quart,  compris  cns  le  caritct,  laquelle  somc 
il  avoit  eue  et  comptic  à  son  profit,  et  aussi  csloit  présumez 
de  avoir  cmblé  un  fardiel  où  il  y  avoit  II  sarges  ,  une  plichc 
à  feme,  une  cotte  hardie  fourrée  de  home,  et  un  manlicl , 
lequel  fardiel  il  avoit  apporté  et  mis  le  nuyt  des  Roys  darrain 
passé  au  matin,  en  la  maison  de  Âclips  Pintrelîc,  hosteien- 
ghe  et  revenderesse  de  cervoise. 

Nous ,  ledit  Jacot  feismcs  prendre  et  amener  au  Ceffroy, 
en  la  prison  du  moyen  cstagc,  en  laquelle  prison  ,  présent 
pluiseurs  fgens  si  corne  Mahieu  as  Boes,  sergent,  Henry 
Frastrct,  Jehan  Potier,  tourricr  dudit  Bcffroy  et  Jehan 
Cardcvaque,  il  avoit  congneu  et  confessé  avoir  emblé  les 
IIII  hannpcs  d'argent  dessusdits  et  vendu  et  les  deniers  du 
vendagc  comptés  à  son  proufit. 

Et  aussi  eussons  fait  convenir  par  devant  nous  en  juge- 
ment^ ladicte  Aclips  Pintrclle  et  Jehanne,  ferac  Simon  Days, 
lesquelles  avoient  veu  ledit  fardiel  apportier  par  ledit  Jacot 
c  n  la  maison  d'icelle.  Lesquelles  venues  pardevant  nous , 
nous  feismcs  amener  ledit  Jacot  en  nostrc  halle,  en  le  pré- 
sence duquel ,  après  ce  quelles  orent  veu  ledit  fardiel  et 
ledit  Jacot,  elles  dirent  et  tesmoignièrent  par  leurs  sermons 
que  ycellui  Jacot  avoit  il-mcsme  apporté  le  susdit  en  la 
maison  Aelips,  le  dicte  nuyt  des  Roys,  au  matin,  et  avoit 
très-bien  pleut  et  cstoit  le  dit  Jacot  tous  mouUiez  et  emboez 
{couvert  de  bouc)  et  ne  savoient  dont  ledit  fardiel  lui  venoit, 
fors  tant  que  quand  la  dicte  Aclips  lui  demanda  en  sa  mai- 
son où  il  avoit  pris  le  dit  fardiel,  il  rcspondi  que  sa  mère  li 
avoit  querquié  pour  le  vendre  et  que  elle  avoit  nécessité 
de  avoir  de  l'argent.  Apriès  liquel  Jacot  dist  que  onques 
n'avoit  veu  le  dit  fardiel,  que  il  ne  savoit  que  cestoit  et  que 
oncques  n'avoit  fait  tort  à  autruy.  Et  si  comme  nous  entcn- 
dicracs  à  procédera  justice  contre  ledit  Jacot,  au  cas  {oit) 
appartenroit,  ycellui  Jacot  nous  fa  requis  comc  clerc  par 


—  257  — 

Monseigneur  l'Official  de  Tournay  ,  et  convint  que  par  les 
constrainlcs  de  ses  monitions  et  pour  double  d'encourrc  en 
sentence  d'esconununication,  qu'il  fust  restituct  au  ditOfïi- 
cial,  par  prestation  de  le  répéter  et  ravoir  au  cas  que  il  ne 
scroit  trouvez  cîers,  et  sur  ce  se  fist  procès  en  la  court  du  dit 
Oflichd,  et  tant  fu  procédé  sur  ce  que,  le  premier  jour  du 
mois  de  juing  l'an  mil  CGC  IIII"  et  XII,  ledit  Jacot  Aga- 
chc  nous  fu  restitué  conie  non  clerc.  Apres  laquelle  restitu- 
tion ainsi  faicte  à  nous ,  nous  oisraes  {entendîmes)  de  rcclicf 
et  cxaminasines  les  tcsmoings  dessus  dits  et  aussi  Frcmin  le 
Rouge  qui ,  les  quatre  lianapes  d'argent  dessusdits,  avoit 
accatcz,  Magne  de  le  Croix,  fcme  Jelian  Ilacouict;  par  les 
dépositions  desquelz  tcsmoings,  nous  apparu  ledit  Jacot 
avoir  confessé  avoir  emblé  les  quatre  hanaps  d'argent 
dessus  dit  et  les  avoir  vendus  audit  Frémin-le-Rouge  ,  la 
somme  de  deniers  dessus  déclarés,  et  pour  ce  fcismes  ledit 
Jacot  couvenïi\{co)yi paraître)  en  jugement,  leintcrrogames 
sur  les  larencliins  dessusdis,  liquelz  n'en  volt  aucune  chose 
congnoistre,  mais  disoit  qu'il  estoit  pi'cudome  et  bon  varlet 
et  que  oncqucs  n'avoit  fait  tort  à  autrui. 

Nous,  le  XV''  jour  du  mois  de  juillet,  le  intérogames  à 
part  pour  savoir  la  vérité  par  sa  bouche,  liqucl  n'en  volt 
aucune  chose  congnoistre  et  ainsi,  come  de  rechef,  ledit 
jour  au  vespres  (soir),  nous  feismes  ledit  Jacot  amener  par 
devant  nous  ,  pour  encore  parler  à  lui  une  fois.  Ycehii  Jacot 
appela  de  nous  et  de  ce  que  nous  entendiemes  à  faire  con- 
tre lui  et  pour  la  révérence  de  la  court  souveraine  et  pour 
double  d'atcmpter,  ne  proeédasmes  plus  avant  contre 
ledit  Jacot,  et  après  les  huit  jours  passés,  qui  peust  avoir 
remiche  à  son  dit  appel,  si  bon  lui  eust  semblé,  ce  qu'il  ne 
fist  pas,  nous  feismes  traire  devers  le  Roy  mesme  et  obtim- 
mcs  ses  lettres  adréchanlcs  à  Monseigneur  le  Bailly  de 
Tournay  et  de  Tourncsis  ou  à  son  lieutenant .  par  lesquelles" 


—  258  — 

lui  esloit  mandé  et  comis,  que  se  vcu  les  informacions  et 
procès  par  nous  faits  contre  ledit  Jacot  et  scu  dudit  per- 
sonnage, ce  dont  il  avoit  appelle  se  [si)  nous  avons  cause  de 
avoir  précédé  extraordinaireraent  contre  ledit  Jacot,  il 
nous  enjoinsist  et  nous  convia  devant  de  par  le  Roy  nostrc 
dit  Seigneur  ,  que  nous  proeédismes  en  oultre  ctfeissions 
audit  Jacot  raison  et  accomplissement  de  justice  ;  lequel 
îilons.  le  Bailly,  après  ce  quil  ot  veu  les  informations  et  pro- 
cès par  nous  faits  contre  ledit  Jacot,  se  traist  [rendU)  devers 
ycellui,  en  la  porte  Fiérain  où  il  cstoit  prisonnier  et  le  fit 
traire  {extraire)  huers  {dehors)  de  la  dicte  prison,  en  deman- 
dant le  cas  et  ce  dont  il  auroit  appelle ,  laquelle  chose  sceue, 
ledit  Mons.  le  Bailly,  par  vertu  desdittcs  lettres ,  nous  dé- 
clara que  nous  parfeissièmcs  ledit  procès  que  cncomenchié 
aviesmes  contre  ledit  Jacot  et  nous  enjoignit  que  nous  lui 
fcissions  raison  et  accomplissement  de  justice,  selon  le  con- 
tenu es  dictes  lettres  royaux ,  et  de  ce  nous  baillia  ses  let- 
tres scellées  du  scccl  do  la  dittc  Baillic  où  les  dictes  mcsnie 
sont  cncorporées. 

Lesquelles  lettres  du  dit  Mons.  le  Bailly,  avec  ledit  procès 
criminel,  sont  mises  en  le  trésoiTic  de  la  dicte  ville. 

Et  après  ce  nous,  pour  procéder  au  parfait  {à  term'iiier) 
ledit  procès  et  pour  audit  Jacot  faire  raison  et  accomplisse- 
ment de  justice  ,  feismes  ycellui  amener  pardevantnous, 
en  jugement,  le  XVI'=  jour  du  mois  de  septembre  ensivant, 
lequel  Jacot  nous  intcrrogamcs  sur  les  choses  dessus  dittes, 
comme  autre  fois  aviesmes  fait,  lequel,  en  respondant  aux 
dictes  interrogatoires ,  congneut  et  confessa  de  sa  bonne 
volcnté  ce  qui  sensu it  : 

Et  premier,  que  deux  ans  avoit  ou  environ,  il  avoit  cmblé 
en  le  ville  de  Cambray,  en  le  maison  d'une  fcnic  noniée  le 
Mcrc-as-enfans,  llll  hanaps  d'argent,  Icsqticlz  il  porta  en  la 
ville  de  Valenchienncs  et  les   vcndi  à  un  mcrchicr  illec 


—  259  — 

demorant,  nome  Frcmin-lc-Rougc,  par  le  moyen  de  Ilcnne- 
quin  de  Vanstoel,  fil  de  la  dicte  Maigne  de  le  Croix,  se  lios- 
tesse,  la  somme  de  XIIII  francs  et  un  quart,  dont  il  avoit 
eu  en  payé  deux  aunes  de  draps  vert  et  demie,  et  aussi  avoit 
acaté  à  un  voisin  dudit  Frcmin  l'cstoffe  de  une  coroic  d'ar- 
gent, qui  montoit  (à)  deux  escus  à  le  couronne  ou  environ, 
et  le  dcmorantdudit  argent  jusqu'à  lasommedes  disXIIIIfr. 
et  I  qt,  il  ot  à  son  profit. 

Item  congncut  ledit  Jacot  que,  environ  ledit  temps,  il  en 
ala  en  la  ville  de  Dixmuc,  par  devers  Henry  de  Coulongnc  , 
taintenier  (teinturier),  et  lui  fist  entendant  contre  le  vérité 
que  le  fomc  de  Jaquemart  Cabucc  ,  de  Lille ,  vieswaricr 
[frippier],  sa  maistresse,  estoit  alée  en  pcllcrinage  à  nostre 
Damcd'Ardembourg,et  en  faisant  ledit  voyage,  avoit  rompu 
une  gambe  et  ne  pooit  revenir  à  pié,  si  prioit  que,  pour  Dieu 
et  par  amours,  il  lui  volsist  par  lui  Jacot,  envoyer  un  che- 
val, Finablcmcnt,  il  fist  tant  qu'il  ot  le  cheval  ,  lequel  il 
mena  à  Bruges  et  là  le  vendi  VI  francs  ,  lesquels  il  ot  à  son 
profit 

Item  dist  et  confessa  que  ,  ca  un  voyage  d'Avignon  ,  en 
venant  de  par  deçà,  environ  II  ans  avoit,  il  s'estoit  accom- 
pagniez avec  trois  compagnons ,  l'un  nomé  Frémyn  ,  le 
second  Ilenncquin  et  le  tiers  Arnoulet,  et  se  faisoient  appel- 
Icr  par  sournom  :  de  Liège,  et  dist  qu'ils  avoicnt  murdry 
un  home  à  une  lieue  de  Valence  ou  environ,  et  lequel  avoit 
une  blanque  cauchc  et  une  vermeille  cauchie  et  avoit  un 
chapeau  de  boures,  et  eubt  en  sa  part  des  deniers  du  dit 
home  murdry  ,  IIII  florins  de  chambre,  nomcz  florins  du 
Pape. 

Item  congneut  ledit  Jacot,  avec  les  III  compagnons  chy 
dessus  nomcz,  qu'il  avoit  erablé  en  une  ville  deçà  Valence , 
à  V  licus  près  ou  environ,  à  l'iiostel  au  rouge  Mouton,  une 
code  cl  en  rcdiut  d'argent  et  ne  [)nyèrcnt  riens  de  leurcscof . 


—  260  — 

Item  congricut  ledit  Jacol,  que  audit  temps,  il  avoit  esté 
cmpriès  Montélimars  ,  où  il  avoit  aidic  à  murdrir  un  home 
cl  que  il  cil  avoit  eu  en  se  part  LX  gros  et  non  plus.        " 

Item  congneut  que  avecq  ledit  Fremin,  qui  se  disoit  du 
surnom  de  Liège,  en  venant  dudit  chemin  d'Avignon,  ledit 
Frémin  tua,  en  un  moulin,  un  home  pour  une  poulie  quil 
avoienl  prias  et  avoit  ledit  Hennequin  pris  un  raantiel,  lequel 
il  avoit  fait  recoper  par  un  parmentier,  auquel  il  n'avoit 
mie  esté  bien  d'accord  pour  les  recoppes  d'icelli  mantiel,  et 
tant  que  ledit  Hennequinle  navra,jîontil  moru,  pour  lequel 
fait  il  avoient  esté  pris  et  emprisonnez,  et  advint  que  ledit 
Jaeot  sacqua  dedens  ladicte  prison  le  gheolier  et  là  fu  mors 
ctochis,  si  comc  il  tenoit.  Et  oultre  confessa  ledit  Jacot  avoir 
fait  pluiseurs  autres  menus  larenchins.  Et  pour  ce  que  plus 
plainement  nous  peussions  procéder  pour  ban  de  justice, 
nous  yccUui  Jacot  feismes  amener  en  jugement  et  lui  furent 
leus  les  fais  des  murdres,  homiciiides  et  larenchins  dessus 
dits,  lesquels  larenchins  il  congneut  et  confessa  en  jugement 
pardcvaiit  nous.  Jaques  de  Rassecamp,  Jaques  Habart,hoste 
du  Heaumes,  Jacquin  de  Ilerchowez,  Thicbaut  le  Cler,  wai- 
nier  ,  Gérard  de  TOIifrant ,  fournicr  ,  etc.  Veu  lesquelles 
confessions,  nous,  Prévos  et  Jurés,  condamnasmcs  ledit  Jacot 
Agache,  par  jugement,  à  morirdc  tel  mort  que  d'estre  trai- 
nez  et  pendus  tant  qu'il  fust  cstranglez,  le  XVII' jour  du 
mois  de  septembre,  l'an  dessusdit.  Lequel  jugement  fu  exé- 
cutez le  dit  jour. 

Le  0  juillet  de  l'an  1593. 

Sour  ce  que  noble  home  Gérars  d'Escaussine  ,  escuycrs, 
prévos  de  Mons  ,  en  Ilaynaut ,  avoit  escript  par  ses  lettres 
closes  à  nous,  Prévost  et  Jurez  de  la  ville  de  Tournay,  que 
le  mercredi  XXVjour  dcjuing,  l'an  mil  CGC  IIH"ct  XllI, 


—  2G1  — 

Hanequins  li  longs  Craqucnicrs  et  Zoutc  Van  Utrcsq,  sa  mie, 
avoicnt  esté  justichiés  au  dit  lieu  de  Mons  pour  leur  démé- 
rites, ctmesmement  pour  ce  qu'il  avoit  congncut  et  confessé 
que  il  avoient,  avec  Jaqucmin  de  Ilardivier  et  Maignon  le 
Bidauwc  ,  sa  mie  et  Lotin  Bongrant ,  mourdri ,  V  mois  et 
demy  avoit  lors  ou  environ,  en  le  forci  de  Mourmail  [Mormal), 
au  liu  qu'on  dist  à  Gherlontrou,  un  home  vestu  d'une  blan- 
que  jaquette  et  trouvé  sur  lui  XXII  sous,  et  que  encore  assez 
tost  après,  il  mourdrirent  un  autre  home,  vcsti  d'une  perse 
houppelande  en  la  dicte  forest  ,  sur  le  cauchie,  assez  près 
d'un  vivier,  et  ne  trouvicrent  sur  lui  que  XX  blancs  du  Roy. 
Et  que  les  dictes  femes  épyèrent  les  homes  mourdris.  Que  li 
diz  Jaquemin  féry  le  premier  cop  d'un  planchon  à  l'home 
premier -mourdrit,  nous  feismes  enquerrc  secrètement  là  où 
la  ditte  Maignon  Bidauweestoit  citant  feismes  que,  par  nez 
gens  et  officiers,  ladicte  Maignon  fu  prinse  et  amenée  pri- 
sonnière en  nos  prisons ,  le  pénultiesmc  jour  dudit  mois  de 
juing.  Laquelle  nous  feismes  amener  pardevant  nous,  en  ju- 
gement, et  le  interrogasmes  sur  les  ftiits  dessusdis,  dont  rien 
ne  volt  congnoistre.  Et  pour  plus  justement  savoir  la  vérité 
des  faits  et  murdres  dessusdis  ,  nous  envoyasraes  ou  dit  lieu 
de  Mons ,  en  Ilainaut ,  deux  de  nos  jurés  dessusdis  et  un 
clerc,  lesquelz  retournez  et  revenuz  d'icelly  lieu  nous  rapor- 
tèrent  copie,  mot  après  autre,  de  la  confession  faicte  parlesdis 
Hanequin-le-long  ctZoude,  sa  mie.  Et  le  V«jcur  dudit  mois 
de  juillet  ensivant ,  feismes  venir  pardevant  nous,  en  juge- 
ment^ la  dicte  Magnon  Bidauwe,  à  laquelle  nous  feismes  lire 
et  exposer  les  dictes  confessions,  et  après  ycclle  Magnon 
sur  ce  interroghiée,  congneut  et  confessa  de  sa  bonne  vo- 
lenté  que  elle,  avec  la  dicte  Zoute  Van  Utrcsq  ,  V  mois  et 
demy  avoit  ou  environ,  elle  ala  avocc  Jaquemin  de  Hardi- 
viez,  son  amy  et  ratavisant  en  chemin  cns  au  pays  de  Haynau 
où  Icsdis  Hanequin-le-long  et  Zoute  Van  Utresque  et  aussi 

55 


—  262  — 

Lolin  Longueraat  ils  s'en  alèrent  tous  V  ensamble  jusque 
dedans  le  forest  de  Mourmail ,  au  dehors  de  laquelle  forcst, 
elle  et  laditte  Zoutc  espyèrent  un  home  vesti  d'une  blanque 
jaquette  et  furent  à  lui  mourdrir  avecque  lesdis  Jaquemin 
Lotin  et  Hanequin  ,  et  que  l'argent  qu'il  prisent  sur  lui  fu 
partis  {parlagé)  entreaux  ensamble,  et  eubt  ladicte  blanque 
jaquette  li  dis  Lotins  et  elle  et  Jaquemin  eurent  sa  part. 

Item  congneut  la  ditte  Maignon,  que,  un  petit  après  ledit 
murdre  fait,  elle  et  laditte  Zoute  espyèrent  en  le  forest,  sur 
le  cauchic  près  d'un  vivier,  un  home  vesti  d'une  perse  hou- 
pelande  et  eschiffla  [siffla)  ladicte  Zoute,  à  quoi  les  III  dessus 
només  vinrent  et  murdrirenl  ledit  home,  et  ad  ee  furent 
les  dictes  Maignon  et  Zoute  présentes,  ne  scet  ladicte  Mai- 
gnon, se  il  fu  gettez  en  lyauwe  [l'eau)  ou  non,  mais  l'argent 
qui  fu  trouvé  sur  lui,  dont  il  ny  ot  mie  foison,  fu  despensé 
ensamble  entreaux.  Et  laquelle  confession  ainsi  faicte  parde- 
vant  nous  par  icelle  Maignon  en  jugement,  furent  présent  et 
appelle  come  tesmoing,  Henry  de  BrafTe,  Jehan  Bouvignies, 
Jaque  d'Anglare,  Jaques  Fournier,  navieur.  Jaques  le  Loutre 
et  Jehan  Dcsbleds. 

Veu  laquelle  confession  ainsi  faicte  par  la  dicte  Maignon, 
nous,  Prévost  et  Jurez  dessus  dits,  avons  ycelle  Maignon 
condempné  et  condempnons  à  morir  de  tel  mort  que  de 
cstre  arse  tant  qu'elle  soit  morte.  Lequel  jugement  fu  exé- 
cutez ledit  ¥■=  jour  de  juillet  après  disner. 

Le  Sô*'  jour  d'août  4593. 

Sur  ce  que  le  Bailli  et  Escoutète  de  la  ville  de  Bruges 
baillèrent  à  nous ,  Prévostz  et  Jurez  ,  le  premier  jour  du 
mois  de  juillet  l'an  mil  CCC  IlII"et  XIII,  une  cédulle  en 
papier  de  la  confession  faicle  par  Ghiencq  Bacheler,  naguère 
justichié  à  Bruges,  de  se  teste  coper,  lequel  avoit  congneu 


—  263  — 

et  confessé  avoir  marchandé  à  Hanin  Piclzenne,  naguerre 
exécuteur  de  justice  en  ladite  ville,  de  ocliir  et  mettre  à 
mort  Jehan  le  Darrc,  bourcau  de  la  dittc  ville  de  Bruge,  et 
surquoy  il  s'en  mist  en  paine  et  navra  par  II  fois  le  dit 
le  Barre,  dont  il  fu  en  très-grand  péril  de  mort  :  Nous  ,  le 
second  jour  du  dit  mois  de  juillet,  feismes  prendre  et  em- 
prisonner ledit  Hanin  Pietzenne  en  nos  prisons,  et  depuis  fu 
accusez  et  intcrroghiez  des  choses  dessusdictes  en  nostrc 
halle,  en  la  présence  de  Monseigneur  de  Lcntcghem ,  souve- 
rain bailly  de  Flandres,  ledit  Escoutète  et  pluiseurs  autres, 
liquelz  Pietzenne  nya  tous  les  faits  à  lui  imposés.  Et  après 
ce,  nous  furent  présentées  ,  de  par  les  Bourghemaistres  et 
eschevins  et  conseil  de  la  ville  de  Bruges,  lettres  closes  par 
lesquelles  Icsdiz  eschevins  désiroicnt  que,  en  leur  présence, 
ledit  Ghicnequin  avoit  congneu  et  confessé  avoir  mar- 
chandé tuer  et  murdrir  ledit  Le  Barre  et  s'en  cstoit  mis  en 
paine,  come  dit  est,  et  pour  ce  fu  le  dis  Pietrezenne  intéro- 
ghicz  sur  toutes  les  choses  contenues  en  la  dicte  céduUe  et 
es  dictes  lettres,  ctcongneut  et  confessa  de  sa  bonne  volenté 
que,  avant  que  ledit  Le  Barre  fuist  navré,  le  première  fois, 
dudit  Ghienekin  Bacheler,  il  avoit  donné  à  luy  une  perse 
hupclandc  et  si  lui  avoit  baillé  chertaine  quentité  de  gros 
de  Flandres,  ne  scet  combien,  mais  il  lui  avoit  vendu  l'espéc 
un  franq,  dont  ycelui  Ghicnequin  l'en  bailla  XII  blancs  et 
lui  dist  que  le  dcmorant  il  lui  paieroil  où  il  le  déserviroit 
devers  lui.  Il  congncut  et  confessa  ledit  Pietrezenne  que, 
après  ce  que  ledit  le  Batre  eubt  esté  navrez  la  première  fois, 
il  et  Grielle,  sa  mie,  baillèrent  à  un  varlct  appelle  du  The- 
quin,  IIII  escus  forte  monnoic,  pour  faire  mettre  hors  de 
prison  ledit  Ghicnequin  Bacheler,  qui  cstoit  en  prison  en  le 
ville  Dippre. 

Item  congncut  et  confessa  que,  après  ce  que  ledit  Ghicne- 
quin fu  délivré  des  dictes  prisons  de  le  ville  d'Ipprcs,  et 


—  264  — 

qu'il  fu  venu  à  Bruges,  il  lui  envoya  un  coutiel  par  un  varlet 
appelle  Tullcquin,  à  intention  de  ocliire  ledit  Le  Barre  et  que 
iccluy  fu  navré  de  pluiseurs  playes.  Item  et  sur  ce  que  le 
mesmes  Pietrezenne  fu  requis  qui  le  mouvoit  ad  ce  faire, 
il  dist  et  confessa  que  cestoiî  par  la  hayne  que  il  avoit  au  dit 
Lebarre,  et  dist  oultre  et  confessa  que  combien  que  il  et  la 
dicte  Grielle ,  sa  mie ,  accusé  des  choses  dessus  dictes,  si 
estoit  ce  sans  cause  et  que  il-meismes  avoit  fait  le  traitiet 
audit  Grienequin,  par  telle  manière  que  ledit  fait  de  Lebarre 
être  ochis  étant  ftiit  il  le  paieroit  très-bien,  et  que  l'argent 
qu'il  avoit  envoyé  pour  faire  délivrer  Gliienquin,  il  le  avoit 
meismes  [lui-même]  baillié  et  emprunté  sur  une  siene  cotte 
de  fier. 

Veu  lesquelles  confessions  faictes  par  ledit  Pietrezenne 
en  jugement,  pardevant  nous  et  présent  Arnoul  de  Waudri- 
pont,  Jaques  de  Ramcourt,  Théry  J'Aubermont,  Tassart  du 
Puch,  Willeme  Cathine,  Jaques  Croquevillain,  Jehan  Wettin 
de  le  Teste  d'or,  Gérard  de  Leuze  et  pluiseurs  autres. 

Nous  ycelui  Pietrezenne  condemnames  par  assens,  le 
XXIIP  jour  d'aoust  l'an  dessusdit,  à  morir  de  tele  mort  que 
de  cstre  trainé  et  pendu  tant  qu'il  fust  mort ,  lequel  juge- 
ment fu  exécutez  ledit  jour. 

Le  C<=  jour  iVoclobre  l'an  1595. 

Ghicnequin  Van  der  Beur,  faiseur  de  lattes,  né  de  emprès 
la  ville  de  Gand,  fu  justichicz  de  pendre  corne  Icrres,  par  le 
jugement  de  nous,  Prévostz  et  Jurez,  le  VIII^  jour  d'octobre 
l'an  mil  CCCIIII"et  treize,  pour  ce  que,  de  sa  bonne  et  libé- 
ralle  volonté,  il  congneut  et  confessa  en  jugement  pardevant 
nous,  avoir  ft^itles  larenchins  qui  scnsuient  :  C'est  assavoir, 
que  le  XXVI'=  jour  de  septembre  darrain  passé  ,  il  prist  et 
cmbla,  de  nuyt,  une  grise  jument  en  une  pasture  assez  près 
de  Flobccquc,  en  Haynaut,  cl  laquelle  jument  estoit  à  Jehan 


—  265  — 

le  Boutcillicr,  de  Flobicrc,  et  amena  yccîlc  jument  de  niiyl 
à  Tournay ,  al  hostcl  Jaquemart  Descurins,  lendemain  en- 
sivant  et  le  mena  au  marquiet  as  chevaux  pour  le  vendre  , 
mais  pour  ce  que  nulz  ne  le  barguigna  (marchandât),  il  le 
mena  à  une  autre  maison  dehors  le  porte  Sainte  Fontaine, 
devant  les  murs  des  nonains,  et  là  fu  ladicte  jument  prise  et 
ramenée  en  la  ville  et  recongneuttc  par  ledit  Bonteiller  et  à 
lui  rendue  comme  sienne,  et  avoit  intencion  ledit  Ghicnc- 
quin  de  le  dicte  jument  mener  à  Courtray,  au  marquiet,  au 
lundi  ensiwant,  etfu  ladictc  jument  prisiée,  par  les  coure- 
tiers  sermenticz  de  laditte  ville  de  Tournay,  à  X  frans  d'or. 
Item  congneut  et  confessa  le  diz  Ghienequin  que,  I  an  a 
ou  environ,  il  embla  en  le  maison  Jehan  Bloumart,  faiseur 
de  lattes,  demorant  à  Escornay,  en  se  cambre,  sur  une  roile 
{ruelle)  en  un  pochon  de  terre,  IV  oboles  d'or,  un  à  le  cou- 
ronne et  un  florin  franq.  Item  congneut  et  confessa  come 
dessus  que,  environ  la  my-aoùt  darain  passé,  il  embla  assez 
priés  en  la  dicte  ville  Dcscornay,  en  une  pasture,  un  cheval 
noir  qui  cstoit  à  Piètre  Courtin  et  d'illec  le  mena  à  le  feste  à 
Jabcque,  là  il  le  vendi  à  un  home  dont  il  ne  scet  le  nom  , 
la  some  de  une  livre  de  gros  qui  vault,  à  monnoye  du  Roy 
nostre  Syre,  V  et  demy  ou  environ  ,  et  pourquoi  fu  ledit 
Ghienequin  justiehié,  comme  dict  est ,  à  ce  jour. 


^<ÎX5>d'»-- 


—  266  — 
CONDAMNATIONS  A  MORT 

DANS   LA   VILLE   DE   TOURNAI. 


Le  il  avril  139S.  [N.  st.)  —  Hanin  Brozet ,  natif  du 
pays  de  Hainaut ,  est  traîné  de  ça  l'Escaut  et  de  là,  puis 
pendu  et  étranglé  à  mort ,  pour  avoir  trahi  Sire  Gilles 
Franque  ,  prêtre  ,  en  le  livrant  à  quatre  compagnons  qui  le 
tuèrent  près  de  la  porte  de  Marvis  ;  il  était  en  outre  reconnu 
coupable  de  plusieurs  autres  crimes,  dont  un  commis  en 
l'évéché  de  Liège,  du  commandement  de  Messire  Rasse  de 
Monligny.  —  Exécuté  en  la  justice  de  la  ville  à  Ilavines. 

Le  20  mai  1394.  —  Lotin  Moellet ,  caudrelier  ,  natif 
d'Arc  en  Hainaut,  est  pendu  et  étranglé ,  pour  avoir  emblé 
de  nuit  cinq  pièces  de  caudrelach  à  Ramecroix  et  sept  sem- 
blables pièces  à  Rumegnies. 

Le  16  octobre  1594.  —  Ilennequin  Fourment  est  con 
damné  à  être  traîné  et  pendu,  pour  deux  meurtres  commis 
par  lui  et  trois  de  ses  complices  au  bois  de  Bi'cuze,  près  de 
Tournai.  Le  16  octobre  1594,  le  condamné  ayant  été  re" 
connu  clerc,  est  rendue  l'oflicial  de  Tournai  qui  le  remet  au 
doyen  de  Cambrai ,  les  méfaits  ayant  été  perpétrés  en 
l'évéché  de  Cambrai. 

Le  28  tiovembre  1594.  —  Colart  de  Biauwez,  marchand 
de  fi'omagcs  ,  natif  de  Tierrache  ,  demeurant  au  roduit , 
convaincu  de  vol  avec  effraction  ,  est  pendu  et  étranglé  par 
devant  les  prévôts  et  jurés.  (A  la  suite  du  jugement  se  trouve 
t'cttc  mention  que  ledit  de  Biauwez,  condamné  et  exécuté, 
n'a  voulu  aucune  chose  confesser. 


—  267  — 

Le  S  février  1595.  [N.  si.)  —  Ilcnncquin  Bonncfoy,  par- 
racnticr ,  fils  de  Jehan ,  demeurant  à  S'-Omer  près  de  la 
tannerie,  âge  d'environ  23  ans,  est  pendu  à  la  justice  devers 
France,  pour  avoir  volé  des  objets  d'étain  et  des  manteaux 
qu'il  vendait  à  des  vieuwariers,  ou  qu'il  déposait  chez  des 
usuriers  pour  garantie  de  l'argent  qu'il  empruntait. 

Le  l'ijuin  1393.  —  Ilennequin  Cassant,  natif  de  la  pa- 
roisse de  S*-Jacques  à  Tournai,  est  traîné  et  pendu  à  la 
justice  au  lez  devers  S'-Martin,  pour  vols  de  grands  chemins 
commis  dans  les  environs  d'Ypres,  d'Audenarde,  d'Anvers. 
Il  est  en  outre  convaincu  de  meurtre  sur  la  personne  d'un 
marchand,  revenant  de  la  fête  d'Anvers. 

Ce  même  jour.  —  Colin  de  Ilénau ,  dit  petit  Liégeois , 
natif  de  l'évêché  de  Liège,  est  pendu  au  même  endroit,  pour 
un  grand  nombre  de  vols  et  trois  meurtres,  savoir  :  1»  un 
homme  de  Soignies ,  tue  dans  les  bois  de  Nimy,  près  de 
Mons  ;  2°  un  homme  dans  les  bois  de  Samuscy,  près  de 
Laon  ;  3°  un  homme  à  une  lieue  près  de  Lens ,  en  Artois. 

Mahuct  Dou  four,  natif  de  Douai ,  est  pendu  audit  lieu , 
comme  voleur  et  coupeur  de  bourses  (même  jour.) 

Hcnncquin  Rivelois  dit  Maquart,  natif  du  Quesnoy  le- 
comte,  est  pendu  au  même  endroit,  pour  semblables  méfaits 
(ledit  jour). 

te  14  juin  1595.  —  Bertrand  Grignon ,  natif  de  Grain- 
court  lez-Cambrai  et  Ilennequin  dcLombise  dit  Fafillart, 
natif  de  Valenciennes,  reconnus  coupables  de  vols,  de  deux 
meurtres  commis  dans  les  bois  de  S'-Amand  et  d'un  autre 
dans  les  bois  de  Raisse,  près  de  Douai,  sont  pendus  h.  la  jus- 
tice vers Ilavines. 

Dans  son  interrogatoire,  ce  dernier  déclare  et  affirme  que 


—  268  — 

si  l'on  voulait  examiner  séparément  tous  les  geugons  et 
valets  de  taverne,  on  les  trouverait  comme  lui  larrons  et 
meurtriers. 

Le  \Q  août  1595.  —  Micliaut  de  Namur,  valet  de  taverne, 
natif  de  Lille^  âgé  de  50  ans ,  est  pendu  à  la  même  justice, 
pour  vols,  meurtres  de  plusieurs  personnes  et  d'un  enfant 
nouveau-né. 

On  voit  qu'à  cette  époque,  les  prévôts  et  jurés  convoquaient 
en  la  halle  les  principaux  bourgeois  de  la  ville ,  et  en  leur 
présence,  interrogeaient  les  prisonniers  criminels. 

Le  13  août  1595.  —  Hennequin  de  Werny  ditdesaint- 
Omer,  cordonnier,  âgé  de  52  ans,  est  pendu  à  la  dite  justice, 
pour  deux  meurtres  et  plusieurs  vols. 

Le  20  août  1595.  —  Jehan  Lohiel  dit  Lebon,  racnestriel 
et  batteur  en  grange,  natif  de  Houtaing,  âgé  de  56  ans  et 
Régnier  Mousquet ,  dit  Rencchon  ,  soyeur  d'ais  ,  natif  de 
Damerics  en  Hainaut,  également  de  36  ans,  sont  pendus  à 
la  justice  nouvellement  rédifiée  à  5  piliers  à  la  planque 
D'Angy,  pour  différents  vols  et  les  meurtres  suivants  :  1° 
près  du  pont  de  Raisse  et  Bcrséc,  ils  tuèrent  un  berger  qui 
gardait  des  brebis  et  lui  enlevèrent  trois  couronnes  d'or; 
2"  deseure  la  pierre  à  Wault ,  ils  tuèrent  un  homme  sur 
lequel  ils  prirent  deux  couronnes  et  un  franc  de  Ilainaut , 
en  or;  5°  près  d'Atrene  en  Ilainaut,  ils  tuèrent  un  homme 
et  lui  enlevèrent  50  sols;  4°  près  de  Maubcuge,  un  autre 
homme;  5°  près  de  S'-Amand,  un  autre  homme. 

Le  17  décembre  1595.  — Jaquemart  Roussicl ,  dit  du 
Castiel,  peltier,  natif  de  Valenciennes ,  coupable  de  viol  sur 
une  jeune  fille  de  9  ans ,  est  pendu  à  la  flesquc  de  la  grande 
justice  devers  S'-Marlin,  qui  de  nouvel  cstoit  réparée;  ce  fut 


—  260  — 

le  premier  homme  justicic  à  ladite  justice  tout  haut,  au  lez 
senestre,  en  allant  de  Tournay  à  icelle  justice. 

Le  23  mars  139G.  {N.  st.)  —  Ilannequin  Fierin,  dit  le 
fier,  natif  de  Moustrale  près  de  Merquerque,  est  pendu  à 
ladite  justice,  pour  avoir  commis  plusieurs  vols  dont  un 
entre  Le  Dam  et  Lescluse,  sur  un  marchand  auquel  il  coupa 
la  langue.  Il  fut  constate  «  qu'il  avoit  été  avec  Jaquemart 
»  Leroux,  naguères  exécuté  à  Gand,  et  autres  leurs  compli- 
»  ces,  sur  la  mer  en  certaines  nefs  en  l'une  desquelles 
»  estoient  chincq  marchans  de  Venise ,  lesquels  marchans 
)»  furent  par  icellui  Hennequin  et  ses  dis  complices  loyés  et 
»  ancrés  en  la  mer  et  en  icelle  mer  gettés  et  noyés,  et  leur 
»  avoir  départy  entre  icellui  Hanncquin  et  ses  dis  complices.» 

Le  2  mai  i396.  —  Jehan  Gobellart,  navieur,  natif  d'Ab- 
beville ,  demeurant  aux  caufours  ,  est  pendu  audit  lieu  , 
pour  avoir,  d'un  couteau  taillepain  et  de  propos  délibéré, 
féry  parderrière  Hanequin  le  Bourgheugnon  chcut  mort 
sans  parler. 

Le  18  septembre  1396.  —  Baudet  le  Conte  et  Jehan 
Daneulin  ,  caudrcliers,  pour  coups  et  blessures  ayant  occa- 
sionné la  mort  instantanée  de  Jehan  de  Bouvines,  sont  traî- 
nés pardcvant  l'huis  du  défunt  et  ensuite  pendus  à  la  justice 
hors  de  la  porte  S*-Martin. 

Le  0  août  1597.  —  Guillemain  Bazolle  ,  varlet  boulen- 
ghier  et  manouvrier,  natif  de  Meaux  en  Brie,  est  pendu  à  la 
même  justice,  pour  vol  d'escalles  d'argent  chez  son  maître  ; 
il  commit  d'autres  vols  d'objets  d'argent  dans  des  hôtels  et 
cabarets  à  Meaux ,  à  Mondidier ,  à  Péronne,  à  Melle  en  Ver- 
mandois,  à  Soissons,  à  Cambrai,  à  Compiègne, 


—  270  — 

Le  22  mars  4399.  {N.  si.)  —  Gillet  Suzanne  ,  hiigieret 
soyeur  d'ays  ,  natif  d'Auhervillcrs  près  de  Mondidier  ,  est 
pendu  à  ladite  justice,  pour  vols  avec  effraction  et  escalade 
à  Frasncs  en  Hainaut. 

Le  26  mars  1399  {JV.  st.)  —  Collin  Doullet,  varletgheu- 
gon  de  taverne  ,  natif  de  Walers,  près  de  Hennin  en  Hai- 
naut ,  est  pendu  à  la  même  justice  ,  comme  complice  de 
Jaquemin  Vaillant,  naguère  exécuté  à  Maire,  pour  meurtres 
suivis  de  vol. 

Le  6  mai  1599.  —  Colin  Chrcstien  ,  dit  de  Bouvincs  , 
natif  de  Baisieux,  autre  complice  de  Jaquemin  Vaillant,  est 
pendu  audit  lieu. 

Le  25  mai  1400.  —  Jehan  Bulleticl,  fds  de  Colart,  labou- 
reur, est  pendu  à  la  justice  dehors  la  porte  S'-Martin,  pour 
vols  avec  escalade  et  effraction. 

Ze  13  oclobi'e  1400.  —  Hennequin  Vrcdiel,  trouvé  pendu 
au  râtelier  d'une  étable,  est,  sans  aucun  jugement,  pendu  à 
la  justice  dehors  la  porte  S'-Martin,  par  l'exécuteur  des  ju- 
gements criminels. 

Le  8  novembre  1 400.  —  Hennequin  Varlet,  dit  le  borgne, 
varlet  de  taverne,  est  pendu  à  la  même  justice,  pour  meurtre 
commis  le  soir  sur  la  personne  de  Jaquemart  Deletraison. 

Le  IG  novembre  1400.  —  Gillet  Leblancq,  natif  de 
Carvin  en  Caraban,  carpentier,  prisonnier  le  17  juin  1398 
comme  hourier  pubUc,  est  traîné,  pendu  et  étranglé  à  ladite 
justice,  pour  avoir  rançonné  4  des  (illcttcs  de  vie  en  la  rue 


—  271  — 

Cnmioi),  les  avoir  forcées  de  lui  donner  chacune  u/jc  cloquelte 
d'argent  pour  faire  une  esqucrpe ,  disant  que  c'estoit  pour 
cstre  plus  joli  au  voyage  de  Frise  où  il  entendoit  lors  aller; 
convaincu  de  plus  d'ctrc  tueur  de  gens,  coupeur  de  pieds  et 
de  membres  pour  argent ,  efforceur  de  femmes,  tenseur  et 
larron. 

Le  jugement  de  Gillct  Leblancq  donna  lieu  à  un  conflit 
de  juridiction  que  le  registre  de  la  loi  rapporte  en  ces  terme  : 

«  Le  jocdi  XX*  jour  du  mois  de  juin  (1598),  ainsi  comme 
»  nos  prédécesseurs  cstoicnt  au  matin  en  halle  assemblez 
»  pour  procéder  en  la  délivrance  ou  encombrancc  dudit 
»  Gillct,  selon  ses  démérites,  l'apariteur  de  Mons.  l'Evesque 
n  de  Tournay  estoit  venu  par  devers  eux  et  leur  avoit  requis 
»  à  ravoir  et  à  li  cstre  rendu  ledit  Gillct,  comme  cicrcq  qu'il 
»  disoit  cstre.  Toutcsvoies  avant  que  ledit  appariteur  cust 
i>  plus  avant  procédé  en  sadite  monition ,  nosdis  prédéccs- 
»  scurs  se  traisent  par  devers  Mons.  l'Evesque  de  Tournay 
)•  et  parlèrent  à  icelui  dudit  cas ,  liqucl  leur  rcspondi  les 
1»  parollcs  qui  sont  contenues  en  certaine  instruction.  Par 
»  Icquclle  response  faite  par  ledit  cvesquc  et  pour  sa  rcvc- 
»  rencc,  nosdis  prédécesseurs  avoient  différé  à  procéder  plus 
»  avant  en  ladite  besongne.  Et  après  aucune  appellation 
»  faite  dudit  évesquc  ou  de  son  oflicial  qui  s'elforchoicnt, 
»  par  Icsdites  monitions  et  citations,  à  ravoir  ledit  Gillct, 
)»  nonobstant  qu'il  ne  fust  en  abit  ne  en  possession  de  ten- 
»  sure,  nosdis  prédécesseurs,  pour  cscliivcr  le  péril  de  sen- 
i>  lence  d'cscomminicnt,  firent  impélrcrdu'Roy  noslrc  Sire 
j>  j  mandement,  par  vertu  duquel  mandement  fu  fait  audit 
'»  évesquc  ,  son  officiai ,  promoteur  et  appariteur  dcffence 
»  (juc,  à  paine  de  V^  mars  d'argent  et  de  la  prinse  de  son 
»  temporel,  il  rappcllasl  Icsdites  monitions  et  laissast  nosdis 
n  prédécesseurs  joïr  de  leur  juridiciou  et  cognoistrc  de  leur 
»  dit  prisonnier.  Sur  quoy  opposition  baillié  par  ledit  éves- 


—  272  — 

»  que  et  officiers,  jours  fu  assignez  aux  parties  en  parlement, 

»  par  lequelle  les  parties  oyes  dit  fu  par  arrest  queledit  Gillet 

»  demoroit  à  nos  dis  prédécesseurs  et  en  congnistcroient , 

»  en  leur  faisant  commandement  que  à  icellui  Gillet  feissent 

»  brief  accomplissement  de  justice.  » 

Le  29  aunV  4401.  —  Estievenet  Dele  Noncamp,  tisserand 
de  toiles,  natif  de  Frasnes,  est  pendu  à  la  haute  justice  vers 
S'-Martin,  pour  plusieurs  vols  commis  avec  escalade  et 
effraction. 

«  L'an  de  grâce  mil  quatre  cens  et  un,  le  dimanche  xvij* 

»  de  jullet,  environ  le  premier  wigneron,  Mengne,  femme 

»  Haquinet  de  Haynnau  dit  par  men  arme,  mesquine  Symon 

»  dou  Quesne,  monnier  demorant  au  molin  condist  de  le 

>  Hamaide ,  en  la  parrochc  Saint-Picre  en  Tournay ,  fu 

»  trouvée  en  le  loge  hault  d'icelui  molin  morte  désespérée, 

»  pendue  et  estrangléc  par  le  col  d'un  lyecol  de  cheval.  Et 

»  le  lundi  ensuiant,  par  assens  de  jurez,  sans  faire  ne  assir 

»  quelque  jugement  sur  ladite  Mengne ,  fu  menée  en  un 

M  baniel  par  l'exécuteur  de  justiche  au  gibet  de  ladite  ville, 

»  où  elle  fu  arse.  Fait  ledit  lundi,  a 

Le  'i^  janvier  1402.  (Jl^.  st.)— Jehan  de  Hollay  est  pendu  à 
la  justice  vers  S*-Martin,  comme  coupable  de  deux  homici- 
des commis  l'un  sur  la  personne  de  Gillart  Mouton ,  fils  de 
seigneur  Michel,  bourgeois  de  Tournai  et  maycur  des  échc- 
vins  de  la  cité,  et  l'autre  sur  la  personne  de  Jehan  Fachon. 

Z?e  16  janvier  1402.  {N.  st.)  —  Piérart  Garbert,  varlet 
de  taintenicr,  est  pendu  à  la  même  justice,  pour  un  grand 
nombre  de  vols. 


—  273  — 

Ze  28  février  1402.  {N.  st.)  —  Gillcl  Caigncl ,  natif 
d'Obigies,  est  pendu  à  la  basse  justice  dehors  la  porte 
S'-Martin,  pour  un  grand  nombre  de  vols. 

Le  '2  juin  1402.  —  Willaumc  le  Barbier,  raanouvricr, 
natif  de  Ilauthem  S'-Liévin,  comte  d'Alost,  est  pendu  à  ladite 
justice,  pour  vol  de  deux  juments. 

Le  15  juillet  1402.  —  Jaquemart  de  Ribroeq,  de  Wanc- 
brechics,  est  pendu  à  ladite  justice,  pour  vols  avec  escalade 
et  effraction. 

«  Le  venrcdy  XXIX'=  jour  du  mois  de  septembre  l'an 
»  mil  CCCC  et  deux,  Conrart  Certoul,  merchier,  fu,  par  ju- 
»  gcraent  de  nous,  prevoslz  et  jurez  ,  condempné  à  estre 
»  pendu  et  trainc  tant  que  mort  s'en  ensuit,  pour  ce  que 
'»  sur  le  paix  de  le  ville  jurée  entre  ledit  Conrart ,  d'une 
»  paît  et  Jehan  Dauchi  le  fil,  d'autre  part,  en  le  main  de 
»  sire  Marq  Villain  ,  prevost,  le  XIX<=  jour  d'avril  mil  CGC 
»  IIIj"  et  XIX,  ycclui  Conrart,  en  enfraignant  et  violant 
1»  ycelle  paix,  avoit,  le  XXVIIj«  jour  de  février  ensuiant,  fait 
»  batre ,  navrer  et  injurier  ledit  Dauchi ,  à  l'entrée  de  l'uis 
»  de  se  maison  et  dcns  ycelle,  par  Franchequin  Platiel , 
»  lequel  fait  ycelui  Franchequin  avoit  fait  à  le  rcqucste  et 
»  du  commandement  dudit  Conrart  et  pour  argent ,  si 
»  comme  par  le  depposition  dudit  Franchequin,  en  lequclle 
)»  ledit  Conrart  s'estoit  rapporté  entiremcnt,  volu  et  accepte 
»  par  ycelle  prendre  et  oyr  droit  et  par  le  procès  sur  ce  fait 
>  est  plus  ad  plain  contenu.  Et  si  furent  confisquic  au  droit 
»  de  ledite  ville  le  moittic  de  tous  les  biens  quelconques  , 
»  meubles  et  immeubles ,  que  ledit  Conrart  avoit  et  ledit 
«  jugement  exécute  ledit  jour,  à  le  justice  que  ledite  ville  à 
ï  le  planque  d'Angy.  " 


—  274  — 

Le  iO  janvier  4403.  {N.st.) —  Henncquin  PoUet,  natif 
de  Bcclers  en  Hainaut,  hourier  (1),  qui  avait  eu  précé- 
demment une  oreille  coupée  pour  aucuns  larcins  par  lui 
commis,  est  pendu  à  la  justice  de  le  planque  d'Angy,  pour 
un  grand  nombre  de  vols  par  escalade  et  sur  les  chemins 
publics ,  ainsi  que  plusieurs  meurtres  commis  à  Frasnes  ,  h 
Béclers,  à  Quartes,  à  Maulde,  h  Havinnes,  à  S'-Sauveur,  à 
Rcnaix,  à  Audenarde,  à  Binche,  etc. 

Le  ùl  janvier  iifOô.  {JV.  st.)  —  Chrestien  Perche,  fai- 
seur de  lattes,  natif  d'Arquenghehem  sur  la  Lys,  est  pendu 
à  la  justice  de  la  haute  flèche  du  hapart  vers  S'-Martin,  pour 
vols  de  chevaux. 

Le  51  janvier  4404.  {N.  st.)  —  Colle  Vandendalle, 
dite  de  le  Haghe,  de  Courtrai,  ayant  déjà  eu  l'oreille  coupée, 
est  condamnée  pour  larcins  nouveaux  et  enfouie  toute  vive 
cmprcs  de  la  haute  justice,  hors  de  la  porte  S*-Marlin. 

le  49  mars  4404 .  {IV.  st.).  —  Jehan  Charlicr ,  de  Mons 
en  Hainaut ,  est  pendu  et  étranglé  à  la  justice  dehors  la 
porte  St-Martin ,  pour  de  nombreux  vols. 

Le  ^^  juillet  1404.  —  Jaquot  Courcl ,  fils  de  Mathieu ,  de 
Tressin ,  prisonnier  au  beffroi  en  haut ,  en  la  prison  du 
Celicr ,  au-dessus  du  moyen  étage ,  pour  larcins ,  est  trouve 
pendu  de  se  courroie  et  iVun  couvrechicf.  Son  corps  est  mis, 
sans  jugement,  en  un  baniel  et  mené  as  camps,  puis  pendu 
par  le  bourreau  hors  de  la  porte  S'-Marlin. 


(I)  Hourier,  homme  qui  vil  dans  la  débauche. 


—  275  — 

Sentence  tirée  du  Registre  de  Cuir  noir,  {folio  104,  ver")  au 
sujet  de  la  condamtiation  à  ynort  de  Jean  de  Mideldoncq 
de  Louvaing,  lequel,  après  avoir  tué  Henri  de  Broiissielle, 
s'était  réfugié  dans  l'église  de  S^-Jacques.  Le  doyen  du  cha- 
pitre de  Tournai  et  son  conseil  s'étant  réunis ,  délibérèrent 
sur  le  fait  :  puis  déclarèrent  que  le  criminel  ne  devait  point 
jouir  des  franchises  de  l'église.  En  conséquence,  il  fut  em- 
mené par  deux  cloquemans  (bedeaux)  jusqu'à  la  porte  du 
Beffroi  et  là  livré  entre  les  mains  des  sergents  de  l'autorité 
municipale,  qui  eux-mêmes  conduisirent  leur  prisonnier 
par  devant  les  Prévôts  et  Jurés  de  Tournai  qui  le  jugèrent 
et  le  condamnèrent,  commemeurtrier,  à  être  traîné  et  pendu 
tant  qu'il  fut  mort. 

Le  9  du  mois  d'octobre  de  l'an  1405.  —  L'an  de  grâce  mil 
CCCC  et  V,  le  mardi  XXIX°  jour  du  mois  de  septembre , 
environ  VII  heures  en  le  nuyt ,  Jehan  Mideldonc  ,  né  de 
Louvaing  ,  cousturier  ,  navra  {blessa)  Henry  de  Broussielle 
dit  de  lïouscm ,  aussi  cousturier,  au  hatriel  {cou)  dont  mors 
s'ensui  incontinent  en  le  personne  dudit  Henry,  sans  parler 
ne  eslre  conjure  par  loy.  Liquel  fait  venu  à  le  eognissance 
de  sire  Jehan  Wettin  ,  prévost  de  Tournay,  il,  accompagnic 
d'aucuns  ses  scrgens  et  autres ,  vint  au  lieu  où  ledit  Henry 
gisoit  sur  cauchie  {lepavé),  contrelemaisonHuartde  Quartes 
et  entre  le  rue  des  Corriers ,  sur  le  grant  rue  S'-Jacques  et 
l'église,  lequel  Henry  avoit,  ad  ce  qu'il  apparu,  le  hatriel  par 
dcrière  coppé  plus  que  à  moitiet.  Et  ce  fait,  ledit  sire  Jehan 
Wettin,  avec  lui  Jehan  de  Baissi,  Pierre  Centmars,  Enguer- 
ran  de  Sottenghien  et  Mahieu  Destraielles,  jurez,  se  trairent 
(se  rendirent)  et  approchicrent  en  ledite  église  S'-Jacqucs  par 
devers  ledit  Jehan  de  Mideldonq,  en  une  nœfve  cappielle  où 
il  s'estoit  mis  à  refuge,  auquel  fu  demande  par  ledit  prévost 
quel  cose  il  y  faisoit  ;  lequel  li  rcspondi  et  dist  que  ainsi  qu'il 


—  276  — 

passoil  tous  seulz  devant  l'ostel  dudit  Huart  de  Quartes  ,  il 
avoitcneontré  ledit  Henry,  sonhyncux  (ennemi),  dontlesang 
de  son  corps  s'estoit  meus  et  avoit  tiré  un  grant  couticl  à 
clau  qu'il  avoit ,  dit  qu'il  avoit  l^ru  ledit  Henry  deux  cops 
ou  hatriel  de  costé,  si  qu'il  l'avoit  abatu  et  fait  queir  à  terre 
et  si  l'avoit  après  féru  deux  cops  es  gambes.  Et  oultre,  co- 
gnent, as  demandes  et  interrogatores  à  lui  faites  par  ledit 
prévost,  qu'il  estoit  bastard  et  qu'il  y  avoit  paix  de  le  ville 
entre  lui  et  ledit  Henry,  et  que  s'il  y  eust  C  paix  entre  eux, 
si  en  eust-il  fait  autant  et  ne  s'en  repentoit  point ,  mais  avoit 
ledit  de  Mideledonq,  si  comme  il  disoit,  espié  ledit  Henry, 
passé  avoit  trois  jours  et  que  se  ledit  fait  estoit  à  faire  il  le 
feroit  encore,  s'il  pooit,  pour  ce  que  ledit  Henry  li  avoit  fait 
villenie  et  rosté  {oté)  sen  gaignage.  Lesquelles  confessions  et 
parollcs  semblables,  ledit  de  Mideledonc  dist  et  réitéra  assés 
tost  après,  présent  sire  Marcq  Villain,  prévost  de  le  commu- 
gne,  maistre  Jaques  Coure  ,  conseiller  général  et  Willaume 
Cathine,  procureur-général  de  ladite  ville  et  autres  officiers 
et  gens  d'icelle,  monstrant  d'avoir  ledit  fait  pour  plaisant  et 
disant  qu'il  s'estoit  vengié  de  son  anemi,  et  à  ce  estoit  aussi 
présent  maistre  Raoul  le  Maire,  canonne  de  l'église Nostrc- 
Dame  de  Tournay,  du  consentement  duquel  ledit  de  Mide- 
ledonq fu  mis  hors  de  ledite  cappclle,  église  et  atrc  S'-Jaques 
et  mené  par  les  sergens  de  le  ville  en  ledite  église  et  mous- 
tier  Nostre-Dame  et  de  là  mis  et  enfermé  es  prisons  de 
Brunnin,  et  là  détenu  jusques  au  venredilV*  jour  d'octobre 
ensuivant,  endedens  lequel  information  et  aprinse  fu  faite 
et  le  vérité  du  cas  enquise  et  sceu  comment,  sur  le  paix  de  le 
ville  ledit,  de  Mideledonq  qui,  grant  temps  paravant  avoit 
conchcu  et  porté  hayne  audit  Henry ,  avoit  de  coragc  pré- 
cogité envoyé,  un  varlet  esperonier,  nommé  Laurcquin  de 
Valinq  ,  ne  de  Louvaing  ,  qui  couchoit  en  sa  maison,  par 
devers  ledit  Henry  et  en  sa  maison  tout  estin  aie  cspcron- 


—  277  — 

ncrie  portant  en  l'une  de  ses  mains  un  coppon  de  torse 
{torche)  alumcc  et  une  pièche  de  drap  sur  l'un  de  ses  bras , 
dire  et  requcrre  que  il  volsist  alcr  à  l'ostcl  au  chierf,  en  Icdite 
grant  rue  S'-Jaques,  devers  un  chevalier  du  dehors  qui  là 
esloil  logié  et  que  c'estoit  pour  li  taillier  une  huppelande  ; 
lequel  Henry,  cuidant  que  il  deist  vérité  ,  s'estoit  parti  et 
cnalléaveclcdit  Laurequin,  sans  mener  avec  lui  fors  un  petit 
valelon;  liquel  Laurequin,  avoecq  îedite  torse  et  ledit  drap 
sur  son  brach,  amena  ledit  Henry  avec  lui  et  le  fist  aler  par 
le  rue  Picquct  et  par  le  ruyclle  qui  est  contre  l'atrc  de  Icditc 
église  S*-Jaques  et  se  retournoit  aucune  fois  derrière  lui, 
dont  ledit  Henry  se  csmervcilla  {s'étonna)  et  li  demanda  qu'il 
quéroit  (ce  qu'il  cherchoit];  lequel  Laurequin,  pour  le  appai- 
sier,  li  disoit  et  dist  qu'il  devolt  là  trouver  des  gens  de  se 
livrée  5  et  quant  ils  furent  venus  devant  le  maison  dudit 
Huart ,  ledit  de  Midcledonq,  qui  estoit  en  arrêt  audit  altre 
ou  environ  et  près  d'icelui  où  il  avoit  esté  et  fait  son  espi- 
rcment,  acouru  devers  ledit  Henry  et  le  féry  plusieurs  cops 
d'un  grant  couticl  à  clau ,  si  qu'il  li  coppa  presque  tout  jus 
le  hatricl  et  l'abuti  là  mort  en  le  plachc,  et  ledit  Laurequin 
vcant  ledit  de  Midcledonq  venir  et  férir  sur  ledit  Henry, 
fcry  {frappa)  Iedite  Xorse  contre  terre  ctl'estindi  {l'étendiL) 
Aussi  est  vérité  que,  près  du  lieu  où  ledit  fait  fu  perpétré  par 
ledit  de  Midcledonq  et  pour  lui  en  ce  aidier  et  conforter,  se 
mestier  {si  besoin)  en  euist  eu,  cstoienl  Gillet  Crcl  et  Haynne 
le  palcfrinicr  mons.  l'évesque  de  Tournay,  lesquelz  il  avoit 
requis  d'ostre  avec  lui  et  lesquelz  avoient  joquié  {s'élaieni 
arrêtés)  et  fait  ledit  espicmcnt  sur  le  touquet  {angle)  de 
Iedite  rue  des  Coriers.  Lesquelles  informations  et  api-insc 
faites  avec  les  coses  dessusdiles,  l'cnormilé  dudit  cas,  les 
confessions  dudit  de  Midcledonq  et  comment  il  avoit  espié 
oudit  attre  ou  près  et  environ  ycclui  cl  en  ycclui  rentré 
depuis  ledit  fait  par  lui  perpètre  et  qu'il  avoit  fait  ledit  fuit 

55 


—  i:78  — 


par  insidc,  furent  rcmonstrées  à  Messieurs  doyen  et  capitle 
de  l'église  Nostrc-Dame  de  Touraay  par  lesdis  prévostz, 
Coure  et  auîrcs  jurez  et  du  conseil  de  le  ville,  en  culz  re- 
quérant et  tendant  adnn  que  iceux  doyen  et  capitle  volussent 
auxdis  de  le  ville  rendre  ledit  de  Midcledonq  ou  le  bouter 
hors  de  leur  église,  dire  et  prononcliier  qu'il  ne  deust  point 
joir  de  ledite  immunité,  considéré  ce  que  dit  est  et  que 
ledit  fait  ledit  de  Midcledonq,  malfaiteur,  avoit  fait  daguct 
propos  et  par  inside  ,   en  alléghant  par  ledit  Coure  sur  ce 
plusieurs  raisons,  lois  et  décrélalles  qu'il  monstra  de  bou- 
che et  par  livre  auxdis  de  capitle  entre  Icsquclz  avoit  plu- 
sieurs canonncs ,  clercs  légistes.  Et  que  finablemcnt  lesdis 
de  capitle  informés  par  eulx  ou  leurs  baillifs  et  officiers 
dudit  cas  et  oye  la  confession  dudit  de  Midcledonq ,  après 
ce  qu'ils  se  furent  conselUiés  à  autres  et  qu'ils  en  eurent  en- 
voyé querre  conseil  à  plusieurs  clercs ,   tant  à  Audenardc 
comme  ailleurs ,  eu  sur  ce  advis  et  meure  délibération,  dé- 
terminèrent et  firent  prononcliier  par  ledit  doien  que  ledit 
de  Midcledonq  ne  devoit  point  joir  de  ladite  immunilé  ne 
avoir  le  franchise  de  l'église,   et  firent  icclui   malfaiteur 
bouter  hors  de  leur  église  et  emmener  par  deux  de  leurs 
cloquemans  jusques  devant  le  bclfroy  et  là  le  livrèrent,  ledit 
venredi  ix'=  jour  d'octcmbre,  es  mains  de  certains  scrgens  de 
ledite  ville,  liqucl  le  prinrcnt,  saisirent  et  emmenèrent  en 
halle  par  devant  les  prévostz  et  jurez  de  ledilc  ville,  Icsquclz 
incontinent ,  par  assens,   sur  les  confessions  dudit  Midcle- 
donq qu'il  avoit  fait  et  fist  lors  et  que  dudit  cas  cl  maléfice 
leur  estoil  apparu,  le  condcnipnèrcnt  à  estre  traîné  et  pendu 
tant  qu'il  fust  mort.  Lequel  jugement  fut  exécuté  celui  ix« 
jour  devant  disner  et  menés  tous  atellés  cl  en  le  traînant 
depuis  les  degrés  de  le  halle  pardevant  le  maison  dudit  feu 
Henry  et  dudit  de  Medelcdonq  mcsmcs,  en  le  Lormcric  cl 
sur  le  lieu  où  ledit  fait  fu  fait  cl  le  dil  Henry  IrouVc  gisanl 


—  279  — 

inoil  cl  de  là  jusqucs  au  dehors  de  le  porte  S'-Marlin  où  on 
le  fisl  nionlcr  sur  un  qucval  cl  puis  fu  pendus  à  le  haulte 
jusliebe  et  flesquc  de  le  lour  de  ledile  justice,  dehors  Icditc 
porte  S'-Martin,  qu'en  appelle  le  Happarl. 

Le  20  Novembre  1404.  —  Pcrrinet  le  Sergent,  mcnes- 
trier,  fils  de  lïcnri,  parmcnlicr  et  wcttc  (garde)  de  Gand, 
est  pendu  à  la  justice  des  basses  fourches  hors  de  la  porte 
S'-Martin,  pour  larcins. 

Le  9  Novembre  Î40S.  —  Jehan  de  Medelcdoncq,  couturier, 
ne  à  Louvain,  après  avoir  jure  la  paix  de  la  ville  avec  Henri 
de  Ilouscm  dit  de  Broussicllc,  assaillit  ce  dernier  et  le  tua, 
aide  de  Gilles  Creq  et  du  palefrenier  de  l'cvêque  de  Tournai. 
Après  ses  aveux,  le  meurtrier  fut  amené  en  l'église  Notre- 
Dame  et  mis  prisonnier  au  Brunain  jusqu'à  ce  que  le 
chapitre  eût  prononcé  qu'il  ne  devait  pas  jouir  de  l'huma- 
nité, ce  qui  eut  lieu  le  9  novembre  1403.  Les  Doyen  et 
chapitre  firent  alors  expulser  le  meurtrier  de  l'église 
N.-D.  par  deux  de  kurs  cloqucmans  qui,  devant  le  beffroi, 
le  livrèrent  entre  les  mains  des  sergents  do  la  ville  qui 
l'amenèrent  en  la  halle.  Vu  l'énormilé  du  cas,  il  est  immé- 
diatement jugé  et  condamné  à  être  pendu.  Ce  jugement  est 
exécuté  le  même  jour,  avant  midi,  à  la  justice  hors  de  la 
porte  Si-Martin. 

Le  11  décembre  iiOo.  —  lîcnnequin  du  Corrcit  dit 
Corrcttc,  ouvrier  de  kieutils,  natif  de  Wodccq  en  la  ehâtel- 
Icnic  de  Flobcrt  et  de  Lessines,  arrêté  à  cause  de  menaces 
proférées  contre  un  sergent,  est,  par  suite  d'enquêtes  faites 
par  deux  jurés  dans  diverses  localités ,  reconnu  coupable  de 
différents  vols  et  pour  ce  motif  pendu  au  happart. 

Le  iO  juin  140G.  —  Pasquc  Després  ayant,  après  avoir 


—  280  — 

juré  la  paix  de  la  ville  avec  Raoul  Mandcgucrre,  son  ancien 
amant ,  mis  le  feu  à  la  maison  de  ce  dernier  et  occasionné 
par  là  la  destruction  totale  de  plusieurs  maisons  voisines , 
est  condamnée  à  être  liée  à  une  estaque  et  à  icelle  arse  tant 
qu'elle  soit  morte ,  assez  près  de  la  tour  de  la  haute  justice. 

Le  15  décembre  1406.  —  Rogier  Poutrain,  receleur 
d'objets  volés  h  Henri  de  Briach ,  doyen  de  l'église  Notre- 
Dame,  est  pendu  à  la  justice  dite  les  basses  fourqucs  hors 
de  la  porte  St-Martin  et  les  biens  qu'il  possède  dans  la  ville 
sont  déclarés  confisqués.  Le  voleur  Jean  le  Hacre ,  Keux 
(cuisinier)  du  doyen ,  est  rendu  comme  clerc  à  l'olïïcial. 
(Le  jugement  parle  de  deux  complices  dont  l'un  était  le 
neveu  du  doyen  et  l'autre  son  palefrenier,  mais  on  ne  dit 
pas  s'ils  ont  été  poursuivis). 

Le  22  décembre  1406.  —  Hennequin  le  Sauvage,  de 
Quartes,  incendiaire  et  voleur,  est  pendu  et  étranglé,  pen- 
danl  à  son  hatriel  un  pochon  à  tout  un  tison  en  signification 
dudilfeu. 

Le  7  avril  1407.  —  Raoulet  de  Dînant ,  potici'  d'étain, 
de  Compicgne ,  et  Jehan  Jolit ,  cloqueman  de  Notre-Dame , 
sont  brûlés  vifs  pour  crime  de  Sodomie. 

Le  10  mai  1409.  —  Vinchent  de  Silly,  fils  de  Henri , 
marié ,  demeurant  à  Montigny  près  de  Lens  en  Hainaut, 
voleur  de  chevaux,  est  pendu  à  la  justice  hors  de  la  porte 
St-Martin ,  emprés  la  tour  du  gibet,  as  basses  fourgues  là 
estans. 

Le  I"  juin  1409.  —  Jehan  Hcdiart  et  Hennequin 
Lichkerquc,  voleurs,  sont  pendus. 


—  281  — 

Le  même  jour.  —  Jehan  Dcshuuclz ,  foulon  traumu- 
ches ,  natif  de  Fretin  en  Mclcntois,  coupable  d'un  grand 
nombre  de  vols,  cjt pendu  à  la  justice  près  d'Havinncs. 

Le  11  juin  l'09.  —  Robert  de  Quartes,  homme  de 
très-mauvaise  vie,  coupable  de  plusieurs  crimes,  tenserie^', 
roberies,  homicides  et  autres  maléfices  et  énormes  délits , 
est  pendu  à  Injustice  hors  de  la  porte  St-Martin. 

Le  \8  juin  i^tOO.  —  Mariette  Lebaye,  de  Lille,  com- 
plice d'un  meurtre  commis  près  de  Valenciennes  et  l'une 
des  deux  coupables  d"un  autre  meurtre  h  Namur,  est  brûlée 
"Vive  près  de  la  tour  duHappart,  hors  de  la  porte  St-Martin. 

Ze  19  septembre  1-409.  —  Gilîct  Doubos  dit  Taupin, 
de  Bouilli  près  de  St-Quentin  en  Vermandois,  homme  de 
très-mauvaise  renommée  ,  fréquentant  les  femmes  folians 
et  coupable  d'un  grand  nombre  de  vols  par  escalade  et 
effraction,  est  pendu  aux  basses  fourques  hors  de  la  porte 
St-Marlin. 

Ze  18  mars  1409,  (1410  n.  st.)  —  Clais  Diericqzcnnc, 
fils  de  Thiéry ,  de  Bois-Ie-duc ,  tisserand  de  toiles ,  coupeur 
de  bourses,  est  pendu  à  la  justice  près  de  la  tour  du  Gibet, 
hors  de  la  porte  St.-Martin. 

Le  31  mars  1410.  —  Miquiel  Ilaniel,  brasseur  de  ccr- 
voisc ,  natif  de  Térouanc ,  coupable  de  plusieurs  vols,  est 
pendu  h  la  même  justice. 

Le  20  juin  1411.    —  Jehan  Moricl ,   fils  de  Picrart, 


—  282  — 

mal  renommé ,  tenu  pour  larron ,  diffame  et  coupable  de 
plusieurs  larcins,  est  pendu  à  la  dite  justice. 

Le  2  janvier  1411  (1412,  n.  st.)  —  Piérart  Mauvoisin, 
tisserand,  convaincu  d'avoir,  sur  les  conseils  de  Hennequin 
Grise,  blessé  mortellement  un  sergent  delà  ville  dans  l'exer- 
cice de  ses  fonctions ,  est  condamné  à  être  traîne  et  pendu 
tant  qu'il  soit  mort.  Ce  jugement  est  exécuté  le  même  jour 
et  le  patient  est  traîné  devant  la  maison  de  sa  victime, 
puis  mené  et  pendu  à  la  justice  de  la  ville,  hors  de  la  porte 
St-Martin. 

Quant  à  Hennequin  Grise ,  réclame  comme  cîere ,  il  est 
rendu  le  9  du  même  mois  à  l'official  de  Tournai  qui  le  con- 
damna incontinent  à  estre  encartres  sans  rappel,  et  ainsi  le 
fu  comme  promis  l'avoil  et  île  ce  donné  lettres. 

Le  21  janvier  1411  (1412,  n.  st.).  —  Gillcquin  Scam- 
blare,  de  Bruges,  voleur,  est  pendu  à  la  justice  hors  de  la 
porte  St-Martin. 

Le  30  mai  1412.  —  Gillcquin  Lesagc  dit  le  Cauche- 
teur,  natif  d'Enghien ,  voleur  de  grands  chemins,  est 
traîné  ,  pendu  et  étranglé  à  ladite  justice. 

Le  15  juillet  1412.  —  Godefroid  Forte  espaulc  ,  mcr- 
chier,  natif  de  Paris,  coupable  d'avoir  recoppé  des  doubles 
gros  de  Hainaut  appelés  Désirés,  est  pendu  à  ladite  justice. 

Le  ^6  janvier  1412  (1415,  n.  st.).  Beilion  Puchct, 
fille  de  Jehan  ,  de  Baillœul  en  lîainaut,  coupable  d'infanti- 
cide, est  brûlée  vive  à  une  cstaquc  h  la  justice  de  Ilavincs. 


—  285  — 

Le  10"  jour  de  »nars  (1415  1414,  n.  st.)  — Jaqucmin 
IcMarissal  dit  Ficron,  fils  de  Nicaisc,  clerc  de  Mainvault, 
est  pendu  et  étranglé  ,  pour  un  grand  nombre  de  vols  et 
larcins  commis  à  Tournai,  à  Mainvault,  à  Houtaing,  à 
Ostiches,  etc. 

Le  ^2''  jour  d'avril  1414.  —  Jehan  Couppct  dit  Galopin, 
tueqiiien,  est  pendu  et  étranglé,  pour  un  gi'and  nombre  de 
vols. 

Le  ù^  jour  de  mai  1415.  —  Jehan  du  Mares  dit  Iluppiot, 
de  Huppe  en  Vimeu,  demeurant  à  Valencienncs  ,  banni  du 
royaume  de  France  pour  divers  crimes,  homicides  et  malé- 
fices ,  est  arrêté  à  Tournai ,  sur  la  dénonciation  de  sa  con- 
cubine et  après  jugement  condamné  à  être  traîné ,  pendu  et 
étranglé.  Cette  sentence  est  mise  à  exécution  à  la  basse  jus- 
tice, dehors  la  porte  St-Martin. 

Le  5^  jour  de  février  1415  (1416,  n.  st.)  —  Piérart 
Dupret,  appareillcur  de  draps ,  est,  pour  fait  d'hérésie  et 
par  condamnation  de  l'évêquc  de  Tournai  et  de  Maître 
Pierre  Floure,  maître  des  bougres  et  inquisiteur  sur  le 
fait  de  la  foi  au  royaume,  rendu  et  livré  aux  prévôts  et 
jures  qui  le  font  pendre  au  gibet  près  de  la  tour  du  Hap- 
part  dehors  la  porte  St-Marlin. 

Le  21^  jour  de  inars  1415  (141  G,  n.  st.)  —  Isabelle  Delc- 
porte,  veuve  de  Colart  de  la  Desoubz,  de  Hcrscaux  (bailliage 
de  Tournésis),  convaincue  d'avoir  assassiné  son  mari  pen- 
dant que  celui-ci  dormait  dans  son  lit,  est  condamnée  à 
être  liée  et  brûlée  à  une  estaque  et  ses  biens  confisqués. 
Cette  sentence  est  exécutée  le  dimanche  21  mars  1415 
(141  G,  n,  st.)^  près  de  la  tour  du  Ilappart. 


—  284  — 

Le  &"  d'avril  4413(1410,  n.  st.)  —  Jaquemart  FIou- 
rcnt ,  carlier  ,  né  à  Lille  et  demeurant  à  Valcnciennes,  est 
pendu  aux  basses  fourches  de  la  justice  dehors  la  porte  St- 
Martin.  Il  était  faux  monnayeur. 

Le  24«  jour  d'octobre  1416.  —  Thomas  Bélin,  vieuwa- 
rier,  est  pendu  et  étranglé  aux  basses  fourches,  pour  vol 
commis  h  Rassc  près  de  Douai. 

Le  10«  jour  de  mars  de  Van  1416  (1417,  7î,  st.)  —  Mar- 
tin le  Rogicr,  tisserand  de  toiles,  natif  de  Ficrin  près  de 
Douai,  est  pendu  et  étranglé  aux  basses  fourches,  pour  un 
grand  nombre  de  vols  commis  à  Tournai,  à  Valcnciennes, 
à  Cambrai,  etc. 

Le  25«  jour  d^avril  de  Tan  1417.  —  Jaqucmin  Dcle- 
motte,  tisserand  de  draps,  natif  de  Velaines,  est  pendu  aux 
basses  fourclies,  pour  vols,  sommations  et  viol. 

Le  28^  jour  de  juin  de  Van  1417.  —  Jaquemart  Dcstri- 
court  est  pendu  aux  basses  fourches,  pour  avoir  fait  vio- 
lence à  deux  filles. 

Ze  10  août  1417.  —  Griffon  Mottois  est  pendu  ;\  la 
justice  dTIavinnes,  pourvois. 

Adrien  Lcgrain,  foulon,  est  pendu  à  la  mcrae  justice,  éga- 
lement pour  vols. 

Le  4  octobre  1417.  —  Jchanne  Bochardc,  femme  de 
Jehan  Lesquareur  et  amie  de  Willot  Goret,  dit  de  Maubray, 
bâtard  d'Obigies ,  est  enfouie  vive  auprès  de  la  haute  justice 
dehors  la  porte  St-Martin  ,  pour  un  grand  nombre  de  vols 
commis  à  Tournai  et  à  Douai. 


—  285  — 

Le  ^i  novembre  1417.  —  Gonticr  Agachc  est  pendu  à 
la  justice  dehors  la  porte  St-Martin ,  pour  vols  et  larcins. 

Le  2  septembre  1418.  — Waticr  Vandenwalle ,  natif  de 
Zocn  près  de  Bois-le-Duc ,  est  pendu  aux  basses  fourches , 
pour  vols  de  chevaux. 

Ze  19  décembre  1418.  —  Jehanne  Placquet,  veuve  de 
Jehan  Dupret,  cordonnier ,  native  de  Nivelles ,  est  enfouie 
vive  près  de  la  tour  du  Happart,  dehors  la  porte  St- 
Martin  ,  pour  un  grand  nombre  de  vols. 

Le  20  mai  1419.  —  Hennequin  Willemot  dit  Dalen- 
ncs ,  natif  de  Wavrin ,  âgé  de  20  ans ,  est  pendu  à  la  jus- 
tice dehors  la  porte  St-Martin ,  pour  un  grand  nombre  de 
vols. 

Le  29  mai  1419.  —  Mahieu  le  Procureur,  estuveur , 
est  pendu  à  la  même  justice  ,  également  pour  vols. 

Le  8  juin  1419.  —  Gillct  le  Rutre  dit  le  lait  est  pendu 
à  la  justice  de  le  Planque  d'Angy,  pour  vols  et  meurtre. 

Jehan  Meynard,  natif  de  Marcq ,  tondeur  de  grandes  for- 
ches ,  est  pendu  à  la  même  justice,  pour  vols. 

Le  23  août  1419.  —  Willcmine  de  Vriesc,  native  de 
Virescq  en  Hollande ,  coupeuse  de  bourses,  est  enfouie  vive 
près  de  la  tour  du  Ilappart. 

Ee  26  avril  1420.  —  Gontier  Thorcl,  banni  du  royaume 
de  France  ,  pour  meurtre,  est  pendu  aux  basses  fourches, 
pour  rupture  de  ban. 

Le  3  mai  1420.  —  Agnès  Dupret,  femme  Gillart  Robert, 

36 


—  286   — 

concubine  de  Jehan  Leblond  ,  est  enfouie  vive  hors  h»  porte 
de  St-Martin  ,  pour  un  grand  nombre  de  vols  commis  à 
Tournai ,  à  Lille  et  à  Mons. 

Le  29  octobre  1420.  —  Pierre  Delccroix ,  fils  de  feu 
Jehan,  Jaeot  Mahieu  et  Huct  Deleplanque  dit  Caulet,  sont 
pendus  aux  basses  fourches ,  pour  meurtre. 

Le  \6  septembre  1421.  —  Sandrart  Lebrun,  bosquillon, 
natif  de  Nomaing  près  d'Orchies  et  demeurant  à  Valcn- 
ciennes,  est  pendu  près  de  la  tour  du  Happart,  pour  vols. 

Ze  H  février  1 422  {JV.  style).  —  Jehan  Delemotte , 
scieur  de  long,  natif  de  Cisoing,  est  pendu  à  la  même  jus- 
tice, également  pour  vols. 

Le  S  août  1422.  —  Alfart  et  Pierre  de  Bourc ,  frères, 
natifs  de  Montefort  en  Hollande,  sont  pendus  à  la  même 
justice ,  pour  avoir  forgé  des  faux  lingots  et  les  avoir  mis  en 
circulation. 

Le  IG  décembre  1422.  —  Jaquemart  Mortier,  fils  d'Iîcnri, 
natif  de  Douai ,  est  pendu  à  la  même  justice ,  convaincu 
d'êlre  tenseur ,  robenr  et  épîeur  de  chemins. 

Le  26  décembre  1422.  —  Guillaume  Chenevaille  et  Guil- 
laume Du  noyer  sont  pendus  à  la  même  justice,  pour  un 
grand  nombre  de  vols. 

Ze  18  janvier  1423  [JV.  style).  —  Picrart  Tliéry  est 
pendu  aux  basses  fourches,  pour  meurtre. 

Le  ^Ojuin  1425.  —  George  Moque,  natif  de  Strasbourg, 


—  287  — 

est  pendu  à  la  justice  d'IIavinncs ,  pour  vols  avec  escalade 
et  effraction. 

Le  29  juin  U23.  —  Jaquemart  Faulqucnier,  cordier, 
natif  de  Mons  et  Pierre  Lcfèvrc,  natif  de  Ncufmaisons,  sont 
pendus  à  la  même  justice,  pour  vols  de  grands  chemins. 

Le  ^^2  juillet  1423.  —  Gilles  Mcrsault,  hérétique  et 
séditieux,  est  livre,  par  l'autorité  ecclésiastique  ,  entre  les 
mains  des  prévôts  et  jurés  qui  font  exécuter  la  sentence,  en 
brûlant  ledit  Mersault  aux  près  as  nonnains. 

Le  l*""  octobre  1423.  —  Gonticr  Hacque,  tisserand  de 
draps,  natif  de  Casscl,  est  pendu  à  la  justice  d'Ilavinnes, 
pour  meurtre  et  vol. 

Le  même  jour.  —  Jehan  Chariot,  fils  de  Quentin  ,  est 
pendu  à  la  même  justice ,  pour  viol ,  rébellion  à  justice  et 
conspiration. 

Andruct  Ledecain,  brasseur,  natif  du  Ray  près  de  lïes- 
din ,  est  pendu  à  la  même  justice,  pour  vols. 

Le  16  novembre  1423-  —  Jehan  Delehame  ,  tisserand 
de  draps,  aelucllcmcnt  demeurant  à  Tournai,  est  pendu 
à  la  justice  dehors  lu  porte  S'-Marlin.  Il  était  accusé  «  d'a- 
>  voir  esté  aux  trcs-orribles  et  crueux  mulres  [meurtres) 
»  faits  et  perpétrez  en  la  ville  de  Paris,  sur  les  bons  et 
»  loyaulx  Franchois  tenans  le  party  du  Roy  de  France , 
»  lors  vivant  et  nostrc  trés-rcdoubtc  souverain  et  naturel 
»  seigneur,  que  Dieu  absoille  ,  et  de  son  fils  lors  mons.  le 
»  Daulphin  et  ad  présent  Roy  de  France,  nostrc  souverain 
»  et  naturel  seigneur,  à  le  dcsolahlc  traïson  qui  y  fu  faite, 
i>  et  que  plusieurs  en  avoit  lucz,  dcslruis  et  ocîiis.  » 


—  288  — 

11  avoua  ensuite  :  «  Que  lorsque  ladite  traïson  de  Paris  fu, 
»  il  demouroit  avec  le  seigneur  de  Chevrcuse  audit  lieu  de 
>  Chevrcuse,  et  tantost  qu'il  scut  et  entendi  que  les  Bour- 
»  guignons  estoient  entrez  à  Paris ,  il  y  vint  et  se  loga  en 
j»  lostel  de  Jehan  Turenne,  que  ledit  seigneur  de  Chevrcuse 
»  occupoit,  et  à  certain  jour  ensuiant  se  parti  dudit  ostel, 
»  lui  iij«,  et  en  vinrent  vers  Chastclet  où  il  avoit  bien  deux 
»  ou  iij  raille  hommes  de  communaultc,  si  qu'il  lui  pooit 
»  sembler,  et  trouvèrent  que  jà  y  avoit  plusieurs  occhis  et 
»  despouillés  en  ladite  rue.  Ce  véant,  eulx  iij  firent  tant 
»  qu'ilz  entrèrent  et  îà  virent  que  l'on  tuoit  les  prisonniers 

»  qui  y  estoient  que  on  disoit  estrc  Armignas  et 

»  devant  les  yeux  sans  pité  avoir  des  corps  humains  que  là 
«  il  véoit  en  dangier  nombre  d'hommes  qui  avoient  rien 
»  mcffait.  D'un  martel  de  fer  qu'il  avoit  servant  à  cachicr 
»  tampons,  il  assommoit  cculx  dont  il  s'entrcmcttoit,  et  en 
»  féri  et  abati  plusieurs  par  terre,  dont  il  ne  scet  le  nombre, 

»  et  quant abatus  et  par  lui  tuez  et  ochis  ne 

»  quels  gens  ce  estoient,  car  aultre  chose  ncvisoitqu'à 
»  férir  et  abattre  à  destre  et  à  sencstre.  Pour  laquelle  cause 
«  et  les  erueulx  et  détestables  murtres  dessusdis  avons  ledit 
»  Jehan  Delehamc,  condempnc....  etc. 

Ze  16  novembre  1423.  —  Colart  Louvian,  cordonnier, 
demeurant  au  Pumcrœl  en  Ilainaut,  est  pendu  au  dehors  la 
porte  S'-Martin ,  à  la  haute  flèche  qui  lors  cstoit  toute  nou- 
velle faite,  pour  vols  d'cscallcs  {écuelles)  dans  les  tavernes, 
lesquelles  il  allait  vendre  à  Mons. 

Le  IG  novembre  ii^ô.  —  Sclcvais  Ghierbode,  parmcn- 
tier,  natif  de  Seclin,  demeurant  à  Tournai,  d'abord  prison- 
nier en  la  cour  spirituelle  sur  sa  déclaration  qu'il  était  clerc, 
puis  remis  entre  les  mains  de  la  justice  laïque,  cette  déda- 


—  289  — 

ration  ayant  été  reconnue  mensongère,  est  pendu  îi  la  même 
justice,  pour  un  grand  nombre  de  vols. 

Le  23  novembre  1423.  —  François  Lecreton,  brasseur, 
est  pendu  à  ladite  justice ,  pour  assassinat  suivi  de  vol  et  de 
plus  pour  bigamie. 

Liscbctte  Fourchielle,  native  de  Voct  en  Allemagne,  est 
enfouie  vive  près  de  la  justice  de  la  ville,  pour  différents 
vols. 

le  17  mars  1424  (iV.  stylé).  —  Ilennequin  Delccroix 
dit  Cottc-dc-fier,  maréchal,  natif  de  Cisoing,  est  pendu  à  la 
justice  dehors  la  porte  S'-Martin,  pour  meurtre  et  vol. 

Le  8  juin  1424.  —  Piérart  Dupret,  fils  de  feu  Piérarf, 
est  traîné  de  chà  Escaut  et  de  là  ,  puis  pendu  et  étrangle , 
pour  fratricide. 

Le  l"  août  142S.  —  Jaquemin  de  Pipaix  est  exécuté  à 
mort,  c'est-à-dire  a  le  hatriel  (col)  coupé  sur  le  grand  mar- 
ché, pour  menaces  envers  les  doyens  et  sous-doyens  des 
métiers  et  excitation  à  la  révolte. 

Le  7  mars  1426  (N.st.).  —  Janin  Dubueq,  de  Pon- 
toise,  auteur  de  plusieurs  vols,  est  pendu  cl  étranglé  à  la 
justice  dehors  la  porte  S'-Martin ,  auprès  de  la  tour  du 
Ilappart. 

Le  13  mars  1426.  — Pcrrotin  de  Lommicl,  natif  d'Ab- 
bcvillc,  laboureur,  faisant  partie  d'une  bande  de  voleurs 
de  grands  chemins ,  est  pendu  et  étranglé  à  la  même  jus- 
tice. Entr'autres  méfaits,  nous  citerons  le  suivant  : 

«  Le  jour  S'-Mahicu ,  luy  Pcrrotin  et  ses  compaignons 


—  290  — 

(au  nombre  de  sept)  eslans  en  le  forest  Deu  cmprès  Gama- 
chcs ,  'csplans  et  agaitans  ceulx  qui  par  là  cmprès  passe- 
roycnt  pour  icculx  destrousser  et  desrober  ,  sachans  entre 
les  autres  que  là  endroit  [qu'à  cet  endroit)  devoit  passer 
Jehan  Goraare,  mayeur  de  Garaaches  ,  qui  estoit  très-riche 
homme,  luy  et  sesdis  compaignons  se  misent  au  plus  près 
du  lieu  où  il  devoit  passer,  et  en  passant  son  chemin  le  prin- 
rcnt  et  menèrent  prisonnier  audit  bos,  et  là  le  détinrent 
tout  prisonnier,  en  ung  cep  qu'ilz  avoycnt  fait  de  deux 
pièces  de  bos,  XV  jours  ou  environ ,  et  pour  avoir  et  exiger 
de  luy  le  plus  de  ranchon  qu'il  poient,  luy  lyèrent  plusieurs 
fois  de  cordelles  les  deux  pos  ensemble  et  entre  deux  mct- 
toyent  ung  baston  fendu  et  puis  tapoyent  ung  quignet 
{coi7i  de  bois)  entre  deux  et  tellement  que,  par  ceste  manière 
de  faire,  il  se  composa  à  eulx  et  mist  à  finance  [rançonné)  à 
la  somme  de  deux  cens  escus  et  vij  tasses  d'argent  pesans 
chacune  dcmy  marcq.  Et  ce  fait,  fîsrent  savoir,  par  le  moyen 
de  femmes,  la  prinse  dudit  mayeur  et  tant  que,  au  bout 
dcsdis  XV  jours ,  la  femme  dudit  mayeur  apporta  sa  finance 
et  le  rechupt  Fcrmault  le  Vasscur  qui  estoit  leur  capitaine, 
lequel  raenchon  fut  départy  (partagé)  entre  eulx ,  autant  à 
l'un  comme  à  l'autre,  et  en  eubt,  luy  de  Lommiel,  en  sa 
part,  l'une  desdites  tasses  d'argent,  avccq  sa  portion  dcsdis 
i/  escus  d'or  ,  et  parray  ce  (par  ce  moyen)  ledit  maire  fut 
mis  au  délivre.  «  —  Deux  jours  après ,  un  laboureur  de 
Gamaches  fut  également  rançonne  à  100  écus  d'or,  après 
avoir  subi  les  mêmes  tortures  que  le  maire,  lis  rançonnéi'cnt 
également,  dans  la  même  forêt,  un  fermier  de  Guiguies 
nommé  Colart  Vinacourt. 

Le  iO  avril  1426.  —  Bernard  Sanslcrre,  natif  d'Ane- 
chin ,  est  pendu  et  étranglé  aux  basses  fourches  dehors  la 
porte  S'-Martin,  pour  un  grand  nombre  de  vols  commis  de 
force  et  par  effraction. 


—  291  - 

Le  \^  octobre  H26.  —  Jaquemart  Lcspccier  et  Jehan 
Fachon  sont  décapités  et  les  hatriaux  coupes  en  public  sur 
le  marché;  ils  sont  ensuite  démembrés,  le  corps  mis  et 
pendu  en  sacs  au  gibet  et  les  membres  par  pièces,  comme 
traîtres,  à  chaque  porte  delà  ville,  pour  avoir  aide  les 
bannis  et  ennemis  de  la  ville  dans  la  tentative  faite  par  ecs 
derniers  pour  s'emparer  des  portes  de  la  ville,  tentative  qui 
a  avorté. 

Z,elG  octobre  1426.  —  Allard  de  Touwart,  tanneur,  fils 
de  feu  Jehan,  complice  des  précédents,  est  décapité  et  le 
hatriel  coppé  tant  qu'il  soit  mort  et  après  esquartelés  et  des- 
membrés  par  piècheSy  le  corps  mis  en  un  sacq  et  pendu  au 
gibet  et  les  membres  mis  et  pendus  as  portes  de  la  ville, 

Ze  21  mai  1426.  —  Jacquemart  le  Sauvage,  natif  de 
Thiclt  et  Monnet  de  Vascnic,  brasseur,  sont  pendus  et 
étranglés  à  la  planque  d'Angy,  pour  avoir  commis  un  grand 
nombre  de  vols. 

Le  21  juin  1426.  —  Jacot  Espiergat  dit  Aubin  ,  fils  de 
Jean  .  natif  de  Basècles ,  est  pendu  et  étranglé  à  la  justice 
d'Havinnes ,  également  pour  vols. 

Le  5  août  1427.  —  Grigolct  Hacquct  est  pendu  et 
étranglé,  pour  vols  de  reliques  dans  les  églises  de  S'-Piat,  du 
Bruillc,  de  S'- Jacques  et  de  S'-Quentin. 

Le  25  septembre  1427.  —  Gillart  Planchon  est  décapité, 
le  hatriel  coppé  ,  le  corps  mis  et  pendu  au  gibet  et  le  chef  à 
la  porte  de  Marvis,  comme  traître  ,  pour  conspiration  con- 
tinuelle avec  les  ennemis  de  la  ville. 


—  292  — 

Le  28  février  1428  [N.  si).  —  Jehan  du  Maisnil  dit 
de  Nivelle,  né  au  Pont-à-Bouvinnes,  mendiant,  est  lié  et 
attaché  à  une  estaque  [ètau)  et  puis  brûlé  vif,  convaincu  du 
crime  de  Sodomie  et  d'autres  infamies. 

Ze  10  mars  1428  {N.  st.)  —  Jehan  de  Noefmez  dit 
Aletruye  est  pendu  et  étranglé  à  la  haute  flèche  sur  la  tour 
du  Happart,  dehors  la  porte  S'-Martin,  pour  meurtre. 

Le  30  avril  1428.  —  Piérart d'Anstaing,  drapier,  natif 
de  Lille,  est  décapité  (comme  Planchon),  pour  conspiration 
avec  les  ennemis  de  la  ville. 

Le  3  juHlel  1428.  —  Jehan  Honguart,  se  disant  bâtard 
de  Chin,  est  pendu  et  étranglé  à  la  justice  d'Havinnes,  el  en 
signe  de  boute-feu  deux  pots  de  terre  ont  été  attachés  sur  lui, 
Vun  devant  et  l'autre  derrière  et  des  tisons  brûlés  dedans  , 
1<»  pour  s'être  échappé  des  prisons  du  beffroi  par  violence; 
2°  pour  avoir  défié  et  menacé  les  sujets  de  Tournai  ;  5°  pour 
avoir  exigé  des  laboureurs  des  sommes  d'argent  j  4°  pour 
avoir  mis  le  feu  à  plusieurs  maisons  et  édifices. 

Le  ^  septembre  l^ijtS.  —  Jaquemart  Ysac ,  orfèvre,  est 
pendu  à  la  haute  flèche  de  la  porte  S'-Martin,  d'abord  pour 
avoir  volé  des  joyaux  d'or  et  d'argent,  et  ensuite  pour  avoir 
conspiré  avec  les  ennemis  de  la  ville. 

Le  ^i  septembre  ii^S.  —  Jehan  de  Morta igné ,  doyen 
des  tisserands  et  grand  doyen  des  métiers; 

Jehan  Ventrut,  sous-doyen  des  tisserands  ; 

Willoume  de  le  Basséc  dit  Ilonnouré  et  Robin  Benoit  dit 
Escambourg,  sont  condamnes  à  avoir  le  hatriel  tranché  tant 
qu'ils  soient  morts,  comme  auteurs  d'une  conspiration  armée 
onlrc  le  gouvernement  de  la  ville. 


—  293  — 

Le  27  septembre  4428.  —  Jehan  de  Brouxelles ,  cspcn- 
nicr; 

Haquinct  Potentier ,  corrier  ; 

Jaquemart  Lemaire  dit  du  Haubregon  et  Lottart  Ghillain 
dit  Friolet,  subissent  la  même  peine  le  27  dudit  mois,  pour 
avoir  fait  partie  de  la  même  conspiration. 

Le  28  septembre  1428.  —  Jehan  de  Bruyelle  dit  Sans- 
terre  et  Piérart  Malet,  hautelisseur ,  sont  également  mis  à 
mort,  pour  les  mêmes  motifs. 

Jehan  Blarye ,  parmeutier  ,  est  condamné  à  avoir  le 
hatriel  tranché  sur  le  grand  marché,  pour  avoir  été  cause  de 
plusieurs  troubles,  séditions  et  divisions  dans  la  ville. 

Le  29  septembre  1428.  —  Jehan  deQuarmont,  jadis 
Prévôt  de  la  commune  et  Grand  Doyen  des  métiers,  est 
pendu  et  étranglé  à  la  haute  justice  dehors  la  porte  S'-Mar- 
tin  et  ses  biens  déclarés  confisqués  au  droit  de  la  ville, 
«  pour  avoir  fait  et  commis  plusieurs  raspines ,  cxtortions, 
ï  déti'aclions ,  larrechins  et  autres  cas  criminelz  contraires 
»  et  préjudiciables  à  tout  le  corps  et  communité  de  ladite 
»  ville,  en  honneur,  chevance,  estât  et  justice  et  par  sa 
»  convoitise  avoir  commis  plusieurs  corruptions,  dissimu- 
j>  lations  et  aullres  faultes  es  dis  offices  de  justice,  faisant  et 
j>  cxersant  par  tel  rigueur  que  homme  de  la  loy  ne  aultres 
»  n'en  osoit  parler  pour  le  péril  de  sa  vie  et  esté  cause, 
»  promouveur  et  conduiseur  de  plusieurs  inconvéniens 
»  sourvenus  en  ladite  ville  par  aucuns  séditieux  et  esmou- 
»  veurs  de  peuple  qui  ne  crcnnoyent  Dieu  ne  justice,  dont 
«  icelle  ville  a  esté  en  péril  de  désolation,  désertion  et  per- 

>  dition » 

37 


—  294  — 

Le  2  octobre  1428.  —  Jehan  Lescamc  et  Andricu  Doublet 
sont  condamnés  à  avoir  les  halriaux  Iranclics,  «  pour  avoir 
;>  de  piéça,  pour  eu!x  cclcvcr  et  avoir  domination  et  sci- 
»  gnouric  sur  le  peuple  de  la  ville,  promcu  plusieurs  tour- 
»  blés,  commotions  et  séditions  par  effrois  en  ladite  ville, 
»  en  blasraant  et  vitupérant  justice  et  ceulx  qui  en  icelle 
»  ville  en  avoyent  et  ont  le  gouverne  et  administration,  et 
»t  contcndu  de  tout  leur  povoir  à  séduire  le  peuple  et  le 
»  eslcver  et  esmouvoir  contre  justice  et  ceulx  qui  y  vou- 
»  loyent  tenir  la  main  à  l'honneur  du  Roy  et  au  bien  cl 
»  prouffit  de  ladite  ville,  et  en  ce  persévéré  et  conthinué 
»  jusques  à  présent,  nonobstant  que,  par  plusieurs  fois,  ilz 
»   en  ayent  esté  blasraez  et  reprins.  » 

Le  8  octobre  1428.  —  Henri  de  Vriese,  doyen  des  fèvres; 

Baudart  Driclincq,  doyen  des  pcneurs  ; 

Regnault  Ilacquct,  sous-doyen  desvairicrs  et  Piérart  le 
Marissal,  foulon  et  cwardcur,  sont  condamnés  à  avoir  les 
/iairmMx  tranchés  sur  le  grand  marché,  pour  avoir  été  les 
auteurs  et  instigateurs  de  la  commotion  et  sédition  qui  eut 
icu  au  Becquerel,  le  23  septembre  précédent. 

Le  ^  juin  1429.  —  Jehan  Duhem  ,  natif  de  Clarsy  près 
de  Laon,  demeurant  à  Tournai,  est  pendu  pour  avoir  assas- 
siné son  maître  dans  le  but  de  recevoir  dix  couronnes  que 
lui  avait  promises  la  femme  de  ce  dernier  pour  se  débarras- 
ser de  son  mari. 

Le  21  juillel  1429.  —  Baudoin  Maraet,  tisserand  de 
draps,  natif  d'Yprcs ,  est  condamné  à  avoir  le  hatriel  coupé 
et  son  corps  pendu  à  la  justice  de  la  ville,  pour  complicité 
dans  la  conspiration  qui  eut  lieu  à  Yprcs  ,  six  mois  aupara- 
vant, dans  le  but  de  détruire,  par  inhumaine  occision,  des 
plus  notables  et  principaux  de  la  loy  de  ladite  ville  d'Jppre. 


—  29a  — 

Piclre  Dornart,  natif  de  Mouscron,  est  pendu  et  étranglé, 
comme  coupable  de  plusieurs  vols  et  larcins  dans  les  bois 
et  sur  les  cbcmins. 

Hennc(îain  Dclcdiesme  dit  Leportre,  briqucteur  et  cureur 
de  toiles,  natif  d'Iseghcra,  est  pendu  et  étranglé  pour  diffé- 
rents vols. 

Le  21  décembre  1429.  —  «  Le  xxj»  jour  de  décembre 

»  l'an  rail  cccc  vingt  et  neuf,  Jaquemart  de  Blaharies,  fils 

»   Brissc,  qui  par  loing  temps  avoit  esté  prisonnier  es  pri- 

»  sons  de  le  court  espirituelle  de  Tournay  comme  héré- 

»   tique  et  mal  sentant  de  la  foy  crestienne,  fut,  par  Tor- 

11  donnance  et  sentence  de  l'inquisiteur   de  la  foy ,   de 

«  l'évcsque  de  Soissons,  comme  lieutenant  de  mons""  l'éves- 

1)  que  de  Tournay  et  les  vicaires  dudit  mons»"  l'évesque, 

»   cscalTaudé  (*»/s)  sur  ung  hourt  ordonné  sur  un  échafaud 

»   fait  de   claies  sur    le  gPant  marchié  devant  la  halle  as 

»  draps,  et  iliec  publiquement  preschié  par  ledit  inquisiteur 

»  et  en  après  délaissié  comme   hérétique  fourmel    {  en- 

»   durci) ,  relaps  et  rencheu    délaissié  à  la  justice  laye  de 

i>   ladite  ville,  selon  l'ordonnance,  protestations  et  requcstes 

»  dcclairées  en   ladite  sentence.  Et  prestement  fut  ledit 

»   Jaqucment  de  Blaharies  par  nous  prins  et  saisi  et,  par  noz 

»   sergens  qui  l'avoient  tenu  sur  ledit  hourt  durant  ledit 

■»   cscaffaudement,  amené  jus  et  mis  sur  une  carcttectd'illec, 

»  par  l'exécuteur  de  justice,  mené  en  le  place  des  près 

"   estant  ouHrc  le  porte  Saincte-Fontaine  à  l'abcye  des  Prés 

)>   as  nonnains,   et  par  nostrc  ordonnance  loyé  [lié)  à  une 

)•  cstaque  et  par  feu  ars  et  exécuté  à  mort,  sans  son  de  clo- 

»   que.  Et  Icipicl  Blaharies  pour  advcrtisscmens,  prières  et 

«    rcqucslcs  qui   lui  lurent  faites  jusqucs  à  son  darrain  sup- 

1»  plicc  par  plusieurs  s'*  d'église,  tant  d'ordcnc  («rorf/rw) 


—  296  — 

»  mcndians  comme  aultres  ,  ne  se  volt  confesser  ne  messes 
»  requérir ,  mais  demoura  en  son  erreur ,  si  qu'il  povoit 
»  apparoir  par  ses  parolles  et  maintieng.  » 

Le  16  de  février  1430  {N.  slyl.).  —  «■  Le  xvj«  jour  de  fé- 

>  vrier  l'an  mil  cccc  vingt  et  neuf,  plusieurs  hommes  et  fem- 

»  mes  de  la  chastellenie  de  Lille  et  d'Orchies  furent,  par  ledit 

»  inquisiteur  et  aultres  s"  d'église  dessus  nommez,  escalTau- 

»  dez  sur  ung  hourd  fait  au  dehors  de  le  porte  de  le  court 

»  espirituelle  de  Tournay,  contre  le  mur  en  allant  vers 

11  l'atre  et  par  ledit  inquisiteur  preschicz  ,  ad  ce  prcsens 

»  nous  prévostz,  jurez  et  aultres  de  la  loy,  et  avec  ce  par  la 

•1  sentence  dudit  inquisiteur  et  dudit  évesque  de  Soissons , 

Il  les  deux  d'iceux  hérétiques  nommez  Willemme  Dubos, 

»  demorant  à    Landas  et  Olivier  DeledeuUe  ,  chavelier , 

1»  d'Avelin ,    comme  hérétiques  fourmclz  et  membres  de 

»  Satan,  délaissiés  à  nous  prévostz  et  jurez,  comme  à  la  loy 

»  laye.  Et  sur  ce,  combien  qu'ilz  n'avoicnt  point  esté  prins 

»  en  la  juridicion  de  Tournay  ne  parla  loy  d'icelle,  furent 

»  par  nous  prévostz  et  jurez ,  pour  la  conservation  de  noslre 

»  justice  et  juridicion,  saisis  et  par  notre  main  menez  sur 

»  une  carette  es  prés  dehors  le  porte  Sainte-Fontaine,  et 

»  illec  à  deux  estaques  loyés,  ars  (bridés)  et  exécutez  par 

»  feu  à  mort ,  sans  son  de  cloque.  Et  lequel  Willemme 

»  Dubos  monstra  signe  de  repcnlance  et  se  confessa,  et  ledit 

»  Olivier  n'en  volt  faire  aucune  chose  pour  rcqucste  qui 

»  l'en  fust  faite  par  prestres  et  aultres,  mais  mouru  en  son 

»  erreur,  comme  il  démonstra.  • 

Le  20  décembre  1430.  —  Laukin  Hanis,  natif  d'Avcl- 
ghem; 

Mathis  Van  Maest,  natif  de  Gand  cl  Danin  Broukcracz , 


natif  de  Gand  ,  sont  pendus  et  étrangles  à  la  haute  justice 
hors  la  porte  S*-Martin,  pour  les  vols  suivants  : 

l"  En  l'église  Notre-Dame,  au  dehors  de  Courtrai,  sur  le 
chemin  allant  à  Yprcs,  une  croix  d'argent  et  le  contenu 
d'un  tronc  ; 

2"  En  l'église  de  Merkerke ,  à  dcmi-lieuc  de  Gand ,  un 
vaisseau  d'ivoire  où  se  trouvaient  plusieurs  hosties  sacrées 
qu'ils  mangèrent  ; 

3°  En  l'église  du  Mont  St-Aubert  trois  reliques,  l'une  de 
cuivre  doré  avec  plusieurs  pierres  enchâssées  et  les  deux 
autres  d'argent  et  de  cristal,  «  esquclles  reliques  avoit  plu- 
»  sieurs  csîcnients  de  saints ,  le  chibolle  de  ladite  église 
»  estant  sur  le  grant  autel  où  on  met  le  corps  nostre  Sei- 
«  gncur  rompirent  et  brisièrent  en  pièches  et  le  vassicl 
»  d'ivoire  bordé  d'argent  où  rcposcit  le  corps  de  Dieu  sacré 
»  prinrent  et  emportèrent  et  l'oiste  dedens  menga  ledit 
»  Danin.  »  Ils  rompirent  ensuite  les  trônes  et  en  enlevèrent 
l'argent.  «Et quant  aux  ossemcns  des  sains,  ilz  les  avoient 
»  mis  en  l'estrain  de  leurs  lis  en  leur  hostel  à  Tournay  et 
»  qui  èsdites  litières  ont  esté  trouvées  et  rapportées  à  la 
)»  justice.  > 

Le  ^7  juin  1431.  —  Haquinet  Brugois  dit  Midaine  est 
pendu  et  étranglé,  pour  rupture  de  ban  et  voleur  obstiné. 

Le  ii  juillet  ii'Zi .  —  Jehan  le  Carlier,  serrurier,  natif  de 
Villcrs  Nicole,  est  pendu  et  étranglé,  pour  un  grand  nombre 
de  vols  et  rupture  d'un  ban  de  trois  ans  auquel  il  avait  été 
condamné  comme  larron.  Il  avait  eu  aussi  l'oreille  coupée, 
pour  un  vol  commis  dans  la  chapelle  S'-Jacques  de  l'église 
Noire-Dame  de  Tournai. 

Le  8  oclobrc  14Ô1.  —  Haquinet  Olivier,  brasseur,  se 


—  298  — 

disant  fils  bâtard  de  Mahieu  Olivier  ,  natif  de  Solieure,  est 
pendu  hors  la  porte  St-Martin,  pour  différents  vols.  11  avait 
eu  l'oreille  coupée  à  Phalempin,  pour  vols  de  cinq  vaches 
commis  à  Bcrnicourt. 

Mahieu  Daghechin  dit  Motois,  natif  de  Boucquemaison 
près  de  Dourlcns,  est  pendu  et  étranglé,  pour  dilîércnts 
vols  et  larcins. 

Le  50  janvier  1452  [N.  st.)  —  Piéret  Mughié,  natif 
de  Condé,  est  pendu  et  étranglé,  pour  les  mêmes  causes. 

Le  12  novembre  1452,  —  Jehan  Carlier ,  parmentier, 
fils  de  Jaquemart,  natif  de  Jcmraapes,  est  pendu  et  étranglé, 
comme  voleur  de  grand  chemin. 

Le  18  décembre  1435.  —  Joffroy  Mauchon,  natif  de 
S'-Picrre-le-Viel ,  à  dix  lieues  de  Rouen ,  est  pendu  et 
étranglé,  pour  avoir  fait  de  fausses  lettres  et  cédulcs,  en  con- 
trefaisant l'écriture  et  le  signe  manuel  de  quelques  chan- 
geurs. 

Le  3  lévrier  1454  (^V.  style).  —  Jehan  le  Mirelier, 
fils  de  Jean  ,  natif  de  Baissy ,  est  pondu  et  étranglé,  pour 
rupture  de  ban  et  pour  différents  vols  et  larcins. 

Le  14  juillet  1434.  —  Willemet  Denghicn  dit  le  Lié- 
gois  est  traîné  et  pendu  tant  qu'il  soit  mort ,  pour  avoir, 
trois  ans  auparavant,  assassiné,  à  Arras ,  une  femme  de  vie 
qui  l'avait  dénoncé  comme  Armagnac  et  été  cause  d'un  long 
emprisonnement  qu'il  avait  subi  en  la  cité  lez- Arras. 

Le  5  novembre  1454.    —    Gniycn   de  Vlccschauwcrc, 


—  299  — 

natif  de  Bruges,  sodomistc,  est  condamné  à  cire  lié  et  atta- 
ché à  une  eslacque  et  là  ars  et  brûlé  tant  qu'il  soit  mort. 

Le  23  mai  1435.  —  Jacques  Tacquct ,  corrier,  est 
condamné  à  avoir  le  hatriel  trenché  tant  qu'il  soit  mort , 
«  pour  avoir,  lui  qui  est  natif  de  cesle  ville,  estant  armé  et 
»  garny  de  trait ,  compaigné  et  esté  aidant,  complice  et 
»  confortant  à  Jaques  de  BruieUe,  escuyer,  enncmy  et  ad- 
»  versairc  de  ladite  ville  et  qui,  pour  le  fait  de  bien  de 
1)  justice,  sans  quelque  couleur  ou  titre  raisonnable,  a 
»  dcffié  cestc  ville  et  cité  en  loy,  corps  et  communité  par 
»  ses  lettres  missiblcs,  à  aghettier  {guetter)  et  espier  sur  les 
»  chemins  d'environ  ladite  ville,  es  mettes  du  royaume,  les 
n  bonnes  gens  de  Tournay,  pour  les  villener  et  destrousser.  » 

Le  même  jour ,  par  une  publication  faite  aux  bretèqucs, 
une  somme  de  400  couronnes  d'or  est  promise  à  celui  qui 
pourra  prendre,  amener  ou  envoyer  à  justice  le  susdit 
Jacques  de  BruieUe. 

Le  même  jour  encore,  Willaume  Moriel,  accusé  de  com- 
plicité avec  Jacques  de  BruieUe,  est  arrêté  par  le  lieutenant 
du  bailli  de  Tournai  et  Tournaisis,  à  rayde  d'aucuns  de 
ceulx  de  Tournay,  en  la  ville  de  Brm'elle,  sur  le  royaitlme. 
Le  prisonnier  est  exécuté  à  mort  le  soir  même,  à  la  justice 
de  Maire,  par  ledit  lieutenant. 

Le  30  mai  1423.  —  Un  nommé  Jehan  Delefosse  est 
trouvé  pendu  dans  sa  cuisine.  Les  prévôts  et  jurés  le 
font,  le  lendemain,  traîner  hors  de  sa  maison,  mener 
à  la  justice  hors  la  porte  S'-Martin  et  pendre  par  la 
tête  à  une  estaque  de  bois  à  fourchon,  sans  le  mettre  à  la 
justice  où  l'on  exécute  à  mort  ceulx  qui  y  sont  condamnés 
par  justice.  Le  suicidé  étant  marié,  la  moitié  de  ses  biens 
teulemcnt  est  confisquée  au  profit  de  la  ville. 


—  500  — 

Le  16  aoid  4456.  —  Willequin  duBucq,  de  Gand  et 
demeurant  actuellemeut  en  la  paroisse  de  S'-Nicolas,  est 
pondu  à  la  haute  flèche  hors  la  porte  S'-Martin ,  pour  un 
grand  nombre  de  vols,  dont  plusieurs  faits  dans  les  églises 
et  notamment  à  Lessines. 

Le  G  octobre  1436.  —  Hennequin  Boullet,  maréchal, 
natif  de  Fiers ,  chàtellenie  de  Lille ,  est  pendu  ^et  étranglé, 
pour  avoir  commis  plusieurs  viols  avec  l'aide  de  plusieurs 
de  SCS  complices. 

Willaume  Ellin,  pelletier,  natif  de  Mons  et  demeurant  à 
Maubeuge,  est  condamné  à  être  pendu  ,  «  pour  ce  que  lui, 

»  estant  forain  et  demeurant  en  ladite  ville  de  Maubuege 

»  où  il  estoit  marié  à  bonne  preude  femme,  sachant  que 

»  Jehennc  Dorbiseur  dite   la  sourde,  sa  concubine,   de 

«  laquelle  il,  qui  estoit  marié  audit  lieu  de  Maubuege , 

»  disoit  avoir  eu  deux  enffans  et  le  tenue  ix  ans  ou  envi- 

)<  ron ,  icclle  depuis  deux  mois  ou  environ  amenée  dcmorer 

«  en  icelle  ville  de  Tournai,  s'estoit  abandonnée  à  Henne- 

»  quin  Wyet,  monnier  demeurant  en  Tournay,  vint  le  jour 

»  dhier  de  ladite  ville  de  Mons  où  on  ly  avoit  raporlé  en 

ï  ceste  dite  ville  et  tant  fist  et  enquist  qu'il  sceut  que  ledit 

>  monnier  avoit  sadite  concubine  atraité  avecq  lui,  dont  il 

»  estoit  en  grant  desplaisir,  et  pour  ce  fist  traictier  par 

»  aucuns  audit  monnier  d'icelle  ravoir,  disant  qu'il  ne 

»  feroit  riens  à  icellui  monnier  et  ne  lui  demandoit  riens, 

»  en  le  asseurant,  et  ainsi  que  ce  jourd'uy  au  malin  ceulx 

»  qui  estoient  chargié  de  parler  dudit  traictié  estoient  entré 

«  en  le  maison  du  maistre  dudit  monnier,  ledit  Willaume 

»  Ellin,  qui  estoit  assés  priés  d'illecq,  véant  ledit  Ilenne- 

«  quin  widier  de  le  maison  de  son  maistre  en  menant  ung 

»  cheval  chargié  en  main,  s'adrécha  à  lui  et  lui  demanda 

»  pourqnoy  il  lui  avoit  osté  sadite  amie  et  fait  ce  dcsplaisir. 


—  501  — 

«  lequel  ly  rcsjîondy  que  ce  avoit  esté  par  elle  et  par  ly,  et 

u  prestement  en  ce  disant  lui ,  W^illaurae  Ellin,  comme  es- 

ï  pris  de  l'art  de  l'anemy  et  sur  ce  qu'il  l'avoit  asseuré , 

»  comme   dit   est,   estiqua    d'un    coutiel   taillcpain   ledit 

»  monnier  qui  n'avoit  baston  ne  armure  et  l'ataindy  ou 

»  hatriel,  si  qu'il  ly  percha  tout  oultre  et  coppa  le  gorge, 

)>  par  tel  manière  que  icellui  moimicr  chey  mort  sans  par- 

»  1er  ne  pooir  estre  conjuré  par  loy » 

Le  6  novembre  1436.  —  (Willairme  Ellin  ,  après  avoir 
commis  son  crime,  se  réfugia  dans  l'église  de  S'-Nicolas  du 
Bruille,  mais  en  vertu  des  franchises  et  coutumes  de  la  ville 
de  toute  ancienneté  maintenues  et  observées,  les  étrangers 
ne  peuvent,  pour  assauts  ou  invasions  faits  à  Tournai  sur 
les  bourgeois  et  manants  d'icelle,  jouir  d'immumité  d'église. 
En  conséquence,  les  prévôts  et  jurés,  pour  la  conservation 
de  ces  franchises  et  vu  l'énormité  du  cas,  firent  extraire 
le  meurtrier  de  ladite  église,  après  qu'il  y  eût  connu  et  con- 
fessé avoir  commis  le  crime;  le  prisonnier  fut  ensuite  mené 
en  la  halle  où  il  fit  les  mêmes  aveux.) 

Le  27  Mars  1437  {Noiiv.  sty.)  —  Colart  Noquiel  dit 
sans  arme,  charpentier  et  manœuvrier,  est  pendu  à  la  haute 
flèche,  comme  coupable   de  meurtres. 

Ze  19  Décembre  1457.  —  Waticr  Petit,  lelier,  filsde 
Jacques,  né  près  d'Audenardc,  est  pendu  et  étranglé,  pour 
un  grand  nombre  de  vols  par  escalade  et  à  main  armée. 

Le  il  4i;n7  1458.  —  On  transporte  à  la  justice  de 
S'-Martin  le  cadavre  d'un  pauvre  vieillard  qui  s'était  pendu 
dans  sa  chambre ,  et  l'on  remplit  les  formalités  d'usage  ù 
l'égard  les  suicidés. 

58 


—  502  — 

Piètre  RobauU,  machon,  est,  à  la  demande  du  magistrat 
de  Gand,  arrêté  à  Tournai,  sous  la  prévention  d'avoir  été 
l'un  des  principaux  auteurs  des  émeutes  qui  eurent  lieu  à 
Gand,  notamment  à  eelle  du  mois  de  novembre  1457.  Il  est 
réclamé  comme  clerc  par  l'official  de  Tournai  et  le  magistrat 
fait  droit  à  cette  demande,  à  condition  que  si  l'inculpé  est 
par  la  suite  reconnu  non  clerc,  il  sera  rendu  à  la  justice 
laïque.  L'official  ayant  reconnu  que  les  lettres  de  tonsure 
présentées  par  Robault  étaient  fausses  etsubreptices,  celui-ci 
fut  ramené  dans  les  prisons  de  la  ville  et  son  procès  ins- 
truit par  les  prévôts  et  jurés.  Reconnu  coupable,  il  est  con- 
damné à  avoir  «  le  hatriel  trencbié  tant  qu'il  soit  mort  et 
»  son  corps  mis  et  pendu  à  le  justice  de  ladite  ville  et  la 
«  teste  mise  au  deseure.  e  Prononcé  le  mardi  51  mars  1458 
(1439,  n.  st.)  et  exécuté  le  même  jour  après-midi. 

Le  18  avril  1439.  —  Amandin  Delepierre,  natif  de 
Baillœul  en  Tournaisis,  est  condamné  à  être  pendu,  pour 
avoir  commis  un  grand  nombre  de  vols. 

Le  S  Juin  1439.  —  Jehan  Refius  dit  de  Frisque,  natif 
de  Ghislelle,  demeurant  à  Thouroult,  est  condamné  à  être 
pendu,  pour  un  grand  nombre  de  vols  commis  à  Thouroult, 
à  Cocquelaere,  à  Ichteghem,  à  Tournai ,  etc.  Exécuté  à  la 
planque  d'Angy. 

Le  10  Juillet  1439.  —  Jehan  Dumont,  du  Mont  S'-Au- 
bert,  prisonnier  accusé  de  meurtre,  est  trouvé  pendu  dans 
sa  prison.  Son  corps  est  mené  as  champs  et  pendu  à  une 
fourque  de  bois  estequié  en  terre  lez  le  tour  de  k  justice,  au 
dehors  de  le  porte  Saint-Martin,  par  iexécuteur  des  juge- 
mens  criminels,  ad  ce  prcsens  plusieurs  sergens  bastonniers, 
sans  pour  ce  sonner  le  bancloquc. 


—  305  — 

Leiï  MailUO.  —  Piérart  Blancart,  natif  de  Loyau- 
court,  est  pendu  et  étrangle ,  pour  plusieurs  vols  et 
meurtres. 

Le  12  Août  1440.  —  Jehan  Lefcvrc,  natif  de  Grau  près 
de  Dinant,  est  pendu  à  la  haute  llèchc  hors  la  porte  S'  Mar- 
tin, pour  un  grand  nombre  de  vols  d'argenteries  commis  à 
Dinant,  à  Tournai  et  ailleurs. 

LeS  JUars  U40  (1441,  n.  si.)  —  Ostelet  Moulebaix  dit 
de  le  Briardrie,  taintenier,  natif  de  Velaincs,  est  pendu  et 
étranglé,  pour  un  grand  nombre  de  vols  commis  à  Tournai 
et  ses  environs. 

Le  14  Octobre  1441.  —  Ilcnncqr.in  Uttenhovc,  natif  de 
Bruges,  est  pendu  et  étranglé,  aussi  pour  avoir  commis  un 
grand  nombre  de  vols. 

Denis  Cartier,  natif  de  Paris,  est  pendu  et  étranglé,  pour 
larcins  (6  mars  1441,  1442,  n.  st.)  Exécuté  à  la  haute  flèche 
dehors  la  porte  S'  Martin. 

Gilles  Chuquet,  natif  d'Ath,  est  pendu  pour  larcins  (8  juin 
1448).  Exécuté  à  la  basse  justice  de  la  ville,  hors  la  porte 
S'-Martin. 

Le  16  juin  1442.  — [Jehcnne^Brouslin,  fille  de  Jean  , 
pigneresse  de  laine,  est  loyée  et  arse  à  une  estaque,  pour 
deux  infanticides  et  plusieurs  vols. 

Le  ^2  juin  1442,  un  homme  est  trouvé  pendu  à  un  arbre 
hors  la  porte  S'-Martin  ;  le  cadavre  est  transporté  près  de 
la  tour  de  la  haute  justice  et  pendu  à  une  fourche  de  bois 
entassée  en  terre,  près  de  la  dite  tour. 


—  304  — 

Le  i"  septembre  1442.  —  Alexandre  de  Scaprc,  natif 
de  Bruges,  est  pendu  et  étranglé  pour  vols  d'églises  et  autres 
commis  à  Alost,  à  Courtrai,  à  Isengliien,  etc. 

Estienne  Descauffours  dit  Lignaige ,  foulon,  déjà  banni  à 
perpétuité,  est  condamné  à  être  traîné,  pendu  et  étranglé, 
pour  rupture  de  ban  ,  viols  et  vols  (14  février  1442,  1443, 
n.  st.).  Exécuté  à  la  haute  flèclie. 

Clare  Spikincx,  veuve  de  Jehan  Inglebrant,  native  d'Isen- 
gliien,  est  condamnée  à  être  liée  à  une  estaque  et  à  icelle 
arse  tant  qu'elle  soit  morte,  pour  meurtre  commis  sur  la 
personne  de  son  mari.  D'après  ses  aveux  ,  elle  préméditait 
la  mort  de  son  mari  depuis  plus  de  20  ans  et  elle  ne  réussit 
qu'à  la  troisième  tentative.  La  première  fois,  elle  lui  fit  ava- 
ler du  vif  argent  qui  n'occasionna  qu'une  maladie  grave  dont 
il  guérit;  la  seconde  fois,  elle  le  poussa  dans  un  grand  fossé 
au  moment  qu'il  y  puisait  de  l'eau,  et  la  troisième  fois,  elle 
l'assomma  dans  son  lit.  Cette  sentence  fut  mise  à  exécution 
le  2  mars  1442  (1-545,  n.  st.),  à  la  justice  de  la  ville  hors  la 
porte  S'-Martin. 

£e  15  «lai  1443.  —  Ilaquinct  Delcrue  dit  de  Gand  est 
pendu  et  étranglé,  pour  avoir  commis  un  grand  nombre  de 
vols. 

Le  25  Mai  1443.  —  Jehan  Lotemer,  cordewanier,  natif 
de  Valenciennes,  est  pendu  et  étranglé  à  la  justice  de  le 
planque  d'Angy,  pour  avoir  commis  également  un  grand 
nombre  de  vols. 

Le  18  Septembre  14-43.  —  Willcquin  Delchcutc  est 
pendu  et  étranglé  à  la  haute  flèche  de  la  justice  dehors  la 
porte  S»-Martin,  pour  un  grand  nombre  de  vols  commis  à 
Bruges,  Gand,  Yprcs,  Courtrai,  Bruxelles,  etc. 


—  305  — 

Fcrnaghutdc  le  Broukc,  natif  de  Bcllcnghcn  en  Flandre, 
banni  du  royaume  de  France  pour  homicide,  est  arrêté  le 
18  janvier  14i5  (1444,  n.  st.)  sur  le  territoire  de  Tournai 
et  par  les  prévôts  et  jurés  auxquels,  comme  hauts  justiciers, 
appartient  la  connaissance  et  exécution  dudit  bannissement, 
il  est  condamné  à  être  pendu,  ce  qui  est  exécuté  le  21  du 
même  mois,  dehors  la  porte  S*-Martin. 

£e22  Octobre  144a.  —  Thomas  de  Boulogne,  polisseur, 
banni  à  toujours  et  sans  rappel  de  la  ville  et  banlieue  de 
Tournai,  comme  infracteur  d'une  paix  jurée  par  lui  et 
prononcée  par  arbitres,  est  arrêté  sur  le  territoire  de  la 
ville  et  amené  en  la  halle  des  prévôts  et  jures  pendant  que 
ces  derniers  siégeaient.  Le  procès  est  immédiatement  ins- 
truit et  le  prisonnier,  convaincu  d  cire  venu  plusieurs  fois 
converser  dans  la  banlieue  et  d'avoir  môme  usé  de  menaces 
envers  plusieurs  habitants  de  Tournai,  est  condamné  à  être 
pendu.  Celte  sentence  est  exécutée  le  même  jour  à  la  haute 
flèche,  hors  la  porte  de  S'-iMartin. 

Jchenne  de  Malles  est  condammécà  être  brûlée  vive,  pour 
avoir,  en  enfreignant  la  paix  de  la  ville,  fait  des  blessures  à 
la  femme  de  son  amant,  à  la  suite  desquelles  cette  dernière 
est  décédée.  Ce  jugement,  pi'ononcé  le  51  mai  1446,  est  mis 
à  exécution  le  même  jour. 

Le  3  mai  i'i-'p7.  —  Henri  le  Monnoyer,  natif  de  V^il- 
vorde,  sergent  des  bois  en  liainaut,  est  pendu  et  étranglé, 
pour  avoir,  aidé  de  deux  autres  individus  déjà  exécutés  à 
Ath  et  à  Trazcgnics ,  fabriqué  de  fausses  lettres  et  en  avoir 
fait  usage  pour  extorquer  de  l'argent  à  un  grand  nombre  de 
personnes. 

Le  i"^  décembre  1  *47.  —  Guérardin  de  Villcrs  est  pendu 


—  306  — 

et  clrangié  pour  avoir  ,  étant  banni  à  {3crpétuité ,  commis 
un  viol  sur  le  territoire  cîc  la  ville  et  s'être  rendu  coupable 
d'autres  délits. 

Le  2G  février  4447  (1448,  n.  st.)  —  Un  jeune  homme 
de  17  ans  est  trouvé  pendu  dans  le  grenier  de  son  maître  et 
son  corps  est,  comme  d'usage,  transporte  à  la  justice  hors  la 
porte  de  St-Marlin. 

Le  29  mai  1448.  —  Willeraet  le  Sauvaigc,  natif  de 
près  de  Bîicquy ,  est  pendu  et  étranglé ,  pour  avoir  commis 
un  grand  nombre  de  vols. 

Le  o  octobre  1449.  —  Robin  Bcrnuit,  natif  d'Antoing, 
est  pendu,  pour  avoir  volé  des  pièces  de  vaisselle  d'argent 
et  des  objets  d-habillcment  appartenant  à  l'hôpital  de  Marvis. 

Le  28  avril  1450.  —  Colin  Calot  dit  Falesquc,  natif  de 
Vaîenciennes,  banni  à  perpétuité,  est  pendu  et  étranglé, 
pour  violences  commises  sur  des  femmes  dans  la  ville  de 
Tournai  et  à  St-Maur. 

Le  8  décembre  1450,  sur  la  plainte  de  quelques  habi- 
tants de  la  ville ,  l'un  des  prévois  se  transporta  à  l'hôtel 
à  la  Cloche  sur  les  salines  et  y  opéra  l'arrestation  de  plu- 
sieurs jeunes  gens  étrangers  en  compagnie  de  femmes 
folians  (femmes  débauchées).  Parmi  ces  jeunes  gens  se  trou- 
vait un  nommé  Karle  Deqiic!:cre,  foulon,  natif  de  Noeféglise 
en  Flandre,  accusé  de  maléfices.  Pendant  que  le  prévenu 
était  en  prison,  un  nommé  Chrétien  Belle  se  rendit  parde- 
vant  les  prévôts  et  jurés  pour  réclamer  justice  contre  le 
prisonnier  qui  avait,  un  an  auparavant,  assassiné  Gillcquin 
Belle,  son  fils,  en  enfreignant  certaine  ghissèlc  ou  assuran- 


-   307   — 

CCS  faites  et  jurëcs  panlcvant  la  loi  de  la  ville  d'Yprcs.  De 
plus  Hcnncquin  Belle,  frère  de  la  victime,  se  rendit  prison- 
nier en  se  faisant  partie  formée  contre  l'accuse.  Celui-ci 
avoua  son  crime  et  les  prévôts  et  jurés  le  condamnèrent  à 
être  traîné  et  pendu.  Ce  jugement  fut  prononcé  le  19  jan- 
vier 1450  {1451 ,  n.  st.)  et  le  môme  jour  après-midi,  le  con- 
damné fut  traîné,  en  commençant  aux  degrés  de  la  halle  , 
et  puis  pendu  à  la  haute  flèche,  hors  la  porte  de  St-Martin. 

Le  5  ^vrier  1450  (14bl,  «.  st.)  —  Piètre  Vandenmœrc, 
natif  de  Baillœul,  banni  de  la  ville  d'Ypres  comme  larron, 
est  pendu  pour  meurtre. 

Le  3  juin  1431.  —  Jehan  Kee  et  Gillequin  Poilus 
sont  pendus  et  étranglés,  pour  meurtre  et  vols. 

Le  7  juillet  1451.  —  Henncquin  Moous,  tisserand  de 
draps,  natif  d'Evelghera  près  de  Gand,  est  pendu  et  étran- 
glé, pour  avoir  commis  un  grand  nombre  de  vols. 

Le  19  décembre  1451.  —  Jehan  de  Tourmcgnies,  fils 
de  Jehan,  natif  de  Lille,  est  pendu  et  étranglé,  pour  assassi- 
nat avec  préméditation. 

Thorin  de  Groue  dit  Botebecque ,  natif  de  Cologne  et 
Dancart  Bcghe,  demeurant  à  Gand,  sont  pendus  et  étranglés. 

Ils  attiraient,  dans  des  auberges  à  eux  connues,  des  indi- 
vidus qu'ils  savaient  posséder  quelque  somme  d'argent  et 
les  cxcitaientà  jouer  aux  cartes  et  aux  dés,  pendant  la  nuit, 
avec  des  cartes  qu'ils  retiraient  d'une  cachette  placée  sous 
le  lit.  Ils  parvenaient  toujours  à  soutirer  l'argent  de  leurs 
adversaires,  soit  par  compéragc,  soit  par  des  manœuvres 
déloyales,  soit  quelquefois  de  vive  force  ou  par  menaces. 
L'exécution  eut  lieu  le  0  janvier  1451  (1452,  n.  st.). 


—  508  — 

La  24  janvier  i4;>l  (1452,  n.  st.)  —  Gossart  Deblois 
dit  Dcsprcs,  natif  de  St-Sauveur,  sergent  de  la  chàtcllenic 
d'Alh,  est  traîne  et  pendu ,  comme  coupable  de  plusieurs 
meurtres,  violences  sur  des  femmes,  abus  d'autorité,  etc. 

Le  6  avril  1451  (1432,  n.  si.)  —  i"  Miquelet  Deleure, 
maréchal ,  natif  de  Quarmont  en  Flandre  et  demorant  à 
Lille; 

2°  Mahieuet  de  Gavres,  parmenticr,  natif  de  Frasnes-lez- 
Buissenal  et  demeurant  à  Renaix,  sont  traînés  et  pendus , 
comme  coupables  de  meurtre.  (Exécutés  à  la  basse  justi^ce 
hors  la  porte  St-Martin. 

Gucrard  Balstcrghe,  orfèvre,  natif  d'Arnefberg  en  Alle- 
magne, est  condamne  à  être  bouilli  dans  l'eau  chaude,  tant 
que  mort  s'ensuive,  comme  faux  monnayeur  (19  août 
lÂo2).  Ce  jugement  est  mis  à  exécution  le  même  jour,  après- 
midi,  sur  les  prés  as  nonnains  ,  en  une  chaudière  apparte- 
nant à  la  ville. 

Il  résulte  des  aveux  réitérés  du  prévenu  «  que  environ 
»  à  dcmv  an  qu'il  estoit  demorant  à  Dieppe,  avec  un  homme 
>i  de  guerre  nommé  Colin  qui  n'a  que  faire,  il  fut  averti 
Il  par  ledit  Colin  que,  en  ladite  ville  de  Dieppe,  estoit  demo- 
1)  rant  un  coutelier  nommé  Willamme  et  estoit  boisteux , 
it  qui  bien  savoit  tailler  et  contrefaire  coings  de  monnoyes, 
1.  et  délibérèrent  ledit  Colin  et  lui  que  s'ils  pooicnt  finer 
51  d'avoir  acointance  audit  boisteux  et  recouvrer  desdis 
1)  coings  contrefais  pour  forgier  faux  florins,  ilz  seroient 
»  rices  gens.  Et  sur  ce,  bien  brief  après,  avoit  ledit  Gucrard 
»  trouvé  manière  de  s'aborder  dudit  boisteux,  et  tant  fait 
i  qu'ils  avoient  esté  boire  ensemble  cl  heu  plusieurs  devises 
»  l'un  à  l'autre,  entre  lesquelles  il  avoit  dit  audit  boisteux 
»  qu'il  estoit  povre  compaiguon  et  en  grand  dangicr  de  recou- 
»   vj'cr  argent  pour  paicr  ses  debtes,  ne  savoit  où  en  gaignicr, 


—  509  — 

»  prctcndans  par  Icsdiles  parollcs  ledit  boisteux  et  pai*^e- 

)>  nir  à  ce  que  dessus  ;  finableraent  avoicnt  ensemble  esté  si 

«  privez  que  ledit  boisteux  ly  avoit  dit  s'il  voloit  estre  secrez, 

»  il  ly  diroit  une  chose  dont  tous  deux  ils  aroicnt  de  l'ar- 

1»  gcnt  assez.  Et  ledit  Guérard  avoit  respondu  et  promis  que 

n  oïl,  en  faisant  serment  ensemble   de  non  racuser  l'un 

»  l'autre,  et  tellement  que  ledit  boisteux  ly  avoit  confessé  et 

»  dit  que  bien  savoit  faire  lesdis  coings  et  que  autrcffoix  il 

"  avoit  fait  et  forgié  nobles  et  autres  florins  pour  le  sei- 

1)  gneur  d'Arminacq,  disant  audit  Guérard  que  s'il  se  voloit 

a  employer  à  tailler  et  dorer  les  florins,   il  les  taperoit  en 

»  coings  et  gaigneroient  une  grande  cevance.  (1)  A  laquelle 

»  chose  faire,  ledit  Guérard  s'estoit  accordé  et  avoit  mené 

B  disncr  ledit  boisteux  en  le  maison  dudit  Colin,  qui  n'a 

»  que  faire,  lequel  avoit  offert  prester  cincq  cens  escus  pour 

«  y  employer,  promettant  de  tout  faire  à  part  ensemble  et 

"  prenant  conclusion  d'y  besongnier.  En  ensieuvant  laquelle 

»  conclusion,  lesdis Guérart  et  boisteux,  assés  brief  après,  se 

>  départirent  dudit  lieu  de  Dieppe  et  pour  miculx  et  plus 

»  plus  secrètement  acomplir  leur  fait,  s'en  allèrent  en  divers 

»  villages  oii  ledit  boisteux ,  qui  est  coutelier ,  list  forgier 

»  et  graver  plusieurs  coings  de  diverses  fâchons,  tant  no- 

»  blés  que  escus ,  mailles  de  Rin  et  postulat.  Item  dist  que 

*  après   lesdis  coings  ainsi   forgiés ,    ilz   retournèrent  en 

»  ladite  ville  de  Dieppe,  en  laquelle  ledit  Guérart  accata  du 

»  laiton  dont  il  fist,  tailla  et  dora  plusieurs  pièces  en  fourme 

»  de  mailles  postulat ,  et  pour  les  emprienter  et  tapper  sur 

n  lesdis  coings  s'en  allèrent,  lui  et  ledit  boisteux,  soubz  une 

»  roce  au-dehors  d'icelle  ville  de  Dieppe,  où  ledit  boisteux 

»  les  fist  et  tappa  en  coing,  et  ledit  Guérard  en  dcmentiers 


(1)  CevancBf  chevanche,  richesse. 

39 


—  510  — 

»  faisoit  le  ghct,  regardant  que  personne  ne  vcnist,  mais  à 

»  cause  que  ledit  laiton  estoit  trop  dur,  lesdis  coings  s'es- 

3>  toient  rompus,  et  n'y  ot  que  six  mailles  faites  qui  furent 

»  délivrées  audit  qui  n'a  que  faire,  et  à  tant  separty  ledit 

»  bûistcux  dudit  lieu  de  Dieppe  et  s'en  alla  en  autres  villes 

»  doubtans  que  lui ,  qui  estoit  renommé  de  savoir  faire  telz 

»  ouvrages ,  ne  fuist  trouvé  et  recongneu.   —  Item  dist 

»  oultre  et  confessa  ledit  Guérard  que,  depuis  le  partcraent 

>  dudit  boisteux,  lui  désirant  cncorcs  avoir  dcsdis  coings 
»  pour  faire  lesdis  faux  florins ,  is'acompaigna  de  Cornilles 
»  Bieze,  natif  de  Bruges  et  d'un  nommé  Denis  de  Game- 
«  chines  dit  Chariot,  natif  d'cmprès  Lille,  et  eulx  trois  allc- 
»  rent  après  ledit  boisteux  qu'ils  trouvèrent  à  Honncfleu  en 
»  Normendie  ,  l'amenèrent  en  la  ville  de  Kcm  audit  païs  et 
»  se  logèrent  en  la  maison  d'un  armoycur  nommé  Albrecq, 
i>  auquel  lieu,  en  une  cstablc  dcrière,  ledit  boisteux  leur 
»  fist  et  forga  plusieurs  coings,  est  assavoir  ung  pour  for- 
»  gicr  nobles,  ung  pour  escus,  ung  autre  pour  demy-eseus, 

>  deux  pour  mailles  de  Rin  et  ung  pour  mailles  postulat.  Et 
»  à  iceux  faire  estoit  ledit  Guérard  présent  qui  les  emprien- 
ï  toit  en  cire  pour  savoir  s'aucunedéfaulte  y  avoit.  Et  après 
j»  qu'ils  furent  tous  fais  et  acomplis  et  ledit  boisteux  con- 
«  tenté  de  sa  paine ,  auquel  pour  son  salaire  ils  délivrèrent 
«  ung  florin  d'or  pour  chacun  coing,  fu  par  eulx  conclu 
!i  de  venir  en  Tournay  et  y  apporter  lesdis  coings  pour 
»  faire  et  forgicr  lesdis  florins,  sy  comme  ils  firent  et  y 
«  arrivèrent  hier  et  viij  jours  et  se  logèrent  en  l'ostel  et 
»  cabaret  de  le  Roze  ,  en  le  rue  de  Coulogne.  Et  dimence 
»  darain  passé,  l'un  d'eux,  est  assavoir  ledit  Chariot,  se  party 
5»  et  s'en  alla  en  la  ville  de  Bruges  pour  avoir  argent,  mais 
«  avant  son  parlement  délibérèrent  l'un  avec  l'autre  que 
»  que,  durant  son  absence,  ils  labouroicnt  toudis  à  faire  les- 
«  dis  florins,  et  fut  devisé  que  les  nobles  et  escus  ilz  fcroicnt 


—  311  — 

I)  moitié  d'or  et  moitié  d'argent,  et  les  mailles  ilz  feroienl 
n  de  kcuvre  doret.  Et  à  co  propos,  pour  à  ce  commonchier, 
»  Icsdis  Guérard  et  Cornillcs  accatèrent  h  ung  fondeur  sur 
>  le  marchié  as  vaques  trois  livres  de  laiton,  et  sy  accatèrent 
n  unes  chisoires  et  du  vif  argent  et  autres  hoslicux  dont  ilz 
)»  avoicnt  besoing  ,  duquel  laiton,  ledit  Guérard  fist  et 
»  copi)a  xj**  (220)  pièces,  lesquelles  il  ordonnoit  et  appoin- 
it  toit  pour  dorer  et  faire  mailles  postulat  pour  alouer  à 
M  l'eure  que  par  justice  il  avoit  esté  trouvé  et  pris.  Et  pour 
1»  faire  la  dorure  estoit  ledit  Cornilles  allés  accater  de  l'or 
»  et  avoient  intention,  après  ledite  dorure  faite,  les  tappcr 
»  en  coing  en  ung  bos  ou  cnmy  les  champs,  aflin  qu'ilz  ne 
Il  fussent  aperclieus,  se  justice  n'y  feust  sy  tost  venue,  di- 
»  sant  oultrc  que  de  sa  prinsc  il  estoit  bien  joyeux,  pour  le 
»  grand  mal  qu'ilz  eussent  fait  et  paraconiply.  -» 

Des  deux  complices  de  Guérard  Balsterghe,  l'un  s'échappa 
et  l'autre  (Denis  de  Gamechines)  qui  était  revenu  de  Bruges, 
apprenant  l'arrestation  de  Guérard,  chercha  à  fuire,  mais 
poursuivi  par  les  sergents  du  bailliage,  il  fut  arrêté  à  Mar- 
quain,  dans  une  grange  où  il  était  couché.  Il  fut  ramené  le 
lendemain  à  Tournai  et  rc(juis  par  le  bailli  de  Toiunai  et 
Tournaisis  auquel  il  fut  délivré,  attendu  qu'il  avait  été  pris 
sur  le  territoire  du  bailliage.  Finalement  il  fut  bouilli  à 
Maire,  en  vertu  de  sentence  du  bailli.  Pour  mettre  cette 
sentence  à  exécution,  le  bailli  emprunta  la  chaudière  de  la 
ville. 

1"  Arncquin  Dclehieddc,  tisserand  ; 
2o  Louis  Duprct,  faiseur  de  fer  d'alloyères  ; 
3"  Ilennequin  Dassonnevillc,  tclier,  sont  pendus  et  étran- 
glés pour  vols.  (24 janvier  141)2(1453,  n.  st.) 

«  Comme  ja  piéça  par  le  fait  et  insligation  d'aucuns 
>'  pcr\'ers  et  séditieux  do  présent  bannis  de  ccstc  ville  et  du 


—  512  — 

1)  royaulme  de  Finance,  pour  les  troubles  et  divisions  qu'ilz 

»  avoient  fait  et  de  long  temps  nourry  en  ceste  ville  et 

n  cité,  aucuns  de  bas  estât  et  petite  faculté  se  soient  eslevez 

»  et  avancbiez ,   de  leur  propre  auctorité  et  sans  povoir 

n  légitiesme,  de  emprendre  et  avoir  la  domination  et  gou- 

»  vernement  de  ladite  ville,  soubz  umbre  que  faintement 

I)  donnoient  à  entendre  au  peuple  vouloir  garder  le  bien 

»  cemmun  de  ladicte  ville,  s'estoient  et  sont  ingérez  de 

»  porter  leurs  mauvaises  oppinion,   en  contempnant  les 

ï  juges  et  la  justice  anchienne  et  ordinaire  de  ladite  ville  et 

«  les  foulant  en  plusieurs  manières  par  menaches ,  haul- 

»  tcurs  et  terreurs  qu'ilz  leur  faisoient  de  jour  en  jour,  en 

))  séduisant  et  commovant  ledit  peuple  alencontre  des  con- 

»  saulx  d'icelle  ville,  adfm  que,  par  doubte  et  crainte d'iccllui 

»  peuple,  justice  n'osast  faire  chose  qui  ne  leur  fuist  agréable. 

>  Et  pour  auxquelles  choses  obvier  et  pourvoir,  le  Roy 
»  nostrc  s"",  de  ce  deucment  adverly,  eust  envoyé  pardeça  ses 
rt  ambaxadeurs  solennelz  et  leur  donné  pouoir  de  pourvoir 
«  ausdiz  dangiers  et  inconvénicns  «t  aussi  au  bien  publi- 
»  que  de  ladite  ville,  comme  ilz  verroient  estre  nécessaire 
n  et  expédient;  Icsquelz  ambaxadeurs,  pour  à  ce  parvenir, 
n  eussent  fait  et  publié  certaines  ordonnances  concernans 
i>  le  bien  de  paix,  et  par  lesquelles  toutes  matières  de  dis- 
»  cors  et  voyes  de  fait  estoioHtostées  et  réprimées.  Et  com- 
1)  bien  que  le  Roy  nostre  s"",  de  sa  certaine  science ,  ait 
)»  voulu  et  ordonné  que  d'iccUcs  ordonnances  feust  et  soit  usé 

>  en  ceste  dite  ville,  soubi  certaines  modifications  et  décla- 
j»  rations  par  lui  faictes  tant  que  autrement  en  soit  par  lui 
»  ordonné,  comme  de  ce  tant  par  lettres  closes  signées  de  sa 
»  propre  main ,  comme  par  lettres  patentes  scellées  de  son 
»  grand  seel  à  nous  envoyées,  nous  est  deucment  apparu,  et 
»  aussi  que  depuis  Bertran  De  le  Cambc,  grand  doyen  des 
»  mcsticrs  de  ladite  ville  el  autres  de  sa  compaignic,  ayent 


—  313  — 

»  esté  devers  le  Roy,  nostre  dit  seigneur,  et  par  le  moyen  de 
»  certaines  mauvaises  et  injurieuses  instructions  à  eulx 
»  baillics  à  Paris  par  ung  cnnomy  et  registre  de  ladite  ville, 
»  contre  l'onneur  et  bonne  renommcc  des  natifs  d'iccUe 
»  dite  ville,  et  au  grand  vitupère,  blasme  et  infamie  d'icellc, 
»  eussent  contcndu  à  la  revocation  d'icclles  ordonnances. 
)>  Sur  quoy  le  Roy  nostre  s',  pour  les  grans  charges  et  occu- 
»  pations  qu'il  avoit  à  cause  de  sa  guerre,  et  pour  aultres 
»  causes  ad  ce  le  raouvans,  cust  dit  qu'il  n'estoit  pas  dcli- 
»  béré  de  donner  aultre  appointement  que  cellui  dessusdit, 
Il  jusques  ad  ce  qu'il  seroit  retourné  de  sadittc  armée  et 
1»  qu'il  seroit  acompaigné  de  son  grand  conseil  en  plus 
1)  grand  nombre,  en  déclarant  seconde  fois  et  ylérativement 
i>  qu'il  vouloit  que  desdites  ordonnances,  soubz  les  raodifi- 
)»  cations  dessusdites,  fust  usé  comme  paravant. 

»  Néanmoins  ledit  Certran  Dclc  Cambe ,  grand  doyen  , 
n  avec  Jehan  de  Carnins,  doyen  des  fcvres  et  Jehan  le 
»  Pesqueur,  doyen  des  foulons  et  aucuns  aultres  leurs 
»  adhérens,  non  vœillans  obtempérer  ni  obéir  auxdites 
»  ordonnances  ,  mais  en  icclles  en  fraingnant  voluntaire- 
»  ment  et  de  fait,  mardi  darrain  passé,  xxviij®  jour  de  ce 
)»  présent  mois  d'aoust  que  les  quaii^e  consaulx  estoient 
!>  assamblez  en  la  halle  du  conseil  de  ceste  dite  ville,  avoient 
n  contcnda  à  faire  lire  à  huis  ouvers,  présent  le  peuple, 
T.  leurs  dites  mauvaises  et  injurieuses  escriptures,  laquelle 
»  chose  lesdis  consaulx  n'avoient  voulu  consentir,  mais 
»  leur  blasmé  tant  par  ce  qu'il  estoit  venu  à  leur  congnois- 
»  sance  que,  de  par  le  Roy  nostre  dit  seigneur,  leur  avoit 
)>  esté  expressémcHt  defîcndu  que  de  quelque  chose  dite  ou 
»  cscripte  devers  ledit  seigneur,  riens  ne  fuist  relevé  ne 
»  déclairé  par  deçà ,  comme  aussy  pour  ce  (ju'il  n'apparte- 
»  noit  pas  lesditcs  matières  devulghier  ne  dcclairer,  ainsi 
î»  que  rcquéroicqi^ lesdis  doyens,  à  cause  que  division  s'en 


—  514  — 

rt  eust  peu  ensuir  en  cesle  dite  ville ,  dont  cust  peu  estre  en 
»  inconvénient  et  dangicr  irréparable.  Ce  nonobstant,  Icsdiz 
»  Bcrtran  Dele  Cambe  ,  Jehan  de  Garni ns  et  Jehan  le  Pes- 
n  queur  et  leurs  complices ,  en  la  fin  de  certain  disner  par 
«  eulx  fait  ledit  jour  au  cabaret  du  Dieu  d'amour,  sans  le 
Il  sceu  des  autres  doyens  et  soubzdoyens  de  ladite  ville, 
»  avoient,  en  continuant  leur  mauvaise  voulcntc,  prins 
»  concl'ision  formelle  de  à  lendemain  ,  qui  fut  le  jour  saint 
»  Jehan  de  Colasse,  convoquier  tous  lesdis  doyens  et  soubz- 
I»  doyens  pour,  en  leur  halle,  faire  lire  et  publier,  à  huis 
«  ouvers  et  devant  le  peuple ,  leurs  dites  mauvaises  et  inju- 
«  rieuses  escriptures ,  et  en  exécutant  et  mettant  à  effet 
)•  îeur  dite  conclusion,  eussent  dès  lors  fait  la  semonce  et 
)•  convocation  desdis  doyens  et  soubzdoyens;  et  ledit  jour 
»  saint  Jehan  au  matin ,  avoient  fait  ouvrir  leur  dite  halle 
«  et  tenir  leurs  dis  huis  et  fenestres  ouvertes  pour  convo- 
0  quicr  le  peuple,  et  tant  avoient  fait  par  leurs  manières  et 
»  scmblanclies,  qu'ils  avoient  advisé  et  précogité  cnsamblc 
j)  paravant  que  certaine  grande  quantité  de  menu  peuple, 
»  ilec  assamblé  à  la  provocation  d'aucuns  d'iceulx,  monta 
»  en  leur  dite  halle,  et  par  cestc  manière  firent  assemblée 
j)  illicite  dudit  peuple  alencontre  desdis  consaulx  et  gou- 
»  verneurs  de  ladite  ville ,  qui  fu  en  allant  directement  con- 
»  tre  lesditcs  deffcnccs  et  ordonnances  royaulx,  dont  le  Roy 
)>  nostre  dit  seigneur  avoit  voulu  et  vouloit  estre  usé,  si  que 
»  dit  est,  en  ladite  ville,  par  lesquelles  estoit  et  est  deffcndu 
»  faire  quelconques  assemblées  de  peuple  ne  mettre  devant 
11  iccllui  quelque  chose,  fors  par  l'ordonnance  et  consenle- 
5»  ment  de  tous  les  quatre  consaulx,  ou  au  moins  des  trois 
»  d'acord  ensamble.  Et  que  pis  est,  en  abusant  et  faisant 
»  errer  ledit  peuple,  avoient  demandé  l'adveu  d'icelui  pcu- 
B  pie  et  requis  que  se,  pour  ceste  cause,  ilz  cstoient  approu" 
I»   chiez  de  justice,  que  Icdil  peuple  les  voulsi^t  aidicr  et  con- 


—  545  — 

»  fortcr.  Desquelles  voycs  et  manières  de  faire,  qui  esloicnt 
»  et  sont  mauvaises  et  séditieuses,  faites  de  fait  apcnscct 
»  délibéré,  contre  le  gré  de  justice  et  à  mauvaise  fin,  aucuns 
)»  des  plus  saigcs  et  notables  d'iceulx  doyens  avoient  esté 
»  maloontcns  et  s  cstoient  mis  en  tout  devoir  de  empeichier 
»  leur  dite  emprinse ,  mais  ilz  n'en  avoient  peu  venir  à 
»  cliief,  par  le  fait  et  coulpe  dcsdis  malfaiteurs  qui  estoient 
!)  les  chiefz  et  principaulx  conducteurs  de  ladite  besogne  et 
i>  de  leurs  adbérens ,  et  par  le  tumulte  dudil  peuple  ilcc 
»  assamblé.  Et  avec  ce,  ainsi  que  depuis,  par  l'ordonnance 
)»  de  nous  prévostz  et  jurez ,  sire  Guérard  Pippart,  prévost 
)>  de  ladite  ville,  cust  appréhendé  et  fait  prisonnier  ledit 
«  de  Gamins,  pour  ce  que  ledit  jour  de  mardy,  présent  les- 
»  dis  quatre  consaulx,  avoit  dit  que  en  Tournay  y  avoit  mil 
>  et  mil  hommes  qui  ameroient  autant  que  ceste  ville  fuist 
"  en  l'obéissance  de  mons""  de  Bourgogne  que  du  Roy  nostre 
11  s^,  lesdis  Bertran  Dcle  Cambe  et  Jehan  le  Pesqucur  avoient 
»  poursuy  ledit  prévost  et  se  rais  en  peine  de  commovoir 
»  le  peuple  sur  ledit  prévost  et  ses  sergens  et  assistans, 
«  adfin  de  rescourre  ledit  de  Gamins  et  le  osier  hors  des 
»  mains  de  justice,  en  cryant  trcs-dcsordonnement  et  haul- 
»  tementqucon  ne  leur  faisoit raison  ne  justice, 'et  qu'ilz  ne 
»  le  pourroient  ne  voulroient  souffrir  ne  laisser  emmener, 
)i  et  qu'ils  vouloient  savoir  les  causes  de  son  emprisonne- 
»  ment ,  en  eulx  efforchant  de  fait  le  rescourre  et  tellement 
»  que,  à  l'occasion  de  leurs  dites  paroles,  aucuns  du  peuple 
«  avoient  grandement  oppresse  ledit  prévost  et  ses  sergens 
»  et  mis  main  à  leurs  daghes  et  couteaulx,  frappé  aucuns 
»  des  sergens  et  fait  telle  forche  et  violence  que  à  très-grand 
»  paine  ledit  Carnins  pot  estre  mis  prisonnier.  Pour  les- 
■  quelles  causes  et  aultres  tumultes,  rumeurs  et  séditions, 
n  et  aussy  pour  plusieurs  armées  et  assemblées  illicites  par 
"   eulx  faictcs  en  coutempt  de  justice,  tant  de  jour  que  de 


—  316  — 

n  nuit,  en  ladite  ville,  et  aultres  plusieurs  offenses  et  rebcl- 

»  lions  par  eulx  commises  en  grand  escandele  et  eontemp- 

»  ncmcnt  de  justice,  qui  sont  si  notoires  en  ceste  dite  ville, 

»  que  nul  n'en  peut  prétendre  ingnorance ,  esquelles  ilz 

5>  ont  de  Irès-long  temps  continué  et  persévéré,  ne  pour 

«  quelconques  prières ,  amonitions  ou  remonstrances  qui 

11  leur  avoient  esté  faictes  par  lesdis  consaulx,  ne  se  sont 

»  voulu  depportcr;  mais  comme  obstinez  en  leur  sédition, 

)•  sont  demourez  jusques  à  présent  en  leurs  dampnables 

31  propos  et  mauvaise  intention,  dont  ladite  ville  a  esté 

3>  plusieurs  fois  en  grand  péril  de  désolation,  se  n'eust  esté 

»  par  la  grâce  de  Dieu  et    la  prudente  tolérance  desdis 

»  consaulx,  si  comme  de  tout  ce  est  plainemcnt  apparu, 

»  tant  par  la  notoriété  desdis  cas  dont  la  pluspart  ont  esté 

»  commis  en  plaine  halle  et  à  huis  ouvers ,  comme  aussi  par 

"  leurs  propres  confessions  et  plusieurs  grandes  informa- 

ji  tions  sur  ce  faictes,  esquelles  ils  se  sont  rapportez,  etcon- 

3)  sidéré  ce  qui  y  faisoit  et  fait  à  veir  et  considérer  ,  nous, 

»  lesdiz  Bertran  Dde  Cambe,  Jehan  de  Carnins  et  Jehan  le 

1»  Pesqueur,  avons  condempné  et  condempnons  à  mort  telle 

»  que  d'avoir  les  hattéreaux  trenchiez  sur  le  marchié  tant 

1)  qu'ilz  soycnt  mors  et  leurs  biens  confisquez  au  droit  de 

»  ladite  ville.  Ce  fut  fait  et  prononchié  en  nostre  halle, 

3)  publiquement,  à  huis  ouvers  et  ledit  jugement  misa 

»  exécution   incontinent  sur  le  grand  marchié  de  ladite 

j)  ville ,  le  samedi  premier  jour  du  mois  de  septembre  l'an 

»  mil  eccc  cinquante  et  trois.  « 

Sur  ce  que  le  samedy,  premier  jour  du  mois  de  septembre 
en  ce  présent  an  mil  cccc  cinquante  et  trois,  environ  nœuf 
heures  du  matin ,  ainsi  que  nous  prévostz  et  jurez  estions 
en  nostre  halle  bcsongnant  à  l'expédition  et  parfait  d'un 
procès  criminel  touchant  aucuns  qui ,   ledit  jour,  comme 


I 


—  517  — 

séditieux,  comraovcui's  dépeuple  et  pcrlurbalears  de  paix, 
furent,  par  nostre  condempnation,  justicliiez  et  exécutez  ii 
mort,  estoit  venu  à  nostre  congnoissancc,  par  le  rapport  et 
advertisscment  d'aucuns  de  noz  ofiîciers  et  autres  bons  sub- 
gés  et  bienvœillansde  ladite  ville,  amans  le  bien  de  justice  , 
que,  au  lieu  etplache  du  Becquerel  en  la  dite  ville^  plusieurs, 
tant  foulons  comme  aultres ,  non  créniens  Dieu  ne  justice  , 
esmeus  et  espris  de  l'art  de  Fennemy ,  de  leur  dampnable 
et  oultrageuse  voulentc,  comme  adhérons  ausdis  exécutez , 
s'estoient  eslcvcz  et  mcttoient  sus  à  puissance  et  à  main 
armée  ,  par  manière  de  commotion  ,  pour  venir  à  force  et 
par  effroy  contre  nous  et  nous  rester,  par  violence  et  défait, 
Dosdis  prisonniers  et  empcicbier  nostre  jugement  et  exécu- 
tion de  justice,  qui  estoit  en  venant  contre  les  deffences 
royaulx  elle  cry  que,  nagaires  paravant,  avions  fait  faire  par 
justice  aux  bretesques  de  ladite  ville,  si  solennellement 
qu'ilz  ne  le  povoient  ingnorer ,  que  nulz ,  à  l'occa^on  de 
la  prinse  desdis  prisonniers  ne  aultrement ,  ne  s'esmeust  ne 
feist  aultrui  esmouvoir ,  par  armes  ne  par  aultre  manière , 
de  jour  ne  de  nuit ,  sur  paine  de  mort.  Nous ,  prévostz  et 
jurez,  incontinent,  pour  résister  et  remédier  à  ladite  com- 
motion et  mauvaise  entrcprinse ,  eussions  envoyé  le  prc- 
ost  de  la  commune  de  ccsle  dite  ville  ,  acompaigné  de  plu-  ' 
ieurs  nos  sergens,  gens  de  scrmeut  et  certain  nombre  d'au- 
res  babitans  d'icellc  ville,  armez  et  habillez  comme  il  appar- 
.enoil,  audit  lieu  du  Becquerel,  où  il  avoit  trouvé  et  appercheu 
plusieurs  desdis  foulons  et  autres  séditieux  estans  en  armes 
qui  ,  en  faisant  rébellion  formelle  contre  justice,  s'estoient 
mis  en  ordonnance  et  rengicz  au  piet  du  nœuf  pont,  par  où 
ledit  prévost  venoit,  en  levant  leurs  basions  et  monstrant 
manière  d'asti ves  ctenvayssemens  et  dont  les  aucuns  d'eulx, 
pour  empeicher  la  venue  dudit  prévost,  s'estoient  mis  en 
paine  de  oster  et  deffaire  les  assellcs  dudit  pont,  Ce  ncncb 


—  318  — 

stant^  ledit  prcvost  s'estoit  hasté  et  les  prévenus  tèlement 
que,  à  l'aide  de  Dieu  et  de  ceulx  de  sa  compaignie,  il  avoit 
fait  désarmer  et  retraire  ceulx  qui  ainsy  s'estoient  cslevez 
et  rompu  leur  dit  fait  et  entreprinse  et  les  aucuns  d'iceulx 
avoit  fait  appréhender  et  amener  prisonniers  par  dessoubz 
nous.  Et  depuis  nous,  désirans  de  savoir  et  atteindre  les 
vrais  coulpabics  et  conducteurs  de  ladite  entreprinse  et 
assamblée,  pour  en  faire  ce  que  à  bonne  justice  estoit  loisible 
et  appartenant ,  eussions  sur  ce  fait  faire  et  tenir  plusieurs 
grandes  enqucstes  et  informations.  Et  pour  ce  que  par  icclles 
nous  estoit  apparu  Jaquemart  Dorlot ,  foulon   et  Jehan 
Favrel,  tixeran  ,  cstoient  entre  autres  plainement  chargiez 
et  souppechonnez  dcsdis  cas  et  maléfices ,  nous  iceulx,  qui 
furent  trouvez  en  nostre  juridicion,  eussions  fait  appréhen- 
der et  amener  tous  prisonniers  en  jugement  par  devant 
nous;  lesquclz  sur  ce,  par  nous  interroghiez  chacun  à  part, 
par  plusieurs  fois  et  à  diverses  journées  ,  ont  dit,  congneu 
et  confessé  de  froit  sang  et  plusieurs  fois  réytéré,  ce  qui  s'en- 
sieut,  c'est  assavoir  ledit  Jaquemart  Dorlot,  que  lui,  qui 
estoit  desplaisant  de   l'emprisonnement  desdis  exécutez, 
désirans  iceulx  estre  rescoulx  et  estez  de  noz  mains  par  for- 
che,  trouble  etassamblée  de  peuple,  sachans  que  autrement 
que  par  mal  faisant  ne  les  povoit  aidier,  s'estoit  mis  avec 
le  frère  de  l'un  desdis  exécutez,  dès  le  jour  de  la  prinsc 
d'iceulx,  approuchiez  de  l'un  des  doyens  de  ladite  ville  et 
le  induit,  requis  et  incité  à  ftiire  assembler  les  gens  de  son 
raestier  et  banière  pour  rcscoure  et  osier  de   noz  mains 
lesdis  prisonniers.  Et  depuis,  pour  tousjours  à  ce  parvenir, 
s'estoit  aussy  transporté  devers  homme  de  son  mestier,  qu'il 
savoit  estre  parent  et  favorable  à  l'un  desdis  exécutez,  et 
icellui  pareillement  requis  et  enorté  de  s'armer  et  venir  de 
nuit,  avec  lui  et  aultres,  faire  ladite  rescousse,  en  lui  donnant 
à  entendre  que,  sur  le  Becquerel,  y  aurait  en  le  nuifye,  pour 


—  519  — 

ce  faire,  bien  deux  cens  hommes  armez,  en  liiy  demandant 
s'H  venroit  point  avec  culx  et  s'il  laivoit  Icsdiz  exécutez  en 
dangier,  avecaultres  parollcs  pour  à  ce  l'induire  et  amener. 
Et  avec  ce,  en  ensuivant  ladite  emprinsc,  avoit  lui  mcismcs 
dit  et  promis  à  aultrcs  de  s'armer  et  estrc  prcst  à  l'heure  de 
xj  heures  de  nuit,  pour  alcr  osier  de  prison  et  délivrer  lesdis 
exécutez.  Et  si  a,  en  oultre,  dit  et  confessé  que,  à  l'assamblcc 
faite  audit  Becquerel,  ledit  jour  de  samedy,  il  estoit  aie  et 
comparu  avec  les  aultres,  armé  et  embastonnc  et  conclu 
avec  ses  alycz  de  aler  sur  le  marchié,  ià  l'eure  qu'il  oroit 
sonmcr  la  cloche  pour  justichier  lesdis  exécutez  et  contendre 
de  les  reprendre  de  fait,  violenteraent  et  par  puissance,  et 
tant  faire  que  de  les  rescourre  et  mettre  au  délivre,  et  se  on 
leur  eust  empeichic,  de  férir  sur  nous  et  aultres  qui  y  eus- 
sent voulu  résister ,  et  avec  ce  esté  à  faire  et  esîire  d'entre 
culx  une  capitaine  pour  finir  et  conduire  leur  dite  emprinse, 
et  aussy  avoir  déclairé  et  enseigné  où  estoit  le  pignon  de 
leur  mesticr,  pour  l'emporter  et  avoir  avec  euîx  en  forme  de 
banière.  Et  en  oultre,  se  estrc  arrenghié  audit  Becquerel, 
contre  la  personne  dudit  prévost,  contcndans  à  se  tenir  et 
résister  contre  lui  par  voye  de  fait  et  le  rebouter  s'il  cust 
peu,  disant  et  confessant  oultre  que  se  n'eust  esté  la  venue 
dudit  prevost,  ilz  fussent  partis  et  mis  à  exécution  et  effcct 
leur  dite  emprinse.  Et  avec  ce  est  aussy  apparu  par  ladite 
information,  que  depuis  lesdiz  cas  advenus,  ledit  Dorlot,  lui 
cstans  retrais,  pour  double  de  justice,  au  dehors  de  ladite 
ville,  avoit,  cncontinuantcomme  obstiné  en  sa  dite  emprinse, 
dit  et  proféré ,  présent  plusieurs,  que  sans  cause  on  avoit 
fait  morir  Icsdilz  exécutez  et  que  à  ladite  emprinse  du  Bec- 
querel, il  avoit  tousjours  esté  prcst  et  heu  plusieurs  compai- 
gnons  dcsoubz  lui  et  que  s'aucuns  foulons  eussent  voulu , 
leur  doyen  nefuist  jà  mort,  avec  plusieurs  aultres  parollcs 
séditieuses  et  démonslrans  son  danipnablc  coraigc  cl  l'afTcc- 


—  3'iO  — 

• 

tion  qu'il  avoit  audit  fait  de  sédition.  Item  et  ledit  Jehan 
Favrcl  a  aussi  congneu  et  confesse  que  dès,  le  premier  jour 
que  lesdis  exécutez  furent  emprisonnez,  lui  avec  aultrcs 
s'estoit  comprins,  consentis  et  accordez  de  soy  armer  et 
venir  à  xij  heures  en  la  nuit,  en  la  plache  du  Becquerel,  où 
plusieurs  se  dévoient  assembler,  pour  d'ilec  venir  à  forme  et 
à  main  armée  oster  des  prisons  et  emmener  lesdis  exécutez 
lors  prisonniers.  Et  pour  ce  que  ladite  conclusion  n'avoit 
peu  lors  estrc  acoraplie ,  ledit  samedy  environ  sept  heures 
du  matin,  qu'il  avoit  oy  dire  que  on  devoit  faire  ladite  jus- 
tice, avoit  délaissié  son  ouvrage  et  s'estoit  transporte  de  so 
maison  au  marchié  de  ladite  ville,  pour  veir  en  quelle  dis- 
position la  chose  estoit  et  s'on  feroit  ladite  justice  ou  non , 
et  incontinent  qu'il  avoit  veu  ung  hourt  sur  ledit  marchic, 
estoit  retourné  audit  Becquerel  et  aie  en  diverses  rues  et 
maisons  et  à  plusieurs  personnes  les  seraoure,  induire  et 
inciter  à  culx,  armer  et  venir  audit  Becquerel,  en  armes, 
comme  les  plusieurs  firent.  Et  finablementy  estoit  aussy  venu 
ledit  Favrcl,  armé  et  habille,  et  avoit  avec  les  autres  aidié  à 
faire  et  cslire  ladite  capitaine  et  esté  présent  à  la  délibération 
sur  ce  pi'inse  d'entre  culx,  qui  telle  estoit  que  quand  ung 
homme  qu'il  avoient  envoyé  sur  lEscauId  au  Bruilîc,  savoir 
se  une  armée  de  foulons,  qui  se  devoit  faire  ilecq,  estoit  preste 
pour  en  venir,  leur  auroit  raporté  responce,  ilz  se  dévoient 
ensamble  partir  et  en  aler  sur  ledit  marchié  et  eulx  mettre  et 
renghier  du  costé  de  l'église  saint  Quentin,  adiln  que  on  ne 
peust  venir  sur  eulx  que  d'un  costé  scullcment,  et  illec  se 
dévoient  tenir  et  aîcndre  tant  que  on  aracnroit  Icsdiz  exécu- 
tez, que  lors  tous  à  une  fois  dévoient  courre  vers  iceulx  et, 
par  force  et  puissance,  les  prendre ,  rescourre  et  emmener  h 
leur  plaisir  et  voulenté,  disant  et  confessant  ledit  Favrcl  que, 
en  parlant  et  concluant  de  ce  que  dit  est ,  ledit  prévost 
estoit  venu  audit  Becquerel ,  contre  lequel  lui  et  aultrcs 


—  521  — 

9 
s'estoicnt  rcnghicz  audevantdudit  pont,  par  la  niauicrc  que 

dit  est.  —  Vcu  lesquelles  confessions  et  que,  par  icellcs  ci 
lesdites  informations  csquelîes  ilz  se  sont  rapportez,  nous  est 
apparu  et  appert  lesdiz  Jaquemart  Dorlot  et  Jehan  FavrcI 
cstre  vrays  séditieux  ,  commovcurs  de  peuple  et  aucteurs  de 
sédition  ,  lesquçlz  se  sont  eslcvcz  et  de  leur  povoir  pour- 
caeliié  et  eulx  mis  en  paine  et  dilligcncc  d'avoir  et  altrairc 
avec  eulx  gens  à  puissance,  pour  venir  à  force  audit  marchié, 
pour  accomplir  leur  dit  mauvais  et  terrible  proppos  ,  vou- 
lenté  et  intention,  combien  qu'ilz  ne  l'eussent  peu  faire  ne 
conduire  sans  grand  tuison  et  effucion  de  sang  humain,  ef 
autres  grans  dangiers  et  inconvéniens,  en  la  désolation  et 
dommaige  inrcparabîe  de  ceste  ville  et  des  habitans  d'icelle, 
qui  sont  crismes  tant  cruclz,  orriblesetoulîraigcux,  que,  en 
bonne  justice,  ne  doivent  dcmourer  impugnis ,  mais  telle 
pugnition  en  estrc  faite  que  ce  soit  exemple  à  tous,  et  con- 
sidéré tout  ce  qui  y  faisoit  et  fuit  à  veyr,  heu  sur  ce  conseil 
et  advis,  à  plusieurs  sages,  clercs  de  droit  el  au! très  ,  nous 
lesdis  Jaquemart  Dorlot  et  Jehan  Favrel  et  chacun  d'eulx 
avons  condempaé  et  condempnons  à  mort ,  telle  que  d'avoir 
les  hattriaux  trenchiez  sur  le  marchié,  tant  qu'ilz  soient 
mors  et  leurs  .biens  confisquez  au  droit  de  ladite  ville.  Ce  fu 
fait  et  pronunchié  en  nostre  halle,  publiquement,  à  huis 
ouvers  et  ledit  jugement  mis  à  exécution  incontinent,  sur  le 
grand  marchié  de  ladite  ville,  le  quatrième  jour  d'octobre 
Fan  mil  quatre  cens  cinquante  trois. 

Xe  23  mai  1434. — Guillebin  Muher,  fils  de  feu  Jehan, 
charpentier,  est  pendu  et  étrangle,  pour  un  grand  nombre 
de  vols. 

Le  20  juin  14o4.  —  Caisin  Gibran,  bancleur,  fils  di 
feu  Jehan,  natif  de  Losquegnoal,  est  pcnJu  et  étranglé,  pour 
avoir  commis  des  vols  el  violences. 


—  522  — 

Le  ^juillet  1454.  —  Noulin  Quevich ,  fils  d'Etienne, 
demeurant  à  Orcq,  âgé  de  14  à  15  ans ,  trouvé  pendu  à  un 
arbre  dans  le  jardin  de  son  père,  est  transporté  près  de  la 
tour  de  la  haute  flèche,  hors  la  porte  S'-3Iartin,  et  pendu  à 
une  fourche  de  bois  attachée  en  terre. 

Le  8  septembre  i4o4.  —  Roland  Bernard,  fils  illégi- 
time de  feu  Simon,  est  pendu  et  étranglé,  à  la  basse  justice, 
hors  la  porte  S'-Martin,  pour  avoir,  sans  cause  ni  raison, 
fait  des  blessures  graves  à  plusieurs  personnes  et  en  outre 
commis  des  larcins. 

Le  2Q  juillet  14oo.  —  Hanekin  Delebruyère  ditDelehaye, 
deticr,  fils  de  Guillebert,  natif  de  Bernes,  est  pendu  et 
étranglé,  à  la  basse  justice ,  pour  rupture  d'un  ban  à  per- 
pétuité auquel  il  avoit  élé  condamné  pour  viols. 

Le  4  janvier  1433  (14SG,  n.  st.)  —  Anthonin  le  Ber- 
nard,  cordewanier,  natif  d'Arras,  est  pendu  et  étranglé 
pour  meurtre. 

Le  i\  mars  44î)o  (1450,  n.  st.) — Anncchon  Lehouf, 
fille  illégitime  de  Jehan ,  native  de  Boussut  en  Flandre , 
servante,  est  brûlée  vive,  hors  la  porte  S'-Martin ,  pour 
crime  d'infanticide. 

Le  12  avril  1456.  —  Mclcior  Dcsmarés,  laboureur  ,  de- 
meurant au  faubourg  de  sainte  Fontaine,  est  pendu  et  étran- 
glé, à  la  basse  justice,  pour  un  grand  nombre  de  vols  avec 
effraction  et  escalade. 

Le  29  juillet  1450.  —  Leurin  Damicns  est  pendu  et 
étranglé,  à  la  justice  près  d'ilavincs,  pour  avoir  cnfraint  la 


—  523  — 

paix  de  la  ville,  jurée  solcnnellomcnt  et  publiée  aux  carre- 
fours, d'entre  Mahicu  Damiens,  son  frère  et  sire  Toussaint 
Varlct,  prêtre.  Le  supplicie  avait,  par  plusieurs  fois,  fait  des 
blessures  graves  à  cet  ecclésiastique;  il  était  réputé  querel- 
leur, ivrogne,  joueur  aux  des  et  aux  billes,  reniant  con- 
stamment Dieu,  faisant  de  vilains  et  détestables  serments,  etc. 

Le  24  janvier  145G  (1437,  n.  st.)  —  Arnoul  Barma- 
crc,  natif  d'Audenarde,  mendiant,  est  brûlé  vif,  hors  la 
porte  S*-Martin,  comme  coupable  du  crime  de  sodomie. 

Le  8  février  14SG  (1457,  n,  st.).  —  Ilcnriet  de  Cocque- 
riaumont,  valet  de  ferme,  est  brûlé  vif,  pour  les  mêmes 
causes  que  le  précédent. 

Ze  15  octobre  1487.  —  Guérard  Dupret,  telier,  demeu- 
rant à  Kain  ,  est  pendu  et  étranglé,  à  la  basse  justice,  pour 
volSj  à  main  armée,  sur  les  chemins  et  dans  les  maisons. 

Le  \^  juillet  1458.  —  Georges  Deroneq  ,  tisserand, 
natif  de  Werny ,  est  pendu  et  étranglé,  comme  coupeur  de 
bourses.  Il  exerçait  cette  coupable  industrie  depuis  plus  de 
30  ans.  Son  dernier  méfait  eut  lieu  8  jours  auparavant,  sur 
le  pont  du  Château,  où  il  coupa  deux  bourses  à  deux  femmes 
qui  étaient  occupées  à  regarder  les  joules  sur  l'eau. 

Le  2^  juillet  1458.  — Marquet  Noiret,  natif  de  Lalaing, 
est  pendu  et  étranglé,  pour  homicide,  vols,  compositions, 
conspirations,  violences  publiques,  etc. 

Le  2  août  1458.  —  Jehan  Jacot,  natif  de  Piérucz  en 
Ilainaut,  est  pendu  et  étranglé,  pour  un  grand  nombre  de 
vols,  commis  avec  effraction  et  escalade. 


—  524  — 

Le,  10  septembre  14o8.  —  Gillequin  Pionnier,  parmen- 
er  et  Hcnnequin  Nachtegalle,  manouvrier,  natif  de  Ghehve 
a  Flandre,  sont  pendus  et  étranglés,  également  pour  vols- 

Le  21  septembre  14d8.  —  Guérard  Baudart  dit  Stoque- 
feuv, ,  est  pendu  et  étranglé,  pour  les  mêmes  motifs. 

Le  16  décembre  1458.  —  Jacot  Lejosnc  dit  Arguotte, 
Us  de  Tassart,  demeurant  à  Celles  en  Hainaut ,  est  pendu  et 
tranglé,  pour  vols. 

Le  12  février  1438  (1439,  n,  st.)  —  Haquinet  NifTe  dit 
Pinchon  (1)  et  Haquinet  Delattre,  telier,  fils  de  feu  Wil- 
laume,  natif  du  Maisnil,  sont  pendus  et  étranglés,  pour  vols 
commis  avec  violences  sur  les  chemins  et  dans  les  bois. 

Ze  16  juillet  1459.  —  Joffroy  Dorléans  ,  varlct  de 
taverne,  est  pendu  et  étranglé,  pour  rapt,  vagabondage, 
conspiration,  etc. 

Le  23  septembre  1459.  —  Estevenet  Rat ,  chapelier, 
banni  de  Tournai,  est  pendu  et  étranglé,  pour  violences 
commises  sur  une  femme. 

Le  4  janvier  1459  {1460,  n.  st.)  —  Ilenriet  Delefou- 
taine  dit  Leroux,  cordewanier,  est  pendu  et  étranglé,  pour 
viol. 


(1)  On  voit  dans  les  comptes  que,  peu  de  temps  après  l'exécution, 
les  grands  vents  firent  tomber  de  la  justice  le  cadavre  de  Haquinet 
Nifle  qui  fut  relevé  et  rependu  par  plusieurs  personnes,  auxq'.ielles 
la  ville  alloua  pour  cet  objet  23  sols  tournois. 


—  325  — 

Le  28  mai  14C0.  —-  Haquinct  Lamer  est  exécute  à  la 
justice  d'Havincs. 

Le  4  juillet  14G0.  —  Coppin  Vandcncnde  et  Oslclct 
Boyart  dit  Crabctte  sont  pendus  à  la  justice  de  le  {'planque 
d'Angy. 

Le  9  aoîit  1460.  —  Andrieu  Puillois  est  pendu  à  la 
justice,  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  5  février  1460  (1461,  n.  st.)  —  Jehan  Jolit  est  pendu 
à  la  même  justice. 

Le  18  avril  1461.  —  Rogequin  Pottin  est  pendu  à  la 
même  justice. 

Le  4  mai  1461.  —  Colin  Lepcr  dit  Bruniel ,  mercier, 
est  pendu  à  la  justice  de  Havines. 

Georget  Mettcnayc ,  sodomite ,  est  brûle  vif  à  la  justice, 
hors  la  porte  S«-Martin,  le  50  mai  1461.  (Le  bourreau  reçut 
40  sols  pour  son  salaire.) 

Le  21  août  1461.  —  Picrart  Mulet  est  pendu  à  la  jus- 
tice, hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  4  février  1461  (1462,  n.  st.)  —Gilles  Pottef  est 
pendu  à  la  justice,  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  iO  novembre  1462.  —  Richardin  Aulet  est  pendu 
à  la  même  justice. 

Le  16  avril  1464.  —  Jehan  Marchant  est  pendu  à  la 

même  justice. 

41 


—  520  — 

Ze  15  mai  14G4.  —   lïaquinct  Glisoul  est  pendu  à  la 
même  justice. 

Pierre  de  Rassoncamp  et  Massct  Dclebarc  sont  pendus  à 
la  même  justice,  le  51  juillet  1464.  —  En  rompant  un  ban 
de  toujours ,  ils  étaient  venus  à  Tournai ,  s'étaient  réfugiés 
dans  le  cimetière  de  S'-Nicaise,  d'où  ils  se  ruèrent  sur  des 
sergents  bâtonniers  en  les  frappant  de  leurs  couteaux,  après 
quoi  ils  se  retirèrent  dans  ledit  cimetière,  espérant  d'y  jouir 
de  l'immunité  de  l'église  ;  mais  selon  le  cri  de  l'ascension  et 
l'accord  fait  entre  le  chapitre  et  la  ville ,  les  prénommés 
furent  extraits  du  cimetière  par  le  bailli  et  amenés  en  prison 
de  Brunin  à  la  cathédrale,  jusqu'à  ce  que  l'instruction  de 
cette  affaire  fût  terminée.  Trois  chanoines,  députés  par  le 
chapitre,  furent  deux  jours  employés  à  faire  les  informations 
nécessaires  ;  ils  entendirent  58  témoins.  Le  procès-verbal  de 
cette  instruction  fut  rédigé  par  le  clerc  du  chapitre,  auquel 
la  ville  alloua  de  ce  chef  10  s.  tournois.  Quatre  clercs  nota- 
bles visitèrent  la  procédure  et  donnèrent  par  écrit  leur  avis; 
ils  reçurent  40  s.  Les  députés  du  chapitre  prononcèrent  leur 
sentence,  en  vertu  de  laquelle  les  prévenus  furent  condam- 
nés à  ne  point  devoir  jouir  de  l'immunité  d'église;  en  consé- 
quence, ils  furent  extraits  du  cimetière  par  les  cloquemans 
et  sergents  de  l'église ,  menés  et  conduits  au  monchiel  où  les 
sergents  et  officiers  de  l'église  N.-D.  les  attendaient,  et  remis 
ensuite  entre  les  mains  de  la  justice  de  la  ville. 

Le  28  aoîit  14G4.  —  Copin  de  Welghe  dit  de  Craque 
et  Willemet  Delehaye  sont  pendus  à  la  justice  de  Ilavines. 

Le  3  décembre  14G4.  —  Rcgnault  Riquicr  est  pendu  à 
la  justice,  hors  la  porte  S'-Martin. 


—  327  — 

Lo  7  avril  1407.  —  Ilaquinct  le  PicarUlit  le  clcrcq  de 
joie  est  pendu  à  la  même  justice. 

Le  S  décembre  14G7.  — Willaume  Noël  est  pendu  à  la 
même  justice. 

Le  23  avril  1  iG8.  —  Ilcnncquin  Quercof,  tisserand  de 
draps ,  est  brûlé  vif  à  une  estaque,  auprès  de  ladite  justice. 

Le  50jMi7/eH4G8.  —  Lambin  de  Pil  est  brûlé  vif,  auprès 
de  ladite  justice. 

Le  2i!  septembre  14G8.  —  Willot  Roze  est  pendu  à  la 
même  justice. 

Ze  13  mars  1468  (1469,  n.  si.)  —  Ilanin  de  Lescault 
dit  Wante  est  pendu  à  la  même  justice. 

le  17  octobre  1469.  —  Chrétien  Bclvallct  est  pendu  à 
la  même  justice. 

Le  14  janvier  1469  (1470,  n.  st.)  —  Antoine  Lambrccht 
est  pendu  à  la  même  justice. 

Le  !««•  mars  1469  (1470,  n.  sf.)  —  Mchault  de  Frclin 
est  pendu  à  la  justice,  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  21  Octobre  1470.  —  La  femme  d'un  foulon  est  trou- 
vée pendue  dans  une  maison  située  à  Lableau  (rue  des 
Campcaux).  Le  cadavre  est,  par  ordre  des  prévôts  et  jurés, 
transporté  auprès  de  la  justice,  hors  la  porte  S'-Marlin,  et 
pendu  à  une  fourche  ,  comme  d'usage. 


—  328  — 

Le  19  novembre  1470.  —  Jacot  Honnorc  dit  Frabiau, 
banni  du  royaume,  est  pendu  à  la  justice,  hors  la  porte 
S'-Martin. 

le  11  mai  1471.  —  Gillart  le  Jolit  dit  Tribout  est 
pendu  h  la  même  justice. 

Robin  du  Joncquoit  dit  le  Gascon  est  pendu  à  ladite  jus- 
tice, le  24  mai  1471.  Il  faisait  partie  de  la  bande  de  malfai- 
teurs (le  bâtard  Fortuné,  Grardin  le  double  et  autres),  qui 
détroussaient  les  passants  à  l'extrémité  du  territoire  de  la 
ville,  et  les  empêchaient  d'apporter  à  Tournai  leurs  biens  et 
vivres.  Ari'ivé  le  matin  en  ville,  le  malfaiteur  fut  exécuté  le 
même  jour  après-midi.  L'exécuteur  reçut  un  supplément  de 
salaire  pour  les  peines  qu'il  eut  à  mettre  à  exécution  la 
sentence  des  prévôts  et  jurés,  «  à  cause  que  ledit  Robin 
»  estoit  tout  de  playe  et  décoppé,  par  quoy,  le  convin  ttircr 
"  à  mont  par  cngien  et,  pour  ce  faire,  avoir  deux  personnes 
»  pour  lui  aidier.  » 

Le  0  janvier  ii7l  (1472,  n,  st.)  — Jehan  de  Ilabart, 
bâtard  et  Guillebin  Lcbacre  sont  pendus  à  la  haute  flèche 
de  la  justice,  hors  la  porte  St-Martin. 

Le  25  du  même  mois,  —  Haquinet  Spellcbien  est  pendu 
à  la  même  justice. 

Le  l"  juillet  iifl^.  —  Piètre  Clincquart,  banni  du 
royaume,  est  pendu. 

Le  21  Juin  1473.  —  Ilcnncquin  Tornis  dit  Ilorncmakèrc, 
natif  de  Tcnremonde,  fils  de  feu  Jehan,   fut  condamné  à 


—  529  — 

être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort,  et  tous  ses  biens 
situés  dans  la  ville  de  Tournai  conGsqués  ,  pour  avoir  , 
la  veille ,  vers  G  heures  du  soir ,  au  pourpris  de  la 
taverne  du  canteur,  en  la  rue  de  le  Val,  hors  la  porte  Coque 
rel,  en  compagnie  d'autres,  occis  et  mis  à  mort  Liévin  Van 
Strasscle.  —  Ce  jugement  a  éfé  mis  à  exécution  le  même 
jour  après-midi,  à  la  justice  de  la  ville  vers  Ilavines.  —  Avant 
d'être  exécute,  ledit  Henncquin  Tornis  confessa  avoir,  à  la 
S'-Jcan-B'*  1470,  occis  au  dehors  de  la  ville  de  Bruxelles, 
le  nommé  Ilanin  de  Brimes,  natif  de  Vos,  près  de  Bruxelles. 

Le  7  Janvier  1473  (1474,  n.  st.)  —  La  nommée  Thomasse 
Delemotte,  veuve  de  feu  Martin  Leleu  dit  le  Hut,  s'étant,  le 
même  jour  au  matin,  pendue  au  grenier  de  sa  maison,  située 
sur  les  poissonsccaulx,  est  condamnée  par  les  prévôts  et 
jurés  à  être  menée  aux  champs  auprès  de  la  justice  de  la 
ville,  hors  la  porte  S'  Martin,  et  là  mise  et  liée  à  une  four- 
che mise  en  terre ,  sans  asseoir  jugement  ni  sonner 
cloche. 

Le  22  Janvier  1475  (1474  n.  st.)—  Guillebin  deLannoy, 
barbieur,  fils  de  feu  Jaquemart,  natif  de  Baisieu ,  près  de 
S'-Pol,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit 
mort,  pour  larcins,  recels  d'objets  volés  et  de  plus  pour  être 
de  légière  vie  et  mauvaise  couversation.  —  Exécuté  le 
même  jour  après-midi. 

Le  26  février  1475  (1474  n.  st.)  —  Haquinet  de  le  Ma- 
sure dit  Belle,  soyeur  d'ais,  natif  de  Ilem,  près  de  Lille,  fils 
de  Willemme,  est  condamné  à  être  traîné,  pendu  et  étran- 
glé, tant  qu'il  soit  mort  et  tous  ses  biens  étant  en  la  juridic- 
tion de  la  ville  confisqués  au  droit  d'icellc,  pour  plusieurs 
larcins,  sacrilèges,  meurtres,  entre  autres,  1°  volé  en  l'église 


—  350  — 

de  Gruison,  une  relique  de  cuivre  doré,  pensant  qu'elle  était 
de  grande  valeur,  laquelle  il  a  vendue  à  Tournai  ;  2"  en 
l'église  de  Tressin  volé  un  calice  d'argent  doré  a,vcc  les  pla- 
tine, loucettc  et  corporal  servant  audit  calice,  le  tout  aussi 
vendu  à  Tournai  pour  o  écus;5°pris  les  gourdines  d'un 
autel  et  deux  nappes,  desquelles  gourdines,  lui  et  un  sien 
complice  firent  des  chemises  ;  i^  volé  l'argent  d'un  tronc 
dans  une  chapelle  près  d'Anchin  ;  5°  tué  et  mis  à  mort, 
assisté  de  deux  complices,  sur  le  chemin  public  de  Waren- 
geville,  outre  les  bois  d'Ardenne,  un  pèlerin  qu'ils  dépouil- 
lèrent. —  Ce  jugement  a  été  exécuté  le  même  jour  après- 
midi  ,  à  la  justice  de  la  ville,  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  13  mai  1474.  —  Jaquemin  Pierequin,  fils  de  Pol, 
natif  de  Tieulain ,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé 
tant  qu'il  soit  mort  et  à  avoir  ses  biens  confisqués,  pour 
avoir  fait  violence  à  Jchenne  Lcclercq,  veuve  Nicaise  Tir- 
loucl,  femme  franche ,  et  à  Jchenne  Lehcltre ,  femme  de 
Jehan  Leconte,  toutes  deux  demeurant  à  Tieulain.  —  Ce 
jugement  a  été  mis  à  exécution  le  même  jour  après-midi ,  à 
la  justice  vers  Havines. 

Le  o  décembre  1474.  —  Hcnnequin  Van  Mifïle  dit 
Royart,  cordewanier,  fils  d'Olivier,  natif  d'Audenardc,  est 
condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort,  pour 
plusieurs  crimes,  entr'autrcs  pour  avoir  occis  inhumaine- 
ment un  sergent  et  officier  de  justice,  qui  l'avait  voulu  appré- 
hender; pareillement  occit,  assisté  de  5  complices,  un 
homme  qui  était  receveur  des  religieux  de  Corbie,  auquel 
ils  enlevèrent  20  écus  qu'ils  partageront  entr'eux  quatre. 
Ledit  Ilcnnc(iuin  est  de  plus  convaincu  d'être  de  mauvaise 
vie  et  renommée ,   homme  cruel ,  homicide  cl  inhumain  , 


—  531  — 

tenseur  et  tenant  gens  en  grande  crainte,  dont  il  est  grand 
bruit  et  esclande  par  tout  le  pays. —  Exécuté  le  même  jour, 
à  la  basse  justice,  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  20  mars  1474  (1475,  n.  st.)  —  Jcnnin  deCrenensy, 
bastard,  natif  d'Auvergne,  est  condamné  à  être  ars  et  brûlé 
en  cendres,  tant  qu'il  soit  mort  et  ses  biens  confisqués,  pour 
avoir  pris,  1°  chez  le  receveur  de  l'artillerie  du  duc  de  Bour- 
gogne, à  Bruges,  une  boîte  renfermant  plus  de  douze  cents 
lions  d'or  et  plusieurs  bagues  et  anneaux  de  grande  valeur; 
2"  chez  un  archidiacre  de  Nantes ,  une  autre  boîte  où  se 
trouvaient  deux  chaînes  d'or  et  plusieurs  anneaux  ,  estimés 
loO  écus.  Ledit  Jennin  a  de  plus  confessé  avoir  commis  le 
très-vil  péché  de  bestialité  contre  nature. 

Le  27  aoi'it  1476.  —  Martin  Selloye,  espennier,  fils  de 
Jehan,  natif  de  Marquain  ,  est  condamné  à  mort,  telle  que 
d'être  lié  à  une  estaque,  et  illec  ars  et  brûlé  tant  que  mort 
s'ensuive  et  ses  biens  déclarés  confisqués,  pour  s'être  plu- 
sieurs fois  rendu  coupable  du  vil  péché  de  sodomie. 

Le  H  avril  1476,  avant  Pâques  (1477,  n.  st.)  —  Cathe- 
rine de  Cordes ,  femme  Arnoul  Pryer ,  s'étant,  le  même 
jour  au  matin ,  dans  sa  maison  située  rue  des  Escachiés 
(Cachets),  pendue  par  désespoir,  est,  par  l'ordonnance  des 
prévôts  et  jurés,  menée  aux  champs,  auprès  de  la  justice, 
hors  la  porte  St-Martin  et  illec  liée  à  une  fourclie  plantée  en 
terre  et  ses  biens  confisqués. 

Le  19  mai  \^11.  —  Colin  Vanin,  boulanger,  fils  de  feu 
Richard,  est  condamné  à  être  pendu  tant  que  mort  s'ensuive 
et  ses  biens  confisqués ,  pour  avoir,  d'un  coûte!  taillcpain, 
tue  un  nommé  llobin  Pluquin. 


—  552  — 

Le  i3  février  1477  (4478,  7t.  st.)  —  Roland  Coroyer, 
sergent  bâtonnier  de  la  ville  de  Tournai ,  'est  condamne 
d'avoirjc  hattriel  tranché  sur  le  marché  de  la  ville,  tant 
que  mort  s'ensuive  ,  pour  vol  en  chemin  public,  et  de  plus 
convaincu  d'être  homme  de  mauvaise  vie,  ayant  par  long- 
temps vécu  en  adultère,  en  tenant  continuellement  autre 
femme  que  la  sienne,  et  autrement  vivant  avantageusement 
et  dissolument. 

Comme  nous  prevostz  et  jurez,  avec  les  chiefz  et  autres 
des  consaulx  et  grand  quantité  du  peuple  de  ceste  ville  et 
cité  de  Tournay,  assemblez  sur  le  marchié  de  ladite  ville,  le 
mcrquedy  premier  jour  de  ce  présent  mois  de  jullet,  environ 
mynuit,  à  cause  du  feu  bouté  en  aucunes  maisons  à  faux- 
bours,  hors  la  porte  sainte  Fontaine ,  par  aucuns  adversaires 
dcsquelz  on  ne  savoit  bonnement  le  nombre,  et  estions  en 
doupte  de  grans  entreprinses  estre  faictes  et  maulx  advenir 
es  autres  fauxbours  et  autres  lieux  environ  icelle  ville.  Estans 
en  celle  perplexité  et  à  nostre  pouvoir,  voullans  pourveoir 
aux  dis  maulx  et  inconvéniens  apparans,  eust  esté  rapporté 
à  nous,  prevostz  et  autres  de  la  loy  de  ladite  ville,  que  en  au- 
cuns lieux  en  icelle,  pluiseurs  compaignons  avoient  fait 
grant  noise  en  criant  vive  Bourgogne.  Et  à  celle  occasion 
l'un  de  nous,  prevostz,  accompaignié  de  plusieurs  sergensct 
autres  dudit  peuple,  se  feust  transporté  en  aucuns  lieux  où 
l'on  disoit  lesdis  cris  et  noise  avoir  esté  fais.  Et  depuis  en 
avoit  esté  fait  tant  et  telle  dilligence ,  que,  par  information 
deucment  faictc,  Arnoulet  de  le  Venne ,  coroyer ,  Haquinct 
Riez,  bastard,  filletier  et  Piérot  du  Hem  dit  Gy,  cauche- 
teur  et  autres,  estoient  chargiez  d'avoir  fait  lesdis  cry  et 
noise  et  pour  ce  avoient  esté,  par  nostre  ordonnance,  appré- 
hendez et  constituez  prisonniers.  Par  les  deppositions  et 
confessions  dcsquelz,  après  pluisicurs  leurs  dénégations  et 


—    ODD    — 


aussi  par  ladite  information  ,  nous  est  apparu  que  ledit 
mcrquedy  au  soir,  lesdis  prisonniers  et  autres,  en  nombre 
de  huit,  estoicnt  allez  soupper  ensemble  en  la  taverne,  où 
pend  l'enseigne  des  trois  bourses ,  emprès  la  porte  sainte 
Catherine,  pour  y  dispenser  ce  qu'ilz  avoient  heu  d'argent 
et  de  ehar  à  hcller  ledit  soir,  au  dehors  de  la  porte  saint 
Martin,  durant  lequel  soupperfcut,  entre  autres  choses,  de- 
visé d'entre  eulx,  qu'ilz  n'cstoient  point  esleus  ne  receus  aux 
gaiges  et  sauldées  de  la  ville,  comme  estoicnt  pluisieurs 
autres  et  que  ilx  se  renderoient  bourghignons,  et  tellement 
se  mainlenroient  qu'ilz  feroient  chacun  jour  ceulx  de  ladite 
ville  venir  aux  cresteaulx ,  et  en  eulx  parlant  de  ceste  dite 
ville ,  fei'oient  une  bonne  cœilloité  et  levée  ilz  vauldroient 
mieulx.  Et  après  ledit  soupper,  se  partirent  de  ladite  taverne 
et  s'en  allèrent ,  environ  xj  heures  en  la  nuyt,  en  le  maison 
d'estuvcs  du  pan ,  hurtèrent  à  l'huis  et  pour  ce  qu'il  ne  leur 
feut  ouvert,  frappèrent  de  leurs  grans  basions  à  une  fencs- 
tre  de  le  chambre,  emprès  ledit  huis ,  tellement  qu'ilz  en 
firent  ouverture,  et  par  icclle  firent  entrée  en  ladite  maison, 
en  faisant  illec  grans  cris,  noises  et  desrisions ,  et  mcisme- 
menl  crians  vive  Bourgogne ,  tuons  tout ,  boulons  cy  le  feu 
c'est  tout  ung,  nous  nous  rendcrons  tous  demain  bourghi- 
ghnons,  constraindirent  l'olesse  à  eulx  baillier  ses  clefz,  des- 
quelles ilz  le  bâtirent  et  blcschèrcnt  sans  quelque  cause  ne 
motif,  elle  estont  dedans  sa  dite  maison,  en  laquelle  elle 
dcvoit  estre  en  toute  sceurté,  et  allèrent  en  pluiseurs  cham- 
bres desd.  estuves  continuans  lad.  noise.  Et  ad  ce  que  ladite 
ostesse  leur  parla  du  feu  qui  estoit  hors  de  ladite  porte 
sainte  Fontaine ,  dirent  qu'elle  y  allast  et  que  quant  à  eulx 
ilz  n'y  enteroient  ja.  Et  le  lendemain,  ^les  aucuns  d'eulx 
advertis  que  ladite  ostesse  avoit  este  oye  en  ladite  informa- 
tion, s'estoient  transportez  vers  clic  et  après  aucunes  parollcs, 
ledit  Arnoiilct  avoit  haulcié  l'anse  d'une  javeline  pour  îe 

42 


—  534  — 

férir.  Et  pour  ce  que  une  autre  femme  lui  empcscha,  iccllui 
Arnoulct  le  fcry  et  baty.  Lcsquelz  cas,  crismes,  cris,  noises 
et  maléfices  ont  esté  et  sont  de  grant  esclandc  et  de  très- 
mauvais  exemple  et  apparant  notoirement  procéder  de 
très-mauvais,  parvers  et  desléal  corraige,  et  dont  nous  et 
ledit  peuple  estans  à  ladite  heure,  en  la  perplexité  dessus 
touchée,  poyons  chcoir  en  plus  grand  trouble,  dolleur  et 
affliction.  Pourquoy  nous  ,  ces  choses  considérées  ,  joint 
avec  la  mauvaise  vie,  renommée  et  gouvernement  des  trois 
dessus  nommez  qui,  passé  longtemps,  ont  esté  oyseulx, 
vacabonds,  noyseulx,  ruyneux  et  très-enclins  à  noises  et 
débas,  fréquentans  tavernes  et  lieux  illicites  et  vivant  avan- 
tageusement en  eulx,  partant  de  pluisieurs  lieux  et  tavernes, 
où  ilz  avoicnt  beu  et  mengié,  sans  paier  leurs  escos,  contre 
le  gré  et  voulenté  des  ostes  et  ostesses,  et  à  leur  partement 
par  desrision  disoient  :  je  le  tcpompe.  Avons  iceulx  Arnou- 
let  Delevenne,  Haquinet  Riez  et  Pierot  Duhem  et  chacun 
d'eulx ,  condempnez  et  condempnons  à  mort ,  telle  que 
d'avoir  les  testes  trenchiées  tant  qu'ilz  soient  mors  et  tous 
leurs  biens,  estans  en  notre  juridicion,  confisquez  et  con- 
fiscons  au  droit  d'icelle  ville.  Ce  fut  fait  en  jugement  par 
assens,  en  notre  halle,  à  huys  ouvers  et  ledit  jugement  misa 
exécution  sur  le  grand  marchié  de  ladite  ville,  le  mardi 
xij'jour  de  jullctl'an  mil  cccc  Ixxviij. 

Le  22  septembre  '1478.  —  Piérot  de  Mortaigne  dit 
d'Espières"  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé',  tant  que 
mort  s'ensuive  et  ses  biens  confisqués ,  pour  homicide  com- 
mis sur  la  personne  de  Haquinet  Morcau.  foulon.  —  Exé- 
cuté le  même  jour,  à  la  justice,  hors  la  porte  S'-Martiiif 

Le  26  septembre  1478.  —  Piérart  Dclchaye,  faiseur  de 
cordes  d'arcs ,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé,  tant 


—  53S  — 

que  mort  s'ensuive,  pour  avoir  frappé  d'un  coutcl  taille 
pain  et  mis  en  péril  de  mort,  la  nommée  Sainte  Bruncl,  fille 
de  feu  Mahieu,  son  ancienne  concubine,  malgré  la  paix  de 
la  villcjqui  avait  été  jurée,  entre  les  mains  de  l'un  des  jurés, 
entre  Jacques  Dclcliaye,  frère  du  condamné ,  d'une  part, 
cl  ladite  Sainte  Bruncl ,  d'autre  part-  —  Exécuté  le  même 
jour,  à  la  justice,  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  29  octobre  1478.  —  Le  nommé  Haqiiin  le  Kandere, 
laboureur ,  natif  de  Wanebrechics,  fils  de  feu  Jeban  ,  est 
condamné  à  être  pendu  et  étranglé,  tant  que  mort  s'ensuive 
et  ses  biens  confisqués,  pour  plusieurs  vols  de  vaches  et 
autres  larcins.  —  Exécuté  le  môme  jour,  h  la  justice,  hors 
la  porte  de  S'-Martin. 

Le  a  avril  4479.  —  Haquinct  Glissoul,  tisserand  de 
toiles,  fils  de  Gossart  ;  Druet  Macquelin,  baneleur ,  fils  de 
feu  Chrétien  elJacot  Senet  dit  Iloghoman,  bosquillon,  natif 
de  Melle,  sont  condamnes  à  être  pendus  et  étranglés  et  leurs 
biens  confisqués,  pour  grand  nombre  de  vols,  commis  en  che- 
mins publics,  par  force  et  violence,  de  nuit  et  de  jour,  par 
ronture  et  effraction  des  maisons,  etc.  —  Exécutés  le  même 
jour  après-midi,  à  la  justice,  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  iO  novembre  1478.  —  Jehane  le  Herîit,  femme  de 
Jehan  de  Lespierrc  ,  parraentier ,  s'étant  pendue  par  dé- 
sespoir ,  en  sa  maison  rue  des  Corroycrs  ,  les  prévôts  et 
jurés  font  transporter  son  cadavre  à  la  justice  ,  hors  la 
porte  S'-Martin  et  là  l'ont  fait  attachera  une  fourche  de 
bois  plantée  en  terre. 

Le  18  août  1479.  —  Lyon  Joveuel,  cordewanier,  fils 
dcGillart,  natif  de  Tournai,  est  condamné  à  avoir  la  tête 


—  336  — 

tranchée  sur  le  marché  de  cette  ville,  pour  avoir  rançonné 
plusieurs  habitants  de  la  ville.  —  Exécuté  le  même  jour.  — 
Avant  son  exécution,  il  a  avoué  avoir  commis  plusieurs  vols 
à  Warchin  et  ailleurs. 

Le  24  Décembre  1470.  —  Haquin  Hazart,  bosquillon,  fils 
de  feu  Jehan,  natif  de  Wez,  est  condamné  à  être  pendu  et 
étranglé  tant  qu'il  soit  mort,  pour  plusieurs  vols  commis 
dans  les  environs  de  Tournai,  dont  un  à  l'église  de  Jollain. 
—  Exécuté  le  même  jour  à  la  justice,  hors  la  porte  S'- 
Martin. 

Le  4  Juin  1480.  —  Estievenet  SacquelàM  le  grand  fîeu, 
tondeur  de  draps,  fils  de  feu  Henri,  natif  d'Arras  ;  Colinet 
Paloul,  barbieur,  fils  de  Eaudart,  natif  de  Daadificr  en 
Artois  et  Guillaume  Hazart  sont  condamnés  à  avoir  la  tête 
tranchée  sur  le  grand  marché  de  Tournai,  pour  avoir  en-" 
fraint  le  traité  de  sûreté  et  communication  fait  entre  les  duc 
et  duchesse  d'Autriche,  d'une  part  et  les  habitants  de  Tour- 
nai et  du  Tournaisis ,  d'autre  part.  Le  jugement  porte 
qu'étant  logés  à  l'hôtel  du  cherf,  sur  le  grand  marché  de 
Tournai,  ils  avaient  fait  chanter  aux  fenêtres  dudit  hôtel  un 
oublieur  qui  à  euh  avoitjoué  et  perdu  ouhhjes  et  panier; 
à  laquelle  chanson  dudit  oublieur  s'assemblèrent  plusieurs 
enfants  au  devant  de  l'hôtel,  auxquels  ledit  Estievelet  avait 
jeté  plusieurs  pièces  de  pain,  ce  qui  fut  cause  que  ces  en- 
fants crièrent  vive  le  roi  ;  ce  ayant,  Estievenet  incita  les 
enfants,  par  plusieurs  fois,  à  crier  vive  Bourgogne,  en  disant 
que  s'ils  le  voulaient  crier,  il  donnerait  à  chacun  d'eux  un 
pain  entier;  néanmoins  les  enfants  continuèrent  à  crier 
vive  le  Roi,  dont  aucuns  «  de  la  d":  compagnie,  culx  mons- 
«  trans  desplaisans,  ruèrent  violentemenl  après  Icsdis  en- 
«  fants  aucuns   voirres  et  pain,   en   cryaat  vive  Bour- 


—  537  — 

c  gognc,  proférant  autres  paroles  malsonnans,  scntans 
«  menaches.  A  laquelle  occasion  et  des  manières  que 
u  tindrent  les  dessusdits,  se  assembla  grand  nombre  et 
»i  multitude  de  peuple  fort  esmcu  et  trouble,  dont  appa- 
«i  rant  feut  de  venir  grand  trouble,  commotion  et  inconvé- 
nient en  la  d«  ville.  » 

Ce  jugement  a  été  mis  à  exécution  le  même  jour  ,  après- 
midi. 

Le  9  Juin  1480.  —  Anthonîn  Duhot  dit  Lekeux,  bar- 
bicur ,  fils  de  feu  Jehan ,  natif  de  Baillœul  en  Flandres,  et 
Haqiiin  Bresiiel  dit  le  franc  archier,  fils  de  feu  Florent, 
natif  de  Lcuze,  sont  condamnes  à  être  pendus  et  estranglcs 
tant  que  mort  s'ensuive,  pour  plusieurs  crimes  et  maléfi- 
ces, commis  contre  le  traité  de  sûreté  existant  entre  la 
ville  et  les  duc  et  duchesse  d'Autriche.  —  Exécutes  le  même 
jour  après-midi,  à  la  justice,  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  l"  mars  1480  (1-481,  7t.  st.),  Ifaquinel  le  Flameng, 
bougonnier ,  fils  de  feu  Aimcry ,  est  condamné  à  être  pendu 
et  étranglé,  tant  que  mort  s'ensuive,  pour  homicide  com- 
mis sur  la  personne  de  Haquinet  Larde  dit  Barbazan.  — 
Exécuté  le  même  jour,  à  la  justice,  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  27  juin  1481.  —  Jehan  de  JVoirœil  dit  bon  pas,  bos- 
quillon ,  natif  de  Cisoing ,  demeurant  à  Louvy,  en  la  châ- 
tclîenic  de  Lille ,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé, 
tant  qu'il  soit  mort,  pour  homicide  commis  sur  la  personne 
de  Jaspin  Parisis.  —  Il  est  de  plus  convaincu  de  menaces  et 
de  coups  sur  plusieurs  autres  personnes.  —  Exécuté  le 
même  jour,  à  Injustice,  hors  la  porte  S'-Martin. 


—  358  — 

Le  IC  janvier  1481  (1482,  n.  st.)  — HaquinieRoy, 
briqueteur ,  fils  de  Piërart ,  est  condamné  à  être  pendu  et 
étranglé,  tant  que  mort  s'ensuive ,  et  ses  biens  confisqués, 
pour  plusieurs  larcins ,  crimes  et  maléfices,  la  plupart  com- 
mis de  nuit,  au  moyen  d'écbelles  et  autres  voies  subtiles  et 
l'un  d'eux  par  force  et  violence  en  chemin  public  ;  il  est  de 
plus  repris  de  justice  et  de  mauvaise  renommée.  —  Exé- 
cuté le  même  jour,  à  la  justice  de  la  ville  à  Havines. 

Le  ï"  septembre  1482.  —  Arnoulet  de  Zeelandes  est 
condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  que  mort  s'en- 
suive ,  et  ses  biens  confisqués ,  pour  homicide  commis  sur 
la  personne  de  Jehan  de  Raisse  ,  earbonnier.  —  Exécuté  le 
même  jour  après-midi,  à  la  justice,  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  2  octobre  1482.  —  Balthazar  de  Sailltj,  manouvrier, 
fils  de  feu  Noël,  natif  du  faubourg  S'-Martin,  est  condamné 
à  être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  moi^t,  pour  plusieurs 
larcins,  crimes  et  maléfices  commis  de  nuit,  par  force  et 
violence  et  en  chemin  pubhc.  —  Exécuté  le  même  jour,  à  la 
justice  près  d'Havines. 

Ze  12  Octobre  1482.  —  Piérot  Ghislain,  manouvrier, 
fils  de  Pasquier,  natif  de  Bourghielle  ;  Pierre  Doise,  labou- 
reur, fils  de  feu  Colart,  natif  de  Foucaucourt  en  Santers  et 
Colin  Soiron,  couvreur  de  tieulles,  natif  de  Prêt  de  fain 
près  de  Thérouanc,  sont  condamnés  :  le  l"""  à  être  traîné  et 
tous  trois  à  être  pendus  et  étranglés,  tant  qu'ils  soient  morts 
et  tous  leurs  biens  confisqués,  pour  meurtres,  maléfices  et 
compositions  commis  par  aghais,  par  force  et  violence  es 
bois  et  chemins  publics.  —  Ce  jugement  a  été  mis  à  exécu- 
tion le  même  jour  à  la  justice;  hors  la  porte  S'-Martin. 


—  339  - 

Le  27  Octobre  4482.  —  Arnould  LecouUre,  fils  de  feu 
Jacques,  est  condamne  à  avoir  la  tctc  tranchée ,  pour 
infraction  de  la  paix  de  la  ville  qui  avait  été  jurée  entre 
Arnoul  Croquevilain,  son  parent  et  son  maître,  et 
Jacques  Destrayelles,  fils  de  Sire  Caron,  en  frappant 
ce  dernier  de  plusieurs  coups  de  bâton  sur  la  tète  h 
effusion  de  sang,  de  telle  sorte  qu'il  a  été  tenu  en  péril  de 
mort.  Il  est  de  plus  convaincu  de  plusieurs  vols  en  chemin 
public.  —  Exécuté  le  même  jour,  sur  le  grand  marché. 

Le  4"  Décembre  1482.  —  ffeylot  Mêlez  dit  le  laquay  est 
condamné  à  avoir  la  tête  tranchée,  pour  avoir  fait  diverses 
prises  et  rançonne  plusieurs  personnes,  en  cnfraignant  le 
traité  de  sûreté  et  communication  fait  entre  la  ville  et  les 
pays  voisins.  —  Exécuté  le  même  jour  après  midi,  sur  le 
grand  marché. 

Le  10  Décembre  1482.  •—  Gillot  Colin,  manouvrier,  fils 
de  feu  Jaquemart,  natif  de  Chclle  en  Hainaut,  demeurant 
entre  les  portes  S'-Martin  et  Coqueriel,  est  condamné  à 
avoir  la  tête  tranchée,  pour  avoir  pris  et  rançonné,  par  plu- 
sieurs fois,  des  habitants  des  pays  voisins  voyageant  sous  la 
foi  du  traité  fait  avec  les  due  et  duchesse  d'Autriche.  — 
Exécuté  le  même  jour  après  midi,  sur  un  hourt  au  grand 
marché  de  la  ville. 

Le  9  février  1482  (1483,  n.  st.).  —  Jaquemart  DescauU^ 
tisserand  de  draps,  fils  de  Jehan,  est  condamné  à  être  pendu 
et  étranglé,  tant  qu'il  soit  mort ,  pour  rupture  de  ban  et 
pour  avoir  usé  de  paroles  sentant  menaces,  en  disant  que 
les  juges  ou  conseillers  et  officiers  de  la  ville  qu'ils  pour- 
raient rencontrer ,  il  les  despccheroit  et  rueroit  jus.  Il  est 
de  plus  convaincu  d'avoir  enfraint  le  traité  de  sûreté  fait 
avec  les  duc  et  duchesse  d'Autriche,  en  arrêtant  cl  rançon- 


—  540  — 

nant  plusieurs  marchands,  —  Exécuté  le  même  jour  après- 
midi,  à  la  justice,  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  16  ,/Mî7/eH482. —  Ysabel  Bruyant,  époMseàc  Sehàn 
de  Cassel ,  graveur  de  signets ,  s'étant  jetée  dans  l'Escaut 
par  désespoir,  pour  ce  que  son  mari  ne  pouvait  payer  une 
certaine  somme  de  deniers  qu'il  devait,  et  y  ayant  trouvé  la 
mort,  les  prévôts  et  jurés  font  charger  son  cadavre  sur  un 
banel  et  le  font  mener  et  pendre  à  une  fourche ,  auprès  de 
la  justice  de  la  porte  S*-Martin. 

Le  1"  janvier  4485  (1484,  n.  st.)  —  Haqxiin  de  Moren- 
ghes,  manouvrier,  fils  de  feu  Jehan,  natif  deBIandain; 
Jehan  hecocq,  parmcntier,  fils  de  feu  Piérard,  natif  de  Lille, 
et  Jacot  de  Melin,  faiseur  de  laites,  fils  de  feu  Jehan,  natif 
de  Leuze,  sont  condamnés  à  être  pendus  et  étranglés,  tant 
que  mort  s'ensuive,  pour  avoir  commis  grand  nombre  de 
vols  et  larcins  en  divers  endroits,  notamment  en  la  chapelle 
du  village  de  Villers  où  ils  entrèrent  de  force,  ouvrirent 
huit  à  neuf  coiTrcs  et  y  prirent  autant  de  bagues  qu'ils  pu- 
rent emporter.  —  Exécutes  le  même  jour  après-midi,  à  la 
haute  flèche,  hors  la  porte  St-Martin. 

Le  6  Mars  1485  (1484  n.  st.)  —  ffennekin  Vandermersch, 
tapissier,  fils  de  Piérart,  natif  de  Peteghem,  est  condamné 
à  être  pendu  et  étranglé,  tant  que  mort  s'ensuive,  pour 
avoir  commis  homicide  sur  la  personne  de  Piétrekin  Van- 
derzorghe  et  pour  avoir  en  outre  commis  plusieurs  vols  en 
chemins  publics.  —  Exécuté  le  même  jour,  ù  la  justice, 
hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  7  du  même  mois.   —  Henry  Lcfrize  dit  le  flamcng. 


—  341  — 

parmcnlicr,  fils  de  Simon,  natif  de  la  terre  d'Alost,  est 
condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort,  pour 
divers  vols,  crimes  et  maléfices  commis  par  force  et  vio- 
lence, sur  les  champs  et  en  chemins  publics.  —  Exécuté  le 
même  jour,  à  la  justice  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  !«''  avril  148G,  après  Pâques.  —  Rasset  Ansquîer,  fils 
de  Thomas,  natif  de  Douai,  est  condamné  à  être  pendu  et 
étranglé  tant  que  mort  s'ensuive  et  ses  biens  confisqués, 
pour  grand  nombre  de  vols  et  larcins  qu'il  a  commis  en 
divers  endroits,  et  de  plus  convaincu  d'estre  homme  oiseulx, 
vacabond,  non  faisant  œuvre  ne  mestier  et  très-mal  famé  et 
renommé  au  pays.  —  Exécuté  le  même  jour,  à  la  basse  jus- 
tice hors  la  porte  S'-Martin. 

Ze  19  août  1487.  —  Colart  Vryman  et  Jehan  Dumonchel 
sont  condamnés  à  avoir  la  tête  tranchée,  pour  homicide 
commis  sur  la  personne  de  Jennin  Du  Bus.  —  Exécuté  le 
même  jour,  sur  le  grand  marché. 

Le  9  avril  1488,  après  Pâques.  —  Grardin  Vannieunorpei 
fils  dcLiévin,  natif  de  Boulart,  près  de  Grammont,  est  con- 
damné à  être  pendu  et  étranglé  tant  que  mort  s'ensuive  , 
pour  plusieurs  larcins  par  lui  commis  par  violence  et  effrac- 
tion. —  Exécuté  le  même  jour,  à  la  basse  justice  hors  la 
porte  S'-Martin. 

Le  9  juillet  1488,  un  nommé  grand  Jehan  de  Douai  dit 
Franchois,  manouvrier,  fils  de  Jehan,  natif  de  Prouvay,  est 
condamne  à  avoir  la  tête  tranchée  et  séparée  de  son  corps, 
pour  plusieurs  crimes  et  énormes  maléfices  commis  contre 
le  bien  de  paix  et  contre  le  traité  de  sûreté  existant  entre  la 

43. 


—  3i2  — 

ville  et  les  pays  voisins.  —  Exécuté  le  même  jour,  après 
raidi,  sur  le  grand  marché. 

Le  8  novembre  1488,  Haquinet  Diitriez  dit  rouge  gheux, 
varlet  de  taverne,  fils  de  feu  Jaquemart;  Gossart  Duquesne, 
retordeur  de  fillet,  fils  de  feu  Jehan,  et  Piérot  Deffrennes, 
caudrelier,  fils  de  Michel,  sont  condamnés  à  avoir  la  tête 
tranchée  et  séparée  du  corps  et  leurs  biens  déclarés  con- 
fisqués, pour  avoir  navré  de  leurs  dagues  et  couteaux  un 
habitant  du  bailliage,  lui  pris  son  argent,  ceinture  et  cou- 
teaux et  voulu  l'emmener  avec  eux;  de  plus,  avoir  fait 
résistance  et  avoir  fait  usage  de  leurs  couteaux  contre  ceux 
du  guet  de  la  porte  Sainte-Fontaine  qui  étaient  venus  au 
secours  du  battu.  —  Exécutés  le  même  jour  après-midi,  sur 
le  grand  marché  de  la  ville. 

A\ant  d'être  exécuté,  Ilaquinct  Dutriez  avoua  d'avoir 
commis  plusieurs  vols,  avec  l'assistance  d'un  nommé  Grar- 
din  Carbonnier. 

Le  4  décembre  1488,  Jaquet  Sqiieppe  dit  Rousselet,  natif 
de  Tournai,  fils  de  feu  sire  Jacques  et  Haquinet  Minet, 
bouvier,  natif  de  Wcz,  fils  de  Roland,  sont  condamnés  à 
avoir  la  tête  tranclu'c  et  séparée  du  corps  et  leurs  biens 
déclarés  confisqués,  pour  un  grand  nombre  de  vols  et  lar- 
cins commis  à  Tournai  et  ailleurs  ;  de  plus,  réputés  gens 
oiseux,  très-mal  renommés,  notamment  ledit  Jaquet  être 
trouvé  détestable,  jureur  et  blasphémateur  du  nom  de  Dieu 
et  ses  saints.  —  Ce  jugement  a  été  mis  à  exécution  sur  un 
hourt  au  grand  marché  de  la  ville. 

Le  ù  janvier  ilkSS  (1489,  n.  sf.)—  Jehan  de  Lannoy,  fils 
de  feu  Tircclct,  natif  de  Nuéchin  ;  Mahieuet  Delecotirt , 
soyeur  d'ais,  fils  de  feu  Mahicu,  natif  de  Billy  en  Vcrtois  cl 


—  343  — 

Pierchon  Leqnesne,  fils  de  feu  George,  natif  de  Douvrin, 
près  de  Labassée,  sont  condamnés  à  avoir  la  léle  tranchée 
et  séparée  du  corps,  pour  avoir,  sous  ombre  de  la  guerre 
régnant  es  pays  circonvoisins  et  en  contrevenant  au  traité 
de  sûreté  fait  entre  la  ville  et  lesdits  pays,  fait  courses  et 
roberies  au  bailliage  de  Tournaisis,  emmenant  avec  eux 
plusieurs  habitants  dudit  bailliage,  s'cmparant  de  leurs 
biens,  les  rançonnant  h  leurs  volontés,  ce  qui  fut  cause  que 
plusieurs  labourcui-s  abandonnèrent  leurs  maisons.  —  Exé- 
cutés le  même  jour  sur  un  hourt  au  grand  marché  de  la  ville. 

Le  22  j«îM  1489,  Iluartde  Mainivautt,  hautelisseur,  fils 
de  feu  Jaquemart,  natif  de  Tournai,  est  condamné  à  avoir 
la  tête  tranchée  et  séparée  du  corps,  pour  les  mêmes  motifs 
que  ci-dessus.  —  Exécute  le  même  jour  sur  le  grand  mar- 
ché. 

Le  2i  juillet  i489,  Faquin  de  Pirewez  et  Martin  Dupont 
sont  condamnés  à  avoir  la  tête  tranchée  et  séparée  du 
corps,  pour  courses  et  pillerics,  notamment,  il  y  a  quelques 
jours,  pour  avoir  pris  à  Orcq  cinq  personnes,  les  avoir 
emmenées  en  un  fossé  à  Maire  et  les  avoir  détroussées  et 
pris  l'argent  qu'ils  avaient  sur  eux.  -—  Le  1"  était  déjà 
banni  à  toujours  delà  ville  pour  pareils  forfaits.  —  Exécutés 
le  même  jour  sur  le  grand  marché. 

Le  pénultième  jour  de  novembre  1489,  un  nommé  Fie- 
rin  Studemacq,  natif  d'Audenarde,  âge  d'environ  18  ans, 
serviteur  de  Jehan  Lccrich,  prêtre,  chapelain  de  hautes 
formes  en  l'église  cathédrale,  s'étant  pendu  en  la  maison  de 
son  maître,  les  prévôts  et  jurés  font  transporter  son  cadavre 
aux  champs,  auprès  de  la  justice  hors  la  porte  S'-Martin  et 


—  344  — 

illec  l'ont  fait  lier  à  une  fourche  plantée  en  terre  ;  ils  décla- 
rent en  outre  tous  ses  biens  confisqués. 

Le  \o  Janvier  d489  (1490,  n.  st.)  —  Un  nommé  Henri 
van  nie,  tapissier ,  natif  d'Enghien,  s'étant  pendu  par  dé- 
sespoir en  une  des  tours  de  la  vieille  forteresse  de  la  ville 
située  au  réduit,  les  prévôts  et  jurés  font  attacher  son 
cadavre  à  une  fourche  plantée  en  terre,  hors  la  porte  S'-Mar- 
tin,  et  déclarent  ses  biens  confisqués. 

Le  0  mars  4489  (1490,  n.  st.)  —  Pierchon  de  Baîssy, 
foulon  de  bonnes^  dit  le  petit  Pierchon  ,  natif  de  Lille,  fils 
de  feu  Jehan ,  est  condamné  à  avoir  la  tête  tranchée  et  sépa- 
rée du  corps  5  pour  avoir,  en  compagnie  de  plusieurs  autres, 
arrêté  divers  marchands  qui  apportaient  en  ville  des  denrées 
et  marchandises  sur  leurs  chevaux,  les  avoir  emmenés  dans 
une  maison  et  avoir  pris  tout  leur  argent.  Ils  en  firent  au- 
tant à  un  frère  mineur  dont  ils  prirent  la  bourse  et  une 
chemise ,  à  une  femme  de  Flandres  une  pièce  de  drap  et 
de  l'argent,  à  un  homme  de  Courtrai,  de  l'argent,  etc.,  etc. 
—  Exécuté  le  même  jour,  sur  un  hourt  au  grand  marché. 

Le  8  avril  1491,  Jacques  Z>KWO?m,  fils  de  feu  Christo- 
phe, natif  de  Naples  près  de  Fiers,  est  condamné  à  avoir  la 
tête  tranchée  et  séparée  du  corps,  pour  avoir  pris  aux  halles 
de  cette  ville,  de  nuit  et  en  escaladant  une  fenêtre  d'une  des 
échoppes,  vingt  'pièces  de  drap  de  soie  et  de  satin ,  une 
botte  de  paternostres  de  cristalin  et  un  chapelet  de  pater- 
nostres  aussi  de  cristalin  ,  ayant  une  croisctte  d'argent  et 
plusieurs  enseignes  dorées;  une  autre  fois,  au  même  endroit, 
il  a  encore  volé  plusieurs  objets.  —  Exécuté  le  même  jour, 
sur  le  grand  marché. 


—  345  — 

Le  2  maX  liOl,  Rogier  Lecocq,  tondeur  de  drnps,  natif 
de  Denain,  près  de  Valcncienncs  ,  est  condamné  à  avoir  la 
tête  tranchée  et  séparée  du  corps,  comme  faux  monnayeur 
et  pour  avoir  fait  faire  de  fausses  lettres  dont  il  s'était  servi 
en  justice  à  Valencienncs.  —  Exécuté  le  même  jour,  sur  le 
grand  marché  de  la  ville. 

Le  18  juiniiOl,  Robinet  Coquide  dit  Duqucsnoit,  clau- 
weteur,  fds  de  feu  Jehan,  natif  de  scrnin  lez-Saint-Lazare, 
est  condamné  à  avoir  la  tète  tranchée  et  séparée  du  corps, 
pour  avoir,  accompagné  de  plusieurs  autres,  arrêté  diverses 
personnes,  avoir  pris  leur  argent  et  les  avoir  menées  vers 
Arras;  déplus,  pour  avoir  volé  plusieurs  chevaux  qu'ils 
vendirent  à  Bouvegnies.  —  Exécuté  le  même  jour  après- 
midi,  sur  un  hourt  au  grand  marché. 

Le  26  cm'it  1491,  Noidlet  de  Bleharies,  cordewnnicr, 
fds  de  feu  Jacques,  est  condamné  à  avoir  la  tête  tranchée  et 
séparée  du  corps,  pour  rapt,  force  et  violence  commis  sur  la 
personne  de  Margotine  Duqucsne,  jeune  fdle  âgée  d'environ 
14  ans.  —  Exécuté  le  même  jour,  sur  le  grand  marché. 

Le  4  novembre  \^9l,  Alizon  Trachet,  fille  de  feu  Mi- 
quiel,  native  d'Orchies,  demeurant  au  lieu  de  le  poterie  en 
cette  ville,  est  condamnée  à  être  arse  par  feu  tant  qu'elle  soit 
morte  et  son  corps  converti  en  cendres,  pour  divers  infan- 
ticides. Le  dernier  des  cinq  enfants  qu'elle  mit  au  monde 
fut  enfoui  dans  un  jardin,  et  elle  avoua  qu'il  vivait  et  re- 
muait encore  lorsqu'elle  l'enterra.  —  Ce  jugement  fut  exé- 
cuté auprès  de  la  justice  de  la  ville,  hors  la  porte S'-Martin. 

Le  28  du  même  moiSf  Mathieu  Van  dm  Inde,  soi  disanl 


—  346  — 

laboureur,  fils  de  feu  Lucas ,  natif  de  Goorle,  près  de  Bois- 
le-Duc  (Brabant),  est  condamné  à  avoir  la  tète  tranchée  et 
séparée  du  corps,  pour  avoir,  avec  plusieurs  autres,  pris  le 
château  d'Helchin  ,  l'avoir  retenu  en  leur  pouvoir  durant 
plusieurs  jours,  pendant  lesquels  ils  avaient  fait  des  courses 
et  pilleries  dans  les  pays  voisins  et  pris  moutons,  pain  et 
autres  vivres;  ayant  été  délogés  du  château,  ils  prirent  deux 
chevaux  de  labour  qu'ils  emmenèrent  à  Pottes  ,  etc.  — 
Exécuté  le  même  jour,  sur  un  hourt  au  grand  marché. 

Le  l*""  décembre  1491  ,  Gillet  Dupryer,  tellier,  fds  de 
feu  Simon,  et  Jehan  Ledrut  dit  Muisy,  autrement  appelé 
courte  oreille,  sont  condamnés  à  être  pendus  et  étranglés 
tant  qu'ils  soient  morts,  pour  grand  nombre  de  vols  et  lar- 
cins, commis  tant  dans  les  églises  que  dans  d'autres  en- 
droits. —  Exécutés  le  même  jour,  après-midi,  à  la  basse 
justice  de  la  porte  S'-Martin. 

Le  28  janvier  1491  (1492,  n.  st.)  —  Chariot  Hocquel, 
se  disant  brasseur  ,  demeurant  à  Valenciennes  ,  est  con- 
damné à  avoir  la  tête  tranchée  et  séparée  du  corps  ,  pour 
avoir,  en  compagnie  de  quelques  autres ,  fait  plusieurs 
courses  et  prises  de  biens  et  personnes  de  la  ville  de  Tour- 
nai, tant  sur  le  pouvoir  et  juridiction  d'icclle  que  sur  le 
bailliage  et  ailleurs,  en  contrevenant  au  traité  de  sûreté 
existant  entre  cette  ville  et  les  pays  voisins  (ils  avaient  enle- 
vé, entr'autres,  deux  chars  chargés  de  marchandises  venant 
de  Tournai  et  que  des  habitants  de  cette  ville  conduisaient 
en  France  ;  ceux-ci  rachetèrent  leurs  biens  pour  400  écus 
marchands.)  —  Exécuté  le  même  jour,  sur  le  grand  marché. 

Le  dernier  juin  1492,  Mahieu  Coltrel,  couvreur  de 
wcddCj  fils  de  feu  Jehan,  natif  de  Camphin,  est  condamné 


—  547  — 

h  être  pendu  et  étrangle  tant  qu'il  soit  mort,  pour  grand 
nombres  de  vols  commis  dans  les  églises  et  ailleurs.  — 
Exécuté  le  même  jour  après-midi,  à  la  basse  justice  hors  la 
porte  S'-Martin. 

Le  {^^  mars  1492  (1495,  n.  st.)  —  Chrestlen  Warneivkq, 
fils  de  feu  Olivier,  natif  de  Gand,  et  Piètreqinn  Zouielut,  fils 
de  Jehan,  natif  de  Bruges,  sont  condamnés  h  avoir  la  tcte 
coupée  et  séparée  du  corps,  pour  vols  commis  en  chemin 
public  et  dans  un  bois.  —  Exécutés  le  même  jour,  sur  le 
grand  marché. 

Le  d  juin  1^90,  Estienne  des  ^«/fans,  changeur,  fils  de 
feu  Jehan,  natif  du  pays  de  Bourgogne,  est  condamné  à 
avoir  la  tête  tranchée  et  séparée  du  corps,  pour  avoir  mis 
en  circulation  grand  nombre  de  pièces  d'or  et  d'argent 
qu'il  avait  auparavant  rognées.  -^  Exécuté  le  même  jour, 
sur  le  grand  marche. 

Le  \2  décembre  i^dà,  Zègre  Vandedamme,  manouwicr, 
fils  de  feu  Miquiel,  natif  de  Hulz  près  d'Audenardc,  est 
condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort , 
pour  plusieurs  vols  par  lui  commis  par  effraction  et  pour 
violence  commise  sur  une  jeune  fille.  — Exécuté  le  même 
jour  après-midi,  à  la  basse  justice  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le^  janvier  1495  (1494,  n.  st,)  —  Cornîlle  Vandeporte, fils 
de  feu  Colart,  est  condamné  à  avoir  la  tcte  tranchée  et  sépa- 
rée du  corps,  sur  un  échafaud  au  grand  marché  de  la  ville, 
et  après  son  corps  estre  mis  et  pendu  au  gibet  de  ladite  ville 
et  sa  tête  affichée  au  banch  dudit  gibet,  pour  libelles  diffa- 
matoires et  lettres  séditieuses  par  lui  écrites  et  semées 


—  348  — 

contre  plusieurs  de  la  ville  de  Bruges,  en  les  chargeant  du 
crime  de  Sodomie,  et  une  autre  lettre  écrite  au  capitaine  de 
Bruges,  lui  faisant  connaître  qu'il  y  avait  sur  lui  et  autres 
seigneurs  y  dénommés  grandes  clameurs  de  ce  qu'ils  man- 
geaient le  peuple  et  que  les  cricurs  étaient  aucuns  des  mé- 
tiers de  la  ville  avec  le  commun  et  plusieurs  bourgeois  qui 
murmuraient  les  assommer  en  l'église  ou  dehors;  enfin 
pour  avoir  écrit  une  autre  lettre  à  une  veuve  ehez  laquelle 
il  avait  demeuré,  menaçant  de  couper  le  nez  aux  mesquines 
de  ladite  veuve  avant  de  quitter  Bruges,  pour  ce  que  celles-ci 
l'avoient  fait  emprisonner  pour  vol  de  plusieurs  objets.  — 
Après  sa  condamnation  et  avant  d'être  exécuté,  Vandeporte 
avoua  avoir  commis,  étant  à  Rome,  le  crime  de  Sodomie  et 
d'être  l'auteur  de  plusieurs  vols. 

Le  29  avril  4494,  George  Van  Naycquebroîicq,  raanou- 
vrier  et  wantier,  fils  de  feu  Jehan ,  natif  d'Eesque,  près  de 
Grammont,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant 
qu'il  soit  mort,  pour  grand  nombre  de  vols  par  lui  commis, 
tant  de  nuit  que  de  jour,  notamment  de  vaches,  juments, 
etc.  —  Exécuté  le  même  jour,  à  la  justice  près  d'Havines. 

Le  30  ornV  1494,  iJ/arfm  yar/a?/e,  espissier,  fils  de  feu 
Josse,  natif  de  Nazareth  lez-Gand  ,  et  Jehan  de  Lattre  dit 
Tahier,  plaqueur,  sont  condamnés  à  être  pendus  et  étran- 
glés tant  qu'ils  soient  morts,  pour  grand  nombre  de  vols 
par  eux  commis.  —  Exécutés  le  même  jour  à  la  justice  de  la 
ville,  au  lieu  de  le  planque  d'Angy. 

Le  ùf  décembre  1494,  Jehan  Braquenier,  dit  le  Rade,  est 
condamne  à  être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort, 
pour  ravissement  de  femmes,  sommations  et  vols  divers.  — 


~  349  — 

Exécute  le  même  jour  à  la  basse  justice,  hors  la  porte  S'- 
Martin- 

Le  5  du  même  mois ,  le  nommé  Bernacq  Boucq  dit  Soen, 
chaussetier,  fils  de  feu  Jehan  ,  natif  de  Douchlieu,  paroisse 
d'Esterres  en  Flandres,  est  condamné  à  être  pendu  et  étran- 
glé tant  qu'il  soit  mort,  pour  vols  de  vaches  et  d'objets  divers, 
ravissements  de  femmes  et  de  filles  et  pour  certain  homicide 
commis  au  pays  de  Flandres.  —  Exécuté  ledit  jour ,  à  la 
justice  près  d'Havines. 

Le  li  janvier  1494  (4495,  n,  st.)  —  Noël  le  Tourier 
dit  Grenut,  bonnetier,  natif  de  Tournai ,  homme  fort  en- 
clin à  noises  et  débats ,  est  condamné  à  avoir  la  tête  tran- 
chée et  séparée  du  corps,  pour  tentative  de  viol  et  pour  avoir 
commis  plusieurs  vols.  —  Exécuté  le  même  jour  sur  le 
grand  marché. 

Le  12  du  même  mois,  Gosset  Foellet  dit  le  Jazereau  , 
espennier,  est  condamné  à  la  même  peine,  pour  avoir  aidé 
et  assisté  Noël  le  Tourier,  exécuté  la  veille. 

Le  20  avriH^9^i  3Iarguerite  dîi  Donjon,  femme  Tas- 
sart  Lefebvrc,  bonnetier,  Hacquinet  Clément  et  Martin  de 
Rosne,  scsvarlets,  convaincus  d'avoir,  à  trois  reprises  diffé- 
rentes, voulu  empoisonner  leurs  mari  et  maître,  et  en 
outre  ,  voyant  que  le  poison  ne  portait  pas  l'effet  qu'ils  en 
attendaient,  d'avoir  comploté  de  l'assommer ,  sont  condam- 
nés, savoir  :  la  1'°  à  être  liée  à  une  estaque  emprès  le  gibet 
et  illecq  arse  et  brullée  par  feu  et  son  corps  converty  en 
cendre;  le  5%  à  être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort; 
ils  sont  de  plus  condamnés  à  être  traînés  au  sortir  de  la 
halle.  Quant  à  Clément,  il  a  été  remis,  comme  clerc ,  entre 
les  mains  de  rofficial  de  la  cour  spirituelle. 

44 


—  550  — 

Ze  15  mai  1496,  Jehan  Mathieu,  tellier  de  toiles,  fils  de 
Jehan ,  natif  de  S'-Quentin  en  Vermandois,  est  condamné  à 
être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort,  pour  grand 
nombre  de  vols  commis  de  nuit  et  de  jour ,  par  effraction 
et  autrement.  —  Exécuté  ledit  jour,  après-midi,  à  la  basse 
justice  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  28  avril  1497,  Colart  Braquenier  dit  du  Quesnoy  et 
Jehan  Braquenier  surnommé  long  dos,  son  fils,  sont  con- 
damnés à  être  pendus  et  étranglés  tant  qu'ils  soient  morts , 
pour  avoir  tué  et  occis  un  étranger  et  avoir  pris  tout  l'ar- 
gent qu'il  avait  sur  lui.  —  Exécutés  le  même  jour,  à  la 
justice  vers  Havines. 

Le  50  ociohre  1497  ,  Philippot  Gruyer,  fils  de  feu  Jaspar, 
natif  de  Genappes  en  Brabant,  manouvrier,  est  condamné  à 
être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort ,  pour  plusieurs 
vols  de  moutons,  brebis,  pourceaux,  etc. — Exécuté  le 
même  jour,  après-midi ,  à  la  basse  justice  hors  la  porte 
St-Martin. 

Le  \7  février  1497  (1498,  n.  si).  —  Lolset  Caudrelier\ 
caucheteur,  est  condamné  à  avoir  la  tète  tranchée  et  séparée 
du  corps,  pour  ce  qu'étant  banni  à  toujours  pour  homicide 
commis  sur  la  personne  de  feu  Hottinet  Desmons,  varlet  de 
taverne,  il  s'est  hasardé  de  venir  plusieurs  fois  sur  le  pou- 
voir et  banlieue  de  la  ville,  accompagné  d'autres  bannis, 
jusqu'au  jour  d'hier  qu'il  fut  pris  et  arrêté  au  faubourg  d  c 
Sainte-Fontaine  par  les  officiers  et  sergents  du  Roi.  —  Exé- 
cuté le  même  jour  sur  le  grand  marché. 

Le  6  mars  1^99  (laOO,  «.  si).  —  Loys  Heeman  dit 
Prentout,  natif  de  Marque  près  d'Audenarde,  fils  de  feu 
Louis,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit 


—  551  — 

mort,  pour  grand  nombre  de  vols  commis  par  effraction  et 
autrement. 

Le  8  avril  1499  (1500,  «.  ««.)  —  Jaquzï  De  le  Maladrie 
dit  Leurin ,  manouvrier,  fils  de  feu  Jehan,  natif  du  Mont 
S'-Audebert,  est  condamné  àîétre  pendu  et  étranglé  tant  qu'il 
soit  mort ,  pour  trois  ou  quatre  tentatives  de  viol  et  pour 
plusieurs  vols  qu'il  a  commis.  —  Exécuté  le  même  jour, 
à  la  justice  d'Havines. 

L9  29  avril  1500.  —  Jehan  Bothu  dit  Mughet,  espen- 
nier,  fils  de  feu  Jehan,  natif  de  Pecq,  est  condamné  à  être 
pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort,  pour  divers  vols, 
rebellions  et  désobéissances. 


Le  6  juin  1500.  —  Franchois  de  Bleckere,  âgé  de  24 
ans,  tapissier^  natif  d'Audcnarde  et  Loys  Caiiche,  natif  de 
Tournai ,  ayant  le  premier  tué  deux  hommes  et  le  second 
tué  sa  femme,  sont  condamnés  «à  estre  traynnés  jusques 
»  aux  grandes  portes  de  ceste  halle  et  au  pillory  copper 
«  oudit  Gauche  le  poing  du  droit  brach,  pour  ledit  poing 
>  mettre  audit  pillory,  pour  illccq  durer  tant  qu'il  polra,  et 
»  d'illecq  menez  tous  deux  à  la  justice  et  illecq  estre  mis 
»  à  mort,  en  déclarant  leurs  biens  confisquez  au  prouffit  de 
»  la  ville,  se  aucuns  en  ont.  »  —  Exécutés  le  même  jour, 
à  la  basse  justice  hors  la  porte  S»-Martin. 

Le  ^octobre  1500,  Willaume  Harnicq,  homme  marié, 
fils  de  Liévin,  natif  de  Cand,  retiré  à  Tournai  pour  homicide 
par  lui  commis  audit  Gand,  pour  avoir  cnfraint  la  paix  de  la 
ville  qui  avait  été  jurée  entre  lui  et  Jennon  de  Nieppe  ,  sa 
concubine,  en  la  battant  jusqu'à  effusion  de  sang,  est  con- 


—  352  — 

damné  à  mort  et  exécuté  le  même  jour  après-midi ,  à  la 
justice  d'Havines. 

Le  6  novembre  ibOO  ,  Oste  de  Semepart,  dit  Poliart , 
brasseur,  fils  de  feu  Jehan,  demeurant  à  Hussegnies,  pays 
de  Ilainauî,  pour  avoir,  accompagné  de  plusieurs  autres, 
fait  une  tentative  de  meurtre  sur  la  personne  de  sire 
Mahieu  le  Menut ,  prêtre ,  demeurant  en  la  gailleterie,  est 
condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  que  mort  s'ensuive 
et  ses  biens  déclarés  confisqués.  —  Exécuté  le  même  jour, 
hors  la  porte  St-Martin. 

Le  10  décembre  1500,  Piérot  Chevalier,  fils  de  Blanchart, 
est  condamné  à  avoir  la  tête  [tranchée  et  séparée  du  corps, 
pour  violence  commise  sur  une  femme  et  pour  avoir  com- 
mis plusieurs  vols.  —  Exécuté  le  même  jour. 

Le  4  mai  1501,  Russe  Risselincq,  fils  de  France,  marche- 
teur,  natif  d'AudenarcIe  ,  est  condamné  à  être  pendu  et 
étranglé  tant  que  mort  s'ensuive ,  pour  avoir  commis  homi- 
cide hors  la  porte  Sainte-Fontaine.  —  Exécuté  le  même 
jour  après-midi,  au  gibet  de  le  planque  d'Angy. 

ie  17  décembre  1501,  Piérart  Leroy ^  fils  de  feu  Leurens, 
manouvrier,  natif  de  St-Rignier  en  Ponthieu,  et  Meslin 
Ilanon,  fils  de  feu  Loys,  parmentier,  natif  de  Blechy  près 
d'Aire  en  Artois ,  sont  condamnés  à  être  pendus  et  étran- 
glés tant  que  mort  s'ensuive,  pour  grand  nombre  de  vols 
commis  la  nuit  et  par  effraction.  —  Exécutés  le  même  jour 
après-midi,  à  la  justice  hors  la  porte  St-Martin. 

Le  2S  octobre  1502,  Gérommet  du  Fourmanoir,  dit  me 
Ghongnc,  parmentier,  fils  de  feu  Colart ,  natif  de  Tonghes 


en  Hainaut,  est  condamné  à  avoir  la  lêtc  tranchée  sur  le 
grand  marche,  pour  divers  vols  commis  par  escalade  et  avec 
effraction.  —  Exécuté  le  même  jour  après-midi. 

Le  \Q  novembre  1502,  ffiickon  Fauscon,  soyeur  d'hais, 
fils  de  feu  Colart,  natif  de  Gccchart,  Icz-Abbcville,  retiré  à 
Tournai  après  avoir  commis  un  homicide  à  Lille,  est  con- 
damné à  être  pendu  et  étranglé,  pour  avoir  tue  un  nommé 
Simon  Deffontaines,  tavernier.  —  Exécuté  le  même  jour 
après-midi. 

Le  2'J  mai  1303,  Adryen  Laurens,  faiseur  de  satins, 
natif  de  Bruges,  fils  de  Jacques,  est  condamné  à  être  pendu 
et  étranglé  tant  que  mort  s'ensuive,  pour  homicide  commis 
sur  la  personne  d'un  nommé  Gillequin  Bidon,  cordewanier. 
—  Adrien  Laurens  demeurait  à  Tournai  et  il  était  banni  de 
Bruges  où  il  avait  eu  le  poing  coupé  pour  avoir  navré  un 
officier  de  cette  ville.  —  Exécuté  le  même  jour  après-midi, 
à  la  justice  d'Havines. 

Le  9  septembre  1505,  Mîquelot  Descault,  tisserand  de 
draps,  fils  de  feu  Jaquemart,  est  condamné  à  avoir  la  tête 
tranchée  et  séparée  du  corps ,  pour  homicide  commis  sur  la 
personne  de  Huart  De  le  Ilecque,  tapissier.  —  Exécuté  le 
même  jour  après-midi,  sur  un  hourt  au  grand  marché. 

Xe  18  mai  1504 ,  Jehan  de  le  Royère  est  condamné  à 
avoir  la  tête  tranchée,  pour  ce  qu'ayant  été  souverain  re- 
getteur  de  la  ville  pendant  quatre  années  consécutives  ,  il 
avait  mis  en  compte  de  son  administration  plusieurs  mar- 
chés et  grosses  sommes  de  deniers  dont  jamais  rien  n'avait 
été  payé  et  compté  plusieurs  autres  marchés  à  plus  haut 
prix  qu'ils  avaient  coûté,  savoir  :  la  l'«  année,  d'avoir  fraude 


—  554  — 

il  70  livres  16  sols  9  deniers  tournois  ;  la  2«  année,  971 
livres,  14  sols,  11  d.;  la  3«  année,  4157  livres  18  sols  dix 
deniers;  la  4« année,  5149  livres,  5  sols  10  deniers  tour- 
nois. Ledit  de  Royère  avait  tellement  fraudé  la  ville  que, 
durant  les  quatre  années  de  son  administration ,  il  avait 
acheté  sur  la  ville  quarante -quatre  livres  de  gros  de  rente 
par  an,  etc.  —  Exécuté  le  même  jour  après-midi ,  sur  un 
échafaud  au  grand  marché. 

Ze  20  mai  1505,  Guillebert  Dumarès,  manouvrier,  natif 
de  Senghin  en  la  châtellenie  de  Lille,  fils  de  feu  Jehan,  de- 
meurant à  Ilavines,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé 
tant  que  mort  s'ensuive ,  pour  avoir  commis  grand  nombre 
de  vols.  —  Exécuté  le  même  jour,  à  la  justice  hors  la  porte 
St-Martin. 

Le  28  mai  1505,  Jehan  Spînart,  manouvrier,  natif  du 
Sartdorle,  à  deux  lieues  d'Avesnes,  est  condamné  à  avoir  la 
tète  tranchée  et  séparée  du  corps,  pour  avoir  traîtreuse- 
ment tué  dans  un  bois  le  nommé  Jehan  Désir.  —  Exécuté 
le  même  jour,  après-midi,  sur  un  échafaud  au  grand  marché. 

Zel9  aoKi  1505,  une  nommée  Anne ,  demeurant 

rue  des  Corriers,  s'étant  pendue  par  désespoir,  les  prévôts 
et  jurés  font  transporter  son  cadavre  auprès  de  la  justice 
hors  la  porte  S'-Martin,  et  là  le  font  lier  à  une  fourche  plan- 
tée en  terre. 

Le  16avn7  1507,  après  Pâques,  Jaspar  de  Clarentals, 
parmentier,  natif  de  Gand,  fils  de  Louis,  est  condamnée 
être  pendu  et  étranglé  tant  que  la  mort  s'ensuive,  pour 
homicide  par  lui  commis  sur  la  personne  de  Picrrcquin 
Heurycx  et  pour  avoir  frappé  et  navré  inhumainement 


—  5bb  — 

Glaudc  Jonart,  sergent  bâtonnier.  11  est  de  plus  condamne 
à  être  traîné  sur  une  cloyc,  depuis  le  pied  de  la  montée  de 
la  halle  jusqu'à  la  porte  prime. —  Exécuté  le  même  jour, 
après-midi,  à  la  basse  justice  hors  la  porte  S'-Martin. 

Ze  1 1  octobre  VÔOl,  Haquin  Florin,  hautelisseur  et  Pas- 
quier  De  le  Rue,  aussi  hautclisscur,  sont  condamnés  à  avoir 
la  tcte  tranchée  et  séparée  du  corps ,  pour  avoir,  après  être 
entrés  de  force  dans  sa  maison,  battue  et  mise  en  péril  de 
mort  la  nommée  Jchenne  Deleuse ,  fileuse.  —  Exécutés  le 
même  jour,  après-midi,  sur  un  çchafaud  au  grand  marché. 

Le  12  novembre  1507,  Jaquet  du  Gardin,  maçon,  natif 
de  Douai,  fils  de  Gilles,  est  condamné  à  être  pendu  et 
étranglé  tant  que  la  mort  s'ensuive ,  pour  grand  nombre  de 
vols  par  lui  commis,  dont  plusieurs  par  escalade  et  avec 
effraction.  —  Exécute  le  même  jour,  à  la  justice  vers 
Havines. 

Le  1"  janvier  1507  (4  SOS,  n.  st.  )  —  Haquînet  Meuk- 
nairc  dit  Hennin,  poissonnier  de  douce  eau,  fils  de  feu 
Melcior,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  que  la 
mort  s'ensuive ,  pour  avoir  commis  'un  grand  nombre  de 
vols.  —  Exécuté  le  même  jour,  après-midi,  à  lahaulte  fles- 
che  à  la  justice  hors  la  porte  S*-Martin. 

Le  18  mars  1507  (loOS,  n.  st.)  —  Haquinol  Dumorlter^ 
sayctcur,  natif  de  Lille,  fils  de  feu  Jehan,  est  condamné  à 
être  traîné  jusques  à  la  halle  des  doyens  et  ensuite  pendu  et 
étranglé  tant  que  la  mort  s'ensuive ,  pour  avoir,  dans  un 
cabaret  d'Esqucrmcs,  tué  le  nommé  Jaquet  Barbaquennc, 
auquel  il  prit  diverses  pièces  d'argent.  Exécuté  le  même 
jour,  à  la  liaultc  fleschc,  à  la  juslicc  hors  la  porte  S'-Martin, 


—  5o6  — 

Le  6  juin  1 509,  Bertrand  Leblin,  soyeur  d'ais ,  natif  de 
Baisieux,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  que 
mort  s'ensuive ,  pour  avoir  commis  deux  homicides ,  le 
premier  à  Willem  en  la  châtellenie  de  Lille,  et  le  second  au 
pays  de  Ilainaut ,  et  pour  avoir  de  plus  commis  plusieurs 
vols.  —  Exécuté  le  même  jour,  à  la  justice  vers  Havines. 

Jl<e  Ib  juin  1509,  WHlem  Lecocq  ,  vigneron,  fils  de  feu 
Jehan,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il 
soit  mort,  pour  avoir  commis  plusieurs  vols  et  pour  avoir 
de  plus,  malgré  la  paix  de  la  ville  qu'il  avait  jurée  à  Bar- 
hctte  de  le  Forge,  fille  de  Grard,  battu  cette  dernière  et 
l'aurait  tuée  s'il  n'en  avait  été  empêché.  —  Exécuté  le  même 
jour,  à  la  justice  au  lieu  de  le  planque  d'Angy. 

Le  22  juin  4509,  Ghislain  Broustin^  soyeur  d'ais  etma- 
nouvrier,  natif  de  Nommain,  est  condamné  à  être  traîné  sur 
une  cloye  jusques  à  la  halle  des  doyens  et  ensuite  pendu  et 
étranglé  tant  que  mort  s'ensuive,  pour  homicide  par  lui 
commis  sur  la  personne  de  Jaquct  Buscaille  et  pour  avoir 
donné  des  coups  à  sang  coulant  à  diverses  personnes.  — 
Exécuté  le  même  jour,  à  la  justice  de  la  haulte  flèche  hors  la 
porte  S'-Martin. 

Le  21  y«î7(eH509,  Henry  Hovart,  telier  et  revendeur 
de  biens  meubles,  fils  de  Jehan,  est  condamné  à  estre  ars  et 
brûlé  à  une  estacque  tant  qu'il  soit  mort  et  son  corps  con- 
verti en  cendres,  pour  crimes  contre  nature.  —  Exécu'c 
le  même  jour,  après-midi,  auprès  de  la  justice  hors  la  porte 
»-Martin. 

Le  8  septembre  1509,  Jehan  Delehaye,  sayelcur ,  nalif 
de  Valcncicnncs ,  fils  de  feu  Loys,  domicilié  à  Tournai 


—  357  — 

depuis  environ  9  mois  ,  est  condamné  à  avoir  la  tête  tran- 
chée et  séparée  du  corps,  pour  homicide  commis  sur  la  per- 
sonne de  Colart  Nutin,  tavernier.  —  Exécuté  le  même  jour^ 
sur  un  échafaud  au  grand  marché. 

Le  28  Septembre  1509,  Jehan  Cornette  dit  Hottin ,  ma- 
nouvrier,  fils  de  feu  Simon,  natif  de  Bersées  en  Pevèle,  est 
condamné  à  être  traîné  sur  une  cloye  jusqucs  à  la  halle  des 
doyens,  et  ensuite  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort, 
pour  avoir  commis  homicide  sur  la  personne  d'un  compa- 
gnon à  cheval ,  avoir  pris  tout  l'argent  qui  se  trouvait  sur 
ledit  compagnon  et  être  l'auteur  de  grand  nombre  de  vols. 
—  Exécuté  le  même  jour,  à  la  basse  justice  hors  la  porte 
S*-Martin. 

Le  9  février  1509  (iolO,  n.  st.).  —  Géromme  L argentier , 
caucheteur ,  natif  de  Tournai ,  est  condamné  à  être  pendu 
et  étranglé  tant  que  mort  s'ensuive,  pour  grand  nombre  de 
vols  commis  dans  les  églises.  —  Exécuté  le  même  jour, 
après-midi,  à  la  justice  de  la  haute  flèche  hors  la  porte 
S'-Martin. 

ZeSS  wiarsl509  (1510,  n.  st.).  Arnoul  FiVam , hautelis- 
seur,  fils  de  feu  Jehan,  est  condamné  à  être  ars  et  brûlé  à 
une  estacque  et  consumé  en  cendres  tant  que  mort  s'ensuive, 
pour  crime  de  sodomie.  —  Exécuté  le  même  jour ,  après- 
midi,  à  Injustice  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  29  (fw  même  mois,  Nicaisc  Lcgrant,  fils  de  feu  Nicaise; 
Colart  Lebrun,  fils  de  feu  Colart  ctJehan  Delebée  dit  Grant 
Jehan,  tous  trois  bonnetiers,  sont  condamnés  à  être  ars  et 
brûlés  à  une  estacque  tant  qu'ils  soient  morts  et  leurs  corps 

45 


—  558  — 

convertis  en  cendres ,  pour  le  même  crime  de  sodomie.  — 
Exécutés  le  même  jour,  à  la  justice  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  21  juin  1 310  ,  Ifaquinot  Dubus,  manouvrier  et  bou- 
vier, fils  de  feu  Jehan,  est  condamné  à  être  ars  et  brûlé, 
comme  les  précédents,  pour  ledit  crime.  —  Exécuté  le  même 
jour,  à  la  justice  du  happart  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  iô  nove^nbre  liilO,  Jehan  Sohier,  sayetcur  et  retor- 
deur  de  fil,  natif  de  Valenciennes,  est  condamné  à  être  pendu 
et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort  et  ses  biens  déclarés  conQs- 
qués,  pour  grand  nombre  de  vols  commis,  tant  dans  les  égli- 
ses que  dehors ,  joint  sa  mauvaise  vie  et  renommée.  —  Exé- 
cuté le  même  jour,  après-midi,  à  la  justice  hors  la  porte 
S'-Martin. 

Le  {"juillet  1511,  Henry  Dumolin,  caucheteur  ,  natif 
de  Saint  Florent  de  Roye,  fils  de  feu  Colinet,  est  condamné 
à  être  pendu  et  étranglé  tant  que  mort  s'ensuive,  pour 
divers  vols  commis  par  effraction.  Dumolin  avait  déjà  été 
battu  de  verges  en  la  ville  d'Arras  et  banni  du  royaume  de 
France.  —  Exécuté  le  même  jour,  à  la  justice  lez-Havines. 

Le  26  mars  Ibll  (1512,  «.  st.)  —  Simon  Biecquereau  dit 
petit  paiuj  sayeteur,  natif  de  Mons  en  Hainaut,  fils  de  feu 
Arnoul,  est  condamné  h  être  pendu  et  étranglé  tant  que 
mort  s'ensuive,  pour  plusieurs  homicides  par  lui  commis, 
entr'autres  sur  la  personne  de  Jaquemart  Cousin,  par  ma- 
nière de  meurtre  et  trahison.  —  Exécuté  le  même  jour, 
après-midi,  à  la  justice  près  d'Havines. 

Le  21  mai  1513,  Martin  Taverne,  brasseur,  fils  de  feu 
Antoine,  demeurant  es  faubourgs  de  la  ville  de  Condé  en 


—  5S9  — 

Ilainaut,  est  condamné  à  avoir  la  lète  tranchée  et  séparée  du 
corps,  pour  avoir,  étant  étranger,  navré  traîtreusement  et 
sans  motif  raisonnable,  Henri  Vallois,  sujet  de  cette  ville. 
Exécuté  le  même  jour,  sur  un  échafaud  au  grand  marché. 

Ze  4  novembre  llilô,  Jehati  Deleplanque,  sergent  royal 
des  bailliages  de  Tournai  et  Tournaisis,  est  condamné  à 
avoir  la  tète  tranchée  et  séparée  du  corps,  pour  homicide 
commis  sur  la  personne  de  llaquinot  Leclcrc,  varlet,  — 
Exécuté  ledit  jour,  sur  un  échafaud  au  grand  marché. 

Le  12  du  même  mois,  Adrien  Leroy,  savetier,  natif  de 
Tournai,  fils  de  feu  Jaquemart;  Oste  Carpentier,  clauweteur, 
natif  du  Sauchoy  lez-Tournai,  elJosse  Troes,  cachcmarée, 
demeurant  à  Chuchotte  à  une  lieue  de  Blanquenberg,  sont 
condamnés  à  avoir  la  tctc  tranchée,  les  deux  premiers  pour 
avoir,  le  18  Sept,  dernier,  que  lors  le  siège  était  devant  cette 
ville,  voulu  émouvoir  le  peuple  en  accusant  les  gens  de  loi  de 
traîtres,  notamment  ledit  Leroy  en  criant  quand  on  les 
menait  prisonniers  :  «  Messieurs,  esmouvez-vous,  c'est  pour 
«  vous  que  je  vay  morir,  nous  sommes  tous  trahis,  le 
«:  grand  prevost  est  trahitrc,  je  les  nommeray  tous,  vous 
<i  estes  tous  trahitrez,  se  vous  ne  me  aydicz.  «  Le  troisième, 
pour  avoir  commis  homicide  volontaire  sur  la  personne  de 
Coppin  Noppe.  —  Exécutes  le  même  jour,  après-midi,  sur 
un  hourt  au  grand  marché. 

Le  ôl  juillet  1514,  Marie  Tavernier,  femme  d'Adrien 
Schietas,  tapissier,  demeurant  hors  la  porte  DeleVingne,  est 
condamné  à  être  traînée  depuis  la  halle  des  prévôts  et  jurés 
jusqu'à  celle  des  doyens,  et  de  là,  sur  une  charrette,  menée 
à  la  justice  hors  la  porte  S'-Martin  et  illcc  liée  à  une  eslaque 
et  arse  et  brûlée  tant  qu'elle  soit  morte,  pour  crime  d'in- 


—  560  — 

fanticide.  —  Ce  jugement  est  mis  à  exécution  le  même 
jour  après-midi. 

Le  12  abùt  1514,  Olivier  le  Blayeur  dit  Coulette,  manou- 
Trier,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  que  mort 
s'ensuive,  pour  grand  nombre  de  vols  par  lui  commis  en 
compagnie  de  Wallerand  Blayeur,  son  fils,  exécuté  à  mort 
par  la  justice  de  Wasnon.  —  Exécuté  le  même  jour,  après- 
midi,  à  la  justice  lez-Havinnes. 

Le  20  novembre  lbl4,  France  Brunel  dit  Lanerj-e,  fou- 
lon de  draps,  natif  dcBaillœul  en  Flandres,  est  condamné  à 
être  pendu  et  étranglé  tant  que  la  mort  s'ensuive,  pour  grand 
nombre  de  vols  commis  de  nuit  et  par  effraction.  — 
Exécuté  le  même  jour,  après-midi,  à  la  justice  hors  la  porte 
S'-Martin. 

Ze31  décembre  1514,  Jehan  Lion,  bonnetier  etJehenne 
Gabry,  sa  femme,  ayant  été  trouvés  noyés  dans  un  puits  et 
les  chirurgiens  ayant  constaté,  par  l'inspection  des  cada- 
\Tes,  qu'ils  s'y  étaient  jetés  volontairement,  les  prévôts  et 
jurés  font  mettre  les  corps  morts  sur  un  bancl,  les  mener 
aux  champs  auprès  de  la  justice  hors  la  porte  S'-Martin  et 
les  lier  à  une  fourche  plantée  en  terre. 

Le  23  mai  loi  S,  Jehan  de  Tierpont  dit  Rose,  tapissier, 
natif  des  faubourgs  de  la  ville  d'Audenarde,  fils  de  feu 
Michel,  demeurant  à  Tournai  depuis  plus  de  20  ans,  est 
condamné  à  avoir  la  tête  tranchée  et  séparée  du  corps,  pour 
avoir  commis  homicide  sur  la  personne  de  Jehan  Delepicrre, 
aussi  tapissier.  —  Exécuté  le  même  jour,  après-midi,  sur  un 
échafaud  au  grand  marché. 


—  361  — 

Le  19  scpkmbre  l^il5,  Florent.  Claîs,  homme  marié, 
tapissier,  natif  de  Bruxelles,  est  condamne  à  avoir  la  tctc 
tranchée  et  séparée  du  corps,  pour  avoir  commis  homicide 
sur  la  personne  de  Catlicrinc  Lecocq,  sa  concubine.  — 
Exécuté  le  même  jour,  après-midi,  sur  un  échafaud  au  grand 
marché. 

Le\o  mars  lîilb  (1516,  n.  st.) —  Jehan  Lejosmàit  Petit 
Jean,  se  mêlant  de  médecine,  natif  de  Paris,  est  condamné 
à  être  pendu  et  étranglé  tant  que  la  mort  s'ensuive,  pour 
grand  nombre  de  vols  commis  dans  les  églises  et  ailleurs. — 
Exécuté  le  même  jour,  après-midi,  à  la  justice  hors  la  porte 
S'-Martin. 

Le  29  mars  loi 6,  après  Pâques,  Jehan  Leblancq,^ foulon 
de  bonnets,  natif  de  Blandain  ,  fils  de  feu  Russe,  est  con- 
damné à  avoir  la  tête  tranchée  et  séparée  du  corps,  pour 
avoir,  d'un  coup  de  couteau,  tuéHaquinot  de  la  Derière,  sur 
la  place  S*-Pierre.  —  Exécuté  le  même  jour,  après-midi, 
sur  un  échafaud  au  grand  marché. 

Le  8  mai  1516,  Iluchon  du  Rieu  ,  brasseur,  natif  de  S'- 
Adricn  de  Grantmont,  fils  de  Gilles,  est  condamne  h  avoir 
la  tête  tranchée  et  séparée  du  corps,  pour  homicide  commis 
sur  la  personne  de  Willaume  Bourgois,  taillandier.  — Exé- 
cuté comme  le  précédent. 

Le  2  octobre ,  Piètre  le  Cacheur ,  savetier ,  natif  d'Aude- 
narde,  est  condamné  à  avoir  la  tête  tranchée  et  séparée  du 
corps  ,  pour  homicide  commis  sur  la  personne  de  Jaquet 
Goulan.  —  Exécute  comme  le  précédent ,  le  même  jour  , 
après-midi. 


—  562  — 

Le  24  octobre  1d16,  Jehan  Diiprel  dit  Pioleur  ,  manou- 
vrier ,  natif  d'Escanaflles ,  fils  de  Bauduin ,  est  condamné  à 
être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort,  pour  grand  nom- 
bre de  vols  et  tentative 'de  viol.  —  Exécuté  le  même  jour, 
après-midi,  à  la  justice  lez-Havinnes. 

Le  6  février  1316  (1317,  n.  st.). —  Jaquet  Blondel,  bou- 
cher, natif  de  Cambrai ,  fils  de  feu  Jehan  ^  est  condamné  à 
avoir  la  tête  tranchée  et  séparée  du  corps,  pour  homicide 
sur  la  personne  de  Loys  Ghienin.  —  Exécuté  le  même 
jour,  après-midi,  sur  un  échafaud  au  grand  marché. 

Le  10  septembre  Ibll  ^  Jehan  Thiébault ,  manouvrier  , 
fils  de  Melchior,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant 
qu'il  soit  mort,  pour  grand  nombre  de  vols  par  lui  commis 
à  l'aide  d'escalade  et  par  effraction  ,  notamment  plusieurs 
chez  un  nommé  Jehan  de  le  Rue  ,  demeurant  à  Baisieu  , 
son  parent.  —  Exécuté  le  même  jour,  après-midi,  à  la  jus- 
tice Icz-Havinnes. 

Le  ôO septembre  \o\7,  Guillaume  i^rres^we/, brasseur,  dit 
le  Picart  ramonnier  ou  Ghuighcrlot,  natif  de  Morantwault , 
lez-Compiègne,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant 
qu'il  soit  mort,  pour  grand  nombre  de  vols  par  lui  commis 
de  nuit ,  par  effraction  et  rompture.  —  Exécuté  le  même 
jour,  après-midi,  à  la  justice  hors  la  porte  S'-Martin. 

le  18  novembre  1517  ,  Henry  Barbelen  dit  Goethertc  , 
tapissier,  natif  de  Bruxelles  ,  fils  de  feu  Jehan  ,  qui  s'était 
réfugié  à  Tournai  pour  cause  de  deux  homicides  qu'il  avait 
commis  à  Bruxelles,  est  condamné  à  être  traîne  depuis  les 
pieds  des  montées  de  la  halle  du  conseil  de  cette  ville  jus- 
ques  à  la  halle  des  doyens,  et  de  là  mené  à  la  justice  de  la 


—  363  — 

ville,  pour  y  être  pendu  et  étranglé  tant  que  mort  s'ensuive, 
parce  qu'il  a  été  convaincu  que  l'un  des  deux  homicides 
commis  à  Bruxelles  a  été  perpétré  traîtreusement  et  de  vilain 
fait,  etqu'il  a  été  reconnu  être  l'auteur  de  plusieurs  vols.  — 
Exécuté  le  même  jour,  après-midi,  hors  la  porte  S*-Martin. 

Le  27  mai  1518,  Colart  Delepîache  dit  le  Magre,  reven- 
deur de  boire ,  natif  de  Wazemmes  lez-Lille  et  Haqiiinot 
Katoire  dit  Vcrlye,  fils  de  feu  Jehan,  sont  condamnés  à  être 
pendus  et  étranglés  tant  qu'ils  soient  morts,  pour  avoir  mis 
volontairement  le  feu  à  une  maison,  par  haine  qu'il  portait 
au  propriétaire,  de  manière  que  cette  maison  et  plusieurs 
voisines  furent  entièrement  consumées.  —  Exécutés  le 
même  jour,  après-midi,  à  la  justice  Deleplanque  d'Angy. 

Le^Sjuin,  Cornilk  Swoecks,  machon,  fils  de  Gilles,  natif 
de  Grantmont,  est  condamné  à  avoir  la  tête  tranchée  et  sé- 
parée du  corps,  pour  homicide  commis  sur  la  personne  de 
Haquinot  Lesur.  Swoecks  était  réfugié  à  Tournai  pour  un 
autre  homicide  qu'il  avait  commis  à  Hardoye  lez-Courtrai. — 
Exécuté  le  même  jour,  après-midi ,  sur  un  échafaud  au 
grand  marché. 

Le  21  octohreiMS,  un  nommé Bastien Hermez,  cuisinier, 
natif  de  Marchiennes,  s'étant,  par  désespoir,  pendu  en  une 
maison  de  la  rue  Dame  Odile  Aletacque,  les  prévôts  et  jurés 
font  transporter  son  cadavre  aux  champs  près  de  la  justice 
d'IIavinnes  et  là  le  font  lier  à  une  fourche  plantée  en  terre. 

Ze23  mai  1519,  Jehan  Delepierre,  wagnier,  demeurant 
aux  froides  parois  (1),  natif  de  Bruxelles,  fils  de  feu  Piètre, 


(\J  Froides  parois,  hôpital  des  lépreux  situé  au  faubourg  du  Châ- 
teau, aujourd'hui  le  cabaret  enseigné  le  Crampon, 


—  364  — 

ayant  par  haine,  à  cause  d'une  femme  qu'ils  fréquentaient 
tous  deux,  frappé  d'un  couteau  Piètre  Delepierre,  son  cou- 
sin sous-germain,  de  laquelle  blessure  il  était  mort,  est 
condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort.  — 
Exécuté  le  même  jour,  après-midi,  à  la  justice  de  le  planque 
d'Angy. 

Le  28  mars  1519,  avant  Pâques,  Jehan  Pisson  dit  Petit 
Jan,  peigneur  de  sayclte,  natif  de  Roucourt  lez-Péronne, 
fils  de  feu  Jehan,  est  condamné  à  avoir  la  tète  tranchée  et 
séparée  du  corps,  pour  avoir  commis  homicide  sur  la  per- 
sonne de  Jehan  Fauvarque. —  Exécuté  le  même  jour,  après- 
midi,  sur  un  hourt  au  grand  marché. 

Le  8  mars  1520  (1S21,  n.  st.),  Vaspasieii  de  le  Slarlière, 
corbilleur,  natif  de  Saulsoit  lez-Haspre,  est  condamné  à 
être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort,  pour  grand 
nombre  de  vols  commis  de  nuit,  tant  par  rompture  de 
maisons  qu'autrement,  en  menaçant  de  mort.  —  Exécuté 
le  même  jour,  après-midi,  à  la  justice  hors  la  porte  S'-Mar- 
tin,  au  lieu  nommé  le  happart,  à  la  haulte  flesche. 

Le  18  septembre  1521,  Haquin  Wantier,  bouvier,  fils  de 
feu  Jehan,  natif  de  Gibecq  lez-Ghilenghien  en  Hainaut,  est 
condamné  à  être  attaché  à  une  estacquc  et  y  être  ars,  brûlé 
et  consumé  en  cendres  tant  qu'il  soit  mort,  pour  crime  de 
sodomie.  —  Exécuté  le  même  jour,  après-midi,  aux  prés 
porchins,  hors  la  porte  S'«-Fontaine. 

Le  7  mai  1 524,  Piérart  Dufief,  sayeteur,  natif  et  demeu- 
rant en  la  ville  de  Lille,  est  condamné  à  avoir  la  tête  tran- 
chée sur  un  hourt  au  grand  marché  de  Tournai,  pour  avoir 
tué  sa  femme,  nommée  Catherine  Willant,  dont  il  était  se- 


—  365  — 

paré  depuis  sept  ans  et  qu'il  avait  épousée  il  y  a  treize  ans. 
Ce  meurtre  a  été  commis  hors  la  porte  S*«-Fontaine.  — 
Exécuté  le  même  jour,  après-midi. 

Ze  4  avril  1524  (1S25,  n.  st.)  —  Pierre  de  Qtiarmont, 
wantier,  natif  de  Renty  en  Artois;  Henry  de  Lesduse,  dit 
Hennequin,  navieur,  natif  de  le  Gorghc  lez-Lille;  Quintin 
de  Larbre  dit  Malfoutant,  manouvrier,  natif  de  Noefville 
Saint-Vaast  lez-Arras;  Haquinol  Bertran,  natif  de  Flincs 
lez-Douai  ;  Eslienne  Bourlet  dit  le  Bcude  ,  retordeur  de 
sayette,  natif  de  Buvry  lez-Orcliies  et  Colart  La  ffineu)^  dit 
le  Camus ,  sont  condamnés  à  être  pendus  et  étrangles  tant 
qu'ils  soient  morts,  pour  grand  nombre  de  vols  commis  de 
nuit,  tant  dans  les  églises  qu'autrement.  —  Exécutés  le 
même  jour,  après-midi,  hors  la  porte  S*-Martin. 

Le  7  septembre  1525,  Benoît  Churle  dit  le  Curet,  natif  de 
Montrœil,  au  pays  de  Bresse,  à  5  lieues  de  Lyon,  est  con- 
damné à  avoir  la  tête  tranchée  et  séparée  du  corps,  pour 
avoir  mis  en  cours,  par  grand  nombre  de  fois,  en  compli- 
cité de  sa  ferarae^  différentes  pièces  de  fausse  monnaie, 
entr'autres  des  patars  blanchis.  —  Exécuté  le  même  jour, 
après-midi,  sur  un  hourt  au  grand  marché. 

LeSiMors  1525  (1520,  n.  st.)  Mkhiel  Falourdel,  natif  de 
Rouen,  fds  de  Nicolas,  est  condamné  à  avoir  la  tète  tran- 
chée et  séparée  du  corps,  pour  homicide  commis  sur  la 
personne  de  Jehan  Dupont. —  Exécuté  le  même  jour,  après- 
midi,  sur  un  hourt  au  grand  marché. 

Le  27  mai  1528,  Qiienot  Ctiquelier,  laboureur,  natif  de 
Kain,  fils  bâtard  de  Cornilles,  est  condamné  à  être  pendu  et 

46 


—  3C6  — 

étranglé  tant  qu'il  soit  mort,  pour  violence  faite  sur  une 
fille  et  pour  avoir  commis  plusieurs  vols  de  nuit  et  par 
effraction  ,  chez  son  père  et  chez  sa  tante. 

Le  même  jour,  Pierre  Barbier,  dit  Lcclerc,  fils  de  feu 
Jacques,  maçon ,  natif  de  Louvegnies  près  de  Bavai  en  Hai- 
naut,  est  aussi  condamné  à  être  pendu  et  étrangle,  pour 
grand  nombre  de  vols  commis  de  nuit  et  par  effraction.  — 
Exécutés  ledit  jour,  après-midi,  à  la  basse  justice  hors  la 
porte  S*-Martin. 

»  Veu  le  teneur  et  contenu  de  le  sentence,  le  jourd'hui 

:>  pronunchée  à  la  court  espiritueîle  de  ceste  ville  et  cité  de 

>  Tournav,  par  les  oflîcicrs  de  Révérend  père  en  Dieu  Mons^ 

»  l'évcsque  de  ceste  dite  ville  et  cité  et  les  inquisiteurs  de 

»  nostre  foy  calholicque,  déléguiez  par  nostre  saint  Père  le 

«  Pape,  à  rencontre  de  frère  Henri  de  Westphalia  alias 

»  Henricy,  prebtre ,  natif  de  Cîeves,  par  cydevant  de  l'or- 

»  dre  de  mons'"  Saint-Augustin  et  de  la  religion  de  sainte 

■»  Croix  et  depuis  maryé,  de  longtemps  détenu  prisonnier 

)»  en  iceilc  court  espiritueîle,  et  comment,  par  ladite  sen- 

))  tence,  il  est  déclaré  héréticque,  scimaticquc  et  apostat  et 

»  comme  tel  il  a  esté  mis  sur  ung  hourt  ou  grand  marchié  de 

»  ceste  ville,  devant  Ichallcdcs  draps,  où  il  a  estépreschié 

»  et  dégradé  de  son  honneur  sacerdotal  et  de  tout  ordre  ec- 

»  clésiasticque  et  clérical,  commeil  appartient,  etledélaissié 

)>  es  mains  de  la  justice  laye  pour  en  faire  ce  qu'il  appar- 

»  tiendra.  Et  ce  fait,  nous  bailly,  lieutenant  général,  con- 

«  seillers  et  officiers  de  l'empereur  nostre  sire  es  bailliages 

)i  de  Tournay  et  Tournésiz,  et  nous  prévostz,  jurez  et  con- 

»  seil  de  ladite  ville,  par  traitlié  et  accord  entre  nous  fait 

»  ensemble,  pour  le  cas  présent  seulement  et  sans  préjudice 

«  d'aucunes   des   dites  parties  ne  de  leurs  jurisdictions, 


—  5G7  — 

»  avons,  par  main  commune,  fait  saisir  ledit  frère  Henry  de 

1»  Wcsiphalia,  le  fait  amener  par  devant  nous  et  lui  déclaré 

»  que,  veu  qu'il  est  pronunchié  licréticquect  comme  tel  il  a 

i>  esté  cschaffauldé,  preschié  et  dégradé,  qu'il  est  encourru 

»  en  la  peine  de  mort.  Parquoy  avons  ordonné  qu'il  sera  mis 

)»  sur  une  carrelle,  mené  aux  prez  porcliins  au  dehors   de 

j)  le  porte  Sainte-Fontaine  de  cesle  dicte  ville,  où  il   sera 

»  loyé  h  une  cstacque  et  illecq  ars   et  bruîé  tant  qu'il  soit 

»  mort  et  consummé  en  cendres  et  tous  ses  biens  avoir  esté 

)i  confisquiez.  Et  sera  ladite  sentence  mise  à  exécution  le 

»  jourd'huy,  à  deux  heures  de  l'après-disner,  au  lieu  dessus- 

'•  dit.  Laquelle  sentence  fut  passée  par  lesdits  officiers  de 

i>  l'empereur  nostre   sire  et   lesdils  prévostz   et  jurez  en 

1»  asscns,  lelundyxuj*^  jour  de  jullet  Tan  mil  cincq  cens 

i>  vingt-huit.  Et  prestement,  par   leur  ordonnance,  ladite 

»  sentence  fut  publyée  aux  bretesques  de  ladite  ville,  en  le 

»  dénunchant  au  peuple  d'icelle  ville.  Et  ce  fait,  ledit  jour 

;>  dcl  après  diiner,  lesdis  prévostz  et  jurez,  es  présences  des 

»  dis  officiers  de  l'empereur,  firent  mener  ledit  frère  Henry, 

)»  en  leurs  présences,  audit  lieu  des  prez  porchins,  où  ladite 

1)  ordonnance   et  sentence  fut   mise  à  exécution  selon  sa 

)»  forme  et  teneur.   Lequel  frère  Henry,    pour  advertissc- 

»  ments,  pryères  et  requestes  qui  lui  furent  faicles  jusquos 

»  à  son  derrenier  supplice  par  pluiseurs  seigneurs  d'église, 

»  tant  de  l'ordre  mendiant  que  autres,  ne  se  volt  confesser 

a  ne  messes  requérir,  mais  demoura  en  son  erreur,  sy  qu'il 

)i  pooit  apparroir  par  ses  parolles  et  maintieng.  Et  ce  fait, 

)>  toutes  les  cendres  venans  de  tout  son  corps  furent  portez 

»  et  jetiez  en  la  rivière  d'Escault.  » 

Le  7  odobre  \l)'-2S,  Pierchon  de  Raincheval  OAt  Larme, 
monnier,  filsde  Claude,  natif  de  Sailly  près  de  Cambrai,  est 
condamné  h  être  pendu   et  étranglé  tant  qu'il  soit  mort, 


—  368  — 

pour  grand  nombre  de  vols  commis  de  nuit  et  par  effrac- 
tion, avec  menaces  de  mort.  —  Exécuté  le  même  jour, 
après-midi,  à  la  justice  hors  la  porte  S'-Martin. 

Le  io  octobre  1328,  Haquinot  Bouchard,  manouvriev, 
dit  noire  bende,  natif  de  Bouvignies  lez-Orchies,  fils  de 
Pasquier,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  qu'il 
soit  mort,  pour  grand  nombre  de  vols  par  lui  commis  avec 
menaces  de  mort.  —  Exécuté  le  même  jour,  après-midi,  à 
la  justice  lez-Havines. 

(Les  registres  ne  mentionnent  aucune  condamnation  de 
1528  à  1541.) 

Le  11  mai  1541,  Michel  Mallel  dit  Noël,  alias  Laveugle, 
merchier,  demeurant  à  Boyaval  lez-Perué,  et  Jehan  de  Fluy, 
aussi  merchier,  natif  du  Bacq  à  Dours  lez-Amiens  ,  sont 
condamnés  à  être  pendus  et  étranglés  tant  qu'ils  soient 
morts,  pour  grand  nombre  de  vols  commis  de  nuit  et  de 
jour,  par  escalade  et  effraction.  —  Exécutés  le  môme  jour, 
après-midi,  à  la  justice  d'Havines. 

Le  18  moi  1541,  Gillechon  Dubon  dit  Menytalle,  fils  de 
feu  Pierre,  natif  de  S'-Fiacre  en  Brye,  est  condamné  à  être 
pendu  et  étranglé  tant  que  la  mort  s'ensuive,  pour  rupture 
d'un  ban  de  tous  jours.  —  Exécuté  le  même  jour,  à  la  jus- 
tice du  Happart  hors  la  porte  S*-Martin. 

Le  16  juillet  1541,  Jehan  Desprez  dit  Hacquelet,  haute- 
lisseur,  natif  de  Péruwelz  (Hainaut),  est  condamné  à  avoir 
la  tête  tranchée,  pour  hérésie,  notamment  pour  avoir  dit 
«t  que  ce  n'estoit  riens  de  la  messe  et  que  ce  n'estoit  que 
»  habusion  et  que  Dieu  ne  l'avoit  ordonné,  ains  que  les 
>  prebtres  les  avoient  ordonné  pour  avoir  argent,  qu'on 


—  3G9  — 

'«  ne  faisoit  gucres  de  bien  de  aller  à  la  messe  et  qu'il  valloit 
i>  autant  de  aller  aux  champs  contre  une  hayc  prycr  Dieu 
»  que  de  aller  à  la  messe,  et  (jue  quand  le  prebtrc  célébroit 
»  la  messe  que  ce  n'estoit  que  ung  peu  de  patte  en  ses 
»  mains.  »  Il  avait  aussi  dit  «  qu'il  n'estoit  point  de  pur- 
»  gatoirc  et  que  l'âme  estoit  tout  en  ung  cop  saulvée  ou 
)»  dampncc,  que  quand  on  scrvoit  les  saincts,  que  Dieu  en 
)»  estoit  jaloux  et  qu'il  valloit  autant  de  demourcr  en  sa 
»  maison  que  de  faire  des  pelrinaigcs;  que  ce  n'estoit  riens 
»  de  l'eauwe  bénite,  non  plus  que  de  bouter  son  doy  en  une 
D  quesne.  n  —  Exécuté  le  même  jour,  sur  un  échaffaud  au 
t  grand  marché. 

Le  IS  septembre  1341,  Edouard  Carro7i  dit  cauchonnette, 
natif  de  S'-Omer,  fils  de  Jehan,  vendeur  de  fruits,  demeu- 
rant à  Warneton,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé 
tant  que  mort  s'ensuive,  pour  grand  nombre  de  vols 
commis  avec  circonstances  aggravantes.  —  Exécuté  le 
même  jour,  à  la  justice  de  le  planque  d'Angy. 

Le  17  octobre  l^ii ,  Grégoire  Vienne  dit  GhoUc,  fils  de 
feu  Willot  dit  le  mauvais  carlier,  natif  de  Roncq,  est  con- 
damné à  être  pendu  et  étranglé  au  gibet  d'Havines,  tant  que 
mort  s'ensuive,  pour  les  mêmes  motifs  que  le  précédent. 

Le  18  novembre  1341,  Simon  Delebarre  dit  le  Roux,  fils 
d'Antoine,  est  condamné  à  avoir  la  tête  tranchée  sur  un 
échafaud  au  grand  marché,  pour  viol  et  larcins.  —  Exé- 
cuté le  même  jour. 

Le  8  mars  1541  avant  Pâques  (15i2,  n.  st.).  —  Jehan 
Duques7ie,  sayeteur,  fils  de  feu  Philippart,  natif  de  Tour- 
nai, est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  à  la  justice  du 


—  370  — 

happart,  tant  que  mort  s'ensuive,  pour  grand  nombre  de 
vols  par  lui  commis.  —  Exécuté  ledit  jour. 

Le  9  mars  1341  (loi2,  n.  si.)  —  Jacques  3Iouchon,  ta- 
vernier  de  Keute  et  cordewanier,  convaincu  du  crime  de 
sodomie,  «  est  condamné  à  être  mis  et  attaché  à  une  estac- 
I»  que  et  illec  bruslé  et  consumraé  en  cendres  aux  prêts 
j>  porchains,  et  ses  biens  déclarés  confisqués  »  —  Exécuté 
ledit  jour. 

Le  \d  mars  1541  (lo42,  n.  st.)  —  Magdelaine  de  Rocque, 
femme  de  Jacques  Ducroq,  bonnetier,  est  condamnée  à 
être  pendue  et  étranglée  par  la  gorge  tant  que  mort  s'en- 
suive, pour  avoir  commis  grand  nombre  de  vols.  Elle  avait 
précédemment  été  fustigée  â  Lille,  ensuite  à  Armentières, 
puis  l'oreille  dexlre  coupée.  —  Exécutée  le  même  jour,  à  la 
justice  du  happart. 

Ze  14  juin  1342,  Dominique  le  Gillon,  peigneur  de 
sayctte,  natif  de  Magnuy  lez  S'-Pol,  est  condamné  à  avoir  la 
tête  tranchée  sur  un  échafaud  au  grand  marché  de  la  ville, 
et  ensuite  sa  tête  mise  sur  une  estacque  à  la  justice  du  hap- 
part, pour  II  avoir  erré  cl  habusé  en  la  sainte  foy  catho- 
«  lique,  ensemble  contre  les  constitutions  de  l'église  en 
M  communiquant,  a  dit  et  déclaré  publiquement,  présent 
»  plusieurs,  que  la  messe  n'estoit  riens  et  que  la  saincte 
»  hostie  sacrée  que  tient  le  prebtrc  entre  ses  mains  après 
»  la  parlation  des  mots  sacramcntez,  n'estoit  qu'une  pièchc 
1»  de  pain  ou  riens  ;  aussy  auroil  proféré  aultres  parolles 
»  contre  l'intègreté  et  pureté  de  la  bcnoitc  vierge  Marie  et 
»  contre  les  saincts  et  sainctes  de  paradis,  en  blasphémant 
»  énormément  contre  l'honneur  et  révérence  d'iceulx,  et  aul- 
»  très  cas  plus  ou  moins  contenus  en  son  procès  criminel. n 


—  371   — 

Le  22  novembre  1542,  Marguerite  Noël,  fcmmo  de  Henri 
Rcgnart,  est  condamnée  à  être  attachée  à  une  estacquc  et 
par  après  arse  par  feu,  auprès  de  la  justice  du  happart,  pour 
avoir  empoisonné  Aliénor  Regnart,  sa  belIc-sœur.  —  Exé- 
cutée ledit  jour  après-midi. 

Le  50  mars  loiô,  Colin  Lepoitlre  dit  le  filz  de  le  cler- 
gcssc,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  tant  que  mort 
s'ensuive,  pour  rupture  de  ban  accompagnée  de  plusieurs 
vols.  —  Exécuté  le  même  jour,  à  la  justice  d'Havines. 

Le  5  décembre  1545,  Jacques  Delehaye,  hautelisseur, 
natif  de  Mous  en  Barroy  Icz-Lille,  dit  le  dent  de  Lille,  et 
Guillaume  Walivois,  escrigner,  natif  de  Haspre,  sont  con- 
damnés à  avoir  la  tête  tranchée  sur  un  échafaud  au  grand 
marché,  pour  rapt  et  violence  commise  sur  une  jeune  fille. 
—  Exécutés  le  même  jour. 

Le  3  avril  l'J45  avant  Pâques  (11)44,  n,  st.)  —  Pierre  de 
Lanoj,  manouvrier  et  berger,  natif  de  Ilabar  lez-Arras,  est 
condamne  à  être  pendu  et  étranglé  à  la  justice  d'Havines, 
pour  avoir  commis  grand  nombre  de  vols.  (  On  voit 
qu'avant  sa  condamnation  et  durant  son  emprisonnement,  il 
a  tenté  deux  fois  de  se  donner  la  mort  par  strangulation, 
mais  la  première  fois,  le  poids  de  son  corps  fit  casser  le 
loxjen  d'estrain  qu^il  avoit  misàson  haterel,  et  la  seconde  fois, 
il  en  fut  empêché  par  un  compagnon  de  captivité.  )  — 
Exécuté  le  même  jour. 

Le  \0  du  même  mois,  Martin  Lyon,  sayeteur,  natif  de 
Hesdin,  et  Jehan  du  Maisny,  aussi  sayelcur,  natif  de  Mons, 
sont  condamnés  à  être  pendus  et  étranglés  à  une  potence 


—  372  — 

sur  les  folais,  pour   divers  vols,    vagabondage,  blasphè- 
mes, etc.  —  Exécutés  le  même  jour. 

Le  15  septembre  1S44,  Philippe  Hermès,  hautclisseur, 
fds  de  feu  Josué,  est  condamné  à  avoir  la  tète  tranchée  et 
séparée  du  corps,  sur  un  échafaud,  au  grandmarché,  pour 
rupture  d'un  ban  de  toujours  auquel  il  avait  été  condamné 
pour  avoir  commis  un  meurtre  sur  la  personne  de  Nicolas 
Picquoy.  —  Exécuté  le  même  jour. 

Le  oO  janvier  1544  (1345,  n.  st.)  Arnoult  Estalluffret  dit 
Myoche,  hautclisseur,  est  condamné  à  être  brûlé  et  consumé 
en  cendres  sur  le  grand  marché  de  la  ville,  pour  hérésie  et 
avoir  «  soustenu  en  sa  maison  conventicuUcs,  en  y  souflfrant 
ï  preschier  certain  personnaige,  à  présent  prisonnier,  cstanj 
j>  de  la  secte  héréticque  et  réprouvée,  en  ayant  par  plui- 
51  sieurs  fois  oys  ses  prédications  et  exhortations  en  plui- 
n  seurs  lieux  de  ladite  vilîe,  et  d'un  maulvais  et  héréticqne 
)t  coraige  et  demeurant  pertinach  en  icclluy,  erré  et  habusé 
))  contre  le  S*  Sacrement  de  l'hostcl,  ayant  soustenu  exé- 
5»  érables,  détestables,  erronnées  et  faulses  proppositions, 
»  aussy  en  la  S'«  foy  calholicque,  ensemble  contre  les  cons- 
»  lilutions  et  commandemens  de  nostrc  mère  S'"  église  et 
î)  la  puissance  d'icelle,  etc.  »  —  Exécuté  le  même  jour  après- 
midi. 

Le  dO  ja7îvîer  1544  (1545,  n.  st.)  —  Jehan  de  Bargihant, 
hautclisseur,  est  condamne  à  être  exécuté  par  l'épée  tant 
que  mort  s'ensuive,  sur  le  grand  marché  de  la  ville,  et  ses 
biens  déclarés  confisqués,  pour  hérésie.  —  Exécuté  le  même 
jour,  après-midi. 

leô  jmivier  1544  (1445,  ??.  st.)  —  Roland  de  Grimau- 


—  375  — 

ponty  sayctcur,  est  condamné  à  être  exécuté  par  l'épée,  en  lui 
séparant  la  tête  du  corps,  sur  le  grand  marché  de  la  ville, 
également  pour  hérésie.  —Exécuté  le  même  jour,  après-midi. 

Le  19  /euncr  1544  (1545,  7».  st.] —  Pierre  Bruslay^  natif 
deMarsil-Haul-Terre,  commune  à  six  lieues  de  Luxembourg, 
naguères  demeurant  à  Strasbourg  ,  marié  pour  la  seconde 
fois,  est  condamné  à  «  estre  atachié  à  une  estacque  sur  le 
»  grand  marchié  et  illecq  estre  bruslé  et  consummé  en 
»  cendres,  pour  estre  venu,  de  propos  délibéré,  de  ladite 
■  ville  de  Strasbourg  es  pays  de  par  decha,  à  intention  de 
»  suborner  et  séduire  les  bons,  povres  et  simples  chres- 
»  tiens,  à  perverse  doctrine,  et  sievant  ce  auroit  preschié, 
»  traictié  et  disputlé  de  ses  mauldites  et  perverses  doctrines 
)>  et  réprouvées,  tant  en  pluiseurs  maisons  de  ceste  dite  ville 
»  et  cité  que  es  villes  de  Lille,  Valenchiennes  et  ailleurs,  et 
»  d'un  mauvaix  et  hérétique  coraige  et  demorant  pertinach 
n  en  icelluy,  erré  et  habusé  contre  le  S'  Sacrement  de  l'au- 
»  tel  et  de  la  messe,  ayant  aussy  soustenu  exécrables,  détes- 
»  tables,  erronnécs  etfaulses  proppositions,  etc. —  Exécuté 
le  même  jour,  après-midi,  sur  un  hourt. 

Le  23  février  même  année,  Jacques  Deletombe,  coustu- 
rier,  natif  de  Roubaix,  est  condamné  à  être  exécuté  par 
l'épée,  en  lui  séparant  la  tête  du  corps,  sur  le  grand  marché 
de  la  ville,  pour  avoir  tenu  chez  lui  certaine  assemblée  de 
gens  qui  y  venaient  entendre  les  prédications  de  certain 
personnage  de  la  secte  hérétique.  —  Exécuté  le  même  jour, 
après-midi. 

Le  même  jour,  Marie  Delepierre,  femme  dudit  Jacques 
Deletombe,  est  condamnée  à  être  exécutée  par  la  fosse  tant 
que  mort  s'en  ensuive,  sur  le  grand  marché  de  la  ville,  pour 
le  même  cas.  —  Exéculcc  le  même  jour,  après-midi. 

47 


—  374  — 

le  25  mars  1544  (1545,  n.  st.)  —  Jehan  Martin,  fiis  de 
Tassart,  bonnetier,  demeurant  en  la  rue  de  Paris,  ayant  été 
trouvé  pendu  dans  son  grenier,  les  prévôts  et  jurés  délais- 
sent le  corps  du  défunt  es  mains  de  son  père  pour  le  mettre 
en  terre  sainte,  attendu  qu'il  a  été  reconnu  que  ledit  Jehan 
Martin  était  insensé  et  débile  d'entendement. 

Le  7  avril  1543  aroMÏ  Pâques  (lo4G,  n.  si.)  —  Simon 
Bryet,  natif  de  S'-Ghislain,  tondeur  de  grand  forches  et 
Philippo  Desmaistres,  aussi  tondeur  de  grand  forches, 
ayant  été  trouvés  morts  sur  le  pouvoir  de  la  cité,  les  pré- 
vôts et  jurés  déclarent  les  biens  des  défunts  conCsqués  au 
profit  de  la  ville,  attendu  qu'il  a  été  constaté  qu'après  une 
dispute,  ils  s'étaient  frappés  de  leurs  couteaux  de  telle  sorte 
qu'ils  seraient  morts  sur  le  champ,  sans  pouvoir  être  conju- 
jurés  par  loi. 

Le  oO juin  \  546,  Quintin  Fleurait  le flameng, alias  Lollin, 
nalif  de  Chielle  en  Ilaynaut,  est  condamné  à  être  pendu  et 
étranglé  à  la  justice  de  le  planque  d'Angy,  pour  divers  vols 
commis  avec  circonstances  aggravantes.  —  Exécuté  le 
même  jour,  après-midi. 

Le  ^i  décembre  1546,  Quintin  Thièry,  natif  d'Ath,  est 
condamné  «  à  estrc  atachié  à  une  estaque  sur  ung  hourt , 
»  sur  le  grand  marchié  de  la  ville  et  illecq  estre  bruslé  et 
»  consummé  en  cendres,  pour  hérésie,  n  —  Exécuté  ledit 
jour,  après-midi. 

Le  niêmejour^  Jehan  Lecomte,  sayelcur ,  natif  d'Arras, 
est  condamné  à  être  exécuté  par  l'cpée  en  lui  séparant  la 
tète  du  corps,  aussi  pour  hérésie.   —  Exécuté  ledit  jour, 
après-midi. 


—  d7l)  — 

Le  8  janvier  1546  (1547,  n.  si.)  —  Jacques  Delemotlc, 
dit  Pottcau,  hautclisscur,  natif  de  Tournai,  est  condamné  à 
avoir  la  tête  tranchée  sur  un  échafaud,  pour  hérésie.  — 
Exécuté  le  même  jour,  après-midi. 

Le  i9 janvier  1546  (1547,  n.  si.).  —  Jehan  Hughot,  cor- 
dewanier,  natif  d'Arras,  est  condamné  à  être  exécuté  par 
l'épée  en  lui  séparant  la  tctc  du  corps,  aussi  pour  hérésie. 
—  Exécuté  ledit  jour,  après-midi. 

Le  mêinejour^  même  condamnation  à  charge  de  Nicolas 
Scrabe  dit  Magret,  escrignier,  natif  de  Tournai. 

Le  IG  septembre  1547,  Gèromme  Donnel,  bonnetier,  fils 
de  feu  Libcrt,  est  condamné  à  être  étranglé  et  bruslé  à  une 
estacque  sur  le  grand  marché,  pour  avoir  empoisonné  sa 
première  femme  et  tenté  d'empoisonner  sa  femme  ac- 
tuelle. —  Exécuté  le  même  jour,  après-midi. 

Le  25  avril  1548,  Cornille  Delerue,  corbilleur,  dit  le  Roy 
des  fussys,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  à  la 
justice  du  happart  hors  la  porte  S*-Martin,  pour  grand 
nombre  de  vols.  Il  avait  précédemment  eu  la  langue  percée 
d'un  fer  chaud,  pour  jurements  exécrables,  et  condamné  à 
un  bannissement  de  dix  ans.  —  Exécuté  le  même  jour, 
après-midi. 

Le  2\  juin  IMS,  Jacques  Desplancques,  filletier,  natif 
de  Melle  en  Ilainaut  et  Jennin  dele  Caulchie,  sayeteur, 
natif  d'.\miens,  sont  condamnés  à  être  pendus  et  étranglés 
à  une  potence  aux  folais  et  leurs  biens  déclarés  confisqués, 
pour  divers  crimes  et  larcins  commis  de  jour  et  de  nuit.  — 
Exécutés  le  même  jour,  après-midi. 


—  376   — 

Le  19  Septembre  IbiS,  Drixet  Daigremont,  sayeteur,  natif 
de  Melle,  est  condamné  à  avoir  la  tête  tranchée  et  séparée 
du  corps  sur  un  échafaud,  pour  meurtre  commis  en  la  per- 
sonne de  Jehan  Dubois,  sergent  bâtonnier.  —  Exécuté  le 
même  jour,  après-midi. 

Le  9  janvier  lSi8  (1S49,  n.  st.)  —  Jehan  de  Courchelles 
dit  Darras,  natif  d'Arras,  est  condamné  à  avoir  la  tête 
tranchée  sur  un  échafaud,  pour  viol  et  pour  divers  larcins. 
—  Exécuté  le  même  jour,  après-midi,  sur  le  grand  marché. 

Le  2S  j  Min  1549,  Jacques  Robette,  hautelisseur,  fils  de 
Jacques,  âgé  d'environ  20  ans,  s'étant  pendu  dans  le  gre- 
nier de  la  maison  de  son  père,  les  prévôts  et  jurés  font 
transporter  son  cadavre  aux  champs,  auprès  de  la  justice  de 
le  planque  d'Angy  et  là  le  font  lier  à  une  fourche  plantée 
en  terre. 

Le  50  sept.  1549,  Hubert  Désirée  dit  l'enffant  de  le 
grange,  alias  Jehan  Ponchain,  natif  de  Seclin,  est  condamné 
à  avoir  la  tête  tranchée  et  séparée  du  corps  sur  un  écha- 
faud au  grand  marché,  pour  rupture  d'un  ban  de  tousjours 
auquel  il  avait  été  condamné  le  24  août  1 547,  pour  homi- 
cide. —  Exécuté  le  même  jour,  après-midi. 

Le  ^6  octobre  1549,  Michiel  Destoubequin,  couturier, 
natif  de  Froyasne  lez-Tournai,  est  condamné  à  être  brûlé 
vif  et  consumé  en  cendres  sur  un  échafaud  au  grand  mar- 
ché, pour  hérésie  et  pour  avoir  écrit  plusieurs  livres  dé- 
fendus qui  ont  été  saisis  dans  sa  chambre.  —  Exécuté  le 
même  jour,  après-midi. 

Le  17  mars  1549  (1550,  n.  st.)  —  Petit  Jehan  Cocquel 
le  josne,  foulon  de  bonnets,  natif  de  Lille,  est  condamné  à 


—  377  — 

avoir  la  tèle  tranchée  et  séparée  du  corps  sur  un  éehafaud 
au  grand  marché  de  la  ville,  pour  rupture  d'un  ban  de 
tousjours  auquel  il  avait  été  condamné  le  7  mars  1546 
(1547  n.  st.),  pour  homicide  commis  sur  la  personne  d'An- 
drien  de  Buyre,  cordewanier.  —  Exécuté  le  même  jour, 
après-midi. 

Le  \i  septembre  \M0,  Janin  Lelong  dit  le  Roux,  bou- 
lengier,  natif  de  Henny  le  Bassée,  est  condamné  à  avoir  la 
tète  tranchée  et  séparée  du  corps,  pour  plusieurs  vols  et  un 
homicide  commis  sur  la  personne  d'un  nommé  David  de 
Lcscluse.  —  Exécuté  le  même  jour,  après-midi. 

Ze  19  août  1531,  Jehan  Brebart,  pigneur  de  sayette, 
natif  de  Ilerquisics,  est  condamné  à  avoir  la  tête  tranchée 
et  séparée  du  corps,  pour  homicide  sur  Thomas  de  Villers 
dit  le  fluicquent.  —  Exécuté  le  même  jour ,  après-midi. 

Le  7  octobre  1!)51,  Artus  Dridckart,  faiseur  de  harnas  à 
prendre  poissons,  natif  d'Âbbeville,  est  condamné  à  être 
pendu  et  étranglé  à  une  potence  sur  le  marché  de  la  ville, 
comme  destrousseur  de  grands  chemins.  —  Exécuté  ledit 
jour,  après-midi. 

Le  iO  octobre  1551,  Thonin  Bosqueaii,  cousturicr,  natif 
de  Mons,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  à  une 
potence  sur  le  marché  de  la  ville,  pour  plusieurs  vols  dont 
quelques-uns  commis  dans  les  églises.  —  Exécuté  le  même 
jour,  après-midi. 

Ze  22  juin!  552,  Godefroy  de  Hamal,  faiseur  de  lames 
de  tisserans,  natif  de  Nivelles  en  Brabant,  ayant  été  décla- 
ré hérétique  par  sentence  des  officiers  de  1  cvêquc  et  des 


—  578  — 

inquisiteurs  de  la  foi  catholique  délégués  par  notre  saint 
Père  le  Pape,  les  prévôts  et  jurés  et  les  officiers  du  bailliage 
le  condamnent  à  être  lié  à  une  estacque  sur  le  grand  mar- 
ché de  la  ville,  etillec  ars  et  bruslé  vif  tant  qu'il  soit  mort 
et  consume  en  cendres. 

Le  Xô  février  1532  (1535,  n.  st.]  —  Jehan  Lecompte,  fils 
de  Jehan,  hautelisseur,  homme  de  guerre  de  la  garnison 
d'Arras,  est  condamné  à  être  pendu  et  étranglé  à  la  potence 
sur  le  marché  de  la  ville,  pour  avoir  mis  le  feu  à  une  mai- 
son et  commis  plusieurs  vols. 

Le  19  juin  ISod,  Simon  des  Rozières,  laboureur,  est 
condamné  à  avoir  la  tête  tranchée  et  séparée  du  corps  sur 
un  échafaud  au  grand  marché,  pour  rupture  d'un  ban  de 
tousjours  auquel  il  avait  été  condamné  le  18  mars  1531, 
pour  homicide.  —  Exécuté  le  même  jour,  après-midi. 

Le  21  juillet  loSô,  Adam  dele  Moelle,  tisserant  de  draps, 
natif  de  S'-Sauveur  en  Hainaut,  et  Martin  Lepot  dit  dele 
Caulchie,  sayeteur,  natif  de  Valenciennes,  sont  condamnés 
à  être  pendus  et  étranglés  tant  que  mort  s'ensuive,  pour 
divers  crimes  et  larcins. 


TABLE  DES  MATIÈRES 

ET 

DES  PRINCIPAUX  NOMS  CITÉS  DANS  L'OUVRAGE. 


Àbbeville,  ville  de  Picardie,  dépariemcnl  de  la  Somme,  faisait  partie, 

au  15' siècle,  de  l'alliance  dite  ds  la  Hanse,  page  54. 
Administration  communale  de  Tournai,  changée  en  1586,  p.  95. 

Agatqias,  auteur  ancien,  ce  qu'il  nousapprend  desmœurs  des  Francs, 

page  10. 
Allain,  hameau  dans  la  banlieue  et  du  ressort  de  Tournai,  p.  55. 
Aaierin  (Johanel  d')  dit   Yaletf  compagnon  et   complice  de  Jeban 

Gosse,  voleur  de  grand  chemin,  p.  70. 

Amiens,  ville  capitale  de  la  Picardie,  était  dans  la  grande  alliance  de 
la  Hanse,  p.  5i. 

Anstaing  (Piérart  d),  natif  de  Lille,  est  condamné  à  être  décapité 

pour  avoir  conspiré  en  1428  avec  les  ennemis  de  la  ville,  p.  292. 
Antoing  (Jacques  d')  accompagne  Mgr  le  duc  de  Bourgogne,  à  Arras, 

en  1587,  et  il  est  témoin  dans  un  procès  criminel  fait  à  ce  sujet  à 

Tournai,  p.  255. 
Appelhan,  pendeur  à  Tournai,  est  destitué  de  ses  fondions  pour  ses 

démérites,  p.  40. 

Are  ou  Ère  (Henri  d") ,  Prévôt  de  Tournai,  est  envoyé  vers  Jeban 
Canart,  cbanccllicr  du  duc  de  Bourgogne,  pourUii  soumettre  le  cas 
criminel  de  Maigne  Lefebvre  qui  s'était  pendue.  Le  corps  de  cette 
dernière  est  réduit  en  cendres,  p.  255. 

Archives  {les]  de  la  ville,  conservées  au  milieu  de  la  destruction  de 
celles  de  beaucoup  de  localités  pendant  la  révolution  du  18'  siè- 
cle, page  5. 

Arnaclt,  maître  Gilles,  assesseur  à  Tournai,  en  158G,  p.  255. 


—  380  — 

Arras,  ville  capitale  de  l'ancienne  province  d'Artois,  faisait  partie  da 

l'alliance  de  la  Hanse,  p.  34. 
Aisissis  de  Jérusalem,  charte  à  l'usage  des  Croisés  en  1283.  C'est 

une  vaste  compilation  des  lois  et  usages  de  cette  époque  en  France, 

pp.  12-13. 

AcBERMONT  (Thiérv  d'),  juré  de  Tournai,  témoin  au  procès  de  Hanin 
Piélrezenne.  naguère  exécuteur  des  hautes-œuvres,  p.  264. 

ÂDDBNARDE  (Baudcs  d'),  Condamné  à  être  enfoui  tout  vif,  pour  avoir 
assassiné  Jacques  du  Croquet,  à  l'hôtel  du  Ponchel,  p.  142. 

AcDENARDE  (Gillion  d'),  assassiné  à  Tournai  par  Pierre  de  Péthen- 
ghien,  pour  avoir  accuséWillemin  Copin  et  Arnekin  Rogars,  p.  168. 

ÂCDENABDE  (Malhis,  Plat  d')  est  justicié  d'être  traîné  et  pendu,  pour 
vol  et  meurtre,  p.  132. 

Atesnes  (Jean  d'),  tisserand  de  drap,  est  condamné  à  être  enfoui 
tout  vif,  pour  être  rentré  à  Tournai,  après  en  avoir  été  banni  pour 
assassinat  sur  une  sienne  fille  appelée  Piéronelle,  p.  138. 


Sailleul,  ville  de  Flandres,  qui  fît  partie  de  l'alliance  appelée  de  la 
Hanse,  p.  34. 

Bancloque,  cloche  dont  le  linlcment  se  faisait  entendre  pendant  le 
le  supplice  des  malfaiteurs  et  la  lecture  des  condamnations  à  la 
Brelèque,  p.  42. 

Bannières  ,  la  ville  de  Tournai  était  divisée  par  quartiers  qui  avaient 
chacan  sa  bannière  :  en  1424,  il  y  en  avait  36,  p.  14. 

Bannissement  (le)  était  autrefois  une  des  peines  les  plus  ordinaires  à 
Tournai.  Les  criminels,  qui  étant  ajournés,  n'avaient  pas  comparu, 
étaient  bannis  à  toujours.  —  Le  bannissement  à  perpétuité  était 
le  plus  fort  châtiment  après  la  peine  de  mort,  p.  25. 

Bargîbant  (Jehan  de)  est  condamné  à  ôlre  exécuté  par  l'épée  sur  le 
grand  marché  et  ses  biens  confisqués,  pour  avoir  propagé  la  nou- 
velle hérésie,  p.  372. 

Bavât  (le  bâtard  de)  est  incriminé  d'avoir  participé  à  un  assassinat 
page  157. 

BEArsiANoiR  (Philippe  de),  bailli  de  Clermont,  rédige  les  Assisses  de 
Jérusalem,  p,  12, 


—  381   — 

Beatimont  (Pierre  de)  est  assassiné  rue  Tannon,  par  Gille  Bougeiie, 
p.  204. 

Beauvais,  ville  capitale  d'une  petite  province  appelée  le  Beauvaisis, 

était  dans  l'alliance  de  la  Hanse,  p.oi. 
Becquerel  (le)  était  le  principal  quartier  de  Tournai,  où  habitaient 

les  foulons,  qui  plus  d'une  fois  s'ameutèrent.  Grande  effervescence 

en  1453,  pp.  516  et  suiv. 

Bernard  Roland,  fils  bâtard  du  seigneur  Simon  R.  ,esi  pendu  pour 
avoir  battu  et  blessé  plusieurs  personnes,  sans  causes  ni  raisons,  et 
avoir  en  outre  commis  des  larcins,  p.  322, 

Bertocl,  Conrard,  est  mis  à  mort  pour  avoir  violé  la  paix  qu'il  avait 
jurée,  dans  la  main  de  sire  Marc  Villain,  avec  Jehan  Daucby,p.  275, 

Béthomez,  hameau  faisant  partie  du  nouveau  circuit  de  Tournai,  se 
trouvait  dans  la  juridiction  criminelle  du  magistrat  de  la  ville,  p.  33. 

Béthune  (Jacques  de)  et  sa  femme  sont  accusés  par  Calaye  de  Beau- 
vais de  faire  de  la  fausse  monnaie,  p.  63. 

Bbthdne  (Hanequin  de),  accusé  par  le  fils  de  Walier  Délezielles  de 
participer  à  ses  vols,  p.  :172. 

Bierne  (Colas  de)  ,  accusé  par  Gillot  Verbos  d'aller  avec  faux 
visage  au  bois  de  Breuze  pour  dévaliser  les  passants,  p,  64. 

Bieslinghe  (Thomas  de)  fut  condamné,  par  la  justice  de  Tournai,  à 
être  bouilli ,  le  6  avril  1547,  pour  avoir  été  surpris  avec  deux  sacs 
de  fausses  monnaies,  p.  147. 

Btsancourt,  village  de  l'ancienne  banlieue  de  Tournai,  p.  33. 

Blanqhart  (Jehan),  dit  le  clerc  de  Lambersart,  aide  à  la  court  de 
monseigneur  l'Évêquc,  est  assassiné  par  le  nommé  Lottin  son  chi- 
rurgien, pour  un  motif  de  jalousie,  pp.  198  et  suiv. 

Bleharie  (Jaquemart  de)  est  condamné  à  périr  par  le  feu  sans  son 
de  cloche.  Après  avoir  été  longtemps  enfermé  dans  les  prisons 
conrimc  hérétique,  il  meurt  sans  vouloir  abjurer  ses  erreurs,  p.  29î>. 

Blois  (Gossart  de),  sergent  de  la  châtellenie  d'Ath,  est  pendu  pour 
avoir  commis  plusieurs  meurtres;  il  est  en  outre,  convaincud'abus 
d'autorité,  p.  308. 

Bossuit,  un  des  neuf  villages  de  la  seigneurie  de  Mgr  l'Évoque  de 
Tournai,  p.  54. 

48 


—  582  — 

BoccEFORT  (Hanequin  de),  de  Bruxelles,  convaincu  de  vol  à  1  hôlcl  de 

Jcban  de  Hainaut,  est  condamné  à  mort,  p.  245. 
DociLtoN  (Godefroy  de)  accorde  des  lois  au  royaume  de  Jérusalem 

dont  il  est  nommé  roi,  et  qu'on  appelle  Assisses  ou  lois  du  St- 

Sepulcre,  p.  io. 
BouJlhV.  C'était  un  supplice  auquel  on  condamnait  les  criminels  à 

Tournai  comme  ailleurs,  dans  les  temps  anciens,  p.  48. 
Boulogne  (Jehan  de)  est  mis  à  mort  à  Tournai  par  Thiéracle  de  Vies- 

rain,  de  Soubrechies,  qui  fut  condammé  à  mort  pour  ce  fait,  p.  129. 

Boulogne  (Tbomas  de)  aj-ant  été  banni  à  toujours  de  Tournai  rompit 

son  ban,  ce  pourquoi  il  fut  condamné  à  être  pendu,  p.  503. 
Bourgogne  (le  duc  de),  étant  allébArrasen  1587,  eut  une  partie  de  sa 
vaisselle  volée  par  un  nomméSalmestrain  de  Francfort,  pp.  234, 233. 

BocRNEL  (Pierre  de) ,  gouverneur  de  Clermont,  en  1379.  La  Thau- 
massière  lui  dédie  les  Assisses  de  Jérusalem,  p.  12. 

BoussARS  de  Roubaix  fut  bouilli  le  7  janvier  1522,  pour  avoir  émis  de 
la  fausse  monnaie,  p.  C8. 

BocTELiER  (Jehan),  lieutenant  du  gouverneur  de  Tournai,  p.  229.  — 
Il  restitue  h  la  justice  de  la  ville  Gillebins  de  Mouscron  qui  avait 
été  fait  prisonnier  en  la  cour  de  Mortagne,  p.  242. 

Brébart  (Jacques)  est  condamné  à  avoir  la  lêle  séparée  du  corps, 
pour  le  meurtre  qu'il  avait  commis  sur  la  personne  de  David  de 
Lescluse,  p.  577. 

Vreièque,  tribune  extérieure  qui  se  trouvait  au-dessus  de  la  porte  de 
la  halle  des  Consaux,  p.  25. 

Eriffoeul  (Jehan-as-Gambes  de)  est  pendu  pour  homicide  sur  Jehan 
de  Berge,  p.  148. 

Brizetête  (Godefroy)  est  condamné  h  ôtre  pendu,  pour  avoir  enlevé  de 
l'église  N.-D.  oli  il  s'éfait  réfugié  Willem  Maissient  et  l'avoir  assas- 
siné devant  le  jioiUiil,  p.  73. 

Broutin  (Ghishin)  condamné  à  être  t.-alné  sur  la  claie  el  pendu  pour 
avoir  assassiné  Jacquet  Buscaille,  p.  536. 

Brouxelles  (Jehan)  est  condamné  à  mort  pour  machiner  conspiration, 

p.  292. 
Brozet  (ilanio)  est  traîné,  pendu  et  étranglé,  pour  avoir  trahi  sire 

Gilles  Franquc,  p.  226. 


—  383  — 

Bruges,  grande  ville  de  la  Flandre,  faisait  partie  de  la  Hanse,  p-  34. 
BncGEs  (Jehan  de)  est   accusé  par  Gosse  Van  Aeslre  de  plusieurs 

crimes,  p.  196. 
Bruisle,  village  de  la  banlieue  de  Tournai,  il  resBortissait  du  tribunal 

de  Tourna!,  p.  33. 
BacYANT  (Isabelle)  épouse  de  Jehan  de  Cassel,  graveur  de  signet, 

s  elant  jetée  dans  l'Escaut  à  Tournai,  sur  le  refus  de  son  mari  de 

payer  ses  dettes;  son  corps  est  pendu  à  la  justice  de  la  porte  St- 

Marlin,  p.  3iO. 
Brcyelles  (Jacques  de),  écuyer,  est  déclaré  ennemi  et  adversaire  de 

la  ville  de  Tournai,  le  23  mai  1435,  une  publication  faite  aux  bré- 

tèques  promet  400  couronnes  d'or  à  celui  qui  pourra  le  prendre  et 

l'amener  à  la  justice  de  la  ville,  p.  299. 
Bhdyelles  (Jehan  de),  dit  Sans-Terre,  est  mis  à  mort  avec  Piérart 

Malet,  pour  avoir  conspiré,  p.  293- 
Brtasou  Briacq  (Henri  de),  doyen  de  l'église  de  Notre-Dame,  est 

volé  par  son  cuisinisr  Jehan  le  Haere  ;  le  neveu  et  le  palefrenier  du 

doyen  semblent  être  complices  du  voleur,  p.  280. 
BuiMONT  (Jehan  de)  est  condamné  à  être  pendu,  pour  avoir  trompé  au 

jeu,  p.  73. 
BcisANCOURT  (Catherine  de)  est  assassinée  la  10  novembre  1346,  au 

bois  de   Breuze,  par  H.  de  Houdekins  qui  est  pendu  pour  ce  fait, 

p.  145. 
BuRT  (Liévin  de)  commandait  les  archers  de  Tournoi,  dans  des  trou- 
bles qui  eurent  lieu  eu  1382,  p.  213. 


Caîn,  tour  qui  se  voyait  au  pied  du  Mont  St-Auberl,  b  Fiinos,  sur  la 
route  d'A.udenarde,  il  y  avait  près  de  là  une  potence,  p.  46. 

Calate,  le  barbieresse  de  Beauvaisis,  fut  pendue  en  1319,  pour  plu- 
sieurs vols  qu'elle  avoua  avoir  commis,  p,  62. 

Calenne,  village  ressortissant  de  la  justice  de  Tournai,  p.  33.  —  H  y 
avait  une  justice  à  Galonné,  p.  46. 

Galonné  (Bernard  de),  chevalier,  homme  du  roi,  est  cité  en  témoi- 
gnage dans  le  procès  en  condamnation  de  Huars  DeU'porte,  en 
1357.  p.  117. 


—  584  — 

Camdes  (Lotlin)  est  juslicié  (pendu),  pour  avoir  délivré  des  prisons 
son  frère  et  blessé  Lesage.  —  li  dit  de  dures  vérités  aux  magis- 
trats de  Tournai,  p.  71. 

Cambrai,  ville  de  France,  qui  faisait  partie  de  l'alliance  de  la  Hanse, 
page  3-i. 

Camphin  (Guillaume  de),  sergent  du  roi  Philippe  VI,  p.  97. 

Canart  (Jeban),  chancelier  du  duc  de  Bourgogne,  est  consulté  par 
les  Consaiix  au  sujet  d'un  cas  criminel,  p.  233. 

Carnins  (Jehan  de),  doyen  des  Fèvres,  est  arrêté  avec  le  doyen  des 
Foulons  pour  leur  refus  d'obéir  aux  ordres  du  roi;  il  y  eut  une 
émeute  à  Tournai  à  ce  sujet  pour  les  délivrer,  mais  sans  succès,  et 
ils  furent  condamnés  à  avoir  la  tête  tranchée  sur  le  grand  marché, 
le  1"  septembre  14S3,  p.  513  et  suiv. 

Castagne  (Rogeles),  ayant  été  convaincu  d'avoir  volé  les  nonains  de 
l'abbaye  du  Saulchois,  est  condamné  et  exécuté,  p. ^70. 

Casteler  (Jehan  de),  chevalier,  conseiller  du  Roi.  est  nommé  gouver- 
neur de  Tournai  en  1332,  p.  93. 

Castiatj  (Jehan)  est  condamné  à  mort,  comme  voleur,  p.  6G. 

Catins  (Jacques),  de  Douai,  est  pendu  à  Tournai,  pour  avoir  pris  une 
jument,  p.  71. 

CAVANEs(Arthus),  d'Arras,  accusé  de  vols,  dénonce  plusieurs  habitants 
d'Arras  de  faire  le  môme  métier  que  lui;  ii  est  condamné  à  mort, 
le  14  novembre  1521,  pp.  6i,  63. 
Châlons  sur  Marne,  ville  du  comté  de  Champagne,  était  dans  l'alliaDce 
de  la  Hanse,  p.  54. 

Charlier  (Jehan),  deMons,  est  condamné  à  être  pendu,  pour  ses  dé- 
mérites, p.  274. 

Charles  vu,  roi  de  France,  change  les  lois  de  la  ville  de  Tournai, en 

l'année  1424,  p.  59. 
Charlesiagne,  empereur  d'Occident,  propage  les  lois  romaines  dans 

son  empire,  p.  9. 
CnARLEs-LE-CnAcvE,  peiit-ûls  de  Charlemagne,  publie  des  capitulai- 

res,  p.  9. 
Charte  (la)  donnée  en  1355,  à  Tournai,  fut  très-importante  pour  cette 

ville,  p.  30. 
Charnault  (Jehan)  tue  Jacques  de  Pons,  seigneur  de  la  Foice,  qui 

l'avait  attaqué,  néanmoins  il  est  condamné  à  mort,  p.  5, 


—  585  — 

Chercq.  village  ressorlissant  et  dépendaiu  do  la  jusiice  de  Tournai, 

page  33. 
CaEVREL'SE  (le  seigneur  de)  conspire  avec  les  Bourguignons  contre  les 

Armagnacs,  p,  288. 
Cbérizv  (Michaud  de)  est  condamné  à  mort  et  pendu,  comme  assas' 

sin,  p.  72. 
Chin,  village  dépendant  de  Tournai,  p,  53. 
CnoiSEUL  (Renard  de),  chevalier,  député  par  le  Roi  Philippe  VI  pour 

recevoir  les  serments  des  échevins  de  Tournai ,  p.  29.  11  était  gou- 
verneur de  Tournai,  en  1535,  p.  30. 
Cléon,  chef  des  magistrats  à  Athènes,  porte  à  trois  oboles'«rj"Jem- 

nilé  qu'on  accordait  aux  jurés  dans  l'ancienne  Grèce,  p.  9. 
Clercs  (les)  étaient  jugés  par  TofScial  de  l'évique,  p.  2i. 
Clermes  {Rogier  de)  est  chargé  par  la  ville  de  Tournai  d'une ei.quéle 

sur  le  fait  de  MeurisseGillebin,  p.  245. 
Collèges.  Le  pouvoir  à  Tournai  était  représenté  par  trois  collèges  , 

page  16. 

Condamnations  à  mort  dans  la  ville  de  Tournai,  59.  —  E\irailes  du 
tome  Ides  registres  de  la  loi,  depuis  1513  jusqu'à  1323,  p.  29. —  Du 
t.  II  desmêmes  registres,  de  1326  à  1351,  p.  76.— Du  1. 111,  de  1352 
à  1333,  p.  96.  — Du  t.  IV,  de  1Ô36  à  1340.  p. 111. —  Du  t.V,  de  1342 
à  1334,  p.  129,-  Du  t.  Vil,  de  1364  à  1583,  p.  153.-  Du  t.  VllI,  de 
1384  à  1592,  p.  222.  —  Du  t.  IX,  de  1393  à  1400,  p.  266 — Du  t.  X» 
de  1401  à  1412,  p.  272.  —  Du  t.  XI,  de  1415  à  1424,  p.  282.  —  Du 
t.  XII,  de  1425  à  1441,  p.  289.— Dut.  Xlll,  de  1442  à  1438,  p.  503. 
—  Du  t.  XV,  de  1472  à  1489,  p.  528.  —  Du  t.  XVI,  de  1490  à  1309, 
p.  344.  —  Du  t.  XVII.  de  1310  h  1339,  p.  557.  —  Du  t.  XVIII,  de 
1340  à  1333,  p.  368. 

CoNCHiELLEs  (Jehan  de)  est  condamné  h  mort,  pour  plusieurs  crimes, 

page  376. 
Consaux,  on  appelait  ainsi   la  réunion  des  conseils  de  la  ville,  pp. 

IX,  XIV. 
Consistoires  (des  quatre)  de  Tournai,  p.  14. 
Constantin,  hameau  du  nouveau  circuit  de  Tournai,  p.  33. 
CoPET,  portier  de  monseigneur  l'évoque,  est  dévalisé  par  Lemaire, 

page  17. 


I 

I 


—  586  — 

Coqueriel..  hameau  de  la  banlieue  de  Tournai ,   ressortissail  de  sa 

justice,  p.  35. 
Cordes  (Calbef  ine  de)  est  condamnée  à  être  liée  à  une  fourche,  et 

ses  biens  confisqués;  elle  s'était  désespérée  et  pendue,  p.  531. 
Cosse  (Hanin)  est  condamné  à  mort,  pour  avoir  volé  6  muids  de  bled 

et  4  paires  de  couteaux,  le  24  juin  1523,  p.  71. 

Crènency  (Jennin  de),  bâtard  d'Auvergne,  est  condamné  à  être  brûlé 
et  tous  ses  biens  confisqués,  pour  avoir  dérobé  chez  le  receveur  de 
l'artillerie  du  duc  de  Bourgogne  une  boite  renfermant  plus  de 
120Û  lions  d'or,  p.  551. 

Cré-jV.'oecr  (Frémin  de)  est  condamné  à  mort,  pour  meurtre  commis 

à  Tournai,  p.  120. 
CaoQCEViLLAiN  (Jacqucs),  bourgeois,  juré  de  Tournrii,  figure  comme 

tcriioin  dans  le  procès  de  Pitrezenne,  p.  264. 
CocsiN  (Maître  Jean),  chanoine  de  la  cathédrale  de  Tournai,  auteur 

9!«  l'histoire  de  Tournai,  1619,  pp.  53,  36. 
Cauctumes,  styles  et  usaiges  de  l'Eschevinaige  de  la  ville  et  cité  de 

Tournai,  pouvoir  et  banlieue  d'icelle,  etc-,  1355,  p.  21. 

D 

Dadicy  (Pieron  de),  lieutenanl  du  baiily  du  seigneur  de  Waziers, 
page  97. 

Daigremont  (Drixe),  de  Melle,  est  condamné  à  avoir  la  tête  tranchée, 
pour  homicide  sur  Jehan  Dubois,  sergent  bâtonnier,  p.  37G. 

Décapitation,  supplice  autrefois  rarement  en  usage  à  Tournai,  mais 
devenu  plus  commun  au  16' siècle,  pp.  46,  47. 

Delcampe  (Bertrand),  grand-dojeu  des  métiers  de  Tournai,  ayant 
fait  au  loi  de  France  un  rapport  injurieux  contre  l'honneur  et 
bonne  renommée  des  Tournaisiecs  et  refusé  d'obtempérer  aux  or- 
donnances de  ce  souverain,  le  28' jour  d'août  1433,  est  condamné 
à  être  décapité  avec  Jehan  de  Carnin,  doyen  des  fovres  et  Jehan  le 
Pesqueur,  doyen  des  foulons,  le  1"  septembre  1433,  p.  311  et  suiv. 

DELDCNcn  (Jehan)  reconnaît  et  confesse  qu'il  a  conspiré  dans  la 
maison  Harlebouc,  à  St-Brixe,  avec  Laurent  do  Dicqucmue,  Liévin 
de  Coustre,  etc.  Ils  devaient  se  réunir  avec  les  fourbains  de  Flan- 
dres, 11  est  condamné  ii  avoir  la  tête  coupée  sur  lo  marché,  p.  173- 


—  387  — 

Delefosse  (Sandrain)  est  condamné  à  ûire   pendu,  pour  avoir  volé 

Jakmin  Galliol,  à  Nedonchiel,  p.  210. 
Delefosse  iHanins).  accusé  de  brigandage  et  d'avoir  bouté  le  feu  en 

la  maison  Slievcnarl  Slievenoch,  p.  14G, 

Delefosse  (Jeban)  s'élant  suicidé,  la  moitié  de  ses  biens  est  confis- 
quée au  profit  de  la  ville  de  Tournai,  p.  299. 

Delefosse  (Piviard),  bâtard  et  Cohin  Delefosse  sont  pendus  pour 
meurtres,  p.  162. 

De  le  Hame  (Jehan)  est  mis  5  mort  à  la  justice  de  St-Martin  ,  pour 
avoir  été,  à  Paris,  à  la  détestable  trahison  contre  le  Roi  et  le  Dau- 
phin, p.  287. 

Deleiiole  (Pierre),  de  la  compagnie  des  Quatre-Mesliers,  est  con- 
damné, avec  Jehan  Panekoucke,  à  perdre  la  tête  en  plein  marché, 
parce  qu'ils  avaient  été  pris  avec  les  ennemis  du  Roi,  comme  ils 
boutaient  le  feu  au  royaume,  p.  128. 

Delille  (Bonne)  fut  justiciée  le  jour  de  St-Mathieu  1522,  pour  émis- 
sion de  fausse  monnaie,  p.  C8. 

Dëlplanque  (Jehan),  sergent  royal  des  bailliages  de  Tournai  et  Tour- 
nésis,  est  condamné  à  avoir  la  tête  tranchée,  pour  homicide  sur 
H.  Leclerc,  varlet,  p.  539. 

Delrue  (Cornille),  corbilleur,  dit  le  roy-des-fussis ,  nul  la  langue 
percée  d'un  fer  chaud,  fut  banni  pour  dix  ans  et  enfin  condamné  à 
Cire  pendu  et  étranglé  à  la  justice  du  ITapparf,  pour  jurements 
exécrables  et  un  grand  nombre  de  vols,  p.  575. 

DÉNisv  (Ferry  de),  gouverneur  de  Tournai,  p.  116. 

Descornes  (Jehan),  sergent,  dépose,  après  serment,  dans  une  accu- 
sation d'émission  de  fausses  monnaies,  p.  248, 

Desenfans  (Eliennc),  changeur,  est  condamné  à  perdre  la  lêle,  pour 

avoir  émis  beaucoup  de  fausses  monnaies,  p .  547. 
Desmaze,  auteur  du  livre  :  Des  supplices,  cité  pp.  10, 11. 
Despyès  (Jehan),  procureur  du  roi  à  Tournai,  en  1586,  p.  229. 
Deule  (Jenne  de  le),  demoiselle,   demeurant  pré»  de  Si-Brixe,  à 

Tournai,  en  1587,  est  trouvée  assassinée;  son  neveu,  Jcau  de  Namur 

dit  Jenson,  est  déclaré  coupable,  p.  255  et  suiv. 
Z)ta;mude,  ville  de  Flandres,  est  une  de  celles  qui  font  partie  de 

l'alliance  de  la  Hanse,  p.  5i. 
Donnet  (Jérôme)  est  condamné  à  être  étranglé,  puis  brûlé  sur  une 


—  588  — 

estaque  au  grand  marobé  pour  avoirempoisonné  sa  première  femme 
et  lenlé  d'empoisonner  la  seconde,  p.  37a. 

DoRLOT  (Jaquemart),  chef  des  foulons,  ameute  le  peuple  de  Tournai 
au  Becquerel,  au  Bruille  et  ailleurs  dans  la  paroisse  de  St-Quentin, 
il  est  condamné  à  perdre  la  tête,  p.  321. 

Douai,  ville  de  France,  faisant  autrefois  partie  de  la  Hanse,  p.  34. 

DouDiN,  sergent  d'armes  du  Roi  de  France,  est  condamné  à  un  pèle- 
rinage, p.  50. 

Drac  (Jehan  du),  conseiller  du  Roi  à  Lille  en  1386,  p.  233. 

DcBOSDE  GnisTELLE  (Liévin),  participa  à  la  rébellion  de  Philippe 
d'Artevelde  et  porta  la  croix  vermeille  comme  ledit  Philippe  il  se 
livra  en  outre  au  brigandage,  et  fut  condamné  à  mort,  p.  219. 

DuBOs(Grard),  châtelain  d'Havre,  tint  la  campagne  auprès  de  Tour- 
nai, p.  159. 

DuHEM  (Jehan)  est  condamné  à  être  pendu,  pour  avoir  reçu  10  cou- 
ronnes de  sa  maîtresse  pour  assassiner  son  maître,  ce  qu'il  exé- 
cuta, p.  294. 

DuMONT  (Jehan)  est  condamné  à  mort  comme  houricr,  p,  66. 

DuMORTiER  (Haquinot)  est  condamné  à  être  traîné  jusqu'à  la  halle  des 
doyens,  puis  pendu,  p»ur  avoir  tué  Jacquinot  Leclerc,  p.  339. 

DcPRET  (Pierard)  est  condamné  à  mort  à  Tournai,  pour  fratricide, 
page  289. 

Di:sART(5Ie5sire  Jean),  accusé  de  molester  les  gens  aux  environs  de 
Tournai,  p.  138. 


Élections.  Mode  employé  à  Tournai  lorsqu'on  renouvelait  les  magis- 
trats de  la  ville  par  voie  d'élection,  p.  14  et  suiv. 

Ellezelles,  village  de  la  cour  de  madame  l'abbcsse  de  Pamèle  qui  y 
avait  une  maison  en  1387,  p.  257. 

Emparleurs,  nom  qu'on  donnait  autrefois  aux  avocats,  ils  ne  défen- 
daient pas  les  accusés  h  Touruai,  p.  41. 

Ennequin  (Messire  Dubos,  sire  d'),  gouverneur  de  Lille,  Tournai,  etc. 
déclare  que  Riquet  est  banni  de  France,  p.  173. 

Enquête  des  échevins  de  Courtrai  au  sujet  de  Wattier  Mazières  et 
de  Jehan  Arlebouc,  conspirateurs  en  15G8  (v,  s.),  p.  174. 


—  589  — 

Epreuve  judiciaire  (1')  n'était  pas  en  usage  ik  Tournai,  p.  22. 

Eroi  village  du  ressort  de  Tournai,  p.  33. 

EscArssiNEs  (Colart  et  Gilles  d')  molestent  les  bonnes  gens  des  envi- 
rons de  Tournai  et  de  Courlrai,  p.  138. 

EscAiJssiNE  (Gérard  d'),  écuyer,  prévôt  de  Mons,  fait  connaître  une 
cause  criminelle  au  prévôt  de  Tournai,  p.  261. 

EscLAiBEs  (Messire  d')  se  lient  armé  entre  Tournai  etCourtrai,  p.  138. 

EsPiERRES  (Evrard  d')  est  volé  pendant  la  nuit  par  Hennequin  de 
Bersée,  sur  le  Pout-à-Pont,  à  Tournai,  p.  231. 

Esquelmes,  un  des  9  villages  de  la  seigneurie  de  l'évêque  de  Tour- 
nai, p.  34. 

Eswardeurs  (les)  ou  Prud'hommes  de  la  ville  de  Tournai  étaient  élus 
au  nombre  de  30,  le  20  février,  p.  15.  —  Us  sonlabolispar  Charles- 
Quint,  en  15^1,  p.  16. 


Faux-monnoyeur  (le)  était  souvent  condamné  à  être  bouilli,  p.  48. 

Favrel  (Jehan),  foulon,  est  convaincu  d'avoir  ameuté  le  peuple  au 
Becquerel,  et  condamné  à  avoir  la  tête  tranchée  sur  le  grand  mar- 
ché, p.  321, 

Fay  (Godemard  du),  ancien  gouverneur  de  Tournai,  p.  116. 

Fief  (Piérard  du)  assassine  sa  femme,  Catherine  Willant,  et  il  est 
condamné  à  perdre  la  tête,  p.  364. 

Flandres  (Monseigneur  le  C"^  de),  est  arrêté  la  nuit  et  rançonné  de 
VI  écus,  par  Gilesains  Palains,  en  1368,  'p.  182. 

Flines.  village  oîi  se  trouvait  une  potence  (justice),  p.  46. 

Floure  (M^  Pierre),  maître  des  bougres  et  inquisiteur  sur  la  foi ,  con- 
damne P.  Dupret,  pour  le  fait  d'hérésie,  p.  285. 

FoNTENiLLÊs  (Hanequln  de)  est  pendu  pour  vols,  p.  149- 

Fortes-épaules  (Godefroy),  convaincu  d'avoir  rogné  des  doubles 
gros  de  Hainaut,  est  pendu  à  la  porte  St-Martin,  p.  282. 

Foulons  (les)  avaient  le  siège  de  leurs  métiers  au  Becquerel;  ils 
s'ameutèrent  le  1"  septembre  1453,  p.  316. 

Fourmanoir  (Géromet  du),  fils  de  Colart,  parnîenlier,est  condamné  à 
mort  pour  vol  avec  escalade  et  effraction,  p.  332. 

49 


—  390  — 

Fous  (les)  malfaiteurs  étaient  battus  de  verges  à  Tournai,  p.  49. 
France  (Jean  de),  dit  Sébillars,  est  pendu  pour  vol,  p.  12. 
Froidcapielle  (de),  de  Mens,  est  nommé  bourreau  à  Tournai,  en 

1407,  p.  50. 
Froidmont,  village  du  ressort  du  nouveau  bailliage  de  Tournai,  p.  34, 
Frocmage  (Loltard)   est  volé  à  Tournai  par  sa  megaine  (servante), 

p.  223. 
Froyennes,  village  voisin  de  Tournai,  on  y  suivait  l'ancienne  coutume 

de  celle  ville,  p.  34.  —  Il  y  avait  une  potence  appelée  justice, 

p.  46. 


Gacbard  (M.),  archiviste  de  l'état  à  Bruxelles,  p.  XI.  —  Ârcbiviste- 
général  du  rayaume  de  Belgique,  fait  un  rapport  sur  les  archives 
de  Tournai  et  Tournésis,  p.  13. 

Gaiopin  de  Maubeuge  est  condamné  à  être  pendu,  pour  avoir  tué  le 
seigneur  Jacques  Le  Mercier,  p.  123. 

GAMECHmEs(Denis  de), complice  de  faux-monnayeurs,  est  condamné, 
par  sentence  du  Bailli  de  Tournai,  à  être  bouilli,  p.  311. 

Gand  (la  ville  de)  faisait  partie  de  l'alliance  de  la  Ilanse,  p.  34. 

Gavres  {Mahieu  de),  de  Frasnes-lez-Buizeual,  est  condamné  à  élre 
traîné  et  pendu  comme  coupable  de  meurtre,  p.  508. 

Géhenne  ou  Gehine,  salle  destinée  aux  interrogatoires  des  malfai- 
teurs à  Tournai,  p,  39. 

Gérardin  de  S'-Quentin,  juslicié  à  Tournai,  p.  61. 

Gibets  (les)  de  Tournai;  oii  ils  étaient  situés,  p.  43. 

Gillox  Croees  fut  pendu  pour  ses  larcins,  p,  66. 

Goetoals  ou  Gouthals  (Jehan)  est  volé  d'une  colle  de  mailles,  p.  170. 

GoMiGMES  (Monsgr.  de) ,  du  parti  du  roi  d'Angleterre,  est  signalé 
comme  ennemi  du  roi  de  France,  p.  206. 

Gdsse  (Jehan) ,  dit  Postillon,  est  traîné  et  pendu  pour  robcries  (vols), 
p.  70. 

Grekct  (Jacques),  bailli  d'Hainin,  p.  193. 

Grimacpont  (Jehan  de)  est  condamné  â  ûlre  exécuté  par  l'épéc  cl 
SCS  biens  confisqués,  comme  fauteur  d'hérésie,  p.  372. 


—  3i)l   — 


Habare  (Jehan  de),  Llltard,  est  pendu  avec  Giltubin  Lebare,  ii  h 

baulle  Dèehe  de  la  justice  de  S'  Martin,  p.  328. 
Hacquet  (Renaud),  sous-doyen  des  verriers,  est  condamné  h  perdre 

la  tûte,  pour  avoir  été  avec  Henri  de  Vriese.  doyen  des  peneurs  et 

Baudart  Drielincq,  auteurs  et  instigateurs  de  la  sédition  du  BeC' 

querel,  p.  29-t. 
Hacqcet  (Griognolat)  est  pendu  et  étranglé,  pour  vols  de  reliques 

dans  les  églises  de  S«-Piat,  de  S'-Nicolas,  de  S'-Jacques,  et  de  S'- 

Quentin,  p.  291. 
Halate  {St-Chrystophe  en),  maison  de  plaisance  des  rois  de  la  seconde 

race,  p.  52. 
Halle.  Le  tribunal  pour  les  causes  criminelles  siégeait  à  la  Halle» 

p.  23.  —  33. 
Halloy  (Gillolle  de)  dite  de  Lastre,  femme  do  k.  Cavane,  est  mise  à 

mort  pour  ses  démérites,  p.  65. 
IIaual  (Godefroy)  ayant  été  déclaré  hérétique  est  condamné,  par  les 

prévôts  et  jurés,  à  être  brûlé  vif,  p.  378. 
Hamestrel  (Aubier  de),  garde  de  h  monnaie  de  Tournai,  en  1386, 

p.  229. 
Hanebiers  (Jehan),  justfcié  pour  ses  larcins,  p.  67. 
HansBy  traité  d'alliance  passé  au  XIV°  siècle  entre  24  villes,  p.  34. 
HARcniES  (Jacques  de),  capitaine  tournaisien,  chargé  de  faire  escorte 

avec  Jehan  de  Nedoocbcl  au  député  de  la  ville,  p.  4S. 
Harchies  (Jacquemin,  bâtard  de)  est  pendu  pour  vol,  p.  126. 
Hacbourdin  Pierre  et  Estiévenard  accusés  de  vol,  p.  241. 
Haddion  (Jean  de),  bourgeois  de  Tournai,  dénonce  sa   mesquine 

(servante)   de  lui  avoir  volé  plusieurs  pièces  d'or,  laquelle  nommée 

Maigne  se  pend  dans  sa  prison,  p.  332. 
Havinne ,  village  près  de  Tournai  où  il  y  avait  une  justice,  p.  46. 
Havre,  {le  châtelain  d')  accusé  de  brigandage,  p.  138. 
Haye  (Messire  Jacques  de  le)  est  volé  par  Gillebin  Meurice  qui  lui 

prend  sa  cotte  do  mailles  en  fer,  p.  211. 
Haye  (Jacques  de  le),  bâtard,  est  lue  à  Tournai,  par  vengeance,  par 

Andrue  de  Bruges,  |>.  188. 


—  592  — 

Hâte  (Jehan  de  le)  est  pendu  pour  ses  crimes,  p.  159- 

HatiNE,  palefrenier  de  l'Évoque  de  Tournai ,  est  compromis  dans  un 

assassinat,  p.  277. 
Belchin,  un  des  9  villages  de  la  seigneurie  de  l'Évêque,  p.  34. 
HELtms,  le  bouteiller  de  Kiévraing,  est  pendu  pour  vol,  p.  65; 
Hennebert  (Frédéric),  archiviste  de  Tournai  'et  Tournésis,  p.  VI. 

Henri  VIII,  roi  d'Angleterre,  ne  changea  pas  la  législation  criminelle 

de  Tournai  pendant  sa  domination,  p.  20. 
Hertaing,  village  du  nouveau  bailliage  de  Tournai,  p.  34. 
Hertaing  (Jehan  de)  est  mis  à  mort  pour  vol,  p.  211. 
Hertrud,  village  qui  ressortissait  de  Valenciennes  et  l'un  des  9  de  la 

seigneurie  de  l'Évêque,  p.  54. 
Hesdain  (Jehan  d')  est  gouverneur  de  Tournai,  p.  156. 
HiLLET  (Riquet) ,  geôlier  des  prisons  de  Maire ,   laisse  échapper 

Guyartde|Pest,  détenu  du  Roi  de  France,  il  est  incarcéré  à  sa  place, 

fustigé  et  pendu,  p.  176. 
HoLLAT  (Jehan)  est  condamné  à  être  pendu  comme  coupable  de  deux 

homicides,  272. 

Honnevaing-sur-Blandain^  village  ressortissant  du  nouveau  bail- 
liage de  Tournai,  p.  54. 

HoNGuART,  dit  bâtard  de  Chin,  est  pendu  i  la  justice  d'Havines  et 
en  signe  de  houtte-feu,  deux  pois  de  terre  avec  des  lisons  dedans 
sont  attachés  sur  lui,  p.  292. 

HovE  (Gille  de),  amené  dans  les  prisons  de  Tournai,  pour  soupçon 
de  vol,  p.  247. 


Janin  (Guilletot),  dit  le  Français,  né  auprès  d'Angers,  est  condamné 
à  être  pendu,  pour  émettre  de  la  fausse  monnaie,  pp.  229  et  suiv. 

Ibelin  (Messire  Jean  d"),  comte  de  Japhe  et  d'Ascalon ,  rédige  les 
Assisses  de  Jérusalem,  p.  12. 

Jehan-as-Tocpet,  juré  de  Tournai,  cité  p.  243. 

JoUaxny  village  du  ressort  du  nouveau  bailliage  de  Tournai,  p.  33. 

JoncqCoit  (Robin  du);  faisant  partie  d'une  bande  de  malfaiteurs  qui 
détroussaient  les  passants  aux  portes  de  Tournai  et  empêchaient 


—  593  — 

l'approvisionnement  de  la  ville,  est  condamné  h  la  potence,  le  24 
mai  1471,  p.  528. 
Jury  (le)  existait  dans  les  temps  anciens  chez  les  grecs,  p.  8. 


Lamain,  village  du  ressort  du  bailliage  de  Tournai,  p.  3i. 

Landâs  (Jehan  de),  châtelain  do  Tournai,  laisse  évader  de  ses  prisons 
le  frère  de  L.  Gambes  qui  avait  été  condamné  h  mort,  p.  71. 

Lannoy  (Jaquemin  de),  fils  de  sire  Jean,  fut  condamné  h  mort,  pour 
être  venu  armé,  comme  forain ,  et  avoir  mis  à  mort  Martin  de  le 
Place,  nonobstant  la  fête,  p.  253. 

Lannoy  (Guillebin  de),  fils  de  Jaquemart,  est  condamné  à  être  pendu," 
p.  529. 

Lannoy  (Jehan  de)  est  menacé  d'être  assassiné  dans  son  hôtel  à  Tour- 
nai par  des  malfaiteurs,  p.  137. 

Lannoy  (Jehan  de)  est  condamné  à  avoir  la  tête  tranchée,  pour  avoir 
fait  courses  et  roberies  au  bailliage  de  Tournai,  sous  ombre  de  la 
guerre  déclarée  en  1489,  pp.  342  et  suiv. 

Leblanc  est  condamné  à  mort,  pour  une  grande  quantité  de  crimes, 
p.  270.  —  Il  est  réclamé  comme  clerc  par  l'appariteur  de  l'Évo- 
que, p.  271. 

Lebois  (Mehaus),  justiciée  à  Tournai ,  comme  coupeuse  de  bourse, 
p.  72. 

Leborgne,  de  Wez  est  exécuté  pour  hourie  (mauvaise  vie),  p.  67. 

Lecarlier  (Jehan),  maître  de  la  monnaie  de  Tournai  en  1366, 
p.  229. 

Lecomte  (Jehan),  homme  de  guerre  de  la  garnison  d'Arras,  est  con- 
damné, pour  incendie,  à  être  pendu,  p.  376. 

Lefebvre  (Jacques)  est  pendu,  pour  avoir  commis  un  grand  nombre 
de  vols  d'argfjnterie,  p.  303. 

Lelievre  (Pierre)  est  pendu,  pour  crime  d'extorsion,  p.  160, 

Le  Lodchier  (Gossuin),  prévôt  et  juré  de  Tournai,  p.  154. 

Lemaire  (Raoul),  chanoine  de  N.-D.  de  Tournai,  consent  à  ce  que 
l'assassin  Mideldonc  soit  enlevé  de  l'église  de  St-Jacques  et  mis 
dans  la  prison  Druuin,  p,  276. 


—  o94  — 

Le  Rcspilleux  accusé  d'aller  chercher  de  la  fausse  monnaie,  p.  13o. 
Lescailles  (Godefroid)  reçoit  de  l'argent  pour  aller  épier  les  bonnes 

gens  de  Tournai,  p.  139, 
Lescluse  (Henri  de),  condamné  à  mort  pour  ses  vols,  p.  363. 
Lespecier  est  condamné  à  être  décapité  et  démembré,  pour  avoir 

aidé  les  ennemis  à  s'emparer  des  portes  de  la  ville,  p.  291. 
Lettres  des  échevins  de  Courlrai   à  ceux  de  Tournai,  au  sujet  de 

Waltier  Mazières,   accusé  de  conspirer  contre  son  seigneur  le 

comte  de  Flandres,  p.  174. 
Leuze,  ville  du  Hainaut,  près  de  Tournai,  était  une  ancienne  sei- 
gneurie. Le  gibet  de  Leuze  était  situé  sur  la  route  de  Tournai,  p.  46. 
Lézennes  pour  Ellezelles,  un  des  9  villages  de  la  seigneurie  da  l'Évé- 

que  de  Tournai,  p.  34. 
LiDiNS  (Amandiii),  justicié  le  8  juillet  1323,  p.  71. 
Liflamens  (Jebanes)  est  condamnée  à  [être  bouillie,  p.  60. 
Ligne  [le  châtelain  de),  accusé  de  donner  de  fausses  attestations  de 

tonsure,  p.  44. 

Lille,  ville  de  la  Flandre  dans  l'alliance  de  la  Hanse ,  p.  54. 
Lohmiel  (Perrotin  de),  d'Abbevilie,  qui  avait  mis  à  la  torture  le  mayeur 

lie  Gamache  ainsi  que  Golan  Vinacourt,  est  condamné  à  être  pendu 

61  étranglé,  p.  290. 
Locis-le-Débomnairb,  empereur  d'Occident,  établit  différents  points 

de  législation,  p.  II.  v  ' 

RI 

Maffle  (Jehanne  de)  est  condamnée  à  être  brûlée  vive,  pour  avoir 

assassiné  la  femme  de  Golas,  son  amant,  p.  305. 
Magistrats  (les)  de  Tournai  siégeaient  à  tour  de  rôle,  p.  29.  —  A 

quel  âge  ils  pouvaient  siéger  et  exercer,  id.  —  Du  serment  qu'ils 

devaient  prêter,  id, 
Mainvault  (Huartde),  haulelisseur,  est  condamné  b  être  décapité, 

pour  avoir  rançonné  les  habitants  de  Tournai,  p.  545. 

Maire,  faubourg  de  Tournai  où  il  y  avait  \xnc  justice  (potence),  p.  4a. 
Malet  (PiérarO  est  condamiic  à  perdre  la   lêie,  comme  conspira- 
teur, p.  295. 


—  595  — 

Manuscrits  {les)  des  archives  de  la  ville  qui  ont  servi  à  l'auteur  pour 

les  Lois  criminelles  de  Tournai,  pp.  52  et  suiv. 
Margot-as-Paclettes  est  jusliciée  pour  ses  vols,  p.  63. 

Marissal  (Piérarl),  le  foulon  et  rewardeur,  est  condamné  à  perdre 
la  iftle,  pour  avoir  fomenté  des  troubles  dans  la  ville,  p,  29i. 

Marlières  (Piéron  des)  est  nommé  conseiller  du  gouverneur  de 

Tournai  en  1536,  p.  93. 
Marquin,  village  du  ressort  de  Tournai,  p.  33. 
Marvis,  faubourg  de  Tournai  et  du  ressort  de  celte  ville,  p.  33. 
Matrighehem  (Tassart  Gautier  de),  condamné  à  être  pendu,  pour 

avoir  altéré  les  monnaies  du  Roi,  p.  142. 

Macffait  (Jehan  de),  juré  de  Tournai,  envoyé  en  enquête  à  Flobecq, 
en  1387,  p.  237. 

Maclde  (Jehan  et  NouIIet  de)  ont  la  tôle  coupée  ,  pour  avoir  guer- 
royé dans  les  environs  de  Tournai,  p.  138. 

Melle,  village  près  de  Tournai,  qui  avalisa  justice  propre  (potence), 
p.  46. 

Merlain,  village  ressortissant  du  bailliage  de  Tournai,  p.  33. 

Meclenaerk  [(Michel  de)  est  condamné  à  mort ,  pour  ses  larcins, 
p.  240. 

MiDELDONCQ  (Jehan  de)  est  condamné  pour  meurtre  :  il  se  réfugie 
dans  l'église  Sl-Jacques,  mais  le  doyen  du  chapitre  et  son  conseil 
le  livrent  au  prévôt,  p.  275. 

MoNNELLES  (Guillaume  de)  est  accusé  de  couper  les  bourses  des 
bourgeois,  p.  63. 

MoNNOYBR  (Jehan  de),,  sergent  des  bois  du  Hainaut,  est  pendu  pour 
avoir  aidé  à  fabriquer  de  la  fausse  monnaie;  deux  autres  individus 
qui  travaillaient  avec  lui  sont  exécutés,  l'un  à  Ath  et  l'autre  à  Tra- 
zeguies,  305. 

Montesquieu.  Esprit  des  lois  cité,  p.  H. 

MoNTiGNY  (Rasse  de)  est  accusé  d'être  l'instigateur  d'un  crime  à 
Liège, p.  266. 

Montrœul,  ville  de  France,  dans  le  haut  Coulonoi?,  faisait  partie  de 
la  Hanse  commerciale,  p.  5i. 


—  596  — 

Morel,  autrefois  village  et  maintenant  faubourg  dans  la  banlieue  de 

Tournai,  p.  53. 
MoRET  (Jehan  de),  chevalier,  gouverneur  de  Clermont.  La  Thaumas- 

sière  lui  dédie  les  Assisses  de  Jérusalem,  p.  15. 
MoRiEL  (Guillaume)  est  arrêté  comme  conspirateur  et  exécuté,  le  jour 

du  marché,  i  la  justice  de  Maire^  p.  299. 
MoRiEL  (Jehan),  capitaine  d'une  corporation  d'ouvriers  en  métal  de 

la  ville  d'Ypres,  p.  220. 
MoRTAGNE  (Jean),  Grand-doyen  des  métiers  de  Tournai,  est  condamné 

à  avoir  la  tête  tranchée,  pour  conspirations  contre  la  ville,  p.  292. 
MoRTAGNE  (Piérol  de),  dit  dKspierres,  est  condamné  à  être  pendu, 

pour  un  meurtre  qu'il  avait  commis,  p.  554. 
Mortier  (Jehans  dou)  avait  un  grenier  à  bled,  à  la  maison  de  Vesin, 

en  1355  ;  Jean  Lialais  y  dérobe  i  rasières,  p.  108. 
Mocstiers  (Piérard  du)  est  pendu  pour  avoir  volé,  p.  363. 
Mouton  (Gillart),  fils  du  seigneur  Michel ,  mayeur  des  échevins,  est 

tué  par  Jehan  de  Hollay,  p.  272. 
MocTON  (Michel)  est  condamné  à  être  traîné  et  pendu,  pour  avoir 

voulu  mettre  le  feu  à  la  ville  de  Cambray,  p.  131. 

N 

Nachtergal  (Hennequin),  natif  de  Ghelwe,  est  pendu  comme  voleur, 
p.  524. 

Namcr  (Jean  de),  dit  Jenson,  est  condamné  à  mort,  pour  avoir  assas- 
siné la  demoiselle  de  le  Deulle,  sa  parente,  p.  256. 

Namur  (Michaud),  varlet  de  taverne,  est  exécuté  pour  les  meurtres 
qu'il  avait  commis,  p.  268. 

Nassau  (le  C"  de),  capitaine-général  de  l'empereur  Charles-Quint, 
conclut,  en  1521,  la  capitulation  des  Tournaisiens,  p.  16. 

Naviel  (Jehan)  est  envoyé,  par  les  Consaux  de  Tournai ,  vers  le 
Parlement  de  France  séant  à  Laon  ,  p.  45. 

Nedonchel  (Jehan  de),  capitaine,  est  chargé,  le  7  mars  1429,  de  pro- 
léger dans  son  voyage  un  député  toarnaisien,  p.  45. 

Nedoncbel  (Gilles  dft),  gouverneur  de  la  ville  de  Clermont,  en  1575. 
LaThaumassicrelui  dédie  son  livre  des  Assisses  de  Jérusalem,  p.  15. 


—  597  — 

NiDBU  (Hancquin  Van  den)  esl  pendu  à  Tournai,  pour  vol,  p.  178. 

Nielle  (Jehan  de)  fut  condamné,  en  13i3,  à  êlre  enfoui  tout  vif,  pour 
avoir  mis  à  mort  le  fils  de  Michel  Hardoic,  p.  140. 

NiFFLE  ou  NiFFE  (Haquinet}  ayant  été  mis  à  la  potence  pour  ses  cri- 
mes, une  bourrasque  enleva  du  gibet  son  cadavre,  mais  par  ordre 
supérieur  il  fut  relevé  et  rependu  à  nouveau,  p.  324. 

Nobles  (les)  qui  étaient  condamnés  à  mort  à  Tournai,  «valent  le  droit 
d'être  décolés  par  leurs  parents  ou  d'autres  nobles,  p.  7, 

NoEPMEz  (Jehan  de)  fut  pendu  à  la  haute  flèche,  sur  la  tour  du  Bap' 

part,  pour  avoir  rois  un  homme  à  mort,  p.  292. 
NoiRET  (Marquet),de  Lalaing, est  suspenduetélranglé  pour  homicide, 

conspiration,  violences  publiques,  etc,  p.  323. 
NoiBOEiL  (Jehan  de),  bosquillon,   est  condamné  à  mort,  pour  avoir 

menacé  plusieurs  perspnnes  et  pour  homicide  sur  la  personne  de 

Jaspin  Parisis,  p.  357. 

NoQuiEL  (Colas)  dit  sans-âme  est  pendu  pour  meurtre,  p.  31. 
NoTELLE  (Allart)  et  sa  femme,  accusés  de  faire  de  la  fausse-monnaie, 
p.  61. 

NoTELLB  (Isabelle  de)  a  sa  demeure  dévastée  par  le  voleur  Hanc- 
quin dit  Petit-Quin,  p.  99. 

o 

Obevt  de  Malfianche,  accusé  de  rogner  les  monnaies  royales,  p.  \H. 
Orchies,  petite  ville  faisant  autrefois  partie  du  Tournésis,  était  dans 
l'alliance  de  la  Hanse ,  p.  34. 


Palain  (Ghislain)  est  condamné  à  être  traîné ,  puis  pendu,  pour  avoir 
audacieusemenl  rançonné  Mg'  le  comte  de  Flandre,  p.  182. 

PANCKOtJKE  (Jehan), de  Gand,  des  IV  métiers,  a  la  tête  tranchée ,  pour 
vouloir  bouter  le  feu  au  royaume,  p.  128. 

Pape  (Jehan),  premier  tondeur  à  grandes  forces,  .iccusé  d'avoir  fait 
partie  des  bandes  armées  contre  le  pouvoir  de  Tournai,  esl  con- 
damné h  être  suspendu  à  la  justice  de  Maire,  p.  88. 

Papelabs  (Simon),  de  Soissons,  esl  traîné  et  pendu,  pour  avoir  joua 
avec  de  faux  dés,  p.  16a. 


—  398  — 

Paradis  ou  Paradeu,  hameau  du  nouveau  circuit  de  Tournai ,  p.  33. 

Pabbt  (Jeban  le),  petit-maitre,  témoin  dans  ia  cause  de  Bouchefort, 
p.  2i6. 

Patocl  (Colinet),  barbieur,  est  condamné  à  perdre  la  tête  sur  le 
grand  marché,  pour  avoir  enfreint  les  traités  passés  entre  les  Tour- 
naisiens  et  le  duc  et  la  duchesse  d'Autriche,  p.  536. 

Pèlerinage  (le)  était  une  des  obligations  infligées  souvent  à  des  cou- 
pables ,  p.  26. 

Péhiclks  introduit  à  Athènes  l'usage  d'indemniser  les  jurés,  p.  9. 

Pironne,  ville  de  la  Picardie  était  de  la  ligue  de  la  Hanse,  p.  3i. 

Péruweh-leS'Antoing  ressorlissait  du  bailliage  de  Tournai  et  suivait 
son  ancienne  coutume,  p.  35. 

Pesqceur  (Jean  le),  doyen  des  foulons,  refuse  d'obéir  aui  ordonnan- 
ces royales,  il  ameute  le  peuple  dans  Tournai ,  ce  qui  le  fait  con- 
damner à  avoir  la  tête  tranchée  sur  le  grand  marché,  pp.  315  et 
suiv. 

Pest  (Guïard  de),  prisonnier  à  Maire  pour  cas  criminel,  trouve  moyen 
de  s'évader,  p.  1"7. 

PfliLiPPART  de  Flandres  est  condamné  à  mort,  pour  avoir  afolé 
(estropié)  Jean  Lemonier,  après  lui  avoir  juré  la  paix,  p.  252. 

PHiLlPPiJ-AcGUSTE  (roi  de  France),  conGrme  les  inslituiions  existan- 
tes à  Tournai,  en  1189.  p.  XVI.  —  llyflxe  la  date  du  renouvelle- 
ment du  pouvoir,  p.  36. 

Philippe  de  Valois,  roi  de  France,  donne  une  nouvelle  charte  k 
Tournai,  en  1540,  p.  13.  —  11  avait  prescrit  des  lois  civiles  et  cri- 
minelles, au  mois  de  mai  1355,  pp.  20,  21.  —  Il  retire  les  fran- 
chises de  la  ville  en  1332  «l  il  les  rend  l'année  suivante,  pp.  93  et 
suiv. 

PiEBREFONTAiNE  (Messirc  Jean  de),  sire  de  Beuvrage,  est  accusé  de 
brigandage,  p.  158. 

PiETEGHEM  (Jean  de)  est  pendu,  pour  avoir  tué  Jean  deBrnes,  p.  168. 

PiETEZENNB  (Jehan),  qui  avait  précédemment  exercé  le  métier  de 
bourreau,  à  Bruges,  fait  assassiner  Jehan  le  Barre,  sftn  rempla- 
çant; il  est  condamné  à  mort,  pour  ce  fait,  par  la  cour  de  justice  de 
Tournai,  p.  268, 

Pons  (Jacques  de),  seigneur  de  la  Force,  attaque  Jean  Charnault, 


—  399  — 

celui-ci  le  tue ,  condaninalion  suivie  de  lettres  do  grâces  ^  ce 

sujet,  p.  5. 
Po;)er*n<//ie,  petite  ville  de  Flandre,  autrefois  très-commercanle , 

faisait  partie  de  l'alliance  de  la  Hanse,  p.  34. 
PoucQUES  (Jean  de),  maislre  d'hôtel  du  duc  de  Bourgogne,  p.  235. 
PoDTRAiN  (Rogier)  est  accusé  de  receler  des  objets  volés  au  doyen  de 

l'église  de  Notre-Dame,  en  U06,  p.  280. 
Pouvoirs  (les)  de  la  ville  de  Tournai  sont  suspendus  en  13Gj  par  le 

souverain,  p.  27. 
Prescriptions  impériales  (les)  de  Charles-Quitit,  p.  17. 
Prévôts  (les)  avaient  le  premier  rang  dans  la  magistrature  h  Tour- 
nai, p.  16.  —  Us  prêtaient  serment,  chaque  année,  à  la  chapelle 

S'-Vincent,  p.  52. 
Provins,  ville  de  Champagne  qui  était  dans  l'alliance  de  la  Hanse, 

p.  34. 
Pruvost  (Hermant),  maire  de  la  commune  de  Malines,  en  1390, 

p.  248. 


QuADHANiNs  (Saudregulc)  fut  jusiicié  à  la  potence  comme  larron,  en 
1323,  p.  71. 

QcAUMONT  (Jean  de),  prévôt  de  la  commune  de  Tournai  et  grand- 
doyen  des  métiers,  est  pendu  et  étranglé,  à  la  haute  justice  de  la 
porte  S'-Marlin  et  ses  biens  confisqués  au  profit  de  la  commune, 
pour  rapine,  extorsions,  etc.,  p.  295. 

Qi'ARMONT  (Pierre  de),  natif  de  Rentj  en  Artois,  est  condamné  à  élre 
pendu  avec  six  autres  brigands  ,  pour  un  grand  nombre  de  vols 
commis  tant  dans  les  églises  qu'ailleurs,  p.  365. 

Question  (la),  supplice  pratiquée  chez  les  anciens  ,  pour  avoir  l'aveu 
des  incriminés,  p.  9. 


Redquem  ou  plutôt  Reckem,  chMeau  près  de  Maestrcck,  ob  l'on  fai- 
sait de  la  fausse- monnaie,  en  tôoG,  p.  250. 

Registres  (le  la  loi  liii  'Tonrn:i\  ;  ils  forment  18  gros  volumes  in- fo!, 
manuscrits  cl  sont  conservés  aux  archives  de  la  ville,  p.  XI  et  suiv. 


—  400  — 

Bbntt  (Oudari  de),  gouverneur  de  Tournai,  en  1366,  p.  156. 

Rbeims,  ville  capitale  de  la  Champagne,  faisait  partie  de  la  Hanse,  34. 

RiNQUESEN  (Bauduin  de),  accusé  de  faire  la  guerre  de  partisans,  c'est- 
à-dire  de  ravager  le  pays,  p.  138. 

RoGiER  (Adrienne)  fut  jusiiciée  le  9  juillet  13'2'2,p.  68. 

RoGiER  (Thomas  le)  est  pendu  aux  basses  fourches,  pour  plusieurs 
vols,  p.  284. 

RocBAix  (Jaquemin  de)  est  justicié,  pour  avoir  mis  à  mort  Jacquelle 
de  Cassel,  p.  130. 

RoYÈRE  (Jehan  de  le)  est  condamné  &  avoir  la  tête  tranchée,  pour 
avoir  trompé  sur  les  comptes  de  son  administration  ;  il  avait  été 
Souverain-regetteur  de  la  ville  pendant  quatre  années,  p.  3o3, 

RoziÈREs  (Jean  de),  accusé  d'être  usurier,  p.  247. 

RtTKES  (Jean  de),  essayeur  de  la  monnaie  de  Tournai,  en  1386,  p.  259. 

Rumes,  village  où  il  y  avait  une  justice,  p.  46. 

RumiUy,  village  du  ressort  ei  de  la  banlieue  de  Tournai,  p.  33. 

S 

Saim-Amand  (Jehan  de),  conseiller  de  la  ville  de  Lille,  p.  233. 

S"'Fontaine-1ez-Tournai,  aujourd'hui  Sept-Fontaines,  dans  la  ban- 
lieue et  ressortissant  de  celle  ville;  c'est  un  de  ses  faubourgs 
appelé  aussi  de  Maire  :  il  y  avait  autrefois  une  justice,  p.  43. 

S'-Clément,  malue  clerc  de  la  paroisse  de  S'  Brice  à  Tournai,  en 
1587,  p.  257. 

S'-Genoix  un  des  neuf  villages  de  la  stiigneurie  de  l'évêque,  p.  34. 

S'-Genois  (Simon  de)  sergent  d'armes,  à  Tournai,  dépose  comme  té- 
moin en  un  procès  de  faus-monnayeurs,  p.  248. 

S'-Marcel  (Denis  de),  conseiller  de  Tournai,  est  envoyé  par  la  ville 
vers  Messire  J.  Canari,  chancellier  du  duc  de  Bourgogne,  le  29 
août  1386,  p.  233. 

S'-Martin^  dans  la  bar.lieuo  et  dépendance  de  la  juridiction  de 
Tournai,  p.  53-  —  Il  y  avait  une  Justice  dans  ce  faubourg,  p.  43. 

S'-Maur,  village  situé  dans  la  banlieue  et  ressortissant  du  bailliage 
de  Tournai,  p.  53. 

S^-Omer,  ville  du  l'ancicD  Artois  qui  était  dans  l'alliance  de  la 
Hanse,  p.  3i. 


—  401   — 

S'-PoL  (Jean  de),  condamné  à  être  pendu  pour  vol  à  main  armée, 

p.  123. 
S'-Quentin,  ville  de  Picardie  dans  l'alliance  dite  de  la  Hanse,  p.  34' 

Salaire  (le)  des  emplois  dans  les  exécutions  à  Tournai,  p.  49. 

Salmestrain  de  Francfort  fut  pendu,  pour  un  vol  considérable  fait  k 
l'hôtel  de  Mg'.  Rilllart  de  Flandres,  p.  234. 

SAUcn(de  le),  de  Moucbin,  ûls.bùtard  de  Jehan  Sohier,  fut  pendu,  pour 
assassinat,  p.  165. 

Saulchotr  (le)  était  dans  l'ancienne  banlieue  de  Tournai,  il  y  avait  une 

abbaye  de  religieuses  de  Cîteaux  ,  p.  33. 

Seigneurie  de  l'évêque  de  Tournai,  sa  composition,  p.  34. 

Sépulture  accordée  aux  suppliciés,  p.  44. 

Sergents-bâtonniers  (les)  étaient  autrefois  chargés  de  maintenir  l'or- 
dre, p.  37. 

Serment.  Il  se  prêtait  chaque  année  par  les  prévôts  et  jurés  entre  les 
mains  de  l'évêque  de  Tournai,  p.  32.  —  Quand  le  pouvoir  était 
suspendu,  c'était  entre  les  mains  du  gouverneur  ou  bailli  qu'ils 
le  prêtaient,  p.  30.  —  Eu  1340,  le  m.igistrat  prêtait  serment  entre 
les  mains  des  majeurs  et  des  eswardeurs,  p.  30.  —  Les  employés 
chargés  d'un  oflice  le  prêtaient  entre  les  mains  des  échevins  et 
des  jurés,  p.  31.  —  Serment  que  les  bourgeois  de  Tournai  prêtaient 
à  leur  réception,  p.  15b. 

Serments  (les).  On  appelait  ainsi  la  réunion  des  diverses  corporations 
de  la  ville.  Leur  composition,  p.  14. 

Sèvres  (Thomas  de),  Prévôt  du  ressort  de  Lille,  p.  97. 

SiLLT  (Vincent  de),  ûls  de  Henri,  à  Montigny,  est  suspendu  aux 
basses- fourches,  pour  avoir  volé,  p.  280. 

Six  (La  lourdes)  se  trouvait  à  la  halle,  p.  35. 
SoTEGQEiu  (Jean  de),  bailly  du  Tournésis,  p.  89. 


Tabellion  (les)  faisaient  autrefois  les  fonctions  de  notaires  royaux, 

p.  190. 
Tainte^nies,  village  du  ressort  du  bailliage  de  Tournai,  p.  34, 
Taintegnies  (Jean  de)  est  accusé  de  receler  delà  fausse-monnaie, 

p.  60. 


—  402  — 

Talion  (la  peiuo  du)  en  usage  à  Tournai,  p.  2. 

Teuwagne  (Baudars  de)  est  condamné  à  mort,  pour  meurtre,  p.  158. 

TnACiiASSiÈRE   (Thomas  de  la),  avocat  au  Parlement,  publie  les 

Assisses  de  Jérusalem,  p.  12.  13. 

Tqomassix  est  condamné  par  le  Prévôt  de  Tournai,  pour  avoir  émis 
de  la  fausse-monnaie,  à  être  étranglé,  mais  il  est  remis  à  la  justice 
de  l'évêque  comme  clerc,  p.  229  et  suiv. 

ToNGREs  (Catherine  de)  est  condamnée  à  mort,  pour  vol  et  compli- 
cité d'assassinat,  p.  68. 

Tournai,  ville  de  Belgique  située  près  de  la  frontière  de  France; 
elle  appartenait  à  ce  royaume,  mais  elle  avait  ses  lois  et  coutumes 
propres  jusqu'à  Tannée  1321.  Au  14'  siècle,  Tournai  était  riche  et 
industrielle;  p.  18.  —  Son  pouvoir  municipal  en  1189,  p.  XVI.  — 
Elle  conserve  ses  archives  pendant  la  tourmente  révolutionnaire 
de  1793,  p.  5.  —  Ses  coutumes  locales  particulières,  p.  13.  —  Sa 
juridiction  criminelle,  p.  53.  —  Elle  fait  partie  de  l'alliance  dite 
de  la  Hanse,  p.  34,  —  Troubles  dans  la  ville  en  13G3,  elle  perd  ses 
pouvoirs  eu  1563,  p.  27.  —  Le  parti  BourguignoM  met  le  feu  aux 
maisons  de  ses  faubourgs  en  1478,  p.  552.  —  Elle  se  rend  par 
capitulation,  en  1321,  îi  l'eniiiereur  Charles-Quint,  p.  IG.  etc. 

Tribunal  (couiposiliou  du)  au  moyen-ùge  â  Tournai,  p.  27. 

Tuions  (\nciaus)  du  Ruez  fut  juslicié  comme  faux-monnayeur,  p.  68. 


Valenciennes,  une  des  villes   du   Hainaut  qui  faisait  partie  de  la 

Uanse,  p.  54. 
Vandenduoeck,  conservateur  des  archives  de  Tournai  et  du  Tour- 

nésis.  auteur  (les  Ex;rai<5  ana/yt«(7«e5  des  Consaux  de  Tournai 

cité,  pp.  IX,  XIV,  6,  30.  36. 
VEL>iNrs  (Jaquemin  de),  convaincu  de  vol,  est  condamné  h  mort, 

p.  249. 
Ventru  (Jean),  sous-doyen  des  tisserands,  est  condamné  b  perdre  la 

lête,  pour  avoir  conspiré  contre  le  souverain,  p,  292. 
Verbos  (Gillot)  est  juslicié  pour  vol.  p.  6i. 
VnuLAXDEs  (Gille«)  était  mollre  dhôiel   du  duc  de  Bourgogne  en 

lô87j  p.  253. 


—  403  — 

Veson  (Pierre  de),  foulon,  est  pendu ,  pour  vol,  p.  168. 

Vilain  (sire  Marc),  prévôt,  reçoit  le  serment  de  paix,  de  Conrad  Bcr- 

tonl  et  de  Jean  d'Aucby,  cederniernéanmoins  est  mis  à  mort  par 

Bertoul,  p.  275. 

YiLLBRS  (Gérardin  de)  est  condamné  et  pendu  ,  pour  avoir  commis 

plusieurs  crimes,  p.  505. 
ViNACocRT  ou  WiGNACOCRT  (Colars),  de  Guignies,  est  pris  dans  la 

forêt  d'Eu  et  rançonné  p;ir  P.  de  Lominiel,  p.  290. 
ViSART  (Jaqnemin),  dit  le  Grandpage  d'Arras,  est  accusé  de  plusieurs 

meurtres  et  condamné  à  mort  en  1592,  p.  254. 


Wanehain,  village  b  peu  de  distance  de  Tournai  où  il  y  avait  autre- 
fois un  gibet  appelé  Justice,  p.  46. 
Wanomprê  (Adrien  de)  est  traîné  cl  pendu,  pour  homicide,  p.  GO. 
Warcoing  ,  village  du  ressort  de  Tournai,  p.  33. 

Warnewicq  (chrétien  de),  fils  de  Olivier,  né  à  Gand, est  condamné, 
pour  ses  inéfails,  à  avoir  la  télé  tranchée  à  Tournai,  p.  547. 

Wastebled  (Colin),  détrousseur  de  grands  chemins,  vola  pendant  la 
nuit  un  écuyer  de  Hainaul  sous  le  pont-à-ponl  ;  de  plus  il  assassina 
sa  compagne  et  fut  condamné  à  mort,  p.  GG. 

Wûsemmes,  un  des 9  villages  de  la  seigneurie  de  l'évêquede  Tournai, 

p.  34. 
Waudripont  (Arnould  de)  était  juré  de  Tournai  en  1595,  p.  2G4. 
Wesphalia  (Frère  Henri  de),  ex-religieux  Augustin,  hérétique,  schis- 

malique  et  apostat ,  fuldé  gradé  des  saints  ordres  et  condamné  par 

le  bailly  et  le  conseiller  de  l'empereur  à  être  brûlé,   p.  5G6. 
Wez-Welvain,  un  des  9  villages  de  la  seigneurie  de  l'évoque  do 

Tournai,  p.  54.  —  Il  y  avait  une  Justice,  p.  46. 

Wuillemeau,  village  du  ressort  du  nouveau  bailliage,  p.  34. 

WiNCDEs  (Robert  de),  chevalier;  Masse  Leroi  usait  faussement  de 
son  sceau,  p.  112. 

Y 

Yacvie  (Jacques  de  le)  est  condamné  à  ôtre  pendu,  pour  avoir  fait 
usage  de  faux  dés  au  jeu,  p.  165. 


—  404  — 

Ypres,  ville  de  Flandres,  qui  était  de  la  ligue  de  la  Hanse,  p.  34. 
YsABEAC-Li-MACNEREssE  fut  condamuée  à  être  enfouie  toute  vive, 
pour  vol,  p.  101. 


ZÉLANDE  (Arnoulet  de)  est  pendu,  pour  l'homicide  qu'il  commit  sur 
Jehan  de  Baisse,  p.  538. 


FIN   DE   LA   TABLE. 


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Échéance 


The  Librory 
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